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PRIAPISME

PROFESSION

rens de l'œil , le rétrécissement de la pupille. Par l'effet de ces causes , les rayons lumineux parlant de l'objet regardé se réunissent trop tard en un point commun; le cône qu'ils forment est coupé parla surface de la rétine, sur laquelle ils forment une tache, ainsi que cela a lieu dans la myopie, mais avec cette différence importante que, dans celte dernière affection , ces rayons se sont d'abord réunis en avant du fond de l'œil , et ne frappent la réline qu'après s'être se'parés de nouveau ; tandis que dans la presbytie ils ne tendent a se réunir qu'en arrière de la surface de la rétine.

Les vices de conformation de l'œil dont le résultat est la presbytie , sont quelquefois primitifs ou de naissance; mais le plus souvent ils sont acquis et résultent de l'amincissement, de l'atrophie de la cornée et du cristallin, ou de la déliquescence de l'humeur aqueuse , amenés par les progrès de l'âge. Les presbytes ne peuvent voir distinctement qu'à une dislance de deux à trois pieds. En diminuant celte distance, les objets envoient à l'œil des rayons trop convergens, tandis qu'en la portant trop loin, les rayons n'arrivent plus qu'en trop petite quantité sur la rétine.

La presbytie peut encore dépendre de la mauvaise habitude prise par les malades de regarder les objets de trop loin ; quelques personnes parviennent à se guérir, même à un âge très-avancé , en s'exerçant à regarder les objets à des distances successivement moindres.

Quelques individus naissent avec un œil presbyte et l'autre d'une portée ordinaire, ou même myope à un très-haut degré.

On corrige la myopie par l'usage des verres convexes.

11 faut pourtant avoir soin de ne se servir de ces verres qu'avec la précaution de ne pas se hâter de passer d'un numéro faible à un numéro plus fort, car bientôt on ne trouverait plus de lunettes assez convexes. (J.-L. Sanson.)

PRIA-PISME, s. m. Priapismus, Kpi'xKLTiJ.oi. Erection involontaire, excessive, persévérante, avec tension douloureuse du pénis, et souvent accompagnée de chaleur générale , d'agitation , de fréquence du pouls , mais sans, désirs prononcés du coit. Cette dernière circonstance distingue , quoique d'une manière moins absolue qu'on ne l'a prétendu, le priapisme du satj'riasis; car, si celui-ci consiste spécialement en une ardeur immodérée, insatiable, et par conséquent morbide , d'accomplir Tacle vénérien , l'orgasme qui caractérise l'autre, n'est pas, dans tous les cas, entièrement exempt de ce! le complication. Aussi , dans la pratique, ces deux états se rapprochent-ils fréquemment, au point de rendre le diagnostic difficile.

Les hommes adultes, vigoureux, irritables, sont plus que les sujets jeunes ou très-âgés, faibles ou apathiques, disposés au priapisme. Cet état est plus fréquent durant les' saisons chaudes et dans les contrées ou la température est élevée, que dans les pays froids ou pendant la portion rigoureuse de l'année. Les affections cutanées, spécialement celles qui envahissent les parties génitales, y disposent assez fréquemment les sujets sanguins ou bilieux. La lecture fréquente de livres érotiques, la société de femmes qui excitent fortement les sens sans les satisfaire, une imagination ardente souvent occupée d'idées lascives, les rêves durant lesquels se reproduisent des images du même genre, telles sont les causes les plus fréquentes de cet orgasme génital. 'Dn coucher chaud et mou, l'abus des parfums, des aromates, de boissons alcooliques, un régime échauffant, contribuent encore à le développer. Dans quelques circonstances, il semble lié à une irritation habituelle ou chronique de l'encéphale, surtout du cervelet : on connaît l'érection qu'offrent la plupart des pendus; et l anatomie pathologique a constaté en beaucoup de cas une relation manifeste entre les exagérations ou les abolitions d'excitabilité des organes génitaux et les irritations ou les des- ;ruclions partielles des masses nerveuses contenues dans la partie postérieure du jrâne.

