‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 188 sur 311 · PAROTIDE · texte numérisé non relu

PAROTIDE

La même opération devrait être pratiquée si, sous l'influence du paraphimosis persévérant , le prépuce renversé et tuméfié, devenait dur, résistant et comme cartilagineux. Dans ce cas , une singulière , mais très-manifeste tendance à la dégénérescence cancéreuse existe , et l'ablation des parties ainsi altérées est le meilleur mojen d'en prévenir les effets. Enfin , dans les gangrènes profondes du gland , après avoir débridé les replis du prépuce , on doit combattre activement les symptômes inflammatoires, couvrir les parties affectées de topiques émolliens et attendre ainsi , en la favorisant, la chute des esearrhes. Si le pénis reste ensuite difforme , si des dispositions insolites tendent à s'établir , on y remédie à l'aide d'opérations variées selon les cas, et qui échappent à tous les préceptes. (L. J. Bégin.)

PARAPHRENÉSIE. Ce mot n'est presque aucunement usité dans la langue médicale actuelle. On désignait autrefois sous ce nom (dérivé ileizx^x, proche , et de fp;v;(, diaphragme une espèce de délire que l'on rapportait à l'inflammation du diaphragme ; le mot de paraphrénésie a aussi été donné à cette inflammation elle-même. On trouvera aux articles diaphbagmite , pleurésie

DIAPHRAGMATIQCE , PERITONITE DIAPHRAGMATIQUE , tOUt Ce quï COnCCme la pa-

raphrénésie. Ce mot pourrait être rayé du vocabulaire de la médecine.

, ( J. BOUILLAXJD. )

PARAPLEGIE. Fojez Paraltsie.

PAREIRA-BRAVA. Cissampelos pareira hrava. Plante dont la classification botanique est encore indécise et dont les propriétés médicales sont encore plus douteuses. Elle est originaire du Brésil, ou plutôt c'est de ce pays qu'on l'apporte ici pour les besoins du commerce. On l'y considérait comme un remède a tous les maux; cependant lorsque Helvétius ( quel est l'homme célèbre qui n'ait été dominé par les j)réjugés de son temps !), lorsque Helvétius , dis-je , l'introduisit dans la pratique médicale , il le présenta seulement comme un lithontriptique des plus puissans ; on sait ce qui en est arrivé. Mais on ne s'est pas borné là ; reprenant les idées des peuplades sauvages de l'Amérique , des médecins l'ont appliqué au traitement d'une foule de maladies tellement difi'érentcs par leur siège et par leur nature, qu'on ne conçoit pas comment on a pu établir quelque rapprochement entre elles. Quant à son eflîcacité contre la morsure des serpens , on est porté à la révoquer en doute , parce qu'on ne produit pas de faits sufllsamment constatés pour la prouver ; et ensuite, parce qu'eu général on sait que l'action des venins n'est guère empêchée par les médicamens internes.

Quelles sont d'ailleurs les qualités physiques et chimiques de cette substance autrefois si célèbre? C'est une racine à écorce brune et dont l'intérieur est jauliâtre , qui est dépourvue de toute odeur et qui off're seulement une saveur amère , beaucoup moins prononcée que celle de beaucoup d'autres végétaux indigènes. Un peu de résine , un principe jaune amer , un autre également amer , mais de couleur brune ; de la fécule et quelques sels , tels sont les principes vulgaires que l'analyse y a fait découvrir.

Au reste , la racine de pareira-brava n'est plus guère employée depuis que l'examen attentif a fait justice des erreurs qu'on avait débitées sur son compte. Son peu d'activité permet de l'administrer sans précaution bien sévère ; ordinairement la dose est une demi-once. Que dans le pays où ce végétal est commun, on s'en serve comme d'un tonique faible , cela se conçoit; mais qu'on l'apporte à grands frais en Europe , c'est un contre-sens manifeste dans l'état actuel des connaissances médicales, comme aussi de disserter longuement à son occasion. ( F. Ratieb. )

PARACEPHAL0C3ÈLE. Fojez Herkie.

