‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 187 sur 311 · PARALYSIE · texte numérisé non relu

PARALYSIE

PARAPHIMOSIS.

inflammation aussi vaste et aussi dilîicile à mailriser qu'une péritonite. Le docteur Vairick paraît être le premier qui ait fait l'essai de celle méthode thérapeutique; il se servit de Veau de liristol pour riiijection, et 1 on dit que son malade guérit; plus tard toutefois , il n eut pas les raèaics succès. Heuermann , Litlre, Garangeot , MM. Gohert et, Lhouime ont également obtenu quelques succès de l'emploi des injections ; les deux derniers se sont servis de vapeurs alcooliques; enfin récemment , M. lloosbroeck, de Louvain, a eu l'idée <l'injeater du gaz protoxide d'azote, après la ponction chez cinq malades, qui en ont retiré de grands avantages; mais à quelle espèce d hydropisie a-t-on eu à faire dans ces cas? ne seraient-ce point des hydropisies enkystées? Tout porte à le croire ; aussi , malgré les faits que j'ai rapportés , faits d'ailleurs trop peu nombreux, on ne saurait encore regarder comme ralionuelle la méthode des injections péritoncales, (Th. Fréd. Blakdin ').

PARACOUSIE ou PARACIISE. Paracusis , de icxpx etozwcu, j'entends mal. Terme générique, qui comprend tous les vices de l'audition, autres que ia surdité, et sur lequel, par conséquent , nous n'avons que peu de choses à dire, renvoj'ant au.\ divers articles relatifs aux maladies de l'organe de l'ouïe {l^ <->yez Koi RDONKKEMEKT , NÉVRALGIE , OTITE , sDRDiTÉ , ctc. ) Cependant il cst Une manière vicieuse de peicevoir les sous dont aucun auteur, que nous sachions , n'a encore parlé , et qui ne laisse pas de se rencontrer assez fréquemment; nous l'indiquons ici , faute d'un terme spécial, et d autant plus volontiers que le mot paracousie nous parait fort convenable pour l'exprimer.

Ce vice de l'ouie , dont nous avons observé plusieurs exemples, chez les personnes dont l'oreille, du reste, a toute la sensibilité désirable, consi^le à rapporter les 3ons à un point autre que relui de leur origine , souvent même toutà-fait opposé. Ainsi , un bruit , qui aura pris naissance à leur droite , sera par elles constamment rapporté à leur gauche , ou de gauche à droite, sans que pour cela elles perçoivent les sons avec l'une ou l'autre oreille, moins nettement que toute autre personne. Cette circonstance, qui ne mérite pas le nom de maladie , et qui nous intéresse plutôt sous le rapport physiologique , ne tiendrait-elle pas à une inégalité de force auditive entre les deux organes chargés de percevoir les sons et d'en rapporter l'impression au cerveau ? Il faut, en tous cas , que cette inégalité de force soit peu consitlérable, car autrement l'impression fournie par les sons serait confuse, ainsi qu'il arrive j)oin' la vue quand il y a inégalité de force entre les deux yeux , ou pour l'odorat qui se trouve anéanti ou perverti , quand l'une des narines devient le siège d'un coryza. Nous savons, en effet, f[ue nos sensations sont d'autant plus précises qu'il existe plus de ressemblance enti e les deux impressions produites sur les organes similaires qui concourent à l'accomplissement d'une même fonction. Nous convenons, d'ailleurs , qu'on pourrait, avec tout autant de fondement, rapporter cette anomalie de l'audition à la partie même du cerveau affectée à la perception des sons. Mais notre explication resterait la même.

Comment remédier à cette affection? Dans les cas où l'examen attentif des conduits auditifs et de la trompe d'Eustache, n'aurait fait reconnaîire aucun corps étranger, aucune cause susceptible d'en altérer les fonctions, et de rendre ainsi raison de la paracousie , on pourrait essayer de condamner à un repos plus ou moins absolu , et pendant un temps plus ou moins long , l'organe plus sensible , afin d'exercer , de fortifier , en quelque sorte , l'organe plus faible ou moins impressionnable. Ce moyen peut quelquefois sufîire seul; mais il n'y aurait nul inconvénient d'essayer en même temps <les injections de vapeurs ou même de liquides variables suivant les indications que l'on croirait avoir à remplir. ( P. Jolly.)

