‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 186 sur 311 · O ZENE · texte numérisé non relu

O ZENE

OZENE.

espérer. Toutefois , il faudrait agir avec beaucoup de réserve dans les cas où les accès de dyspnée résulteraient ou seraient accompagnés d'une affection du cœur ou des gros vaisseaux.

On devait penser à l'o.xigène, en présence du choléra, et c'est effectivement ce qui a eu lieu dans divers pays. Suivant M. Sandras, les tentatives faites en Russie et en Polo£;ne n'ont eu aucun succès. D'après M. Alp. Sanson , il en aurait été de même à Berlin. En France ce moyen fui proposé presque simultanément par MM. Capitaine , P. Bories , d Olive , Tliouzet et Coster. Il parait constant que chez un certain nombre de malades on obtient de son emploi une améliolation prompte et plus ou moins durable : même on cite des cas où la guérison a suivi son usage ; la seule conclusion que l'on puisse tirer aujourd'hui de ces documens , c'est que les tentatives ont été trop peu nombreuses et très-probablement trop imparfaites , pour que l'on puisse se prononcer sur l'utilité de l'oxigène dans le choléra. Ne considérons pas cependant ces tentatives comme étant sans valeur : les raisons qui ont conduit à les faire , les résultats de quelques-unes , doivent engager à les répéter, à les perfectionner si , par malheur, l'occasion s'en présente encore. Toutefois , en les faisant, il faudra se rappeler qu'en s'attaquant, dans cette maladie, à la cyanose, à l'asphyxie, au refroidissement, on ne s'attaque pas au principe du mal; qu'on ne fait qu'une médecine de symptômes , ce qui au surplus est loin d'être une raison de s'abstenir; que le mal marche si rapidement qu'il est bientôt au-dessus de toutes ressources ; que la faculté qu'ont les poumons d'absorber l'oxigène diminue rapiilement, et finit par cesser tout-à-fait ; qu'un moment arrive où le sang a pris des caractères tels que son mélange avec l'oxigène , même dans un vase , ne suffit plus pour le rendre rutilant. La conséquence de ces remarques est qu'on aurait tort de compter trop sur ce moyen ; qu'il faut se hâter de l'employer avant que l'algidité, que la cyanose soit très- prononcées ; qu'il faut le donner à doses énergiques , et ne pas attendre pour se préparer à cette application que la nécessité delà faire soit venue.

L'oxigène a encore été essayé et recommandé contre un grand nombre de maladies : je citerai les fièvres dites malignes et putrides ( Sprengel , Meusching , etc. ) , la chlorose ( Millingen , etc.) , les scrofules , les engorgemens des organes abdominaux , surtout chez les enfans (Millingen, etc.), la dyspnée opiniâtre avec pâleur et faiblesse ; le rachitisme commençant ( Fourcroy, etc. ) , le scorbut ; les convulsions ( Beddoës, etc. ) , le tétanos ( Saladin ), les leucorrhées chroniques et les asciles (iNlillingen, etc.), la consomption (James Price], etc., etc. Je pourrais aisément grossir cette liste en y joignant beaucoup d'autres maladies pour lesquelles l'oxigène a été vanté , parce qu'on s'était persuadé que les vertus des substances dans la composition desquelles il entre ou était supposé entrer devaient lui être rapportées. Combattre ces théories ce serait revenir sans utilité sur des erreurs aujourd'hui généralement reconnues J'ajouterai seulement, pour ne pas être trop incomplet, que l'on a fabriqué une eau gazeuse avec l'oxigène, et qu'elle a été recommandée pour les cas d'inappétence, de spasme de l'estomac, d'hysiéric, d'hydropisie asthénique , etc. Cette eau est complètement tombée en désuétude. Je ne serais pas surpris cependant qu'on l'exhumât un jour, et peut-être avec succès.

On peut se procurer l'oxigène en chauffant graduellement et jusqu'au rouge du chlorate de potasse dans une cornue remplie seulement au quart et pourvue d un tube de Welther plongeant sous des cloches remplies d'eau. Cent grammes de ce chlorate peuvent fournir environ 28 litres (l'oxigène On peut encore traiter de la même manière l'oxide de manganèse seul ou mêlé à parties égales avec le chlorate de potasse II faut une chaleur beaucoup moins forte quand cet oxide est mélangé avec les deux tiers de son poids d'acide sulfurique. L'oxigène , surtout quand on le tire du manganèse , doit être soigneusement lavé dans de l'eau de chaux pour le dépouiller de l'acide carboni(|ue qu'il peut contenir. Il y aurait moins d'inconvénieus à ce qu'il contint un peu d'azote. On peut conserver l'oxigène dans des cloches sur l'eau ou dans des bouteilles exactement fermées. Il serait aisé , si la consommation de ce gaz venait à s'étendre , de le conserver sous un petit volume , au moyen de la compression, dans des réservoirs construits pour cet objet. Les doses en volume d'oxigène ont varié depuis un ou plusieurs litres par jour jusqu'à quinze ou vingt. Il était mélangé dans des proportions diverses avec de l'air atmosphérique. Dans le choléra , le mélange contenait une proportion plus forte d'oxigène que d'air; mais généralement ce gaz a été donné à un degré beaucoup moindre de concentration.

(LÉop. Deslakdes.)

OXIMEL ou OXIMELLITE (Pharm.). Les oximels ou oximelliies sont des espèces de siiops formés par une solution concentrée de miel dans un vinaigre simple ou médicamenterx. Les deux sels usités aujourd hui sont : Voximel simple, formé de miel fin deux parties , vinaigre blanc une partie , cuits en consistance de sirop ; et Voxitncl scilliiique , préparé de la même manière , en substituant le vinaigre scillitique au vinaigre ordinaire. ( Guibourt.)

OX'YURES. Voyez Entozoaires.

OZENE. Ozœna. Maladie dont le phénomène principal est une fétidité plus ou moins considérable de l'haleine , d où lui est venu le nom qu'elle porte , et qui , de l'aveu des auteurs , est peu connue de sa nature. Ils admettent qu'elle peut procéder de causes différentes, sur lesquelles ils dissertent longuement, de même que sur les moyens thérapeutiques , sans pour cela jeter le moindre jour sur la question. Cependant ils paraissent l'attribuer fréquemment à la syphilis , mais sans en être parfaitement surs. C'est pourtant une afifection dont la forme est si complètement tranchée qu'on a peine à comprendre comment elle a pu donner lieu à quelque incertitude.

Nous ne parlerons pas ici de la fétidité accidentelle et temporaire de 1 haleine

produite par un coryza chronique, ni de celle qui est à-peu-près habitue chez les sujets dont la cavité nasale est naturellement étroite. L'une et l'aui n'exigent rien de plus que des soins de propreté un peu plus recherches ; j: exemple , l'usage d'injections faites , dans les fosses nasales , avec de l'eau n lée d'un peu de chlorure de sodium pour entraîner au dehors les mucosi retenues, et aussi pour agir chimiquement sur elles. Cela suffit pour gué, raffection incidente, ou pour rendre plus supportable l'infirmité dépends d'une disposition organique. Rien de plus rare que l'ozène scorbutique ou d< treuse, si tant est même qu'elle existe. Quant à celle qui dépend de la présen devers dans les sinus du nez, de l'arrachement dune dent et autres caui semblables, elle est aussi passagère qu'elle est peu fi-équemment observée.

Pour 1' ozèue syphilitique, qui nous parait la plus commune de toutes , e. n'est bien évidemment que la syphilide papulcuse développée dans les fosses i sales. Ainsi donc, c'est une maladie à retrancher du catalogue, déjà trop noi breux , des maux qui affligent l'humanité en général ; c'est même une réducli à faire sur la liste des affections syphilitiques; car il est facile de démontrer qj 1 ou a fait deux genres, et plus , de la même lésion observée sur différej tissus, et même sur des tissus identiques, mais occupant un autre lieu. ( S

PHILIDE. ) I

La syphilide papuleuse dont nous ne devons décrire ici ni la forme ni i marche générale , se présente souvent dans les cavités nasales. Là , comme Ij j autres membranes muqueuses , elle a plus de tendance à devenir sécrétoire \ l même à s'ulcérer, à cause de l'humidité des parties et du contact fréquent dj || corps extérieurs. Ce sont les produits de sécrétion morbide plus ou moins aboi t; dans qui produisent l'odeur fétide qu'on observe; odeur fade , nauséabonde insoutenable, qui ne ressemble en aucune façon à l'odeur de punaise : bien qu'il i aitvoulu faire dériverde punaise le motdepunais, par lequel on désigne les pei : sonnes atteintes de cette maladie. L'ulcération continuant de faire des progt ^, a bientôt détruit le peu de parties molles qui recouvre les os ; la carie s'cmpai de ceux-ci , et la fétidité devient encore plus considérable; en même temps q, il,t se manifestent les accidens propres à la destruction des os carrés du nez , d cornets , du vomer et de la voûte palatine , savoir ; les abcès , les ulcératio cutanées , etc.

La maladie est lente dans sa marche et s'accompagne rarement de viv «Ji douleurs ; aussi , voit-on souvent des malades et des médecins qui la laisse arriver jusqu'à son dernier terme, savoir la perforation des os qui entrent da la composition des fosses nasales, et à la destruction plus ou moins complète m w! nez, avant de songer à employer le traitement tant interne qu externe qui! convient. La sécrétion du mucus nasal est rarement augmentée ; mais il forme assez souvent des croûtes, qui se détachent pour se renouveler encoi Quelquefois les ulcères fournissent un peu de pus et de sang.

En examinant avec attention les parties affectées, les personnes qui so familières avec l'étude des maladies syphilitiques peuvent facilement diagnos quer celte maladie , surtout à son commencement, et lorsqu'un traitement n dirigé, des caustiques par exemple, ne sont pas venus en altérer la forme. Il i rare qu'on ne trouve pas au nez ou dans le voisinage , quelques papules entii les, qui servent à mettre, pour ainsi dire , sur la trace de la syphilis jq». signale souvent d'ailleurs une éruption papuleuse générale. Au reste, il n'y* guère d affection avec laquelle l'ozène vénérienne puisse être confondue ; pufl que le coryza chronique , même chez les sujets scrofuleux, ne présente pas l caractères qui viennent d'être signalés , et que les polypes et les affections ca.i céreuses oîit des caractères qui leur sont propres.

Le pronostic est grave , puisque l'ozène est le symptôme d'une vérole co^ stitulionnelle , et il l'est d'autant plus que l'affection locale a fait plus progrès , que les os ont été atteints et détruits ; cas dans lequel des d formités pfus ou moins fâcheuses , et des infirmités incurables surviveni la guérison. Au début, et lorsqu'il n'y a pas d'ulcération, les chances sont trêmement favorables , et le malade ne conserve après le traitement auei trace de son affection. Il est donc impossible que la maladie soit reconnue attaquée de bonne heure.

Le traitement se compose de deux parties également intéressantes : le tr) meutlocal , et le traitement général et spécifique. Négliger l'un ou l'autre s'exposer volontairement à ne pas réussir. La syphilis constitutionnelle , do la syphilide papuleuse est l'expression , ne saurait être mieux combattue qii jin par 1 usage du mercure administré suivant les règles que l'expérience a fait ët i L blir. {Voj-, Mercure. et stphilis.) Quant aux moyens locaux, on peulemploy j, d'abord quelques émolliens dans les cas où une inflammation accidtnielle s c ■ nj emparée des parties; mais leur usage ne saurait être long-temps continué sa lnj. inconvénient, car ils tendent à favoriser les progrès de l'ulcération. Panser I ' ;i, ulcérations, quand il en existe, avec de la charpie enduite de cérat opiacé, cai > jj, tériser les papules avec du nitrate d'argent fondu, et même les ulcéi ations qnii |ig sont pas trop irritées, voilà le moyen d'amener une prompte et solide guériso La cautérisation , dont les anciens avaient su reconnaitre les avantages, de i être superficielle et fréquemment réitérée , puisqu'elle a |)Our objet de proteg k les parties malades , sous une cscarrhe qui adhère exactement , et qui ne pc t|' met pas l'action des corps extérieurs. Le caustique doit être porté aussi lo l,j que possible ; d'ailleurs, il est rare que les papules soient au-delà de la port- , de l'œil et de la main. Néanmoins , en pareille circonstance, il y aurait de l ': vantage à faire quelques injections excitantes , ou bien à faire inspirer aux m lades des vapeurs mercurielles, celles du cinabre par exemple. L'introductn d'une pondre, dans laquelle le calomélas entre pour un vingtième ou pour i dixième , et qu'on laisse séjourner , en tamponnant les narines , pendant i

PALATITE.

