PHARYNX
lumineux a la partie postérieure du pharynx. La bouche étant largement ouverte, et la langue abaissée avec le doigt ou le manche d'une cuiller, la tumeur se présentait i-ouge , tendue, luisante et lisse à sa surface, faisant dans le pharynx une saillie considérable , qui obstruait cette cavité , rendait la respiration difiicile , s'opposait au libre passage des substances alimentaires, et altérait beaucoup l'articuialioQ des sons. La tumeur s'étant développée dans la paroi cervicale du pharynx, directement en arrière de l'isthme guttural, l'incision qui en fut pratiquée donna issue à une grande quantité de pus , que le malade rejeta au moyen d'efforts d'expulsion peu considérables , et la guérison eut lieu en peu de jours.
J.-L. Petit imagina pour des cas analogues , et aussi pour scarifier les amygdales tuméfiées , un instrument spécial , connu sous le nom de pharyngotome. Cet instrument consiste en une lame étroite, terminée par une extrémité acérée et tranchante , comme celle d'une forte lancette , et qui est contenue dans une gaine longue de six pouces environ , aplatie , et légèrement recourbée sur sa longueur. En arrière , cette lame se prolonge dans toute l'étendue de la gaine, la traverse et se termine en une tige arrondie, que surmonte un bouton. Un ressort en spirale sert à faire rentrer la lame dans son étui , lorsque , par une pression exercée sur le bouton de la tige , on l'a fait saillir au dehors.
Cet instrument offre sans doute l'avantage de pouvoir être porté au fond de la gorge, sur les amygtlales et le pharynx, sans exposer la langue ou d'autres parties à la moindre blessure ; mais il est , par compensation , entaché de cet inconvénient grave^ de n'agir que par piqûre, de ne faire que des ponctions, et de ne se prêter que très -difficilement à la pratique d'incisions de quelque étendue. Aussi, bien qu'on le rencontre dans presque toutes les collections d'instrumens de chirurgie, est-il Irès-rare que l'on en fasse usage : la coutume, ou plutôt la routine, à défaut d'une pratique rationnelle, perpétue seule encore son existence.
Toutes les fois que les amygdales doivent être scarifiées , que des abcès développés dans ces corps folliculeux ou au pharynx doivent être ouverts , un bistouri à lame allongée, aiguë, entourée d'une bandelette de linge jusque près de son extrémité , doit être préféré au pharyngotome. Le sujet étant placé visà-vis d'une fenêtre bien éclairée, la tête soutenue contre la poitrine d'un aide, la bouche, si l'on doute de sa docilité , maintenue ouverte au moyen de coins de liège, placés entre ces deux arcades dentaires, le chirurgien doit avec l'indicateur de la main gauche ou avec le manche d'une cuiller abaisser et fixer la lani^ue. Le doigt me semble alors le meilleur des instrumens : il cède ou appuie sur l'organe dans une mesure plus juste que la plaque métallique; il s'accommode mieux qu'elle à sa forme, à ses mouvemens; il sent agir les plans musculaires , et, sans efforts, les comprime et arrête leurs contractions. Le bistouri, tenu comme une plume à écrire, est alors porté , avec la main droite, sur la partie affectée, et en quelques secondes , y multiplie , selon le besoin , les scal ifications ; on y pratique les incisions què le volume des collections purulentes rend nécessaires.
Pour toutes les opérations de ce genre, le bistouri est le plus simple des instrumens , comme le doigt est le meilleur spéculum. 11 ne faut que s'habituer, par la pratique , à se servir de l'un et de l'autre, et à bien combiner leurs mouvemens.
Il est rare que les corps étrangers arrêtés dans le pharynx ne puissent être aperçus ou sentis , et par suite saisis et extraits par la bouche. La largeui' de l'organe , sa dilatabilité , les mouvemens d'expulsion auxquels il se livre alors convulsivement, favorisent les tentatives du chirurgien , comme les efforts de !a nature. Si cependant un fragment d'os aigu, volumineux, susceptible de s'implanter avec force dans les parois membrano-musculaires du pharynx , résistait aux instrumens dirigés sur lui , nul doute qu'il ne fallût recourir à la pharyngotomie. 11 conviendrait encore de prendre cette détermination si le corps engagé était si volumineux qu'il comprimât d'arrière en avant le larynx, etapport.àt un obstacle notable ii l'exercice tle la respiration. L'opération alors serait préférable à l'abandon du malade aux efforts trop souvent inutiles ou péj ilîeuxde l'organisme.
