PIMENT
de suite, et bien également, en autant de parties que l'on doit former de pilules. On se sert à cet effet d'un instrument nommé pilulier , dont la description serait ici superflue. On arrondit ensuite chaque portion en la roulant entre les doigts , et on la jette à mesure dans une capsule contenant de la poudre de Ijcopode , de réglisse ou de guimauve , dont une petite quantité s'attache à la surface des pilules et les empêche d'adhérer ensemble. Souvent aussi , au lieu d'envelopper les pilules d une légère couche de poudre végétale, on les recouvre d'une feuille d'or ou d'argent. A cet effet, après les avoir arrondies entre les doigts, on les met, avec quelques feuilles d'or ou d'argent, dans une sphère creuse de buis, formée de deux demi-sphères qui se joignent, et on agite circulairement la boîte, jusqu'à ce que la surface des pilules soit entièrement couverte de la feuille métallique. On recouvre surtout de cette manière les pilules composées de substances fétides ou très amères; quelquefois aussi on n'a d'autre but que de les rendre plus agréables à la vue ; mais il faut observer qu'on ne peut argenter les pilules qui contiennent du mercure , du suhliiné corrosif' ou des préparations sulfureuses ; les deux premiers détruisent l'éclat de l'argent et les dernières le brunissent
La prescription des pilules peut donner lieu à diverses autres observations dontj quelques-unes rentrent dans les généralités de Vart de bien J'orniuler ( Vojrez Formule) j mais dont les autres sont particulières à ce genre de médicament.
D'abord le nombre des pilules doit être un diviseur ou un multiple de la quantité des substances qui forment la base du médicament , afin que chaque pilule renferme de ces substances un nombre exact de grains , ou une fraction de grain facile à préciser , tels que deux grains , un demi-grain , un tiers, un quart , etc. Le médecin fixera donc toujours lui-même le nombre des pilules , et ne le laissera pas à l'arbitraire du pharmacien , comme lorsqu'il termine sa formule par cette phrase : faites avec s. q. de poudre , d'extrait , de saison, etc. , des pilules du poids de ti ols, quatre, cinq grains, etc. ; car cette manière de formuler peut donner lieu à de grandes variations dans le nombre de pilules , surtout à cause de la consistance des extraits dont un grand nombre se ramollissent progessivement à l'air , tandis que quelques autres s"y dessèchent (par exemple Vextrait de Gajac).
Les extraits étant généralement moins consistans que les masses pilul.iires , et se ramollissant en outre presque toujours par leur mélange réciproque, c'est de 1 pouJre qu'il faut ajouter pour leur donner la consistance requise , et non un sirop comme on le prescrit encore assez souvent.
Le savon mélangé aux extraits les ramollit aussi considérablement, et demande presque toujours l'addition d'une poudre pour arriver à la consistance pilulaire.
Les poudres les plus avantageuses, par le liant qu'elles donnent au mélange , sont celles de racines de guimauve et de réglisse, et surtout la première , à cause du mucilage qu'elle forme avec rhumii.lité de la masse. D'un autre côté , il ne faudrait pas se fonder sur cette raison pour croire que la gomme arabique ou la gomme adraganthe serait encore préférable: la première, se dissolvant entièrement dans l'eau, a besoin d'être ajoutée en plus grande quantité pour produire la même consistance , et la seconde donne à la masse une élasticité qui s'oppose à ce que les pilules prennent la forme sphérique et l'uni de surface qu'il est utile de leur donner.
La quantité de poudre de guimauve qu'un extrait prend pour être amené à une bonne consistance pilulaire varie ilu sixième à la moitié de son poids, et d'après ce que j'ai dit précédemment, cette quantité augmente encore lorsque plusieurs extraits sont joints ensemble ou avec du savon.
Quelques substances solides , mélangées ensemble , donnent un produit liquide , de sorte qu'au lieu de sirop ou d'extrait , c'est encore une poudre qu'il convient d'y ajouter. On en a vu précédemment un exemple fort remarquable dans les pilules de carbonate de fer. Ou peut en citer un second : c'est le camphre , qui, malgré sa solidité, liquéfie les résines et les gommes résines comme le ferait une huile volatile liquide. Ainsi, le mélange du camphre avec l assa fœtida devient presque liquide, et demande une assez grande quantité de poudre pour être amené à la consistance pilulaire. Pareillement encore, la poudre de cubèbe , que quelques praticiens ajoutent au copahu déjà solidifié parla magnésie, pour en augmenter encore la consistance , produit un effet contraire, en raison du corps oléo-résineux que celte poudre contient.
