PÊCHER
PE L LAGRE.
1814 ) a <li\isé les maladies (le la peau en l" éruplions fébriles ; 2° iiiOammalions simples; 30 iollammations conslitulionnelles ; 4° papules ; 5" vésicules ; 60 pusiules ; 7" éruplionsilo l'enfance; 8» éruplions écailleuses ; 9° tumeurs; 10° excroissances; 1 1" laclies ; 12" ulcères.
M. S. Pliinibe ( A pi aclical treatise on diseases of the s/tin , iu-S". Lonil. 1824 ) a publié une nouvelle classi6caliou des maladies de la peau. Une première section comprend les maladies qui tirent leurs caractères distinclifs des particularités locales de la peau ( nché , sj'cos'S , porn'go ). La deuxième section comprend les maladies qui déjjendent d'un étal de débilité de la con.Uiltition et conséquemment d'une diminution du ton des vaisseaux de la peau ( purpura , pemphigus , eclliima , rupia ). Plusieurs maladies probablement salutaires > symploniatiques d'un dérangement des organes digestifs, et caractérisées par une inflammation active, forment une troisième section ( porrifjo favosa, porrigo larvalis, strophulus , lichen, urticaire , herpès , furoncle ). Quelques maladies ( quatrième groupe ) sont caractérisées par une inflammation chronique des vaisseaux qui produisent l'épiderme { Itpve , psoriasis, pityriasis , pellagie , iclithyose , verrue ). Eufin une cinquième section comprend les maladies les plus dissemnljljles ( gale, eczéma, éléphantiasis, érylhème, etc.) : il y a certainement quelques aperçus ingénieux dans celle classiBcalion , mais elle est bien inférieure à celle de 'Willan.
Quelques palliologistcs modernes ont divisé les maladies de la peau en deux sections , suivant qu'elles affectaient une marche aiguë ou chronique. Celle classiBcation , adoptée par Retz ( Des maladies de la peau et de celles de l'esprit , in-18 , 3» édition , Paris, 1790 ) dans un ouvra"e fort incomplet et superficiel , reproduite par iM. Derien (Essai d'une Table synoptique des Maladies de la peau , in-4. Paris, 1804 ), qui proposa coninre secondaire la distinction de ces maladies eu essentielles et en sjmptomaliques , a été présentée, avec quelques développcmens , par Joseph YnnKk { l' raxeos medicœ unipersa prœcepta : lie moi\>\s cutis, iu-8. Taurini, 1821 ). enfin M. Wallace ( A fxmiliar treatisc on cntaneous diseases, in-8. London, 1814) admet : 1° des éruptions cutanées fibriles; 2« des inflammations qu'il distingue en simples et en constitutionnelles ; 3» des éruptions p apuleuses , vésiculeuses , squameuses; 4o des éruptions propres aux cnfans.
M. Alibert , dont les travaux ont une juste célébrité ( Précis théorique et pratique sur les maladies de la peau , 2« édit. , 2 vol. in-8. Paris , 1822. — Description des tlàladies de la peau observées à l'hêpilul Saint-Louis, in-folio. Paris, ISi.î , fig. ) a essayé de réno il- les maladies de la peau eo famille : 1" teignes ; 2» pliques ; 3" dartres ; 4o éphélides; 5" cancroides ; 6' lèpres pian ;?>" iclithyose ; 9" sjphilides ; 10° scrofules; II" psorides ) . Personire n'a saisi avec plus de vivacité les aspects des maladies et n'a peint plus heureusement leurs principaux caractères ; oir remarque surtout sa description de la teigne favetise (l'avus) , de la dartre rongeante (lupus) , de la kéloule , de la dartre squameuse humide (eczéma Huent ) , de la scrofule , des sy philides , etc. Dans ces derniers lemps , il a modifié sa classilitalion {Monographie des dermatoses, 2 vol. in-8. Paris, 18J2. )
La première édition de mon Traité des Maladies de la peau, in-8, 2 vol. a paru en 18'26- 1827. J. Fonlanelti en a donné une Iraduction italienne avec une addition importante sur la pellagre [Iraltato teorico e practico dei mali délia pelle, 2 vol. in-8.Milano, 1830). M. Dickioson en a fait une Iraduction à l'usage des étudians {Trealne on diseases ofthe skin, io-8. London, 1833 ). M.M. Schedel et Caseuave ont adopté la classification de Willan , et ont enrichi leur travail des observations de M. Bielt. ( Abrégé pratique des Maladies de la peau, iu-8. Paris, 1828-1833) M. Struve a publié une classification .«j-i/e/nni/i/^e des maladies de la peau qui présente quelques nouveaux aperçus ( Sjnopsis morborum cutaneoruin secundum classes , gênera , species et tiarietatcs , in-f. Berlin 1829 ). M. Giberl vient de publier un bon Manuel des Maladies spéciales de la peau. , in- 12. Paris 1834 ).
IJiUard a étudié les maladies de la peau chez les nouveau-nés ; et IVl. W. Dendy a publié a treatise on the eu taneous diseases iticidenlal to childhood , in-8. London 1827.
Indépendamment des aperçus ou des traités sav les maladies de la peau que je viens de rappeler sommairement , on a fait un assez grand nombre de recherches sur la classification , Vétiologie et le traitement de ces maladies. On a aussi publié un certain nombre de Monographies'{Ue ae pu\i rappeler ici et qu'on trouvera indiquées dans plusieurs articles de ce dictionnaire, (foj. eczéma , herpès , éléphantiasis lèpre , favus, syphilides , etc. ) et avec plus de dcveloppemens dans la deuxième édition de mon T/aité des Maladies de la peau.
(P. Rayer.)
PÊCHER. Persica rmlgaris. Cet arbre intéresse la raéclecine sous le Iriple rapport de ses fleurs et de ses fruits. Les premières , rjui sont trop connues pour qu'il soit nécessaire de les décrire ici , t'ont la base d'un sirop Ibrt anciennement connu et qui a joui d une grande vogue. C'est un purgatif bien faible , et qui d'ailleurs doit ses propriétés moins aux pétales qu'aux calices qu'on a coutume d'y laisser. D'ailleurs on le prescrit à la dose d'une once ou deux chez les enfans surtout , et l'on n'a jamais remarqué qu'il produisît une stimulation bien vive du canal digestif.
Les feuilles sont plus actives et devraient être préférées si la raison n'était toujours en pareille circonstance remplacée par le caprice et la routine. Elles purgent assez bien à la dose d'une once et demie ou deux onces , en infusion dans quatre ou six onces d'eau. Mais il n'est point établi par des expériences positives tju'elles jouissent d'une efficacité particulière contre le ver solitaire, ou contre les maladies de la vessie ou des reins , comme le prétendent quelques auteurs. On ne voit pas non plus de raison pour faire un extrait de ces feuilles, d'autant plus que l'acide prussique qu'elles contiennent, ainsi que les fleurs , étant de sa nature très-allérable par la chaleur , elles perdent pendant la préparation de l'extrait un ue leurs élémens les plus essentiels.
Ainsi donc , les fleurs et les feuilles de pêcher sont un de ces médicamens qu'on peut conserver dans la pratique comme simples, indigènes, et comme étant d'une saveur assez agréable , mais auquel il ne faut pas demander autre chose que ce qu'il est capable de faire.
Quantaufruitdontle goûtexquis est généralement apprécié, c'est un aliment doux, très-digestible, relâchant, dont l'usage est également salutaire aux malades et aux personnes bien portantes,. Cependantpar une de ces bizarreries dont on a peine à se rendre compte , on voit un grand nombre de médecins le proscrire , surtout lorsqu'il est cru comme un aliment IVoid it l'estomac. Qu'entendent-ils parla'? Ce fruit, presque entièrement composé d'eau sucrée et parfumée, ne saurait en aucune taçon nuire aux organes digestifs, à moins qu'ils ne soient le siège de la plus violente irritation. On peut, suivant son goût, le manger soit crû avec du sucre et du vin, soit cuit eu compote ; et de toute manière il est aussi salutaire qu'agréable.
On a voulu faire figurer aussi dans la matière médicale les noyaux de pêche, d( la partie ligneuse , qui est inodore et insipide, a été conseillée , comme fébi fuge. Il faudrait bien constater jusqu'il quel point ce prétendu succédanée quinquina serait digne de lui être préféré ou même seulement égalé. Les am; lies renfermées dans cette enveloppe sont , comme on le sait , pourvues d'u^ saveur extrêmement amère et d'une odeur pénétrante qu'elles doivent à de 11 cide prussique. Elles n'ont rien qui puisse les faire préférer aux amandes an res qu'elles peuvent très-bien remplacer au besoin; elles offrent d'ailleurs mêmes inconvéniens que ces dernières , et si l'on préparait une émulsioii da laquelle elles entreraient en trop grande quantité , il pourrait eu résulter grantls dangers. ( F oyez AcibE iiydrocyahique. ) ( F. Ratier. )
PECTORALES l^espèces). PECTORAUX ( meVjcamczi ). Dénominati inexacte mais consacrée par l'usage qui sert à désigner des médicamens util dans les maladies de la poitrine. Il ii'est pas besoin tle prouver longuement q les organes renfermés dans la cavité thorachique différant essentiellement texture et de fonctions , ont des maladies de nature fort diverse et qui ne sa raient être combattues de la même façon. Les anciens , amis des divisions mt lipliées qu'ils considéraient comme une preuve d'exactitude, admettaient mot de pectoral comme exprimant une classe de médicamens parmi lesquels fîg raient les béchiques propres à calmer la toux , les incisifs qui atténuent et t visent les mucosités épaisses, et les expeclorans dont le rôle est de les chass en dehors. On a renoncé à cet attirail de mots vides dé sens , et l'on sait q dans le traitement des affections de la poitrine, comme de toutes les autres , 1 doit avoir recours simultanément ou successivement aux divers agens thér peutiques suivant les indications qui se présentent. Il esta remarquer d'à i leurs que les pectoraux des anciens auraient du s'appeler pulmoiiatres ^ fui . qu'ils s'adressaient , non pas à tous les organes contenus dans la poitrine , mi seulement aux poumons. 1
Les espèces pectorales connues aussi sous le nom des quatre fleurs pector les , sont fort usitées ; ce sont les fleurs de mauve , de violette , de bouilli blanc et de coquelicot. On les emploie à la dose d'un à deux gros pour prép rer une iiilusion qu'on édulcore avec du miel , du sucre ou du sirop. Ou comp. également quatre fruits pectoraux ; ce sont les dattes , les jujubes , les figu et les raisins ; ils servent aux mômes usages que les fleurs, c'est-à-dire à fai des boissons adoucissantes. (F. Ratier. )
PECTORILOQUIE. A^o^-ez Auscultation. j
PEDILUVES. f'ojaz Bain.
PELICAN. Fojez Dents.
PELLAGRE, s. f. Fellagra, dermolagra , mal l osso , calore del f égale maie lieila spienza , mai de misère, mal de la rosa , scorbuto Aipino , Maladie particulière à certaines contrées de l'Italie et de l'Espagne, se repril duisaiit et s'aggravant à chaque printemps , caractérisée par une inflammati clirouique de la peau , de forme exaulhémateuse ou squameuse, bornée a parties exposées aux rayons solaiies , précédée , accompagnée ou suivie de I sioiis fonctionnelles souvent très-graves de 1 appareil digestif et de l'axe ccrt bro-spii!al.