PARALYSIE, s. f. de jrx/;»>uo-(5, relâchement , résolution, de jcz^k^uco, je résous. Diminution ou perte totale de la motilité ou de la sensibilité , ou de ces deux fonctions à la-fois. La paralysie est complète ou incomplète, générale ou (lartielle ; on la nomme hémiplégie lorsqu'elle affecte une des moitiés du corps, et paraplégie lorsqu'elle occupe les membres abdominaux.

On n'observe de véritable paralysie que dans les tissus qui reçoivent des nerfs cérébraux ou rachidiens; par conséquent le cœur, le foie, le pancréas , la rate, les reins et les intestins , à l'exception du rectum , ne peuvent pas se paralyser, et tout ce que certains auteurs on dit de ces prétendues paralysies nous parait cliimérique. Nous doutons même de la réalité de la paralysie de l'estomac et de celle des poumons , bien que nous en concevons la possibilité par la destruction ou la compression graduelle des nerfs pneumo-gastriques ; nous n'en connaissons du moins aucun exemple bien authentique. Quant à celles de l'œsophage, de la vessie et du rectum , elles confirment notre assertion, puisque ces organes reçoivent des nerfs rachidiens. Il est au reste aisé de concevoir pourquoi les organes placés exclusivement sous l'empire du nerf trisplanchnique ne sont pas susceptibles de paralysie. Pour qu'ils en fussent passibles, il laudiait c^ue l'influx nerveux pût leur manquer; or, les nombreux ganglions de ce nerf, qui forment autant de centres d'innervation, et , si l'on peut dire, autant de réservoirs particuliers de fluide nerveux, pouvant se suppléer, la quantité de cordons nerveux que reçoit chaque organe et les anastomoses mu\tipliées qui existent entre eux, soit dans le même organe , soit d'un organe à un autre , rétablissant incessamment les rapports qui viennent a s'interrompre, il n y a de suspension possible, ni dans le cours ni danfi la répartition du fluide par lequel le mouvement et la sensibilité s'entretiennent.

Mais toutes les parties auxquelles se distribuent des nerfs cérébraux ou rachidiens peuvent être frappées de paralysie, et tantôt elle dépend d'un état morbide du cerveau ou de la moelle cpinière , les deux sources d'où jaillit sans cesse le fluide qui distribue partout les facultés de sentir et de se mouvoir, tantôt elle a pour cause une lésion des cordons nerveux chargés de trans-

mettre ce fluide, quelquefois enfin elle parait dépendre uniquement d' trouble survenu dans la production ou la répartition de ce même agent, se! aucun trouble matériel appréciable des organes qui le sécrètent , le conduisf!; ou le reçoivent. Dans les deux premiers cas la paralysie n'est évidetnmei qu'un symptôme ; aussi a-t-elle été décrite aux arlicles aliénation mehtal'

APOPLEXIE, ARACHMOIDITB , ENCÉPHALE, ENCEPHALITE, HYDROCEPHALE, MT

LITE, etc., en un mot, à l'occasion de toutes les maladies du cerveau, de moelle é|)inière et des nerfs qui peuvent la produire. Là , et principaleme aux mots ENCÉPHALE, ENCEPHALITE , et myélite , nos savans collaborate MM. Foville et Bouillaud ont essayé d établir les rapports qui existent enl les diverses paralysies et le siège des lésions cérébrales et rachidiennes , ne ne devons donc pas y revenir ici. Dans le dernier cas seulement , on peut con dérer la paralysie comme idiopathicjue et lui consacrer une étude particulier nous en dirons quelques mots

On observe la paralysie idiopalhique , la paralysie sans lésion appréciai des centres ou des cordons nerveux , chez c|uelques individus qui se livrent la masturbation ou aux excès vénériens; on la voit aussi survenir passagèii ment chez les femmes hystériques , les somnambules magnétiques , les épile tiques , et les personnes très-nerveuses. Dans tous ces cas , elie se montre pa lielle ou générale , bornée à un seul muscle ou occupant tout un côté ( corps , passagère ou persistante, elle frappe en même temps le sentiment et 1 niouvemens ou bien elle ne porte que sur l'une ou l'autre de ces fonction j enfin elle revient quelquefois d'une manière régulièrement iittermiltenle. n'est pas possible tle ia méconnaître, attendu que l'on peut toujours aisémel s'assurer si une partie conserve ou non dans leur intégrité les facultés d sentir et de se mouvoir. Cette paralysie est infiniment moins grave quecel, qui se rattache aux lésions des centres nerveux ; on la guérit avec plus de f cilité quand elle est passagère et intermittente que lorsqu'elle est persistai! et continue.

