SOS
FLUXION
de blennorrhagie. La proslate au toucher ne paraissait pas sensiblement augmentée de volume. De temps en temps , plusieurs fois par semaine , après l'émission des dernières gouttes d'urine, et à la suite d'efforts nouveaux et volontaires . analogues à ceux qui accompagnent celte émission, le malade rendait par jet, un ou deux gros et jusqu'à une demi-once d'un fluide limpide , transparent, inodore , à peine visqueux, se desséchant avec facilité en se réduisant au vingtième de son volume, et se séparant alors spontanément en petits fragmens semblables à des morceaux de gomme adragant. Cette sécrétion , que nous avons pensé venir de la prostate, a été jugée avoir cette même source par M. Dupuyiren , à qui nous avons présenté le malade. Ce liquide nous a paru formé d'eau , d'une petite quantité de mucus , et probablement de quelques sels. Cette sécrétion , qui tourmentait plus le malade qu'elle ne l'incommodait, a persisté malgré l'emploi de divers moyens mis en usage pour la modifier. Le baume de Copahu m'a cependant paru l arrètcr pendant plusieurs semaines.
La sécrétion du lait, lorsqu'elle est assez abondante pour satisfaire les nourrices , prend le nom de galactirrhée.
On donne le nom de suettc à un flux de sueurs qui offre des caractères particuliers.
On a désigné sous le nom de puyrie une sécrétion viciée et trop abondante ds pus , qui compromet les jours du malade. ( Martin Solon.)
FLUXION. Fluxio , dejluxio. Abord d'un fluide vers le point où l'appellL' une cause excitante. Tel est le sens que l'on attache en général maintenant à ce mot. Jl a servi pendant long-temps à désigner une cause vague et incertaine (le maladie , qui semblait aux anciens s écouler dans l'économie , et qu'ils désignaient par le mot po-t; et /;;y//« , qui viennent de pla , je coule. Danscette hypothèse, la fluxion se promenait vaguement de la tête aux pieds , affectant successivement les divers organes du corps , prenant tantôt les noms de catarrhe et de rhumatisme , tantôt celui de la partie sur laquelle ou la croyait fixée : ainsi on appelait fluxion de poitrine la plupart des maladies aiguës qui afl'ectent les divers élémens des poumons. Les anciens regardaient la rate, l'estomac et le foie comme les organes les plus disposés à recevoir la fluxion , et quand elle se portait vers l'estomac , cela dépendait, selon eux, de ce quêtons le corps en était surchargé. Telle fut la théorie de Galien et des humoristes qui le suivirent.
Les fluxions formèrent long-temps une classe de maladies distinctes des autres ; ou les appelait morbi cfacuatorii , ou les désignait aussi par les noms dejluxiones et clefluxiones. Voici la définition qu'en donne Van Swieten : Qui morbi maleriam impelLebant in quamdam partent cum doLore magna, licet in hac non apparuerit anlea notabile vitium. Nous veiTons dans le cours de cet article que quelques maladies présentent en efl'et les caractères dont parle Van Swieten à la page 596 de sou cinquième volume des commentaires sur Boerhaave; mais nous verrons aussi que la fluxion est rarement isolée , et nous la considérerons plutôt comme un phénomène général qui accompagne presque toutes les maladies. Formée, soit parle sang, soit par les différens liquides de l'économie ; produite tantôt par l'exercice anormal de nos fonctions , tantôt par la réaction de l'économie sur des stimulations morbides , la fluxion fait également partie du domaine de la physiologie générale et de la pathologie. C'est sous ce double rapport que nous allons l'examiner.
§ II. La fluxion sanguine a lieu vers les glandes salivaires et vers l'estomac , pour l'insalivalion et la digestion stomacale; vers la matrice, pendant tout le temps que les parois utérines mettent à acquérir le merveilleux développement qu'elles présentent à l'époque de l'accouchement. Cette fluxion purement physiologique , exemple de tout état morbide , s'observe également a-u cerveau , lorsque cet organe est excité, stimulé par un travail soutenu. Quand un travail plus considérable entrelient et augmente la fluxion , celle-ci détermine de l irritation dans l'encéphaie , et bientôt on voit s'y développer l'inflammation accompagnée dft son cortège ordinaire, dans lequel une nouvelle fluxion tiendra l'un des rangs principaux. C'est ainsi que de physiologique la fluxion deviendra morbide. On pourrait multiplier les exemples en appliquant ce que nous venons de dire du cerveau aux autres organes de l'économie , les résultats seraient les mêmes. Tantôt la flu\ion ne serait autre chose que le produit de l'excitation physiologique qui accompagne l'exercice de nos fonctions organiques , et dont l'axiome ubi stimulus ibijïuxus a depuis long-temps constaté l'existence; tantôt née d'une surexcitation d'organe et représentant l'épine de Van Helmont , la fluxion deviendrait elle-même une cause d'irritation ; mais le plus souvent produite par la réaction de l'économie sur les causes irritantes morbides qui rafi'ectent, nous la verrijns constituer l'un des élémens de cette irritation dont Marandela reconnu, dans sa thèse, l'importance pathologique, et sur laquelle le professeur Uroussais a fondé sa doctrine.
^ IIL Observé dans le domaine de la pathologie, la fluxion, constituée par des fluides sanguins et séreux , présente des phénomènes importans à méditer , soit qu'on les étudie dans la marche des maladies , soit qu'eu les dirigeant on s'en serve comme d'un moyen thérapeutique puissant.
La fluxion est un des principaux phénomènes que l'on observe dans la classe nombreuse des phlegmasies. Effet immédiat de la cause irritante qui l'a appelée , c'est elle qui fait naître la tuméfaction , la rougeur et la chaleur que l'on observe dans la plupart de ces maladies. Les médecins italiens ont , dans ces derniers temps , li.xé leur attention sur ce phénomène qui , selon eux, se passe surtout dans les veines. Brofferio .l'appelle liemormèse , mh-xzo^ of,iJ.Y,7ti ^ impulsion du sang ; Tommasiui aime mieux la nommer ani^iœdèse , mot qui indique ie gonllement des vaisseaux, cr/;n'ué eti^m. H a exposé dans le quinzième cha-
pitre de son Traité de l'inflammation ses idées sur cet élément morbide. Il nous a semblé qu'en le considérant isolément, il avait souvent confondu la fluxion avec la stase et la congestion {uojez Congestion). En donnant les nomj à'hypèrèmies sthéniqiie, asthénique , etc. , aux divers états qu'offre la présence ij du sang dans une foule de conditions morbides diflérentes , le professeur An- 1 dral a établi entre ces élémens pathologiques des distinctions aussi ingénieuses j! que positives qu'il a consignées dans son Précis d'anatomie pathologique. \
Cause immédiate de la tuméfaction qui constitue l'un des caractères esscn- | tiels de 1 inflammation , la fluxion prend une part active aux diflcrens phéno- ! mènes que présente cet état morbide. Est-elle en excès ? tantôt elle donne lieu j à une iiémorrhagie , comme on le voit dans la pleurésie hémorrhagique ; tantôt | à la gangrène , ainsi qu'on l'observe dans quelques cas de turgescence considc- i rable. Formée dans quelques circonstances d'une proportion plus grande de j sérosité que de fibrine, la fluxion occasionne, soit des infiltrations, soit des épanchemens de sérosité. C'est ce que l'on remarque dans l'anasarque qui suit la scarlatine, et dans les liydropisies actives qui dépendent d'une surexcitation des membranes séreuses. Dans les maladies inflammatoires des organes sécré-» leurs, l'état des vaisseaux prouve l'augmentation de la fluxion, soit que lasécrétion s'arrête d'abord , soit qu'elle augmente ou qu'elle s'altère. C'est ainsi que , dans certains cas de diabètes où l'on trouve le tissu du rein gorgé dci sang , tantôt la quantité de l'urine est seulement augmentée , tantôt l'urée a faiOil place à une matière sucrée , et la sécrétion est entièrement modifiée.
