‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 226 sur 311 · LYSIS · texte numérisé non relu

LYSIS

4°. Le décollement suivi de l'excision de la partie détachée , iridectomedia-

LYSIE.

1°. Iridodialyse simple. On la fait à travers la sclérotique ou à travers la cornée.

a. Iridodialyse à trai'ers la slérotique.

Procédé de Scarpa. Scarpa introduisait à travers la sclérotique , au lieu où on pique cette enveloppe pour pratiquer l'abaissement du cristallin, et conduisait jusque dans la chambre postérieure une aiguille déliée, un peu plus recourbée que celle dont il se servait pour l'opération de la cataractej il la poussait jusqu'au bord interne de l'iris ; puis , dirigeant la pointe en avant , il perçait cette membrane vers son bord ciliaire , et détachait environ le tiers de ce bord, en imprimant à l'instrument un mouvement de haut en bas et de dedans en dehors.

Plus tard Scarpa a fait la même opération en pénétrant par la cornée.

Adams Schmidt ouvrait d'abord la cornée , et passait par la plaie une petite pince avec laquelle il allait saisir l'iris pour la détacher. Ensuite il a changé son procédé pour opérer d'une manière analogue à celle de Scarpa.

Procédé de Leveillé. C'est le même que celui de Scarpa. Seulement il se sert de la même aiguille que pour abaisser le cristallin , et il commence par abaisser ce corps.

Procédés de Himlt. Lorsque la chambre antérieure est très-étroite , Himly enfonce une aiguille courbe à travers la sclérotique, traverse l'iris près sa partie moyenne , d'arrière en avant, puis faisant exécuter à son aiguille un mouvement de rotation qui tourne sa pointe en arrière, traverse une seconde fois cette membrane près de son bord ciliaire, de manière à la saisir solidement et à la détacher avec facilité par de légères tractions.

Lorsque la cornée n'est transparente que vers son côté externe , et qu'il faut par conséquent pratiquer le décollement de l'iris de ce côté , Himly opère pardessus le nez , et il se sert d'une aiguille dont la tige est arquée de manière à s'accommoder à la saillie du nez.

Enfin lorsque l'iris est collée à la cornée, de manière à n'en pouvoir être séparée sans lésion de cette dernière , Himly conseille de faire l'opération en deux temps : dans le premier, on déprime le cristallin, et quand la chambre antérieure est remplie par l'humeur aqueuse on pratique Viridodialyse.

Procédé de Riecke. Ce chirurgien commence par inciser la sclérotique avec un couteau à cataracte ; il introduit ensuite par la plaie une aiguille courbe qu'il dirige au-dessus du cristallin jusqu'au bord ciliaire de l'iris , pour saisir ce bord et le détacher par des raouvemens légers dirigés de haut en bas. S'il y a une cataracte Riecke conseille de la déprimer suffisamment pour laisser passer les rayons lumineux ; mais en laissant le cristallin adhérent à l'iris de manière à ce qu'il tienne la pupille ouverte par son poids. b. Iridodialyse par la cornée.

Beer, Schmidt , Himly et d'autres, avaient déjé essayé de décoller l'iris en pénétrant par la cornée , mais c'est Bonzel qui le premier a régularisé cette opération.

Procédé de Bonzel. Il incise la cornée près son côté externe avec un couteau à cataracte, ensuite il introduit par la petite plaie un crochet délié avec lequel il va saisir l'iris par son bord interne et la sépare du ligament ciliaire.

Jff

Procédé de Frattini. Fraltini après avoir traversé la cornée avec une aiguille courbe, sert du tranchant de l'aiguille pour détacher l'iris par section et non par décollement.

Procédé de Toché-Cotjléon. Toché-Couléon enfonce l'aiguille de Scarpa à l'opposite du lieu où la pupille artificielle doit être pratiquée , traverse en même temps la cornée et l'iris, pénètre dans la chambre postérieure jusqu'au bord opposé de l'iris et termine à la manière de Scarpa.

2°. Décollement suivide la fixation de l'iris dans la plaie. Iridoenclesis. Oa pratique cette opération comme la précédente , à travers la cornée et à travers la sclérotique.

PpocÈDÉ de Labgenbeck. Ce chirurgien fait à la cornée , à trois lignes du lieu où le décollement de l'iris doit être opéré , une incision verticale à laquelle il donne une longueur de deux lignes en retirant l'instrument. Cela fait , il introduit dans la plaie son coréoncion. Il consiste dans un crochet fin , renfermé dans un tube d'or très-mince, fixé solidement au manche de l'instrument. Un bouton placé sur celui-ci permet à volonté de faire sortir le crochet , tandis qu'un ressort en spirale le fait rentrer dans le tube. L'instrument étant introduit fermé, on fait sortir le crochet, on saisit l'iris, on laisse agir le ressort qui fait rentrer le crochet, et on l'attire au-dehors pour fixer l'iris dans la plaie.

Procédé de Jdugken. Le coréoncion de Jungken est plus simple. Il consiste en un crochet simple le long duquel glisse une tige, dont l'extrémité peut venir s'appuyer sur sa pointe , de manière à le transformer en un véritable anneau, quand l'iris est saisie. On se sert de cet instrument comme de celui de Langenbeck.

Procédé de Reisinger. Reisinger opère de la même manière, mais il se sert d'une pince qui, fermée, ressemble au chrochet simple de Beer, et qui , ouverte par l'effet de son élasticité , représente deux chrochets écartés l'un de l'autre. L'instrument est introduit fermé , c'est-à-dire pressé entre les deux doigts; on laisse agir alors l'élasticité qui écarte les chrochets, on saisit l'iris | près de sa circonférence, en rapprochant les chrochets; puis, on ébranle et l'on détache l'iris que l'on attire ensuite dans la plaie de la cornée.

Procédé de Graefe. Ce chirurgien est le premier qui se soit servi d'uni crochet masqué pour pratiquer rtVvc^oeracZeits. Après plusieurs modifications, Graefe s'est enfin arrêté à un coréoncion qui consiste en un chrochet en or trempé, fendu, suivant sa longueur, de manière à se séparer en deux, par l'action d'une tige qui se glisse entre ses deux motiés et qui est mue par un ressort à boudin.

Procédé de ScHLAGl^TWEÏTT. Ce chirurgien a imaginé, pour saisir et attirer l'iris , son irian-kistron qui consiste aussi en uu crochet simple et en un couvre-crochet mobile.

Procédé de Wagner. Il se sert d'un instrument en forme de pince qui, fermé, ressemble, pour la forme générale, à l'aiguille à cataracte de Himly. Les deux branches sont tenues écartées par un ressort placé entre elles; une vis, fixée sur le côté , sert à modérer à volonté l'écarteraent. L'instrument étant' fermé , sert à percer la cornée, après quoi on l'ouvre pour saisir l'iris et s'en servir comme de la pince de Reisinger

Procédé de Dzondi. Il se sert aussi d'une espèce de pince à deux branches, dont l'une, plus courte, est terminée par une pointe aiguë, et dont l'autre, plus longue , est mousse.

L'instrument fermé est introduit dans la cornée , puis ouvert : la branche aiguë traverse l'iris près son bord ciliaire, les deux tiges sont rapprochées , et '■ par leur action combinée , saisissent l'iris , la séparent et l'attirent en dehors.

Procédé de Embdsn. Embden a imaginé son raphian-kystron pour éviter l'incision préliminaire de la cornée ou de la sclérotique, car on peut opérer indistinctement par ces deux voies. Il consiste principalement en une sorte d'aiguille droite , en forme de lance , sur la quelle est couché un crochet mobile, qui peut être mis en mouvement, au moyen d'une espèce d'anneau situé sur le manche, et amené au-delà de la pointe de l'aiguille.

Pour s'en servir, on retire le chrochet, de manière à laisser la pointe dé l'aiguille à découvert, on la plonge dans la cornée, ou dans la sclérotique, comme on le ferait avec une aiguille à cataracte droite ordinaire; alors OD pousse le crochet jusqu'au point où l'on veut détacher l'iris ; puis, l'ayant saisie , on retire l'instrument et on le fixe dans la plaie de la cornée.

Procédé de Nowicki. Nowicki a aussi imaginé un nouvel instrument qu'il a nommé lahidohelonankystron, et qui comme celui d'Embden , consiste en une aiguille et en un crochet mobile , mais qui en diffère en ce qu'il peut en même temps agir comme une pince, par un écartement latéral du chrochet et de la lame.

Un coutaau à deux tranchans, sert à inciser la cornée dans l'étendue de deux lignes. On introduit l'instrument fermé jusqu'à l'iris , au moyen d'une pression exercée par le doigt sur le manche de l'instrument, le chrochet et l'aiguille :| sont écartés par l'action d'un ressort ; alors on fait pénétrer dans l'iris les deux branches de l'instrument , celle qui porte un crochet et celle qui porte l'ai- ; guille , puis on les laisse se rapprocher pour saisir l'iris entre elles deux ; après , quoi on retire l'instrument et l'on fixe l'iris dans la plaie; on peut opérer de la . même manière , par la sclérotique , mais alors il est presque toujours nécessaire de déprimer le cristallin. \

Procédé de Lcsardi. Il se sert d'un instrument déjà proposé, dit-on en Italie , par Baratta , et qui représente une aiguille à cataracte de Scarpa; mais cette aiguille est composée de deux tiges mobiles l'une sur l'antre. Quand on retire , au moyen d'un bouton placé sur le manche, la plus courte de ces tiges

PUPILLE ARTIFICIELLE

PUPILLE ARTIFICIELLE

(pi correspond à la convexité de l'aiguille, sou extrémité abandonne une e'chanciure qu'elle remplissait , et le talon de l'aiguille présente une pointe dirigée en arrière comme les barbelures d'un fer de flèche.

La manière de se servir de cet instrument est facile à saisir.