1. i^Pelliigre légère), § 1. La pellagre est quelquefois précédée de lassitiidj spontanées , de malaise, d'ennui, de dégoût pour toute espèce de travail, pl|| rarement de nausées et de vomissemens. Quelques malades éprouvent aussi lif' vertiges et des douleurs de tête. iVIais le plus souvent la pellagre se manifesi sans symptômes précurseurs.
Les régions sur lesquelles elle se montre le plus communément sont le d< des mains et des pieds, lu poitrine, le cou, la nuque, les bras et lesjarab des personnes qui n'ont pas ces parties couvertes de vêtemens. Elle attaqimoins souvent le visage.
§ 2. L'éruption de la pellagre présente trois formes principales : I" le d« des mains , des doigts et des pieds , devient le siège d'un senliment de chaleul de cuisson , ou de picotement incommode que l'insolation rend insupporlabl Ces parties rougissent; cette /'oug^eur est quelquefois assez vive, d'autres loi rose , livide, brunâtre , ou obscure ; quelque temps après , l'épiderme se fei dille , se détache et tombe sous forme de squames , laissant à nu la peau soui jaceule rougeâtre , luisante , un peu gonflée et rude. 2° Cette inflammation ei quelquefois encore plus intense : l'épiderme est soulevé en vésicules, ou pi souvent en larges bulles irrégulières , formées par une sérosité jaunâtre ou rot geâtre qui, en se desséchant, produit de légères croûtes; on observe aussi mais très-rarement dans ce cas , des excoriations et de légères crevasses. 3° D'à très fois eufin ïépideime s'épaissit, s'altère, devient jaunâtre ^ brunâtre ou noirâtre .f sec, souvent rude et écailleux comme le corps de certains pou sons , et sans que la peau soit le siège de cuisson ou de rougeur.
^ 3. Les apparences morbides de la peau sont d'abord en général peu mai quées , et les malades y font peu d'attention , les considérant comme un simpl effet lie l'insolation. En effet , il suffit presque toujours de tenir couvertes le parties affectées pour qu'elles reviennent a leur état normal. Au reste ces appa renées disparaissent spontanément vers la fia de l'été ; mais au priulerat suivant, elles se montrent avec une nouvelle intensité, pour disparaître eiicoi» au moins en grande partie , durant l'automne.
La maladie peut ainsi durer pendant un grand nombre d'années, ayant l'ap parence d'une affection locale, disparaissant l hiver et se manifestant l'été sar trouble fonctionnel bien notable. Mais très-souvent aussi avec l'affection cutané surviennent des symptômes généraux, des troubles des organes digestifs : lait gue sale, quelquelois rouge sur ses bords ou h sa pointe , chaleur dans la bouch et dans le gosier, soif, douleur plus ou moins vive à l'épigastre, inappétence o
PELLAGRE
PELLAGRE
bien appétit déréglé et excessif, nausées, quelquefois vomisscmens ; digestions difficiles, borborygraes, douleurs abdominaies spontanées ou provoquées parla pression ; dévoieuient ou constipation opiniâtre.
Le système nerveux présente quelquefois des ])hcnonièncs non moins remarquables. On observe chez les malades un grand abattement; ils prennent en dégodt leur travail habituel ; ils éprouvent des vertiges, des étourdissemens et des douleurs de tète. Ces sympliimes s'aggravent, en général, en même temps que les altérations de la peau se prononcent.
§ 4. Mais au lieu de suivre cette marche progressive et habituelle, la pellagre peut débuter d'une manière tout-à fait ii réi^nlière. Parfois on voit dos symptômes graves, le plus souvent secondaires, survenir sans que la peau ait été notablement aflectce, ou même aucunement atteinte, ou bien Irès-peu de temps après l'apparition de l'afTection cutanée. Ou observe ces anomalies surtout chez (les intlividus nés de parens morts peliagrcux. On a vu la pellagre débuter par desquamation des lèi'res , accompagnée d'une grande chaleur à la bouche et d'ardeur d'urine. Doërio a vu plusieurs fois une ophthalmie périodique appa- ■aissantau printemps, être suivie d'une pellagre très-aiguè et très-grave ; il fait a même remarque à l'égard de quelques rhumatismes périodii|ues du prinllemps qu'il a observés chez des personnes nées de parens pellagreux; il a vu ussi des névroses, telles que l'hystérie et l'hypocondrie , etc. , survenir sur un rand nombre d'individus dam les campagnes où régnait la pellagre , dont les araclères extérieurs se manifestaient plus tard.
II. (Pellagre grave). § 1. Souvent la pellagre se montre sous des formes plus raves, où le trouble des appareils digestif et cérébro-spinal est porté à un plus aut degré , et où d'autres systèmes et la constitution elle-même peuvent être lus ou moins profondément altérés.
Dans ces variétés graues de la pellagre, on a vu les lèvres pâles et livides, èches et gercées, les narines enflammées, les gencives rouges, gonflées et saluantes {scorbuto alpino) , la salive couler abondamment et acquérir une saveur lice [s(dsadina) ; la langue rouge , quelquelois brunâtre et présentant des nléralions et des crevasses ; la bouche douloureuse et le siège d'un sentiment 'ardeur qui s'étendait dans la gorge. On a aussi observé d'autres symptômes , es aphlhes, une soif ardente , des douleurs au creux de l'estomac , des nausées, es vomissemens de matières verdâtres on jaunâtres, des douleurs abdominales; es déjections alvines liquides, jaunâtres, verdâtres ou grisâtres, rarement noirâes, rendues immédiatement après l'ingestion des boissons ou des aiimens, ordiairenient sans coliques, plus rarement avec des épreintes et des tranchées, etc. §2. IjC sxstème nerveux présente des phénomènes non moins remarquables, jbituellement les malades sont dans le plus grand abattement, leur regard t sombre et mélancolique , leur vue est troublée; ils voient les objets doubles,
ont des éblouisseraens, des vertiges , des étourdissemens, des tiiitemens et s bruissemens d'oreille et éprouvent les hallucinations les plus singulières. ; se plaignent d'un sentiment d'ardeur dans la tète et dans la moelle épi- ;re , de fourmillemens et d'élancemens le long de son trajet et de celui des rfs qui en partent, de douleurs dans la poitrine, dans le ventre et dans les ganes des sens i|ui leur semblent traversés par des étincelles électriques. En tre, sentiment de chaleur dans les membres, à la paume de la main et surit à la plante des pieds , souvent très-marqué et fort pénible , plus rarement nplacé par un sentiment de froid.
Ces douleurs n'affectent c[uelquefois qu'un des côtés du corps. Quelques maies éprouvent des crampes douloureuses, et Strambio a vu un cas de raideur unique de tout le corps. Plus souvent on observe des contractions musculai- . déréglées (danse de Saint-Guj , tremblement général des mouvemens conuels des lèvres , des mouvemens involontaires de prépulsion de la tête et du ■ps, des convulsions, quelquefois des accès épileplifonnes. ) 3. On a observé aussi une prostration générale des forces sans autres symp- 'nes graves; un affaiblissement des membres , surtout des membres inférieurs elquefois porté à un haut degré avec un sentiment de faiblesse au bas du dos, 1 ement prononcé que les malades tremblent quand ils se tiennent debout et it quelquefois incapables de s'asseoir dans leur lit. Enfin on a observé une
itable consiraciure des membres inférieurs qui tenait les pieds constamlut rapprochés des fesses. H y a quelquefois aneslhésie , et paralysie de la
sie.
souvent il arrive que les pellagreux présentent tous ces symptômes et en parolier les douleurs nerveuses et les crampes, sans être pris de délire. Ce dé- ' i est de deux sortes : aigu ou chronique. Le premier, qui peut être mortel en |i de jours , est accompagné de beaucouji de fièvre, avec pouls iluret vibrant. ' elques malades sont tristes , refusent de boire, de manger, de répondre aux l'stions qu'on leur adresse ; d'autres sont bruyans et poussent des cris ; enfin, i u est de furieux ; le plus grand nombre , en agitant leur tête, imitent le son ' cloches (Strambio). Ce délire aigu n'arrive pas dans les premiers temps de 1 aaladie.
4. Le délire chronique (manie petlagreuse) se présente sous plusieurs for- Di; une d'elles est une sorte de démence; une autre est un défaut de mémoire ( mésie) et d'attention; une troisième beaucoup plus commune est une mé- ' ;olie le plus souvent religieuse ou avec désir de se détruire, surtout de se n er (hydromanie) (Strambio), ce délire chronique est le plus souvent incurie ; quelquefois cependant il guérit après plusieurs années de durée. Dans '• lôpitaux de fous de certaines contrées de l'Italie, les maniaques pellagreux S' dans une proportion considérable.
j. Strambio a noté la îo;;x comme un symptôme fréquent chez les pellagreux; '1 oit h l'existence d'une phlhisie pulmonaire d'origine pellagr'cuse.
§ 6. Le flux menstruel chez les femmes se supprime en général à l'apparition des symptômes graves de la pellagre. En outre, les organes de la génération sont souvent le siège d inflammations et d'excoriations qui s'étendent aux parties environnantes et sont entretenues par un flux considérable, blanchâtre ou jaunâtre , qui s'écoule du vagin. Chez 1 homme on observe des douleurs de vessie et des ardeurs d'm-ine.
§ 7. On a remarqué que les individus atteints de la pellagre avaient souvent, avant le dévelop|)emeut des inflammations gaslro-inlestinales , le pouls trèslent (trente pulsations par minutes, Strambio). On observe aussi chez les pellagreux deux espèces defiiivres : dans l une pouls fort, dur, inégal, avec prostration des forces et grande chaleur à la peau; langue sèche, rouge, noirâtre, lèvres sèches et dents fuligineuses , gangrène au sacrum , carphologie et autres symptômes qui paraissent analogues à ceux que nous observons dans les dothinenlériles graves, etc. Cette espèce de fièvre est presque constamment mortelle. Dans l'autre espèce , qui , suivant Strambio, est plus liée que la précédente à la cause de la maladie et probablement aux lésions intérieures qui l'accompagnent, la fièvre est continue avec des exacerbalions irrégulici es. Le pouls est fréquent et dur, avec chaleur à la peau, suivie d'une sueur d'une odeur particulière et qui n'amène pas de soulagement. Cette espèce de fièvre est longue et produit l'amaigrissement chez quelques pellagreux et quelquefois à un degré dont on a peu d'exemples dans d'autres maladies chroniques ; ils sont semblables à de véritables momies, et meurent dans la plus horrible consomption.
§ 8. Chez d'autres, on a observé Vanasarque et Vhydropisie asrito, rarement dans les premiers temps de la m^dadie, et le plus souvent à la fin On observe aussi quelquefois des ecchymoses spontanées à la peau , phénomène qui , avec le gonflement des gencives, a contribué à faire donner à la pellagre le nom de scorbut des Âlpes.