L'étude des fluxions offre souvent un grand intérêt, dans la marche des maA ladics. 11 est rare qu'un système organique soit affecté dans une de ses parties ^ sans que d'autres y participent. Que la plèvre soit enflammée, le péricarde ou^ l'arachnoïde deviendront aisément le siège d'une nouvelle fluxion, soit qu'elle se» développe sur ses membranes par sympathie, soit que la cause riiorbide , conti' nuant à agir sur l'économie, les trouve plus succeplibles d'être affectés. On observe la même disposition pour les systèmes muqueux , fibreux , etc. Les i mêmes phénomènes se rencontrent aussi sur des systèmes différens, et concou- i rent avec ceux dont nous venons de parler à rendre raison de ce qui se passe i dans quelques métastases.
Que l'on adopte ou que l'on rejette la doctrine des crises, on ne pourra nief: l'influence de certaines fluxions sur le cours d'un grand nombre de maladies.^ Dans les épistaxis la fluxion est annoncée par la rougeur de la face et les pico- j teraens qui se font sentir sur la membrane piluitaire. Un sentiment incommode de pesanteur à l'hypogastre et dans la région lombaire survenant à l'époque des règles, peut faire reconnaître la fluxion qui précède l'apparition de cette évacuation souvent critique. 11 en est de même des sueurs et des mucosités alvines ; la fluxion qui se fait vers les organes chargés de ces exhalations , est»] tout aussi bien annoncée par l'amélioration qu'elle occasionne , que par la chaleur et le prurit qu'elle détermine à la peau , ou les borborygme» et le malaise abdominal qu'elle cause. Ne voit-on pas dans le cours des maladies une amélioration notable précdder l'apparition d hémorrhagics ou de sécrétions critiques' cela tient à ce que l'amélioration est due tout aussi bien à la fluxion qu'à la sécrétion ou à l'hémorrhagie qui lui succèdent. Ce qui prouve encore que la fluxion peut être une des causes principales de l'amélioration qui suit leà crises, c'est la petite quantité de liquide qui quelquefois les constitue. Ainsi là seule apparition des règles ou des hémori hoides , la sortie de quelques gouttes de sang par le nez, l'évacuation de quelques cuillerées d'urine sédiracnteuse ou de quelques sclle.^ bilieuses , ne pouvant , à cause de leur peu d'importance j rendre raison du résultat que l'on observe , il est rationnel d'attribuer celui-ci au mouvement fluxionnaire qui a déterminé ces évacuations peu abondantes. C'est ne point ici le lieu d'examiner si ces fluxions, nouvelles ou critiques n oni lieu que parce que l'organe malade a cessé lui-même d être le siège d'un mou- ' vement fluxionnaire , ou si elles ne sont que le résultat de la marche naturelle des maladies : nous avons seulement voulu constater le fait, uous verrons plus lard les résultats avantageux de son application à la thérapeutique.
C'est à la fluxion que des causes différentes et nombreuses appellent vers nos organes, qu'il faut attribuer leur hypertrophie; c'est elle qui, dans la fracturi des os, contribue à la formation du cal en appelant vers les fragmens osseui les matériaux nécessaires à leur consolidation. Dans ce cas , comme dans 1( précédent, les élémens que dépose la fluxion ne présentent rien d hétérogèn< à la nature des parties où on l'observe. 11 n'en est pas de même dans le déve loppement d une foule de dégénérescences que l'on rencontre dans l'économit animale. Est-ce la nature de la fluxion ? sont-ce les dispositions organiques qu déterminent la formation du squirrhe, du cancer , du tubercule? INous n'essaierons pas de le décider. Les mêmes questions peuvent s'élever, lorsque par l'effet d'une fluxion vers un organe , on voit tantôt se développer une phleg' masie , tantôt une hémorihagie , et tantôt un ramollissement; altération qui bien souvent, semble participer de la nature des deux premières lésions.
La fluxion qui se présente ainsi que nous venons de le voir sous des forme différentes et dans les circonstances variées , peut-elle être rapportée à un. cause unique, l'irritation? Sans doute, dans la plupart des cas , l'irritation définie parle professeur Broussais, dans son ouvrage sur l'irritation et la folie | ïaction des irritans et\Vétat des parties irritées, précède et occasionne l' fluxion. Mai.i dans bien des circonstances la fluxion semble indépendante d' f l'irritation. Existe-t-il, en effet, de l'irritation aux parotides, lorsque cel glandes deviennent le siège de fluxions dans le cours de certaines maladies j En existait-il aux lèvres avant l'apparition de Vherpes lahialis ? Existe-t-il dil l'irrilation aux joues lorsqu'elles se colorent sous I influence de certaines imj pressions morales? Est-ce aussi l'irrilation qui détermine la fluxion utérine
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poque menstruelle? Nous lavons vu plus haut; la fluxion se montre dans i ( grand nombre d états physiologiques, et le mot irritation a pris , qu'on j lus permette cette expression , une allure trop morbide pour l'employer dans us les cas où Ion veut indiquer la cause générale de la fluxion. Ceux dexcition , d'incitation et de stimulation présentent un sens plus général , el nous mbieraient plus convenables pour l'exprimer. Mais le plus souvent, il faut vouer, la fluxion se développe sans que nous puissions connaître la cause li Ta produite.
Les phénomènes de la fluxion sanguine physiologique sont soumis aux lois
Inéraies de la circulation. 11 n'en est pas de même de la fluxion morbide, observation le prouve. Les expériences déjà anciennes de médecins distingués celles plus récentes du prolesseur Broussais le démontrent. Dans son article riialion de V Encj clopé<lie progi-essii'e , M. Broussais rappelle que les moléles des fluides circulans se précipitent de toutes parts en convergeant vers le lint que l'on a irrité par l'implantation d une épingle. C'est en efiet ce que n remarque si l'on fait cette expérience sur la membrane de la patte d'une enouille, où l'on peut voir la circulation capillaire prendre une activité marquable. Ce]3endanl les phénomènes qui d'abord ont lieu ddus le système pillaire, se propagent bientôt aux artères, celles-ci battent avec plus de force semblentapporter une plus grande quantité de sang. Ces batlemens sont aussi en perçus dans une céphalalgie violente , que pendant le développement un panaris.' Doit-on attribuer leur perception à une simple augmentation de 1 sensibilité, ou bien à une véritable accélération partielle de la circulation ? ;lfe dernière opinion nous semble aussi soutenable que la première. On voit (| effet la circula lion devenir plus active dans le tronc cœliaque pendant le ' urs de beaucoup d'afl'ections abdominales aiguës ou chroniques , accompaées irurie fluxion sanguine plus abondante vers les viscères de celte cavité. IDS ce cas, l'augmentation d'activité de la circulation est aussi bien reconnue r le malade que par la main du médecin qui explore la région épigastriquc. ielie qu'en soit la cause, ce fait incontestable nous semble démontrer d'une iiuière évidente que , dans la fluxion , la circulation peut éprouver des médiations locales ou paitielles indépendantes de la circulation générale. 5 IV. Quoique la fluxiôn- n'entre ordinairement que comme élément dans le îveloppemenl des maladies, il est cependant des circonstances où elle semble esque entièrement les constituer. C'est ainsi qu'on la trouve pour ainsi dire i alée dans les affections que Bang désigne dans le premier volume des Jcies !
la Société de Médecine de Co/jenhai^ue , par ces mots : de x'oguntibus coriris affeclioiiibus. 11 rapporte dans ce mémoire l'observation d'un jeune immequi, après avoir éprouvé l'action du froid, fut successivement atteint ! gonflement aux cuisses , à la joue , aux mains , aux genoux et à la poitrine. . ?s caractères principaux de ces tuméfactions étaient, selon l'auteur , tumor ollis y indolcns j cuti concolor.
