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POUSSIÈRES

cher à la cautérisation au moyen du feu, témoignent assez du peu de confiance que méritent ces applications incendiaires. J'ai été témoin de l'emploi d'une sauce composée de vinaigre très-fort et d'une aussi grande proportion de chlorure de sodium qu"il en pouvait dissoudre, et les effets n'ont pas été plus salutaires que ceux obtenus par tous les moyens analogues.

Dans la forme ulcéreuse de la pourriture, si les premières applications désinfectantes et relâchantes, aidées, si on le juge convenable, des déplétions sanguines capillaires, ne suffisent pas pour enrayer la marche de la maladie, il convient de recourir bientôt à la cautérisation des parties excavées et ulcérées de la plaie. Le nitrate acide de mercure , le chlorure d'antimoine, l'alun calciné, portés sur ces points ont assez souvent réussi, dans des cas plus graves. Si la désorganisation ne fait, alors que les accidens inflammatoires sont diminués notablement, que des progrès peu rapides , ont peut essayer de quelqu'un des topiques stimulans, indiqués , savoir : le charbon pilé, le vinaigre et le sel, l'acide citrique, les tranches de citron étendues sur les plaies , la poudre de quinquina unie au camphre , au charbon et à l'huile de térébenthine, le camphre en poudre, dont beaucoup de praticiens font un grand éloge. Mais, je le répèle ,les stimulans, de quelque nature qu'ils soient , ne doivent pas être appliqués routinièrement et dans tous les cas , ainsi que quelques écrivains en donnent le précepte. Il faut , au contraire, ne les employer qu'avec réserve, en choisissant les circonstances où la faiblesse de l'excitation inflammatoire indique qu'ils pourront être utiles, en observant les phénomènes qu'ils provoquent , sans prévention, sans entêtement, aussi disposé à continuer leur usage qu'à les abandonner , selon les résultats favorables ou contraires qu'on en obtient.

La seconde forme de la pourriture d'hôpital, ou la forme pulpeuse , plus grave que la première , parce qu'elle est plus tenace , exige aussi des médications plus actives. Les tissus vivans, recouverts alors d'une couenne putrescente, sont isolés par cette couenne des moyens topiques , et en contact avec une sorte de réservoir de miasmes qui alimente et entretient l'infection dont ils s'imbibent. Aussi Delpech attachait-il une grande importance à détruire cette couche pulpeuse, ou moyen de frictions faites sur toute la plaie avec un linge grossier et rude. Lorsque les parties étaient rendues saignantes et mises au vif, il les arrosait avec du vinaigre ou d'autres acides , et les recouvrait de plumasseaux imbibés de liquides analogues. Dussaussoy , M. Bobillier , et d'autres praticiens ont recommandé de recouvrir la plaie atteinte de pourriture pultacée d'une couche très-épaisse de poudre de charbon, de quinquina, de charbon et de quinquina seuls , ou avec addition de camphre, de camphre et de sucre, etc., de manière à former sur elle un mastic épais que l'on n'enlève qu'au bout de vingt-quatre heures au moins. Selon ces observateurs, quatre ou cinq applications suffisent ordinairement pour faire disparaître les couches couenneuses , et rendre à la plaie son aspect vermeil. Us pensent que les mastics dont il s'agit sont spécialement eflicaces en mettant les solutions de continuité à l'abri de l'impression des miasmes putrides répandus dans l'atmosphère. Tout porte à penser au contraire que la partie de leur action la plus favorable consiste à mettre la plaie à l'abri de nouvelles excitations, à empêcher ces pansemens fréquens, ces renouvellemens de contacts irritans , qui ont lieu presque à jchaque heure, par d'autres méthodes. Les poudres indiquées agissent sans doute aussi sur la matière coueuneuse qu'elles désinfectent, de manière à la prendre inotfensive pour les tissus sous-jacens. On pourrait y ajouter avec avantage du chlorure de chaux solide et pulvérisé. Il en est si bien ainsi , relativement à leurs manières d'agir, que l'on peut déjà augurer favorablement des effets de leur application, lorsque, enlevant les appareils , on les trouve humectés des produits de la transpiration des parties, que les bords delà plaie sont détendus et moins douloureux, que le mastic lui-même est en partie ou ,:oicplètement détaché par une suppuration qui exhale quelque chose de peu désagréable. Ces signes annoncent la détersion prochaine de la solution de con- {tiauité, le développement de bourgeons charnus de bonne nature à sa surface, fit la reprise non éloignée de sa marche vers la cicatrisation.