Toutes les observations précédentes se rapportent à des mélanges mous ou liquides qui demandent l'addition d'une poudre pour former une bonne masse pilulaire. On pourrait en faire d'aussi nombreuses sur la manière de lier les poudres arides et les sels minéraux ou végétaux. Eu général , un sirop ne suflit pas pour donner à ces poudres le liant nécessaire , et il faut y joindre un peu de gomme arabique , ou bien remplacer le sirop et la gomme par le miel , qui forme à lui seul un bon excipient pour les pilules. Ou peut également se servir d'un extrait , d'une conserve , ou d'un électuaire ; mais ces derniers médicamens augmentent ordinairement beaucoup le poids et le volume des pilules , et lie doivent être prescrits que lorsque le médecin compte sur le concours de leur action, et non à titre de corps inerte. Enfin, je crois devoir répéter que , dans tous ces cas , le médecin doit fixer le nombre des pilules d'après la quantité de substance active , et non d'après celle de la masse, qui peut olfi'ir de grandes variations d une ollicine à une autre.
Beaucoup de praticiens prescrivent encore le beurre de cacao, comme excipient des poudres auxquelles ils veulent donner la forme pilulaire. Mais il n'y a pas de substance jmoins propre à former des pilules que le beurre de cacao, lorsqu'il est seul ; car il est solide et cassant à froid , et il se liquéfie par la seule
chaleur des doigs ; il est donc presque impossible d'en former des pilules,'^àiî moins d'y ajouter un mucilage composé de gomme et de sirop , et encore lesl pilules sont-elles fort difficiles à rouler. Cependant, le beurre de cacao, mélangéi avec une ou deux parties d'un extrait mou , forme un bon excipient pour les| pilules.
Indépendamment des pilules magistrales que les médecins peuvent prescrire,! les pharmacopées en offrent un certain nombre d'officinales qui sont encore usi-i tées , et dont je crois utile de rapporter les formules.
Pilules écossaises d' Anderson ou pilules aloéiiques cambogiées. Pr. : poudresi d'aloès et de gomme gutle ana 6 parties; huile volatile d'anis 1 partie, sirop; simple S. Q. ; faites des pilules de 4 grains.
Pilules bénites de Fuller ou pilules aloéiiques fétides. Pr. : aloès 6 , séné 4 , assa fœtida 2 , galbanum 2 , myrrhe 2 , safran 1, macis l , sulfate de fer 12 , huile de suecin 1 , sirop d'armoise, 16; total 49. Faites des pilules de 4 grains, dont chacune contient 1 grain de sulfate de fer, 2/3 de grain d'aloès , 1 /3 de grain de séné , 1/2 grain des gommes-résines , etc.
Pilules de liudius , pilules panchjmagogues , extrait catholique , extrait de coloquinte composé, pilules aloétiques scanimonio-helléborées. Pr. : chair de coloquinte 6, agaric blanc 2 , R. d'hellébore noir 4 , jalap, 4, canelle , maïs et! girofles, ensemble 2; épuisez ces substances par de l'alcool à 32 degrés ; faites dissoudre daus la teinture : aloès 8, scammonée 4 ; filtrez, distillez l'alcool, faites évaporer le résidu de la distillation jusqu'en consistance pilulaire.
Pilules de copahu magnésiées. Pr. : oléo-résine de copahu , magnésie carbonatée ana. P. E. Faites des pilules de 8 grains.
Pilules de Mégliii , pilules de jusquiante et de valériane composées. Pr. : extrait de jusquiame , extrait de valériane, oxide de zinc , ana P. E. Faites des pilules de trois grains.
Pilules mercLirielles simples de la pharmacopée de Londres. Pr. : mercure 2 , conserve de roses 3 , poudre de reglisse 1. Faites des pilules de 3 grains dont chacune contient 1 grain de mercure.
Pilules mcrcuri<jlles ciculées, pilules mercurielles de Plenck. Pr. : pilules mercurielles simples 3 , extrait de ciguè 1. Faites des pilules de 2 grains, dont chacune contient 1/2 grain de mercure et 1/2 grain d'extrait de ciguë.
