‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 190 sur 311 · PATIENCE · texte numérisé non relu

PATIENCE

couchement, elle se livrera h toutes ses occupations habituelles , et lorsque ses forces lui refusent les moyens de les remplir, alors elle accuse seulement du malaise, une indisposition légère. Elle fait disparaître toute espèce de trace matérielle de raccouchement , en lavant les draps et les linges sanguinolciis , eu répandant des odeurs fortes dans la chambre où elle est accouchée. Elle se garnit le ventre de linges, de manière à remplacer la diminution de volume de l'abdomen ; en un mot les précautions seront tellement précises que le médecin 113 pourra pas étayer sa manière de voir sur des documens antérieurs. Reste donc la visite même de la femme. Elle sera d'autant plus efficace qu'elle aura été faite h une époque plus voisine de l'accouchement ; en elT'et , une fois le dixième ou le douzième jour arrivé , il est rare que l'on puisse se prononcer sur un accouchement rc'cent. Le médecin examinera, 1° si des parties génitales suinte quehjue fluide analogue à celui des lochies ; l'odeur en constitue le caractère principal ; car la couleur rouge est commune aux règles, et la couleur blanche aux écoulemens habituels des femmes des villes, les fleurs blanches; 2" si les grandes lèvres , les petites lèvres , le col utérin sont plus volumineux que de coutume , plus durs , plus résistans et plus rouges; 3" si la fourchelte est déchirée ou si elle offre une cicatrice annonçant une déchirure récente. 11 faut attacher une grande importance à ce dernier caractère, car une hydropisie, une tumeur hydalique qui se serait ouverte, une môle ne donnent jamais lieu à la sortie de corps assez volumineux pour amener cette rupture. Mais cette cicatrice doit être récente et c'est un pointque le médecin s'attachera à vcrilier; 4" si la peau de l'abdomen est plissée , ridée , flasque et beaucoup plus molle que de coutume. Sous ce rapport il est quelques femmes qui, après un premier accouchement , présentent à peine des plicalures de la peau de l'abdomen, mais elles offrent alors des gerçures qui sont le résultat presque nécessaire de tout accouchement , le siège principal de ces gerçures est au pli des aines; la peau y est couturée, ainsi qu'on le dit communément; 5° si les muscles droits offrent entre eux un écartement plus considérable que de coutume. C'est surtout au voisinage de l'anneau ombilical et dans le tiers inférieur de l'abdomen que cet écartement est plus prononcé. 11 est souvent tel qu'il permet de sentir parfaitement les intestins , avec les mouvemens continuels qu'ils exécutent ; 6° si les mamelles sécrètent du lait , ce dont on s'assurera en palpant d'abord le sein à pleine main , puis en le comprimant de sa base à son mamelon. On devra encore opérer quelque succion sur ce dernier, c'est le moyen le plus sûr d'exciter la sortie du lait et sa sécrétion , de le faire monter, ainsi que le disent les nourrices. Ce dernier caractère, la sortie du lait, n'est pas la preuve irrécusable qu'un accouchement récent a eu lieu , puisque des ft-mmes vierges ont présenté cette sécrétion , néanmoins c'est un des caractères les plus probans , attendu qu'il n'appartient presqu'exclusivement qu'à la grossesse. Celte observation peut, du reste, s'appliquer à presque tous les signes que nous avons lait connaître comme caractère de l'accouchement récent ; mais si , isolément, ils ont une valeur moindre, ils en acquièrent une beaucoup plus grande, alors qu'ils sont groiqiés sur le même sujet. 11 faut donc, en résumé, tirer ces conclusions de l'énuiiiéralion (|ue je viens de faire; c'est que, dans beaucoup de circonstances , il est difficile d'affirmer qu'un accouchement a eu lieu , qu'il est rare d'établir des présomptions fondées, alors que dix ou douze jours se sont écoulés depuis l'accouchement , et que comme les femmes qui commettent les crimes , dont il est lait mention dans cet article, mettent un soin tout particulier à le cacher , on parvient rarement à établir sa coïncidence avec l'existence d'un enfant nouveau-né.

On prouve au contraire beaucoup plus facilement que l'enfant n'appartient pas à une femme que l'on regarde comme coupable. L'absence des signes d'un accouchement récent jointe aux témoignages que la femme inculpée ne manque jamais de produire, éclaire entièremeutles médecins et les magistrats sur ce point.