i Mais parmi ces causes , celle que l'on rencontre le plus ordinairement consiste Jans l'ingestion des cantharides. En poudre ou en teinture , introduites dans les boissons ou dans des pastilles, les préparations de ces insectes jouissent d'une réputation tellement universelle, que c'est à leur usage ou à leur abus que se rapportent la plupart des observations de priapisme consignées dans les auteurs. Et comme elles agissent moins encore sur l'appareil génital que sur les voies uribaires, spécialement sur la vessie et son col, presque constamment les symptôfnes d'érection sont accompagnés , après leur usage, de ceux qui caractérisent les cystites les plus aiguës. C'est presque toujours pour dissiper des craintes îxagérées ou sans fondement d'impuissance, que des hommes quelquefois encore ilans la force de l'âge , ont eu recours à ce moyen dangereux, j L'invasion du priapisme a lieu, dans la plupart des cas, d'une manière gra- |luée, durant la nuit, et s'annonce d'abord par une érection tensive et douloureuse , que le réveil, la sortie du lit , ou quelques lotions froides ne tardent pas » faire cesser. Après un temps variable, cette érection devient plus durable, plus pénible à supporter, plus difficile à "aincre. Lorsqu'elle est provoquée par l'abus des cantharides, elle débute ordinairement avec violence et acquiert en ?eu d'heures le plus haut degré possible d'intensité. La tension du pénis se propage alors à l'hypogastre, au périnée, à la vessie, au rectum. Dans toutes ces )arties existent une chaleur insolite , un sentiment pénible de plénitude, une :oiigestion active, une dilatation marque'e des vaisseaux. Le malade est en proie , une agitation violente; la tête est douloureuse, le pouls accéléré , la peau 'haude; la bouche se sèche, une soif brûlante se manifeste. L'excitation du ol de la vessie provoque le besoin d'uriner, qui ne peut être q»e très-difficilepeut satisfait ; le liquide, pendant les plus pénibles efforts, est rendu goutte \ goutte, rouge, épais, trouble, parfois sanguinolent. Dans beaucoup de cas, la etention d'urine est complète, ou un sang rouge et pur s'échappeseul de l'urètre. Lorsque le priapisme est combattu à l'aide de moyens convenables, il cède

presque toujours assez promptement et la santé tarde peu à se rétablir. Mais si les accidens sont très-intenses , si la maladie résiste aux efforts de l'art , ou si elle est restée sans traitement, l'excitation génitale et la congestion qui l'accompagne peuvent entraîner la phlogose aiguë des parties affectées, et par suite les accidens les plus graves, la gangrène du pénis, d'une portion dn périnée et même la mort du sujet.

Le traitement de cette affection, plus effrayante encore dans la plupart des cas, que réellement dangereuse, est éminemment antiphlogistique et calmant. Si le sujet est jeune, vigoureux, irritable, et que la congestion soit accompagnée d'une tension très-considérable des parties, une ou plusieurs saignées devront être d'abord pratiquées. Des bains prolongés, entiers ou de siège seulement, à la température de 16, 18 ou 20 degrés , seront prescrits et fréquemment renouvelés. Durant leurs intervalles, l'hypogastre et les organes génitaux seront recouverts de fomentations émollienles et calmantes froides. On prodiguera les lavemens émoiliens à la même température. Les tisanes douces, mucilagineuses, les émoiliens simples ou camphrés ; l'orgeat, l'eau de laitue , le petit-lait, constituent les boissons les plus convenables, et il conviendra d'insister fortement sur leur emploi à grandes doses.

L'opium, quelquefois conseillé dans cette circonstance, ne convient généralement pas : il augmente la congestion plutôt qu'il ne l'apaise. Le sangsues eliesmêmes ne doivent être emploj'ées qu'avec réserve, et sur des parties éloignées, telles que l'hypogastre, la région sacrée, ou les aines, plutôt que sur celles dont les tissus sont envahis par la congestion.