PALATITE.

irtain temps, a aussi produit de bons effets. Il ne faut pas se hâter tl'aban- )nner l'emploi des moyens curatifs avant que la guérison soit constatée par iispection exacte des parties, et aussi par le temps. En effet , les récidives lit fréquentes , et souvent plus difficiles à guérir que la première maladie. Aucune opération n'est applicable à l'ozéne syphilitique; la perforation du nus maxillaire ne peut être applicable qu'à l'ablation de tumeurs fongueuses ■veloppées dans cette cavité , et c'est à l'article fongcs qu'il faut chercher et listoire de la maladie , et celle de son traitement ; de même que nous n'avons is à nous occuper ici des affections cancéreuses qui peuvent occuper les fosses isales et les parties voisines, non plus que des moyens thérapeutiques qu'els peuvent réclamer. ( l^oy. Cancer. ) (Cdllerier et Ratiek.)

PAIN. ^o/-ez Aliment.

PALATITE. s. f. Inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse les liers et le voile du palais. C'est Vangine sim/jie, l'angine gutturale des auteurs, plus commune de toutes les angines.

Cette phlegmasie règne souvent au printemps avec le caractère épidémique; il passe peu d'années sans que l'on n'en observe au moins plusieurs exemples ins cette saison. Elle attaque indifféremment tous les âges et ks personnes de in ou l'autre sexe; cependant elle se montre plus commune chez les jeunes ns et chez les individus à système sanguin très-développé. Le Iroid humide , refroidissement du corps lorsqu'il est en sueur, le froid des pieds, les chanraens brusques de température et de l'état hygrométrique de l'air, l'accroisse- ;ut subit et considéi-able de la chaleur atmosphérique jointe surtout à une ande humidité, telles en sont les causes ordinaires. On la voit aussi se déveyper parle contact immédiat d'un liquide glacé ou trop chaud , trop stimu- »t , caustique ou tenant en dissolulion une substance vénéneuse irritante; les z irrilans peuvent produire le même effet. Enfin , elle est quelquefois provoée et entretenue à l'état chronique par l'infection syphilitique , par l'abus s liqueurs spiritueuses, et même par celui du café, ainsi que nous en avons servé un exemple.

La simple inspection suffit pour faire reconnaître la palatite. En examinant fond de la gorge on voit la membrane muqueuse du voile du palais et de ses iers rouge et gonflée, la luette allongée , pendante, et traînant quelquefois r la base de la langue. Les malades accusent de la sécheresse , de la douleur (ie la chaleur dans toutes ces parties ; ils éprouvent de la diiîiculté à avaler > corps liquides surtout et en particulier la salive ; le chatouillement que proj it la luette sur la langue, provoque des mouvcmens continuels de déglutition, •iiivent même des nausées et quelquefois de la toux. A ces symptômes se joi- ; eut la voix nasonnée , le reflux des boissons par les fosses nasales , le mauvais : lit de la bouche, 1 enduit limoneux ou jaunâtre de la langue ; enfin , après les emiers jours, une sécrétion plus ou moins abondante de mucosités. Quand les lygdales participent à l élat imflammaloire du voile du palais et de ses piis, elles se gonflent et souvent se recouvrent d'une couche de mucus grisâtre ! se parsèment de concrétions blanchâtres sébacées. Quand la douleur des rlies enflammées est tellement vive que le malade peut à peine écarter les àchoires et encore moins permettre qu'on lui abaisse la langue pour examiner gorge , il est rare que du pus ne se forme pas promptement dans l'épaisseur voile du palais. Lorsqu'on peut apercevoir en pareil cas cet organe, on le it tout déformé ; le pus ordinairement augmente considérablement l'épaisur d'un des piliers et vient même soulever la membrane muqueuse à la voûte latine et auprès des alvéoles des dernières dents. Presque toujours alors il se t une sécrétion très-abondante de mucus et de salive filante; souvent il nous luffi de ce signe et de l'impossibilité d écarter les mâchoires, pour diagnostier une palatite avec formation de pus.

Il est assez rare de voir cette phlegmasie accompagnée de soif, de chaleur de peau et de fréquence du pouls , si ce n'est à son début. Quand cela arrive, frisson a presque toujours ouvert la scène; en quelques heures ces symptôîs se dissipent ordinairement et disparaissent sans retour. A l'état* chronique , la palatite se manifeste par un peu de chaleur et de cheresse à la gorge , une petite douleur pendant la déglutition, et ces sympoaes s'aggravent à la suite de tous les écarts de régime , ainsi qu'à l'occasion s vicissitudes atmosphériques. La membrane enflammée présente l'un des pects suivans : ou bien on voit s'y dessiner des veinules plus ou moins nom- ■euses , ayant rarement plus de cinq à six lignes de longueur, quelquefois un rouge assez vif, plus fréquemment de couleur bleuâtre ; ou bien on y aper- Ht deux ou trois taches brunâtres, ordinairement situées sur les piliers; ou jen encore elle se montre d'une couleur plus foncée dans toute son étendue ;

Ifin, elle est quelquefois parsemée de points rouges qui la font paraître mme couverte d'une éruption de taches ou de petits boutons. Quant à la palaequi est entretenue par le virus vénérien , nous renvoyons pour sa descripà l'article syphilis.

I La palatite aiguë , rarement de longue durée , se termine presque toujours r résolution, soit spontanément, soit par le secours de l'art. Nous avons dit le quelquefois cependant , elle se terminait par suppuration ; dans des cas lires d'intensité «xtrême, ou voit la gangrène en être la suite. Cette affection offre en général aucune gravité ; ce n'est que dans le cas où elle se termine r gangrène qu'elle peut avoir des suites funestes ; elle devient grave aussi par complication avec la phlegmasie des organes digestifs ou de ceux de la res-

piration, mais alors ce n'est pas d'elle que vient le danger. La palatite chronique dure en général assez long-temps, et se montre souvent rebelle au traitement le plus rationnel ; on ne la voit jamais devenir inquiétante.

On ne retrouve pas toujours les traces de la palatite après la mort, et la membrane muqueuse du voile et des piliers du palais, qui, dans les derniers temps de la vie, était du rouge le plus éclatant, se montre souvent pâle et décolorée après la mort. Mais lorsque les traces de cette inflammation persistent, elles consistent dans la rougeur, le gonflement, l'ulcération , la suppuration et la gangrène de la membrane, ou dans la présence d une couche membraniforme grisâtre qui la revêt, caractères anatomiques delà palatite, qu'il est d'ailleurs presque toujours possible d'apprécier pendant la vie.

La palatite légère se dissipe ordinairement d'elle-même, ou à l'aide de moyens très-simples , tels qu'un bain de pieds simple ou sinapisé , un gargarisme fait avec le miel rosat et le vinaigre dans une décoction d'orge, un cataplasme émollient ou seulement de la laine autour du cou , quelques lavemens , une boisson délayante , et un régime doux. Mais pour peu qu'elle soit intense , cette thérapeutique devient insuffisante , i! faut alors avoir recours a une médication plus énergitjue. Les émissions sanguines tiennent en ce cas le premier rang parmi les moyens à employer: les sangsues particulièrement , depuis trois à quatre jusqu'à trente ou quarante, suivant l'âge et la force du malade et l intensité de la phlegmasie, placées aux parties antérieures et latérales du cou , et répétées autant de fois que la persistance de l'inflammation le réclame , sont d'une efficacité qui est rarement en défaut. Quand elles ne soulagent pas promptement, il est presque certain qu'il se forme du pus dans les parties enflammées. Il est avantageux, lorsque le sujet est pléthorique ou la phlegmasie très-intense , de débuter par une ou deux saignées générales, pratiquées au bras ou au pied. On aide l'action de ces moyens, par l'application de cataplasmes émoUiens autour du cou , et placés à nu sur les piqûres de sangsues pendant que le sang coule encore, par l'emploi de décoctions émollientes, mucilagineuses et narcotiques, que les malades gardent le plus de temps possible au fond.de la bouche , comme un bain local et avec la précaution de ne pas s'en gargariser ; par le silence absolu , la situation élevée de la tête, une température douce, le soin d'éviter tous les efforts inutiles de déglutition etd'expuition, enfin par des boissons adoucissantes, mucilagineuses , ou acidulés, peu sucrées , peu chaudes et même froides si les malades les préfèrent et les supportent , et par une diète sévère pendant toute la période d'acuité. Lorsqu'il existe des motifs de soupçonner que la phlegmasie se terminera par suppuration , on retire de grands avantages des fumigations émollientes peu chaudes dirigées au fond de la gorge au moyen d'un entonnoir.

Quand la période d'acuité est passée , on joint aux moyens précédens les j)édiluves chauds et sinapisés ou les cataplasmes de moutarde et de vinaigre autour lies malléoles , les lavemens purgatifs , les tisanes laxatives, telles que l'eau de casse , l'émétique eu lavage , le petit-lait tamarindé, etc. , les gargarismes acidulés , dont il est toujours prudent de ne faire usage que comme de bains locaux, On peut rendre ces gargarismes astringens vers la fin de la maladie, en les composant avec les décoctions d'écorce de feuilles de ronces , d'écorce de Grenade , auxquelles on ajoute du miel rosat , et quelquefois de l'acide sulfurique à la dose de cinq à six gouttes dans les cas où il y a quelques couches membraniformes à détacher. Après l'expulsion de ces fausses membranes, la portion de muqueuse qu'elles recouvraient est quelquefois d'une sensibilité exquise: un gargarisme émollient et rendu narcotique par l'addition de la décoction de tête de pavot ou du sirop diacode , remédie promptement à cet état. Lorsque l'on juge à propos de permettre des alimens , ils ne doivent être ni salés , ni épicés , ni trop consistans , mais très-doux et presque liquides ; tous les fruits acidulés cuits conviennent parfaitement.

L'émétique a été employé avec succès au début des palalites même intenses ; on le recommandait surtout dans celles qui étaient accompagnées des symptômes de Yembarras gastrique , de Vangine bilieuse des auteurs, et dans ces cas en effet, il produisait de rapides guérisons. Après de longues hésitations, nous nous sommes décidé à suivre cette pratique , et nous eu avons plus d'une fois obtenu des résultats avantageux et immédiats. En cherchant à nous rendre compte des bons effets de l'émétique dans ces cas où nous supposions l'estomac irrité et dans lesquels ce médicament aurait dû par conséquent nuire , il nous a semblé que ces prétendus symptômes bilieux, d'embarras ou d'irritation gastrique , n'étaient que des effets tout naturels île l'irritation locale de la bouche. Il nous a paru évident que les nausées et les envies de vomir dépendaient du prolongement de la luette et de sa chute sur la base de la langue, que le mauvais goût de la bouche était l'effet de l'irritation communiquée à toute la membrane muqueuse qui tapisse cette cavité par la portion palatine enflammée de cette même membrane ; enfin que l'enduit jaunâtre qui recouvre la langue était l'effet direct de cette même irritation, comme il en est l'effet indirect, lorsque l'estomac est enflammé. Nous avons été confirmé dans cette manière de voir, en remarquant que ces symptômes ne sont accompagnés ni de soif, ni de douleur, ni de chaleur épigastriques , ni d'accélération du poids, ni d'accroissement de la chaleur générale , tandis que ces phénomènes existeraient inévitablement si l'estomac était irrité , et nous nous sommes expliqué de la sorte l'innocuité et les bons effets de l'émétique en pareil cas. Il faut bien prendre garde toutefois de ne pas commettre de méprise, et l'on ne doit administrer cet agent que dans l'absence bien constatée des symptômes d'irritation gastrique que nous venons d'énumérer, il faut s'en abstenir chez les sujets nerveux, irritables, maigres , et dans les cas douteux lui préférer les moyens antiphlogistiques dont aucun inconvénient sérieux ne peut suivre l'emploi.