11 est manifeste que la pharyngotomie, pratiquée dans ces cas, devrait l'être selon les mêmes règles que l'œsophagolomie, et nous sommes entré à l'occasion de celte dernière, de même qu'en traitant des corps étrangers arrêtés dans les voies de la déglutition, dans trop de détails, pour qu'il soit utile d'y revenir ici. ( f^ojez Corps étrakceus et oesophagotomie. ) (L. J. Bégim. )
PHARYNX, s. m. Pharynx-, o-xpirj^. Organe infundibuliforme , musculomembraneux , contractile et dilatable , situé en arrière de la bouche , à laquelle il fait suite au-dessus de l'œsophage, qui le continue et dans lequel viennent communiquer en outre, les fosses nasales , le larynx, et les orifices des trompes d'Eustachi.
Cavité vestibulaire commune aux organes de la respiration et à ceux de la digestion, en contact habituel avec l'air que les animaux respirent aussi bien qu'avec les alimens et les boissons dont ils se nourrissent , le pharynx est , de plus, uni à la peau par d'étroites sympathies. Ses connexions multipliées , la sensibilité exquise que lui communiquent les nerfs nombreux qui l'animent, le développement considérable des nombreux follicules cjui tapissent ses parois, expliquent parfaitement et la fréquence remarquable, et la grande variété des affections dont cet organe est le siège.
11 n'est pas rare que des agens vulnérans l'atteignent; lorsqu'ils pénètrent jusqu'à lui , ils divisent presque toujours , en même temps, d'autres parties plus importantes , dont la lésion complique ses blessures et augmente de beaucoup le danger qui les accompagne. Il est à remarquer, toutefois , que ces blessures
) PHELLANDRIE AQtA-TIQUÉ»
sont moins graves que celles de l'œsophage, à raison de la saillie plus grande dii pharynx en avant des gros vaisseaux et des nerfs principaux du, cou, et du peu d'épaisseur des parties molles au-dessus de l'hyoïde , endroit où cet organe est ordinairement blessé, lors des tentatives de suicide mal dirigées. L'inclinaison de la tête en avant , l'abstinence des alimens , l'emploi de la sonde œsophagienne pour nourrir ou désaltérer les blessés , tels sont les moyens spéciaux les plus importans que l'on doive opposer aux divisions des parois du pharynx. ( Foy. Plaie. )
Les corps étrangers, ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs, ne s'arrêtent que chez un très-petit nombre de sujets dans le pharynx; et lorsqu'ils y restent fixés, il est presque constamment possible de les apercevoir, de les saisir et de les extraire par la bouche. 11 est arrivé quelquefois cependant que comprimant la glotte ou s'appliquant sur elle, ils ont provoqué l'asphyxie ou nécessité la pratique de la laryngotomie, afin de la prévenir. (Foy. Corps étrakgeks et
OESOPHAGOTOMIE. )
Les inflammations aiguës et chroniques , tantôt avec exsudations membraniformes ou couenneuses, tantôt avec, ulcérations plus ou moins larges , profondes ou rongeantes , sont des affections du pharynx que l'on rencontre à chaque pas dans la pratique. Plusieurs maladies éruptives, telles que la rougeole et la scarlatine sont précédées ou s'accompagnent de pharyngites plus ou moins intenses.