Telles sont les médications les plus propres à combattre les accès de priapisme ; mais lorsque cette affection se renouvelle et tend à dégénérer en habitude , il importe d'en rechercher les causes , afin de diriger contre elles les efforts de l'art. S'agit-il de dartres placées aux environs des organes génitaux ou sur ces organes eux-mêmes? des calculs urinaires irritant le col de la vessie ? de constipations opiniâtres ? d'affections hémorrhoidales supprimées ? d'excès dans l'usage d'alimeus ou de boissons doués de propriétés stimulantes ? Dans tous ces cas , les médications seront faciles à déterminer , et si le médecin n'atteint pas toujours le but qu'il se propose, du moins sa marche ne saurait être enveloppée d'obscurité. ( L. J. Bégih. )

PRODUCTIONS ORGANIQUES. On a donné ce nom à des excroissances accidentelles ou anormales , développées à la surface ou dans l'épaisseur des organes avec lesquels elles offrent des traits de composition et de fonctions plus ou moins parfaits.

Considérées d'une manière générale , et sous le point de vue de l'anatomie pathologique dont elles forment l'une des parties les plus intéressantes, les productions organiques ont été précédemment l'objet de considérations anatomico-physiologiques , que nous ne rappellerons pas ici ( F^oyez Anatomie pathologique). Étudiées comme objet de la pathologie spéciale , chaque forme de production organique devait aussi trouver sa description, à l'occasion des différentes dénominations sous lesquelles elles se trouvent consacrées , et auxquelles nous devons nous borner à renvoyer le lecteur, (f^oyez Con, dbkillon,

FIBREUX (corps), FONGUS, ICHTHTOSE, KYSTES, POLYPES, VEGETATION, etC. ).

( P. JOLLÏ. )

PROFESSION. ( Hygiène. ) s. f. Genre d'occupation auquel se livrent les individus composant la société.

Toutes lesprofessions imaginables tirent leur origine , leur distinction, et ce qu'elles offrent de nuisible ou d'utile, ou de l'exercice particulier de certains organes, ou bien de l'impression que fait sur certains organes , la répétition de certains modificateurs. Qu'est-ce que la profession de porifjaix , sinon la répétition de l'exercice des muscles des reins et du dos ? Celle d homme de lettres , sinon l'exercice de certaines parties du cerveau, co'incidant avec une inaction plus ou moins complète des autres organes ? Sous quel point de vue, celle de vidangeur ei,i-e\\e un objet d'intérêt si spécial pour l'hygiène , si ce n'est sous celui de l'impression mortelle que le poumon reçoit d'un air vicié? Dans un traité d'hygiène , dont le plan est bien conçu, le cadre large et bien rempli, l'hygiène des différentes professions se retrouve donc nécessairement dans l'hygiène des différens organes. Si une profession intéresse beaucoup d'organes , ou obtient l'ensemble de son hygiène, en tenant compte de la somme totale des influences qui agissent sur chacun d'eux. Écrire dans un traité tl'hygiène philosophique et destiné aux gens de l'art , des chapitres séparés , pour les différentes professions , est donc une superfluité ; car ces professions, quelque multipliées qu'elles soient , n'agissent jamais que sur les organes dont se compose l'économie , et c'est précisément la direction desfonctions de ces organes qui, suivant nous , constitue l'hygiène. Dans un dictionnaire , sorte d'ouvrage où la science est en quelque façon morcelée, il en est tout autrement : on y doit trouver facilement et rapidement des articles qui rapprochent et isolent ce qui se trouve épars dans un traité d'hygiène , des articles qui réunissent la somme totale des influences agissant dans une proléssion, qui présentent ce qu'il y a d'utile, de nuisible, et même d'innocent dans ces influences, et qui offrent pour résultat pratique , les moyens de tirer parti des influences utiles, de bannir les influences nuisibles , de remédier aux dérangemens que celles-ci ont produits dans nos organes; enfin d'éclairer l'administration dans des jugemens et des arrêtés qui , souvent , décident de la fortune d'un chef d établissement ou de la salubrité de tout un quartier. Nous ne serons donc pas en contiadiction avec nous-même en avançant ici que les différentes professions doivent trouver dans un dictionnaire un article spécial. Mainlenant quelle classification adopter pour l'étude des professions ? Nous croyons qu'elles doivent, comme le reste des objets , être traitées séparément par ordre alphabétique , et que , sans nuire à la

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coniinodilù des recherches, elles peuvent donner lieu, chacune, à un article séparé. Nous allons reproduire ici sur quelques professions importantes qui n ont point été traitées en lieu convenable , les notions qui nous sont fournies par les progrès recens de rhj-giène publique.

