POUSSIER ES
PRESBYOPIE.
moins d'inesaclitude , ne sont connus que par une seule face , d'après laquelle on suppose les autres. Ainsi tel individu est inscrit sur un registre comme ayant ét maçon, polisseur, meunier, etc., de suite on suppose qu'il a respiré long-temps ' habituellement, du plâtre, du grès on de la farine; on fait abstraction d toute autre influence , pour ne considérer que celle-ci , et cet individu devient une unité , un fait de détail dont on se sert comme point de comparaison. Ce n'est pas tout, au moyen d'analogies, que l'on suppose vraies, on groupe ces faits de détail, on les capitalise et on forme ainsi une nouvelle unité qui, à son "tour, comparée à des unités construites suivant la même méthode, devient une mine plus ou moins féconde en résultats. On conçoit, d'après ce peu de mots , combien de causes d'erreurs doivent entourer ces opérations statistiques dont l'exactitude semble si rigoureuse, et c'est parce qu'il m'a paru que les calculs de MM. Benoiston et Lorab;jrd avaient subi largement l'influence de ces causes , que les conséquences qu'ils en ont tirées m'ont paru peu dignes de foi , et que je n'en ai tenu aucun compte dans cet article.
Il existe, dans le département de Loir-et-Cher, une commune appelée Meusne , où se fabriquent la plupart des pierres à fusil que l'on consomme en Europe. Or, depuis que cette e.>;ploitation a lieu , c'est-à-dire depuis plus d'un siècle , la mortalité s'est accrue dans celte commune , à ce point que le nombre des décès, qui auparavant, était annuellement dans la proportion d'un sur 33 , 2^ individus , est maintenant d'un sur 23 , 60. C'est à la phlhisie pulmonaire que cet accroissement de mortalité est due. Les recherches de MM. le docteur Bourgoin et Benoiston rendent ce fait incontestable. Est-il nécessaire de dire que cette sorte d'endémie a été généralement attribuée à la poussière du silex ? Une voix cependant , une seule , a élevé des doutes à cet égard. Cette voix est celle de M. Benoiston. Il s'est demandé si les travaux souterrains des liabitans de Meusne, ne seraient pas la cause de la phlhisie qui les décime. Remarquons seulement qu'eu attribuant cette affection à la poussière du silex, on ne fait qu'admettre une iufluence , qui paraît hors de doute pour d'autres professions , tandis qu'on n'a pas observé , à ma connaissance du moins , que l'ouverture d'une mine ait eu sur les habitans d'une localité, une influence semblable à celle de l'exploitation, à Meusne , des pierres à fusil. Même on a représenté les mineurs de charbons de terre comme très-rarement sujets à la phlhisie (Clapier, Jour, de méd. , tome xviii). Suivant M. Lombard , on rencontre aussi un grand nombre de phthisiques dans plusieurs autres localités où l'on taille le silex , et particulièrement dans l'arrondissement de Romorantin.
Les tailleurs de grès ont été signalés aussi comme très-sujets a la phlhisie qui , pour cela , a reçu dans plusieurs localités , le nom de maladie des grès. Ce fait a été confirmé par un grand nombre d'auteurs, et particulièrement en France ,par Leblanc, Clouzier, 'Will et dans la Grande-Bretagne, par les docteurs Young et Alisson. Il parait bien constant que les tailleurs de grès dépassent rarement l'âge de 40 ou de 50 ans , et ce fait m'a été particulièrement confirmé par des maîtres-paveurs, relativement aux rejendeurs de pat^ê. Pareilles remarques ont été faites pour d'autres professions où l'on se sert habituellement de la meule, comme celles de tailleurs de cristaux , de polisseurs d'acier, de faiseurs d'aiguilles, etc. Dans ces professions , d'autres molécules se joignent à celles du grès. Le docteur Johnston a noté , dès 1799 , la grande fréquence de la phlhisie chez les ouvriers occu|)és à aiguiser les aiguilles sur les meules de grès {Mém. de la Soc. méd. de Londres , vol. v). La plupart des ouvriers employés à SchelJîeld , au polissage de l'acier, succombent à la phlhisie pulmonaire ; même , suivant un médecin de cette ville, le docteur Knight, il n'y a pas un seul polisseur de fourchettes d'acier qui atteigne sa 36» année. Ces faits m'ont été confirmés par plusieurs maîtres-polisseurs de Paris. Ils s'accordent à dire que leurs ouvriers ont, en général , les yeux rouges , quand ils viennent de travailler, sans pour cela être plus que d'autres sujets aux ophthalmies; que le polissage leur laisse une âcreté , une saveur métallique dans l'arrière-bouche ; que bientôt ils deviennent maigres, pâles ; qu ils ont habituellement soif; que leur peau est sèche; qu'ils ont une petite toux habituelle, sont sujets à cracher le sang , qu'ils ne dépassent guère 36 à 40 ans , et qu'on les regarde comme vieux quand ils vont jusqu'à 45: que ces alTeclions sont appelées par ces ouvriers, la maladie du poli; qu'ils l'attribuent aux poussières de grès et d'acier qu'ils respirent , et que généralement ils boivent beaucoup , afin, disent-ils, de faire couler le grès. Ces fabricans m'ont également assuré que la poussière de grès pénètre chez eux partout, dans leurs vctemens , dans les armoires les mieux fermées et jusque dans l'intérieur des montres , et qu'enfin on leur refuse, aux Enfans-trouvés des apprentis , à cause de l'influence funeste de leur profession. '
