ET AIN
ÈTAIN.
l'eslomac , nest que temporaire. Il est aussi difficile de distinguer le vomissement sympathique du vomissement idiopathique qu'il lest de distinguer la céphalalgie , le délire sympathiques, de la céphalalgie et du délire idiopathiqucs. Si nous nous rappelons que le vomissement est l'expression la plus habituelle de la souffrance du centre épigastrique, nous ne serons point étonnés de sa fréquence et du rôle qu'il joue dans un si grand nombre de maladies.
Beaucoup de praticiens rapportent aujourd'hui à des névroses de l estomac un grand nombre de Jispe/jsies que d'autres considèrent, d'après M. Broussais, comme les formes diverses de la gastrite chronique. Il est certain qu'il n'est pas plus possible de se rendre compte des symptômes observés pendant la vie , d'après l'état de la muqueuse observée après la mort, qu'il ne l'est de déterminer pourquoi la muqueuse du Carnivore est impropre à digérer les substances végétales , pourquoi l'herbivore languit et meurt en présence des substances animales , et pourquoi l'estomac de l'homme digère à la fois et les substances végétales et les substances animales. Il est des cas de névroses dans lesquels l'estomac humain se trouve dans les conditions de l'estomac des animaux. Ainsi j'ai vu des individus qui supportent très-bien les viandes les plus indigestes , et qui ne peuvent supporter le moindre végétal , d'autres qui digèrent parfaitement les végétaux et que les substances animales fatiguent d'une manière prodigieuse. Eniîn, l'estomac de l'homme qui supporte une si grande quantité d alimens, n'eu supporte quelquefois qu'un ou deux.
La gastralgie , gasirodjnie (crampes d'estomac) , est une névrose extrêmement fréquente, qui se reproduit à intervalles sans cause connue; qui, dans quelques cas , simule des alfeclions extrêmement graves , résiste à toutes les méthodes thérapeutiques , et s'éteint par degrés après avoir tourmenté certainsindividus , d'ailleurs pleins de force et de santé , pendant un grand nombre d'années. Ces crampes d'estomac sont quelquefois lices à une affection goutteuse ou hépatique . Le traitement est difficile, il doit être excessivement varié ; car ce qui réussit une fois échoue une autre fois. On doit surtout éviter les moyens violens , tel que les moxas, dont j'ai vu labourer impitoyablement l'épigastre et les hypochondres d'un malade avec exaspération des accidens.
Névrose lielminthijbrme. Une des névroses de l'estomac les plus cruelles pour le malade et les plus désagréables pour le médecin , c'est celle qui simule la présence des vers ; je l'ai rencontré si fréquemment dans ma pratique que je crois devoir fi.\er sur elle l'attention en lui donnant un nom particulier. Il semble au malade qu'un animal vivant habite l'estomac, il lui semble qu'il s'y cramponne parfois comme avec des griffes ou bien qu il le morde , qu'il le pince, qu'il rampe, qu'il fasse effort pour s'échapper, qu il remonte dans l'œsophage; tantôt les alimens calment ses fureurs , tantôt ils l'irritent. Un de mes malades, poète anglais très-distingué , exprima ses tourmeus avec une verve toute poétique ; c'est le tourment d'Hercule revêtu de la robe de Déjauire; c'est le supplice de Prométhée dont un cruel vautour dévore incessamment les entrailles ; c'est un serpent boa qui étreint douloureusement les entrailles ; tantôt sommeillant, tantôt se réveillant, mais toujours présent. Déjà plusieurs traitemens aulhelmintiques avaient été mis en usage lorsqu'il m'a consulté : j'ai dû lui dire qu'il éprouvait effectivement tous les symptômes que produirait la présence d'un animal vivant dans l'intérieur de l'estomac , mais que ces symptômes appartenaient aussi à une maladie nerveuse bien connue; que d'ailleurs i] existait des remèdes très-efficaces pour cette maladie nerveuse , qui eu même temps étaient de bons vermifuges. En même temps, je lui ai conseillé un régime diététique et gymna.stique propre à combattre cette sensibilité exaltée et pervertie qui est la conséquence des veilles , de travaux excessifs de l'esprit et de chagrins violens.
