PROPHYLAXIE DE LA SYPHILIS
d'assurance et trop de précipitation quand il s'agit de présager un événement quelconque, ou de fixer un terme à la maladie. C'est qu'en effet le pronostic se lie en même temps, et d'une manière inséparable, à l'éliologic et au diagnostic des maladies ; c'est qu'il est impossible que la moindre erreur dans l'appréciation des faits actuels ou cominémoratifs de telle affection ne devienne pas aussi une cause d'erreur dans le pronostic qui n'en est que la déduction rigoureuse.
Les principales circonstances sur lesquelles se fonde le pronostic, sont la nature, le siège et la giavité de raffeclion, le mode d'action, l'intensité et la persistance des causes, les effets des traitemens , l'âge , le sexe , la constitution du sujet, en un mot, toutes les causes qui ont préparé ou déterminé la maladie i tous les phénomènes qui la constituent, tous les accidens qui la compliquent ; toutes méritent nne égale attention de la part du médecin, parce que toutes peuvent modifier la marche, la durée, la gravité, la terminaison d'une maladie et établir ainsi de grandes ditrérences dans son pronostic.
La nature d une maladie est la première considération sur laquelle repose le pronostic. Ainsi toutes les névroses ont par elles-mêmes moins de gravité que les malatlies inflammatoires; les maladies pério diques ou intermittentes , quelles que soient leur durée ou leur violence , offrent en général moins de (langer que les maladies continues. De même aussi un état infliimmatoire , franc , légitime, dont la cause est ajjpréciable, est moins grave que celui qui se lie à une cause spécifique, endémique, épidémique , virulente, etc., les maladies qui affectent la texture même des organes sont plus graves que celles qui dépendent de simples anomalies de vitalité. Plus un organe affecté est important dans l'économie, plus ses maladies portent avec elles de dangers ; c'est ainsi que certaines maladies du cœur, du cerveau, des poumons , peuvent compromettre immédiatement l'existence , tandis que celles du foie , des reins, etc., n'apportent qu'à la longue des désordres plus ou moins sensibles dans l'économie.
La persistance, la puissance, et le mode d'action des causes, modifient plus ou moins le pronostic des maladies. Toutes les causes qui exercent une action permanente et générale sur l'économie, ilonnent nécessairement aux maladies qu'elles déterminent plus de gravité que celles qui ne sont que locales et passafcres. De même toutes les causes héréditaires ou inhérentes à l'organisation impriment à l'état morbide des caractères plus sérieux que celles qui sont accidentelles; sous ce rapport, il est de la plus haute importance de tenir compte des antécédens de famille, lorsqu'il s'agit de se prononcer sur le pronostic de la maladie actuelle.
Les nuances d'organisation et de vitalité relatives aux tempéraniens . aux Ages, aux sexes, etc., impriment encore à l'état morbide des différences de forme, de caractère et d'intensité, qui influent nécessairement sur le pronostic des maladies qui leur sont propres. Nous arrêter à en faire sentir les motifs, serait ne pas comprendre la classe de lecteurs auxquels est destiné cet ouvrage. Quant au pronostic tiré des caractères spéciau.x des maladies, il rentre nécessairement dans la description de chacune d'elles en particulier, et nous n'avions pas à le rappeler ici. (Voyez chaque maladie en particulier.) (P. JOLLY.)
PROLAPSUS. (Chute.) Foyez Htstheroptose , hectum.
PROPHYLAXIE. De jr^ojju^açfs mot grec qui signifie littéralement présar~ valion. Ainsi traitement prophylactique et traitement préservatif sont deux choses identiques et ne sauraient êti e traitées séparément. La définition de la prophylaxie résulte donc de ce qui précède : c'est l'art de préserver l'homme des maladies qui le menacent à chaque instant. Mais ce n'est qu'une branche de la médecine ou plutôt une application spéciale des connaissances que le médecin doit posséder. Comment en effet prévenir le développement des maladies, si ce n'est en sachant quelles sont les causes qui les produisent, de quelle manière et dans quelles circonstances elles agissent sur l'économie animale, enfin quels agens peuvent ou anéantir les causes morbides, ou constituer les organes dans un état de résistance efficace ? L'anatomie , la physiologie et l'hygiène constituent la prophylaxie , qui néanmoins présente des développeraens très- étendus.
