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PRONOSTIC

l'amont, surtout quand on est obligé de laisser aux eaux leur écoulement habituel • deux ouvriers descendus dans l'ésout chargeront les matières dans des seaux, d'autres porteront ces seaux sous le's regards, par lesquels ils seront amenés à la surface à l'aide d une poulie.

» En s éloignant de l'orifice d'extraction, il faudra faire descendre dans l'égout un nombre d'hommes suffisant pour que, sans changer de place, ils puissent se passer les seaux de main en main, en formant une chaine comme pour un incendie ; si ces hommes étaient obligés de marcher dans la vase chargés de seaux, ils se fatigueraient prompteraent, et favoriseraient le dégagement des gaz délétères, ce qu'il faut éviter. »

On n'admettra aux travaux que des hommes en bonne santé; on ne les laissera jamais descendre dans l'égout lorsqu'il sont dans un état voisin de l'ivresse ; on leur distribuera des bottes et des habits de travail d'une bonne qualité, quelques rations de bon viu , et, pendant les travaux, un mélange d'eau et de vin.

On réglera les heures de travail, de manière que les ouvriers se reposent trois (fois dans la journée , et montent plus ou moins fréquemment respirer l'air pur, I selon qu'ils travaillent plus ou moins courbés au milieu d'émanations plus ou •moins abondantes et susceptibles de leur causer des faiblesses et des maux de cœur. On aura soin que, pendant ces intervalles de repos, les ouvriers soient à [i'abri du soleil en été, et du froid en hiver.

I On placera, tant h l'entrée de régnut,que dans le lieu destiné an repos, plu- Uieurs baquets d'une solution de chlorure de chaux, dans la proportion d'un ikilogramme de chlorure pour trente litres d'eau , et on exigera des ouvriers jqu'ils s'y lavent les mains et les bras, soit en entrant dans l'égout, soit en fsortant.

: On donnera à chaque ouvrier, pour qu'il le suspende à son cou, un flacon à jlarge ouverture rempli de chlorure, et dont l'orifice corresponde à la boutoninière la plus élevée de la veste.

I On fera jeter dans l'égout, du foin saupoudré de chlorure sec. Les fumigations Ide chlore ont l'inconvénient d'incommoder les ouvriers, et on doit faire sortir |ceux-ci de l'égout si l'on croit devoir pratiquer ces fumigations. Elles se font, en [descendant par le regard d'amont, un mélange d'un kilogramme d'oxide de |manganèse et de deux kilogrammes d'acide hydro-chlorique.

Tous les individus livrés aux professions dans lesquelles on travaille le plomb et ses diverses préparations , les ouvriers employés aux mines de plomb, les auvriers employés dans les fabriques de massicot , de litharge, de minium et ;le blanc de céruse, les peintres en bàtimens et en voitures, les potiers d'étain , les vernisseurs, les imprimeurs, les plombiers fondeurs, qui emploient les subjstances précitées, sont exposés à la colique dite saturnine , de plomb, des peintres, métallique, à la paralysie saturnine, à la rhémiopie,à la diplopie, à l'amaulose , k la surdité , à l'anesthésie cutanée, à l'épilepsie , à des troubles intellecjtuels et à l'hypertrophie du cerveau. Ces accidens sont dus au plomb, ou à ses boraposés, introduits dans l'économie à l'état moléculaire ou d'extrême division, par une voie quelconque, par les absorbans digestifs, pulmonaires ou cutanés, 3lus rarement par les premiers que par les autres.