Procédé de Clémot. Son instrument est construit sur le même plan que célui de Lusardi; mais il est droit et terminé par un fer de lame, et c'est sur

Ile plat de la lame que glisse la tige destine'e à masquer le crochet. Je n'ai pu me procurer que l'instrument de M. Clémot , et non la description du procédé opératoire ; mais je tiens de M. Carron du Villars qu'il est destiné à traverser l'iris, à la saisir entre les deux liges et à l'attirer au-dehors, et même à en , retrancher un lambeau. Il peut être employé par la sclérotique ou par la cornée.

IS". Décollement suivi de Vincisiondc l'iris. Ieidotomedialysis. C'est Dokegara qui est l'inventeur de ce procédé.

Pour l'exécuter, il a fait construire une aiguille falciforme , tranchante sur son bord concave : on la pousse à travers la sclérotique jusqu'à la circon- ' férence de l'iris , que l'on détache : après quoi , tournant le tranchant vers cette membrane , on l'incise de sa circonférence vers son centre, i 40. Décollement suivi de résection de l'iris. Iridectomedialysis. — Assalini, inventeur de ce procédé , se sert pour le pratiquer d'une espèce d'aiguillepince composée de deux branches , dont l'une est fixe , plus longue et aiguë , I dont l'autre est mobile , plus courte et arrondie , et articulée avec la première (par une charnière à bascule, derrière laquelle il y a un ressort destiné à tenir [l'instrument fermé, comme la lame du lithotome caché.

Cet instrument étant introduit fermé dans la chambre antérieure , on l'ouvre en pressant sur la bascule, on traverse l'iris près de sa circonférence javecla pointe delà branche aiguë , on rapproche les deux branches, on attire en dehors la partie d'iris qu'elles ont saisie et on en opère la résection avec les ciseaux de David.

La branche aiguë peut servir à déprimer le cristallin s'il est opaque.

IV. Pupille artificielle par Jixation du bord de Viris dans une plaie de la cornée ou de la sclérotique. Coreparelktkis. — Adams est l'auteur de cette méthode, qui n'est applicable qu'aux cas où d'une part il existe un trouble central de la cornée , et où d'autre part la pupille naturelle est conservée ou seulement rétrécie.

Après avoir incisé la cornée , il opérait au moyen d'une pression exercée par un spéculum oculi , \\n prolapsus de l'iris , saisissait la partie saillante avec des pinces , et la fixait dans la plaie de manière à attirer la pupille , en l'allongeant, vis-à-vis la partie de la cornée restée transparente.

Procédé de Himly. Il fait une ponction à la cornée , et introduit par la plaie un petit crochet, avec lequel il va saisir le bord pupillaire pour l'attirer et le fixer dans la solution de continuité de la cornée.

Procédé de Embden. Il consiste à dilater fortement la pupille par l'usage des narcotiques , et à aller saisir le bord de cette ouverture avec son raphiankystron introduit par la sclérotique, pour l'attirer en arrière et venir le fixer ?dans la plaie de cette enveloppe fibreuse.

V. Pupille artificielle par excisionde la sclérotique. Soleroticectonie. — Au- TEKBiETH , pcusa quo dans les cas où les altérations de la cornée et de l'iris ne permettent pas d'agir sur celte dernière membrane, on pourrait rendre la vue aux malades, en pratiquant à la sclérotique et à la choroïde , une ouverture qui permit aux faisceaux lumineux de pénétrer jusqu'à la rétine ; mais plusieurs épreuves faites par l'auteur sur les animaux vivans et plusieurs essais faits par Béer , Himly, Gulhrie et Riecke, n'ayant pas été suivis de succès, ainsi qu'il était facile de le prévoir, nous nous dispenserons de décrire les divers (procédés que l'on a successivement mis en usage.

VI. Pupille artificielle par exicision d'une partie de la cornée transparente. Keratectomie. — De même que la précédente, cette méthode n'a pas été cou. ronnée de succès dans les expériences qui en ont été faites sur les animaux Vivans , nous ne décrirons donc ni le procédé de Darwin, son inventeur, qui excisait avec un emporte-pièce une partie circulaire de la cornée , après l'avoir fixée au moyen d'une espèce de tirefond , ni celui de Mosner qui fixait dans îa perte de substance la membrane du corps vitré, après avoir incisé l'iris et Extrait ou abaissé le cristallin , et qui a aussi cherché à remplacer par la cornée d'un animal , la portion opaque qu'il avait retranchée.

j Art. III. Comparaison des différentes méthodes et indication des cas dans \lesquels elles conviennent spécialement. Il est facile de voir en étudiant les 'différentes méthodes qui ont été imaginées pour pratiquer la pupille artifijcielle , et en considérant la grande variété des lésions qui en réclament l'application , qu'il est impossible d'en admettre une, à l'exclusion des autres , et :que chacune d'elles peut trouver son application suivant les cas. ! La place et l'expérience nous manquent pour traiter ce sujet avec toute l'éten- (lue qu'il comporte; nous espérons pour'ant que l'indication sommaire que nous plions faire des avantages et des inconvéniens de chaque méthode , suffira pour ;en faire apprécier la valeur relative , et pour faire comprendre l'application Spéciale que nous conseillerons d'en faire aux différens cas qui peuvent se présenter dans la pratique.

j l" Iridotomie. a. Inconvéniens. Que l'on fasse une incision simple , ou une (incision cruciale ou une incision en V ; il arrive souvent que les lèvres de la [division se réunissent par l'effet de l'inflammation adhésive qui s'en empare, et ique la pupille artificielle s'oblitère.

Cette méthode peut aussi présenter dans son exécution quelques diflicultés et Iquelques imperfections dont les principales sont les suivantes :

L'instrument n'a quelquefois pas attaqué l'iris dans le lieu convenable , c'est- DiCT. DE Médecine et de CniRrRciE pratiques.

à-dire vis-à-vis un point transparent de la cornée , accident qui exige que l'on recommence l'opération.

On peut aussi blesser le cristallin ou sa membrane, ce à quoi l'on remédie en broyant ou en abaissant ce corps quand il est devenu opaque , ou immédiatement quand on s'en aperçoit pendant l'opération.

Enfin une dernière difficulté est due à la flaccidité du tissu de l'iris qui cède à la pression des instrumens tranchans simples sans se laisser diviser par eux ; mais on conçoit que cette difliculté n'est que relative et qu'elle disparaît toutà-fait quand on se sert de ciseaux.

b. Avantages. Les avantages de l'iridotomie sont : qu'elle fait une plaie simple et accompagnée de peu de désordres intérieurs , et qu'il est en général facile de placer la pupille artificielle là où l'on veut , et spécialement au centre de l'iris.

c. Indications. L'iridotomie est spécialement indiquée dans les cas de persistance de la membrane pupillaire , qu'il faut alors inciser crucialement sans toucher au bord de la pupille.

d. Choix du procédé. Le procédé de Maunoir nous paraît celui qui réunit le plus d'avantages , surtout si on le pratique avec les ciseaux de M. Carron.

2°. Iridectomie. a. Avantages. Elle forme une plaie nette. Elle n'est point en général accompagnée de l'amas du sang dans les chambres de l'œil , parce que la section de la cornée (car c'est par la chambre antérieure qu'on la pratique le plus généralement ) offre h ce liquide une issue facile au-dehors; on peut de même qu'avec l'iridotomie , mais déjà plus difficilement , pratiquer la pupille plus près du centre qu'en mettant en usage l'iridodialyse.

Enfin , de même encore qu'après l'iridotomie , la pupille artificielle , après l'iridectomie , est mobile et se dilate ou se resserre sous l'influence de la lumière. Elle prend aussi une forme arrondie.

b. Inconvéniens. L'iridectomie exige , pour être applicable , que la cornée et l'iris soient sains dans une assez grande étendue.

La pupille artificielle, étant toujours dans le voisinage de la plaie de la cornée, peut participer à l'inflammation de celle-ci, et être effacée dans la cicatrice commune.

c. Indications. Les cas qui réclament spécialement cette méthode sont : 1» l'opacité centrale de la cornée sans adhérence de l'iris , ou avec adhérence, mais un tiers au moins de l'une et de l'autre restant sains dans un point correspondant ; 2° l'atrésie de la pupille compliquée d'opacité partielle de la cornée , de cataracte, et d'adhérences de l'iris à la capsule du cristallin. Dans ce cas , il faut en même temps pratiquer la pupille artificielle vis-à-vis le point de la cornée resté transparent dans toute son étendue, et abaisser ou extraire le cristallin; 3o l'atrésie de la pupille, la cornée étant restée transparente dans toute son étendue ; 4» l'atrésie de la pupille avec cataracte, et adhérence postérieure de l'iris, la cornée étant saine dans toute son étendue. Dans ce cas, il faut encore, autant que possible , faire une pupille centrale et opérer la cataracte en même temps.

d. Choix du procédé. Le procédé de Béer est le plus simple et le plus facile. On peut aussi se servir avec avantage du coréoncion de Jungken.

3°. Iridodialtse. a. Inconvéniens. Lorsqu'il se fait un épanchement sanguin, il se résorbe difficilement, agit comme un corps étranger irritant sur la membrane de Descemet, et provoque des accidens inflammatoires graves ; la pupille, toujours placée près de la circonférence de l'iris , et hors de l'axe des rayons visuels , et le malade ne peut voir qu'en déviant fortement l'œil de sa direction naturelle.

b. Avantages. On peut opérer dans les cas où il ne reste qu'une très-petite étendue de la cornée qui ait conservé sa transparence.

c. Indications, Cette méthode est applicable : quand le manque d'espace ne permet pas d'employer les autres méthodes ; quand l'opacité de la cornée, ou l'adhérence de l'iris à cette membrane comprend plus de la moitié de leur étendue, et lorsque la pupille naturelle est confondue dans l'adhérence; quand une autre méthode opératoire a été mise en pratique sans succès ; quand, après l'opération de la cataracte , la surface du corps vitré dans laquelle ce corps est reçu , est devenue opaque.

