OXALIQUE
OXIGEWE.
cette affeclion. Toutefois ne faut-il pas oublier d'avoir égard aux indications qui ressortent des causes de la maladie et des dispositions particulibres dans lesquelles se trouve la maladie. Lorsque la suppuration se manifeste au dehors , vers l'aine par exemple , il faut attendre que des adhérences soient établies pour faire l'ouverture de l'abcès. La potasse est souvent préférable au bistouri , parce qu'elle détermine en même temps la formation des adhérences et d'une escarrhe dont on incise le centre. Chez la malade que nous avons observée à l'hôpital Beaujon , la suppuration se prononça entre le col de l'utérus et la paroi vaginale. Elle était des plus manifestes , plusieurs personnes l'avaient reconnue , et nous étions résolus à plonger la pointe d'un bistouri ou d'un trocar au centre de la tumeur fluctuante , lorsque nous remarquâmes que son volume était moindre que la veille ; nous attendîmes. La tumeur disparut lentement sans qu'il se soit fait de métastases sur les poumons , ni d'évacuation purulente au dehors j nous favorisâmes seulement celte terminaison par l'usage de quelques doses d'huile de ricin et la provocation de sueurs abondantes.
On emploiera contre la terminaison par gangrène les antiseptiques et les chlorures à l'intérieur, les vésicatoires et les frictions camphrées à l'extérieur.
Si la maladie est passée à l'état chronique , ou si dès le commencement elle suit cette marche , ce que des symptômes moins prononcés feront reconnaître j ou prescrira, lorsque les antiphlogistiques ne pourront plus être utiles, des moxas, des sétons ou d'autres révulsifs à l'extérieur, l'iode ou ses préparations en frictions, les douches de Barèges dirigées sur les aines ou sous forme ascendante dans le vagin ; à l'intérieur le calomélas à petite dose, la ciguë , la saponaire , la salsepareille , les eaux minérales de Plombière , Luxeuil , Bourbonneles-Bains ou de Néris ; on conseillera l'habitation d'un lieu sec et suffisamment chaud , le repos absolu , puis un exercice modéré , et pendant tout le temps du traitement un régime peu substantiel, afin de combattre avec succès une affection ((ui se présente sous tant de formes différentes et qui est trop souvent rebelle aux ressources de l'art. On a proposé de faire l'extirpation de l'ovaire malade. Nous n'en parlerons pas , parce que nous ne connaissons pas de fait qui puisse appuyer une pareille opération, bien qu'on la pratique journellement sur quelques animaux.
A l'ouverture des femmes qui ont succombé aux accidens de l'ovarite , on trouve les organes , qui sont le siège de cette maladie , augmentés de volume, d'un rouge plus ou moins brunâtre, d'une texture de même couleur et plus ou moins ramollie , offrant çà et là de petits foyers remplis d'une matière puriforme et purulente que l'on rencontre aussi parfois dans les vésicules ovariques. Les observations de M. Dance sur la phlébite (Arch. décemb. 1828) en offrent plusieurs preuves. M. Portai et d'autres auteurs citent des exemples de kystes considérables remplis de pus et développés dans les ovaires. Le plus souvent ils sont recouverts de fausses membranes, et des désordres graves se rencontrent dans les organes envirounans.