PALPITATIONS

PALPITATIONS

Le traitement de la palalite chronique repose sur les mâmes bases que le précédent. Les saignées locales , les gargarismes émolliens ou acidulés , les bains de pieds sinapisés , etc. , en sont encore les principaux moyens. Mais c'est surtout en recherchant pour Tcloigner ou la combattre la cause qui l'entretient, et en imposant aux raalatles un régime très-sévère, que l'on parvient à la guérir. Souvent elle est sympathique d'une irritation gastrique ; on conçoit que dans ces cas le traitement doit être entièrement dirigé contre la maladie de l'estomac. En général , les bains émolliens très-proloni;és et peu chauds , de l'exercice, et un régime très-doux, exercent une puissante et salutaire influence sur cette maladie. Il devient quelquefois nécessaire cependant d'avoir recours à l'usage des gargarismes astringens ; ceux dans lesquels entre le sulfate d'alumine ou le chlorure d'oxide de sodium nous ont paru les plus elHcaces. Nous avons employé une fois avec succès la cautérisation très-superficielle au moyen du nitrate d'argent ; quelques applications suffirent pour guérir une ])alatile rebelle depuis plusieurs mois k tous les autres moyens. (L. Ch. Roche.)

PALPITATIONS

§ I<'|'. On donne le nom de palpitations à des mouvemens tumultueux, forts et fréquens dont le cœur est quelquefois agité. Ces mouvemens peuvent ne durer que quelques instans,ou bien, au contraire persister, pendant long-temps. Us sont sentis par les personnes qui en sont atteintes, tandis que les battemeiis ordinaires du cœur ne le sont pas , au moins chez l'immense majorité des hommes. Les palpitations sont parfois tellement violentes, qu'elles ébranlent nonseulement la région précordiale , mais aussi tout le côté gauche de la poitrine et la région épigaslrique. On distingue parfaitement à la vue les secousses que le cœur imprime aux parties indiquées , et il repousse brusquement et comme convulsivement la main appliquée sur la région précordiale. On observe assez souvent de l'irrégularité et des intermittences dans les battemcns du cœur des sujets affectés de palpitations; mais il est aussi des cas dans lesquels le pouls , ainsi que les battemens du cœur, conservent la plus parfaite régularité. D'un autre côté, on observe de l'irrégularité et des intermittences dans les battemens du cœur , chez quelques sujets qui n'éprouvent point de palpitations ; par conséquent cette irrégularité et ces intermittences ne doivent pas être considérées comme des caractères essentiels des palpitations.

Les bruits du cœur augmentent de force pendant les palpitations , et c'est surtout alors que le médecin les entend à distance et que les malades les entendent eux-mêmes , surtout lorsqu'ils restent couchés sur le côté gauche. Les palpitations sont quelquefois accompagnées d'un léger bruit de soufflet qui disparaît aussitôt que le cœur est revenu à son état de calme. Il n'est pas besoin de dire que le bruit de soufflet , de scie ou de râpe , qui accompagne certaines lésions des valvulves et des orifices du cœur, devient plus prononcé pendant les palpitations.

La région précordiale, pendant la durée des palpitations , est quelquefois le siège d'une douleur plus ou moins vive, ou d'un sentiment de malaise et d'anxiété difficile à caractériser. Enfin , il est un grand nombre d'autres phénomènes qu'on peut observer chez les individus affectés de certaines palpitations ; mais, comme ces phénomènes ne sont pas l'effet de ces dernières , et qu'ils se rallient au contraire à diverses lésions dont les palpitations elles.mêQies ne sont que des symptômes , je ne crois pas qu'il soit convenable de les signaler ici.

§11. On doit diviser les palpitations en deux grandes catégories, selon qu'elles sont ou non l'effet de diverses maladies aiguës ou chroniques du cœur, telles que la péricardite , l'endocardite, l'hypertrophie du cœur, avec ou sans lésion des valvules et des orifices du cœur, etc., etc.

Les palpitalions indépendantes de quelqu'une de ces dernières maladies se rencontrent dans une foule de cas très-différens les uns des autres et qu'il nous importe de faire brièvement connaît! e. Rappelons d'abord que les auteurs ont coutume de désigner sous le nom vague de nerveuses toutes les palpitations dont il va être question. Quoi qu'il en soit de cette expression, il n'est personne qui ne sache que la constitution dite nerveuse constitue une prédisposition très-réelle aux palpitations en général. Cette prédisposition étant admise, voyons maintenant quelles sont les diverses conditions qui déterminent les palpitations de la catégorie qui nous occupe.

1°. Des efforts, des exercices violons, la course prolongée, par exemple, suffisent comme on le sait assez vulgairement , pour donner lieu à des palpitations plus ou moins violentes.

2». Les affections vives de l'âme, la joie, la frayeur, la colère , déterminent des palpitations. 11 est des affections moins vives qui, par la continuité de leur action , amènent aussi à leur suite des palpitations : telles sont la tristesse , la mélancolie , la nostalgie. C'est à cette espèce qu'il faut rapporter les palpitations si communes chez les étudians , qu'elles ont reçu à Édimbourg la dénomination de maladie du cœur des étudians. Les excès d'étude , les veilles , l'abus des plaisirs vénériens favorisent singulièrement le développement de ce genre de palpitations.

3°. L'abus pur et simple des boissons spiritueuses , du régime e.xcitant en général, suffit quelquefois pour donner naissance aux palpitations.

4". La pléthore est souvent accompagnée de palpitations. Toutefois, celles-ci ne se manifestent guère que sous l'influence de quelque cause occasionnelle, soit physique, soit morale.

5o. Une espèce de palpitations qu'on peut opposer à ces dernières sont celles qui apparaissent chez les individus anémiques et chlorotiques. On sait d'ailleurs, combien sont nombreuses les causes de l'anémie ; mais que cet état morbide soit le résultat d'abondantes hémorrhagies , ou de quelque Jésion viscérale

qui porte une atteinte profonde à l'hématose et à la nutrition , il est démontr^ par l'expérience qu'il suffit de la plus légère cause pour faire éclater alors dei palpitations.

La chloi-ose est constamment accompagnée d'une tendance très-prononccc aux palpitations. C'est particulièrement chez les chlorotiques qu'on entend quelquefois , pendant les palpitations , un bruit de soufflet plus ou moins dis-1 tinct dans la région du cœur. C'est aussi chez les chlorotiques , ainsi que je| l'ai dit ailleurs, que les artères d'un grand calibre et spécialement les sous-clavières et les carotides , font entendre ces ronflemens variés qui, tantôt imitent le bruit de diable, le bruit du vent qui traverse une serrure , une fente étroite/ le bourdonnement de certains insectes, le roucoul ement plaintif de certains oiseaux , etc. Depuis deux ans , j'ai rencontré une centaine de fois au moins le phénomène dont il s'agit chez les chlorotiques. C'est incontestablement un des caractères physiologistes les plus constans de la chlorose bien décidée.

6°. Il est un autre genre de palpitations que les auteurs paraissent avoir complètement négligé : je veux parler de celles qui apparaissent sous les mêmes influences que ces douleurs que l'on connaît sous le nom de rhumatismales ou névralgiques. Les palpitations en quelque sorte névralgiques ou l'humatismalesl coexistent très-souvent avec les douleurs de même nom , et très-communément' encore on les voit s'accompagner d'une douleur dans la région précordiale s'irradiant ou non vers le bras correspondant. Les palpitations dont il s'agit coïn-l cident parfois avec des intermittences du pouls , et causent habituellement une inquiétude extraordinaire aux individus qui en sont tourmentés, bien que. sous tous les autres rapports, ils offrent pour la plupart les signes de la plus florissante santé.

Telles sont, à ma connaissance , sinon toutes les causes , au moins les principales causes qui donnent lieu aux palpitalions du cœur , indépendantes des lésions organiques , aiguës ou chroniques de cet organe.

§ III. La marche et la duiée des palpitalions varient singulièrement, selon les causes qui les déterminent. Elles sont continues ou intermittentes. Toutefois , les palpitations continues sont très-rarement l'effet de la plupart des causes que nous avons indiquées plus haut. En général , elles dépendent d'une lésion aiguë ou chronique du cœur, ou de ses enveloppes; une irritation propre et en quelque sorte idiopathique des nerfs qui animent cet organe, nous paraît aussi pouvoir leur donner naissance.

Le diagnostic des palpitations , c'est-à-dire la détermination de leur espèce, est une chose de la jjIus haute importance, attendu que les unes réclament ur traitement diamétralement opposé à celui qui convient à d'autres. Rien n'esl pourtant plus commun que de voir commettre des erreurs de diagnostic en cette matière. Chaque jour , par exemple , on voit des jeunes étudians en médecine qui ne sont affectés que de simples palpitalions nerveuses , venir consulter poui une lésion organique de cœur. Chaque jour aussi , on voit confondre les palpita tions des jeunes filles chlorotiques avec les palpitations produites par certaine; affections organiques du cœur. Jusqu'ici, les observateurs les plus distingués eux ^ mêmes avouent qu'il est des cas où le diagnostic dont nous nous occupons, es environné des plus grandes difficultés. Citons , à ce sujet, le passage suivant d( l'article de M. le professeur Andral, sur les palpitations (Dict. de méd. , en 21 vol. ) : » Les palpitations qui sont liées à une des lésions organiques pré' I) cédemment indiquées , et celles , qui en étant indépendantes, ont été appe 1) lées nerveuses, peuvent être souvent distinguées facilement les unes de.' ^ » autres. Mais lorsque les palpitations , dites nerveuses , se répètent ou se pro ' » longent, lorsqu'elles ont une grande inVenshé le diagnostic devient par t> fois très-difficile. Cherchera-t-on à l'établir d'après la nature des symptôme: » qui existent pendant la durée des palpitations ? On pourra n'arriver à rier » de satisfaisant; en effet, les palpitations nerveuses peuvent produire lei « mêmes phénomènes locaux et généraux qui accompagnent les palpitations 1) liées à une affection organique du cœur. Hors même le temps des palpita- » tions , il y a plus d'un cas où le diagnostic restera encore obscur. En effet » dira-t-on que les palpitations étaient nerveuses, par cela seul qu'après qu'elles » se sont dissipées , les individus sont revenus à la santé ? Mais il est démontr( » maintenant que , dans les premiers temps d'une affection organique du cœur » les symptômes qui l'avaient annoncée peuvent s'efï;icer à-peu-près complète » ment pendant un certain intervalle. D'une autre part, dans beaucoup de sim » pies palpitalions nerveuses, les battemens du cœur hors le temps de ces « palpitations, peuvent continuer à présenter quelque anomalie; ils peuven : 1) être irréguliers, ou accompagnés d'un bruit de soufflet, lequel est bien sou » vent indépendant de toute lé.5ion organique. De plus , les malades peuveni 1) conserver une dyspnée plus ou moins considérable. Nul doute que , chez le: 11 adolescens surtout, cette dyspnée, jointe ou non à des palpitations, ne soi! » souvent un phénomène purement nerveux, ou lié à une congestion pulmonaire. » On voit combien cet ensemble de symptômes est semblable à ceux qui mar- » quent le début de plusieurs affections organiques du cœur — Il ne faut pa 11 d'ailleurs perdre de vue que, par cela seul que l'action du cœur est accrue >i sa nutrition tend à se modifier; d'où il suit que les palpitations , qui e.xisten » d'abord sans lésion organique , peuvent être le point de ilépart de celle-ci. '

Il est peu de médecins qui ne partagent l'incertiluilc dont le passage prcce lient se trouve en quelque sorte empreint. J'ai vu un bon nombre de jeune femmes chlorotiques qui avaient été traitées pour une affection organique di cœur , un anévrisme ou une hypei'trophie , comme le dit ordinairement le vul gaire des médecins, qui ne sait pas encore que la dilatation et l'Iiypertropliic l'i cœur ne sont le plus souvent qu'une suite d'une autre lésion , d une induratioi des valvules , par exemple, avec rétrécissement plus ou moins considérable de

PALPITATIONS

PANARIS

fices qu'elles bordent.. La longue persévérance avec laquelle je me suis livié 'étude du sujet qui nous occupe , nie permet d affirmer qu'il est Ires-peu de , s'il en est, où un cx.Tmen approfondi de l'état des malades, ne fournisse il toutes les donne'es nécessaires pour la solution de l'important problème <it il s'agit en ce moment. En effet, on peut uu moyen de la percussion , de j iscultation , de la vue et du loucher , mesurer exactement, ^éométrique- I nt le cœur , déterminer si ses valvules fonctionnent Lien ou mal , si les ori(isont libres ou rétrécis, si ses parois sont hypertrophiées, épaissies ou aincies, elc. , etc. Or, dans les palpitations , indépendantes d'une lésion dite (;anii]ue du cœur , on peut, pendant leur durée, mais surtout pendant les mens de calme, s'assurer par une exploration attentive , que le volume <lu cjr n'est point notableircnt augmenté , que le sang coule librement à travers orifices et les cavités du cœur.