Enfin les trois modifications principales de cette méthode opératoire ont aussi leur valeur relative et leur application particulière.

En général pourtant , l'iridodialyse pure et simple n'est pas sûi-e , parce que l'iris se recolle très-souvent , et on doit lui préférer l'une ou l'autre des deux autres modifications.

Uiridoenclésie est la plus simple et la plus facile des deux , et elle est en général préférable à Viridectomédialysis ; ma'is on est quelquefois obligé d'employer cette dernière, 1° quand l'iris attiré dans la plaie pour y être fixé, s'en échappe incessamment , soit parce que cette plaie est trop grande, soit parce qu'elle-même est trop fortement tiraillée par TefTet de sa contractilité ; 2° dans les cas où l'iris est trop altérée pour se laisser attirer jusque dans la plaie.

d. Choix du procédé. Pour l'iridodialyse simple , le procédé de Scarpa, pour l'indoenclésie et l'iridectomédialyse , les instrumens de Langenbeck, de Grœfe et de Juncken , sont ceux qui méritent la préférence.

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PURGATIFS

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Consultez aussi les traités des maladies des yeux de Scarpa ; Quadri , Baraza, Demours , Pallier de Quengsy , libeller., Beer , Rosas , Travers, Laurence , elc.

( L.-J. Sanson. )

PURGATIFS. C'est la qualification que l'on donne aux métlicamens qui déterminent la puj-gaiion , c^est-h-dire, cette médication qui a pour caractères constans l'excrétion par l'anus de matières au moins plus humides que dans l'état de santé , et souvent tout-à-fait liquides.

La médication purgative peut présenter les dilTércnces les plus nombreuses. Il peut n'y en avoir qu'une seule , comme il peut y en avoir 10 , 20 et plus : les matières excrétées peuvent olfrir sous les rapports de leur quantité , de leur nature , de leur consistance , de leur aspect , etc., des dissemblances infinies : leur excrétion peut se faire sans douleurs, comme elle peut être accompagnée ou précédée de coliques violentes, intolérables. Enfin , des borborygmes , des flatuosilés , des sensations de douleur et de pesanteur dans la région de l'estomac , des éructations , des nausées, des vomisscmens plus oti moins répétés de matières diverses , de la céphalalgie, des vertiges , du frisson , de la chaleur à la peau , la fréquence , l'inégalité, la vivacité du pouls ; de la douleur dans les lombes et le long des gros troncs nerveux , des crampes , des mouvemcns convulsifs et une foule d'autres symptômes , peuvent se montrer, avec des degrés divers d'intensité , pendant la purgation.

Ces détails montrent que dans celte médication il y a cons\.dtmmcn\. maladie du tube digestif, que cet état de maladie est loin d'êlre exactement identique dans tous les cas , et que si ses variétés se ressemblent , c'est à la manière dont les afTections accidentelles qui ont pour caractère commun la diarrhée, peuvent se ressembler- Or, qu'y a-t-ii de commun et de difléreut dans les diverses espèces de purgations ?

Il y a dans toutes irritation, à un degré quelconque , d'un point quelconque du tube inlesliual , puis nfflux de liquide dans l'intérieur de ce tube , et enfin accroissement de son mouvement périslaltique : ainsi donc irritation, sécrétion, contraction , voilà les trois phénomènes que toute purgation présente et qui constituent ses caractères communs.

Mais, suivant que lirrilation est plus ou moins forte, qu'elle est inflammartoirc ou purement sécrétoire , qu'elle est plus ou moins étendue, que l'estomac y participe ou non, qu'elle afiecte principalement tel point ou tel autre du tube digestif, tel ou tel élément de son tissu muqueux j que le foie ou le pancréas sont plus ou moins sollicités à verser dans l'intestin leurs humeurs spéciales , suivant la quantité et la nature des matières qu'il renferme, les sympathies qui le lient aux autres organes, etc., etc., la purgation présente les formes infinies dont nous avons parlé.

Elle diffère encore suivant les traces qu'elle laisse ; quand elle a été provoquée à propos, et si l'intensité de ses effets est restée dans de justes bornes, elle a une convalescence très-courte et pendant laquelle on observe seulement un léger sentiment de faiblesse auquel succède bientôt le mieux-êire ou la santé. Mais si la purgation a eu lieu dans des conditions et avec des circonslances moins favorables, divers symptômes annoncent que l'économie, et particulèremenl l'appareil digestif, ont conservé des traces plus ou moins prononcées de cette médication. Il reste, par e.'templc, un sentiment de pesanteur, ou de malaise, ou de douleur, soit à l'épigastre^soit dans tout autre point de l'abdomen ;

la bouche reste mauvaise , ou le devient davantage ; la langue, au lieu de se nettoyer, se charge encore plus: d'humide qu'elle était, elle devient sèche ; une constipation opiniâtre succède à l'effet purgatif, ou la diarrhée se continue : le malade se sent affaibli , faligué, brisé ; un mouvement fébrde plus ou moins marqué se manifeste; il est clair enfin que la maladie médicamenteuse suivit à l'action du médicament , prend un certain caractère de chronicité et nécessite à son tour des moyens de traitement.

La purgation étant un fait qui dilTère à ce point , tant en lui-même, que dans ses suites , on conçoit combien il importe de connaître les conditions selon lesquelles se produisent les variétés nombreuses qu'elle présente.

Ces conditions sont de deux sortes: les unes tiennent à Yindii'idu, et les autres au médicament.

Donnez le même purgatif à plusieurs personnes qui sont ou paraissent être dans des conditions semblables : faites mieux; répétez-le sur un même individu, à des époques dififé rentes ,ya/waj4 vous n'aurez une purgation exacti inent identique. Il y a donc chez les individus des dispositions, des modificabilités occultes, inappréciables, qui font qu'on ne peut affirmer jusqu'oiî va , et oii s'arrè-j tera l'action purgative d'un médicament. Cette observation qui , d'avance , ' frappe de suspicion , entoure d'incertitude l'emploi des purgatifs , quels qu'ils 1 soient et dans quelque cas que ce soit , doit toujours être présente à l'esprit du 1 praticien. i

Cependant on peut, d'après quelques circonstances , préjuger , jusqu'à un j certain point, l'étendue de l'action purgative. Ainsi, toutes choses égales d'ailleurs, elle est d'autant plus grande que les sujets sont plus jeunes, plus irrita-! bles, et qu'ils sont plus sensibles à l'action des purgatits, ce que les antécédens j] peuvent apprendre. Disons encore que les personnes qui sont , ])Our me servir] des expressions consacrées , bilieuses ou lymphatiques , passent pour être plus réfractaires à l'action des purgatifs que celles qui sont sanguines ou nerveuses; que ces médicamens agissent plus proraptement et avec plus d'énergie chez lesl femmes que chez les hommes, et enfin qu'ils réussissent plus aisément dans les' pays chauds que dans les pays froids. i

Indépendamment de ces dispositions que j'appellerai physiologiques, il en est ' d'autres , beaucoup plus nombreuses, résultant de l'état pathologique du sujet,' qui font varier le nombre, la nature et la forme des symptômes de la purgation. i Certaines maladies mettent à sa production un obstacle presque insurmonta- ' Lie : c'est ce qu'on voit souvent dans quelques affections des centres nerveux, comme l'apoplexie , la myélite : pareille chose a lieu, mais d'une autre manièi e, lorsque l'estomac repousse par le vomissement les purgatifs qu'on y introduit. Le plus souvent , au reste , c'est l'état de l'appareil digestif lui-même qui modifie l'action de ces agens ; mais comme je parlerai tout-à l'heure de cet objet , je' me borne ici à dire que le praticien , quelque soit le but dans lequel il prescrit un purgatif , doit préalablement étudier avec le plus grand soin l'état des organes auxquels il va le confier.

Les caractères de la purgation dépendent beaucoup aussi du choix et de la dose des purgatifs. Considérés sous ce rapport, ils ont été classés de deux manières : d'après la nature des humeurs dont on a supposé qu'ils provoquaient» l'élimination, et d'après l'intensité de leur action.

On croyait autrefois que la purgation amenait de préférence, suivant le médicament à l'aide duquel on la produisait, l'élimination de telle humeur plutôt que de telle autre. Par suite de cette idée , les anciens avaient nommé hjdragoques les purgatifs qui évacuaient la sérosité ; phlcgmagocjues , ceux qui chassaient la pituite ; cholagoques, ceux qui faisaient couler la bile; enfin ils raageaient sous la dénomination de panchimagoques les purgatifs qui procuraient indiiréremment l'éliminalion de toutes sortes d'humeurs. Ces distinctions méritaient assurément la rude justice qu'on en a faite ; mais en la faisant on s'est trop habitué à croire que tous les purgatifs sont panchimagoques , qu'ils ne '«^ diffèrent les uns des autres que par la puissance de leur action. Cependant il ' i est aisé de concevoir qu'un purgatif qui aurait une action spéciale sur la portion | j du tube digestif où les canaux cholédoque et pancréatique viennent s'ouvrir , ' , devrait amener des évacuations autres que celui qui n'agirait que sur le gros 1 intestin, et d'ailleurs n'est-il pas positif que les selles provoquées par la rhubarbe diffèrent beaucoup de celles que provoque le calomélas , et que les unes et les I? autres n'ont pas , en général, le caractère séreux des évacuations qu'on déter- «1 mine avec l'huile de croton tiglium. Ce serait une étude à reprendre, aujour- '\ d'hui que les moyens d'arriver à la connaissance des faits sont plus nombreux et [ i mieux entendus, que celle des rapports qui existent entre le choix des purga- f tifs et la nature des évacuations qu'ils délcrminent. '

Relativement à l'intensité de leurs effets, on a rangé ces médieamens en trois i j classes. La première est celle des minoraiifs, ou eccoproliques. On y place tous 1 1 les agens dont l'action purgative est très-faible. Nous citerons la casse, le tamarin, les pruneaux, le miel, le pelit-lait, l'eau de veau, de pou- il let, etc., etc. La manne marque la transition de cette classe à la suivante, h Celle-ci est la classe des purgatifs proprement dits , ou encore des catharUques. Les plus employés sont le calomélas, l'huile de ricin, la rhubarbe, le séné, les sulfates de soude, de magnésie, de potasse, les eaux minérales salines , etc., etc. Enfin dans la troisième classe , celle des drastiques les purgatifs les plus violens, comme l'huile de croton. tiglium , la gommc-gt la graliole , l'élatérium , l'épurge , l'aloès , le jalap , la scammonee , la loquinte , etc. Faisons remarquer , en terminant cette nomenclature , que l'intensité de la purgation ne résulte pas seulement du choix des medicamens, mais encore de ses doses. Un drastique donné dans des proportions tres-minimcs , peut n'agir que comme laxatif. 11 est à noter cependant qu'on aurait

on trouve ;ulte,

PURGATIFS

PURGATIFS

'beau exagérer les doses d'un laxatif, on ne pourrait, à moins de dispositions spéciales chez le sujet, produire un effet drastique.