Pour combattre la paralysie idiopatliique , on a recours aux vésicatoir volans , aux bains chauds sulfureux, aux bains de sable, à ceux de marc ( raisin, aux douches d'eaux thermales ou de lessives alcalines, aux frictioi sèches ou faites avec des liqueurs excitantes , telles que l'alcool seul ou char; de principes aromatiques, la teinture de cantharides, les linimens ammoni; eaux, le baume de Fioravenli ; en emploie aussi l'urtication , l'acupuncturi les ventouses sèches ou scarifiées, les moxas , le galvanisme , et l'électricit En même temps on administre à l'intérieur la noix vomique, l'huile esseï tielle de térébenthine, l'ammoniaque liquide, et les principaux anti-spasinv diques, tels que le musc, le castoréum , l'assa fœtida , le succin , etc., et quai! la paralysie se montre intermittente , le sulfate de quinine. Dans la jiaralys qui résulte des excès vénériens ou de la masturbation, il faut toujours secondt l'action des moyens précédens par une alimentation saine, tonique , très-nom» rissante, et l'usage d'un vin généreux. Celle qui accompagne l'épilepsie nepei* que s'accroître avec le temps et résiste à toute action thérapeuiique , parO; que la maladie qui la produit est elle-même incurable dans la grande majorit des cas. Les bains froids , les affusions , sont très-utiles dans la paralysie At femmes hystériques et des somnambules magnétiques. Tous les moyens qu nous venons d'énumérer conviennent également dans les paralysies du mofr ment et dans celles du sentiment, et par conséquent dans celles qui port sur ces deux fonctions à-la fois.

Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de décrire en particulier ch: des paralysies partielles que l'on observe dans la pratique. 11 a été ou il^. consacré d'ailleurs un article spécial aux principales d'entre elles dans ce die tionnaire, telles sont Vainaurose , la siirdilé , Vunosinie ou perte do l'odorat Vageustic ou perte du goût, la paralysie de la vessie ou inconti/ience d'iniae Quant aux paralysies isolées d'un muscle, ce que nous avons dit de la paralysr idiopalhique , en général , leur est entièrement applicable.

(L. Ch. Roche.)

PARAPHIMOSIS. s. m. de ira^a au-delà , autour, et de yf//.w , je serre avei une corde. Maladie de la verge , qui consiste dans la constriction circulaire di gland à sa base , par l'ouverture trop étroite du prépuce , portée derrière elle et qui l'étrangle comme le ferait une ficelle.

Chez les jeunes sujets dont la partie antérieure de la verge est habitueUemcn recouverte par un prépuce trop long et trop resserré, il arrive assez souvent qm cette membrane , portée en arrière par la curiosité, ou par des eiforts de uiaS' turbalion , détermine le paraphimosis. De forme conique, à extrémité antérieure mousse et amincie , à base large et terminée par nu rebord à pic , le glant alors s'allonge, s'affaisse, se laisse, pour ainsi dire, passera la filière, a Ira vers l'anneau prépucial trop étroit, jusc|u'à ce que sa base ait été graduelle ment franchie. Mais alors , la constriction , portant sur les vaisseaux de retour fait augmenter le volume du gland , et rend en quelques minutes son rebon! postérieur plus saillant et infranchissable parle prépuce, qui ne tiouve ])lu! de plan incliné pour faciliter sa marche rétrograde. Les manipulations des sujets pour remédier à cet état, la douleur incessamment plus vive qu'ils éprouvent, et la stimulation de la verge que cette douleur entraîne, rendent l'afflu-i du sang dans les parties plus rapide , déterminent leur tuméfaction ; et si l-' réduction n'a pas été obtenue pendant les premiers inslans, elle devient bienlol définitivement impossible , autrement que par les efforts méthodiques du clii rurgien. Le même accident a fréquemment lieu chez les adultes, dont le prépuce est mal conformé , durant l'excitation du coït. 11 n'est pas rare enfin de l'observer sur des hommes présentant la même conformation, lorsque par di> motifs de propreté , ou dans la fausse opinion de se rendre moins aptes à cou

PARAPHIMOSIS.