)ans les cas , assez rares d'ailleurs, où des palpitations nerveuses, ddoroli- •s y sont accompagnées d'un bruit de soufflet bien distinct dans la région prédiale, si les autres signes , très-multipliés , d une lésion des valvules, avec r récissement de quelqu'un des oriûccs du cœur , n'existent pas , il n'y a pas linoindre doute que ce n'est pas à une maladie de cette dernière catégorie 'on a affaire. Mais , je le répète, chez les sujets nerveux ou clilorotiqucs , le v|i bruit de soufflet dans la région précordiale est fort rare, surtout dans l état dcalme. Il ne se transforme pas en bruit de scie ou tie râpe , comme il arrive dis l'induration des valvules, et chez les chlorotiqucs , ainsi que je l ai constJp plus de soixante fois , il existe dans les grosses artères et spécialement dans carotides et les sous claviéres , un ronflement ou un sifllement singuliers q| l'on ne rencontre point dans les cas d'induration pure et simple des valves. Ajoutez que la marche des palpitations par cause purement ner\euse ou ciprotique dillëre totalement de celle des palpitations par cause organitjue , et ck le trouble des diffirentes fonctions ne se ressemble presque aucunement (lis ces deux genres de palpitations. Les congestions veineuses, par exeuiple, I. einte violacée du visage , les hydropisies qui , à une période avancée des Ifpus des valvules du cœur et de quelques autres affections de cet oi gane, ne pquent jamais de se manifester , ne se développent point nécessairement s les cas de palpitations par cause chtorotique ou nei veuse. -n résumé , je crois que , grâces aux progrès de la science , on peut presque jours aujuurd hui , au moyen d'une exploration attentive, distinguer les s des auties les diverses palpitations désignées vaguement sous le nom de pjpitalions nerveuses et les palpitations qui accompagnent quelqu'une des g|ides lésions organiques du cœur. Les cas dans lesquels il serait le plus faci de se tromper sont ceux où il existe à-la-fois des palpitations compagnes djie lésion organique du cœur et des palpitations de nature nerveuse ou clilo- Vtj.que. Ces cas se présentent plus souvent , peut-être , dans la pratique, qu'on n serait tenté de le croire , au premier aboid. J'ai aclueilement sous les yeux Il exemple fort remarquable de ce genre de combinaison morbide. Une jeune ftime , d'une constitution nerveuse des plus prononcées , non réglée depuis pisieurs mois, éprouve de lortes palpitations pour la plus légère cause. La mttiue est , pour ainsi dire , moins irritable qu elle ; il suflit tle la toucher , le nitni a la visite, pour la faire rougir, lui causer de violcns batlcmens du cœur e[iiême des mouvemens spasmodiques , qui dégénèrent facilement eu de légèrjattaqucs d hystérie. Hé bien! cette méaie personne estatleinle il'une énorme h^ertrophie du cœur avec induration des valvules du côté gauche du cœur, niadie (]ui a pris naissance pendant le cours d'un rhumatisme articulaire trèsaj. Ce n'est pas le seul cas , pour le dire en passant, où nous ayons vu une elocardite rhuDjatisraale se terminer par une incurable induration des vales du cœur.

IV. Traitement des palpitations. Il résulte de tout ce qui précède que les p^ilalions peuvent coïncider avec une foule d'étals morbides différcns les des autres, sous un grand nombre de rapports. Par conséquent, il irate beaucoup de déterminer rigoureusement le point de départ ou la véritacause des palpitations si l'on veut leur opposer un traitement rationi:el. C te détermination , dis-je , est delà dernière rigueur , car les moyens qui viennent aux palpitations cliloroliques , par exemple, sont diamétralement jllraires à ceux par lesquels il faut combattre les palpitations dues à une hy- Pjlrophie ou à une iîj/'-/mZ;-i"//ort du cœur , soit primitive, soit consécutive, -'Lsi que celles qui proviendraient d'un état pléthorique. Dans le premier cas, effet, les Ioniques , les ferrugineux , un bon régime, un exercice modéré, (Ment la base du traitement. Les émissions sanguines sont formellement conhindiquées, à moins de complications qu'il n'est pas de mon sujet de faire Oj|naître. Dans l'autre cas , au contraire , ces mêmes émissions sangiwnes, •^abinées ou non avec les sédatifs, doivent cire mises en usage. Je crois dey relever , à cette occasion , une erreui que commettent souvent un assez I nombre de praticiens : ils appliquent à différentes reprises des sangsues à 'ulve , pratiquent même des petites saignées du pied chez de jeunes peines cLlorotiques dont les règles sont arrêtées. Ils s'imaginent que la chloi!le lient alors à l'aménorrliée, tandis que dans l'immense majorité des cas,

Iiénorrhée reconnaît pour cause l état cldorotique , lequel n'est bien sout qu'une variété de l'anémie. Cela est si vrai que si l'on parvient par le syse de traitement indiqué plus haut à faire disparaître la chlorose , les règles tardent pas à reparaître comme d'elles-mêmes.

reste , je n'insisterai pas plus long-temps sur le traitement des palpitas ; je ne pourrais le faiie sans répeter ce qui a été dit, ou ce cjui sera dit, '[ns divers articles de ce dictionnaire consacrés à l'histoire des états morbides ers d'où les palpitations tirent leur source ( voy. Hypertrophie , péricardite DiCT. DE Médecine et de Cuirorgie pratujues.

ET ENDOCARDITE, AHtMIE , CHLOROSE, PlÉTHOBE, SCORBrT , KEVROSES, CtC. )

Je ferai seulement une remarque en terminant , c'est que dans les cas trèscommuns où les malades rapportent à une grave maladie du cœur les palpitations nerveuses qu'ils éprouvent, cette idée entretient et accroît même les palpitations. Si le médecin qu'ils consultent est assez habile à la fois et assez heureux pour les convaincre de leur erreur, les malades dont il s'agit sont déjà à moitié guéris. Ce n'est peut-être pas exagérer que de dire qu'il est plus important de guérir l'erreur de ces malades que de guérir leurs palpitations.

( J. BoCILLACD )

PANARIS, s. m. Panaritius , paronychia , panaritium. Inllamination aiguë des tissus divers qui composent les doigts. L'organisation étant la même, des causes semblables détermineraient aux orteils , s'ils étaient exposés à leur action, des panaris aussi violens , aussi douloureux et accompagnés de phénomènes aussi graves qu'aux doigts. Riais l'attention avec laquelle nous les protégeons contre toute atteinte des corps extérieurs y rendent cette affection excessivement rare. Peut-être survient-elle plus souvent aux pieds chez les peuples qui ont ces organes moins soigneuseiiieut couverts et défendus.

Les doigts sont recouverts à leur surface palmaire , d'une peau dense, résistante , parsemée d'une multitude presque infinie de filets nerveux , qui la pénètrent et y forment des papilles disposées avec une admirable symétrie. Au-dessous du derme, existe un tissu cellulaire, serré, épais, entremêlé de cloisons fibreuses , circonscrivant des loges , dans lesquelles sont déposés des flocons adipeux , soutenus de toutes parts. Ce matelas élastique, et diflicilemeiit affaissable, était utile, afin de donner aux extrémités des doigts la solidité et la molle résistance nécessaires à l'exécution du toucher. Au-dessous de ces parties on trouve, à la troisième phalange de tous les iloigts , et à la seconde du pouce, près de la base de ces os , l'épanouissement ou l'attache du tendon du muscle long fléchisseur, et ensuite lepéiioste phalangien lui-même. Aux autres phalanges , on remarque , sous le tissu cellulaire sous-cutané la lame aponévrolique antérieure de la gaine des tendons fléchisseurs, puis ces tendons eux-mêmes, enveloppés de leur feuillet synovial , et enfin , la paroi postérieure de cette même gaîne , laquelle se confond avec le périoste de la phalange , et avec les ligamens antérieurs des articulations interphalangienues.

C'est à raison de cette organisation spéciale que le panaris donne souvent lieu à des symptômes formidables, qu'il se distingue de la plupart des autres plilegmasies extérieures , et qu'il a , depuis une haute antiquité , acquis le privilège de fixer d'une manière spéciale l'attention des chirurgiens.

Si l'on étudie avec attention les jjhénomènes, la marche et les résultats de l'inflammation des doigts, il deviendra facile de se convaincre qu'elle présente des diffcrences bien Irancliées, appréciables sur tous les élémens organiques qu elle affecte. Le panaris est , d'après cela , susceptible de présenter les variétés suivantes :

1». Panaris érjsipélaleux , affectant la surface du derme de la pulpe des doigts , se contournant fréquemment autour de la base de l'ongle , et pi enant alors le nom vulgaire de lourniole.

2". Panaris phlegmoneux , prenant naissance dans le tissu cellulaire souscutané qui forme la base de l'extrémité tactile des doigts qui se prolonge entre la peau et la paroi fibreuse intérieure de la gaine des tendons.

3o. Panaris Jîl/reux ou tendineux , affectant , lorsqu'il se développe à la première phalange des doigts , le périoste , ainsi que l'extrémité de l'attache des tendons du muscle fléchisseur profond, et, aux autres phalanges, se propageant aux parois de la gaine fibreuse, de même qu'à la surface synoviale des tendons.

11 ne nous semble pas exister d'autres variétés de panaris distinctes et appréciables par des caractères positifs ; et encore doit-on remarquer que les trois espèces établies plus haut ne sont tranchées qu'à leur début, ou lorsque la phlogose est peu intense j car , lorsque la maladie se prolonge , elle tend incessamment à envahir tous les tissus constitutifs du doigt, tantôt des parties profondes avec les plus superficielles , et tantôt des plus superficielles avec les plus profondes. C'est ainsi que le panaris érysipélateux devient en peu de jours phlegmoiieux et fibreux, tandis que le fibreux s'étend au tissu cellulaire et à la peau. Pour les panaris très-intenses, en un mot , il n'y a pas d élément organique isolément envahi; tous le sont , et le doigt tout entier est malade : c'est ce qui explique le dissentiuient des auteurs , relativement à la fixation des espèces diverses de cette affection; les uns avec Cooper en admettant deux variétés , d'autres avec Ledran et Garengeot en reconnaissant quatre , d'autres enfin avec Callisen, Sauvage et F. luibert en voulant en porter le nombre à cinq , à sept et à huit. La matière ici ne se prêle manifestement pas à des morcellemens aussi nombreux.

Les causes les plus ordinaires du panaris , comme de toutes les inflammations locales intenses , consistent en des violences extérieures , ou en des blessures plus ou moins profondes et graves. Les contusions violentes, les excoriations, l'arrachement de ces prolongemens épidermiques , nés du rebord cutané des ongles , et connus sous le nom iVenuies, les piqûres à l'aide d'aiguilles , d'épingles, d'alènes, l'introduction de fragmens de bois ou de fer dans l'épaisseur de la pulpe des doigts , telles sont quelques-unes des causes occasionnelles les plus fréquentes du panaris. On conçoit dès-lors que les tailleurs , les cordonniers, les selliers , les couturières en doivent être plus souvent affectes que les personnes adonnées à d'autres professions. Il convient d'ajouter , enfin , qu'ils surviennent avec d'autant plus de facilité que la sensibilité des individus est plus grande , et que leur système sanguin est plus excitable et plus mobile.

On a révoqué en doute que le panaris puisse être produit par des causes internes : nous l'avons vu, semblable en cela au furoncle , se développer et se

PANARIS

PANARIS

multiplier pendant long-temps sur plusieurs sujets aflecte's d'irritations saburrales des premières voies , et ne céder que lorsque les viscères digestifs étaient revenus à leur état normal. Ravaton l'avait déjà observé se répandant à la manière des épidémies parmi les soldats de la garnison de Landau , et des exemples du même genre se sont plusieurs fois renouvelés depuis.