L'état morbide dont nous venons de parler se présente souvent à notre obser- Ition. 11 est bien distinct de l'inflammation, puisqu'il est privé de plusieurs ;s caractères principaux de celle-ci : la rougeur, la chaleur et très-souvent la luleur. On lui donne des noms différens , suivant les parties de l'économie qu'il ivahit. On l'appelle torticolis ou pleurodynie lorsqu'il affecte le système muslaire et fibreux du col et des parois thoraciques. On lui donne le nom d'oreiln lorsqu'il occupe le tissu cellulaire voisin de la glande parotide , affection i'ndant laquelle on voit quelquefois se développer une autre fluxion qui envat le tissu cellulaire du scrotum chez l'homme ou celui des mamelles chez la inme. Beaucoup de praticiens séparent encore des inflammations , et appellent ixions catarrhales ou rhumatismales , certaines affections des muqueuses ocuires ou nasales , accompagnées de boursouflemens et d'augmentation de sécré- 3ns. Les Anglais se servent de l'expression a to/c/, un froid, pour désigner :s fluxions : de même que quelque praticiens employaient les mots coups d'air, )ur indiquer plusieurs des affections que nous venons de mentionner. On conçoit que l'on n'ait pas compris parmi les inflammations plusieurs de |s fluxions rhumatismales , puisque la plupart d'entre elles n'en offrent pas us les caractères. La pleurodynie ne présente ni chaleur ni tuméfaction ; les eillons sont rarement accompagnés de douleur; mais nous ne pensons pas ji'il en soit de même du rhumatisme articulaire , et nous ne croyons pas que Im puisse séparer son histoire de celle des phleginasies. Si l'identité d'étymogie a pu occasioner cette erreur, employons , à l'exemple d'Arétée, le mot .thritis pour désigner le rhumatisme articulaire, et servons-nous, avec Hof- [ann , du nom rhumatisme et de son adjectif pour désigner les douleurs vagues i I fluxionnaires que nous avons précédemment mentionnées. Nous pourrions layer de beaucoup de raisons l'opinion qui nous fait considérer l arthrilis . imme une véritable phlegmasie. (Fo/ez Arthrite, Rhumatisme.) , iLa fluxion peut en même temps envahir plusieurs régions de l'économie , ais le plus souvent elle se manifeste avec plus d'énergie dans un point , tandis iU'elle reste inaperçue dans d'autres. Hippocrate avait observé ce fait, et il l'a ifnsigné dans l'un de ses aphorismes les plus connus ; Duobus lahorihus simul ,fortis f non in eodcm loco , -vehementior oLscurat a/^e/ u«2. C'est ce que l'on , )serve fréquemment dans les douleurs rhumatismales, dans l'arlhritis et peni«nt le cours de toutes les phegmasies. Un autre point fort important dans (Etude de la fluxion, c'est l'utilité de sa dispersion. Nous avons vu dans les salies jH professeur Dupuytren , pendant notre internat, une femme atteinte ii la lis de la fracture de plusieurs côtes , de la clavicule , d'un humérus , de plaie (jla tête , et de fracture du crâne , guérir de fous ces accidens, en échappant , fcc bonheur à une arachnilis ou à une pleurésie qui se développent si eom- I lu nément quand une plaie de lête existe seule, ou quand quelques côtes sont
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fracturées. On observe seulement les mêmes résultats en médecine quand les organes affectés sont peu importans à la vie , car la réunion d'une pneumonie et d'une arachnitis ne rend guère la dispersion de la fluxion utile au malade.
Pendant l'enfance , l'encéphale est , plus que les autres organes , exposé aux fluxions morbides , de là la fréquence des maladies cérébrales à cet âge. Les hémori hagies nasales , communes à cette époque de la vie , annoncent aussi que les jiarties supérieures sont le centre des mouvemens fluxionnaii es. A 1 âge adulte , c'est vers la poitiine que les fluxions deviennent plus fréquentes, puisque c'est à cette époque que I hémoptysie, les inflammations ihoiaciques et la phlhisie pulmonaire se développent le plus ordinairement. Dans un âge plus avancé, les phlegmasies abdominales et le flux hémorriioidal indiquent que Iss fluxions occupent de nouveaux organes. Si chez les vieillards la fréquence de l'apoplexie semble improuver les assertions générales que nous venons d'émettre , nous ferons remarquer que l'apoplexie est bien plus fréquemment oecasionce par la congestion que par la fluxion , et qu'il ne tant pas confondre ces deux états morbides différens. ( f-^ojez Congestion. )
Chez les femmes, l'époque de la puberté amené, dans la marche des fluxions, des modifications importantes. La fluxion mensuelle dont l'utérus devient le siège évite aux autres organes , lorsqu'elle est abondante et régulière , les diverses fluxions morbides dont nous avons parlé plus haut. Lorsque le flux menstruel n'a pas empêché le développement de ces maladies , il en modifle la marche et l'arrête souvent pur son apparition : in rnulierum morbis inenstruis crumpentibus j solutio Jit. On sait combien la santé des femmes est exposée, pur la cessation de la fluxion menstruelle , à cette époque de leur vie que l'on appelle critique, à cause des maladies nouvelles dont elles sont menacées.
Les individus doués d une constitution forte sont plus disposes aux fluxions que ceux dont la constitution est plus faible. Cependant ceux-ci n'en sont pas exempts, et chez eux elles présentent plus d'inconvéniens , parce qu'elles passent plus aisément à l'état chronique. Au reste , la fréquence des fluxions varie selon la prédominance des organes de chaque individu. Ainsi ceux dont le foie parait avoir plus d'activité sont plus fréquemment atteints de maladies du foie. Certaines habitudes, en rendant tel ou tel organe le centre fréquent de fluxions le prédispose plus que les autres aux maladies : ainsi les chanteurs contraclenl facilement des laryngites opiniâtres. Lorsqu'un organe a été précédemment affecté, il est plus exposé qu un autre à devenir le siège d'une nouvelle fluxion. Si qœ pars acuti morbo iaborai'erit , ibi morbi sedes e/ ji. ( Hippocrate , Z)e hurnoribus. )
La marche et le pronostic des fluxions dépendent de leur étendue , de leur intensité et de l'importance de l'organe dans lequel on les observe.
Le traitement des fluxions a été tracé avec le plus grand soin par Barlhez , dans deux excellens mémoires qui ont pour titre : Du iraitement mèlliodique des fluxion s , et dont on ne saurait trop recommander la lecture. La saignée et les attraclijs irritans et évacuans de la peau sont , ainsi que quelques applications locales, les moyens principaux que le célèbre médecin de Montpellier recommande. Dans l'emploi qu'il fait des deux premiers moyens , il distingue avec le plus grand soin les cas où il faut agir par révulsion , de ceux où la dérivation lui semble préférable. Nous pensons avec lui que , quand une fluxion est imminente ou se renouvelle sur un organe, on doit choisir les saignées et les attractions révulsives , et que, quand au contraire la fluxion est établie , lorsqu'elle est devenue faible et habituelle, comme dans les maladies chroniques , les évacuations sanguines et les attractions irritantes et évacuantes doivent plutôt être dérivatives, u parce que , les mouvemens de la fluxion étant alors concentrés auprès de l'organe qui en est le siège, on chercherait vainement à exciter les sympathies d'organes éloignés. » Les révulsifs et les dérivatifs dont nous venons de parler peuvent être aidés dans leur action par une foule de moyens locaux, que le médecin devra choisir d'après les indications qui se présenteront. Mais, soit qu'il considère la saignée générale comme dérivative ou révulsive , selon le lieu où on la pratique , nous pensons que, dans la plupart de ces cas , il est nécessaire de l'employer avant la saignée locale , à moins que , par son abondance , celle-ci ne présente les avantages d'une saignée générale. C'est ainsi que, dans ces derniers temps, on a rapporté des observations de péritonite et d'arlrhitis suivies de guérison à l'aide de sangsues dont l'application n'avait point été précédée de saignée générale. Ces guérisons ne peuvent être attribuées qu'à l'abondance de l'évacuation sanguine que plusieurs centaines de sangsues ont procurée. Des saignées générales suivies, s'il y avait indication , de l'usage de sangsues moins nombreuses , auraient procuré des résultats tout aussi favorables , sans causer au malade l'ennui , la fatigue , les douleurs et les inconvéniens qu'occasionne quelquefois l'emploi d'un aussi grand nombre de sangsues. Les succès remarquables que nous avons obtenus par le secours de la saignée générale dans les maladies que nous venons de citer, nous font donner la préférence à la prescription de ee moyen , dont l'exécution est si prompte et si peu fatigante pour le malade. Nous pensons surtout qu'il faut prendre garde de déterminer une nouvelle fluxion par l'application des sangsues , et cjue, pour cela, il faut ou que les sangsues soient en grand nombre , ou que leur application soit précédée d'une saignée générale. Nous croyons enfin , avec Barthez, qu'à l'aide des saignées locales on doit seulement se proposer, « d'affaiblir, dans la partie affectée , la chaleur et la sensibilité qui peuvent y attirer et y perpétuer la fluxion. »
Nous ne nous étendrons pas plus longuement sur l'emploi de la saignée, 4 l'occasion de la fluxion , et nous ne chercherons pas à réfuter quelques opinions de Barthez , sur ses effets ; mais nous rapporterons un cas qui prouve qu'un trouble survenu dans l'innervation et la circulation peut quelquefois la roui-
FOETTS.