L'action des purgatifs offre encore beaucoup de différences sur lesquelles , faute d'espace , je me vois forcé de garder le silence : je recommanderai seulement, comme travail à entreprendre , celui qui conduirait à distinguer d'une nanière plus nette qu'on ne peut le faire aujourd'hui , les purgatifs qui a'opèrent qu'en vertu d'une action topique sur le canal digestif, de ceux qui agissent , par suite de leur absorption , c'est-à-dire quelle que soit la voie par aquelle ils auraient pénétré dans l'économie.

Le Lien , comme le mal, qui résulte de la médication purgative, dans les maladies , peut se rapporter principalement : 1" à L'impression produite par e médicament sur l'appareil digestif; 2° à la quantité ou à la nature des sécréf.ions dont elle est suivie ; 3° aux excrétions qui en résultent ; 4» aux rét'ul- :ions qui naissent des rapports de l'appareil digestif avec le reste de 'économie.

Dans toute purgation , il y a irritation, à un degré quelconque, d'une des jortions de l'appareil digestif , et plus ordinairement du gros intestin. Quand ;es parties sont à l'état sain , l'irritation n'est que passagère , à moins qu'on lie lui ait donné , avec des purgatifs violons, une intensité trop forte; mais si le tube digestif est malade , celte irritation n'est jamais innocente : elle fait lu bien , ou du mal , niais toujours elle fait quelque chose. Ainsi elle peut être itile de la même manière que les topiques irritans à l'aide desquels on dissipe ertaines maladies cutanées : alors elle agit en activant ou en changeant le flode d'irritation qu'elle trouve dans l'intestin Mais le plus souvent elle est luisible : aussi est-ce, de tous les élémens de la purgation, celui que l'on re- ;oute le plus. On peut croire que l'irritation serait plus à craindre encore sans fes sécrétions qui la suivent : celles-ci tendent immédiatement à l'amortir : il !st d'observation qu'en général elle est beaucoup plus forte , lorsque , pour une aison quelconque , les sécrétions et conséquemment l'effet purgatif manquent. )a conçoit que si elles peuvent éteindre l'irritation purgative, elles peuvent, tour les mêmes motifs , éteindre une irritation intestinale qui aurait été antéîeure à celle-ci. Le purgatif agit à certains égards , dans les cas dont nous Jarlons , comme le feraient des sangsues appliquées à la surface de l'intestin. ;Ceci explique pourquoi ou produit souvent plus d'irritation avec un purgatif top faible , qu'avec un purgatif plus fort , et pourquoi , lorsque l'intestin est aalade , on réussit mieux avec des agens qui irritent peu , mais évacuent >ien , comme le ealomélas et l'huile de ricin , qu'avec beaucoup d'autres lioyeus.

' L'effet anti-phlogistique des sécrétions purgatives ne se fait pas seulement pntir dans le tube intestinal, il se manifeste encore par la diminution de la èvre, par la résolution de phlegmasies diverses et par le sentiment de failesse qui suit constamment la purgation ; il se manifeste encore par l'aggravaon des symptômes adynamiques et ataxiques , de ces symptômes , qui ont butume de s'accroître sous l iulluence des saignées. En effet, il n'y a pas que i perte du sang qui affaiblit, qui asthénise ; Umle perte abondante de liiiide , qivelle se fasse par la peau ou les membranes muqueuses , produit p même résultat ; celle du sperme, comme on le voit dans la spermatorrhée ^urne , asthénise même à un degré bien plus considérable que la perte ^ sang.

Cette sueur intestinale, que les purgatifs provoquent, n'agirait-elle pas encre comme moyen d élimination ? Cette propriété me semble démontrée par îla seul qu'on voit des hydropisies disparaitre après l'administration de drasques. D'ailleurs, s'il peut exister dans l'économie des principes de maladies isceptibles d'être éliminés, et il serait difficile, je crois , de soutenir le conaire , pourquoi les purgatifs qui ouvrent une voie si large à l'élimination, ne Dpéreraient-ils pas ? 11 ne faut point que l'abus qu'on a fait de certaines théoes empêche de voir ce qu'elles ont de vrai. Les purgatifs ont opéré des guériins si nombreuses , et dans des cas si divers , qu'ils doivent avoir plus d'un iode d'action.

Si l'usage de ces agens était sans inconvéniens , s'ils se bornaient à déblayer canal digestif, ils deviendraient usuels comme moyens de pi'opreté. Les niaères contenues dans le canal peuvent , en effet , être nuisibles de plus d'une janière : elles peuvent , soit par leur masse , soit par leur qualité, agir topiuement sur l'intestin , ou bien elles peuvent encore , en fournissant certains de iurs matériaux à l'absorption , devenir le principe d'affections diverses. Ces ,iuses de troubles ont pu être et ont été, je crois , mal appréciées ou exagérées; lais le scepticisme réactionnaire qui nie leur existence, est peut-être plus con- «mnable encore que ces théories sur la polycliolie, la saburre dont il a pris la lace. A lire la plupart des auteurs qui ont écrit en France , sur l'usage des irgatifs, depuis quarante ans , on pourrait croire qu'ils n'agissent qu'en irrint les intestins , et qu'en appelant à eux , en vertu des lois de la révulsion , des ritations qui seraient fixées ailleurs. Loin de moi de jeter du doute sur ces pro- ■létés , mais pourquoi les réputer exclusives ? S'il était possible de faire la part ps divers élémens de la purgation dans les services qu'on en tire , ou verrait put-être que bien des résultats dont on fait honneur à la révulsion , appartieu. pnt, soit à la perte de certains liquides, soit au déblaiement qu'elle entraîne. D'après ce qui vient d être dit, on comprendra aisément qu'on a dû faire j|îage de la purgation dans une foule de maladies , et qu'elle a dû être souvent ftile, et souvent nuisible ; c'est en effet ce qui a eu lieu.

j Les cas dans lesquels on l'a employée peuvent être rangés en deux classes. ,ans les uns , l'appareil digestif était sain; dans les autres , il était le siège d'un at morbide quelconque. Ne pouvant plus disposer , pour achever cet article,

que d'un espace fort exigu , nous nous bornerons "a donner quelques notions sur l'emploi des purgatifs dans ces derniers.

Dans les affections de l'appareil digestif, et ici je les comprends toutes depuis l'embarras gastro-inlestinal le plus léger , jusqu'à la fièvre typhoïde la plus grave , la purgation n'estjamais indifférente : toujouri elle améliore ou empire , à un degré quelconque, l'état du malade. Ce résultat , que le plus simple raisonnement indique , est tous les jours confirmé par l'expérience. Combien donc il serait essentiel qu'on eût des règles qui permissent constamment de prescrire à propos et avec sécurité , les purgatifs dans les cas dont nous parlons. Par malheur ces règles n'existent pas : il y en a qui , observées attentivement , font que la purgation est plus souvent utile que nuisible; mais il n'y en a pas qui puissent rassurer entièrement sur ses résultats possibles. Ainsi donc, quand on l'administre , il faut bien se pénétrer de ceci , qu'on fera du mal , si ou ne fait pas de bien , et qu'il n'y a pas de calcul de probabilités , si bon qu'on le suppose , qui puisse mettre complètement à l'abri de cette inquiétante alternative.

Ce point admis, on s'explique la vogue et le dénigrement qui se sont tour-àtour attachés à l'usage des purgatifs dans les affections gastro-intestinales. On vantait ces médicamens, parce qu'ils avaient réussi , et on les repoussait , parce qu'ils avaient été nuisibles. De la sorte on arrivait , par des observations exactes, à des conséquences vicieuses. La question, en effet, n'est pas de savoir quels sont les cas où les purgatifs sont utiles et ceux où ils nuisent, car l'expérience a montré qu'ils peiii^ent être bons et nuisibles dans tous les cas , mais quels sont ceux où ces agens doivent, de préférence à d'autres , c'est-à-dire avec plus d'avantages et moins d inconvéniens, être employés.

Règle générale , quand on- peut choisir entre des moyens divers, on doit préférer ceux qui font courir le moins de risques au malade, dût-on, en les employant , arriver moins promptement au but. Cette règle , on l'applique tous les jours dans les affections des voies digestives , en préférant, à la médication purgative, les boissons délayantes , des lavemens adoucissans , des émissions sanguines modérées, un régime sévère, le repos et l'expectalion. Cependant, comme il y a une multitude de cas où ces moyens ne sauraient suffire, où l'on ne saurait perdre de temps sans que le mal en profite, et où enfin , on n'a que peu de choses à redouter des purgatifs, il arrive souvent, très-souvent , que c'est un parti sage que de les employer.