Le panaris érysipélateux , le plus léger de tous, succède assez ordinairement aux piqûres superficielles, aux contusions médiocres du doigt, surtout lorsque ces lésions atteignent le bourrelet qui circonscrit la base ou la matrice des ongles. Une douleur modérée , accompagnée d'un vif prurit , se manifeste d'abord ; la partie se tuméfie légèrement , devient luisante , rosée , chaude et animée de pulsations marquées. Après vingt-quatre ou quarante-huit heures , et quelquefois trois ou quatre jours , la douleur devenant graduellement plus vive, au point de rendre le sommeil impossible, on voit l épiderme se soulever, se détacher , malgré les liens étroits et nombreux qui le retiennent , de la surface du derme , et former une vésicule remplie de sérosité trouble , rougeâtre , sanguinolente , occupant tantôt la surface pulpeuse du doigt, et tantôt se prolongeant en demi-cercle à la base de l'ongle. A l'ouverture spontanée ou artificielle de cette phlyctène , ou trouve le derme mis à découvert , quelquefois tapissé d'une exsudation blanchâtre albumineuse, et en beaucoup de cas superficiellement érodé , ou perforé jusqu'au tissu cellulaire sous-jacent. A ce dernier degré , le panaris érysipélateux se rapproche du panaris phlegmoneux , et u;enace de se confondre avec lui.

Lorsque rinûammatiou se développe dans le tissu cellulaire sous-cutané , la douleur est plus intense , plus profonde , plus brûlante que dans le cas précédent. Elle débute et est déjà vive, alors que l'on n'aperçoit encore au doigt ni tuméfaction appréciable ni rougeur marquée. Mais ces derniers symptômes ne tardent pas à se manifester , bien qu'ils restent encore au-dessous de ce que les sensations éprouvées par le sujet semblent indiquer. Enfin , après deux , trois ou quatre jours , le gonflement a fait des progrès , le doigt a doublé de volume, la rougeur est vive , la sensibilité exquise; la tuméfaction se propage souvent alors le long de l'organe affecté, vers la paume de la main, puis successivement au poignet, à l'avant-bras et au bras. La ligne inflammatoire suit toujours la direction des tendons et des nerfs, puis celle des vaisseaux lymphatiques, ainsi que l'attestent les engorgemens ganglionnaires des aisselles. Quelquefois, elle s'épanouit pour ainsi dire , et atteint la totalité des régions antérieures et internes du membre.

Arrivé à ce degré, le panaris phlegmoneux donne lieu à des suppurations qui s'étendent de l'extrémité du doigt à la base de l'oigaue; des foyers se forment secondairement à la paume de la main, aux environs du ligament annulaire antérieur du carpe , à l'avant-bras et même au bras , dénudant les tendons , dénaturant les synoviales , établissant entre toutes les parties auxquelles la nature avait fourni des moyens de glissement , des adhérences solides, qui les maintiendront pour long-temps , et quelquefois pour toujours , dans un état de raideur invincible et de complète immobilité. Il n'est pas rare de voir alors le doigt, dont le tissu cellulaire a été détruit par la suppuration , ne présenter qu'une extrémité amaigrie , desséché , presque ankylosée , dépourvue de force et impropre à l'exercice des fonctions tactiles.

Il n'est pas rare non plus de voir le phlegmon des doigts atteindre les côtés de ces organes et y déterminer un engorgement circonscrit, arrondi, qui devient graduellement bleuâtre , livide , et assez semblable à la tumeur que forme l'anthrax. Cette sorte de panaris n'a que peu de tendance à se propager vers la base du doigt et 'a la main. L'épiderme se détache bientôt de sa surface, et lorsque celte couche inorganique est enlevée , on trouve la tumeur presque toujours percée déjà de plusieurs ouvertures , à travers lesquelles le tissu cellulaire frappé de mort et réduit à l'état de bourbillon , est poussé au dehors. Cette affection n'est autre chose qu'un véritable furoncle des parties latérales des doigts.

Il en est à-peu -près de même de l'inflammation développée sur le dos de ces organes. Là leur texture n'a presque plus rien de spécial , et la malatlie ne constitue guère qu'un phlegmon analogue à ceux que l'on observe sur les autres ])artics du corps. C'est à tort que l'on voudrait la confondre avec le panaris , aux caractères duquel elle ne participe que très-faiblement.

Il ne saurait se développer de panaris de la gaîne des tendons à la dernière phalange des doigts , par cette raison puissante que la gaine dont il s'agit n'y existe pas , le tendon du long fléchisseur venant s'attacher directement à la base de l'os , et se confondre avec son périoste. Mais il arrive assez souvent que les causes vulnérantes qui provoquent la maladie, ayant pénétré jusqu'à ce périoste et à l'extrémité du tendon, après avoir piqué , déchiré ou dilacéré la peau ainsi que le tissu cellulaire sous-jacent; il arrive assez souvent , dis-je , que toutes ces parties s'enflamment , quelquefois les profondes avant les superficielles , de manière à donner lieu à la variété la plus grave et la plus cruelle du panaris. Bien avant que la partie soit rouge , tuméfiée et phlogosée , une douleur sourde , profonde , pulsativc , insupportable, et qui s'accroît incessamment , se manifeste. Une fièvre locale , selon l'expression de la plupart des malades , agite et brûle le doigt afl'ccté. Pendant plusieurs jours , celui-ci ne présente à l'extérieur aucun changement physique appréciable. Cependant, il se gonfle , enfin , se tuméfie , rougit , en même temps que le tendon , irrité à son attache , propage cette irritation le long de son trajet sous la gaîne qui le renferme , à la membrane synoviale, aux parois de cette gaine, et graduellement au tissu cellulaire aux nerfs, aux vaisseaux et à tous les élémens organiques de la paume de la main , puis à l'avant-bras, au bras et àr.iisselle. Les symptômes rentrent alors dans la catégorie de ceux que provoque le panaris phlegmoneux intense, qui se propage or-

dinairement aussi aux tendons et à l'intérieur de leur gaîne. Mais les effets loc. s I du panaris fibreux sont plus graves. Il se termine presque toujours par la d - i truction du périoste , par sa séparation d'avec la phalange , et par la nécre 1 et la chute de celle-ci ; heureux encore lorsque le mal est borné à ces lirait , i I et que la seconde ou même la première phalange ne participent pas à la dé - , dation et à la mort de la troisième.

Aucune souffrance n'égale celle que provoque cette variété du panaris .:i j plus grave de toutes. On a vu l'agitation portée à un degré extrême, entraî'f ( la privation absolue du sommeil , du délire , des convulsions , le tétanos ; p voquer l'amaigrissement rapide de tout le corps , et jeter les sujets dans un I 1 état d'égarement et de fureur , que plusieurs se sont délivrés par l'ablatioii ! i la partie malade , de la cause de leurs souffrances. Cette violence des accidii i locaux et généraux de 1 inflammation , persiste jusqu'à la destruction compl > { et la fonte suppuratoire ou gangréneuse du tissu cellulaire , et des tégumens i i doigt. Il n'est pas sans exemple que les foyers purulens développés alors le le ; i de l'organe afi'ecté , à la paume de la main , à l'avant-bras et au bras , aient ■ , traîné des désordres assez graves, et produit des dénudations assez étendi I pour rendre l'amputation du membre indispensable. Les symptômes généra j consécutifs ne sont pas moins intenses : indépendamment de ceux qui dép( i dent de l'excessive douleur locale , dont il a déjà été question , l'on observe u i fréquence extrême du pouls , qui est serré , tendu et nerveux au plus haut ( i gré; la peau devient chaude, brûlante, souvent acre au toucher ; la lang I rougit à ses bords et à sa pointe ; l'appétit disparaît , une soif insatiable toi i mente le malade, l'épigastre s'échauffe de plus en plus , et tous les phénomèi- ( de la sur-excitation des viscères digestifs , s'ajoutent à ceux de la phlegmai i extérieure, avec une violence proportionnée à l'étendue de celle-ci, à sa pi < fondeur, ainsi qu'au degré de sensibilité et de mobilité nerveuse des imi i I vidus. '

11 est rare que le panaris , à quelque variété qu'il appartienne, se termi; il par la résolution ou par la métastase ; presque toujours il provoque de la su| ( puration , parfois de la gangrène , et dans certains cas la nécrose des os. Le fl 1 naris érysipélateux, qui devrait spécialement recevoir le nom de paronjrck:', ne donne presque jamais lieu qu'à une exhalation puriforme et séro-sanguiu ' i| lente superficielle , sans lésion ou avec de très-faibles altérations de texture <| derme. Le panaris phlegmoneux, au contraire, occasionne fréquemment ladil I truction suppurative ou même gangréneuse du derme et du tissu cellulaire soi' « dermique , et une sorte de dessèchement , ou de momification du doigt. Enfi'i 'i le panaris fibreux ou tendineux entraine presque toujours la dénudai ion, la rj J crose d'une ou de plusieurs phalanges , l'adhérence des tendons, la destructi I } partielle ou totale , soit de l'organe , soit de ses fonctions. l ♦

Le pronostic est , par conséquent, d'autant plus grave, que l'inflammatii m atteint des parties plus profondes , plus immédiatement en contact avec les fl ou avec les agens de leurs mouveniens. ■

Malgré les vives lumières jetées par les théories modernes sur le traiterae I des inflammations en gériéral , ou peut dire que celui du panaris repose enco ! | sur des données trop vacillantes et entachées de trop de timidité. On ne fi! I plus usage , il est vrai , d'une foule de moyens bizarres et absurdes , conseill' < par les chirurgiens du dernier siècle, telles que des applications d'urine , l'i. troduction du doigt dans l'oreille d'un chat , les cataplasmes de fientes de po ( ' ou d homme , etc. ; mais , divisant la maladie en deux périodes , celle de l'ii' 'I flammation et celle de la suppuration , l'on combat encore trop long-temps | ' première par les antiphlogisliques de tous les genres, avant de recourir au se | i moyen efficace, que l'on persiste à considérer comme exclusivement réclamij l| par la seconde. | '

Dans le panaris érysipélateux , lorsque , dès le début , le mal est superficiel; I que la douleur est accompagnée de prurit, que la rougeur est rosée et luisante j ( on peut recourir aux applications de sangsues largement faites à la base du doig j « ou même sur la région affectée ; aux applications émollientes, aux bains locaii;. ^ relâchans et narcotiques , long-temps prolongés ; aux cataplasmes laudanisési i et à toute la série des topiques du même genre. Le mal étant superficiel , il e i | permis de penser qu'il sera modéré par les substances immédiatement applique! j I sur lui. Et toutefois , dans ces cas même , lorsque les symptômes ne diminuei| ^ pas après les premières vingt-quatre ou quarante-huit heures de traitement, j j surtout le douleur devient plus profonde , plus aiguë , plus puissante sur le syf ' I lèuie nerveux, il faut sans hésiter recourir au procédé que nous allons indique j I Aussitôt que l'épiderme se détache du corps de la peau , il convient d'inciser U j I vésicules qu'il forme , de donner issue à la sérosité qu'elles contiennent , de rtj i trancher les lambeaux détachés , afin de mettre à nu la surface du derme , et di j continuer sur celui-ci l'application des topiques émolliens et opiacés. On vo j j alors presque toujours la surlace de la peau se recouvrir cl un nouvel épiderm«j j les ulcérations superficielles se cicatriser , et si l'ongle doit se détacher , le tra j vail de celte séparation ainsi que celui de la reproduction d'un ongle nouveau i { s'accomplir sans obstacle.

Mais ; lorsque le panaris est phlegmoneux , et surtout lorsqu'il est fibreux o i tendineux, ce qu'annoncent, et l'intensité profonde des douleurs , et la vio j lence de leur réaction sur l'ensemble de l'organisme, et l'apparition tardive d • la rougeur , de la tension , de la chaleur de la peau , une conduite plus hardi i doit être adoptée. J'ai rencontré depuis vingt ans un bien grand nombre d ^ panaris caractérisés par ces phénomènes , et j aflirme que je n'ai jamais observ j que les saignées locales , que les émolliens , que les narcotiques aient provoqu , leur avorteraent et prévenu la suppuration dans les doigts afiectés. Tout au plu est-il permis, le jour même et le lendemain encore d'une piqûre profonde, ave^

PANARIS

PAPULE.

menacé de développement de la maladie , de prescrire une large application de sangsues , des cataplasmes relâchans ou opiacés , des bains locaux ; mais si , à sette époque , la résolution ne s'opère pas , il faut abandonner ces médications ;t recourir à des moyens plus énergiques.

