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tement la décomposition. Il résulte , de son mélange avec celte substance , des grumeaux épars qui , lavés et desséchés, sont d'une couleur jaune-pâle , fragiles , assez durs pour que Ton puisse les réduire en poudre : ils ressemblent par leur odeur et leur aspect au fromage desséché; ils ne s'altèrent pas facilement à l'air. « L'analyse nous a démontré qu'ils renferment , avec la matière animale de l'acide hjdrochloriqne et de l'oxide d'étain. Chauffés avec une dissolution de potasse à l'alcool , ils se décomposent et se dissolvent en partie ; la potasse s'unit h l'acide hydrochlorique ; et si on filtre la liqueur après douze ou quinze minutes d'cbuUition , on peut, par l'addition du nitrate d'argent , obtenir un précipité de chlorure de ce métal ; si , au lieu d'employer la dissolution de potasse , on se sert de cet alcali solide et que l'on calcine le mélange dans un creuset, on ne tarde pas à apercevoir que la matière animale se décompose en donnant naissance à du charbon qui s'unit à l'oxygène de l'oxide d'étain, et le métal se trouve revivifié (Orfila). «
La connaissance de tous ces faits nous conduit naturellement à faire connaître la marche qu'il serait convenable de suivre s'il s'agissait de constater la présence du sel d'étain du commerce dans un liquide végétal ou animal. L'expert doit , dans tous les cas, s'attendre à une décomposition plus ou moins complète du poison, et par conséquent il doit séparer, par la filfration, la liqueur du précipité, agir avec les réactifs des sels d'étain sur la partie liquide; et quel que soit le résultat obtenu , prendre le précipité, le mêler avec de la potasse solide et du charbon , le calciner au rouge dans un creuset afin de la réduire et d'obtenir l'étain métallique. Deux choses peuvent alors avoir lieu : ou la c[uantilé d'étain est assez considérable pour former un petit culot, globule métalliqueau fond du creuset, ou , au contraire , il est disséminé dans la masse charbonneuse sous forme de petits globules ternes peu appréciables à l'œil. Dans le premier cas , on traite une petite portion du métal obtenu , par 1 acide nitrique, pour le transformer en oxide blanc , et l'on a le soin de favoriser l'action de l'acide par une légère chaleur ; puis on redissout l'oxide insoluble par l'acide hydrochlorique pur porté à l'ébuliition , afin d'avoir un hydrochlorate que l'on traite par les réactifs des deutosels d'étain afin d'en constater les propriétés. Dans le second , on agit directement sur la masse charbonneuse avec l'eau régale ; on étend d'eau la matière , mais sans en ajouter une trop grande quantité afin de lui concerver une grande force d'acidité, on filtre et on agit sur elle comme dans le cas précédent et comme si on avait eu primitivement affaire au deuto-hydrochlorate d'étain du commerce, sans mélange de matière animale ou végétale.
La même marche ( la calcination par la potasse ) devrait être adoptée pour le oas où il s'agirait de rechercher le sel d'étain décomposé et dont le produit de la décomposition serait considéré comme pouvant faire corps avec les parois même de l'organe.
Etain ( ]\itrates d'). Il existe un proto et un deutonitrate d'étain. Le premier se sépare en versant sur l'étain divisé , et à la température ordinaire , de l'acide nitrique dont le poids spécifique est de 1 ,1 14 ; il est liquide , de couleur jaunâtre , incristallisable , acide, et passe par la simple évaporation à l'état de deutoxide d'étain. Quant au deuto-nitrate , il est peu connu; mais on est porté à admettre son existence , parce que l'on sait que le deutoxide d'étain se dissout un peu à /"roid ûans l'acide nitrique.
Etain ( Oxides d' ). Ce métal donne deux oxides. Le protoxide est formé de 100 de métal et de 13,79 d'oxygène, ou de l'atome de métal pesant 7,25 , et de 1 atome d'o.xygène pesant 1 ; il se prépare en décomposant l'hydrochlorate de protoxide d'étain par l'ammoniaque et en lavant le précipité. Il est blanc lorsqu'il vient d'être précipité de celte dissolution, mais il devient d'un gris cendré quand on le fait sécher. Il passe peu à peu à l'état de deutoxide blanc en absorbant à l'air de l'oxygène , et se réduit à l'élat métallique par la calcination avec le charbon. Il est très-soluble dans l'acide hydrochlorique.