Plus d'une fois on a vu les purgatifs réussir , bien que l'estomac fût malade, qu'il fût même très-irrité ou très-irritable; mais généralement il n'eu est pas ainsi. On doit donc considérer ces médicamens comme ayant d'autant plus de chances d'être utiles , quand d'ailleurs l'état des intestins les réclame, que l'estomac est moins disposé à sentir leur passage. Je ne dis pas , qu'on le remarque bien, que l'affection de l'estomac exclue l'emploi des purgatifs, ce serait les proscrire pour un grand nombre de cas où ils peuvent être fort efficaces; je dis seulement que l'on doit être beaucoup plus réservé dans leur emploi quand l'estomac est malade, que lorsqu'il ne l'est pas , et quand il est très-irrité ou trèsirritable , que quand il l est peu.

Des observations nécroscopiques nombreuses , et certaines idées théoriques ont conduit une multitude de praticiens à considérer les purgatifs comme essentiellement contraires dans toutes les irritations et inflammations intestinales. L'expérience de tous les temps et particulièrement une foule de faits recueillis dans ces dernières années , démentent cette opinion. Ce qui seulement est vrai, c'est que les purgatifs ont d'autant moins de chances de faire du bien , et d'autant plus de faire du mal dans les affections des intestins, que l'irritation est plus forte , plus inflammatoire. Aussi est-ce une règle sanctionnée par l'expérience , qu'il ne faut pas trop se presser , dans ces affections , de donner les purgatifs ; qu'il vaut mieux , avant de les administrer , attendre que l'irritation soit moins vive ; qu'il convient de les faire précéder des boissons délayantes , des saignées locales et générales , en un mot des moyens qui peuvent faire tomber les symptômes inflainmatoires. Les anciens exprimaient ces préceptes dans un autre langage lorsqu'ils disaient que les purgatifs ne convenaient pas dans la période de crudité des fièvres ; et qu'ils ne devaient être prescrits que lorsque des signes de coction et surtout d'évacution s'étaient manifestés. Les vérités peuvent changer d'habit suivant les siècles , mais elles restent toujours des vérités.

Avec les doctrines actuelles, c'est surtout l'irritation que le praticien redoute : constamment il est placé entre la crainte qu'elle lui inspire, et le désir d'obtenir des évacuations modérées. Il sent, avec raison , qu'il a d'autant plus de bonnes chances qu'il achète celles-ci au piix d'une irritation moins forte. C'est pour ce motif qu'on doit proscrire du traitement des affections intestinales, non-seulement les draliques, mais encore tous les purgatifs dont l'action est trop incertaine, qui peuvent accroître l'irritation , soit parce que leur action serait excessive, soit parce qu'elle resterait insuffisante ; l'usage du ealomélas , de l'huile de ricin , des sels neutres , n'est devenu si habituel que parce qu'ils se présentent avec les conditions les meilleures. C'est encore dajis les mêmes vues que le praticien attend , pour prescriie la purgation , que l'inflammation soit moins forte; il a plus de chances alors d'avoir des évacuations, attendu que les sécrétions reprennent leur cours, que les membranes muqueuses redeviennent humides. Souvent nous avons vu , dans ces derniers temps , quelques évacutions alvines , sur la tin des Jiè\'i-es , devenir l'occasion d'un surcroit de rigueur dans le régime, et de prescriptions nouvelles de sangsues. Pour les anciens c'était une signe qu'ils s'empressaient d'interpréter en ordonnant un purgatif doux. Je crois fort que maintenant, où tant d'illusions se dissipent, on verra de plus en plus que les anciens avaient souvent raison.

Ne pouvant étendre davantage ces considérations , je me bornerai à dire en.

PrRPlTRA.

PURPURA

terminant , qu"en général les purgatifs sont conlre-indiqués dans les affections intestinales, quand les évacutions alvines se conservent dans l'état normal, que ces agens peuvent être, s'il y a beaucoup d'irritafion, un mauvais moyen de remédier à la constipation, et que dans une foule de cas où il y a diarrhée , on se trouve bien de leur emploi. (Leop. Deslakdes.)

PURPURA, s. m. Je comprends sous le nom de purpura plusieurs maladies qui ont pour caractère commun et générique de se manifester intérieurement par des hémorrhagies et à l'extérieur du corps par des pétéchies ou des ecchymoses indépendantes de violences extérieures.

Ce groupe comprend deux espèces très-distinctes par leur marche et par les symtômes qui accompagnent les phénomènes hémorrhagiques ; Purpura sine Jebre; 1° purpura fehrilis.

Le purpura sine fchre comprend lui-même trois variétés (purpura simplex. purpura urlicans , purpura liœmorrhagica , auxquelles il faut ajouter le purpura senilis , et le purpura cackectica , comme sous-variétés. Le purpura fe- Tirilis peut offrir les caractères extérieurs et hémorrhagiques d'après lesquels ont été établies les variétés du purpura apyrétique. La Jièvre hémorrhagique doit être rapprochée de cette seconde espèce.

5 I. Purpura simplex. Il débute presque toujours sans causes connues et sans trouble marqué des principales fonctions. Quelques malades se plaignent cependant de lassitudes, d'abattement, quelques jours avant l'apparition des taches. Ce sont ordinairement de vraies pétéchies , quelquefois entremêlées d'ecchymoses : dans quelques cas très-rares on ne distingue, à l'extérieur du corps, que des ecchymoses.

1. Lorsque l'éruption est uniquement pe7ec/iia/e la maladie peut offrir des apparences assez variées suivant le nombre des pétéchies , suivant qu'elles sont disséminées sur presque toute la surface du corps , ou seulement apparues sur un certain nombre de régions ; suivant enfin que les pétéchies se sont manifestées en même temps de manière à offrir presque partout la même teinte , ou bien suivant qu'elles sont apparues successivement en plusieurs jours , de manière à offrir un mélange de taches récentes et de taches déjà anciennes , et de teintes de moins en moins foncées depuis le rouge-brun jusqu'au jaune-clair.

Dans les cas les plus ordinaires les pétéchies se montrent principalement sur les jambes ; on en voit quelquefois un très-grand nombre sur la figure , qui, à une certaine distance , paraît piquetée de points noirâtres et jaunes comme si elle eût été mordue par un très-grand nombre de puces ; en même temps les conjonctives peuvent êire envahies par des ecchymoses.

Les pétéchies formées par une très-petite quantité de sang infiltré dans la peau ont pour caractère de n'offrir aucun changement dans leur couleur sous la pression du doigt, en quoi elles diffèrent des autres petites taches rouges ou roses qu'on observe dans le typhus et dans les fièvres typhoïdes , et qui s'effacent immédiatement par la même pression pour se reproduire lorsqu'elle a cessé. Le plus grand nombre de ces pétéchies n'a pas tout-à-fuit la dimension d'une morsure de puce, car celle-ci , indépendamment de la petite ecchymose produite par la succion de cet insecte, est entourée d'une petite auréole rose, susceptible de disparaître par la pression , et que l'on n'observe point dans les pétéchies du purpura ; quelques pétéchies d'une plus grande dimension , et même de véritables ecchymoses , sont souvent éparses entre les pétéchies ordinaires. Ces pétéchies et ces ecchymoses se manifestent sans chaleur, sans douleur, sans trouble des principales fonctions ; les enfans continuent leurs jeux , et les personnes plus avancées en âge ne cessent pas ordinairement de se livrer à leurs affaires habituelles ; le pouls reste naturel ; la digestion , la respiration, les excrétions et les fonctions nerveuses s'exécutent comme dans l'état de santé.

Peu de temps après sa formation , chaque pétéchie éprouve un changement dans sa couleur; du rouge-brun elle passe au jaune; et, à moins d'un état cachectique de la constitution, le sang qui l'a formée est ordinairement résorbé, dans l'espace de deux septénaires. Presque toujours cette résorption s'opère de la circonférence des taches vers leur centre ; je l'ai vue cependant s'opérer en sens contraire de manière que les taches , dans les derniers temps de leur durée T étaient représentées par de petits anneaux ou des arcs jaunâtres. Ces petites taches ne sont proéminentes que dans le cas très- rare où le sang est infiltré dans la peau, sous la forme d'un point noirâtre, ou lorsqu'une gouttelette de liquide est épanchée sous l'épiderme qu'elle soulève; ces petites éminences du volume d'une tête d'épingle , se dessèchent en petites croûtes noirâtres.

2. Lorsque l'éruption des pétéchies est considérable , elles peuvent être rassemblées sur plusieurs points en groupes irréguliers ; cette disposition est trèsrare. Enfin, on observe aussi dans un très-petit nombre de cas des espèces de marbrures , légèrement violacées ou de la teinte de la ruheola nigra , disséminées entre les pétéchies.

3. Les éruptions pétéchiales qui caractérisent cette forme du purpura simplex, incomparablement plus fréquentes que les autres éruptions de même nature , ne sont point accompagnées d'épistaxis , d'hémature , d'hémorrhagie , etc , ni d'aucune autre hémorrhagie inlérieure ; elles sont assez fréquemment entremêlées avec de véritables ecchymoses dans la peau ou dans le tissu cellulaire sous-cutané.