Les débardeurs (hommes qui tirent le bois de Icau ) , les déchireurs de bateaux , les conducteurs de traius de bois sont supposés par les médecins qui se sont occupés de maladies des artisans, éprouver des ulcères aux jambes , des fièvres intermittentes, des catharres , des fluxions de poitrine, des rhumatismes, etc. ; or les réponses faites à M. Parent-Duchâlelet par les chefs et les surveillans des différens ports ; les observations particulières de ce médecin sur les hommes livrés à ces professions, lui ont fait reconnaître que la plupart des maladies qu'on leur attribue, sont de pures suppositions. La seule alTection à laquelle ils soient spécialement sujets, consiste dans des gerçures atteignant les pieds et même les mains qui sont profondément fendillées dans tous les sens , comme, si la pulpe des doigts avait été usée sur une râpe grossière , et Ja peau des mains coupée en vingt endroits par des morceaux de verre. Celte affection est appelée grenouilUs par les débardeurs. Elle détermine une douleur et une cuisson des plus vives aussitôt que les parties atteintes sont hors de l'eau. Elle pourrait sans doute être prévenue par des onctions, elle se guérit par la cessation delà cause qui l'a produite.

Les écotcurs ( ouvriers employés dans les manufactures de tabac et chargés d'enlever les côtes et les nervuies des feuilles humectées de cette plante ) ont été long-temps regardés comme exposés à divers accidens. Vomissemens , coliques, vertiges, céphalalgies, amaigrissement, consomption, asthmes, tremblemens musculaires, narcotismes, phlegmasies de poitrine, polypes, cancers, etc., telles sont à-peu-près les affections que Rammaziui , Fourcroy , Cadet-Gassicourt, Tourlelle , Perey , MM. Pâtissier et Merat attribuent à la manipulation du tabac. M. Parent-Duchàlelet regarde comme supposés, tous ces efl'cts. Ce médecin a pris des renseignemens à la manufacture de Paris, s'est adressé au directeur général des contributions indirectes , qui a fait prendre des renseignemens dans chaque manufacture de France ; chaque directeur a réuni les médecins , chirurgiens , chefs d'ateliers et autres officiers de l'établissement , et, des réponses faites aux questions adressées dans les dix manufactures de tabac qui existent en France, il résulte que presque tous les ouvriers s'habituent au bout de très-peu de temps à l'influence de l'atmosphère chargée des émanations de tabac, que les ouvriers employés dans les manufactures ne contractent pas de maladies particulières à leur état, et que le travail dans les manufactures de tabac ne nuit en rien à la longévité. Cependant les réponses arrivées de Lyon et de Toulouse diffèrent un peu de celles qui ont été reçues des autres villes. A Lyon , où l'on n'a connaissance que de trois ou quatre individus qui , n'ayant pas pu s'accoutumer au tabac , sont sortis de la manufacture peu de temps après y être entrés, le médecin de l'établissement parle d'affections des voies respiratoires , de dysscnleries , d'ophthalmies , de douleurs de tête, d'anthrax, de panaris , observés dans la manufacture. A Toulouse , les chefs d'établissement comparent l'action du tabac sur les personnes non accoutumées, au roulis d'un vaisseau, et assurent que cette action devient nulle en très-peu de temps. Cette comparaison nous paraît très-juste j mais de même qu'il est des personnes qui ne peuvent jamais s'habituer au roulis du vaisseau , il en peut bien être aussi qui ne peuvent s'habituer aux émanations du tabac. Je me suis placé dans une position en quebjue sorte analogue à celle des écoteurs , c'est-à -dire que j'ai manié et laissé séjourner sur une partie de mon corps un peu de tabac humecté, et j'ai éprouvé des nausées et des vertiges tout aussi intenses que si j'eusse fumé de mauvais tabac.