Le deutoxide constitue la majeure partie des mines dont on extrait l'étain. Il est formé de 100 de métal et de 27,58 d'oxygène, ou de 1 atome de métal pesant 7,25, et de 2 atomes d'oxygène pesant 2; son poids atoraistique est donc de 9,25. On peut l'obtenir en précipitant uiideutosel d'étain par l'ammoniaque ; si l'on employait la potasse ou la soude , il se dissoudrait par le moindre excès de l'un ou de l'autre de ces deux réactifs , à cause de sa grande affinité pour ces deux alcalis. C'est même celte propriété qui l'a fait considérer par beaucoup de chimistes comme un acide que l'on appelle slannique. Il est blanc, hydraté ou sec ; inaltérable à l'air; fusible, mais indécomposable parle feu. Il s'unit difficilement aux acides, à l'exception de l'acide hydrochlorique. Il fait la base de la potée d'étain qui sert à polir les glaces ; il y est mêlé avec du protoxide de plomb.
Etain ( Sulfates d' ). Le protosulfate se prépare en traitant le proto-hydrochlorate d'étain par l'acide sulfurique , et le deutosulfale , en faisant bouillir le protosulfate dans cet acide. Ces deux sels sont inusités.
Etain {Sulfures d' ). Ces composés sont au nombre de deux : le proto-sulfure est formé de 180 parties de métal et de 27,58 de soufre, tandis que le deutosulfure renferme 55,16 de soufre : ou , en atomes , le premier sulfure est formé de 1 atome d'étain = 7,25 et de 1 atome de soufre qui pèse 2 = 9,25 , poids de l'atome du prolosull'ure : celui du dcutosulfure , contenant 2 atomes de soufre , son poids est de 11,25. Parmi ces deux composés le dcutosulfure est le seul employé ; il constitue ce que l'on désigne communément sous le nom d'or mussif. Il se prépare en soumettant à une très-douce température longtemps un mélange fait avec une partie d'un alliage d'étain et de mercure à portions égales , une partie et demie de soufre , et une partie de sel ammoniac bien pulvérisé. Il est jaune d or brillant, d'un toucher graisseux , insoluble dans
l'eau , volatil et décomposable par une chaleur élevée en donnant du soufre eti du sulfure noir.
Pusieurs expériences , faites par M. Orfila , démontrent que les oxides et les sels d'étain sont vénéneux pour les animaux. Quelques observations d'empoisonnement recueillis chez l'homme prouvent qu'il est aussi délétère pour lui. Injecté dans les veines h la dose d'un à deux grains dissous dans l'eau, il donne ' mort dans les premières heures de son injection, et quelquefois en douze ou quinze minutes ; l'abattement profond , la diminution et ensuite l'extinction complète de la sensibilité et de la contraclilité , puis une gêne extrême de la respiration, et enfin la mort par asphyxie ; tels sont les symptômes et le mode de terminaison de l'atteinte profonde qu'il porte à l'économie par suite de son mélange avec le sang.
Introduit dans l'estomac à la dose d'un gros, il peut produire la mort, quoiqu'on ne se soit pas opposé aux vomissemens. Elle survient ordinairement du second au troisième jour , après avoir été précédée de vomissemens, d'un abattement marqué, et de quelques mouvemens convulsifs des membres. L'estomac et les intestins off'rent , à l'ouverture du corps de l'animal , des traces non équivoques d'une phlegmasie intense.
Si l'on saupoudre une plaie faite à la cuisse d'un chien avec ce sel , il en résulte une phlegmasie locale très-intense, suivie d'escarrhes et d'une suppuration très-abondante ; mais l'animal ne présente pas de symptômes qui puissent faire soupçonner une absortion de la substance vénéneuse.