4. Il est même des cas dans lesquels le purpura simplex est caractérisé par un assez grand nombre d'ecchymoses disséminées sur les membres et sur le tronc , sur lesquels on ne remarque que peu ou point de pétéchies. Lorsque le sang est épanché en nappe dans le tissu de la peau y c'est presque toujours sur la face dorsale du pied , sur la face dorsale des mains et la partie interne des membres qu'on rencontre ces larges taches qui n'affectent point de formes régulières et qui ressemblent quelquefois assez Lien aux empreintes que laissent

sur le corps les coups de fouet ou de violentes meurtrissures. Dans les inler 1 valles des ecchymoses la peau conserve sa couleur, sa température et sa sensi- ' bilité naturelles. La couleur de ces taches, d'un noir bleuâtre ou livide, reslf stationnaire pendant quelques jours et diminue plus lentement que celle dei ecchymoses sous-cutanées. Ces taches sont quelquefois suivies d'une exfolialiorj i de l'épiderme , surtout lorsqu'une certaine quantité de sérosité sanguinolente : i opéré son décollement, qui est très-manifeste dans quelques cas où la peai| • ])résente de véritables bulles sanguinolentes. j

5. Lorsque le sang s'infiltre dans le tissu cellulaire sous-cutané, et dans h | tissu cellulaire inter-musculaire , la peau offre le plus souvent un certain nom-' i bre de larges taches proéminentes, noirâtres à leur centre , et d'un jaune verj ( dàtre à leur circonférence. Ces taches sont peu ou point douloureuses ; mais s , le sang s'est infiltré en masse dans le tissu sous-cutané des membres inférieurs \ comme cela a lieu beaucoup plus fréquemment dans le purpura hœmorrhagica , la tuméfaction et la tension des parties peuvent être assez considérables pou:! produire une assez vive douleur. Dans ce cas, souvent toute la peau de la partiel interne de la jambe paraît d'une teinte jaune-verdâtre , dont la disparition nJ s'opère que très-lentement. On a vu aussi une sorte de gonflement œdémateu;!i se manifester sur le dos de la main , dans certains purpura simplex caractérisée par de semblables ecchymoses. |

Dans le purpura simplex, les pétéchies et les ecchymoses se reproduisen' quelquefois tout-à-coup en une nuit, au moment où la disparition d'une prej mière éruption semblait indiquer le rétablissement complet de la santé. Cej phénomènes hémorragiques peuvent se renouveler à des époques assez pei| éloignées les unes des autres pour qu'elles s'enchaînent; alors quelques tache lit sont jaunâtres ou à-peu près disparues; d'autres, toutes récentes , sont déj. d'un rouge brun , et d'autres plus anciennes , sont déjà d'un rouge moins foncé' | Enfin, après un court intervalle d'une guérison apparente, il peut aussi se dé clarer une nouvelle éruption; de sorte que la durée d'un purpura simple^i ne peut être présumée : elle varie entre quelques semaines et plusieurs mois

6. Il existe une dernière variété de purpura simplex, dans laquelle l'infilt tration du sang est précédée de taches rougeâtres , ovalaires , ou circulaires ! proéminentes , accompagnées d'un sentiment de cuisson analogue à celui d( l'urticaire, mais beaucoup moins prononcé (purpura urticans). Ces petitei taches , ordinairement de la dimension d'une lentille , s'affaissent au bout di deux ou trois jours , et se mettent de niveau avec la peau environnante ; ei même temps leur couleur, d'abord rosée, devient plus foncée et livide. D nouvelles taches apparaissent pendant que les premières s'affaissent ; le plu souvent elles se montrent sur les jambes, et quelquefois sur d'autres région du corps, en même temps que de véritables pétéchies ; les membres inférieur sont quelquefois oedémateux ou deviennent le siège d'un sentiment de raideu ou de pesanteur. Cette éruption est ordinairement d'un mois de durée, et peu se prolonger au-delà de ce terme.

Le purpura urticans ne peut être distingué des urticaires hémorrhagiques dans lesquelles une certaine quantité de sang s'infiltre dans les taches ortiées que lorsqu'il existe en même temps un certain nombre de vraies pété«hies entr ces taches. On a vu des urticaires suivies de purpura plus ou moins graves.

Les taches du purpura urticans sont plus larges que celles du purpura pété chial; mais elles ont moins d'étendue que les ecchymoses du purpura hémor rhagique, qui sont en outre plus irrégulières. Les taches du purpura urticati existent quelquefois à la peau sans véritables pétéchies et sans ecchymoses prii mitives ; mais il est des cas où ces trois apparences se trouvent réunies che; ' un même individu. 'jj'

En général, lorsque le purpura simplex se montre sous la forme d'eccbyfl moses , il est plus grave que sous la forme pétéchiale. Le purpura urticans ésm de toutes les variétés du purpura la plus bénigne. ;1

§ II, Purpura hœmorrhagica. (morûui macu/oiui, Werlohffii. ) Cette espèce es!* beaucoup plus grave que la précédente. Elle est quelquefois précédée , pendant quelques semaines , d'un sentiment de faiblesse, de lassitude et de douleui'i dans les membres : souvent elle se manifeste subitement chez des individus qu ' > jouissent en apparence d'une bonne santé.

Le purpura hœmorrhagica estcaractérisé à l'extérieur du corps par les même! j apparences que le purpura simplex; quelquefois par des pétéchies , souven'B par des ecchymoses, plus souvent encore par ces deux formes hémorrhagiques à-'B la-fois , rarement par une véritable dermalorrhagie. Dans la plupart des cas I les ecchymoses apparaissent avant les pétéchies. On a vu le corps couvert de'l taches , semblables à des meurtrissures ; chez les enfans de véritables trombui 1 formés sous le cuir chevelu; le sang suinter de la partie postérieure des oreille! ou du vertex , et l'éruption tellement considérable , qu'elle couvrait presgui toute la peau. La disposition aux hémorrhagies est telle chez quelques malades/ ' qu'on leur produit des ecchymoses , en leur tâtant le pouls ; que la pression di bandage d'une saignée, celle que détermine le poids du corps dans le couchei i ou l'attitude assise, occasionnent également de véritables ecchymoses. En outre les piqûres et les petites plaies que les malades se font accidentellement ' saignent toujours plus que chez d'autres personnes; le sang coule quelquefor' | abondamment de la surface des vésicatoires , des cautères, des ulcères, etc j Presque toujours aussi le nombre des pétéchies et des ecchymoses est plus considérable que dans le purpura simplex ; et elles se reproduisent avec plus d( promptitude, d'intensité et de persistance que dans ce dernier.

Mais ce qui caractérise essentiellement le purpura hœmorrhagica , ce sont le hémorrhagies des viscères ou des membranes intérieure» qui précèdent, accom j pagncnt ou suivent constamment celles qui s'opèrent dans la peau ou dans 1

PURPURA

PURPURA

tisiu cellulaire sous-cutané ; ce sont le plus souvent des épistaxis, des hémorihagies intestinales , des hémoptysies, des bémalémèses , des hématuries , et chez les femmes des métrorrhagies.

De toutes les hémorrhagies internes , l'epislaxis est la plus fréquente , surtout chez les enfans ; la méti orrhagie chez les femmes et les hémorrhagies pulmonaires et intestinales sont communes chez les adultes. Plusieurs de ces hémorrhagies se déclarent quelquefois en même temps ou à différentes époques, chez un même malade.

L'expression symptomatique de la maladie , toujours frappante , est modifiée parla diversité des symptômes locaux: ils varient eux-mêmes, suivant que les hémorrhagies se déclarent dans des organes plus ou moins imporlans, suivant qu'elles sont plus ou moins abondantes et plus ou moins répétées, ou qu'elles se montrent à-la-fois ou successivement sur plusieurs points.

1". Le purpura hœmorrhagica avec épistaxis est de toutes les variétés la plus ordinaire ; Bateman l'a vu accompagné d'hématémèse et suivi de la mort , après une perte de sang abondante.

2". Le purpura hœmorrhagica avec hémorrhagie de la gorge ou seulement des amjgdales est une variété assez rare ; quelquefois toute la gorge paraît d'un rouge foncé ; le sang sort de toutes parts ; après la cessation de l'hémorrhagie le fond de la gorge paraît noirâtre. Dans un cas où il n'existait qu'un assez petit nombre de pétéchies sur la peau, j'ai vu le purpura compliqué avec une angine couenneuse .

3". Le purpura hœmorrhagica avec hémorrhagie de la bouche et des gencives est souvent accompagné d'épisiaxis et d'hématémèse. Les gencives sont livides, spongieuses, et le sang suinte de leur bord libre ; la langue est livide et noirâtre, isaignante et comme fongueuse, et son volume peut devenir double dece qu'ilest |dans l'état normal ; la face interne des joues oflTre des plaques noirâtres et moljles, et le palais est couvert de taches noirâtres. On a vu des enfans mourir en une nuit à la suite d'une hémorrhagie foudroyante par la bouche ou par le nez, ou qui moins abondante s'était répétée pendant plusieurs semaines. Quelquefois à la suite des ecchymoses , l'épithélium est soulevé sur la langue, le palais, l'intérieur des joues, les lèvres, etc. Il se forme des bulles irrégulières remplies d'un sang noirâtre ; l'épithélium se rompt et le sang flue de la surface de l excoriation ; la membrane muqueuse s'ulcère plus profondément, et une hémor- ^thagie plus considérable a souvent lieu.

j 4°. Le purpura avec hémorrhagie de l'estomac est quelquefois accompagné de douleurs dans l'hypocondre gauche et d'une augmentation du volume de la rate, disposition que Ton a surtout observée chez des individus qui avaient été attaqués du p^rpura après avoir souffert des fièvres intermittentes.

5°. Plus souvent les malades rendent le sang par les selles ; bien rarement le sang est pur et vermeil; souvent c'est une matière noirâtre, couleur de suie : cette variété du purpura est moins grave que la précédente. ! 6". Lorsque le sang flue par les voies tirinaires, l'urine est colorée par du isang, ou bien le liquide est rendu pur en partie coagulé; quelquefois en quantité considérable , souvent même sans odeur urineuse. Dans quatre cas de purpura sans hématurie, Blackall a trouvé l'urine coagulable par la chaleur ou l'apide nitrique : tousses malades avaient les jambes légèrement infiltrées de sérosité. Dans un cas de purpura hœmorrhagica^ avec symptômes fébriles , le docteur Combes a remarqué que les urines fortement coagulables dans le summum de la maladie, le devinrent beaucoup moins après une saignée et des perles de sang abondantes ; elles procurèrent un soulagement marqué, et à l'époque delà guérison les urines cessèrent d'être coagulables.