I Cependant, il n'en est pas toujours ainsi, et trop souvent la maladie résiste ^□x topiques les plus puissans, les mieux indiqués. Lorsque, après quatre, knq ou six jours , cette opiniâtreté de la pourriture d'hôpital se montre rebelle pus soins les plus méthodiques , et que la destruction des parties fait de rapides 3rogrès, il fautsans hésiter recourir à la cautérisation. Il est possible sans doute d'appliquer alors l'alun calciné , les acides minéraux concentrés, le chlorure 'd'antimoine j mais ces moyens sont ou trop faibles ou trop difficiles à faire agir tl'une manière convenable sur toutes les parties d'une plaie irrégulière pour iju'ils puissent mériter un grande confiance. Le feu doit leur être préféré, ainsi f:jue l'ont établi avec raison Pouteau , Delpech , Ollivier , M. Dupuytren , etc.

II Pour faire usage de ce moyen énergique , il faut absterger et dessécher la ■plaie, mettre par des incisions convenables les organes profonds , à découvert , jpuis avec des cautères de formes appropriées à la disposition des parties , réduire toute la surface de la solution de continuité en une escarrhe assez épaisse pour comprendre toute l'épaisseur de la couenne , et avec elle les portions su- |)erficielles de tissus nerveux , sous-jaccns , qui en contact avec elle, commenifeaient à ressentir les effets de sa présence. Il est très-important de n'épargner l^ucune des anfractuosités de la plaie, parce que la plus faible portion de pourriture demeurée intacte entretiendrait un foyer d'infection susceptible de reproduire tous les accidens de la maladie.

I Apres la cautérisation les parties peuvent être pansées simplement ou recou- [/erles de quelqu'une des poudres in^liquées précédemment, et l'on attend linsi la chute des escarrhes et la détersion de la plaie. Ces résultats favorables

DlCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

sont annoncés par la cessation des douleurs quelques heures après l'application du feu , par une sorte de calme , accompagne de bien-élre intérieur qu'éprouve le malade, et ensuite par la production d'une suppuration liée et non fétide. On est parfois obligé de réitérer l'emploi du cautère , soit que la première application ait été trop superficielle , soit aussi que les points épargnés conservent des traces de pourriture qui menacent de s'étendre au reste de la surface dénudée.

Faut-il isoler les blessés atteints de pourriture d'hôpital? si par là on a en vue de prévenir une contagion imaginaire, l'isolement est entièrement inutile. Mais si l'on veut, en séparant ces blessés des autres, les placer dans des salles plus vastes, mieux éclairées, plus faciles à ventiler, nul doute qu'il ne faille user de ce moyen, qui procure le double avantage, d'abord de diminuer pour les sujets épargnés jusque-là l'intensité du foyer d'infection, en leur donnant plus d'espace et en les débarrassant d'hommes malades qui augmenteront son activité, et ensuite, pour les individus frapi^cs , de les placer dans des conditions de salubrité plus favorables à leur rétablissement. L'expérience a démontré que les plaies atteintes de pourriture se détergent et guérissent plus sûrement et plus facilement'loin des lieux où la maladie a été contractée que dans le foyer même qui a provo([uc son développement. Toutes les fois donc que les blessés atteints pourront y gagner, on devra provoquer ou favoriser leur émigration ou leur séparation d'avec les autres.

Telles sont les règles générales du traitement de la pourriture d'hôpital ; elles reposent en définitive sur ces bases : 1° Désinfecter , assainir les lieux où des blessés sont rassemblés; 2" combattre par des médications intérieures convenables les accidens générau.x, les irritations viscérales que les sujets éprouvent; 3° opposer localement, à la dégénérescence de la plaie, les topiques, les procédés chirurgicau.x les plus propres à la ramener à l'état normal. Ces trois ordres de moyens doivent être constamment employés de concert. En les modifiant selon les circonstances, ils se prêtent un mutuel appui et peuvent seuls assurer le succès qu'aucun d'eux , mis isolément en usage , ne saurait faire obtenir avec certitude.