§ 9. Strambio a vu le délire ajg'u fébrile disparaître après des sueurs abondantes et générales de tout le corps. Les sueurs qui arrivent dans les fièvres hectiques ne produisent, au contraire , aucun soidagement et diminuent les forces du malade. Les sueurs apyrétiques ^oca/e^, surtout celles de la paume des mains et de la jdante des pieds sont souvent suivies d'une rémission des symptômes (Strambio). Les sueurs, surtout celles qui ont lieu dans la fièvre avec délire aigu, sont très-fétides et d'une odeur tout-à-fait particulière; Strambio la compare à celle des larves des vers à soie macérées tlans de l'eau et à moitié pourries; Jansen l'a trouvée analogue à celle du pain moisi.
§ 10. La pellagre s'aggrave par des récidives qui ont lieu à chaque printemps lorsque les malades restent soumis aux causes qui l'ont produite ; à l'éruption de la peau se joint une sécrétion abondante de salive , d'une saveur salée, avec ardeur de la bouche, dévoieraenl, etc. La tristesse se transforme en mélancolisg ou le délire aigu éclate ; ou bien apparaissent des symptômes nerveux trèsvariés, douleurs, crampes , tremblemens, elc.
Ces derniers symptômes s'aggravent, se prononcent de plus en plus , la fièvre s'allume , le dévoicment devient colliquatif et involontaire, et la mort arrive précédée par des raideurs ou des convulsions, elc.
§ 11. On a observé quelques anomalies dans la marche et la succession des symptômes de la pellagre. Lors de ses premiers ravages en Italie, cette maladie était remarquable par l'intensité des symptômes nerveux, des crampes , des douleurs spinales, etc., et le peu de développement des phénomènes cutanés, Plus tard , les altérations de la peau se dessinèrent très-fortement ; les maladies des organes digestifs et la manie apparurent comme affections secondaires.
Ou a vu divers symptômes prédominer ; dans certaines années, le ptyulisme être très-commun , tandis qu'on ne l'observait pas dans d'autres où i! était remplacé par l'ardeur de la bouche, des aphlhes et une desquamation extrêmement désagréable des lèvres. Et dans ces derniers temps, certains symptômes nerveux , les crampes , les douleurs spinales , sur lesquels les premiers auteurs ont tant insisté, ont été peu mentionnés ; tandis que la manie pellagreuse est indiquée comme très-commune, et les lésions gaslro-inlestinales comme habituelles.
On a vu le ptyalisme et d'autres symptômes se déclarer pendant l liiver , et être les avant-coureurs de la pellagre qui se manifestait au printemps. On a aussi vu la pellagre se déclarer dans un hiver peu rude ( 1796), et régner plus tard que de coutume.
§ 12. La pellagre peut être compliquée d'autres maladies de la peau, telles que la lèpre , le psoriasis, le pityriasis, le lichen , l'èrysipèle , l'urticaire , le prurigo , l'acné , l'eczéma , le purpura , la syphilide , etc. Les épliélides qu'on a observées au front sont peut-être une altération de l'épiderme analogue à celle qu'on voit sur d'autres régions du corps chez les pellagreux. D'autres maladies, telles que les fièvres intermittentes , des affections scrofuleuses , des tumeurs blanches , la péritonite , la phthisie, etc., peuvent compliquer la pellagre.
lîl. Recherches anatomiques. Gaetano Strambio a trouvé quelquefois des lésions dans la tête, d'autres fois dans la poitrine , et toujours dans le ventre : plusieurs de ces lésions étaient probablement accidentelles. J'ai remarqué dans ses ouvertures cadavériques la fréquence de la péritonite locale ou générale , récente ou ancienne , celle de la bronchite et des tubercules pulmonaires. Fantonetli a donné l'autopsie du cadavre d'une femme qui avait été atteinte de la pellagre pendant douze ans ; elle avait été plusieurs fois maniaque , et dans les derniers temps de sa maladie, devenue paralytique, elle était tombée en démence et dans le marasme. La peau du dos des mains et des pieds ressemblait à du cuir ; celte altération s'étendait à toute l'épaisseur de la peau ; examinée à la loupe , elle présentait un grand nombre de crevasses irrégulières , peu distantes entre elles , se traversant à angle aigu , intéressant le derme et quelquefois
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même toute son épaisseur. Aux bords de quelques-unes de ces crevasses il y avait de petites croûtes jaunes et minces. Entre les crevasses on voyait des lamelles furfuracées d'un blanc sale, très-adhérentes et de forme irrégulière. L'épiderrae était six ou huit fois plus épais qu'à l'ordinaire, brunâtre, craquant , friable , et ne pouvant être détaché facilement de la peau ; les couches sous-épidermiques confondues présentaient un aspect bigarré et étaient une ou deux fois plus épaisses que dans l'état naturel.
La branche cutanée du nerf radial, mise à nu , parut un peu plus volumineuse qu'à l'ordinaire; à la coupe, il s'en écoula de la sérosité ; sa pulpe était roussatre et mollasse; les membranes du cerveau étaient injectées de sang noir ; la dure-mère était très-adhérente au pariétal droit ; la pie-mère adhérait aux circonvolutions cérébrales qui avaient éprouvé une li'gère atrophie; la substance (lu cerveau était en général un peu plus molle qu'à l'ordinaire; il y avait deux onces environ de sérosité dans les ventricules; le cervelet était un peu injecté et un peu plus mou que dans l'état sain ; la moelle épinière était très molle et comme pultacée ; ses membranes semblaient amincies et contenaient une grande quantité de sérosité.
M. Brierre de Boismont a fait avec soin cinq autopsies d'individus morts d'affections pellagreuses. « 11 résulte , dit-il, de nos recherches, que les organes digestifs sont toujours lésés ; la membrane muqueuse de l'estomac est souvent rouge, parcourue par des vaisseaux bleuâtres ou brunâtres , molle, friable, et s'enlevant facilement avec l'ongle. La rougeur peut être bornée au grand culde-sac ou plus marquée dans cette région ; elle est tantôt d'une couleur rouge , uniforme, tantôt d'un rouge brun tirant parfois sur le gris ; la muqueuse peut encore être mince; dans d'autres cas elle est plus épaisse. L'estomac est distendu ; il ne présente aucune altération , mais alors on retrouve la rougeur dans les intestins. Les valvules du duodénum participent de cette coloration ; la muqueuse de l'intestin grêle et celle du gros intestin sont ordinairement colorées en rouge, d'une teinte plus ou moins foncée , quelquefois brune. L'hypertrophie et le ramollissement doivent être rangés au nombre des lésions de la muqueuse. Les ulcérations sont communes ; elles peuvent être irrégulières , arrondies , nombreuses , environnées d'un tissu enûammé ou tout-à-fait blanc. Le tissu cellulaire sous-jacent , et la tunique musculaire ont été trouvés hypertrophiés. Dans les cinq ouvertures que nous avons faites , les intestins contenaient des vers lombrics. M. Carsweil , de Glasgow, a rencontré sur deux individus, qui avaient présenté des symptômes évidens d'irritation chronique des voies digestives, une large perforation provenant du ramollissement de ce viscère; et sur les autres points la membrane muqueuse offrait des traces non équivoques d inflammation chronique.
« Le système nerveux présente des altérations non moins évidentes. Les membranes du cerveau et surtout l'aracbno'ide et la pie-mère, sont injectées, infiltrées , adhérentes épaissies, opalines ; la consistance du cerveau est quelque, fois augmentée ; la substance grise est plus colorée , plus pleine de sang ; la substance blanche est sablée, poiutillée ; le plus souvent il n'y a point de sérosité dans les ventricules. Il n'est pas rare de rencontrer les os épaissis et une assez grande quantité de sang à la base du crâne. Les lésions de la moelle sont aussi fort remarquables ; les membranes , et particulièrement l'arachnoïde et la piemère sont rouges , les vaisseaux gorgés de sang. Quelquefois on a observé une sérosité spumeuse. La substance grise est presque toujours dure au toucher, injectée ; la blanche, au contraire , est molle , réduite en bouillie ou en crème dans une étendue plus ou moins considérable , infiltrée de pus ; sa coloration est jaunâtre, d'un gris sale. »
IV. Causes. La pellagre est endémique dans certaines contrées de l'Italie et de l'Espagne ; on l'observe surtout dans les environs de Milan, de Pavie, de Padoue , dans le Piémont , etc. Elle n'est pas contagieuse. Elle sévit à-peu-près exclusivement à la campagne, chez les laboureurs, les bouviers , etc., plus souvent chez les femmes que chez les hommes , plus souvent chez les hommes d'un âge mûr que chez les jeunes gens; elle est beaucoup plus rare chez les enfans et chez les vieillards. On a cru remarquer que les personnes nerveuses, hypocondriaques, hystériques ou mélancoliques , surtout celles qui avaient été affaiblies par la misère , les passions tristes , des excès , des maladies antérieures , étaient plus fréquemment atteintes de la pellagre. On a aussi remarqué que les enfans des pcllagreux apportaient, en venant au monde, une disposition particulière à être atteints de cette maladie, qui passe généralement pour être héréditaire. La pellagre a été attribuée à l'usage du mais ( Marzari ) , à l'abus du sel marin ( Guerreschi ) , à la pâte du pain de seigle devenue aigre, ou au défaut d'eau potable dans diverses contrées, aux habitations sales et mal aérées (Aglielti), à la fatigue, à la mauvaise nourriture , aux passions tristes chez les malheureux paysans , etc. L'influence de l'insolation sur la production de l'afTection cutanée est incontestable, etc. ; car, dès les premiers temps qu'on a observé la pellagre on a reconnu qu'en découv rant ou en laissant exposées à la lumière diverses régions du corps on pouvait à volonté développer ou faire disparaître l'éruption chez les pellagrcux. M. Aug. Spcssa attribue la pellagre à l'habitude qu'ont les habitans pauvres de quelques contrées de l'Italie , de passer les soirées d'hiver et quelquefois une partie du jour, dans des étables à bœufs, malsaines et maL propres, pour se préserver du froid. Il assure que la pellagre n'est pas endémique dans les contrées où cette habitude n'existe pas; que là où elle est endémique, on ne l'observe que chez ceux qui habitent les étables ; enfin il ajoute que la pellagre n'a attiré l'attention des médecins que depuis 1770 , époque à laquelle le bois de cliaulTage était déjà devenu très-rare, dqns les contrées où règne cette maladie. Eu outre, M. Spcssa paraît penser que Vinsolation est la cause occasionnelle de la maladie.
PELLAGRE
V. Diagnostic. La pellagre sera distinguée de l érythème aigu , en ce que ce dernier, qui peut apparaître sur les différentes régions du corps , qu'elles soient couvertes ou non de vêtemens , se manifeste non-seulement au printemps , mais dans toutes les autres saisons, et se termine en général après un ou deux septénaires. Quant à l'érythème chronique , il n'est jamais accompagné des symptômes graves et des lésions des organes digestifs et du système nerveux qu'on observe chez les pellagreux. Ces symptômes généraux, lorsqu'ils existent, distinguent encore suffisamment la pellagre de la lèpre dont les anneaux saillans, couverts de squames épaisses , guérissent par le centre et paraissent indistinctement sur les parties couvertes ou non de vêtemens. Cette absence de symptômes généraux se fait aussi remarquer dans le psoriasis , dont les squames blanches et nacrées différent de l'épiderme souvent rembruni de la pellagre.