7». Dans le purpura avec hémorrhagies de ïutérus et du vagin ou du pudendum, les malades éprouvent souvent des douleurs dans les lombes. Ces hémorrhagies de i'utéru^ont presque toujours fâcheuses; j'ai vu un cas où elles furent prises pour une fausse couche, et la malade succomba. Il est bien rare que de telles hémorrhagies soient salutaires ; cependant Bateman a vu une femme atteinte d'un purpura simplex, et qui en fut guérie à la suite d'une hémorrhagie utérine.

8°. Lorsque l'hémorrhagie a lieu par les poumons, les malades éprouvent de la toux , crachent du sang ou des matières sanguinolentes ; des douleurs profondes se font sentir à la région précordiale, dans la poitrine. Les docteurs Duncan et Bateman ont vu cette hémorrhagie causer rapidement la mort.

9o. Enfin il y a des cas où les hémorrhagies se déclarent succeisivement, et en peu de jours, par les fosses nasales, par la bouche, par le poumon, par l'estomac, par l'intestin , etc. ; quelquefois elles se reproduisent chaque jour à des heures déterminées, ou bien il se fait un suintement de sang lent et presque continuel.

Si les hémorrhagies se répètent ou deviennent plus adondantes , quelle que soit la voie par laquelle elles s'opèrent, les membres inférieurs s'œdématisent, la face est pâle, l'habitude du corps prend une teinte livide et jaunâtre ; les pétéphies et les ecchymoses, plus nombreuses, ont une teinte brune foncée, le sang (devient de plus en plus séreux, les extrémités se refroidissent, les malades éproujvent des défaillances, le pouls devient petit, fréquent; des symptômes nerveux, quelquefois des mouvemens convulsifs, des tremblemens de tout le corps, des syn. copes se déclarent; et si les hémorrhagies se répètent encore, les malades meurent anémiques à moins que des symptômes fébriles ne donnent lieu à une autre forme d'agonie. En effet, après un certain nombre d'hémorrhagies, il survient jquelquefois une fièvre grave avec des symptômes analogues à ceux de la fièvre typhoïde, et les malades succombent quelquefois dès le douzième jour.

S III. Purpura /ébrilis. Cette espèce de purpura peut être sporadique ou épidémique ; sa durée ordinaire est de deux à trois septénaires. Le purpura febrilis attaque tous les âges et toutes les constitutions,

DiCT. DE MÉDECINE ET DE ChIRORGIE PBATIQt'ES.

Un sentiment profond de lassitude , d'abbatement , un frisson plus ou moins prolongé , suivi de chaleur, de douleurs dans le dos et les membres , de céphalalgie, d'oppression, quelquefois du sentiment d'uue grande chaleur dans tout le corps, de nausées, de vomissemens, de fréquence du pouls ou d'autres symptômes fébriles, tels sont les symptijmes précurseurs des pétéchies ou des ecchymoses. Elles apparaissent du troisième au sixième jour, quelquefois sans hémorrhagies des membranes muqueuses ou des viscères (purpura febrilis simplex).

Souvent dans le purpura /èi/v'/Zi , après la fièvre d'invasion , l'éruption des pétéchies est précédée détaches exanlhcmateuses analogues à celles de l'urticaire fébrile. La peau, d'abord rouge, se couvre ensuite de pétéchies de couleur pourpre , dont la dimension varie depuis celle de la tête d'une très-petite épingle , jusqu'à celle du bout du petit doigt. Ces dernières sont légèrement proéminentes.

1. Le purpura frebilis peut se montrer sous la forme d''ecchymoses. M. Olivier, d'Angers, en a observé un exemple remarquable chez un enfant âgé de trois ans, ((uil me fit voir, et chez lequel les ecchymoses cutanées se manifestèrent sur les membres en même temps qu'un œdème. La peau était chaude, douloureuse ; le pouls donnait 120 à 130 pulsations par minute ; l'enfant éprouvait des douleurs abdominales ; la piession d'une jarretière ou celle du doigt suffisait pour produire des ecchymoses. Cet enfant guérit après un mois de souffrance.

2. Dans le purpura febrilis j après la fièvre primaire , il se déclare quelquefois des hémorrhagies par diverses voies , en même temps qu'il se forme des pétéchies et des ecchymoses dans la peau et le tissu cellulaire sous-culanc (purpura febrilis hœmorrhagica). Chez quelques malades l'urine est fortement teinte de sang, le ponls d'abord petit et serré, acquiert quelquefois plus de force et de souplesse après une première hémorrhagie. Mais lorsque les pertes de sang se répèlent, il peut survenir tous les acccidens dont j'ai fait mention en traitant du purpura hœmorrhagica non febrilis.

Le purpura febrilis peut se présenter, dès le début, avec des symptômes trèsgraves et se terminer en peu de jours par la mort , lorsque le sang s'épanche abondamment dans les poumons ou dans le cerveau.

§ IV. Il faut rapprocher du purpura febrilis une espèce de fèvre hémorrhagique , qui ne diffère du purpura febrilis hœmorrhagica que par l'absence des ecchymoses et des pétéchies , et dans laquelle , après un mouvement fébrile plus ou moins marqué, des émorrhagies ont lieu par le nez, parla bouche, l'intestin ou les voies uriiiaires, etc. Quelquefois ces hémorrhagies unii'erselles ne sont point accompagnées de fièvre dès le début ; mais elle survient au bout de quelques jours.

On a vu ces hémorrhagies universelles alterner avec des fluxions sur certains organes , sur les amygdales , etc.

§ Y. Purpura senilis. Sous ce nom, Bateman a décrit une variété qu'il n'avait observée que chez les femmes âgées , et dans laquelle les ecchymoses , d'un rouge brun très-prononcé , irrégulières dans leur forme et leur dimension, apparaissaient principalement le long du côté externe de l'a vant-bras. Chacune de ces taches avait seulement de dix à douze jours de durée ; mais , dans un cas, Bateman les a vues se renouveler à différentes reprises pendant l'espace de dix années et sans dérangement notable de la santé. J'ai moi-même plusieurs fois observé de semblables taches sur les mêmes parties et sur la face dorsale des mains chez des vieillards des deux sexes. Je dois ajouter que, dans tous les cas, la durée de ces espèces d'ecchymoses, beaucoup plus longue que celle indiquée par Bateman , était ordinairement de plus d'un mois. La couleur de ces taches était lie devin, assez analogue à celle de certains nœvi ; elles ne disparaissaient pas sous la pression du doigt.

Ces ecchymoses seniles ne doivent point être confondues avec le véritable purpura , qui peut attaquer aussi les vieillards.

§ "Vl. On peut regarder comme un état voisin du purpura senilis certaines e'ruptions pétéchiales et ecchymatiques , qu'on observe quelquefois chez des individus atteints d'entérites , de péritonites chroniques ou d'autres maladies graves , suivies de cachexie. Quant aux ecchymoses et aux pétéchies qui se déclarent aux membres inférieurs des malades , dans l'asthme , les maladies du cœur et l'hydropisie, ces infiltrations sanguines sont probablement dues à une double cause, au ralentissement de la circulation veineuse et à une modification du sang.

Le purpura sine febre est plus souvent compliqué avec le rupia qu'avec aucune autre éruption. Le purpura febrilis et la fièure hémorrhagique se déclarent quelquefois dans le cours de plusieurs maladies aiguës, et surtout pendant \à variole. Le purpura peut compliquer Victère et la péritonite ( Watson , Eliotson ). Je l'ai vu survenir dans le cours d'un étranglement interne et mortel de l'intestin grêle , et dans plusieurs autres maladies qui sont fort éloignées du purpura par leur nature.

§ "VII. Recherches anaiomiques. Les ecchymoses et les pétéchies cutanées et sous-cutanées , observées dans les purpura , n'augmentent ni ne diminuent au moment de l'agonie. Après la mort, en disséquant la peau, on reconnaît que les pétéchies et les ecchymoses n'ont pas toutes le même siège. Les unes sont très-superficielles et placées à la surface de la peau , les autres occupent les aréoles du derme , enfin les plus larges et les plus foncées siègent dans le tissu cellulaire sous-cutané. Toutes ces taches sont formées par des épanchemens de sang coagulé dans les plus grandes et les plus noires , et liquide dans les plus petites. Les ramifications vasculaires voisines de ces petits épanchemens ne sont pas plus développées que dans l'état naturel ; le sang s'enlève facilement à l'aide de lotions ou de la macération.

PURPURA

PURPURA

1. Les membranes muqueuses de la bouche, de l'estomac ou de l'intestin présentent, au moins dans quelques points de leur étendue , des pétéchies et de petites ecchymoses , semblables à celles de la peau. La surface extérieure du poumon offre ordinairement un certain nombre d'ecchymoses d'autant plus distinctes que, dans leurs intervalles , la teinte des poumons est naturelle. Audessous des ecchymoses le tissu de ces organes est d un rouge brun , homogène, plus résistant que la partie saine qui l'environne , et offre là un petit engorgement circonscrit dont on exprime facilement du sang noir par la pression , disposition tout-à-fait analogue aux engorgemens hémootoiques décrits par Laennec. On trouve qu'elquefois de semblables ecchymoses entre les lames du mésentère, au-dessous du péritoine, de la plèvre, du péricarde , etc. On a vu aussi de véritables épanchemens de sang dans les membranes du cerveau, et des infiltrations sanguines dans le diploè des os plats et dans la membrane médullaire des os longs. Le cœur, lorsque les malades ont succombé après d'abondantes hémorrhagies , ne contient que de la sérosité sanguinolente sans caillots ; les artères et les veines n'offrent point d'altération particulière et constante; il en est de même des autres organes qui peuvent présenter des lésions accidentelles et non caractéristiques.