( ICOO )
FOETUS
placer. Au mois il arril 1826, madame C"*, d'une forte constitution et jonisitaiil habituellement d une bonne santé , fut prise de fièvre et d'une érysipèle ;»u nez et au front. Je la vis le second jour de la maladie : la fièvre était assez forte, l'érysipele augmentait} la malade n'avait pas dormi pendant la nuit. Je lui proposai une saignée , elle l'accepta sans crainte ; j'allais pratiquer la piqûre , lorsque tout à coup l'impression du froid de ma main sur le bras de la malade, détermina une syncope accompagnée de ralentissement du pouls et de la disparition de i'érysipi'le. La syncope se dissipa, la fièvre et l'érysipèle reparurent ; je me disposai de nouveau à pratiquer la saignée, les mêmes efi'ets se renouvelèrent; mais, celle fois, la syncope dura plus long-temps, cinq à six minutes à peu près ; la fièvre et l'érysipèle ne parurent pas. La malade garda le repos le reste de la journée ; le lendemain elle se portait parfaitement.
Après l'emploi de la saignée , les sinupismes , les vésicatoires , les cautères et les purgatifs sont les moyens qui offrent le plus d'avantage pour combattre utilement la fluxion. Les règles qui doivent guider leur emploi seront indiquées à ces divers mots. On fera bien aussi de consulter les considérations que Mercatus a données sur le sujet dans ses deux livres : De Recto prœsicJioruin , Jrtis medicœ usa. Opeha , t. 2, p. G6, etc.
Les médecins italiens, persuadés que, dans le traitement des phlegmasies , les émissions sanguines ne peuvent que diminuer la fluxion, sans agir sur la cause qui l'occasionne, ont chcrcbé h s'attaquera celle cause et h la détruire par l'emploi des moyens thérapeutiques qu'ils ont appelés Contre - Stimui.aks ( voyez ce mot ).
Après avoir exposé d'une manière générale l'histoire de la fluxion, il nous resterait à l'examiner dans les cas particuliers : mais nous l'avons déjà dit, la Jhixion forme plutôt l'élément de nombreuses maladies que des affections distinctes par elles-mêmes; ce que nous aurions à en dire se trouvera donc lieaucoup mieux placé dans les divers articles où on l'observe. C'est ainsi que nous renvoyons au mot Odoktalgie l'histoire de cette maladie des dents et des joues que I on conniiit généralement sons le nom AcJIuxion , la fluxion n'étant qu'un des élemens de la maladie ; et que celte affeclion décrite par Fred. Hoffmann ilans son livre De rlinmalismo odoiitalgico , suit aussi souvent la marche d'un érysipèle phicgmoneux que celle d'une simple fluxion.
5 V. Le développement artificiel de la fluxion est un des moyens les plus puissans que la thérapeutique possède. L'exercice ilu système musculaire, en déterminant une fluxion plus abondante vers les muscles, augmente leur nutrition, diminue des fluxions vicieuses et modifie avantageusement toute l'économie. C'est ainsi que les femmes nerveuses et débiles reviennent à un état satisfaisant par la promenade et l'exercice. C'est ainsi que des sujets d'une constitution faible ettlisposés au scrophule et au rachitis, ont acquis de la force et de la sauté en activant la fluxion nutritive des muscles , au moyen de la gymnastique convenablement dirigée. Les surfaces du corps sont les points de l'économie vers lesquels on excite le plus ordinairement les mouvomens fluxionnaires , f.n choisissant de préférence celui vers lequel la nature semblait disposée h porter ses efforts : Quà vergit natura ^ eo duceiidum. Ainsi , l'on peut , tantôt employer des purgatif?, et tantôt agir sur la peau par les nombreux moyens qui sont à notre disposition, selon que la saison ou la marche de la maladie indique l'usage des pur;;atils ou des sudorifiques. Les Anglais se servent fréquemment el avec avantage de la fluxion artificielle portée sur le canal intestinal. Nous avons en France trop négligé cette médicalion importante, mais aussi, par compensation, tous nos efforts tendent à diriger la fluxion sur la peau. Ainsi nous nous servons des bains , des fumigations, des sudorifiques, des frictions , des vcntousei , pour aciiver la circulation capillaire cutanée ; ainsi nous employons les vésicatoires , les emplâtres stil)iés , les cautères, les moxas et les sétons , pour déterminer vers les parties où on les applique une iluxion plus ou moins considér.ible en raison de l'action de ces moyens. Ces diverses modifications ont la plus grande influence sur le cours des maladies , soit par la révulsion qu'elles opèrent , soit par la réaction de l'économie c[vi'elles occasionnent, et l'on a souvent lieu de s'applaudir de leur emploi. Le rétablissement d'une ancienne fluxion vers le lieu qu'elle occupait produit aussi quelquefois des ré- .sidtats avantageux. Il en est de même des fluxions menstruelle et hémorrhoïdale , dont on excite le retour 'a l'aide de pédiluves , de sangsues locales et de médications appropriées. C'est ainsi que l'art a su s'approprier et convertir en un moyen thérapeutique le phénomène de la fluxion ; c'est ainsi qu'il le fait iiaitre et le dirige par les modificateurs nombreux que nous avons énumérés.
( Martin-Solom. )
FOETUS (Maladies du fœtus et de ses annexes).
Anï. i". — Maladies dc toetu?.
'Soustrait , presque totalement , h l'influence des agcns physiques extérieurs , nnurri d'un fluide tout élaboré, le fœtus est sans doute mieux garanti que l'homme, après sa naissance, contre les causes inorbifiques; ses maladies doivent donc être .tsscz rares ; mais c'est un problème dont la solution ne serait pas très-facile à cause de la situation où il se trouve, qui le cache aux investigations de presque tous nos sens, et ne nous permet de juger de ses maladies (pic par les traces qu'elles peuvent laisser sur ses organes. La même raison nous empêcherait souvent d'appli((uer le remède au mal, fùt-il mieux connu; el sous ce rapport, sous celui do l'ulililé, il semblerait que des recherches telles que celles qui font le sujet de cet article soient purement oiseuses. Nous verrons pourtant qu'il n'en est pas tout à-fait ainsi , que tout diagnostic, tout pronostic, toute tht rapeulique même , ne nous est pas impossible durant la vie mlra-ulérinc ; et l'on tait Irop combien la santé de la mère peut se ressentir
de celle du fœtus , pour qu'il soit superflu de chercher à pousser aussi loin qrnjj possible nos connaissances dans cette partie bien obscure de la science raédi* cale. Bien que la mère et le fœtus, dit le vénérable Boèr , aient chacun leur vic^ particulière, et que la mère occupe assurément le premier rang , une trist^ expérience nous apprend trop souvent que le bien-être, la vie même de celle^ ci dépend plutôt de l'état prospère de celui-là , que l'heureux accroissemeni du premier ne dépend de la bonne santé de la seconde, dont il absorbe avidi ment le sang qui sert à sa subsistance.