C'est à l'observation des lois de l'hygiène, à l'appréciation exacte de ses facultés et de ses dispositions individuelles que l'homme doit la conservation de sa santé; et c'est en ce sens qu'on a dit qu'un homme éclairé devait être son propre mcdeciu dans le plus grand nombre de cas. C'est donc à faire acquérir au plus grand nombre possible les connaissances hygiéniques qu'il faudrait s'attacher pour faire de la prophylaxie d'une manière véritablement profitable. Au contraire, il règne même [)armi les personnes d'ailleurs instruites, une ignorance et des préjuges funestes, pour tout ce qui concerne la science de l'homme sain et malade. Au lieu delà prophylaxie réelle et salutaire, on trouve à chaque pas les pratiques les plus bizarres qualifiées du nom de préservatrices ; et leur plus grave inconvénient est souvent d'empêcher île faire ce qui serait utile , par ^uite de la confiance irréfléchie qu'elles inspirent. Tels senties remèdes appelés de précaution , qui employés d'une manière banale et sans indication réelle , sont au moins superflus quanil ils ne suscitent pas de fâcheuses perturbations; tels sont encore certains moyens qui, employés à la lettre et sans acception des motifs qui les ont lait prescrire , échouent , bien qu'utiles en eux-mêmes , par une vicieuse application.
Nous n'entrerons pas dans le détail des affections qui peuvent naître de l air, des alimens, des vètemens , des affections de l'âme, des professions, parce que chacun de ces sujets se trouve traité, soit implicitement, soit explicitement dans diverses parties de cet ouvrage : nous nous bornerons à indiquer les prin-
cipes généraux de la prophylaxie, faisant remarquer que dans certains cas \ particuliers, les maladies épidémiques et contagieuses, son influence parait i beaucoup plus évidente que dans toute autre circonstance : de même que, quand il s'agit de combattre des prédispositions bien évidentes, ou d'arrèlcri j les progrès d'affections qui ont déjà manifesté leurs premiers symptômes.
Il faut donc maintenir l'économie dans un équilibre convenable par l'emploi \ judicieux des ressources de l'hygiène et par l'observation des dispositions par- i ticulières. Ce précepte et ceux qui vont suivre ne s'appliquent pas moins aux ,i masses qu'aux individus. Il faut s'attacher à reconnaître le côté vulnérable pour : le garantir, rechercher quels sont les agens nuisibles afin de les écarter ou do j les détruire , et surtout s'efforcer d'acquérir cette connaissance de bonne heure | et par une surveillance continuelle pour n'être pas pris au dépourvu. Enfin il -i faut prendre garde que l'abus des moyens et précautions employés pour préve- i nir une maladie, ne viennent à en amener une autre, comme on a souvent oo- i casion de l'observer.
Pour ce qui concerne les maladies contagieuses , les règles sont moins va- | gues Là une cause palpable se présente , il s'agit ou de l'écarter complèlemeni! i de rhonime sain, ce qui est possible pour les maladies contagieuses fixes, ou' i bien et c'est uneressource précieuse, on peut encore lors même qu'elles ont déjîj , pris possession , les neutraliser, avant qu'elles aient pu se fixer solidement ; de | même qu'on arrache une plante nuisible avant qu'elle ait eu le temps de pous , ser de profondes racines. On arrive à ces résultats vraiment avantageux par 1; | connaissance du mode de transmission et de la durée de l'incubation , c'est-à i dire du temps où le germe de la maladie est encore dans le lieu où il a été dé posé, et par conséquent attaquable aux moyens qui peuvent agir à-la-fois sui| lui et sur les parties qui l'ont reçu. Car s'il est certain qu'on agit sur le germi morbide, il n'est pas moins éviilent que les parties vivantes sont aussi modifiées; que , comme le disaient les anciens, leur mode de vitalité est changé i c'est-à-dire que par laclion des caustiques plus au moins actifs, moyens prophylactiques par excellence en pareil cas , les tissus deviennent exhalans d'ab! sorbans qu'ils étaient, et par conséquent repoussent l'agent morbifique.