Telles sont les maladies de l'estomac.
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( Crdveilhier. )
ÉTAIN (envisagé sous les rapports chimique et médico-légal) . Métal assez répandu dans la nature, mais dont les mines considérables , il est vrai , sont peu communes. Il n'y a que trois pays en Europe où on le renconti-e en grandes masses : l'Allemagne, l'Espagne et l'Angleterre ; l'Asie, au contraire, est riche de cette substance. C'est presque toujours à l'état de sulfure ou d'oxide qu'il se présente, et c'est principalement des mines d'oxide qu'on l'extrait.
Il est solide , d'un blanc qui rappelle celui de l'argent ; grenu , il produit un craquement quand on le plie (cri de l'étain). Il est malléable et ductile, son poids spécifique est 7,291 , et son poids atomistique 7,25. C'est un des métaux qui fondent à une basse température , 210"-t-0. A froid , il ne s'altère pas à l'air, à moins qu'il ne contienne du plomb. Il est attaquable par les acides concentrés et pai ticiilicrement par l'acide nili ique , qui le transforme en dcuto.^ide blanc
si l'on agit à chaud. Foyez Etain ( Oxides d'). Il se dissout très-facilement à chaud dans l'eau régale, et donne du chlorure d'étain [l^oy. Etain , chlorures, pour ses caractères). Il s'oxide , et se transforme assez facilement en sel , même à une basse température , quand il est en contact avec des substances végétales humides qui renferment des acides libres : le vinaigre, le vin aigri, te lait altéré produisent le même effet.
Il s aillie à beaucoup de métaux. Il constitue l'étamage du cuivre, sert à rétamage des glaces. Appliqué et combiné avec les surfacès de lames de fer, il forme le fer-blanc, avec lequel on peut faire le moiré métallique en l'humectant avec divers mélanges d'acides qui attaquent la couche superficielle d'clain noncristallisé et mettent à nu la cristallisation de l'alliage. 10 parties d élain et 88 parties de cuivre constituent le métal des canons ; 22 parties d'étain et 78 de cuivre forment celui des cloches. L'alliage des tam-tams est formé de 19,573 d étain et de 80,487 de cuivre. La soudure des plombliers est composée de 1 partie d'étain et de 2 de plomb. L'alliage fusible de M. d'Arcet contient 3 parties d'étain , 5 parties de plomb et 8 de bismuth. On voit donc que les usages de ce métal sont extrêmement nombreux.
L'étain n'est pas vénéneux par lui-même; il faut, pour qu'il acquière cette propriété, qu'il soit tranformé en oxide et surtout en sel, et encore en faut-il des doses assez fortes pour produire des accidens ; aussi l'étamage, en s'oxidanl, préserve-t-il l'oxidation des vases cuivreux qu'il tapisse, et prévient-il ainsi les effets fâcheux que le cuivre pourrait faire naitre.
On prépare, eu pharmacie , une poudre d'étain que l'on emploie eu médecine comme vermifuge. A cet effet , on met un peu d'étain fondu et très-chaud dans une boite de bois sphérique, qui s'ouvre par sa partie moyenne et que l'on agite avec force pendant le temps nécessaire à la solidification de l'étain.