En entretenant une fluxion (voyez ce mol) habituelle vers l'ovaire, l'inflammation de cet organe devient la cause des nombreuses altérations que 1 analomie pathologique découvre dans cette partie. On y a vu des amas de poils, des portions d'os ou de dents , débris d'une conception extra-utérine avortée , selon quelques auteurs, ce qui parfois peut être vrai ; mais ce qui peut être aussi le résultat d'une grossesse par inclusion par exemple , ou d'un nisus Jormativus anormal , puisque l'on trouve ces débris tout aussi bien chez des jeunes vierges ou chez des hommes , et puisqu'on les rencontre ailleurs que dans le bassin; c'est ainsi que Gordon a vu des os et des dents au milieu d'une matière suifeuse dans la cavité thoracique. Ces lésions, rares à la vérité, sont bien plus souvent la cause que l'effet de l'ovarite. 11 n'en est pas de même des indurations fibreuses ou squirrheuses , des ramoUissemens encéphalo'ides, des tumeurs cartilagineuses ou osseuses , homogènes dans toute leur étendue, ou remplies d'hydatides ou de matières semblables à du plâtre , du miel , du fromage , etc. , que l'on voit survenir le plus ordinairement à la suite de l'ovarite, et qui peuvent acquérir un volume considérable. On trouve encore dans ces ovaires des kystes séreux qui constituent une hydropisie , qu'il n'est pas toujours facile de distinguer de l'ascite. Tel était le cas d'une femme qui , arrivée au dernier degré de marasme, est venue mourir l'année dernière à l'hôpital Beaujon. Son ventre volumineux et également développé offrait une fluctuation générale des plus manifestes. Déjà une ponction avait été pratiquée l'année précédente avec succès , on distinguait la cicatrice de la plaie faite par le trocar. Les jambes étaient infiltrées, mais la respiration ne présentait pas assez de <;Êne pour nécessiter une nouvelle ponction. La malade succomba ; nous la croyions affectée d'ascite , l'ouverture du cadavre démontra qu'elle avait une hydropisie enkystée d'un ovaire, qui avait envahi tout l'abdomen et qui n'offrait aucune adhérence avec les parois de cette cavité, dans le point où la ponction avait été pratiquée l'année précédente. Le kyste était uniloculaire. Le plus souvent ces kystes présentent des loges nombreuses , tantôt séparées par des cloisons imparfaites qui permettent entre k-s cellules une libre communication ; tantôt les cloisons sont complètes et les matières contenues dans les différentes cellules peuvent être de nature variée. {Voyez HTnnopisiEs ehkystées.)
Tels sont les désordres les plus ordinaires que l'on voit survenir à la suite de l'ovarite. Nous n'étendrons pas davantage I hisloire de cette maladie , sur le traitement de laquelle nous avons appelé l'attention du lecteur, parce que c'est surtout par l'emploi des soins convenables que l'on peut arrêler la maladie dans sa marche, l'empêcher de passer à l'état chronique , et prévenir les dégénérescences le plus souvent incurables que nous avons indiquées.
(MAnTIN SOLON.)
OXALIQUE (acide) , médecine légale. L'analogie qui existe entre l appa-
renée extérieure de l'acide oxalique et du sulfate de magnésie a été la cause di plusieurs empoisonnemcns par cette substance. Ces exemples se sont rcpétcl assez fréquemment en Angleterre où le sulfate de magnésie est fort employé. A l'état de pureté on reconnaît l'acide oxalique aux caractères suivans : cristallisi ou en poudre , d'une saveur très-acide , rougissant l'infusion de tournesol quand on le chauffe dans une fiole à médecine, il se volatilise sans se charbon ner ; ses vapeurs viennent former des cristaux sur les parois du vase, et il n laisse pas de résidu lorsqu'il est pur ; il précipite l'eau de chaux en blanc, pré cipité insoluble dans un excès d'acide, soluble dans l'acide nitrique. Ilpréeipit' abondamment le nitrate d'argent, précipité blanc et lourd, qui , recueilli su un papier et desséché le fait brûler à la manière du nitrate de potasse en pro duisant parfois des détonations légères.