Si un établissement infecté de la pourriture d'hôpital ne pouvait être assaini, il faudrait l'évacuer , disperser les malades dans des établissemens mieux disposés, ou même les faire baraquer dans la campagne. Un de nos hôpitaux, à Dresde, était ainsi établi : il fut préservé de la pourriture qui désolait tous ceux de l'intérieur de la ville.

A. Dussaussoy. Disserlalioii sur la gangrène des bôpilaux, Genève, 1788, în-S". J. Moreau et Burâin. Essai sur la gangrène humide des liôpîlaux, Paris, 1796, ia-8''. L. J. B. Guéniard. Sur la pourriture d'hôpilal , Strasbourg, 1802 , in-S». (\ J , Gronnier, Essai sur la pourriture d'hôpital , Paris , 1810 , iu-8''. P. J. B. Pardomirat, Considérations sur la gangrène humide ou pourriture d'hôpital , Paris , 1815 , in-8».

J. Delpech. Mémoire sur la complication des plaies et des ulcères, connue sous le nom da pourriture d'hôpital , Paris, 1815,in-8°.

Tf^. H. Blachndder. Observations on phagedaena gangrrcnosa , London , 1818, in-S".

A. Riberi. Sulla cangrena contagiosa o nosocor^iiale , Torino , 1822 , ia-8°.

A. F. Ollivier. Traité expérimental du typhus traumatique , gangrène ou pouriilure d'iiopilal , Paris , 1822, in-S". (L.-J. Bkgin. )

POUSSIERES. Existe-t-il des poussières , qui en pénétrant avec l'air dans les voies respiratoires ou en s'attachant à la peau , puissent avoir une influence nuisible ? Assurément , il en existe , et les auteurs n'eussent-ils fourni aucun fait à l'appui de cette opinion , qu'on pourrait encore la considérer comme fondée, attendu que, pour en avoir une autre , il faudrait admettre à y^/v'o/i deux exceptions , savoir : que nos surfaces tégumentaires , et particulièrement les muqueuses , sont invulnérables à ce qui est poussière ; et ensuite que des corps qui possèdent, lorsqu'ils sont en masse , une activité souvent si grande la perdent aussitôt que , par leur division , ils peuvent plus aisément s'appliquer sur no3 surfaces , s'y attacher , les blesser , y être absorbées. Il n'y a donc pas lieu de chercher s'il y a ou non des poussières nuisibles, mais b:ea quelles sont celles qui peuvent nuire et quelles sont les affections qu'elles peuvent produire. Voyons où la science en est à cet égard.

Les poussières n'ont été presque exclusivement considérées que comme causes de la phlhisie pulmonaire. Les opinions, jusque dans ces derniers temps , se sont formées sur ce point de la science comme généralement elles se forment sur tout ce qui parait cause de maladie On a vu que les individus qui par profession respirent habituellement certaines poussières sont , plus que d'autres , sujets à la phthisie pulmonaire , et on en a conclu , sans chercher plus loin, qu'il existe un rapport certain de causalité entre elles. C'est ainsi que l'idée du danger de certaines poussières s'est établie avec une puissance de notoriété que rien ne saurait détruire, au milieu de plusieurs populations, parmi certaines classes d'ouvriers, ainsi que chez les magistrats et les médecins qui les entourent.

Des méthodes plus scientifiques, plus rigoureuses, au moins en apparence , ont été, dans ces derniers temps, appliquées à celte question par deux statisticiens, éminemment recommandabies , MM. Benoiston de Chàteauneuf et Lombard de Genève (f^ojr. Annales d hygiène , juillet 1831 et janvier 1834). Quel a été le résultat de ces tentatives ? j'ai regret de le dire, elles n'ont servi qu'à embrouiller la question des poussières. Généralement on donne à la statistique une portée trop grande. C'est de l'arithmétique, dit-on : oui ; mais il faut ajouter que presque toujours ce sont des données hypothétiques qui lui servent de base. On compare des faits pour établir leurs nombres relatifs : mais ces faits qui, considérés individuellement, peuvent èlre entachés déplus ou

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