Que l'on me pardonne d'invoquer encore mes observations personnelles. Mais il est évident que je dois accorder au moins autant de confiance à ce que j'ai vu ju'aux assertions d'autres observateurs, à quelque rang qu'ils appartiennent. [)r,je ne saclie pas que l'on ait jamais eu à se repentir d'avoir pratiqué très" jrompteraent une incision au doigt , tandis que très-souvent , j'ai vu regretter, )u j'ai déploré moi-même , d'après l'étendue des désordres déjà survenus , de l'avoir pas incisé assez tôt. Le débridement des parties enflammées est toujours ans inconvénient; il ne peut à la rigueur qu'être inutile, superflu; mais il l'entraîne , en aucun cas , ni lésion dangereuse , ni aggravation dans la maladie ju'il s'agit de combattre.

L'incision prématurée est utile , au contraire, en divisant un grand nombre le filets nerveux , sièges ou conducteurs des èlancemens douloureux , en provo" |uant une saignée locale artérielle ou capillaire abondante , en détendant le issu peu extensible de la peau et des lames cellulo-fibreuses sous-jacentes , nfin , eu donnant issue à la suppuration déjà formée dans la profondeur des arties. J'ai souvent rencontré des gouttelettes de matière purulente infiltrées ans le tissu cellulaire , trente-six ou quarante-buit heures après le début des I { iiénomènes inflammatoires. Il n'y a aucun signe positif qui annonce la prelière apparition de ce pus ; et lorsque les douleurs sont vives, insupportables, t que la maladie date déjà de quelques jours , on peut être presque assuré d'en rouver. Mais n'en trouvât-on pas, l'incision n'en serait pas moins indiquée et istantanément profitable au malade , par le soulagement qu'elle procure et par avortement dont elle frappe le travail inflammatoire.

On avait autrefois conseillé la cautérisation du panaris, au moyen de la : otasse caustique, du beurre d'antimoine, du nitrate d'argent fondu, etc.;

lais ces substances, d'une application toujours douloureuse, dont il ;est im- I assible de graduer et de njodérer l'action, qui produisent souvent par elleslemes les lésions profondes que l'on désire éviter, sont avec raison généralement proscrites de toutes pratique judicieuse et rationnelle. Le bistouri les a iules remplacées.

iii Pour inciser le panaris , le sujet doit appliquer sur une table solide la face Drsale de la main, et spécialement celle du doigt malade; un aide la saisit

; JHcement et maintient la partie immobile en s'emparant de l'avant-bras au- 3SS0US du poignet. Le chirurgien , armé alors d'un bistouri aigu , à pointe lide et bien tranchante , implante l'instrument dans les parties, en deçà des fuites du mal , puis abaissant le poignet et traînant la lame, il divise par le (•ntre de l'engorgement et jusqu'à sa plus grande profondeur l'extrémité de Ji gane , ou du moins jusqu'au-delà des limites de l'inflammation. Une douleur cessivement vive et que l'on ne saurait quelquefois comparer à aucune de lies que la chirurgie peut occasionner, accompagne il est vrai cette opération ; ais elle est instantanée, rapide, pour ainsi dire, comme la foudre et bientôt livie d'un soulagement salutaire. Il est rare que l'on soit obligé d'y revenir ou 3 rendre la première division cruciale. Après que les tissus sont divisés , la artie doit être plongée dans un bain local , cmollient , où on laisse l'ccoule- |ent sanguin opérer un dégorgement salutaire , et I on continue ensuite les |)phcations relâchantes et narcotiques. En peu de jours , de la suppuration

■ jf manifeste à la plaie , les tissus se détergent et la cicatrice fait des progrès

i ipides.

Le traitement énergique est encore le plus convenable lorsqu'il s'agit des pajîris cornpliqués d'inoculation de matières putrides que contractent si fréquem-

Ieiit les personnes livrées aux travaux des amphithéâtres ou adonnées à la •atique de la chirurgie. Il importe , aussitôt qu'en ouvrant un cadavre , ou en atiquant quelque opération grave sur des parties atteintes de lésions suspecs, le doigt a été piqué , il importe, dis-je, de laver la plaie, d'exprimer le ng par de douces pressions , de cautériser avec le nitrate d'argent fondu la arface et la profondeur de la solution de continuité. Après ces soins locaux, le lessé gardera le repos , prendra quelques infusions théiformes de plantes légèpment diaphorétiques , et recouvrira la partie malade de fomentations émolenles et narcotiques. Si, malgré l'emploi de ce traitement préservatif, de la iouleur, de la tuméfaction et de la rougeur se développent, il est indispensable te recourir à l'incision des tissus affectés , dans lesquels on est presque certain e trouver, vingt-quatre ou trente-six heures après le début des accidens injammatoires , du pus déjà infiltré. Ces considérations de temps , combinées ^ec celles déduites de la violence des symptômes, lorsqu'il s'agit d'une affecpn aussi grave et aussi rapide dans se.= progrès que l'est le panaris , doivent tre toujours présentes à l'esprit du chirurgien et entrer comme un élément •ès-important dans le calcul de ses déterminations. Les autres moyens conseilis contre les inoculations putrides doivent, dans le cas spécial qui nous occupe, tre combinées avec les médications locales que le panaris nécessite. La question , naguère encore si controversée, de la supériorité de l'incision n- le caustique, est aujourd'hui jugée en dernier ressort par tous les bons sprits en faveur de la première. Il n'est personne qui veuille recourir actuellel'ent, pour faire avorter un panaris intense, aux trochisques de sublimé prrosif de Joubert et de Fabre , à la potasse caustique de Luc et aux autres jioyens du même genre. Ces procédés doivent être relégués dans le domaine jistorique de l'art.

I Lorsque l'inflammation du doigt atteint spécialement les parties que l'ongle pcouvre, il convient d'amincir celui-ci depuis sa racine jusqu'à son extrémité

libre, puis de pratiquer l'incision à travers la pellicule adhérente à laquelle on l'a réduit, comme on l'aurait fait à travers le derme de la face palmaire.

Quant aux panaris graves , à ceux que des foyers purulens dans la paume de la main, au poignet, à l'avant-bras , au bras et à l'aisselle , accompagnent ; à tous ceux que l'incurie ou l'absence de secours ont laissé marcher jusque-là ; il faut opposer : l" les saignées capillaires abondantes opérées sur les parties enflammées ; 2° l'incision prématurée de tous les points où la fluctuation décèle successivement la présence du pus ; 3o les applications émollientes légèrement narcotiques ; 4» les bains locaux relâchans prolongés. Il est rare qu'à l'aide de ce traitement on ne triomphe pas des accidens inflammatoires les plus étendus , si toutefois les désordres ne sont pas arrivés encore à un degré d'extrême profondeur.

Quant aux phénomènes généraux et sympathiques de la lésion locale , il est presque inutile de s'en occuper. Aussi long-temps que l'inflammation du doigt persiste , avec d'excessives douleurs , les caïmans les plus énergiques seraient sans efficacité pour les combattre. Tous ces symptômes s'apaisent au contraire lorsque, par des moyens convenables, on a fait cesser l'irritation locale. Quelques caïmans , des délayans , un régime sévère , doivent cependant être prescrits ; si le sujet est vigoureux , une ou plusieurs saignées veineuses seront indiquées ; mais ces moyens ne doivent jamais faire perdre de vue le traitement local indiqué plus haut.

Enfin, après la chute des accidens inflammatoires , et lorsque les parties suppurent , on peut considérer le panaris , en tant que formant une maladie spéciale, comme terminé. Il ne s'agit plus que de favoriser par les movens convenables, soit l'exfolialion des portions osseuses dépouillées, soit la séparation des escarrhes gangréneuses , soit la détersion et la consolidation des foyers purulens , et ces moyens ne présentent alors rien de particulier qui sorte de la règle commune. ^ ^ (L. J. BÉGIK.)

PANCREAS (Maladies du). PANCREATITE. Situé profondément dans la cavité abdominale , chargé de fonctions d'une importance fort secondaire , sans doute , puisque son absence n'est nullement incompatible avec l'exercice de la vie; doué de peu de sensibilité et par conséquent peu susceptible de sympathies ; entouré d'organes nombreux , jouissant tous, au contraire, d'une sensibilité vive, le pancréas ne saurait manifester ses soufi'rances par des signes assez tranchés , pour qu'il ait été possible d'étudier les symptômes , la marche , l'étiologie , en un mot l'histoire des maladies qui lui sont propres. Aussi, est-ce à l'anatomie pathologique que nous sommes redevables de tout ce que nous connaissons sur les maladies de cet organe. (Bonnet^ Moi-gat^iii , de Graaf ^ Cr-weilhier.)

Il semblerait que le pancréas qui , par sa situation et par la nature de ses fonctions , se trouve hors des atteintes de la plupart des causes ordinaires de nos maladies , ne puisse être susceptible que d'un bien petit nombre d'affections ; cependant les auteurs ont rapporté des exemples d'atrophie, d'hypertrophie, de ramollissement, d'induration , de squirrhes , d'ulcérations cancéreuses de celte glande; plus souvent on l'a trouvée comprise dans les masses cancéreuses; quelquefois enfin , mais rarement , on a rencontré des calculs assez volumineux dans son conduit excréteur.

Le pancréas ne paraît pas susceptible de déplacement, en l'aison des moyens d'union solides qui le fixent aux organes voisins. 8es blessures ne sauraient être reconnues pendant la vie , car il est à-peu-près impossible qu'une cause vulnérante le frappe dans l'une quelconque de ses parties , sans blesser en même temps des organes plus importans ou plus sensibles , tels que le foie , le duodénum , la portion transversale du colon, l'aorte, la veine cave inférieure, la moelle épinière, dont la lésion, bien plus grave, fixerait alors seule l'attention.

Le pancréas , pourvu de nombreux vaisseaux artériels et veineux , enveloppé dans un tissu cellulaire abondant, peut être, comme tous les autres organes glanduleux dont il partage et la structure et les fonctions , affecté de phlegmasie et par conséquent susceptible de toutes les terminaisons des inflammations glandulaires ; mais, nous le répétons , sa position profonde , la nature de ses fonctions ) doivent rendre cette phlegmasie fort rare , et ses signes toujours fort obscurs. On ne l'a d'ailleurs observée qu'à l'état chronique ; Heinecken dit avoir remarqué comme symptômes les plus ordinaires de cette affection , une douleur précordiale continuelle, gravative , profonde , augmentant par la pression, par l'ingestion des alimens. On a remarqué de plus , qu'elle s'accompagne presque constamment d'une salivation abondante et continuelle. Une observation rapportée par M. Jallat dans le 2^ vol. de la Nouvelle libLioUièque médicale , pour l'année 1826, témoigne surtout de ce fait. D'ailleurs ce ne serait guère que par voie d'exclusion que l'on pourrait être amené à soupçonner cette inflammation, que l'on a désignée sous le nom de pancréatiie , mais sur laquelle l'on sait trop peu de choses pour nous y arrêter plus longuement.

Quant au traitement de celle affection , il est celui de toutes les inflammations profondes, et consiste dans l'application de sangsues à la région dorsale correspondant au siège du pancréas ; dans l'usage de bains, de cataplasmes émolliens , de révulsifs cutanés , etc. Heinecken a vanté le camphre contre la pancréatite chronique.

Harlès. Monographie des maladies du [lancréas , 1 vol. in-8° , IS'urmnlierg , 1812.

(P. JOLLY

PANSEMENT. Foyez Plaies , fractures.

PAPULE, s. f. On désigne sous le nom de papules , des élevurei morbides solides et résistantes qui se montrent à la surface de la peau , et qui sont ac-

PARACENTÈSE.

PARACENTÈSE

compagnées ilc déra;mgeaisons plus ou moins vives et quelquefois intolérables. Après avoir persisté, pendant quelque temps, dans cet état, les papules se terminent quelquefois par résolution , le plus souvent par une très légère desquamation, et accidentellement par des excoriations.

§ I. Les papules caractérisent un groupe d'inflammations de la peau qui comprend le liclien , le strophulus et le prurigo, auquel on pourrait ajouter une variété de syphilides (syphilidc populeuse). Le strophtdus n'étant qu'une modification du lichen , particulière aux enfans nouveau-nés et à la mamelle, on pourrai! l éduirc à deux le nombre des espèces de ce groupe.