Toutefois nous verrons aussi que, dans la plupart des cas où le fœtus esl malade , c'est à la mère qu'il emprunte les élemens de son mal, les cause^l même de sa destruction; quelquefois aussi c'est dans ses enveloppes, dans seÉ annexes , ({ue se montre le premier germe de sa perte , et c'est pour cela qu^ nous croyons devoir en faire ici l'exposition dans un deuxième article.
§ l". Causes et prédispositions. — Dans les premiers temps de la vie fœtalei l'étonnante rapidité de l'accroissement, l'influence encore existante du travail formateur, consti ucteur, épigénétique , la mollesse de tous les tissus, etc. , dol vent naturellement placer l'embryon dans des conditions si différentes de cellei de l'adulte et même de l'enfant nouveau-né, qu'il ne doit exister, pour ainsi dire , aucune analogie entre les maladies auxquelles ils sont sujets ; aussi toul ce que nous savons sur le premier se borne-t-il à ce qu'apprennent les vices de) conformation , dont les uns nous montrent des parties arrêtées dans leur déve4 loppenient ou leur perfectionnement , plus rarement des parties développées! outre mesure, bien plus souvent des parties détruites, soit par une sorte d<j sphacèle, soit plutôt encore, par des accumulations de liquides et la disteirt sion cfui s'ensuit ; enfin, les destructions se montrent fréquemment réparées, imparfaitement il est vrai, mais régulièrement, par l'influence encore per'sistante du travail formateur. G'est là ce qu'on nomme en général monstruositéi
Dans les derniers mois de la grossesse , au contraire , le fœtus achevé , soit difié, se rapproche de la constitution du nouveau-né ; comme lui , il nous offrt des maladies proprement dites , et, dans les traces de ces maladies, des désoi" dres plus ou moins graves, des altérations, des difformités , mais non de monstruosités réelles. '
En rapprochant le fœtus voisin de la maturité de l'enfant mis au jour , nouj ne devons pas oublier toutefois que le premier , seul , est soumis à certainel influences dépendant de ses rapports avec la mère. Recevant d'elle le sang qui circule dans ses vaisseaux , il peut être privé de la quantité nécessaire àl'entrei tien de la santé: 1» d'une manière continue et de façon à dépérir, à s'atrol phier, à mourir épuisé même , circonstance assez rare puisqu'on voit des femJ mes chélives , en état d'hecticité, donner le jour, ou du moins conduire , jusij qu'au moment où elles succombent, un fœtus vigoureux; 2° passagèrement el| durant Ii4 grossesse; ce qui tue le fœtus par syncope , ou en arrête, en troubiftj l'accroissement, le perfectionnement ; sans doute les affections morales violent tes déterminent souvent ainsi la mort de l'enfant et l'avortement , peut-êtrei aussi certaines monstruosités ; une hémorrhagie , et plus sûrement des hémort( rhagies répétées, agissent plus durablement encore, quoiqu'on ait vu des fœ»! lus conserver tout leui- sang dans l'utérus d'une femme morte après avoir perdiij la majeure partie du sien ; 3° passagèrement durant le travail qui met l'enfanl^ au jour, cas dans lequel il nait pàle, débile, exsangue, sans cause appréciable) et meurt souvent sans pouvoir être ravivé malgré tous les secours de l'art.
Il est plus ordinaire encore que l'enfant reçoive plus de sang que n'en comi porte la capacité <le ses vaisseaux propres ou appartenant à ses annexes, sor que la mère en possède elle-même en trop grande abondance, soit qu'il y ai) atllux trop prononcé vers l'ulérus, soit que quelque obstacle s'oppose à l'ab' sorption ou au transport de celui que l'enfant rend au placenta et à la matrio par ses artères ombilicales.
Ce sang peut être vicié par défaut d'oxygénation, en raison des même obstacles, ou bien par des substances médicamenteuses, vénéneuses, morbi des ; on sait que des matières colorantes , ingérées dans les organes de la mère ont souvent pénétré jusqu'au fœlus ( Amatns Lusitanus ). On n'a que tro d'exem[)les de la communication établie d'elle à son enfant au sujet du virii syphilitique, des miasmes contagieux de la variole , de la rougeole dont ell était affectée, ou même seulement entourée sans en ressentir les atteintes. ! n'est guère douteux que la disposition inflammatoire ne soit, jusqu'à un certai point, transmissible de la mère à l'enfant (Ferncl , Hoogeveen , etc. ) ; ceti transmission, du moins, est incontestable pour la disposition immédiate au hydropisies. Et je n'entends pas ici parler de ces transmissions primordiales tout-à-fait originelles el difficilement explicables , dans lesquelles le père preiij autant de part que la mère, véritables hérédités qui dépendent plutôt de constitution propre , c'est-à-dire , modifiée par l'idiosyncrasie , l'.Tge , les débl litations antécédentes , en un mot la constitutiou îles solides ; je n'ai voulu me tionner en ce moment que les transmissions véritablement humorales. Sous rapport, peut-être faut-il ajouter aux causes qui prédisposent l'enfant intr utérin h certaines maladies, sa position au milieu d'un liquide quelquefc surabondant, et que peut-être il est comme forcé d'absorber en trop granc quanlilé; du moins est-il certain que les diverses hydropisies de la tête ou i tronc, ou bien les lésions qui eu sont la suite ( anencéphalie ) , coïncident fc souvent avec l'existence d'un excès réel dans la quantité tics eaux de l'amuio excès qui ne semble être lui-même qu'une suite de la surabondance de séi slté, qui, en pareil cas, infiltre ordinairement le tissu cellulaire sous-cuta de la femme, surtout aux membres inférieurs, et qui s'épanche encore ft ([uemment dans le péritoine, la plèvre même.
Quelque bien prolégé que soit le nouvel être que la femme porte dans »
FOETUS
FOETtS.
in. il n'est pas pourtant à l'abri de toute atteinte extérieure. Je ne parle pas s cas où le crime a pu faire parvenir jusqu'à lui des instrumens vulnérans rigés violemment contre la mère , ou , dans des vues plus froidement combies, les insinuer plus ou moins adroitement à travers les passages naturels. ;s pressions fortes, soit momentanées, soit plus durables , des percussions rectes sur l'abdomen , des secousses de tout le corps ou du ventre en parlicur, ont , dans certains cas , amené la mort imniéiliale du fœtus , d'autres lois Lilenient des contusions ou des désordres plus graves dénotés, lors de la naisnce , par des dllformitcs diverses et souvent telles que l'enfant ne pouvait ntinuer à vivre une fois sorti de la matrice ; tels sont, pour en citer des emples saillans , certains cas d'aplatisseoient , d'écrasement du crâne, que . Geoffroy Saint-Hilaire a désignés par le nom de thlipsencé|)lialie ; peut-être issi certains cas de hernies, d'adhérences du fœtus à sa membrane, de nœuds
I cordon ombilical ou d'entirtillemeul de cette production autour de quelque rtie du jeune individu renfermé comme elle et comme elle mobile et flottant ns l'amnios. Nous verrons plus loin que, dans d'autres circonstances, le lœ- 5 trouve en lui-même des causes efficaces d'altération non moins sérieuses.