PARIETAIRE. Parietaria ojfîcinalis . Plante de la famille des urticées. On l'a nommée pariétaire du mot latin paries , parce qu'on la trouve abondamment sur les murailles. On l'appelle encore casse-pierre, perce-pierre, herbe de Notre- Dame, et panalage dans le Languedoc. Elle est vivace , insipide, inodore, pubescente, s'élève à la hauteur d'un pied ; ses fleurs sont petites, polygames et verdàtres. La pariétaire est remarquable par la quantité assez considérable de nitre ([u'elle contient et qui se retrouve même jusque sur sa surface. M. Planche assure qu'elle renferme une grande quantité de soufre. D'autres chimistes y ont trouvé une certaine proportion de matière végéto-animale qui empêche son eau distillée de se conserver long-temps. On emploie la pariétaire en tisane à la dose d'une petite poignée pour une pinte d'eau. Cette boisson est adoucissante, on la regarde aussi comme diurétique à cause du nitrate de potasse que la plante y laisse dissoudre. C'est la présence du nitrate de potasse dans cette infusion qui l'a fait conseiller contre l'hydropisie. Cette propriété anli-hydropique du suc et de l'infusion est aussi exagérée que celle de lithontriptique qu'on leur a également attribuée. Nons avons employé dans plusieurs cas d'ascite le suc de pariétaire à la dose d'une à quatre onces dans l'espoir d'obtenir une augmentation de la sécrétion urinaire ; mais nous n'avons point obtenu cet heurenx résultat. On donne comme lavement émollient et rafraîchissant, la décoction de deux à trois poignées de pariétaire. Cette plante fait partie des espèces dites émollientes, et à ce titre on emploie les feuilles en cataplasme. Dioscoride dit qu'on les appliquait sur les tumeurs goutteuses. Nous les avons employées en cataplasme sur des articulations rhumatisées et très-douloureuses; il nous a semblé que cette application soulageait plus que celle des cataplasmes de farine de lin. ( Martin Solon.)

PAROTIDE et PAROTIDITE, s. {. Parotis ,parotidiUs ; de ^«^«, proche, et de ojrcs, oreille. Noms qui servent à désigner la plus volumineuse des glandes salivaires, et l'inflammation dont elle est assez souvent le siège.

De forme conoide, bien qu'irrégulièrc , la parotide occupe l'espace compris entre la branche de la mâchoire inférieure, qu'elle recouvre un peu , en avant,

l'apopliyse mastoïde et le muscle sterno-cléido-mastoïdien , en arrière , le coj duit auditif externe et l'articulation temporo-maxillaire en haut, en mèn; temps qu'elle appuie profondément en dedans , contre l'apophyse stylo'ide , ! bouquet anatomique de Riolan , et les muscles ptérygoïdiens , entre lesquc elle jette plusieurs prolongemens. Elle est enveloppée d'une sorte de kyste ce lulo-fibreux dense et serré, recouverte par des ganglions lymphatiques ass' nombreux, et séparée de la peau par un tissu cellulaire médiocrement char( de graisse. La base du cône ou de la pyramide qu'elle représente , correspor aux tégumens , tandis que le sommet , enfoncé en dedans, se glisse jusque pr de la veine jugulaire interne , des nerfs hypoglosse , pneumogastrique et grai sympathique, entre les apophyses transverses des premièies vertèbres cer\ cales et le pharynx. Son tissu est traversé suivant des directions diverses p: l'artère transversale de la face , le nerf facial , qui s'y bifurque, l'artère et veine temporales superficielles, la carotide externe , l'origine de la maxillaii interne et de l'auriculaire. Des rameaux artériels volumineux et souvent accru lorsqu'elle est malade , la pénètrent sur plusieurs points et rampent, sansordi; déterminé, entre ses nombreuses divisions. I De toutes les glandes salivaires la parotide est celle que l'inflammation ai fecte le plus souvent. Elle se tuméfie , se gorge de sang , devient chaude et do loureuse dans la plupart des salii'alions actives et abondantes.