Le pityriasis ruhm , grave, a plus d'analogie avec la pellagre , à cause des symptômes gastro-intestinaux que l'on observe quelquefois dans son cours; mais il en diffère , en ce qu'il n'offre jamais les lésions secondaires du système nerveux, et en ce que l'éruption est générale.
De toutes les maladies observées en France, celle qui a le plus d'analogie avec la pellagre est, sans contredit, l'épidémie qui a régné à Paris et ses envi- | vous, en \?>28 , (acrodynie). "En effet , comme dans la pellagre , on observait | quelquefois , dès le début de la maladie , aux pieds et aux mains , plus rarement aux jambes et encore plus rarement sur les autres régions du corps , des rougeurs dont la teinte variait entre le rouge vif et le rouge obscur ; des vésicules ou des bulles venaient s'ajouter à cette première forme de l'éruption, et d'autres fois la peau prenait une teinte brune ou noirâtre , notamment sur le ventre, au cou et aux articulations, produite par une altérations de l'épiderme dont la chute avait lieu plus tard. Comme dans la pellagre , on observait aussi des sueurs || /oca/w abondantes , irrégulières, périodiques. A ces symptômes cutanés , s'ajoutait presque constamment au début, et quelquefois dans le cours de l'affection, un trouble des f onctions digeslives caractérisé , chez les uns , par une simple perte d'appétit, et un sentiment de plénitude et de pesanteur à l'estomac ; chez d'autres, par des nausées ou des vomissemens , surtout après l'ingestion des alimens ou des boissons, par des coliques et plus souvent par un dévoiement plus ou moins prolongé. Comme dans la pellagre, des engourdissemens et des fourmil' lemens et quelquefois des éianceniens se faisaient sentir aux mains et aux pieds, s'étendaient quelquefois le long des jambes , des cuisses , ou des bras, jusqu'au tronc et même jusqu'au cuir chevelu , et le tact et le toucher étaient quelquefois lésés (anœsthésie). On observait la paralysie, la contracture et l'amaigrissement des membres et les malades éprouvaient des tressaillemens ou des crampes douloureuses. Plus fréquemment que dans la pellagre, on observait un oedème le plus souvent partiel et quelquefois général. Ainsi qu'on I a remarqué dans les épidémies pellagreuses, ces divers symptômes présentaient, dans leur marche et leur succession , un assez grand nombre d'anomalies. Chez les uns, la rougeur, la coloration noire de la peau étaient le phénomène principal de la maladie ; chez d'autres , la lésion des voies digestives paraissait dominante ; che?! d'autres enfin, on observait de tels troubles du système nerveux , qu'il paraissait être exclusivement affecté. Enfin , comme dans la pellagre, le petit nombre d'autopsies, qui ont été faites, a fait découvrir des altérations qui appartenaient peut-être autant à des lésions intercurrentes qu'à la maladie elle-même. L'acrodynie , comme la pellagre , se déclara au printemps , régna surtout dans l'été, et parut s'éteindre au milieu de l'hiver rigoureux de 1829 à 1830.
Quant aux différences entre les deux maladies, elles sont beaucoup moins! frappantes que les analogies ; toutefois il faut remarquer que la douleur des pieds et l'impossibilité de marcher étaient bien plus marquées dans l'épidémie de Paris , que l'insolation est une cause occasionnelle évidente de la pellagre , et que cette dernière affection , qui se reproduit presque constamment chaque anne'e en s'aggravant , est plus souvent mortelle, et donne lieu à une espèce de folie que nous n'avons pas observée dans l'épidémie de Paris.
Le mal de la rosa , maladie épidémique dans les Asturies , ne paraît pas devoir être séparé de la pellagre , dont il présente les principaux symptômes. Od remarque seulement quelques différences dans l'altération de la peau qui , dans le mal de la rosa , se couvre de croûtes, quelquefois suivies de cicatrices ; tandis que dans la pellagre , la forme de la maladie cutanée est exanthémateuse ou squameuse.
En résumé , la pellagre, le mal de la rosa et l'épidémie de Paris me paraissaient former un groupe assez naturel.
Il y a sans doute beaucoup moins de rapports entre la pellagre et la maladi< épidémique qui régna à Brunnen (Moravie) en l,')78, et qu'on a rapprochée d( <m} la syphilis ; après des symptômes cutanés , on voyait survenir des signes d( mélancolie et d'autres phénomènes nerveux qu'on a observés dans la pellagre (Fojez Jordan (T.) Drunno-Gallicus, seu luis novœ in Moravia exortd descrip tio. Francfort , 1577, in-8°.)
On peut rapprocher, jusqu'à un certain point de la pellagre , certaines épidt mies qui ont été observées en Europe , surtout dans le nord, depuis le mille ; du XVI'' siècle jusque vers la fin du xviue, et qui ont été généralement attri buées à l'usage du grain mélangé d'ivraie ou de seigle ergoté {maladie de i' crampe , raplianie, kromme, etc.). On a remarqué dans ces épidémies, comnii |i(j,e,| dans la pellagre, le ptyalisine , des désordres fonctionnels des organes digc.< tifs ; des douleurs vives et surtout un sentiment de chaleur à la paume de mains et à la plante des pieds , des goiiflemens et des vésicules à la peau , d( crampes, des tremblemens du corps , et la manie comme phénomène secor .j daire. Indépendamment de la cause spéciale qu'on a assignée à ces maladies, ^J'*' plusieurs caractères , et en particulier, le développement et la reproduction d; jp'^j
PELLAGRE. I
leurs symptômes sons forme iVaccès ou de paroxysmes , distinguent ces épidémies de la pellagre, (f 'oj ez , pour l'histoire de ces épidémies : Ozanara, Histoire des maladies épidémiques , in-8°., t. v, p. 120 et suiv.)
VI. Pronostic, Les médecins praticiens ont reconnu trois degrés de gravite dans la pellagre. Dans le premier, on observe des lésions locales, produites par l'insolation , quelquefois avec de légères indispositions; il suffit de soustraire le malade à l'action des causes qui ont produit la pellagre, pour en obtenir la guérison. Le second degré est beaucoup plus grave ; cependant la guérison a lieu quelquefois ; il embrasse les cas où les altérations de la peau , après plusieurs récidives , sont devenues plus prononcées , les troubles des oi ganes digestifs plus sensibles. Au ptyalisme , à la chaleur à la gorge , au vomissement, au dévoiement, se joignent quelques symptômes nerveux, des vertiges , des douleurs , des crampes, la lenteur du pouls , etc. Le troisième degré ou la pellagre confirmée, est constamment mortel; on le reconnaît à un état fébrile habituel ,à des selles involontaires et à d'autres phénomènes tels que la mélancolie , la manie pellagreuse , la rigidité du corps, les convulsions , l'amaigrissement , etc.
Le délire aigu , quoique très-grave , l est moins que le délire chronique.
En résumé , le pronostic doit être établi, non sur la connaissance des altérations de la peau , mais sur l'appréciation des désordres des divei s appareils.
La condition sociale des individus affectés de la pellagre doit influer aussi sur le pronostic. Le mal s'aggrave et devient habituellemen mortel chez ceux qui sont en proie à la misère et obligés de rester soumis aux causes de la maladie. Il faut aussi tenir compte de la constitution , des maladies antérieures et des complications. La gestation et la lactation exercent une influence fâcheuse. Les auteurs ont particulièrement insisté sur le caractère grave que prend la pellagre chez ceux dont les parens sont morts pellagreux.
VII. Traitement. § 1. Dès les premiers signes de TatTection pellagreuse , le malade doit changer ses habitudes et son travail, ou au moins se soustraire à l'influence des causes qui paraissent l'avoir déterminée. Un changement de climat, de régime et d'habitudes serait le remède le plus sûr ; presque toujours, malheureusement, les pellagreux, pauvres habitans des campagnes , n'ont pas la possibilité de suivre ce conseil.
Dans les formes légères de la pellagre, les médecins s'accordent sur la nécessité d'éviter l'insolation , et de placer les malades dans une habitation saine et bien aérée. La nouriture doit être bonne et substantielle , animale et végétale, proportionnée au besoin de l économie et aux forces digestives; du lait sucré ou un vin vieux étendu de beaucoup d'eau, sont des boissons convenables.
Fontanetti a conseillé , au début de la maladie , l'usage modéré de la saignée et les purgatifs , selon l'état de la peau et des membranes muqueuses. On peut faire un emploi avantageux des bains tièdes généraux et locaux, des fomentations , des onctions , des frictions sèches , des tisanes sudorifîques ou légèrement laxatives , etc.
§ 2. Dans les formes plus graves de la maladie, on doit modifier le traitement suivant les symptômes variés qu'elles présentent :
Dans les atTectioiis pellagreuses des voies digestif es , on aura recours aux fomentations , aux cataplasmes émolliens , quelquefois même aux a|)plications de sangsues au creux de l'estomac, au ventre ou à l'anus.
Les préparations opiacées , l'eau de riz, la décoction blanche, les lavemens émolliens et narcotiques seront utiles dans les défoiemens opiniâtres.
Les afiections graves du cerveau et de la moelle épinière seront combattues par les vésicatoires et les cautères à la nuque ou sur le trajet de l'épine dorsale ; ou bien on fera poser un séton à la nuque, ou plusieurs moxas au dos.
Au délire aigu on opposera les applications froides sur la tête, des sangsues au-dessous des oreilles, ou la saignée.
Dans \e tremblement général , les bains sulfureux frais ou froids associés à quelques médicamens antispasmodiques, méritent d'être essayés.
L'opium paraît convenir dans les crampes , dans les douleurs et dans les raideurs tétaniques.
La Jolie pellagreuse réclame un traitement analogue à celui des affections mentales produites par une autre cause; seulement, dans presque tous les cas , les forces doivent être soutenues par un régime doux et analeptique, et les autres symptômes de la maladie combattus avec circonspection.
Thierry ( Observations de -physique et de médecine, faites en différens lieux de l'Espagne, in-S», Paris , 1791 )a donné le premier une de.<cription (le la maladie appelée mal de la rosa , que ju considère comme une variélé de la pellagre.
Frappoli Fr., de Milan {Animadfersiones in morhum vulgd petlagram. Mediolaui, 1771) a publié les premières notions sur la pellagre d'Ilalie. ■ Odoardi (Jacopo) ( Pisserlazione di una specie particolare di scorbuto , Venezia, 1776) E l'a rapprochée du scorbut : il a envisagé sous ^e point de vue ses causes, ses symptômes et son [ trailement.
Gherardini (Mich.), dans sa Descrizione detla pellagra , Wlauo , 1780 , a donné une I bonne description de la pellagre : il a Lieu apprécié l'influence de l'insolation sur l'éruption t cutanée.
\ Albera (G. M.) ( Traliato teorico-pralico délie malatlie dell' insolalo di pi-imavera vul- \ garmente detto délia pellagru , Varese , 1784) est remarquable par ses vues thérapeuliqucs. j Sirambio (Gactano) [De pellagra , Mediolani , 1786-1787-1789 , et X)/«erta</one j((//a i pellagra , 1794) a donué une très-bonne description de la pellagre, et surtout des formes ner- || veuses qu'elle présente.