§ II. Enuméi atioii , signes , etc. — A. Lésions physiques. — Il nous a suffi mentionner les contusions, les plaies, etc. A l'occasion de leurs causes , :ons-cn un c;is remarquable : Une chute de la mère sur le ventre a été la use d'une fracture grave de la jambe chez le fœtus ; il est né avec cette Iracre compliquée de plaies aux parties moiies , et la gangrène , après la naibnce , a détaché tout-à-lait le membre rompu ( Carus ).
Mais des lésions plus singulières méritent de nous arrêter un instant ; ccrtais contorsions , dislocations des membres peuvent bien tenir h l'attitude partilière du fœtus ( pieds-bots ) , surtout si elle est gênée : j'ai vu un embryon de lux mois et demi environ dont les membres étaient ployés , contournés en rière de manière à reprendre, en vertu de leur élasticité , cette direction laud on les redressait momentanément. Ce petit être était mort depuis quelle temps ; il paraissait avoir élé aplati, comprimé dans l'utérus , peut-être ndant qu'il vivait encore. Il est des luxations, tantôt en petit nombre (arlicution coxo-fémorale) , tantôt très-raultipliées (jusqu'à 9; Chaussier ) ; il est rtout des fractures qui ne peuvent dépendre d'une cause aussi mécanique et icore inoins de violences extérieures. On connaît un bon nombre d'exemples ; fractures occupant le milieu de presque tous les os longs (jusqu'au nombre ; 113; Chaussier), tantôt avec étranglement du membre dans le point corspondant à la fracture ( Amand , Chaussier , etc. ) , tantôt simplement avec usse articulation , tantôt enfin avec consolidation incomplète ou irrégulièro. ss secouss,es violentes, intérieurement ressenties par la mère, ont paru qucllefois indiquer qu'un spasme du fœtus avait causé ces fractures par le seul fort de ses muscles, et l'on conçoit assez bien que des émotions fortes et subis chez la première aient communiqué au deuxième un trouble capable de •oduire de tels résultats , puisque le lait d'une nourrice agitée peut faire naître éclampsle chez son élève. De là l'efl'et produit, dit-on jadis , dans quelquesnes de ces circonstances, par la vue d'un supplice depuis long-temps aboli, :lui de la roue. Nous remarquerons, à celte occasion , que la contracliiilé usciilaire est très-puissante et très-durable chez le fœtus même encore jeune , trois ou quatre mois par exemple. Nous avons vu , chez de pareils sujets , les uscles répondre encore aux irritations piécaniques vingt -quatre heures après mort; les os au contraire ont peu de consistance, les articulations peu de lidité.
II est plusieurs altérations de texture , de forme et de continuité qui dèpen- ;nt secondairement de quelque autre maladie primitive ; ainsi le bec de îvre , l'anencéphalie peuvent être assez raisonnablement attribués à des disnsions outrées, résultat d'hydropisie crânienne. L'exstrophie de la vessie , lypospadias périnéal me paraissent dépendre de la rétention de l'urine dans vessie par oblitération ou réirécissement de l'urètre ; de là , amincissement,
ipture, destruction partielle et cicatrisation, consolidation isolée des bords ; la division. Peut-être la même théorie est-elle applicable à l'absence de la iroi antérieure du thorax, de l'abdomen. Ce qu'il y a de sûr, c'est que l'hy- ■orachis lombaire paralyse , jusqu'à un certain point, les membres abdomilux, y rend très-fréquente cette torsion qu'on désigne sous le nom de pied- 3t, et que I hydropisie cranio-rachidienne complète et le spina bifida général ii la suit, renversant le tronc en arrière , produisent fréquemment d'autres sions sccondaii-es , des hernies ombilicales, par exemple. A la vérité, il est issi de ces hernies , soit ombilicales , soit diaphragmatiques , qu'il est difficile expliquer autrement que par suite de quelques convulsions violentes , ou bien un vice primitif de conformation dans les ouvertures qui donnent passage aux scères. Des contractions intestinales morbides pourraient être cause de queljcs étranglemens intérieurs , de certains volvulus congéniaux, et d'oblitéra- 3ns qui ne deviennent funestes qu'après la naissance.
B. Lésions de fonctions. — {•>. Inneivation. — Certains enfans s'agitent vi- ;ment dans la matrice, et ce d'une manière presque continuelle , tandis que autres semblent rester presque constamment immobiles. Cette différence n'est nelquefuis qu'apparente et due à des degrés différens de sensibilité de l'utéis : telle femnae se plaint des vigoureux conps de pieds que lance fréqucmlent reniant qu'elle porte , tandis que l'observateur ne trouve à l'exploration Uérieure que des mouvemens ordinaires ; telle autre sent à peine des mouvelens que la main du chirurgien appliquée sur son ventre perçoit à merveille. Lus quand , à la suite d'une émotion vive , ou même sans cause connue , une mime sent incontinent des secousses violentes , des secousses brusques et plus « moins régulièrement réiiétées , il y a lieu de croire qu'elles sont ducs au^i
DlCT. DE MÉDECIKE ET DE ChiRUI.011 PRATIQUES.
convulsions du fœtus. IVIaintes fois, après de telles commotions , tout mouvciiient perceptible a cessé , et Tenfant est né, quelques jours , quelques semaines plus tard, macéré, putréfié, présumé mort depuis un temps assez exactement correspondant à l'époque des convulsions intra-utérines. Cet état ^ sans doute analogue à l'éclampsie des nouveau-nés , mérite donc une grande attention et peut faire porter un fâcheux pronostic.
Une affection spasmodique bien moins sérieuse , mais qu'il faut connaître pour tranquilliser la femme qui s'aperçoit de son existence, c'est le hoquet, beaucoup de femmes enceintes s'étonnent de sentir de temps à autre , dans l'abdomen , de petits chocs réguliers et peu distans l'un de l'autre , exactement comme ceux du hoquet, et nous avons observé plusieurs fois que les entàns qui avaient, avant la naissance, donné lieu d'observer ce phénomène, étaient fort sujets au hoquet après avoir vu le jour. Ou sait que cette petite incommodité est sans importance chez le nouveau-né; il en est absolument de même chez le fœtus. '
2". Circulation générale. — Il n'est peut-être pas d'accoucheur un peu versé dans la pratique qui n'ait remarqué la coïncidence des signes manifestes de la pléthore chez la mère et de l'obscurcissement , de la cessation même des mouvemens chez le fœtus. L'indication des saignées pendant la grossesse est bien souvent établie par cet engourdissement de l'enfant qui semble participer à la pléthore maternelle, et en être même plus fortement affecté ; de là quelquefois peut-être une éclarapsie , une apoplexie mortelles pour lui ; mais, bien plus souvent, plus vraisemblablement du moins , une asphyxie pléthorique due à lu lenteur , à la difiiciilté avec laquelle se renouvelle et se vivifie le sang surabondant qui inonrle le placenta et engorge les sinus utérins. Il en est ici comme de certains obstacles mécaniques au cours du sang ombilical, lors de la compression du cordon, de ses nœuds, de certaines dégénérescences du placenta et des membranes.
La cyanose n'existe guère chez le fœtus , même lorsque le cœur est mal conformé ; c'est après la naissance que s'établit une différence notable entre le sang veineux et l'artériel, que la circulation change aussi d'itinéraire, et se ressent en conséquence de défectuosités organiques presque indifféreiiles au fœtus ; cependant une fois nous avons vu naître un enfant abortif , coloré presque iiniverscll(!ment d un noir bleuâtre de sang veineux , qui augmenta encore pendant le peu d'heures qu'il vécut; mais cet état de choses s'était peut-être jiroduit durant le travail; il ne nous fut point permis d'examiner les viscères de cet enfant.