L'étain peut fournir un assez grand nombre de composés. Nous traiterons principalement des chlorures , des sulfures et des oxides, comme étant les plus usités , et'Kious ferons précéder leur histoire des caractères généraux des sels d'étain. Les sels solubles de protoxide d'étain passent peu à peu au deuxième degré d'oxidation , et se décomposent , soit en mettant à nu le deutoxide formé, soit en se tranformant en sous-sels de deutoxide. Le chlore liquide ou gazeux produit cet effet avec plus de rapidité par la décomposition de l'eau qu'il opère et dont il laisse l'oxygène en liberté. La potasse , la soude et l'ammoniaque les précipitent en blanc ; le précipité formé de protoxide d'étain , est redissous par un excès de réactif. L'acide hydro-sulfurique et les hydro-sulfates solubles y font naître un précipité de couleur chocolat ; l'hydro-cyanate ferrurê de potasse y détermine un précipité blanc, et l'hydrochlorate d'or un précipité pourpre (pourpre de Cassius). Quant aux sels solubles de deutoxide, ils donnent, avec la potasse, la soude, l'ammoniaque et l'hydrocyanate ferruré de potasse, des précipités de même couleur que ceux des sels de protoxide; mais la dissolution de ces sels ne s'altère pas à l'air ; elle ne précipite pas par l'hydrochlorate d'or; l'acide hydrosulfurique et les hydro-sulfates y font naitre un précipité jaune.
Tous les précipités obtenus dans les dissolutions de ces deux genres de sels peuvent être ramenés ii l'état métallique quand on les calcine dans un creuset avec de la potasse et du charbon très-divisés.
Étain (Chlorures d'). Il existe deux chlorures d'étain : le protochlorure et le deutochlorure ; on trouve dans le commerce , sous le nom de sel d'étain, un composé de protochlorure, de deutochlorure et d'un sel ferrugineux. Nous allons examiner ces trois sels successivement. Pour préparer le protochlorure on prend parties égales d'étain et d'acide hydrochlorique , on réduit l'étain en grenaille , on l'introduit dans une cornue , on y verse l acide ; on élève légèrement la température ; et quand l'étain a complètement disparu on évapore la liqueur pour la faire cristalliser. Pendant cette opération il se dégage de l'hydrogène qui exhale une odeur très-fétide. Ce sel est en petites aiguilles blanches, toujours acide , d'une saveur styptique, volatil, solublc dans l'eau , décomposable à l'air, comme tous les protosels d'étain, et présentant les caractères propres à leur dissolution : caractères que nous avons exposés dans l'alinéa précédent. Le deuto-chlorure se prépare comme le précédent , avec cette différence, qu'au lieu d'acide hydrochlorique on se sert d'eau régale. On peut encore l'obtenir en faisant passer un courant de chlore gazeux dans la dissolution du proto-chlorure. Du reste, il offre à peu près les mêmes propriétés physiques , et ne diffère du précédent que par les caractères de sa dissolution qui donne les précipités qui appartiennent aux deutosels; il est de plus trèsdéliquescent. Ces deux chlorures ont la propriété de précipiter en blanc par le nitrate d'argent ; précipité insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique , solubie dans l'ammoniaque.
Le sel d'étain du commerce, celui que le médecin doit surtout connaître parce qu'il devient quelquefois la source d'empoisonnemens , se présente sous la forme d'une masse d'un blanc jaunâtre non-cristallisée ; il ne se dissout jamais complètement dans l'eau distillée , à cause du deutoxide ou du sous-deutohydrochlorate qu'il contient. Il a la saveur des chlorures ; sa dissolution se comporte avec la potasse , la soude , l'ammoniaque et le nitrate d'argent comme les deux chlorures précédens , et donne lieu au précipité pourpre, que l'on obtient avec le prochlorure traité par l'hydro-chlorale d'or. Mais 1 acide hydrosulfurique et les hydrosulfates le précipitent en noir , et l'hydrocyanate ferruré de potasse en blanc , qui prend bientôt une teinte bleue. Ces deux différences sont dues au sel ferrugineux qu'il renferme. L'infusion de noix de galle et l'infusion de thé précipitent cette dissolution en jaune clair. Le vin y fait naitre sur-le-champ un dépôt violet , l'albumine et la gélatine la précipitent en blanc ; enfin il n'est aucune liqueur animale qui ne puisse la modifier en se moditiaiit le plus souvent elle-même : le lait est la substance qui en op'ere le plus prouip-