PARAPHIMOSIS.

i-acter la syphilis , ils découvrent le gland et s'efTorcent de le maintenir h doouvert. La tuméfaction qui ne tarde pas à semparer alors de cette partie, foppof.e bientôt à ce que la réduction puisse être obtenue.

Les paraphiinosis produits par ces causes diverses , et étrangères à toute ffecl ion vénérienne , sont incontestablement les plus communs , ou du moins eux que j 'ai eu le plus souvent occasion d'obsei ver. 11 n'est pas rare , loute- )is, de voir pendant les blennorrhagies aiguës et douloureuses, le gland se imcfier, rejeter le prépuce en arrière , et pour peu qu'il y ait du resserrement cette partie , le gonflement faire des progrès , cl le paraphimosis acquérir un aut degré d'intensité. Les végétations volumineuses agibsent , quoique plus iremént, de la même manière, de même que les chancres, accompagnés d'une ve excitation et de turgescence à la partie antérieure de la verge. Ceux-ci 'pendant occasionnent bien plus souvent encore le phimosis, ou le resserrelent inflammatoire du repli prépucial, et l'impossibilité de découvrir le gland, e phimosis ne manque guère enfin de se convertir, dans ces cas , en paraphiosis , lorsque les malades , inquiets de leur situation , tiécouvrent fréquementetde force les parties affectées : presque toujours une de ces manœuvres iiitpar l'impossibilité de recouvrir le gland et |)ar l'étranglement do cet organe. Le paraphimosis étant une fois établi ne tend jamais à se réduire spontanéent. Loin de là, le gland augmente graduellement de volume, au point de douer ou de tripler celui qui lui est naturel. Sa surface devient luisante, rouge, lelquefois brune. Sur les côtés du frein, ainsi que sur les replis de la membrane terne du prépuce, se développent les tumeurs irrégulières , résistantes , forées par de la sérosité infiltrée dans les aréoles celluleuses. Le repli libre du •épuce , élargi et fortement distendu , forme , autour du pénis , deux ou trois •ides circulaires, profondément enfoncées entre les bourrelets saillans et à imi-transparens que la stase des liquides occasionne. Le pénis tout entier est and, douloureux, augmenté de volume , presque toujours dans un état de uji'érection , et comme contourné en spirale sur lui-même, h raison des dictions diverses que les brides impriment aux parties superficielles tuméfiées, peut-être aussi aux corps caverneux.

jLa gravité du paraphiinosis n'est pas rigoureusement proportionnée au vopede la tuméfaction des parties antérieures de la verge, mais bien à l'intené de la phlogose et de l'engorgement sanguin de ces parties. Lorsque le gland it peu rouge, à demi-transparent, facilement afFaissable ; lorsque les bourre- :s séreux situés dans les replis du prépuce et sur les côtés du frein , ont une nte jaunâtre et disparaissent ou se déplacent aisément sous l'efTort du doigt ; l'sque, enfin , la douleur est modérée, la chaleur locale peu intense, et qu'il F n'a pas d'agitation fébrile, le paraphimosis est peu grave. On doit considérer consti'iction comme n'ayant porté que sur les vaisseaux lymphatiques et les ines superficielles , et la tumeur quelque considérable qu'elle paraisse, comme ]*Mluite s|)écialemcnt encore par de la sérosité infiltrée, à raison de l'obstacle (réprouve la circulation de retour. Les sujets peu sensibles , lymphatiques , Ht le prépuce n'est pas excessivement étroit, présentent plus ordinairement e d'autres ces dispositions favorables. Il n'en est pas de même chez les iiidilus irritables, sanguins , dont le prépuce n'offrait qu'une ouverture très-res- -rée et résistante, dont la verge était excitée soit par un état prolongé d'orkme vénérien , soit par la congestion et la phlogose qu'enlraiuent les blenilirrhagies aiguës , les ulcérations ou les végétations situées à la base du gland, ns ces cas , la partie étranglée du pénis devient brunâtre , et quelquefois ide en un temps très-court ; elle est solide , résistante sous le doigt , difficile léprimer ; une douleur brûlante , presque insupportable , s'y fait sentir , et gmente à la moindre pression. La constriction s'est manifestement , alors , opagée aux parties profondes de la verge , et l'engorgement est plutôt sanm que séreux , plus rapproché de la nuance inflammatoire que de celle de idème.