On ne peut douter que les particules de plomb répandues dans l'air, et à plus ci te raison les vapeurs de ce métal, pénètrent dans les poumons par l'inspirat.ion. Les faits avancés par M. Trousseau dans une leçon faite à l'occasion d'un toncours pour une chaire de clinique paraissent mettre ce fait hors de doute. Voici ces faits : les chats qui restent quelque temps dans une fabrique de milium périssent tous, sans exception, attaqués de tournis et de paralysie. Les ats des fabriques de blanc de céruse, d'après les observations de M. Le Blanc, /ctérinaire, offrent des paralysies du train de derrière, au point que les ouvriers les tuent facilement. Les chevaux employés à tourner les moulins destinés à pulvériser le minium, éprouvent des symptômes semi-convulsifs, et finissent )ar se donner des efforts de boulet, qui occasionnent une claudication. D'autres ont pris de cornage, c'est-à-dire d'une grande difliculté de respirer attribuée Jar M. Trousseau à l'occlusion des voies aériennes, produite par la paralysie du [lerf récurrent laryngé. Dans tous ces cas de paralysie on est obligé d'admettre, •îomme le remarque avec beaucoup de justesse M. Tanquerel des Planches qui ;ite ces faits dans sa thèse sur la paralysie de plomb, que le poison s'est introiuit par inhalation pulmonaire, car les poils dont sont recouverts ces animaux împêchent l'absorption par le système cutané ; ensuite ces bètes ne se nourrisient pas ou du moins prennent peu d'alimens dans ces ateliers.

On ne peut davantage révoquer en doute la possibilité de l'introduction du domb dans l'économie, par la voie des absorbans cutanés, puisque au rapport lie Percival et de Smel , divers accidens ont été produits par l'application de □piques dans lesquels entraient des préparations de plomb.

Dans les fabriques de minium on remarque, suivant M. Tanquerel, que cet )xide, à l'état humide , donne plus souvent lieu à la paralysie que lorsqu'il est a l'état sec.

L'action stupéfiante du plomb ne se fait pas toujours sentir immédiatement >prts son introduction dans l'économie. Dans la grande majorité des cas , les ouvriers qui l'éprouvent ont déjà eu plusieurs fois la colique ; cependant il

Istbeaucoup de cas où la paralysie, l'amaurose et la surdité n'ont jamais été récédées de colique etsont le symptôme primitif de l'empoisonnement saturnin. Les membres supérieurs, et inférieurs, les muscles de l'appareil vocal, les muscles ffltercostaux. pectoraux, grand dorsal et sterno-cléïdo mastodien sont jusqu'à présent les seuls organes musculaires qu'on ait vus affectés de paralysie saturnine. Cette paralysie consiste tantôt dans l'abolition de la motilité et de la sensibilité, tantôt seulement dans l'absence de la première de ces facultés.

; DiCT. DE MÉDECIHB et de CniRnUGIE PRATIQUES.

La paralysie des membres inférieurs n'est guère jointe à celle des membre» supérieurs, la plus fréquente des paralysies saturnines, que dans un quart des cas. Il en est à-peu-près de même de la ))aralysie des muscles vocaux, qui produit l'aphonie , le bégaiement ou la difficulté de la prononciation. La paralysie des muscles intercostaux, d'où résulterait l'imminence delà suffocation et nécessairement la mort, celle des sterno-cléido-mastoidiL'n , pectoraux et grand dorsal est beaucoup plus rare encore. Elle est, pour la fréquence, à celle des membres supérieurs, comme 1 est à 17.

Chez tous les ouvriers qui travaillent le plomb, les gencives sont d'un gris ardoisé dans la portion la pins voisine des dents , dans le reste de leur étendue , d'un bleu rouge. Les dents sont brunâtres à leur base, et jaunâtres à leur sommet. M. Tanquerel, qui a seul signalé ce fait, l'explique par la présence d'un sulfure de plomb, formé aux dépens du soufre qui se trouve dans la salive , et des particules de plomb réduites en vapeurs et en poussière, qui se sont introduites dans la bouche.

Le plomb, chez les ouvriers qui le travaillent, ne parait pas porter une influence très-délétère sur le poumon; puisque sur mille peintres 21 seulement périssent phlhisiques pai' les émanations de ce métal.

Les moyens préservatifs qui doivent être mis en usage par les ouvriers qui travaillent le plomb, sont les suivans :

Le premier de tous est la propreté. J'interrogeais, ces jours derniers, un peintre en bâtiment qui répondait à mon conseil de porter des gants de taffetas ciré, qu'un ouvrier qui s'aviserait de pareil expédient ne serait pas souffert dans un atelier. Ce peintre, d'une propreté extrême, manie depuis treize ans les préparations de plomb sans avoir jamais eu une fois la colique. Les accidens qu'il éprouve se bornent à quelques douleurs dans les bras , et cependant il m'a dit avoir souvent passé des nuits à peindre (les intérieurs de cafés et autres établissemens auxquels on ne pouvait travailler pendant le jour Ainsi, se laver les mains, le visage, et même se rincer la bouche , chaque fois qu'on quitte le travail , soit pour se livrer au repos , soit pour prendre ses repas , changer de vêteinens le plus souvent qu'on peut, sont des précautions fort simples et qu'on ne doit pas négliger.