Lorsque l'acide oxalique est dissous dans un liquide coloré , il faut en opère la décoloration avec du charbon animal , et rechercher l'acide comme s'il étai en dissolution dans de l'eau. Cependant ces liquides, contenant le plus suuven des tartrates en dissolution, on doit s'attacher à reconnaître si les précipité obtenus dans l'eau de chaux ou dans l'hydro-chlorate de chaux étaient bien du à de l'acide oxalique; à cet effet, on ajoutera à une portion du précipité de l'a cide tartrique qui en opérera la dissolution , s'il a pour origine le tartrated potasse devin. L'emploi du nitrate d'argent aurait l'inconvénient d'ajouter di chlorure d'argent au précipité d'oxalate à cause des hydro-chlorates que ce liquides renferment. i
L'analyse de l'acide oxalique dans les matières des vomissemens ou dan.j l'estomac consiste à ajouter de l'eau distillée à ces matières , si elles sonttroj épaisses; à les porter à l'ébullition ; filtrer; traiter la liqueur par l'hydro-chlorati de chaux ; faire bouillir le préci|)ilé d'oxalate de chaux avec du sous-carbonati de potasse , de manière à le transformer en oxalate de potasse et agir sur la parjj tie soluble comme sur l'acide oxalique seul. '
L'acide oxalique est un des poisons capables de donner lieu aux symptôme les plus variés; c'est en même temps un des acides les plus délétères; à forti dose il donne lieu à tous les symptômes d'une irritation très-vive de l'estomac à faible dose il agit principalement sur le système nerveux. Les chiens périssendans l'espace de quelques minutes lorqu'on leur fait prendre de deux gros . une demi-once de cet acide. Des vomissemens nombreux avec des efforts violens accompagnés d'une grande agitation , et souvent même de convulsions , suivi d'un état d'affaiblissement de plus en plus prononcé, tels sont les seuls symp i tomes qu'ils présentent. Lorsque la dose de l'acide est moindre, et suivant qu'i le poison est à l'état solide ou étendu d'une quantité d'eau plus ou moins grande i on peut observer le tétanos , la. diminution dans la conlractilité du cœur, qu. est parfois presque totalement éteinte au moment de la mort; souvent aussi ui état spasmodique très-prononcé , dans d'autres cas , le narcotisme et les phéno mènes que produit l'opium. Rien de plus propre à faire connaître le motl d'action de cet acide que les propositions suivantes de MM. Christison c i Coindet. 1° L'acide oxalique à la dose de quelques gros est un des poisons le | plus actifs et les plus propres à déterminer une mort prompte. 2° S'il est cod centré et introduit à haute dose dans l'estomac, il irrite ou corrode cet organ et détermine la mort par l'affection sympathique du système nerveux. 3o Lors qu'il est étendu d'eau il est absorbé et porte son influence sur les organes éloi gnés. Toutes choses égales d'ailleurs , son action est plus grande quand il es plus étendu d'eau que lorsqu'il est concentré. 4o On ne peut pas le retrouve dans les liquides de l'animal , quoiqu'il soit absorbé , probablement parce qui est décomposé en passant par les poumons, et que ses élémens se combiuen avec le sang. 5» Il agit directement comme sédatif. Les organes sur lesquel, il porte son influence sont d'abord la moelle épinière et le cerveau ; ensuite , e i secondairement, les poumons et le cœur. La cause immédiate de la mortes quelquefois une paralj'sie du cœur, d'autres fois une asphyxie ou enfin ces deu: affections^ réunies. (Alph. Devergie.)
OXIGESE, de aigre , acide, et de y^w^ai, j'engendre. Ce gaz a éténommi, ainsi parce qu'on le regardait comme le seul principe acidifiant ; c'était un( erreur que, depuis , on a reconnue : cependant le nom est resté.
L'oxigène peut-il offrir des ressources à la thérapeutique? peut-il, soit à l'éla pur, soit uni à l'azote dans des proportions différentes de celles qu'offre l'aii atmosphérique, devenir un moyen de soulagement ou de guérison? c'est ce qu( nous allons examiner.
Pour que l'oxigène soit un remède , il faut deux choses : il faut d'abord qu'i y ait des cas où son emploi serait utile : ensuite il faut que cet emploi soi possible. Commençons parla question d'utilité ; après viendra celle d'appli cation.
Bien que de tous les gaz l'oxigène soit le seul qui ait, à proprement parler le caractère d'être respirable , il ne tarderait pas , si on le respirait pur. à causeï la mort. On ne pourrait donc l'employer, pour peu qu'on voulût donner à sor application une certaine durée, que combiné avec l'azote. La question n'es donc en réalité que celle de savoir s'il y aurait avantage à faire respirer à cer tains malades un mélange de ces deux gaz contenant plus ou moins d'oxigeni que n'en offre l'air atmosphérique. Or, à celle question je réponds par l'affirma tive , et pour cela je n'ai besoin ni de considérer le mode d'action de l'oxigène ni de tenir compte des résultats obtenus de son emploi. Ain.si donc , c'est c y^r/ort" que je réponds , et que je dis qu'il y a des cas, probablement très-nom breux , où il serait avantageux que des malades respirassent l'oxigène dans de proportions autres que celles où ou le respire ordinairement.
Pour répondre autrement, il faudrait, ce qu'on ne doit jamais admettre < , priori, une exception. Qu'on cite une influence, un agent qui ail pour caraclcri