I Fanzago a publié une série de mémoires sur la pellagre; il a étudié avec soin ses causes, son j: diagnostic et son traitement , et a rapporté plusieurs observations particulières : Memoria soipra la pellagra, in Padova, in-8», 1789; — Paralleli Ira la pellagra ed alcunc malatlie, I iu Padova , iu-8o , 1792 ; Siilla pellagra memorie , in Padova, in-S", 1815. DiCT. DE MÉDECIME et DE ChIUDRGIE PllATlQCES.
587 ) PEMPHIGUS
"Viâemar Joh. (De tjuâdam impetiginis specie , vulgo pellagra nuncnpata , disquisitin, Mediol., 1790).
Janseii ( De pellagra, morbo in Mediolanensi ducatu endemico , DilccI . opusc. , tome 1 , pag. 325).
An(. Bocrîo [Storia delta pellagra net Carnovese , T^or'ino , ISI\ , in-8'*, ) a laissé un bon résumé des connaissances acquises sur la pellagre et quelques remarques sur divers symptômes de cette maladie.
Jourdaa a publié un article remarquable sur la pellagre. [Dictionnaire des sciences médicales. )
Strambio fils a insisté sur le caractère inflammatoire des désordres fonctionnels des organes digestifs, dans la pellagre. ( Natura, sede e cagioni délia pellagra désunie dai libri di Gaetano Strambio , e délia dotlriaa hrussesiana , Milano , 1820. )
Fantonetti a fait avec soin l'anatoniie de la peau d'un pellagreux. ( Trattato dei mali délia pelle , di P. Rayer, art. Pellagra. )
Brierre de Boismont [De la pellagre et de la folie pellagreuse , in-S", Paris , 1834) a publié un mémoire intéressant sur la pellagre, surtout sous le rapport thérapeutique et anatomico-palUologique .
Andréa Aug. Spessa {Sulla pellagra, Annali universali di medicina, Omodei , Milano, 1832 , vol. LXlv , p. 2077 ) a attribué la pellagre à l'habitation des étahles , etc.
(P. Raïeb.)
PELVIMETRE. Instrument propre à mesurer les dimensions du bassin. On s'en sert pour déterminer, chez les filles dont la conformation laisse des doutes , si l'on peut, sans crainte d'accidens graves , leur conseiller le mariage , et chez les femmes enceintes portant des traces de rachitisme, si l'on doit abandonner l'accouchement à la nature ou s'il deviendra nécessaire de mettre en usage quelque procédé opératoire. Nous renverrons pour ces particularités à l'article bassin ; nous ajouterons seulement ici qu'on peut exteraporanément se procurer au besoin un compas d'épaisseur avec deux branches de fort fil de fer, un peu courbées d'un côté, terminées de l'autre en anneau et réunies , vers ce point, par un bouchon de liège sur lequel les deux anneaux peuvent tourner comme sur un axe commun. On a depuis long-temps abandonné les pelvimètres de Contenly et autres; on ne se sert guère plus du doigtier d'Asdrubali , instrument de fer destiné à prolonger en quelque sorte le doigt indicateur pour arriver jusqu'à l'angle sacro-vertébral.
(Akt. Dugès.)
PEMPHIGUS. s. m. de «iiJ.vti , bulle. Inflammation de la peau , caractérisée par l'éruption , sur une ou plusieurs régions du corps , d'une ou de plusieurs bulles volumineuses, jaunâtres et transparentes , qui se terminent par l'effusion du liquide qu'elles contiennent , par la formation d'une croûte plus ou moins épaisse, ou par une excoriation superficielle , suivie de la formation d'un nouvel épiderme.
Les apparences diverses que l'âge du malade ( pemjîhigus cowge/jz'ïa/; pemphigus des enjans) , le nombre des bulles ( pemphigus solitaire, pemphigus confluent ) , leur mode d'apparition (pemphigus simultané , pemphigus successif), la marche plus ou moins rapide de l'éruption { pemphigus aigu , pemphigus chronique), l'existence ou l'absence d'un appareil fébrile ( pemphigus p/-;e'a'çue , pemphigus apjrétique), etc., impriment au pemphigus, ont été la source de distinctions que les pathologistes ont créées pour faciliter l élude de cette maladie. J'adopte comme fondamentales les deux smyAalas: pemphigus aigu , pemphigus chronique.
§ I. Le pemphigus aigu (Jièvre huileuse ,Jiefre phemphigode ,Jievre sjiioque avec vésicules , etc. ) est une maladie rare; je n'en ai vu qu'un petit nombre d'exemples. Le pemphigus aigu peut être général ou partiel. Il se montre sur toutes les régions du corps ,1e plus ordinairement sur les membres abdominaux , quelquefois sur les membres thorachiques , le tronc et le visage , plus rarement à la plante des pieds, sur le cuir chevelu et les parties génitales ; les bulles sont presque toujours disséminées.
Il débute quelquefois sans symptômes précurseurs , et peut être précédé de malaise, de vives démangeaisons à la peau, et d'une fièvre légère ; ou bien, après des frissons irréguliers, la peau devient sèche et brûlante, avec soif, anorexie et une plus grande fréquence de pouls. Ces prodromes Aaienl \iu , deux ou trois jours. L'éruption s'annonce alors par une ou plusieurs taches rouges, circulaires ou ovales, légèrement proéminentes , de quelques lignes à plusieurs pouces de diamètre. D'abord d'un rouge clair , elles acquièrent bientôt une couleur plus obscure; leur formation est précédée et accompagnée de douleur et de chaleur dans les points affectés. Bientôt ces taches érythémateuses se transforment en véritables bulles. Une certaine quantité de sérosité transparente est déposée entre le derme et l épiderme , qu'elle soulève sous la forme d'ampoules que l'on a comparées avec raison aux bulles produites sur la peau par l'application de l'eau bouillante ou des emplâtres vcsicans. Le développement de ces bulles a quelquefois lieu presque immédiatement après l'apparition des taches érythémateuses dont elles envahissent rapidement toute la surface , circonstance qui a conduit quelques observateurs à supposer que les bulles du pemphigus n'étaient point précédées de rougeur à la peau ; mais l'existence de ces taches rouges primitives est si réelle que les bulles sont quelquefois entourées d'une auréole ou bande circulaire rose provenant des parties les plus excentriques des taches que les bulles n'ont pas entièrement envahies. La peau située entre les bulles est tout-à-fait saine, à moins qu'elles ne soient trèsrapprochées; elle peut offrir alors une teinte érythémateuse plus ou moins prononcée .
Le ;20«?ire des bulles est, en général , d'autant plus considérable, que le pemphigus occupe une plus grande étendue des tégumens. Quelquefois cependant on a vu un petit nombre de bulles disséminées sur toute la surface du
PEMPHKiUS.
PEMPHIGUS
corps, tandis que dans d'autres circonstances elles étaient pour ainsi dire agglomérées sur un seul point. Parfois il n'existe qu'une seule et large bulle (pomjiholix solitarius , Wsllan ) ; elle s'annonce par un sentiment de fourmillement dans le point de la peau qu'elle doit occuper, et elle acquiert rapidement de telles dimensions qu'elle contient plusieurs onces de sérosilc. Cette bulle se rompt dans l'espace dj quarante-huit heures ; souvent un ou deux jours après , une seconde bulle s'clève près de la première; celle-ci peut être suivie de deux ou trois autres bulles volumineuses , qui se développent de la même manière; mais alors le pemphigus devient ordinairement clironique. Cette variété est extiênicment rare. J'ai vu cette large bulle solitaire survenir à la jambe , chez un jeune homme, au moment où il entrait en convalescence d'une dolhinenlcrite.
Le volume des bulles du pemphigus varie depuis celui d'un lobe de pois ou d'amande, jusqu'à celui d'un œuf de poule ou d'un large vésicatoire. Dès les premiers temps de leur formation , les bulles ont déjà en grande partie les dimensions qu'elles doivent acquérir plus tard. Parvenues à leur plus grand développement , la plupart contiennent une humeur séreuse , transparente , jaunâtre, cilrine, semblable à la sérosité des vésicatoires. Lorsque l'inflammation de la peau a été très-vive, une certaine quantité de lymphe coagulable peut être déposée à la face externe du derme. Pleines et distendues pendant leur accroissement, et leur état qui dure ordinairement deux ou tiois jours, les bulles s'affaissent ensuite; elles se rident, se flétrissent et forment vers leur partie la plus déclive une espèce de pelile poche pendante , dans laquelle la sérosité est retenue. Au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures, la plupart d'entre elles se rompent et laissent échapper en grande partie le fluide qu'elles contiennent.
Après la rupture des bulles , si l'épiderme est détaché par le frottement , ou de quelque autre manière , il en résulte des excoriations plus ou moins douloureuses. Plus souvent elles sont remplacées par des croûtes lamelleuscs , qui brunissent à mesure qu'elles deviennent plus anciennes. Lorsque la chute des croûtes s'est opérée , il reste à la peau des taches d'un rouge obscur dans les points que les bulles avaient occupés. La durée moyenne de chaque bulle est de sept jours ; celle du pemphigus aigu est d'un à deux septénaires, lorsque l'éruption est siinullaiiée , et de trois à quatre lorsqu'elle est successive.
Lorsque l'éruption des bulles est simultanée et coufluente, ou lorsque le pemphigus est compliqué d'ime autre inflammation de la peau, il est presque toujours accompagné d'un mouvement fébrile; si 1 éruption s'étend dans la boucha ou aux autres organes génilo urinaires , si elle est compliquée d'une inflammation gnstro intestinale onde toute autre partie du corps, les symptômes généraux peuvent être plus ou moins graves. On a vu une éruption abondante de pemphigus aigu être accompagnée de délire, d'une agitation extrême et de symptômes ataxiques chez les enfans, et une semblable éruption êtie suivie de symptômes adynaniiqucs graves et quelquefois mortels chez les vieillards.
On observe quelquefois des bulles incomplètement dévelo]ipées ; elles apparaissent sous la forme de taches circulaires, érylhémateuses , légèrement proéminentes. En passant le doigt à leur surface, on sent que l'épiderme est décollé et qu'un léger épanchement de sérosité a eu lieu au-dessous de cette membrane. L'épiderme soulevé se détache au bout de quelques jours et laisse une tache rouge cernée par un petit liseret épidermiquc.
§ II. Le pemphigus chronique [maladie vésiculaire ; dartre phlycténoide conjlueiite. Alibert. Pompholix diutinus, Willan) est une maladie beaucoup plus fréquente que le pemphigus aigu, dont il diffère par la longue durée de l'éruption , qui est ordinairement de plusieurs mois , par le mode de développement des bulles qui est toujours successif, par le défaut de mouvement fébrile, au moins dans les premiers temps de la maladie.