Il convient de cesser tout travail dès que l'on sent quelques coliques.

Les ateliers où se fabrique le blanc de céruse doivent être vastes, bien aérés et être pourvus de fourneaux d'appel suivant le plan de M. Darcct.

Malgré la réponse précitée du peintre , les chefs de fabrique pourraient peut-être déterminer leurs ouvriers à porter pendant le travail , des vêtemens de toile cirée, des gants d'un tissu imperméable, et à placer devant le visage une gaze épaisse, ou peut être mieux encore ( s'il est vrai que, chez les malades soumis aux bains sulfureux , on a quelquefois vu se former à la surface du corps un sulfure de plomb ) une éponge imbibée d'un mélange d'eau et d'acide sulfurique ou de toute autre préparation de soufre propre à neutraliser l'action délétère du composé saturnin. Depuis que M. Ferrant, chimiste fabricant de couleurs , fait boire à ses ouvriers de la limonade sulfurique , aucun d'eux n'a été atteint d'accidens. Le fabricant lui-même, qui autrefois avait eu la colique de plomb, prétend s'en être préservé par le même moyen. La même chose a été dite de M. Roard, directeur d'une fabrique de blanc de céruse. Depuis que ses ouvriers prennent en boisson la limonade sulfurique, et sont soumis à l'usage des lotions sulfuriques, ils sont délivrés de la colique de plomb; mais ce préservatif n'a pas empêché quelques-uns d'entre eux d'éprouver des crampes , de la faiblesse ou des symptômes nei veux épileptiformes. (Voyez pour le traitement des accidens produits par le plomb l'article colique. )

Les teinturiers qui emploient le bichromate de potasse sont , d'après l'observation du docteur Duncan , de Glascow, sujets à des ulcères qui s'étendent graduellement en profondeur jusqu'à perforer la main ou même des parties du corps avec lesquelles il est impossible que l'acide ait été en contact, si ce n'est à l'état de vapeur. (Journal des Connaissances méJico-chiriirgicales , tome 1 , page 312.)

B. Jîaffïn^i/ni. De Mortis arlificium , Padoue , 1703 , in-12. Bertrand, Dissertation sur les maladies des professions, Paris , 1804, în-8°. ji, L. Gosse. Propositions générales sur les maladies causées par l'exercice des professions, Paris , 1816 , in-4''.

Cadet Gassicoiirt. Considérations statistiques sur la sanlédes ouvriers. (^Mémoire de la Société médicale d'émulation, in-8°, lom. vni, Paris , 1817. )

ïh. Pâtissier. Traité des nialailies des artisans et celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazziui , Paris, 1822, in-8''.

Annales d lijgiène publique et de médecine légale, 1829 à 1834. Ce journal contient un grand nombre de docunieus imporlans à consulter sur l'hygiène des professions.

Farent-Duchatelet . Consultez divers articles sur l'hygiène des ateliers dans le Dictionnaire de l'industrie manufacturière , Paris , 1834. (CH. LoNDE.)

PRONOSTIC ou PROGNOSTIC. On appelle ainsi le jugement anticipé que porte le médecin sur l'issue d'une maladie , d'après l'appréciation actuelle des élémens de cette maladie. C'est sans contredit la partie la plus diflicile de la pathologie, celle qui exige le plus de tact et d'expérience et qui caractérise le plus l'habileté du praticien. Elle intéresse également le malade et le médecin ; le malade, parce qu'il lui importe surtout de savoir ce qu'il doit craindre ou espérer de sa maladie ; le médecin , parce que c'est de la justesse de son pronostic que dépend l'opinion avantageuse ou défavorable que le malade , les assistans et le public se forment de sa pratique.

Le médecin ne peut d'ailleurs apporter trop de discrétion, de prudence et de maturité dans son pronostic. Les circonstances qui le motivent sont si variables, si décevantes, qu'il y a toujours lieu de craindre de mettre trop

PROPHYLAXIÈ.

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