§ IL Les affections papuleuses peuvent être bornées à une seule région du corps , sur laquelle elles sont disséminées ou tlisposées en groupes. Les papules du lichen sont rouges ou enflammées; celles du ])rurigo ont à-peu-près la même feinte que celle de la peau ; celles du strophulus sont d'un rouge animé, ou d'un blanc mat , comme les taches de l'urticaire. Les papules du lichen ont h peine le volume de la tête d'une très-pelite épingle ; celles du prurigo sont un peu plus volumineuses ; celles du strophulus ont des dimensions irès-variées. Les inflammations papuleuses ont cela de particulier , que la douleur qu'elles occasionnent est presque toujours du prurit.

Le lichen peut alTecter une marche aiguë ou chronique ; dans le prurigo l'éruption se fait toujours d'une manière lente ou successive ; le strophulus offre des intermittences et des exacerbations très-remarquables. Ces trois maladies peuvent se terminer par résolution ou par desquamation ; le lichen chronique est quelquefois suivi d'excoriations très-graves et très-rebelles.

§ IIL ïl sufiit sans doute de toucher et de diviser les papules pour reconnaître qu'elles sont dures , compactes , solides , et par conséquent bien distinctes des vésicules et des pustules dont elles se rapprochent par leur forme et leur volume. Leur opacité et 1 impossibilité d'apercevoir dans leur intérieur aucun fluide, même h la loupe , ajoutent encore à ces caractères extérieurs.

Ces petites élevures se prêtent diliicilement à des recherches auatomiques minutieuses. Les uns ont supposé que les papules étaient formées par les papilles de la peau , qui avaient acquis accidentellement un plus grand développement ; mais cette opinion me paraît d'autant moins fondée que les papules se développent très -rarement sur les points de la peau où les papilles sont le plus distinctes , à la paume de la main et à la pulpe des doigts. M. S. Plumbe suppose que les papules sont produites par un très-léger épanchement de lymphe dans le tissu de la peau , avec lequel cette humeur se combine lorsqu'elle n'e^t pas résorbée. Il est vrai qu'en piquant profondément avec une aiguille les grosses pajjules du strophulus et en les comprimant fortement entre les doigts , on en exprime quelquefois une très-petite gouttelette d'une humeur transparente; mais en pratiquant une ou plusieurs piqûres aux papules du lichen et du prurigo, et en les soumettant à de semblables pressions , je n'eu ai jamais obtenu qu'une gouttelette de sang.

Le strophulus se développe spécialement chez les nouveau-nés; le lichen, chez les enfans et les adultes ; le prurigo , chez les enfans et les viediards. Aucune de ces maladies n'est contagieuse ; mais les individus qui en ont été affectés en éprouvent presque toujours de nouvelles atteintes à des époques plus ou moins rapprochées, et surtout à la suite des vicissitudes atmosphériques.

§ IV. Les inflammations papuleuses sont bien distinctes des inflammations exanihémateuses qui présentent des Zacfte* au liea d'élet^ures ; elles ne le sont pas moins des inflammations huileuses, vésiculeuses et pustuleuses, parvenues à leur éiat, et dans lesquelles une /mwefi;- séreuse ou purulente est déposée entre l'épiderme et la surface externe du derme enflammé. Toutefois , pour distinguer les papules du lichen aigu , des petites vésicules de la gale et de l'eczéma , il convient d'examiner ces diverses élevures avec beaucoup de soin et de les piquer avec une épingle.

Lorsque les papules ont été détruites par des égratignures, ou lorsqu'elles sont remplacées par des taches furfuracées ou des excoriations, le diagnostic des inflammations papuleuses offre quelquefois une telle obscurité , qu'on ne parvient à la dissiper qu'en épiant la formation de nouvelles élevures dont la forme décèle la nature de celles qui ont antérieurement existé.

§ V. Les inflammations papuleuses sont peu graves ; mais elles sont quelquefois fort tenaces ; en général, on les combat avec succès par divers moyens dont l'activité doit être proportionnée à leur étendue et à leur ancienneté. Le lichen agrius est une des inflammations cutanées les plus rebelles.

{ P. Rater. )

PARACENTESE, s. f. de ir«^« elxivzica , je piijue. Opération qui a pour but l'extraction de la sérosité, de la synovie , du sang , ou du pus épanchés dans une grande cavité ; ainsi on pratique la paracentèse de l'œil dans l'hydrophthalmie, celle du crâne, du sinus maxillaire, du thorax, du péricarde, de la vessie, de la tunique vaginale, et des cavités articulaires ; mais on a plus spécialement réservé cette qualification pour la ponction de l'abdomen dans les diverses espèces d'ascite ou d'épancliemens de cette cavité. Du reste, comme il a été et comme il sera question des autres espèces de paracentèse aux articles

HYDnOPHTH.VLMIE , TRÉPAN , SIKUS MAXILLAIRE , EMPTÈME , HVDRO-PÉSICARDE , RÉ- TENTION d'urine, HY0ROCÈLE ct HYDARTHOSE , je rcnvoic à CCS articles, pour ne in'occuper ici que de la paracentèse abdominale.

La paraeenlcsc est surtout usitée pour les cas d'cpanchemens séreux ou purulens de la cavité abdominale qui siègent dans le péritoine, ou dans un kyste attenant à cette membrane; on peut cependant être encore appelé à la pratiquer à la suite d'épancliemens sanguins circonscrits semblables à ceux qui ont été si bien décrits par Petit; Boucher , de Besançon , a fait avec succès cette espèce particulière de paracentèse.

Mais c'est peu d'indiquer les maladies dans lesquelles on peut faire ropératic| de la paracentèse abdominale; ce qui importe vraiment, c'est de direjusquj quel point ces maladies réclament l'opération eu question : or la paracenlè: est la dernière ressource à laquelle on doive avoir recours dans les cas d'épai chemens abdominaux ; il faut toujours tenter de l'éviter en favorisant la résorj tion des liquides épanchés à l'aide des moyens appropriés; et son moment ei seulement arrivé lorsque tous ces moyens ont été vainement mis en usage. D reste , cette opération peut être employée dans un but palliatif, pour faii cesser les accidens produits par une excessive distension des parois abdomin; les; ou bien pour aider à la cure de certaines collections séreuses ou sanguine ! qui ne sont pas le résultat d'une altération organique profonde. |

Ordinairement on prépare pour la paracentèse un trois-quarts de 5 à 6 pot ces de longueur, un vase un peu grand , un emplâtre de sparadrap, un baij dage de corps , un drap plié en alèze, et du vinaigre ; mais quelquetois on do substituer le bistouri au trois-quarts , de manière à inciser doucement et (il dehors en dedans les divers plans c[ui composent le paroi abdominale ant( rieure.

Le chirurgien n'est pas toujours maître de choisir le lieu sur lequel il do agir pour faire la paracentèse : lorsqu'il opère dans un cas d'épanchement sai guin, c'est toujours la région inguinale qu'il attaque, parce que ce pointe celui vers lequel le sang se porte naturellement , sous la doul)le influence de !i pesanteur et de la contraction des parois abdominales ; s'agit-il au contraiij d'une ascite compliquée d'adhérences des viscères avec les parois de l'abdomci force est encore d'accepter pour l'opération le lieu qui est dépour\u de ces a( hérences ;mjis dans les circonstances ordinaires, il faut convenir que la mal; die laisse un peu plus de liberté au médecin; alors aussi, mais seulement alor on peut dire qu'il est possible de choisir, et de faire preuve , sous ce rapport d'un certain degré d'habileté, de discernement chirurgical.

L'opération de la paraceiilèse peut être pratiquée sur la ligne médiane oî sur les côtés de cette ligne ; quand on préfère le dernier point , en général q choisit le côté gauclie, à moins que des circonstances particulières ne fasse' une obligation d'en agir autrement ; ce n'est pas , disons-le , que le côté dr ne puisse tout aussi bien que le gauche être choisi, les raisons qu'on don' pour l'exclure, ne sont, en effet, rien moins que concluantes. Serait-ce, cora on le dit, le foie dont on craindrait la lésion? mais à l'exception de quelq cas , dans l'ascite, le foie est petit, ratatiné et profondément enfoncé da, I hypocondre droit. Serait-ce la veine ombilicale dont on aurait à cœur d'évi la lésion ? mais sans parler du trajet connu de cette veine , et de l'impossibili de la blesser pour peu qu'on le veuille bien , les accidens qu'on a attribues cette lésion , sont de pures chimères ; les faits rapportés par les auteurs , et c particulier celui qui a été attribué à Fabrice de Hilden, ne sont rien moins qu probans.

Différens points de la ligne médiane ont été choisis pour faire l'opération la paracentèse ; les anciens, et de nos jours un certain nombre de chirurgie anglais , ont proposé d'opérer sur la ligne blanche , soit au-dessus , soit au i sous de l'ombilic ; MM. Olivier, Béchird et plusieurs auties conseillent choisir le nombril lorsque le péritoine chassé par cette ouverture, forme u petite tumeur {hydrom/i/uile); ceux-ci ont proposé de percer la paroi aiit rieure du rectum au fond de la dépression recto-vésicale du péritoine, sa s'inquiéter de la lésion possible de la vessie , des vésicules séminales , des an" d'intestin grêle qui descendent parfois jusque-là, et sans réfléchir h la fistu inlestino-péritonéule, qu'on établit de celte sorte , et aux fâcheuses conséquer ces qu'elle peut avoir ; ceux-là veulent qu'on choisisse , chez la femme , latlf pression recto-vaginale du péritoine , et qu'on porte l'instrument sur la part postérieure du vagin, au risque de causer des accidens à-peu-près semblables ceux que j'ai signalés comme possibles dans le cas précédent ; enfin , qui. croirait, un chirurgien anglais, M. Watson, n'a pas reculé devant la proposili de pratiquer la paracentèse à travers la paroi postérieure de la vessie, de fi çon à faire sortir le liquide jtfrilonéal par la vessie et l'urètre ! On peut affl mer sans crainte de se tromper, que jamais rien de plus irrationnel n'a cl professé , et qu'un semblable conseil doit être laissé dans le plus profond oubli M. Bérard a bien rapporté un cas dans lequel , inscierament , ayant perforé 1 vessie avec l'extrémité d'une sonde, on évacua par cette voie îe liquide d'un ascite, au lieu d'urine que l'on croyait extraire ; mais celte circonstance a el le produit d'un accident que M. Bérard s'est bien gardé de proposer comm une règle à suivre.

Sur les côtés de la ligne médiane, on peut avantageusement choisir pou faire la paracentèse , la région testiculaire , quand il existe une hytli ocèle con géniale , ou le sac d'une ancienne hernie ; et lorsque ces circonstances coexis tent avec l'ascite. Sabatier voulait que l'on préférât le milieu de l'espace com pris , de haut en bas , entre les fausses côtes et la crête iliaque , et d'avant e arrière . entre la ligne blanche el la colonne vertébrale. Monro opérait au mi lieu de l'espace compris entre l'ombilic et l'épine iliaque antérieure et supc rieure. M. Mcrat conseille, au contraire, de choisir le milieu d'un tiiaogl circonscrit de la manière suivante : \° une ligne menée de l'ombilic au somme de la crête iliaque; 2» une ligne procédant de l'ombilic et se terminant vers 1 tiers antérieur du rebord des fausses côies ; 3° une ligue réunissant les extre mités inférieure et supérieure des deux précédentes.

Entre toutes les méthodes différentes de paracentèse qui viennent d'être in diquées , certain choix n'est pas diflicile ; mais il n'en est plus de même quan on discute les mérites relatifs de quel([ues-unes d'entre elles seulement ;pa exemple, il est si facile de saisir les inconvéniens nombreux des paracentèses

PARACENTÈSE.

PARACENTÈSE.

aginale, rcclale , ceux de la paracentèse vésicale surtout, que leur prescription bt chose toute simple, toute naturelle ; mais que dire des autres espèces de aracenlèses ? sinon qu'elles ont fréquemment réussi , que toutes sont bonnes uivant les cas, et que si quelquefois des accidens les ont suivies , ils étaient le roduit de circonstances fortuites et qui ne doivent point être imputées aux lélhodes opératoires. Pour moi, cependant , je choisis de préférence pour cette péralion le lieu indique pai M. Mérat; là, en effet, on est sûrement en de- I ors de l'artère épigasirique , et les artères lombaires ou les branches de la cir- 1 OBÛexe sont tellement petites, que leur lésion, si elle arrive, n'est plus qu'une I lirconsfance insignifiante.