L'examen de l'enfant doit être fait avec un soin scrupuleux , c'est d'abord sous le rapport de 1 âge qu il faut le considérer. Nous avons donné à l'article AGE toutes les notions à l'aide desquelles on peut arriver à ce résultat. C'est en comparant le nombre de jours depuis la naissance avec ceux écoulés depuis l'accouchement que I on pourra établir l'ideiuilé. Mais l'e-x position de l'enfant pouvant avoir des conséquences plus ou moins graves suivant le résultat auquel elle donne lieu , le médecin devra apprécier qu'elle a pu être son influence, sous le rapport de sa durée présumée , de la nature du lieu où elle a été faite , de la température de l'atmosphère , des précautions qui ont pu être prises dans la manière dont l'enfant a été exposé. Il faut aussi s'attacher à bien décrire les vêlemens dans lesquels il est enveloppé ; la marque des linges et les particularités qu'ils peuvent offrir, h plus forte raison si l'enfant vivant ou mort présente des traces de violences ou blessures, qui font rentrer ce crime dans le cas d infanticide.

Si des difficultés s'élèvent trop souvent lorsqu'il s'agit de résoudre ces questions, la mère étant récemment accouchée, et l'enfant nouveau-né, que sera-ce lorsque l'exposition de part aura eu lieu après plusieurs mois ou plusieurs années de naissance ? Invoquera- t-on dans ce cas avec Zacchias, Fodéré et Mahon la ressemblance de l'enfant avec la mère? Mais alors quoi de plus trompeur? Qu'un père et une mère nous posent cette question : auquel de nous deux notre enfant ressemble-t-il ? et nous serons le plus souvent embarrassés de répondre, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de résoudre un problème, dont la solution peut avoir des conséquences si graves. Limitons donc nos devoirs aux faits médicaux, et laissons aux magistrats le soin de puiser dans les renseigneraens de l'instruction des données plus certaines que celle d'une ressemblance , toujours plus ou moins imparfaite. oy. Age , accouchement, infanticide et docimasie

PDLMONAIRE. ) ( AlPH. DeVERGIE. )

PARTURITION. rojcz Accouchement.

PARULIE. s. f. Pai-ulis , de Kxpx, autour et de w>5v, gencive. lufiammali phlegmoneuse des gencives.

La plupart des irritations vives et douloureuses des bulbes des dents, ( membranes qui entourent les racines de ces organes, et des cavités alvéolair sont susceptibles de déterminer l'inflammation et la suppuration du tissu éc nemment vasculaire et irritable qui constitue les gencives. Cette phlegmasie ordinairement annoncée par une douleur intense, pongitive , brûlante, fi: sur une partie plus ou moins étendue de l'arcade alvéolaire. Dans les cas plus simples, la maladie reste bornée à la gencive affectée; dans le plus gra nombre des autres , les phénomènes se ])ropagentà la joue correspondante < se tuméfie et devient le siège d'une fluxion quelquefois considérable.

Après deux ou trois jours de durée, tous les accidens diminuent, le pet enflammé de la gencive se ramollit , acquiert une teinte blanchâtre , et p sente au toucher une fluctuation manifeste. L'abcès presque constamment si sur la face externe du rebord gencival, a une forme oblongue, et semble abais le repli de la membrane muqueuse qui passe de la gencive à la joue. Sa surf, est molle , luisante, et une très-faible épaisseur de tissu sépare seule le pus l'extérieur.

Il serait possible sans doute d'attendre l'ouverture spontanée de cet abc mais elle se fait quelquefois si long temps attendre, pendant que de si vi douleurs tourmentent certains malades , qu'il est préférable de l'ouvrir aussi t que sa présence est constatée. Le soulagement immédiat et la cessation rap de tous les accidens , qui succèdent à cette légère opération , doivent d'aille engager les praticiens à ne pas la différer trop long-temps.

Le malade étant assis , la tète contenue contre la poitrine d'un aide , le C|. rurgien avec l'indicateur et le médius d'une des mains écarte la joue de la g|cive , et met la tumeur à découvert. Un bistouri droit , à pointe acérée , d t la lame est entourée de linge jusqu'à peu de lignes de sou extrémité, estais plongé dans la tumeur qu'il incise d'avant en arrière, dans la plus grande f j' lie de son étendue. 11 est inutile de placer aucun corps étranger entre les T. clioires , afin de prévenir leur rapprochement : l'incision est si tôt terminée ■ e le sujet n'a pas le temps de troubler l'opérateur. Quelques mouvemens desciou favorisent la sortie du pus, et des collutoires émolliens suffisent ens<|e pour achever la guérison.