M. Guersent a communiqué à M. Orfila une observation très-curieuse d'empoisonnement d'un grand nombre de personnes par le sel d'étain du commerce; en voici les principaux traits. Une cuisinière sale son pot au feu , et remplit les salières avec de l'hydrochlorate d'étain qui avait été acheté par le maître de la maison dans le but de faire quelques essais. La soupe est trouvée mauvaise par tout le monde : le bœuf a un goût désagréable ; plusieurs personnes cherchent à le masquer, en y ajoutant du sel contenu dans les salières; il devient alors d'une saveur insupportable. Cependant on continue le dîner sans qu'aucun des convives qui avaient mangé de la soupe et du bœuf en témoigne du malaise. Mais quelques heures après, tous ceux qui n'avaient pas été arrêtes par la saveur désagréable de ces alimens furent pris de coliques d'autant plus fortes qu'ils en avaient mangé en plus grande quantité ; aucun d'eux néanmoins ne fut assea vivement pris pour que le rétablissement de leur santé se fit attendre plus de deux ou trois jours. Ils en furent quittes pour des coliques et des évacuations alvines plus ou moins abondantes.
Les symptômes de l'empoisonnement par les sels d'étain sont donc ceux de tous les sels émétiques, qui développent une phlegmasie gastro-intestinale in-» tense. La réunion de ces faits paraît être en contradiction avec l'espèce d'innocuité de l'étain que nous avons signalée au commencement de cet article , surtout quand on réfléchit à la facilité avec laquelle i'oxidation de ce métal peut avoir lieu , et à sa transformation en sel quand les alimens avec lesquels il est en contact renferment des acides; mais si l'on observe qu'il faut des doses assez notables de ce poison pour développer les symptômes de l'empoisonnement après son introduction dans l'estomac , si l'on considère que les fractions de grains d'un sel cuivreux peuvent au contraire amener des phénomènes morbides souvent très graves, on verra que c'est avec raison que l'on a' conseillé rétamage des ustensiles de cuisine , puisque l'étain par sa facile oxidation s'oppose à celle du cuivre. Au surplus , des recherches sont entreprises depuis quelque temps à l'effet de décider s'il est préférable d'étamer ou de ne pas étamer les vases de cuivre : nous aurons occasion de faire connaître par la suite le résultat de ces recherches, et de discuter les faits sur lesquels reposera la solution de cette question importante de l'hygiène publique.
L'orsqu'un médecin est appelé auprès d'un individu empoisonné par les sels d'étain , il doit chercher à favoriser l'expulsion du poison en même temps qu'il administre l'antidote de cet empoisonnement. Le lait, employé depuis bien long temps contre les effets de toute espèce de substance vénéneuse , est ici d'une application très-utile, et c'est à dessein que nous avons fait connaître son action décomposante lorsque nous avons traité la partie chimique des chlorures d'étain. Il faut donc donner cette substance en grande quantité et en déterminer ensuite l'expulsion peu de temps après son administration ; car, si les antidotes offrent en général l'avantage de transformer en des substances insolubles les matières vénéneuses solubles, il n'en est pas un peut-être qui les trans-r forme en une matière inerte. On combattra ensuite les acidens inflammatoires , comme on le fait dans toutes les phlegmasies développées sous l'influence de poisons qui laissent en général des traces profondes de leur séjour dans l'estomac. ( Alph. DEViiRCiE. )
ETAÎN (thérapeutique). Métal fort employé dans les arts, et qu'on a voulu introduire dans la matière médicale , où son usage ne présente rien de spécial ni d'avantageux, et qui d'ailleurs est maintenant tombé dans un oubli presque complet. C'est l'étain métallique dont on s'est principalement servi, quoiqu'on ait également mis en œuvre quelques-uns de ses sels , dont nous parlerons aussi.
Il s'altère peu à l'air , même avecle contact de l'eau : au contraire , il est sensible à l'action de la chaleur , car il se fond à une température assez basse , il se réduit en lames avec une extrême facilité. Son inaltérabilité à l'air le rend peu propre à développer pe grands effets sur l'économie animale ; sur laquelle , en général, les corps insolubles n'agissent que très-peu. Il est donc probable que dans les cas où l'on en a obtenu quelques résultats , ils ont dépendu de ce que l'étain n'était pas parfaitement pur , et renfermait soit quelques oxides, soit quelques portions d'arsenic ou de cuivre ; cela est d'autant plus probable, qu'on avait coutume , toutefois de préférer pour l'usage médical l'étain d'An'
ÉTHÉR.