Il est probable que l'observation d'asciliques qui furent délivrés de leur 1 lal , ou au moins soulagés par des plaies pénétrantes de l'abdomen , a donné \ idée de l'opération de la paracentèse. Rousset, en particulier, rapporte qu'un !• lalade frappé au ventre )iar un assassin, fut assez heureux poui- guérir à-la- 1 >is de cette blessure et de l'hydropisie dont celle-ci avait favorisé la solution, i Hippocrate et ses disciples pratiquaient la paracentèse, tantôt avec un fer 5Uge et tantôt avec l'instrument tranchant ; ils cautérisaient souvent la petite ! imeur de l'hydromphale , et dans d'autres cas , ils faisaient une incision dans ; jD point qu'ils ne précisent pas bien , vers les lombes. Erasislrate ne voulait

I as qu'on pratiquât la paracentèse , parce qu'il considérait l'ascite comme tou- > lurs produite par une affection du foie , contre laquelle la ponction est lout-àc lit impuissante. Celse revient à des idées plus saines : sans nier l'influence des !i Itérations organiques des viscères pour la production de l'ascite, il ne géiiéra- ! se pas autant celte idée que ses prédécesseurs , et montre que l'opération de

II , paracentèse est quelquefois curative ; il parle encore du fer rouge, mais Jonne la préférence au scalpel. Du temps de Galien le cautère actuel fut prcsue généralement abandonné. Cœlius Aurelianus pratiquait la paracentèse sur ,1 ligne médiane , au-dessous de l'ombilic , et introduisait une sonde de femme

ij:. uns la plaie pour faciliter l'issue du liquide; Rhazès, le premier, fait la paraîntése par ponction avec une grosse aiguille, véritable espèce de trois quarts, viccnne , suivant en cela le précepte de P. d'Égine, conseille de faire l'ouîrture du péritoine plus haut que celle de la peau , sans doute pour empocher parallélisme des différentes parties qui forment le canal de l'ouverture , et 3ur éviter l'inti'oduction de l'air dans le péritoine ; il parle également de l'apication du fer pour éviter l'écoulement du sang après l'incision. Roland et oger de Parme ne parlent pas de la paracentèse, et il paraît que de leur temps ; le était entièrement abandonnée. Théodoric de Cervia perce du même coup us les élémens des parois abdominales , et il veut qu'on opère sur le côté sur quel se couche le malade. Mondini ne veut pas que l'on opère sur la ligne anche, parce que l'ouverture se cicatrise plus lentement ; A. Paré, après avoir onfré toute l'utilité de l'opération dans certains cas , ajoute qu'il ne faut jaais la pratiquer sur la ligne blanche et sur les parties aponévrotiques du bas j ventre. Fabrice d'Aquapendente secoue, le premier, le joug des anciens et oscrivit ouvertement la cautérisation ; il conseille en outre la perforation de lydromphale , lorsque cette tumeur existe , et celle de la ligne blanche au- ;ssous de l'ombilic dans les cas contraires. J. Girault , suivant Haller, emoyait une aiguille renfermée dans une canule pour faire la paracentèse ; mais est réellement à Sanctorius qu'il faut faire honneur de l'invention du troisjarts, instrument qui popularisera désormais la paracentèse , en la rendant en ême temps plus facile et moins grave ; Sanctorius voulait qu'on se gardât d'éicuer h-la-fois toute la sérosité.

Quoi qu'il en soit de ces diverses modifications qu'a subies la paracentèse , livant les phases que notre art a parcourues pour arriver au point où nous voyons aujourd'hui, voici de quelle manière il convient de procéder à ■lie opération : le malade étant couché sur le bord de sou lit, une alèze sera iacée au-dessous de lui ; le chirurgien exercera le palper de la paroi abdo-

Iinale ; il reconnaîtra distinctement le flot du liquide épanché; il recherlera si les viscères abdominaux , présentent des engorgemens ou des adireuces , puis il déterminera le point sur lequel il veut agir, et se conduira térieurernent d'une manière différente , suivant les cas : l" Si l'hydiopisie ■t simple , ce qui est le plus ordinaire, placé du côté du lit opposé à celui u'occupe le chirurgien , un aide pressera sur le ventre , le chirurgien ten-

I'B la peau de l'abdomen avec le pouce et l'index de la main gauche, ndis qu'avec le trois - quarts tenu de la main droite, l'index étant alngé sur la canule de façon à marquer la longueur qu'on veut faire pé- -'trer , il fera une ponction à la paroi abdominale, et fera d'un seul coup arvenir l'instrument au sein du liquide épanché; alors, saisissant la canule vec le pouce et l'index gauches , près de son pavillon , il la retiendra contre ; ventre , pendant qu'il attirera le poinçon au dehors et que le liquide s'écou- 'ra dans le vase disposé pour le rece\oir; 2° si l'on a quelques raisons de raindre l'existence d'adhérences entre les viscères et les parois abdominales , |n substituera le bistouri au Irois-quarts , et l'on coupera lentement et couche ' lar couche , les divers élémens des parois abdominales; de la sorte, en effet, a arrive jusqu'au péritoine qu'il est facile de ne pas intéresser, si l'on s'aperoit que des adhérences existent dans ce point. Il est peu nécessaire d'insister, our montrer que , dans les cas de ces épanchemens sanguins péritonéaux cironscrits , qui ont été si bien décrits par Petit , le bistouri est absolument in- 'spensable, lorsque la paracentèse devient nécessaire ; d'un côté, effectivement, i sang coagulé ne pourrait pas s'écouler par la canule d'un trois-quarts , et de autre , l'irritation produite par la collection sanguine a donné naissance, dans ! voisinage , à des a dhérences qui font une loi expresse de l'emploi du bistouri, ommc je l'ai dit précédemment.

DiCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

Cependant le liquide épanché se porte au dehors en plus ou moins grande abondance, dirigé parle chirurgien vers un bassin placé en lieu convenable ; lorsque la matière épanchée est de la sérosité limpide , l'écoulement se fait avec facilité et promptitude ; tandis qu'au contraire, il est souvent interrompu lorsque cette matière est épaisse et floconneuse; quelquefois aussi l'épiploon , ou l'intestin , venant s'opposer à l'extrémité de la canule du trois-quarts , empêchent la sérosité de s'y introduire. Dans tous ces cas on doit glisser un stylet dans la canule, afin de refouler l'obstacle du côté du péritoine.

Mais il s'élève ici cette question : faut-il évacuer tout d'abord le liquide en entier? ou bien doit-on le faire en plusieurs fois ? Les anciens observaient avec grand soin ce second précepte, mais aujourd'hui on a généralement adopté le premier; les anciens redoutaient beaucoup les défaillances, les lypothymies après I3 paracentèse , et c'était pour les éviter qu'ils se conduisaient ainsi que je viens de le rapporter; la position verticale , qu'ils faisaient affecter à leurs malades pendant l'opération, favorisait singulièrement ces accidens ; la position couchée, qui est adoptée aujourd'hui , n'a pas ces inconvéniens. Il est d'ailleurs nécessaire , après l'extraction entière du liquide de l'épanchement , d'exercer sur le ventre une pression un peu forte à l'aide d'une ceinture, d'un bandage de corps fortement serré; cette précaution n'a pas seulement l'avantage immédiat de prévenir les lipothymies; elle est aussi un garant certain que les vaisseaux abdominaux, débarrassés de la pression qu'ils supportaient l'instant d'auparavant, ne se laisseront pas distendre par les fluides circulatoires , et qu'il ne surviendra pas cette hypéréraie à laquelle , même sans cette précaution , dispose un peu la paracentèse. Du reste rien n'est simple comme le pansement après l'opération que je décris : on retire la canule avec la main droite , en prenant le soin d'appuyer sur la paroi abdominale , dans le voisinage , avec le pouce et l'index de la main gauche ; ensuite on applique un emplâtre de sparadrap sur la petite plaie, quelques compresses soutiennent celle-ci en dehors, et le tout est assujéti à l'aide de la ceinture.

Sans doute, comme je l'ai dit précédemment , la paracentèse développe quelquefois un peu de péritonite , mais l'accident le plus fréquent c'est pourtant l'hémorrhagie ; cette observation qui n'avait pas échappé aux plus anciens chirurgiens , les avait portés , pour se mettre à l'abri de cet accident , a faire la paracentèse sur la ligne blanche , malgré la répugnance qu'ils montraient, en général , pour les opérations qui devaient intéresser les parties fibreuses qu'ils considéraient comme sensibles à l'égal dos parties nerveuses proprement dites. Sans doute , à moins que l'opération ait été pratiquée par un chirurgien peu habile , les vaisseaux volumineux des parois abdominales ne peuvent pas être intéressés ; on connaît trop bien leur position , et le danger de leur lésion a fait dès long-temps donner des préceptes suffîsans pour les éviter dans tous les cas ; mais il arrive assez souvent que des branches vasculaires ordinairement petites, ont acquis un développement très-grand et que leur lésion devient une circonstance grave ; ailleurs ( analomie topographique , région costo-iliaque ), j'ai signalé une branche de l'artère circonflexe iliaque , qui s'élève perpendiculairement du niveau de l'épine antérieure et supérieure de l'iléum , branche qui a souvent un volume considérable, et dont il importe d'éviter la blessure. Quoi qu'il en soit , lorsqu'une hémorrhagie se manifeste après l'opération de la paracentèse , le sang s'écoule le plus ordinairement vers l'intérieur du ventre , et le malade ne s'aperçoit de l'accident qu'après un certain temps : il éprouve un peu de tuméfaction du ventre, une chaleur douce parcourt toute cette cavité ; de la faiblesse , des syncopes , se manifestent. Pour obvier à ces accidens , le chirurgien peut suivre plusieurs voies : ou bien, suivant le conseil de Petit- Radel et, d'après l'exemple de M. Cruveilhier, il pincera fortement le trajet tout entier du trois-quarts, et le froissera jusqu'à ce que le sang cesse de couler; ou bien , comme le veut Bcllocq , il introduira l'extrémité d'une bougie (rat de cave), ou bien d'une autre bougie emplastique. Il est cependant un certain nombre d'héraorrhagies que les moyens précédens n'étanchent pas , celles qui sont , par exemple, le résultat de la lésion d'une artère intestinale, ou épipliïque , comme mon ami le docteur Poédagnel eu a rapporté un exemple.

L'opération de la paracentèse n'agit en aucune manière sur le principe de la maladie à laquelle on l'applique , elle se borne à soustraire le produit de cette maladie, et à empêcher les accidens que celui-ci détermine; mais bientôt la cause de l'épanchement continuant son action, un nouveau liquide est formé , et réclame une opération semblable à la première ; celle-ci donne un résultat semblable, et le malade est obligé de se soumettre à la paracentèse à certaines époques , jusqu'au moment où il succombe , épuisé par l'affreuse déperdition de substance que lui fait éprouver l'abondante sécrétion opérée par ces ponctions abdominales répétées. Malheureusement l'observation a même démontré que la nécessité de l'opération se fait sentir d'autant plus fréquemment, que celle-ci a été plus répétée ; de sorte que plus le malade s'affaiblit et plus il est obligé de s'affaiblir encore. Toutefois il existe quelques épanchemens abdominaux pour lesquels la paracentèse n'a pas toujours d'aussi tristes résultats : sans parler même de certaines ascites , sans lésions organiques auxquelles l opéralion a été favorable , les épanchemens sanguins circonscrits ne peuvent disparaître qu'à la condition d'être évacués au dehors par la paracentèse.

Le fait que je viens de rapporter, savoir que la paracentèse n'est presque jamais qu'un moyen de pallier les accidens des épanchemens abdominaux, a suggéré à plusieurs chirurgiens l'idée de la faire suivre immédiatement d'une injection irritante dans la cavité du péritoine , pour la rendre plus efficace ; et bientôt ce projet a été mis à exécution nonobstant tout ce qu'il a d'effrayant, nonobstant les craintes que doitnaturellement inspirer le développement d'une

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