Suivant M. Lombard, la plupart des ouvriers qui, dans les manufactures de porcelaine, pulvérisaientia silice au moyen de meulesde granit, mouraient phthisiques ; ce qui n'a plus lieu depuis que le broyage à l'eau est adopte. Les poussières du plâtre , de la pierre et du marbre ont été signalées par Amatus Lusitanus , Morgagni , Ramazzini , Alisson , et une multitude d'auteurs, comme cause de phthisie. Ce fait a été constaté sans preuves suffisantes , par M. Benoiston qui s'appuie sur des recherches faites dans quelques hôpitaux de Paris, et de ce que , dans la commune de Molières ( Seine-et-Oise) , renommée depuis long-temps pour la fabrication des pierres à moulin , la mortalité et la vie moyenne y sont comme partout "ailleurs ; ce qui prouverait, au plus, ce me semble , que la poussière de la pierre à meules est innocente. Celle de l'émeri est i-egardce par M. Lombard comme la plus dangereuse de toutes.
Beaucoup de poussières animales ont été mises à côté, ou même avant celles dont il vient d'être question , comme cause de phthisie. On a particulièrement désigné celle que respirent les brossiers, les cardeurs de laine , les chapeliers , et surtout les plumassiers. MM. Benoiston et Lombard s'accordent sur l'in-
fluence fâcheuse de ces poussières. Le premier de ces auteurs tient de M. Paye j que , dans la maison centrale de Riom , beaucoup de jeunes détenus que l'on y occupe à carder de la laine , meurent phthisiques entre 18 et 30 ans. M. 'V^il- > lermé a vu succomber de la même maladie, dans la prison de Saint-Lazare ,j beaucoup de femmes cju'on y occupait h couper le poil des peaux de lapin. | 'Vincent et Beaumes disent, dans leur topographie de la ville de Nîmes, qu'il | est constant que les jeunes filles qui viennent des Cévennes pour battre les restes des cocons dont on tire la soie, perdent rapidement leur santé , et finissent par périr d'une phthisie qui leur est particulière. La fabrication du papier velouté passe, parmi les imprimeurs, pour une cause très -active de cette I afl'ection.
Les poussières amylacées ont été considérées aussi comme cause de phthisie. Une foule d'auteurs s'accordent sur les dangers que couraient les perruquiers à l'époque où l'usage de la poudre à cheveux était général. Portai cite plusieurs garçons perruquiers qui n'ont échappé à la phthisie qu'en renonçant à l'atmosphère poudreuse, au milieu de laquelle ils vivaient. M. Maygrier assure positivement qu'il a vu pendant plusieurs années les garçons boulangers de l'établis- ' sèment de Scipion , que l'on apportait à l'hospice Cochin , y mourir de la phthisie et qu'il s'est assuré que depuis qu'il n'est plus chargé du service de cet hôpital , rien n'est changé à cet égard. Pour le même motif on a représenté les meuniers, les amidonniers, comme très-sujets à la phthisie. La poudre de charbon a été tour-à-tour regardée comme nuisible et comme innocente par i divers auteurs. Les professions de cribleur de blé et de cardeur de chanvre , | ont été mises aussi, à cause des poussières que respirent ceux qui les exercent, | au nombre des professions dangereuses. Le battage du colon a particulièrement j été accusé de rendre phthisiques les ouvriers qui se livrent à ce travail. Son i influence a même paru si nuisible à quelques philanthropes de Manchester i qu'ils ont provoqué une enquête parlementaire à ce sujet. Il serait intéressant de rechercher l'influence d'une profession toute moderne, le sciage en feuilles des bois de placage. Il paraîtrait , d'après les renseignemens que j'ai pris, que* de véritables coryzas résultent quelquefois du sciage des bois trop secs , que des cé()halalgies très-fortes résultent aussi fréquemment du sciage de certains i bois , parmi lesquels on m'en a spécialement désigné un qui est semblable au t jjois d'amboine, mais qui est plus rouge. Les bois d'acacia, de citronnier et j un autre bois que l'on nomme noyer de la Guadeloupe, produisent aussi fréquemment cet effet : mais c'est à leur odeur forte qu'il paraît particulièrement dû.