Des troubles circulatoires, peut-être bien plus fréquens, pourraient être constatés par le stéthoscope si l'on en faisait, pour le fœtus intra-utérin, un plus fréquent usage; nul doute qu'on ne découvrît ainsi maintes fois des mouvemens fébriles manifestés par l;i force, la vitesse, la fr6<juence des battemens du cœur, soit lorsque la mère même est affectée de fièvre ou d'iufl.immation , soit lorsqu'elle observe quelque irrégularité , quelque chose d'insolite dans l'agitation de son Iruit. On ne connaît jusqu'ici que quelques exemples bien constatés dé fièvre intermittente transmise de la mère au fœtus, manifestée chez celui-ci par une agitation périodique , et plus nettement encore, après la naissance, par des accès reproduits selon le même type ( Schurig, Hoffman , Russel ). Des enfans sont nés portant des ecchymoses, des péléchies qui semblaient indiquer la préexistence de quel(|ue fièvre grave , mais qui pouvaient bien dépendre aussi de quelque pression due à la parlurition même, ou bien rentrer dans cette classe de taches inconnues dans leur origine et en partie même dans leur nature, qui siègent dans les capillaires amplifiés et le réseau muqueux , le ]<igment surchargé, exagéré de la peau, et constituent ce qu'on nomme ncci'i materni.
Les mêmes doutes n'ont pas pu exister pour des maladies éruptives, des Gèvres exanthématiques laissant après elles des traces caractéristiques ; telles la rougeole, la variole. On peut lire dans Iloogeveen et autres , des observations précises d'enfans nés avec des boulons , avec des cicatrices , ou bien dans un état d'incubation terminée , presque immédiatement après la naissance . par une éruption dont le principe . le contagium n'avait pu être transmis à l'enfant ijue par la circulation utéro-placentale ; Mauriceau lui-même avait été atteint d'une variole intra-utéiinç. Plusieurs enfans sont nés portant des vésicules >éreuses ou .séro-purulentes qu'on a attribuées au peniphigus (Oehier, Lobsiein). Nous avons vu de telles vésicules se montrer chez les nouveau-nés avec ou sans mouvement fébrile , mais il serait facile aussi de s'en laisser imposer, dans (pielques cas, par des éruptions syphilitiques. H nous a paru même que cette erreur avait été commise dans le cas rapporté et Çguré par M. Lobstein (J. complépaentaire) , et nous nous fondions en grande partie sur le siège et la forme des vésicules , eu un mot sur leur parfaite ressemblance avec celles dont nous allons nous occuper dans le paragraphe suivant.
3" Circuliition capillaire. — JN'ous avons à mentionner ici surtout les diverses inflarnmalions dont le fœtus pelit être atteint et les altérations qui s'ensuivent itiédiatement ou immédiatement.
La peau des nouveau-nés est souvent rouge sans être enflammée pour cela , et sur cette rougeur se dessinent fréquemment de nombreux points blancs qui en ont imposé à quelques personnes , et leur ont lait croire à l'existence d'une éruption miliaire. Il n'y a là qu'une exagération normale des follicules sébacés; je dis normale, parce que chez le fœtus ces follicules sont plus remplis de matière grasse et blanche que chez l'adulte , et cette matière est la même qui forme sur toute la peau cet enduit blanc et graisseux des enfans naissans que le vulgaire nomme pommade. Mais le fœtus , indépendamment des exanthèmes mentionnés plus haut, est exposé à des éruptions cutanées véritables et de formes diverses ;
FOETUS
FOETUS
il en est qui représentent ttes papules miliaires , ronges et saillantes ; il en est qui sont plus larges et moins élevées, herpétiformes ; il en est de vésiculeuses et parfois si étendues qu'on a vu la peau tout excoriée, toute dénudée au moment de la naissance. 11 est souvent difiiciie de préciser la nature de ces inflammations superficielles , mais ce serait tomber dans une grande erreur que tie les croire toujours syphilitiques ; elles le sont souvent néanmoins ; mais la l'orme la plus constante sous laquelle s'est présentée h moi la syphilis , c'est la forme vésiculeuse. La plante des pieds, le talon , la paume des mains , la face palmaire et le bout des doigts , celui des orteils , offraient des plilyctènes remplies d'un liquide purulent, jaune , verdâtre ou livide et coloré par du sang exlravasé : ces vésicules, grosses comme un pois, un haricot, étaient arrondies ou ovalaires , tendues, entourées d'une auréole rouge, enflammée, parfois violacée; elles semblaient très-douloureuses; bientôt déchirées, elles laissaient des ulcères d'un mauvais aspect, sanguinolens et parfois gangréneux , amenant souvent le dépérissement et la mort, soit par eux-mêmes, soit par le cortège des autres lésions syphilitiques qui ne tardaient pas à envahir le pourtour de l'anus et des organes génitaux , les fesses , les yeux , etc.
La syphilis communiquée au foetus par le sang maternel , peut-être même , comme l'assure Astruc , par le sperme du père (la mère restant saine ), produit fréquemment encore des effets plus funestes au produit de la conception ; elle le tue sans qu'il soit facile de dire comment : ce qu'il y a de certain, c'est que rien n'est plus ordinaire que de voir sortir à mi-ferme à peu près un enfant mort et putréKé du sein d'une femme infectée d'une syphilis grave et constitutionnelle : nous pouvons appuyer ici , de nos propres observations , cette remarque assez générale , et nous sommes peu portés à imputer au traitement mercuriel cet effet fâcheux, comme l'ont voulu quelques ennemis jurés des spécifiques en général et du mercure en particulier.
La syphilis ne cause pas toujours des désordres si sérieux ; nous avons vu naitre , i» l'hôpital des vénériens, une petite fille avec une leucorihée trèsintense et probablement virulente ; à l'instant même de la naissance, une mucosité opaque et puriforme d'un blanc verdâtre s'échappa abondamment de sa vulve. Chez d'autres, cet écoulement, de même que certaines ophthalmies, s'est montré de si bonne heure, qu'on a pu le croire, ainsi qu'elles, congénial intra-utérin.
Des inflammations dues à une cause toute autre, mais souvent inconnue, se sont fait voir sur plusieurs membranes muqueuses et séreuses , ou dans la profondeur des viscères parenchymateux de fœtus morts en naissant ; et , d'autres fois , de symptômes immédiatement observés dès les premiers instans de la vie aérienne ont décelé les mêmes phlegmasies ; telles sont celles de l'œsopha-Te , de l'estomac et de l'intestin , du poumon et de la plèvre , du péritoine , du cerveau et de l'arachnoïde. On en trouve des exemples bien détaillés dans l ouvrage de M. Billard sur les maladies des enfans nouveau-nés , dans l'article OEuF (maladie ), de Désormaux faisant partie du Dictionnaire de médecine, dans ma thèse inaugurale et dans un mémoire sur les altérations intra-utérines de l'encéphale inséré dans les Ephémérides inédicaU-s de Montpellier. Il faut y joindre divers cas d'hépatite (Brathet, Véron) , d inflammation avec suppuration dans le thymus ( Véron ) , une capsule surrénale ( Andral ) , etc. La plupart de ces phlegmasies étaient chroniques; il y avait quelquefois ulcération dans l'intestin, l'estomac et l'œsophage , destruction dune partie du cerveau du cervelet { Lobstein ) , remi)lacés par de la sérosité purulente , le crâne étant resté intact, etc. ; et pourtant, dans quelques cas , le reste du corps n'avait rien perdu de sa force ; d'autres fois l'enfant, quoique né à terme , était (surtout pour les maladies de l'appareil digestif) dans un état de maigreur et de dépérissement notable. La plupart de ces enfans sont morts peu après leur naissance. Désormaux a vu pourtant guérir un nouveau-né qui paraissait alTeclé d'une péritonite chronique congéniale; d'autres ont aussi survécu à une gastro-entérite présumée; mais ces sortes de cas ont peut-être été confondus avec ceux d'une simple débilité constitutionnelle, sans lésion de tissu dans aucun organe important. M. Billard a vu périr plusieurs nouvean-r.és débiles et chétifs sans avoir rien trouvé à l'autopsie qui justifiât cette faiblesse native Nous avons rencontré aussi plusieurs cas de cette asthénie innée et mortelle soit chez des enfans frêles et petits , soit même chez des enfans bien construits ' mais pâles , anémiques. Nous sommes parvenus à en sauver un à force de toniques extérieurs (frictions, bains aromatiques et vineux, etc.), l'estomac rejetant toutes les boissons (hors le lait); soit fortifiantes, soit adoucissantes qu'on avait voulu administrer. Aucune autre signe n'indiquait une phle<'masi(> gastro-intestinale; et, par exemple, il n'y avait pas le moindre mouvement fébrile. Aussi , si nous .vions dù faire , pour cette débilité native, un paragraphe à part , c'est au chapitre de Y Innerfation ou de la Circulation générale et non parmi les phlegmasies que nous l'aurions rangée.