U importe de faire observer toutefois que le paraphimosis oedémateux ne mque jamais de devenir inflammatoire, lorsque la constriction qu'il exerce se lolonge, pendant plusieurs jours. La douleur se développe alors , le gland vient plus solide, leS: bourrelets séreux sont moins faciles à déprimer , et la Jogose affecte une marche plus ou moins rapide.

Abandonné 0 lui-même , le paraphimosis, avec étranglement très-serré et jlanimation très-violente , peut se terminer en quelques jours parla gangrène I gland et de toutes les parties placées en avant de la constriction. Ces parties viennent alors graduellement brunes, livides, puis se flétrissent, perdent iB sensibilité et se convertissent en escarrhes , tantôt superficielles , et tan- : profondes au point de constituer un véritable sphacèle. Mais dans le plus w\d nombre des cas, les résultats de l'étranglement ne sont pas aussi funestes : se bornent à des érosions plus ou moins étendues, affectant le sommet des

Iurrelets que forme la membrane interne du prépuce , la surface du gland , esnfin le fond des sillons creusés par les replis de l'ouverture prépuciale. s parties comprimées et les parties comprimantes participent alors à la morcation , les unes par affaissement extrême , les autres par excès de distenn. Enfin, il est des cas, les plus légers de tous, où la résolution s'opère, au moins partie dans les tissus engorgés ; la circulation s'y rétablit; mais les parties stcnt pendant long-temps, et quelquefois durant toute la vie, saillantes, volumilises, irrégulièrement bosselées , et par conséquent plus ou moins difformes. ijDurant les premiers jours , et , en général , jusqu'à ce que des phénomènes Iflaramatoires se soient développés, les brides qui étranglent le pénis sont ibiles sur les tissus qu'elles étreignent, et peuvent être ramenées en avant par selTorls plus ou moins considérables. Mais plus tard, l'inflammation surveiiit,de la lymphe coagulable s'épanche dans le tissu cellulaire; des adhé-

rences le produisent, et les replis serrés du prépuce sont fixés invariablement aux endroits qu'ils occupent. 11 est alors impossible de les ramener en avant, non qu'ils soient retenus par l'étranglement, mais parce que le tissu cellulaire a perdu au-dessous d'eux sa mobilité normale. De là vient la persévérance des dispositions créées par le paraphimosis, lorsque celui-ci passe à l'état chronique.

L'indication la plus pressante que fasse naître l'accident qui nous occupe , consiste dans la réduction des parties déplacées, et il importe de ne perdre aucun instant pour y satisfaire. Le malade étant couché sur le dos, le chirurgien, placé au côlé droit du lit, saisit le pénis, avec la main gauche , au niveau des rcfdis du prépuce , puis , pressant avec le pouce et les premiers doigts de la main droite sur le gland et les bourrelets situés derrière lui , il les aflaisse , et, par des malaxations ménagées , H force la sérosité à l eflucr tlerrière ces brides. Lorsque la tuméfaction a, de celte manière, presque entièrement disparu, quelque corps gras , comme du cérat ou de l'huile d'amande douce, étant étendu sur le gland , afin de favoriser son mouvement , le chirurgien , par une action combinée des deux mains , repousse le gland en arrière, tandis qu'il attire en avant le prépuce, et opère la réduction.

