PLANTAIN
conlinuilc , et elle y détermine d'énormes abcès gangreneux , qui détruisent le tissu cellulaire et quelquefois les tégumens , et cotnpromettent toujours plus ou moins gravement la vie des malades. Mais , quand le péritoine est blessé , il se forme , d'autant plus vite que la blessure de la vessie est plus grande et que cet organe contient une plus grande quantité d'urine au moment de l'accident, un épanchement urineux dans la cavité même du ventre j alors il ne sort que peu ou point d'urine par la plaie extérieure , et le malade ne tarde pas à succoQiber aux accidens de la péritonite la plus aiguë.
Traitement. Prévenir ou combattre les accidens inflammatoires , prévenir l'inQltration ou répanchenient de l'urine, et en combattre les efl'ets quand ils ont lieu , telles sont les indications que présente le traitement des plaies de la vessie.
Les saignées générales et locales , les fomentations, les cataplasmes émolliens, les bains , les lavemens, les boissons délayantes, la diète , etc. , sont les moyens à l'aide desquels on remplit la premièi e indication.
On cherche à prévenir l'infiltration ou l'épanchement d'urine , en plaçant à demeure une sonde de gomme élastique dans l'urèthre : cette sonde doit rester oaverle. Mais ce moyen n'est guère utile que quand la plaie affecte un point de •la paroi antérieure de la vessie placée au-dessus du col de cet organe ; lorsque la plaie attaque la paroi postérieure de la vessie, il est douteux que la sonde réussisse complètement à empêcher le passage de l'urine dans le péritoine ; et quand elle affecte un point de l organe situé au-dessous de son col, la sonde est à-peu-près inutile. Lorsque la plaie extérieure est petite et que la plaie de la vessie fournit beaucoup d'urine , il ne faut pas balancer à dilater la première , afin de procurer au liquide un écoulement iacile. Enfin lorsque, malgré ces soins, l'infiltration unneuse, se forme dans le tissu cellulaire, il faut pr.itiquer de bonne heure, sur tous les points où le liquide se porte et produit de profondes scarifications qui ouvrent au liquide une large voie.
32°. Pluies de L'utérus. Ij'état dans lequel se trouve la matrice influe beaucoup sur la facilité avec laquelle cet organe peut être atteint parles corps vulnérans extéiieurs , ou se soustraire à leur action. Quand il est rempli par le produit de la conception , ou dilaté par la présence de quelque production morbide, il est facilement compromis dans les blessures qui traversent la partie inférieure de la paroi antérieure de l'abdomen ; quand il est vide , il est beaucoup plus difficile à atteindre. Les signes qui indiquent que l'utérus est blessé sont la situation de la plaie extérieure , la direction qu'a suivie l'instrument vulnérant, une douleur vive à l'hypogastre , douleur qui se propage aux lombes, aux aines, à la vulve, aux cuisses, aux hanches, est accompagnée d'un ccoulementdesang par la vulve, de dysurie, de ténesme, et qui bientôt est suivie de tous les accidens de la mctrite , et souvent de ceux de la péritonite. Quand la femme est enceinte , l'avortement est un des premiers effets de la blessure de la matrice: cette affection est grave. Le traitement est celui de la mélrite.
33". Plaies du testicule. La texture délicate du testicule rend en général trèsgraves les plaies qui l'affectent. En effet, aussitôt que la tunique albuginée est divisée, la substance des canaux séminifères tend à faire hernie à travers les bords de la solution de continuité , et l'organe peut ainsi se vider tout entier à la suite d'une plaie de médiocre étendue. C'est surtout quand la plaie est produite par un corps contondant, que la periede l'organe est à-peu-près certaine, parce que le gonflement déterminé par l'inflammation ajoute encore à cette tendance. Il faut donc employer de bonne heure tous les moyens répercussifs et antiphlogistiques connus , afin de prévenir l'inflammation. Ces moyens sont les seuls que l'on puisse opposer à ce genre de blessure.