Llufluence des poussières paraît tenir surtout à leur action topique , à l'irritation qui résulte de leur contact. On peut croire cependant que quelques poussières , particulièrement celles que respirent les pileurs de drogues , sont susceptibles d'agir par absoi ption. Au demeurant , je n'ai rien à dire de plus sur le danger relatif des poussières , que ce qui précède. MM. Benoiston et Lombard ont cherché à établir , sous ce rapport, l'ordre suivant lequel lest poussières végétales , animales et minérales devraient être rangées ; mais leurs résultats ne sont pas semblables, et j'ai déjà dit pour quelles raisons j'ai dû leur accordef peu de foi. Long-temps les matières crétacées que l'on rencontre dans le voisinage des bronches et même les tubercules des poumons ont été attribués à des agglomérations, et même à l'absorption de molécules pulvérulentes. Cette opinion ne mérite plus aujourd'hui qu'on s'arrête pour la réfuter- Quant au séjour des poussières dans les voies aériennes, il y a lieu de penser, avec Laenuec,; que le plus souvent , il doit être fort court. On cite cependant l'exemple d'uni plumassier chez lequel on trouva les bronches tapissées d'un léger duvet qui lesi remplissait en partie.
Il y a peu de choses à dire sur les moyens que l'on a employés pour pre'servet les ouvriers des poussières nuisibles. On sait que le pilage de certaines drogues se fait à mortier clos , et que les ouvriers pileurs s'enveloppent souvent d'un mouchoir, le nez et la bouche. A cela se bornent les moyens qui sont encore pratiqués. Le masque inventé par M. Gosse , et dont nous avons parlé ailleurs ( Art. ÉMAKATiOMS ) , ne pouvait servir, et n'a servi que pour des expériences. M. 'Vord a imaginé pour les ouvriers en aiguilles d'interposer une lame de verre entre eux et la meule : mais il ne paraît pas que ce moyen ait été mis eil pratique. Il en a élé à-peu-près de même du ventilateur, dont l'adoption fut le résultat de l'enquête provoquée par quelques habitans de Manchester. Au surplus , les plus grands obstacles à l'adoption de pareils moyens viennent des ouvriers eux-mêmes : entre une gêne même très-légère de tous les instans et I un danger que , le plus souvent, ils ne prévoient pas, leur choix ne sera jamais douteux.
Les livres contiennent peu de documens relativement à l'action des poussières sur la peau : on y trouve seulement que diverses affections de cette membrane, des impétigo, des ecthyma, des lichen, etc. , peuvent résulter de l'action sur les mains de diverses poussièi-es , et particulièrement de celles du sucre brut et de la chaux. (Fojez l'ouvrage de MM. Alph. Caseuave et Schœdel, sur les Maladies de la Peau, édition , pages 202 , 273 et 296. )
( LÉOP. Dbslandes. )
PRÉCIPITÉ BLANC. PRÉCIPITÉ ROUGE, l^oy. Mercure.
PRÉDISPOSANTES. PRÉDISPOSITIONS, ^'oy.. ixioLociE.
PRESBYOPIE , PRESBYTIE, s. f. De v^/^ys, vieillard , et de w/. œil. I^isus senilis, presbjopia , vue longue. Affection dans laquelle on ne peut distinguer les menus objets que de loin, c'est-à-dire à une distance de deux pieds au moins.
Les causes qui la déterminent sont : une forme trop aplatie de la cornée ou du.crislallin , la diminution de la force réfringente des autres milieux transpa-