Si les manufactures de tabac ne sont pas nuisibles aux individus qui y travaillent, à plus forte raison ne le sont-elles pas pour le voisinage ; cependant une administration protectrice ne doit pas les autoriser dans l'intérieur des villes , à cause des inconvéniens qui résultent de l'incinération des côtes de tabac. Ces parties en effet ne devant pas être livrées à la consommation , le sont aux flammes pour être soustraites à la cupidité des falsificateurs. Car, si l'on se borne à enterrer les côtes , ils trouvent moyen de les enlever, de les broyer et de les vendre. Or cette incinération des côtes donne lieu à l'émission d'une fumée noire , épaisse , opaque , empreinte de l'odeur acre et piquante du tabac mêlée à celle des huiles pyrogénées des substances organiques, fumée qui, malgré portes et fenêtres, pénètre dans l'intérieur des habitations, et adhère tellement aux meubles qui les garnissent , que c'est avec la plus grande peine qu'on les en débarrasse.

Les cgouliers sont les ouvriers employés à l'extraction des immondices que renferment les égouts. Ces immondices sont formés de matières putréfiées , entraînées par les eaux pluviales et ménagères. Dans un des égouts de Paris, d'après un rapport fait au préfet de la Seine, indépendamment des fanges ordinaires, qui renferment plusieurs centaines de mille pieds cubes d'urine et de matière liquide provenant des fosses d'aisance de cette ville , viennent se vider les eaux vannes de la voirie de Montfaucon , celles des bains sulfureux de l'hôpital Saint-Louis, qui fournissent par au , à cet égout , d'après calcul fait, 1,937 livres d'hydrosulfure de potasse, une masse de sang, de fumier et de menus débris résultant de l'abbatage et de la préparation de plus de cent soixante mille animaux par abbatoir (les eau.x de plusieurs se rendent dans le même cgout. )

Les accidens les plus communs qu'éprouvent les égouliers sont les ophlhalmics , les unes déterminées par l'action directe de la boue des égouts , les autres par l'impression des gaz échappés de cette boue, lorsqu'on la remue ou qu'on la transporte.

Quelquefois ce genre d'accident se borne à une violente cuisson et à une rou i geur assez intense , que des lotions fraîches et une courte interruption desj travaux suffisent pour dissiper. Dans beaucoup de cas , la terminaison n'est nL| aussi prompte ni aussi facilement amenée. Quelquefois la cuisson des yeux et le larmoiement sont si considérables qu'il y a cécité complète , qu'il faut tendre la main aux ouvriers pour les faire sortir de l'égout , et qu'on est obligé de les reconduire chez eux.

Outre les ophlhalmies , on a encore observé chez les égoutiers tous les symptômes que les auteurs présentent comme caractéristiques d'un embarras gastrique et intestinal , enfin l'asphyxie et tous les accidens qui l'annoncent, tels que la faiblesse , le malaise général , les vertiges.

On prévient les accidens qui surviennent aux égoutiers par les moyens suiJ vans, dont nous extrayons analytiquement l'exposé, d'un rapport fait à MM. de Chabrol et de Laveau par M. Parent-Duchâtelet.

Avant de pénétrer dans un égout , on s'assurera si l'air en est ou simplement vicié par des gaz délétères ou si l'oxigèney manque ; car on sent que, dans le premier cas , il suffit d'être muni des appareils propres à neutraliser les gaz eti les empêcher de pénétrer dans les voies aériennes ou d'être absorbés par la peau , mais que, dans le second cas , ces appareils ne suffisent pas et sont parfaitemens inutiles , puisque, là où manque l'air vital , tous les désinfectans imaginables ne sauraient le créer.

On introduira donc une lumière dans l'égout ; si elle brûle avec vivacité , on| sera certain qu'il existe assez d'oxigène pour qu'on n'ait pas à redouter d'ê-j tre asphyxié par défaut d'air vital. Dans ce cas , on se munira de tous lesj appareils nécessaires pour prévenir ua autre genre d'asphyxie, celle qui peuti être produite par des gaz délétères : on se munira du masque de Robert , desL coiffes , des éponges imbibées de chlorure , etc., et autres moyens qui seront indiqués plus loin.