Pour le développement de cet article voyez les mots régime , CYMUASTiQnE .1 ÉPIDÉMIE, CONTAGIOM , et l'article suivant. (F Uatieb.)
PROPHYLAXIE DE LA SYPHILIS. Les ravages de la syphilis et l'effrcf qu'il occasionaient durent diriger les esprits vers les moyens de s'en préserver, Aujourd'hui même encore on s'occupe de ces recherches, et c'est ce qui nou: impose l'obligation dy consacrer un article, afin de fixer l'opinion sur ce sujet Nous le ferons d'ailleurs sans tenir compte des scrupules tie certaines pcrsoil lies, qui peu éclairées , sans doute , par l observation , croient que la crainte de la syphylis met un frein au libertinage et par conséquent regardent comn» immorale toute tentative tendant à garantir de cette maladie. Elles devraient bien songer aux femmes , aux ealans et autres personnes innocentes qu'on voit être à chaque instant victimes des fautes il'aulrui.
Quoi qu'on ait pu dire pour ou contre et d'après des motifs divers , il es( certain qu'on peut se garantir de la syphilis , et il ne s'agit pas seulement des moyens de police médicale par lesquels on peut circonscrire la maladie , mais bien de la préservation la plus réelle, qui a lieu dans les cas où les produits de sécrétion morbide ont été déposés à la surface des parties saines. Seulement l'explication des faits n'est pas celle qu'on en a donnée ; et ici l'explicatioo n'est point oiseuse et conduit à des résultats pratiques plus certains et plua utiles.
On a toujours pensé que les liquides sécrétés étaient le véhicule de lamala< die , et que si l'on pouvait soit isoler les parties de leur contact , soit leur faira subira eux-mêmes une décomposition, la préservation aurait lieu. La dernièr«i idée est pourtant la plus ancienne , et eeile de la simple interposition d'uBi corps étranger, d'une raembranule entre les parties saines et les parties affec-i lées, n'est venue que dans ces derniers temps. D'ailleurs ce procédé est souvent infidèle h cause de la rupture ou du déplacement du petit sachet , dont nous nft nous occuperons pas plus longuement; et il l'est d'autant plus qu'il inspire une fausse sécurité, et qu'il empêche de prendre des précautions véritablement plus eflicaces. Les onctions laites avant le coit , avec des huiles ou des onguen* diversement préparés tiennent le milieu entre le moyen ci-dessus , et ceusi dont il va être question , puisqu'il y a interposition d'un corps étranger propre^ aboucher les orilices absorbans et en même temps à décomposer le virus. Lesl lotions faites après le coït , avec des liquides plus ou moins excitans et mêmcj un peu caustiques , ont été depuis loug-temps recommandées comme très-effi-l eaccs et le sont, en effet, aux conditions qui seront indiquées plus bas. Mai^i chacun , d'après des idées diverses , attribua des propriétés plus énergiques aoj liquide qu'il préconisait. Quelques-uns recommandaient de les employer avanll l'acte vénérien : pratique irrationnelle et plus capable de favoriser l infeclion ( que de la prévenir.
Il serait presque impossible de citer toutes celles qui ont été successivement en faveur. L'urine, le vin chaud, le vinaigre, le suc de citron , l'ammoniaque, l'eau de chaux, la potasse caustique , l'alun , le sous-acétate de plomb, l'acétate de cuivre, la lessive de cendres , etc., sont les plus connus. Les décoctions i et les eaux distillées ne pouvaient guère être regardées que comme desimpies lotions aqueuses, ou du moins à-peu-près ; aussi nous ne nous y arrêterons pas, non plus qu'aux amulettes et aux pratiques telles que la ligature du pénis et la succision à laquelle on avait jadis recours. Il est également absurde de penser qu'aucun moyen interne puisse agir contre une affection qui se développe là ou son germe a été déposé , qui n'exerce d'action générale que beaucoup plus lard et même quelquefois jamais.