On a donné le nom spécial de parotides , à des tumeurs sympathiques ass( fréquentes , dans les fièvres graves , et dont pi-esque tous les médecins ont pari soit avec efl'roi, lorsqu'ils les croyaient susceptibles d'aggraver la situation dé si critique des malades , soit avec espérance , lorsqu'ils les considéraient comnl salutaires, et produites par une action éliminatrice de l'organisme. La nature, les variétés, la marche, les terminaisons diverses de cette affection, les prc, nostics favorables ou funestes que l'on en doit tirer sont autant de sujets q: se lient trop intimement à l'histoire des fièvres de mauvais caractères, et sp cialement à celles du typhus, pour qu'il soit convenable de nous y arrêter it La parotidite est une affection assez commune chez les enfans , et spécial ment chez ceux du sexe masculin , à l'époque du travail de la puberté. Il e rare qu'elle affecte plus d'une fois le même individu , bien que j'en aie ûbser\ quelques exemples dans un établissement d'éducation publique. Elle surviei rarement après l'âge de 25 à 30 ans , et , en général , se développe , tantôt e même temps , ce qui est le plus rare, tantôt successivement, ce qui est pli ordinaire, aux deux côtés de la mâchoire. Enfin, la parotidite aiguë a régi quelquefois épidémiquement , ainsi que le constatent les travaux d'Hamiltûr de Mongor, de M. Groffier et d'autres observateurs.

L'action du froid , et spécialement celle du froid humide , est une des caus' qui déterminent le plus fréquemment la parotidite, et qui, sévissant sur u grand nombre d'individus à-la-fois, contribue le plus à lui imprimer le cara tère épidémique.

Des frissons irréguliers, accompagnés de lassitude spontanée dans les meu ^ bres , et bientôt suivis d'agitations , de fréquences dans le pouls, de chaleur j la peau , annoncent, chez beaucoup de sujets , l'invasion de la maladie. Bienli se manifeste une douleur fixe, profonde, incommode, à la région parotidienn la mastication devient diflEicile, laborieuse et, chez certains sujets , absolumei impossible. Au-dessous de l'une, et quelquefois des deux oreilles, se dcvi, loppe graduellement une tuméfaction plus ou moins considérable, ordinain, ment accompagnée de rougeur, de chaleur aux tégumens , d'une grande sens;, bilité à la pression. L'inflammation peut être portée à ce point que le gonfli ment se propage aux glandes sous-maxillaires, aux amygdales, aux paro , voisines du pharynx , et rende la déglutition excessivement difficile et douloi , reuse. La tumeur est presque toujours alors d'un rouge foncé , tendue , et tell ment considérable , chez quelques sujets, que le visage devient énorme , sui tout lorsque les deux côtés sont atteints en même temps. Alors aussi le pou , est plein, dur, fréquent, la tête douloureuse, la soif vive, l'appétit nul, et 1| malade éprouve une tendance incessante à l'assoupissement. Dans d'autres cas le gonflement est plutôt œdémateux qu'inflammatoire, la tumeur n'offre i , rougeur, ni résistance, très-marquée; la douleur locale et la gêne dans If mouvemens de la mâchoire inférieure sont presque nulles. Le pouls, non pli que la chaleur cutanée , ne présente aucune altération très-sensible ; en u , mot , la maladie est peu violente et les viscères y restent étrangers. Entre c( deux nuances principales de la parotidite , existent une foule de degrés inter médiaires , qui se rapprochent plus ou moins de l'une ou de l'autre.

La résolution est la terminaison la plus favorable , et heureusement aussi 1 plus fréquente de cette affection. Chez la plupart des sujets elle est annoncée, vers le quatrième ou le cinquième jour de l'apparition de l'engorgement, p^ une transpiration abondante, une sorte d'exsudation perspiratoire , qui lu mecte la région parotidienne et les parties voisines du cou , des oreilles et de K tête. Quelquefois une sueur générale s'y joint, surtout si le sujet garde le li ' L'apparition de ces phénomènes est suivie du ramollissement graduel de la tuj meur , de son affaissement , de la diminution de la tension et de la sensibilité | enfin du retour de toutes les parties à l'état normal.

La suppuration , quoique assez rare, est cependant à craindre lorsque l ir flaramation locale arrive à un très-haut degré. On voit alors , comme dans toi , les phlegmons, la douleur locale perdre de sa vivacité, la tumeur s élevci prendre une teinte bleuâtre, devenir plus molle à son centre, et enfin de 1 fluctuation s'y manifester dans une étendue plus ou moins grande. La suppi ration alors n'est presque jamais profonde ; elle n'atteint que le tissu cellulaiil extérieur à la glande, et peut-être aussi son enveloppe fîbro-celluleuse. i

Lg parotidite aflécte, chez un assez grand nombre de sujets, un mode de teii

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