2. Aastowh ayant analysé le sang des malades atteints de purpura , affirme qu'il ne diffère en rien de celui d'un individu sain ; cependant Johnston a vu le sang après la saignée rester liquide et ne pas se séparer en sérum et en coagulum , quoiqu'il offrît quelques traces de lymphe coagulable. Dans un cas observé par Duncan , le sang , en sortant de la veine, avait une apparence extraordinaire; on le compara à du sang artériel mélangé avec de l'eau ; sa couleur était d'un rouge vif, et il avait une sorte de semi-transparence. Le sang se coagula très-lentement , et le coagulum n'était pas très-ferme ; le sérum ne se sépara point , et le coagulum avait l'apparence d'une gelée tremblotante à travers laquelle on distinguait les globules rouges qui s'étaient précipités. La matière rouge colorante était en moindre proportion que dans le sang ordinaire , probablement à cause de la répétition des hémorrhagies. Il n'y avait pas de traces de couenne.

Au début du purpura hœmorrhagica sine yèJre , je n'ai pu rien distinguer dans le sang qui l'éloignàt de l'état naturel ; mais après plusieurs hémorrhagies il était plus séreux. Dans le purpura J'ehrilis , ou avec fièvre, j'ai vu plusieurs fois le sang offrir une couenne très-marquée.

§ VIIL Causes. Le mode de formation des ecchymoses et des pétéchies dans le purpura est encore inconnu. Les vaisseaux dans lesquels le sang circule ayant été trouvés intacts, et aucun obstacle au cours du sang n'ayant pu être constaté, on a supposé que la transsudation du sang était due à une altération de sa composition , à une plus grande ténuité de ses molécules, etc. D'autres ont pensé que le sang fluait au travers des pores dilatés des artérioles ou des veinules dont la sensibilité était augmentée ou diminuée, ou dont les parois étaient déchirées, etc.

Cette maladie, assez rare , attaque tous les âges; mais elle se montre le plus souvent avant la puberté. Je l'ai spécialement observée chez les enfans d'une faible conslitution , mal nourris, sédentaires, habitant des lieux bas et humides , ou chez des femmes d'un tempérament nerveux , sujettes à des affections morales.

Le purpura survient quelquefois , sans causes appréciables , dans les classes élevées de la société et chez les personnes qui jouissent en apparence de la plus belle constitution : il parait qu'il peut être héréditaire.

§ IX. Diagnostic. Il faut distinguer du purpura simplex , des ecchymoses produites par une violence extérieure et de certaines infiltrations de sang dans le tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire des membres atteints de fractures, et dont elles retardent ou empêchent la consolidation. Il ne faut pas non plus le confondre avec les pétéchies ou les ecchymoses qui se déclarent auelquefois aux membres inférieurs après une station prolongée ou à la suite d'un obtacle mécanique au cours du sang.

Le purpura JebriLis et la Jièvre hémorrhagique peuvent être facilement distingués du scorbut, qui est une affection chronique. Le purpura sine febre ne peut être confondu avec le scorbut lorsque les hémorrhagies se déclarent par d'autres voies que par la bouche , lorsque les gencives sont saines , etc. Mais il me semble à-peu-près impossible de distinguer les purpura hémorrhagiques chroniques, dans lesquels le sang flue des gencives gonflées et de la partie interne des jouesj, du véritable scorbut ; pour se convaincre de cette assertion, il suffit de consulter la relation que Poupart et Thibaut ont publiée d'une épidémie de scorbut qui s'était déclarée sur un assez grand nombre de malades de l'Hôtel-Dieu. Cependant , dans le scorbut , les gencives sont gonflées, l'amollies, comme putréfiées; tandis que, dans le purpura, elles sont plutôt le siège de véritables hémorragies.

L'altération des gencives est beaucoup plus grave dans le scorbut, où elle est le plus souvent précédée d'un gonflement et d'une rougeur inflammatoire souvent suivis de la chute des dents. En outre le scorbut a été le plus souvent observé à bord des vaissseaux , dans les prisons et les places fortes.

Dans la fièvre jaune on observe des hémorrhagies spontanées, des déjections et des vomissemens sanguinolens noirâtres , des infiltrations sanguines dans les muscles, au-dessous de la peau, dans son épaisseur ou à sa surface , comme dans le purpura hœmorrhagica ; mais la fièvre jaune diffère du purpura par sa cause et par sa gravité , que l'abondance des hémorrhagies seule ne constitue pas. La même observation s'applique aux varioles, aux rougeoles, aux scarlatines , aux typhus , aux fièvres graves des hôpitaux , à la peste, qui sont quelquefois accompagnés de pétéchies et d'ecchymoses. Maia les poisons

morbides qui produisent ces diverses maladies leur impriment une naturej particulière, un caractère distinctif, que la ressemblance d'un phénomènei grave , celui des hémorrhagies , ne permet pas de confondre.

§ X. Pronostic. Le purpura hœmorrhagica , qui se manifeste par des ecchy moses à la peau, est , en général, plus grave que celui qui se montre par de^ pétéchies, et ce dernier est lui-même plus dangereux que le purpura simplex En général , le purpura fchrilis et la fièvre hémorrhagique sont moins grave: que les purpura hemorrhagiques sans fièvre à leur début , et qui deviennent fébriles après plusieurs hémorrhagies. Un pouls petit, dur et très-fréqueni (130 à 140 pulsations par minute ), est souvent un signe précurseur d'une noui velle hémorrhagie , ou d'autres accidens graves.

Des ecchymoses sur le nez présagent souvent une hémorrhagie abondantt par le nez ou les fosses nasales; des battemens épigastriques doivent fairi craindre une hémalémèse; de l'oppression et de la toux, présagent souvent uni hémoptisie.

§ XI. Traitement. Il varie suivant les espèces , les formes et les périodes di cette maladie. Le purpura simplex sine febre guérit quelquefois spontanéraeu après plusieurs semaines de durée , lorsque l'éruption pétéchiale est peu consi dérable. Les anti-scorbutiques , la tisane de raifort sauvage, le vin et le sn'0| anti-scorbutiques, conviennent dans la plupart des cas, surtout aux individu pâles , et d'une faible constitution.

1. Le purpura hœmorrhagica sine Jebre doit être combattu par les boisson acidulées , par les préparations ferrugineuses , par la décoction et l'extrait d ratanhia, quelquefois par la décoction de quinquina acidulée , et souvent pa les lotions, les aspersions froides, si les hémorrhagies sont très-abondantes et si , comme cela est le plus ordinaire , rien n'indique que ces hémorrhagie sont nécessaires ou supplémentaires de quelque autre évacuation. A cett période , à de semblables conditions, la saignée est rarement applicable , moins que le pouls ne soit large et développé ; une hémoptysie , une hématuriti: une métrorrhagie, peuvent aussi quelquefois engager à recourir aux émission sanguines; mais lorsque, après plusieurs hémorrhagies , les premiers acciden persistent ou se renouvellent, alors même que le pouls est dur et fréquent la saignée cesse d'être applicable. C'est le cas de recourir aux purgatifs re commandés par Slorch , Borsieri et un grand nombre d'habiles praticiens. Le uns préfèrent les purgatifs cathartiques, d'autres les purgatifs mercuriels. Ains; on a associé l'huile de térébenthine au calomel, à l'huile de ricin , au sirop d séné. J'emploie ordinairement le jalap uni au calomel.

Lorsque le purpura se déclare chez un individu déjà atteint d'une fièvre inter mit tente, si les pétéchies et les ecchymoses sont apparus pendant l'accès, le sulfat i j'I de quinine, en en prévenant le retour ,rend souvent tout autre remède inutile

Si le purpura s'est déclaré après des privations de tout genre, une nourritur V plus abondante et plus saine , composée de soupes grasses , de viandes bouillie et rôties , de gelées tle viande , et un vin généreux étendu d'eau pour boisson contribuent puissamment à la guérison.

Chacune des hémorrhagies qui se manifestent dans le purpura réclame e outre un traitement particulier.

]o. On combattra les ecchymoses et les pétéchies par des lotions stimulante alcoolisées ou chargées de chlorure de chaux. Les membres pourront êtr aussi enveloppés de compresses imbibées d'oxycrat troid;

2". On emploiera contre les épistaxis fréquentes ou très-abondantes, des lo tions froides sur la tête ou entre les épaules , des lotions astringentes , des pé diluves sinapisés , et surtout le tamponnement ;

iio. Les ventouses sèches, promenées sur la surface du corps, ont été plusieur fois très-salutaires dans l'hémoptysie ;

4». Les lotions et les injections styptiques, la glace et les ^plications froide sur l'hypogastre , sont utiles contre les hémorrhagies utérines;

5°. L'eau fraiche fortement acidulée par le vinaigre , les lavemens avec u forte décoction de noix de galle acidulée , la glace enfermée dans une vessii appliquée sur le ventre , doivent être employées contre les hémoi-rhagies in testinales ;

6°. Ou arrête , par la compression et les lotions styptiques, les hémorrhagiii qui ont quelquefois lieu à la surface des cautères , des vésicatoires ou des ul cères, enfin, les autres hémorrhagies sont combattues par les moyens qu'o leur oppose ordinairement dans d'autres circonstances.

2. Le traitement et le régime antiphlogistiques sont généralement applicablè au purpura febrilis et à la fièvre hémorrhagique. La température du corps « celle de l'air extérieur doivent être très-modérées. L'eau fraîche, le petit-lait les boissons mucilagineuses légèrement acidulées , sont des moyens très-pro près à modérer la fièvre ; si les premiers symptômes fébriles sont graves , i les hémorrhagies qui ont eu lieu n'ont pas été très-abondantes , et , à plus fort raison

ties génitales est préférable. Immédiatement après les saignées, les purgatifs son • très-salutaires. On peut aussi employer, de concert, le petit-lait, les bols d^ I calomel et de rhubarbe , et les lavemens avec I huile de térébenthine. On a yi les accidens disparaître après une salivation et une superpurgation occasiouée par de fortes doses de calomel. En résumé , la saignée et les purgatifs sont le principaux remèdes contre le ^wi^axa. febrilis et la fièvre hémorrhagique.

3. Les ecchymoses seniles ne réclament que de simples soins locaux, de applications alcoolisées et toniques. Les pétéchies et les ecchymoses qui su

PUTREFACTION.

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