Il est assez fréquent de voir les éruptions varioliques occasionner dans le pharynx le développement de boutons analogues à ceux qui caractérisent l'affection extérieure. Les ulcères du pharynx constituent un des symptômes caractéristiques les plus importans de la syphilis secondaire devenue constitutionnelle. ( Foy. Angine , phakïkgite et stpiulis. )
Les abcès du pharynx succèdent quelquefois à l'inflammation plilegraoueuse de ses parois, et nécessitent l'application de l'instrument tranchant, lorsque la nature tarde trop à en opérer l'ouverture. ( Foy. Pharyngotome et pharïn-
GOTOMIE. )
Presque toujours communiqué par l'affection des parties voisines , le cancer du pharynx est heureusement tort rare, bien qu'il puisse prendre aussi primitivement naissance dans la paroi de cet organe , ainsi que Bayle en a rapporté des exemples. Cette maladie cruelle est ordinairement annoncée par une gêne graduellement augmentée de la déglutition, par des douleurs qui deviennent de plus en plus vives ; et , lorsque la tumeur squirreuse est développée, l'érosion de la surface, l'engorgement successif des ganglions du voisinage, l'altération de la nutrition , ne laissent ni doute sur la nature du mal ni espoir de le combattre avec succès. ( Foy. Cancer. )
La paralysie du pharynx et sa constriction spasmodique sont des affections toujours graves, parce qu'elles se lient presque constamment à des désordres plus profonds et difficiles à dissiper du système nerveux. La première de ces lésions est ordinairement symptomatique des altérations les plus considérables de l'encéphale ; la seconde accompagne très-souvent l'hystérie , l'hydrophobie, le tétanos , ou se manifeste à la suite de divers einpoisonnemens à l'aide de substances narcotiques-âcres. (Foy. Paralysie, encéphalite, hystérie, etc. )
Le pharynx reçoit , après les parois de la bouche , les premières atteintes des substances caustiques ingérées par accident, ou par d'autres causes, et il en i éprouve quelquefois de profondes atteintes. J'eus récemment occasion de voir, avec M. C. Broussais , un jeune adolescent , qui, par erreur, avait porté avec précipitation dans sa bouche, quelques mois auparavant, une gorgée d'acide i sulfurique. Il ne paraît pas que cette substance parvint, au moins en notable quantité, dans l'estomac. Des accidens graves produits parla cautérisation de la bouche et du pharynx se manifestèrent , et furent heureusement combattus. Mais , la fin de la cavité pharyngienne et le commencement de l'œsophage se rétrécirent par gradation au point de ne permettre que 1 ingestion d'alimeiis mous , très-délayés , puis du lait seulement , et enfin de rendre toute ingestion iraj)ossible. Depuis trois jours , lorsque je le vis, le jeune malade ne pouvait, malgré les plus violens efforts, faire franchir à une seule goutte de liquide l'obstacle qui existait à la région moyenne du cou. A l'extérieur les parties étaient d'ailleui's saines, exemptes de douleur et d'engorgement ; à l'intérieur l'inspection des parois pharyngiennes ne laissait rien apercevoir de particulier. 11 fallut de grands efforts exercés aec une très-petite sonde urétrale , garnie de son mandrin, pour surmonter l'obstacle; laissée à demeure , cette algalie fut graduellement remplacée par de plus volumineuses , et en trois semaines environ la seconde à ventre du plus gros calibre , entrait et sortait avec facilité. Le malade devra continuer pendant long-temps , matin et soir, remploi de ces moyens ; mais la guérison sera-t-elle solide ; et combien de temps faudra-t-il pour l'assurer ? ( L. J. Bégin.)
PHELLANDRIE AQUATIQUE. Phellandrium aquaiicum L., cenanlhe phellandriwn de Cand. Cette plante appartient à la famille des ombellitères. i Elle croit le pied dans l'eau ou dans la vase , et s'élève à la hauteur de deux ou \ trois pieds. Sa racine est pivotante et munie d'un grand nombre de fibres verticillées ; la tige est creuse et striée comme celle de presque toutes les plantes de la même famille; les feuilles sont très divisées , les fleurs blanches , Irespetites , disposées en ombelles à 10 ou 12 rayons. Les fruits sont la seule partie usitée: ils sont ovoides-allongés , régulièrement striés, glabres, un peu luisans , d'une couleur rouge.ître , formés de deux carpelles soudées , chaque i carpelle isolée est droite et composée d'un péricarpe blanc, solide et corné, et , d'une amande noirâtre; le fruit entier a une odeur particulière assez forte et i une saveur aromatique ; il a été administré en poudre , dans la phlhisie pulmo- | naiie, à la dose de 4 à 14 grains répétés plusieurs fois par jour. Il parait avoir