La parulie simple n'est donc jamais une affection grave ou de longue dm Il n'en est pas de même des abcès développés sous l'influence de lésions éloigr et profondes des racines dentaires, des alvéoles ou des os maxillaires. L'inciin alors n'est suivie que du soulagement momentané, la suppuration se prolon , l'ouverture faite devient fistuleuse , et pour en obtenir la guérison, il fauta • quer l'affection qui l'entretient. ( L. J. Bégin. )

PAS D'AWE. f^oyez Tussilage. i

PASTILLES {pharrn. ). Ce nom, de même que la plupart de ceux qui s' ^ pliqueiit au.x différens genres de médicameus , à plusieurs fois change de sij « ficalion : anciennement appliqué à i\cs trocliiiques odarijerans destinés à iB brûlés en parfum, comme le sont aujourd'hui les clous fumaiis , ce nom a H plus récemment donné à des saccharolés solides obtenus , soit par la cuite u sucre , soit ù l'aide d'un mucilage de gomme adragante, et divisés au mo n d'un emporte-pièce. Enfin, ces derniers médicamens ayant plus spécialen t retenu le nom de tableues , on ne donne plus guère le nom de pastilles ( k des saccharolés solides, hémisphériques, obtenus en coulant goutte à gou', sur un corps froid, un mélange chaud de sucre fondu et du corps médicam teux , qui est ordinairement une huile volatile préalablement mise à l' it d'elœo-saccharum j ou une teinture alcoolique convertie en sacc/iarur'e. Ci ainsi que l'on prépare des pastilles aromatiques à la menthe; A la fleur d'orui\, au citron , à lu rose , à la vanille , etc. Ces différentes pastilles , souvent uljs pour remédier aux digestions laborieuses , sont souvent aussi coiisiJé '« comme des compositions de pur agrément. ( Guibocht. ) ;

PATES {pharm.). Les pâtes sont des saccharolés mous , formes principe-' ment de sucre et de gomme , dissous et rapprochés en masse molle et un u élastique. Ce sont des médicaiiicns adoucissans , très-utiles contre les irritai, jS pulmonaires et bronchiques , et qu'il est facile de varier àl'intini, en assoc |,t aux deux ingrédiens principaux qui leur servent de base, les substances ad cissantcs elles-mêmes, laxalives ou calmantes, qui ont été reconnues pour ■ « les plus efficaces contre ces sortes d'affections. Telles sont la g:u™«ui'e, le//c/l'; les Jujubes , les dattes, la violette, le coquelicot , la réglisse , le baume de uU la. tkridace j {'extrait d'opium à petite dose , etc. , etc. La préparation de !s médicamens se trouve détaillée dans les pharmacopées , et n'offre aucune ],tic ularité remarquable qui doive être mentionnée ici. ( GuiBOURT. ) i

PATE ARSENICALE, rayez Arsenic. j

PATIENCE. Rumex patientia. Plante vivace de la famille des polygoiM de Jussieu , ou de l'hexandrie trigynée de Linné. On la trouve dans les fj* Ses racines sont employées en médecine. Elles sont pivotantes , de la gros: du pouce, brunâtres à l'extérieur, longitudinalement cannelées, surtout I qu'elles sont sèches. Leur couleur intérieure est jaune foncé, et leur sa' amère. M. Deyeux a constaté qu'elles contiennent du soufre libre. C'est p être h la présence de ce principe qu'elles doivent l'cflicacité dont elles jouis dans le traitement des maladies chroniques de la peau. Ou les emploie a comme Ioniques dans les maladies hyposthéniques de l'appareil digestif et i les affections chroniques du foie. On remplit ces différentes indications en ( nant la racine de patience en infusion ou en décoction , à la dose d'une d< once à une once pour une pinte d'eau. On fait avec cette racine un extrait sert à préparer des pilules. Sa pulpe entre dans la pommade antiherpcti suivante du Mémorial pharmaceutique de Pierquin. Montpel. i82'l.

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