Le pemphigus chronique attaque surtout les hommes avancés en âge , quelquefois les adultes, plus rarement les femmes que les hommes. Ses bulles se développent à des époques plus ou moins éloignées et se succèdent pendant dix à trente septénaires , et quelquefois même pendant plusieurs années. Tantôt illes se montrent sur une seule région du corps; tantôt, au contraire, elles envahissent successivement toute sa surface. Plusieurs jours avant la première éruption , quelques malades éprouvent des douleurs dans les membres , un sentiment de lassitude ou d'abattement; ces premiers accidens sont quelquefois si légers qu'ils passent souvent inaperçus. De petites taches rouges précédées de fourmillement ne tardent |ias h se montrer sur une ou plusieurs régions du corps, 1 épidémie se soulève à leur centre , leur base s'élargit de manière à former ilans l'espace de quelciues heures des bulles du volume d'une noisette ou même d'une noix. Au bout de deux ou trois jours, quelques bulles ont acquis la dimension d'un œuf de pigeon. Ces bulles se rompent par le frottement ou à la suite de leur distension. L'épiderme soulevé s'alfaisse , se plisse , et se roule sur le derme enflammé; ou, complètement enlevé , l'épiderme laisse à nu des excoriations douloureuses au pourtour desquelles celui de la circonféi ence des bulles se fronce et devient le siège d'une légère exfoliation. Les bulles qui n'ont point été rompues se troublent et s'affaissent; elles prennent une teinte blanchâtre et sont bientôt remplacées par des croûtes aplaties, peu épaisses et brunâtres. De nouvelles bulles s'élèvent près des anciennes; elles sont quelquefois précédées de picolemens, d'un accès fébrile, de douleurs vives, lancinantes, analogues à celles qui annoncent l'éruption du zona , et j'ai entendu plusieurs malades la comparer à des étincelles électriques.
Telles sont l'apparence et la marche la plus ordinaire du pemphigus chronique : elles peuvent subir plusieurs modifications. Les taches rouges circulaires ,
I primitives , ne sont quelquefois visibles que lors du développement des premières bulles ou bien seulement lors des dernières éruptions. J'ai vu plusieurs fois les bulles commencer par une vésicule du volume d'une petite lentille qui s'élargissait ensuite au point d'acquérir le volume d'un petit œuf. Quelques bulles ont une auréole , d'autres n'en ont pas ; le plus souvent disséminées, les bulles sont rarement disposées en groupes irréguliers ou en anneaux analogues à ceux des deux variétés d'herpès ( pemphigus circinatus).
Les bulles peuvent être confluentes et réunies jiar leurs bases; alors elles deviennent promptement purulentes et sont remplacées par des croûtes minces , dont les intervalles sont occupés par des squames qui se recouvrent un peu les unes les autres. Cette variété se développe le plus ordinairement à la face.
Quelquefois l'éruption se fixe sur une petite surface de trois à ipiatre pouces de diamètre; plus souvent je l'ai vue bornée à la lace, aux mains et aux avant-bras, sur lesquels les bulles se succèdent pendant plusieurs mois ; on l'a vue se développer aussi à la partie inférieure de la jambe. Lorsque l'érupliou est considérable , le malade est quelquefois obligé de garder le lit , mais il existe rarement de la fièvre, à moins que l'inflammation ne se soit propagée sur les membranes muqueuses. Lorsque les excoriations sont nombreuses , les malades succombent épuisés par la douleur et l'insomnie, ou sont enlevés par des hydropisies et des diarrhées colliquatives.
L'éruption cutanée du pemphigus peut être précédée ou accompagnée d'une inflammation des membranes muqueuses gastro-intestinale ou génito-urinaire , qui se montre sous la forme de taches circulaires ou de bulles aplaties sur les parties qui sont pourvues d épithélium. J'ai observé cette extension de la maladie sur les membranes muqueuses , à un haut degré , chez un ancien maire de Paris, auquel je donnais des soins avec MM. Manry et Kapeler, et qui était atteint il un pemphigus chronique compliqué de prurigo. A plusieurs reprises nous pûmes voir des bulles aplaties, dans l'intérieur de la bouche et sur le voile du palais. Dans les derniers temps de cette maladie, que les soins les plus empressés ne purent arrêter dans ses progrés, l'inflammation attaqua le gros intestin , la vessie et les bronches.
La stomatite s'allie souvent au pemphigus de la face dont elle n'est quelquefois qu'une extension. La cœco-colite , la cystite, ou la vaginite, compliquent souvent celui qui se développe sur les parois de l'abdomen ou sur la partie «upérieure des cuisses. Dans ces cas complexes, les désordres fonctionnels des organes digestifs et des voies urinaires s'associent aux phénomènes produits par l'inflammation de la peau. Le développement des bulles est précédé ou accompagné d'un ét.it de langueur, de lassitude, de céphalalgie, de nausées, de dysurie, de douleur dans les membres, etc. Outre les inflammations gastrointestinales qui compliquent si fréquemment le pemphigus qu'elles ont été regardées par M. Gilibert comme un de ses élémens , d'autres afi'ections , et en particulier des maladies de la peau , telles que l'herpès et le prurigo, viennent s'y adjoindre quelquefois. Le pemphigus peut survenir dans le cours de la vaccine ou de la gale; et il a quelquefois paru juger des inflammations intérieures > telles que la pneumonie ou la dyssenterie, ou remplacer le rhumatisme. Mais M. Gilibert s'est trompé , je pense , lorsqu'il a regardé des érysipèles surmontés de bulles accidentelles comme des exemples de cet exanthème compliqué avec le pemphigus. Il faut aussi distinguer du véritable pemphigus les bulles accidentelles qu'on observe dans quelques cas de gale ancienne ou à la suite de l'œdème. On a eu tort de rapprocher du pemphigus aigu les bulles ordinairement flasques et sanguinolentes qui se développent quelquefois sur les fesses et les Irochanters dans le cours des dothinentérites graves.
§ III. Observations anatomiques . L'altération de la peau dans le pemphigus est la même que celle qui a lieu dans le second degré de la brûlure ou à la suite de l'application d'emplâtres vésicans. Toutefois dans le pemphigus injantilis ^ le derme est souvent ulcéré au centre des bulles.
Les membranes muqueuses du mamelon, de la vulve, des lèvres et de la bouche sont quelquefois le siège de véritables bulles. On a eu tort de dire que les bulles du pemphigus pouvaient se développer dans l'estomac et l'intestin, et sur d'autres parties des membranes muqueuses non pourvues d'épilhéliiim ; mais il est constant qu'on a souvent observé, à la suite du pemphigus chronique devenu mortel , la rougeur, l'épaississement, le ramollissement, l'ulcération et d'autres altérations produites par l'inflammation des membranes muqueuses» plusieurs fois on a trouvé le foie gras chez des individus morts du pemphigus.
§ W . Causes. Elles sont le plus souvent fort obscures. Le pemphigus se développe spécialement pendant l'hiver et l'automne ; il atteint les deux sexes et tous les âges, mais surtout les vieillards : il peut être congénital. MM. Gaitskell et Hussoii ont inoculé l'humeur séreuse contenue dans les bulles , et les piqûres se sont promptement effacées. M. Gaide et moi avons répété sur nous-mêmes celte expérience avec de la sérosité et du pus pris sur un femme âgée , affectée d'un pemphigus chronique , et sans qu'il soit résulté d'autre effet que celui d'une simple piqûre. Le travail de dentition , chez les enfans , des excès ou des écarts de régime , des affections morales vives chez les adultes , l'aménorrhée ou la dysménorrhée chez les femmes, ont paru , dans quchpies cas, exercer une influence réelle sur le développement et sur la durée du pemjihigus. Plusieurs auteurs l'ont observé sous forme épidèiniquc .
Le pemphigus chronique attaque surtout les individus d'une constitution détériorée ; le séjour dans des habitations froides et humides, une nourriture malsaine favorisent son développement , qui , dans d'autres circonstances , est toul-à-fait inexplicable. Le sang est souvent couenneux.
s V. Diagnostic. Lorsque les bulles sont bien distinctes et intactes , le pemphigus ne peut être conlondu avec aucune autre maladie. Sous le rapport de
PEMPHIGUS
PEMPHIGUS
leurs caractères extérieurs , les brûlures bulleuses ont quel(iues ressemblances avec le pemphigus partiel ; mais la connaissance de la cause qui les a produites les en distingue : lorsqu'une bulle unique [pompholix solitarius , Wilian) constitue le pemphigus , si elle est sans auréole , elle ressemble parfaitement à l'ampoule produite par un emplâtre vésicant ; celle-ci n'en diffère réellement que par la cause qui l'a fait naître. J'ai rap[)orté dans mon Traité des maladies de la peau un exemple de pemphigus simulé , à l'aiile de la poudre de canthari- «les. Dans le lupia , les bulles ordinairement moins nombreuses , plus petites, plus aplaties que celles du pemphigus sont suivies de véritables ulcérations remplacées par des croûtes épaisses et proéminentes.
Les bulles , qui se développent quelquefois accidentellement dans les érysipèles , difl'èrent de celles du pemphigus , en ce qu'elles se montrent sur une large surface uniformément rouge avec tuméfaction du tissu cellulaire souscutané.
Lorsque les bulles du pemphigus sont petites et disposées en groupe, l'crupfion peut être distinguée de I herpès phlycténoide, en ce que ces bulles, toujours plus volumineuses que les vésicules de l'herpès, sont entremêlées de bulles isolées qui offrent les caractères du pemphigus.
On distingue les croûtes du pemphigus de celles de l'impétigo en ce que les croûtes de ce dernier sont é[)aisses, rugueuses et chagrinées , tandis que celles qui succèdent au pemphigus sont minces , souvent bombées à leur centre et plissées à leur circonférence , et formées "d'une seule pièce qui représente l'étendue et la forme des bulles auxquelles elles ont succédé. Les croûtes des pemphigus aigus offrent souvent une disposition caractéristique : la croûte que forme l'humeur desséchée des bulles, rassemblée dans leur point le plus déclive, est recouverte par un disque épidermique d'un jaune brunâtre de la dimension lies bulles.
Les taches que laisse le pemphigus après la chute des croûtes ou des disques épidermiques , séparées les unes des autres par de la peau saine, sont d'un rouge sombre , d'une étendue variable et sont souvent limitées k leur circonférence par un liseret épidermique, très-distinct.
§ VI. Pronostic. Le pemphigus aigu apj'rétique se termine naturellement dans l'espace de deux ou trois septénaires. Lorsque l'éruption est précédée , suivie ou accompagnée d'un mouvement Jebrtle , le mal est plus ou moins grave suivant qu'il s'est propagé sur les membranes muqueuses et qu'il est ou non compliqué de symptômes nerveux , ataxiques : cet dernière complication est heureusement fort rare. Peut-être a-t-on décrit sous le nom de fièvre pcmphigode des dolhinentérites présentant des bulles à la peau.
Le pemphigus clironitpie annonce, en général, un mauvais état de la constitution. C'est toujours une maladie fort rebelle , et d'autant plus fâcheuse , que J éruption est plus étendue, plus fréquemment renouvelée , ou complii|uée de catarrhe pulmonaire, de cystite, etc. Le pemphigus prurigiiiosus est souvent mortel chez les vieillards , qu'il épuise d'insomnie et de douleur.
On a cité quelques exemples où le pemphigus a exercé une influence salutaire sur des maladies intérieures. J'ai vu un homme qui , après avoir éprouvé plusieurs atteintes d'hémoptysie, fut altaijué d'un pemphigus chronique des Jeux jambes , à la suite duquel ces pertes de sang ne se sont plus reproduites.