Il est rare qu'avec de la persévérance ou ne réduise pas ainsi les paraphimosis, même très-volumineux et déjà anciens. Lorsque la tumeur du gland et les bourrelets du prépuce sont fort considérables et solides , on conseille d'y pratiquer des mouchetures avant deprocéder au replacement des parties ; mais je n'ai jamais vu que ces scarifications fussent indispensables , et elles ajoutent toujours à l'irritation des parties. Toutefois , dans quelques cas , rares à la vérité , le para- ])himosis étant très-serré , l'inflammation et la douleur ayant acquis un haut degré d'intensité , et la gangrène paraissant imminente , j'ai préféré , plutôt que d'insister sur des pressions ou des tractions inefficaces , trop pénibles , et presque insup[)ortables , inciser parallèlement à l'axe de la verge , et sur le dos de celle-ci, les replis enfoncés du prépuce. On voit alors les lèvres des deux ou trois petites plaies ainsi faites s'écarter, les parties reprendre de la mobilité et la réduction devenir facile. Rien n'est aussi simple qu'une semblable opération. Les bourrelets saillans , étant déprimés autant que possible, un bistouri droit sert à inciser successivement la peau et le tissu cellulaire , jusqu'à ce que la bride soit complètement divisée : la tension qu'elle éprouve la rend Irès-acccessible à faction de l'instrument ,el on peut arriver à sa partie la plus profonde sans avoir à craindre de toucher aux corps carverneux. Après la réduction , ce débridement , que l'on redoute trop, ne présente plus que deux ou trois égratignures simples et légères, dont la cicatrisation ne se fait pas altendrc. Par ce procédé , les parties sont moins irritées, linflammatiou consécutive moins intense , et la guérison plus facile et plus prompte, que si l'on avait insisté outre mesure sur des efforts inutiles de réduction et soumis les tissus tuméfiés , que si on les avait soumises à des distensions excessives , qui exposent à des déchirures graves, ainsi que je l'ai plusieurs fois constaté.

La glace , les lotions froides , non plus que les autres répercussifs ne convieii nent jamais contre le paraphimosis, et , en faisant perdre un temps précieux, peuvent occasionner des accidens graves. Il est une autre règle de pratique à ne pas oublier : c'est que toutes les fois que l'on a commencé à agir, pour opérer la réduction d'un paraphimosis , on doit tout faire pour l'obtenir. Si, après avoir pressé et tiraillé les parties on laissait subsister l'étranglement, les symptômes recevraient de ces manipulations et de ces violences un surcroit d'inflammation susceptible de déterminer la gangrène , alors même que , sans cela , elle n'eût pas été imminente. Il vaut donc mieux inciser, dans ces cas graves , si l'on ne peut réduire autrement , qu'abandonner les parties dans leur situation actuelle.

Après la réduction, le malade éprouve un soulagement instantané; mais les parties irritées , surtout s'il existe des ulcères, une blennorrhagie ou des végétations, pourront s enflammer encore, le prépuce se resserrer , et un phimosis accidentel succéder à la maladie que l'on vient de dissiper. Un bain tiède prolongé, des fomentations émollientes à la température del'atmosphère, si rien ne les contre-indique , le repos , la position du pénis relevé sur le ventre, des boissons délayantes , tels sont les moyens qu'il convient de mettre en usage après l'opération. Les saignées générales et locales pourraient également être employées selon la vigueur des sujets et l'intensité des accidens, si quelque inflammation consécutive survenait.

Lorsque le chirurgien est appelé trop tard et que des escarrhes gangréneuses se sont déjà manifestées, il convient encore , si 1 inflammation est intense, de pratiquer le débridement des parties. Les incisions pourraient être faites en glissant la pointe d'un bistouri étroit sous les brides, le tranchant de la lame tourné en haut ; mais on agit ainsi en piquant , et la piqûre peut pénétrer audelà de ce qui est nécessaire, tandis qu'on incisant de dehors en dedans , cet inconvénient n'est pas à redouter. L'écoulement sanguin qui résulte quelquefois de cette opération n'est jamais à craindre , et pour éviter qu'il ne devienne considérable , il est inutile de s'éloigner de la région dorsalede la verge , à raison de la situation des artérioles de ce nom.

Dans les cas où le paraphimosis passe , en quelque sorte, à l'état chronique , il arrive presque toujours que les tumeurs du repli du prépuce restent volumineuses , dures , ulcérées , et rendent le pénis tellement difforme qu'il est presque inhabile à remplir ses fonctions. Si l'on peut encore , au moyen du débridement, obtenir la réduction , il importe de la tenter; dans le cas contraire , on doit exciser les tumeurs elles-mêmes , au niveau de leur origine , et former ainsi des plaies simples, dont la cicatrisation n'éprouve plus d'obstacle. Les malades ressemblent alors à ceux qui ont atcidenlellement perdu la tolalité du prépuce. .

PA ROTIDE.

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