Dans le cas contraire, celui où la bougie ne brûle pas avec vivacité, il faut employer un moyen propre à introduire de l'air vital là où il n'en existe pas.) Ce moyen est la ventilation.

La ventilation , comme on le sait , s'effectue à l'aide du feu ou des moyens mécaniques. Appliquée aux égoûts, la ventilation à l'aide du feu dans une cheminée est le moyen le plus sûr dans son action. Cependant il serait peut-être plus simple d'aspirer l'air à l'aide d'un soufflet, dont on ferait communiquer l'âme avec le lieu que l'on veut désinfecter.

« Celte clieminée, formée de lames de tôle, aura un mètre de largeur et cinq de hauteur; elle portera des poignées pour faciliter son transport et sera percée de deux ouvertures , ayant chacune 0 m. 50 de largeur et de hauteur. Elle sera placée sur le regard qui se trouvera en amont de celui par lequel se fera le service d'extraction ; on lutera sa base avec de l'argile ou du sable, et on suspendra dans son intérieur un réchaud de 4 à 5 décimètres de largeur et de 6 de pro fondeur; on descendra ce réchaud dans le regard, le plus profondément possi ble, mais jamais au-dessous du niveau de la voûte. On y entretiendra conti' nuellement un feu assez actif en l'alimentant non avec de la houille ou du coke, mais avec du bois bien sec et bien flambant; il faudra même avoir auprès delà cheminée, du bois fendu en morceaux très-minces , pour activer subitement le feu quand cela sera jugé nécessaire; chaque jour, le réchaud devra être allumé une heure au moins avant le commencement des travaux. Cette cheminée n'aurait aucune action si on n'empêchait pas l'air d'arriver de la partie de l'égout qui se trouve en amont de la cheminée ; il faudra donc boucher cette partie, ce qu'on fera aisément h l'aide d'une simple toile plus longue et plus large que' l'éoout et que l'on attachera à la voûte à l'aide de quelques clous , en la laissant flotter sur la vase. Un seul barrage ne sera pas toujours suffisant ; il faudra en: établir un autre en aval du regard , par lequel se fait l'extraction , chaque fois qu'on aura curé deux ou trois cents mètres. Ce barrage se placera de la même manière que le premier, et forcera l'air du dehors de pénétrer dans l'égout par le regard d'extraction pour traverser l'égout et sortir par le ventilateur. Pour placer le premier de ces barrages , il faudra nécessairement qu'un ouvrier pénètre dans l'intérieur de l'égout, ce qu'il ne fera qu'après avoir tenté l'essai indiqué précédemment. Si la lumière ne s'éteint pas , il pourra y descendre impunément à l'aide de l'appui préservateur; mais , pour plus de précautions, il sera muni d'un brida ge , et on répandra autour de lui , du foin saupoudré de chlorure de chaux.

I) Si la lumière s'éteint et que cette extinction soit due au défaut d'oxigène, ce qui arrive le plus souvent , comme il n'y a rien que l'on puisse neutraliser dans cette circonstance , on ouvrira alors largement les regards , on tentera, d'y faire pénétrer l'air extérieur, et d'y conduire le vent à l'aide d'une toile convenablement placée ; on y descendra , à plusieurs reprises , un réchaud al-, lumé. Parla réunion de ces moyens, on changera la proportion de l'air de' l'égout, mais il ne faudra y pénétrer qu'après des essais multipliés , et en redoublant de soins et de précautions, et, pour plus de sûreté, on ne le fera qu'avec un tube respirateur ; dans ce cas même , nous recommanderons encore l'emploi du bridage, moyen de sûreté qui ne doit pas être négligé. » C'est surtout dans ce cas que le soufflet serait applicable.

« Les barrages étant placés, et le fourneau en activité, on commencera les opérations du curage ; mais avant il faudra s'assurer si le triage se fait bien a l'endroit où doivent pénétrer les ouvriers : il suffira pour cela d'y enflammer quelques corps qui produisent de la fumée ou d'en approcher une lumière; la direction que prendront dans ce cas, soit la fumée, soit la flamme, indiquera la direction et la force du courant.

» Il est indispensable, pour le succès du curage, d'aller toujours de l'aval a

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