34o. Plaies de la verge. Les plaies des corps caverneux de la verge sont toutes remarquables par l'hémorrhagie qu'elles fournissent, lors même qu'aucun vaisseau susceptible d'être lié n'a été divisé. Lorsque la plaie est peu profonde, elle guérit avec facilité , et la verge ensuite remplit ses fonctions comme auparavant. Quand la section d'un des corp^ caverneux a été presque totale, la plaie guérit encore; mais il est rare que le blessé reste apte à la génération, parce qu'en général , après de semblables blessures , l'érection ne se fait plus qu'imparfaite- Inent. On nous a cependant cité l'exemple d'un militaire chez lequel cet organe avait été traversé de part en part par une balle , et qui n'a pas été privé des fonctions viriles ; mais ces exemples doivent être très-rares. Enfin, lorsque le pénis est compretement tronqué , il survient une hémorrhagie , presque nécessairement mortelle , si l'art ne vient prompteraent au secours du l>!essé , et qui est fournie , non-seulement par les capillaires du tissu éreclile du corps caverneux, mais encore par toutes les artères qui se distribuent au membre viril; cependant cet accident est encore à-peu-près le seul de quelque importance auquel l'amputation de la verge donne ordinairement lieu; une fois que l'hémorrhagie est arrêtée, la plaie guérit ordinairement bien; mais le blessé reste d'autant plus impropre à la fécondation , que le moignon de l'organe est plus court.
La première indication que présentent les plaies des corps caverneux , est d'arrêter l'hémorrhagie. Quand les vaisseaux capillaires seuls sont intéressés , on y parvient facilement à l'aide de quelques lotions froides qui déterminent le resserrement des tissus ; mais les réiVigérans doivent être employés avec continuité, afin d'empêcher l'afflux du sang dans l'organe ; il faut également éloigner 'rtu malade tout ce qui peut déterminer l'érection de la verge. Ces moyens peuvent encore suffire dans les cas de section incomplète des corps caverneux , ou quelque vaisseau d'un calibre suffisant fournit un jet, est divisé; mais si , malgré leur usage , l'écoulement de sang continue , comme il serait imprudent d inciser le tissu de l'organe pour mettre le vaisseau à découvert et le lier , il faut arrêter •rhémorrhagie par la compression. Celle-ci se fait au moyen d'une bande dont ■t>n entoure la partie après avoir placé une sonde de gomme élastique dans
DlCT, PE iMÉDEClNE ?T DE ClilRnKGïE PRATIQUES.
l'urèthre : cette sonde a en même temps l'avantage de prévenir les obstacles à l'émission de l'urine , qui résulteraient de la compression du canal. Lorsque la verge est complètement tronquée, on peut, et il faut avant tout, lier tous les vaisseaux qui fournissent un jet de sang; ces vaisseaux sont d'autant plus nombreux que l organe est tronqué plus près de sa racine. En arrière , on en compte jusqu'à dix, qui sont : les deux artères des corps caverneux, les artères dorsales de la verge , deux artères situées entre l'urèthre et les corps caverneux , et quatre artères tégumenteuses. On place ensuite une sonde de gomme élastique dans le canal de l'urèthre , parce que le retrait des extrémités tronquées des corps caverneux donne aux tégumens une longueur telle, c[u'ils se roulent en dedans et qu'ils gênent l'émission de l'urine , et on termine l'appareil par quelques plumasseaux de charpie, que Ton fixe à l'aide d'une compresse eu croix de Malle, percée à son milieu pour laisser passer la sonde, ou de quelques compresses longuettes et d'une bande. La sonde est fixée à un suspensoir, et on garantit l'appareil du conctact de l'urine par une pièce de taffetas gommé.
35°. Plaies de l'urèthre. Les plaies de l'urèthre sont faciles à reconnaître à leur situation et à la sortie de l'urine chaque fois que le malade veut pisser. Quand ces plaies affectent la portion du canal qui est cachée dans la profondeur du périnée, on les distingue de celles du bas-fond ou du corps de la vessie, à ce que dans celles-ci le malade a perdu la faculté de retenir Turine, tandis que dans les solutions de continuité du canal , il a conservé celte faculté , et que le liquide excrémentitiel ne s'échappe par la plaie que quand il veut satisfaire au besoin de le rendre.
Tant que les plaies longitudinales , obliques ou transversales de l'urèthre ne sont pas compliquées de perte de substance , elles guérissent d'elles-mêmes , et ne demandent que des soins de propreté. Il faut toutefois ajouter à ces soins des débridemens convenables toutes les fois que la plaie , existant au périnée , est disposée de manière à ce que son ouverture extérieure ne donne pas un libre écoulement au liquide , afin de prévenir son infiltration dans le tissu cellulaire. Quand au contraire l'urèthre a éprouvé une perte de substance , il faut faire porter au malade une grosse sonde de gomme élastique , qui s'oppose au rétrécissement du canal dans le point affecté, et on fait usage d'un pansement simple. On peut guérir ainsi sans rétrécissement et sans fistule, des plaies qui ont détruit presque la moitié de la circonférence du canal ; mais quand la perte de substance est plus considérable, la plaie devient presque toujours fisluleuse , et le malade est affecté d'une hypospadias accidentel.
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