Pilules mercurielles purgatii'es , pUules de Belloste. Pr. : mercure 6 , miel li-! quide 6, aloès 6, rhubarbe 3, scammonée 2 , poivre noir 1, total 24.
Chaque pilule de 4 grains contient 1 grain de mercure , 1 grain d'aloès , 1/2 grain de rhubarbe et 1/3 de grain de scammonée.
Pilules de deutochlorure de mercure , pilules majeures d'Hoffmann. Prenez deutochlorure de mercure porphyrisé 18 grains, eau distillée 1 gros , mie de pain 6 gros. Faites 216 pilules , dont chacune contient 1/12 de grain de composé mercuriel.
Pilules mercurielles guajacécs. Prenez extrait de gayac 180 g., extrait d'opium 15 grains, deuto-chlorure de mercure 12 grains , pour 60 pilules, dont chacune contient 3 grains d'extrait de gayac, 1/4 de grain d'extrait d'opium et 1/5 grain de sublimé corrosif.
Pilules d'onguent mercuriel. Prenez onguent mercuriel à P. E. 4 gros , poudre de guimauve 3 gros. Mêlez et faites 144 pilules; chacune contient 1 grain, de mercure-
Pilules mercurielles savonneuses. Prenez onguent mercuriel 3 gros , savon médicinal 2 gros , poudre de réglisse 1 gros. Mêlez et faites des pilules de 4 grains ; chaque pilule contient 1 grain de mercure.
Pilules mercurielles antimoniales ou pilules éthiopiques. Prenez sulfure noir de mercure 2 gros , antimoine métallique prophyrisé 1 gros, résine de gayac l gros ^ extrait de salsepareille 2 gros. Chaque pilule de 3 grains renferme 1 grain de sulfure de mercure, 1/2 grain d'antimoine, 1/2 grain de résine de gayac et 1 grain d'extrait de salsepareille.
Pilules arsénicales ou asiatiques. Prenez acide ar.senieux 66 gr. , poivre noir pulvérisé 9 gros , gomme arabique 2 gros , eau s. q. pour 800 pilules, contenant Si chacune 1/12 de grain d'acide arsénieux. Telle est la véritable formule des pi-\ Iules asiatiques , obtenue en transformant le poids anglais de la formule ori- Il ginale en poids métrique français. Cette formule a été tellement défigurée dans fe plusieurs ouvrages publiés en France , qu'on y trouve tantôt 4 grains , tantôt h 55 grains , tantôt 70 grains d'acide arsénieux pour 9 gros de poivre, ou bien 4 |.| grains d'acide pour 9 grains de poivre , ou bien 66 grains d'arsenic blanc pour \i 1 1 onces et 68 grains de poivre , etc. Voir la Pharmacopée raisonnée. j
Pilules de cynoglosse. Pilules opiacées mjrrho-cj noglossées. Prenez extrait M d'opium 8 gros, poudre d'écorce de racine de cynoglosse 8 , poudre de semen- |i ces de jusquiame 8, myrrhe 12,oliban 10, castoréum 3 , safran 3, sirop de j! cynoglosse 20 ; total 72. Chaque pilule de 4 grains contient un peu moins d'un H demi-grain d'extrait d'opium. Cette formule devrait porter plutôt 9 gros d'ex- i trait d'opium et 9 gros d'oliban, ce qui ne changerait pas le poids total. Alors ■ chaque pilule de 4 grains contiendrait exactement 1/2 grain d'extrait d'opiumj j i une pilule de 2 grains en contiendrait 1/4, etc. |' Je me borne à donner les formules précédentes qui sont les plus usitées ; je j : renvoie, pour les autres ainsi que pour les détails de préparation, à la Pharma- ; | copée raisonnée. (Gt'iBOORT.) 1 1
PIMENT. On donne ce, nom à des fruits appartenant à des végétaux bien différons, mais qui tous sont pourvus d'une grande àcreté et servent, dans les pays ( chauds surtout, à stimuler les organes digestifs débilités parla température \ de l'air et l'humidité. On peut les ranger en deux classes : 1» ceux qui sont très- 1 acres, non aromatiques , tels que les fruits des capsicuin ; 2» ceux qui sont j ]