Dans quelques circonstances , la guérison du pemphigus a été suivie d'uccidens plus ou moins graves.
§ VH. Traitement. Dans le pemphigus aigu et sans fièvre, lorsque les bulles ne sont pas d'une grande dimension , et sont peu nombreuses , il faut abandonner 1 éruption à elle-même, et se borner à donner issue à la sérosité , en pratiquant à l'épiderme soulevé une ou plusieurs petites ouvertures.
Lorsque l'éruption du pemphigus aigu est plus considérable , on doit veiller à ce que l'épiderme reste appliqué à la surface de la plupart des bulles ; il faut préserver cette surface du frottement après leur rupture, et lorqu'elles sont excoriées , les panser avec un linge fenêtré enduit de cérat. Le traitement général consiste dans les boissons délayantes , les limonades avec les acides végétaux , la dicte lactée , un régime aniiphlogistique et quelques bains tièdes émolliens. Enfin si l'éruption a été précédée ou accompagnée de lièvre, ou d'une inflammation intérieure, ou si le malade est d'une forte constitution , ou bien encore si les bulles ont été précédées d'aménorrhée, il faut pratiquer une saignée du bras ou du pied, ou appliquer des sangsues dans le voisinage des parties affectées.
Lorsque le pemphigus chronique n'occupe qu'un petit espace , et que l'état de la constitution est satisfaisant, le mal cède parfois aux boissons délayantes et aux bains tièdes ou froids , employés seuls ou alternés avec des bains légèrement alcalins qui diminuent le prurit et la chaleur de la peau.
Chez un adulte ou chez un individu dont la constitution n'est point sensiblement détériorée, le pemphigus chronique a-t-il envahi , en plusieurs mois , la presque totalité de la surface du corps , existe-t-il de la fièvre et de nombreuses excoriations à la peau ; l'iiiEammation s'est-elle propagée à quelques parties des membranes muqueuses ; une saignée doit être pratiquée, et la peau couverte de topiques émolliens gélatineux ou huileux.
Les bains émolliens sont utiles ; mais il faut se garder de les trop prolonger ou de les administrer à une température élevée. Lorsque les malades sont trop faibles pour se rendre eux-mêmes au bain , il faut renoncer à ce moyen , car on (produit presque toujours des excoriations douloureuses en les ùtanl de l'eau Ipour les transporter dans leur lit. Alors on place les malades sur une toile de taffetas gommé , et on enveloppe la peau enflammée de compresses trempées dans une décoction émolliente et narcotique qu'on a so^n de fréquemment reinouveler.
Enfin , lorsque les inflammations concomitantes de l'estomac et de l'intestin sont elles-mêmes fort graves, et que les émissions sanguines ne peuvent être employées à cause de l'état de faiblesse et d'épuisement de la constitution , on insiste sur les préparations émollientes et narcotiques , à doses graduées, surtout sur celles qui ne contiennent ni vin , ni alcool. Lorsque les boissons aqueuses et gommeuses provoquent des vomissemens et des douleurs épigastriques , on les donne par cuillerées pour étancher la soif.
Quelquefois on a recours , avec succès , à la diète lactée qu'on rend de moins en moins rigoureuse , afin de la remplacer gradue llement par une alimentation plus nourrissante. Chez des vieillards dont la constitution était détériorée, lorsqu'il n'existait point de signes d'irritation des organes digestifs , on a employé avec succès la décoction de quinquina acidulée, l'eau vineuse, les amers, les ferrugineux et un régime tonique; mais la membrane muqueuse gastro-intestinale est si rarement intacte dans cette variété du pemphigus , qu'on ne saurait mettre trop de prudence dans l'emploi de ces moyens.
Lorsque l'appareil digestif est sain, les purgatifs sont quelquefois salutaires. Les limonades nitrique et sulfurique continuées avec persévérance pendant plusieurs mois , ont aussi opéré plusieurs guérisons remarquables.
L.es ferrugineux ( le sous carbonate de fer, à la dose d'un demi-gros à deux scrupules ), les pilules de sulfure ou de carbure de fer, le vin chalybé, etc., sont très-utiles lorsque l'éruption a été précédée de dysménorrhée et d'aménorrhée.
Les préparations arsenicales ne doivent être prescrites que très-rarement, et lorsque l'estomac et l'intestin paraissent exempts de toute espèce d'altération ou de prédisposition à l'inflammation.
Chez les vieillards , les inflammations pemphigoides des membranes muqueuses, lorsqu'elles se prolongent ou se renouvellent, ne doivent point être combattues par les émissions sanguines , qui affiiiblissent la constitution , sans prévenir le retour de nouvelles éruptions. Les gargarismes adoucissans acidulés avec l'acide muriatique, ou aiguisés avec l'alun, modifient avantageusement les inflammations bulleuses de la bouche et du pharynx. Les boissons diurétiqiies et nitrées, les topiques émolliens au-dessus du pubis , et les lavemens de pariétaire calment les dysuries et les hématuries qui surviennent quelquefois dans les dernières périodes du pemphigus chronique. La diarrhée , qui précède souvent ces accidens et linsomnie occasionnée parles excoriations ou par le développement accidentel du prurigo , doivent être calmées par les opiacés , par la thériaque et le diascordium. Lorsque l'action prolongée de l'opium fatiguait 1 estomac , j'ai fait plusieurs fois appliquer avec succès un demi-grain ou trois quarts de grain d'hydro-chlorate de morphine sur une ou plusieurs bulles excoriées. A cette période, les hydropisies sont presque toujours le présage d'une mort prochaine ; une pneumonie hypostatique termine quelquefois aussi celle scène de douleur.
La duscriplion qu'Hippocrate a «tonnée Je la fièvre pemphlgode est foi t o))Scure ( Hippoc. Opéra, ed. Cliarlier, t. IX, pas- 38. — Foés. OEconomia Uipp. ar(. Kipaijj^ài-, K'jpsTU.
Un grand nombre d'observations OQl élé publiées , sur le pcmi-higus aigu à éruption simultanée (Delius, Amœnitates médiat, l. IX , p. 71 (Febris catarrbalis vesiculaiis ). — Seliger (Christophe) Ephem.nat. car. Decas. I. ana. viii. obs. 56.— Iléhréard. Observ. sur le pemphigus f Journ. général t. xliii , pag. 376). - Gilihert. Monographie du pemphigus , in-8" , Paris 1813 ) ;
Sur le pemphigus aigu à éruption successive: ( Dickson, Observât, on pemphigus. (Transacl. of Irish Acad. 1787, p. 47 )— Hoffmann. (Fred.) de affectu raro scorbutico pustulari. Suppl. II. p. 2.) — Miroglio (Jour, demédec, t. Lxxxi, p. 221 ). — Gilihert. Adversaria medico-practica prima. Lugduni , 1771 , p. 183 ). Vallot. ( Recueil périod. de la Soc. de méd. de Paris, l. IV, p. 292 ). — Stewarl (Uavid). A case of the pemphigus major of Sauvages ( med. and physic. Comment, by a sociely. Edinburg , vol. VI, p. 79 ) ;
Sur le pemphigus complir/ué avec des afFeclions intestinales dites bilieuses, Finke. De iiiorbis bilio%is anomalis, etc. p. 118. — J.dabert , journ. de méd. t. Lxxxir, p. S5 ;
Avec la gastro-entérite : ^oheH, Observât, sur une fièvre vésiculaire {Journ. de raéd. chir. et pliarmac. t. xxiii , p. 227). — Barbieux , Annales de la méd. phjsiol., t. ii, p. 7S. — Richard, ibid. t. iii, p. 27*. — Strambio. But. des se. méd. de Férussac. Mars , 1827 , p . 248 ;
Avec la pneunomie: Frank ( J. P.). Epit. de cur. hom. morbis. Lih. iii, p. 258 ; Avec les symptômes ataxiques : Savary. Jour, de méd. chirur. et pharm. t. xxii, p 203 , sept. 1811.
Avec Vhystérie : Frank. Epitome de cur. liomin. morbis , 111). m, p. 261.
Avec la vaccine : Husson, Recher. hist. et méd. sur la vaccins , 3« édit., p. 884. — Fine. Obs. sur une éruption particulière survenant pendant le coursd'une vaccine. (Jour, de méd. chir. phar. , I. I, p. 513 ) ;
Avec le prurigo : Bateman. Delineations of cutaneous diseuses , pl. 33, fig. 2.
La science possède encore un plus grand nombre de recberclies sur le pemphigus chronique : Wichmann. Beytrage zur Kentnis des Pemphigus, etc. Erfurt, 1790. — Mouton, Obs. sur une maladie vésiculaire., t. xliii, p. 41. — Robert de Latigres. Mém. sur le pemphigus (journ. de méd. et de chir., t. tlxim , -p. ï&. — kiàtnhM. Arch. génér. de méd., x. xvii , p 601 — Biett. yo«;-. hebdom-, t. viii, p. 46.
Sur le pemphigus héréditaire : Jacquemin. Obs. sur une maladie singulière de la peau (Journ. gén. de méd. I. XXX, p. 244.)
Sur le pemphigus des vieillards : MachriJe. Introduct. méth. à la théorie et à la prati.j. de la méd. , Irad. par Petit-Radel , t. I , p. 227 — ibid. , t. Il , p. 541 ;
Sur le pemphigus des enfans : Baleman. Synopsis ofcutan. diseases , etc. (Obs. de Willan) ; du/a!<«i ou des nouveau-nés. (Osiander , Denhwuerdgikeiten fuer die Heilhinde icnd Gerburts huelfe. ,1.1, st. I. — Lobstein. Journ. complémentaire des se. médic. , t. VI — Hinze, le pemphigus des nouveau-nés (Bull, des se. méd. de Férussac , t. xi , p. 47) ;
Sur le pemphigus des femmes grosses (Bunel , Diss. sur le pemphigus ia-i. p. 13, Paris 1811.)
Quelques remarques ont été faites sur le pemphigus gangreneux qu'il conviendrait peut-
PENDAISON
PENDAISON
élre de rallaclier au rupia eschnrotica ( Wbyleley-Stokcs. .^n. de la lUtèr. mèd. ètrang, , BM. 1810. Sept., p. 225.)
Sur le pemphigus des camps; F. Thierry. 3/èd. crpéiimenlate , p. 134 , in-12 , Paris , 1775 ; sur le paniphigus èpidèrnique qui régna eu Suisse en 1752 (Laughans. Acta Iielvelica, vol. II. p. 260.)
Enfin les ol)servations de M. Brachet sur plusieurs espèces de peinpUigus (Bec. pèr. de la soc. de médec. , t. IX , p. 55) ; les fails rassemblés par M. Ozanam sur le pemphigus èpidèrnique {Hist. des malad. èpid. , t. V , p. 208)! les recherches critiques et historiques de M. Bidaull de Villiers (Rec. pèriod. de la soc. de mèd. de Paris), et plusieurs observations consignées dans mon Traité des maladies de la peau , seront hies avec intérêt.
(P. Rayek.)
PENDAISON. Nous traitons à ce mol de l'asphyxie par strangulation et par suspension , parce que les résultats sont les mêmes, soit que la strangulation ait lieu par suite de la suspension ou qu'elle ait été eflectuée isolément. Dans cet article, nous rechercherons , 1» quelles sont les conditions dans lesquelles doit se trouver un individu pour que la mort par pendaison puisse survenir ; 2° les divers modes suivant lesquels la mort par suspension s'effectue; 3° quels sont les phénomènes qui accompagnent la mort par suspension ; 4o quels sont les divers états que peuvent présenter les organes des pendus ; 5° quelle est la valeur qu'il faut attacher aux phénomènes que présente le cadavre , dans le but de savoir si la suspension a eu lieu pendant la vie ; 6° si la suspension a été le fait du suicide ou de l'hoaiicide.
Quelles sont les conditions dans lesquelles un individu doit se trouver pour (]ue la mort par pendaison puisse survenir? C'est une opinion généralement accréditée auprès des médecins que la mort d'un pendu ne pourrait pas survenir si la totalité du corps n'était pas élevée au-dessus du sol. Il a fallu qu'un cas de mort, célèbre dans les fastes de la médecine légale , vînt soulever la question de nouveau pour la faire interpréter dans un sens tout-à-fait opposé à la manière dont elle avait été envisagée jusqu'alors. M. Marc, qui fit à cette é|ioque un mémoire tendant à prouver que la mort du prince de Condé était le fait d'un suicide , y rassembla treize observations recueillies par divers médecins , et dans lesquelles il est prouvé que la pendaison n'exige pas la totalité du poids du corps pour s'opérer d'une manière complète. A ces observations on pourrait en joindre plusieurs autres encore plus concluantes, telles que celles des malades qui se suicident par suspension sans quitter leur lit, ainsi que nous le dirons tout-à-l'heure. Nous établirons donc que la suspension suivie de la mort peut s'effectuer alors que les pieds posent a terre ; que les genoux touchent le sol ; que le corps pose sur un plan incliné ou même qu'il s'appuie sur un plan presque horizontal. Or, comme dans ces cas divers, le poids du corps diminue en raison des parties qui reposent sur un point d'appui , nous pourrons donc avancer cette proposition qu'il suflit du poids représenté par les épaules et la partie supérieure de la poitrine jjour exercer sur le cou une coustriclion capable d'amener la mort. Tel est le cas dans lec[uel se sont trouvés deux malades qui se sont pendus, à l'hôjjital de la Charité , en passant leur tête à travers la corde fixée au centre du ciel de leur lit dans le but de les aider à se placer à leur séant. Nous avons assisté à l'autopsie qui en a été faite , et plusieurs médecins nous ont déclaré avoir observé des cas analogues.
Modes divers suivant lesquels la mort par suspension s'effectue. Pour résoudre cette question il faut avoir égard à la position du lien , à sa constriction , et à la traction exercée sur lui soit par le poids du corps , soit par une main étrangèie. A. Le lien est-il appliqué au cou sans le comprimer circulairement ? Commme dans le cas où il n'existe pas de nœud coulant, ou bien encore celui où un nœud coulant existant , la nature ou la forme de la corde ne lui a pas permis de glisser, en sorte que la partie postérieure du cou est libre et la circulation veineuse n'est pas totalement interrompue : suivant MM. Deslandes et Fleichman , l'individu périt alors asphyxié si le lien est appliqué au-dessus de l'os hyoïde, parce que toutes les parties molles qui avoisinent la base de la langue la refoulent eu arriére , de manière à ce qu'elle vient oblitérer l'ouverture supérieure du larynx par l'abaissement de l'épiglotte qui en est le résultat. Probablement pareil phénomène a lieu lorsque le lien est appliqué entre l'os hyoïde et le cartilage thynoïde. Je n'oserais pas sanctionner une pareille explication , quelque vraisemblable qu'elle paraisse; car si la base de la langue est refoulée en arrière , elle ne doit jamais venir se placer entre les dents dans ce genre de pendaison. Or , j'ai appliqué des liens sur le cou de cadavres , et dans plusieurs cas j'ai fait sortir la langue de la bouche alors que le lien était placé au-dessus de l'os hyoïde. J'ai observé le même résultat chez un pendu dont le lien était dans la condition que je viens de signaler.
Il n'en est pas de même dans le cas où le lien est placé sur le cartilage thyroïde ; alors l'introduction de l'air peut coutinuer d'avoir lieu , et l'individu ne périt probablement que dans un espace de temps assez long , et par suite d'une double cause ; d'abord, les difficultés que peut éprouver l'air à pénétrer dans les voies aériennes à cause de la compression exercée sur le larynx; ensuite, la stase du sang qui résulte de la compression incomplètement exercée sur le cou , mais suffisante cepemlaut pour gêner la circulation.
B. Le lien est appliqué au cou et le comprime circulairement, mais d'une manière médiocre : tel est le cas où il existe un nœud coulant qui glisse plus ou moins facilement, ou bien encore celui d'un lien qui fait deux tours sur le cou; alors la stase dans les vaisseaux veineux du cerveau est prompte , et par suite la circulation centrale est promptement interrompue; toutefois l'individu peut encore périr asphyxié dans une circonstance de ce genre , si le lien a été appliqué au dessus de l'os hyoïde ou au-dessous du larynx, et que la constriction soit assez forte pour oblitérer les voies aériennes.
C. Le lien est appliqué au cou circulairement et le comprime avec force, de manière à produire l'étranglement. Quelle que soit sa situation, la mort a toujours lieu par asphyxie.
D. L'application circulaire du lien est complète , ou incomplète ; mais une force brusque, instantanée , verticale ou latérale, agit sur les parties déclives du corps, de manière à amener une lésion de la moelle, sa compression ou sa déchi rure : alors la mort est instantanée et a son origine dans la moelle épinière.
Eu résumé , la mort, dans la pendaison , peut survenir de quatre manières différentes: par congestion cérébrale, par asphyxie, par congestion cérébrale et par asphyxie à-la-fois , par lésion de la moelle. La mort la plus commune est celle qui reconnaît pour cause l'asphyxie et la congestion cérébrale.
Phénomènes qui accompagnent la mort par suspension. Pendant les temps malheureux de la révolution de 93 , un assez grand nombre de personnes pendues ont été rappelées à la vie. D'autres ont voulu expérimenter sur elles mêmes les effet de la constriction d'un lien appliqué autour du cou. Ainsi, un ami de M. Fodéré, après avoir longuement discuté avec lui sur les phénomènes de l'asphyxie, se pendit après sa porte , comptant bien pouvoir arrêter à sa volonté les progrès de la suspension. Heureusement on entra dans sa chambre et on le délivra. Le chancelier Bacon a rapporté le cas d'un gentilhomme à qui il prit fantaisie de savoir si ceux que l'on pend souffrent, éprouvcn t beaucoup de mal ; il en fit l'essai sur lui-même , se plaça une corde autour du cou, il l'accrocha , après être monté sur un petit banc qu'il abandonna dans l'espérance de pouvoir remonter dessus quand il le voudrait , ce qui lui fut impossible par la perte de connaissance qui survint immédiatement. Cette expérience aurait eu un résultat tragique si un ami amené par le hasard ne fùl entré heureusement pour interrompre la scène. Dernièrement Fleichmann a tenté sur lui-même des essais de constriction du cou avec un lien.
On peut établir que les effets de la suspension sont différons, suivant qu'elle a lieu sous l'influence du poids seul du corps, ou sous la double influence du poids du corps et d'une traction opérée sur le corps ou sur le lieu ; il n y a de différence entre la suspension avec strangulation et la strangulation sans suspension, que dans le premier cas : la traction opérée sur le lien s'exerce loin de lui , tandis que, dans le second, elle a lieu directement sur lui. Dans le suicide, au moment ou . peu d instans après l'application delà corde, un sentiment de plaisir se manifeste ; puis il survient du trouble dans la vue ; des flammes bleuâtres apparaissent devant les yeux, et bientôt la perte de connaissance s'effectue ; la mort lui succède eu un espace de temps variable. Dans la suspension qui est le fait d un i homicide , cas où le lien est ordinairement appliqué avec force sur le cou, la j| physionomie exprime la souffrance ; les yeux deviennent étincelans , saillans et ■ semblent sortir de leurs orbites ; la langue fait une saillie plus ou moins considérable de la bouche, les mâchoires la conapriment en se rapprochant forte- i ment l'une de l'autre et en se croisant de manière à ce que la mâchoire inférieure est placée derrière la mâchoire supérieure ; la bouche présente diverses : contorsions ; les membres supérieurs se raidissent ; les doigts se ferment avec force, et souvent cette constriction est si grande que les ongles viennent s'insinuer dans l'épaisseur de la peau comme si l'individu voulait écraser un objet qu'il tiendrait dans la main. Bientôt à cet état convulsif succède un collapsus complet et la mort.
Cette différence très-tranchée qui existe entre un suicide et un homicide par suspension, pour les symptômes qui précèdent la mort, se rencontre dans' l'état des organes après la mort. Presque tous les auteurs qui ont écrit sur le sujet qui nous occupe ont pris pour type de leur description les suppliciés par suspension, et c'est ainsi qu'ils ont commis des erreurs graves; tracé des ta- n bleaux exagérés des altérations et induit des experts en erreur : aussi aurons- ju nous grand soin , dans le cours de cet article, de mentionner la différence que présentent les deux cas. Cette distinction aura l'avantage de jeter quelques lumières propres à reconnaître l'homicide et à le distinguer du suicide.
Etats des divers organes des cadavres de pendus. Face. Elle est généralement pâle , n'exprimant pas la souffrance , mais offi ant le cachet d'un air hébété. Les yeux sont entr'ouverls et la bouche béante ; la langue plus ou moins saillante , quelquefois même seulement appliquée immédiatement derrière les arcades dentaires , sans engorgement ou gonflement remarquable. Chez les suppliciés , et probablement dans les cas d'homicide , la face peut présenter une coloration rosée ou violacée de la peau, une saillie plus ou moins forte des yeux , un gonflement de la portion de la langue qui fait saillie entre les arcades dentaires. Belloc , Fodéré et Orfila attribuent la situation différente que pré-j sente la langue au point du cou sur lequel le lien est appliqué. Ainsi elle serait placée derrière les arcatles dentaires lorsque le lien serait situé au-dessus de l'os hyoïde , et elle dépasserait cet os quand le lien serait placé au-dessous du larynx. Il m'est diflicile de regarder comme dépendant uniquement de la situation et de la constriction du lien la sortie de la langue, car 1° je l'ai rencontrée chez un noyé qui présentait l'ensemble de signes appartenant à la submersion pendant la vie, et qui ne présentait pas de traces de lien ajjpliqué au cou- 2° j'ai observé la langue sortie de la bouche chez un pendu où le lien était appliqué au-dessus de l os hyoïde ; 3° j'ai produit le même effet chez des cadavres en donnant au lien la situation que je viens d'indiqtier en dernier lieu. Enfir on sait qu'il suflit d'appliquer une compression même modérée sur le cartilagtj thyroïde pour faire, comme on le dit, tirer la langue à une personne. Ni serait-ce pas un phénomène nerveux dans la production duquel la positioE' du lien enti'erait pour quelque chose, mais non pas peut-être pour la totalitf du résultat ?
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