Nous mentionnerons ici, comme devant être attribuées le plus souvent à des phlegmasies chroniques , certaines dégénérescences dont les exemples ne sont pas rares chez le fœtus. Ainsi , dans un des cas d'entérite chronique relaté par M. Billard , il y avait aussi épaississement des parois de l'intestin, endurcisse ment et couleur blanchâtre ; en un mot , tous les caractères de cette induration squirrhilorme que Laennec a nommée sclérose. Chez un autre enfant le duo denum offrait une excroissance fongueuse de nature assez équivoque et nue le même mcdec.n compare avec les verrues de la peau. Hoogeveen parle des tumeurs observées dans le foie, et décrites de manière â indiquer assuréme. t la matière tuberculeuse. Celte matière a été vue dans le même organe pa^ M. Husson sur un lœlus né d'une mère très-saine ; et MM. Andral et Dupuy ont tn.uvc la même chose chez des quadrupèdes. Le même M. Husson a vu
dans les poumons , des tubercules ramollis et constituant une vraie phthisie inlra-ulérine. On cite de LangstafT des observations analogues. OEhIer en a vu dans le mésentère ; ceux que M. Billard a trouvés dans le poumon et la rate étaient encore à l'état granuleux.
Désormaux se demande si l'on ne doit pas rapporter à des suites d'inflammation toutes les oblitératiôns de l'œsophage, de l'intestin grêle , de l'anus, de l urètre, qu'on range ordinairement parmi les monstruosités ; nous penchons , comme lui , pour l'aflirmative. Nous ne pouvons aussi qu'adopter l'opinion de M. Andry, qui rapporte il des ophthalmies graves la plupart des cas de cécité congéniale , et surtout ceux où il n'y a qu'obscurcissement de la cornée.
Enfin nous rapporterons aussi à des gangrènes, mais non peut-être toujours à des inflammations antécédentes, les mutilations de membres dont on trouve les débris dans l'amnius (Désormaux, Chaussier, Velpeau, etc.) ; encore faut-Il bien avouer que quelques-unes de ces séparations ont été dues à un autre genre de causes, puis(|ue Watkinson a trouvé parfaitement sain, mais seulement petit et macéré , le pied d'un fœtus séparé depuis deux mois environ.
4o. Sécrétions et exhalations. — Nous avons signalé déjà quelques maladies inira-utérines du foie; il n'est pas certain qu'on doive lui rapporter tout, ou même partie notable, des ictères dont on a vu le fœtus , et quelquefois le fœtuj encore très-jeune , être atteint. On dit bien avoir trouvé chez des fœtus colorés en jaune la bile épaissie dans ses couloirs , etc. ; mais il paraît certain que, dans quelques cas , la teinte jaune a été transmise de la mère ictérique à s.i progéniture (Kerkring ). Dans d'autres , la coloration n'était peut-être due qu'à une altération du sang analogue à celle qui s'observe chez tous les nouveau-nés i peau rouge; dans d'autres enfin ( et surtout dans les moins avancés en âge ) , i (i la jaunisse était évidemment due à une matière colorante, de nature jusqu'à if présent inconnue , disséminée dans beaucoup de tissus , mais surtout dans les K^' membranes ; de sorte que le cerveau ^ par exemple , avait sa couleur ordinaire, fi' l arachnoule seule étant d'un jaune safrané que la loupe démontrait saupoudré, ¥> pour ainsi dire, en molécules irréguliéres , tandis que, au contraire, dans Tic- w tère réel on a rencontré souvent , et nous avons nous-mêmes observé la subslance encéphalique, et surtout la substance grise vivement colorée dans sdi 1" profondeur. Cette jaunisse superficielle des embryons et des fœtus abortifs ail (' été observée et décrite avec soin par Wrisberg (thes. Sandif. ) , et plus récem- ii i' ment par MM. Lobstein et Dubrueil ; nous avons vu le sujet décrit et re- ' ' présenté dans les Éphéméiides médicales , par notre collègue de Montpellier, i " Le professeur de Strasbourg a nommé kirronose cette coloration, et c'est à tori l '» que M. Billard la confond avec le véritable ictère. Quant h celui-ci, non-seule- iftf ment il ne fait guère périr l'enfant de bonne heure tlans le sein de la mère , à I t) l'instar de la kirronose ou de la cause qui la produit, mais même il peut guérir lu après la naissance , comme Désormaux en a vu un exemple. Hii
Toutefois cette règle n'est pas sans exception , et l'on vient de nous rappeler-|lui un fait trop remarquable, sous ce rapport, pour le passer ici sous silence, m Madame L. T. était sujette à de fréquens accès de colique hépatique , accom- oi pagnés d'ictère ; elle a fini par succomber à la violence du mal, et 1 on a trouvé' il des calculs multipliés dans la vésicule biliaire et le canal hépatique. Celte dame a été accouchée quatre à cinq fois par madame Lachapelle , une fois pa^iMl^ madame Charrier , son élève; et toujours d cnfans morts , quoique à termejf] tous étaient colorés d'un jaune foncé, et paraissaient ainsi avoir participé auxijP( ictères que la mère avait eus durant la gestation. Ces ictères même avait été''p'« plus intenses et plus durables chez les enfans que chez la mère, puisqu'ils:' (j»! avaient persisté jusqu'à la naissance , et que la mort ne pouvait être attribuée itass rationellement à aucune autre cause qu'à celle sous l'influence de laquelle il*' s'étaient formés , la diffusion de la bile dans le sang puisé dans les vaisseaux maternels. Peut-être aussi y avait-il eu chez eux une hépatite dont on eut pu trouver les traces à l'autopsie , comme chez un fœtus né à terme , mort et icté-ri(;ue , dont M. Bracliet a donné l'observation dans son mémoire sur les Mala'' dies du placenta [ois. 11). Aucun des enfans de madame L. T. ne fut examiné anatomiquement.
Les voies urinaires présentent assez souvent, chez le fœtus , des désordres,' et même des désordres fort graves •, on cite des exemples de calcul vésicalj 'A formé durant la vie intra-utérine et paraissant héréditaire ; puisque, une foii'l du moins, la mère en était affectée (HofTman). M. Denis parle de graviers trouvé^ "M dans les conduits urinaires du nouveau -né ; ce sont sans doute des molécule.' d'aciile urique ; j'en ai observé jusque dans les petits tubes de la substance mamelonée du rein ; la couleur blanche ou jaunâtre que cette matière presque pâteuse donnait aux canaux dont je parle, et dont il était facile de la faire sortii! npit] par la pression, parait avoirété remarquéede M. Billard, qui attribue ces strieM «oilii rayonnées , d'un jaune éclatant, à l'icfère dont elles sont très-indépendantes.
L'urine même peut être retenue, dès les premiers temps de la vie fœtale dans ses réservoirs par quelque oblitération ou re'irécissement considérabli des canaux destinés h la rejeter dans les eaux de l'amnios , et produire toute les suites qu'on jieut attendre d'une distension considérable et prolongée lo les reins, soit que l'obstacle fût borné à l'uretère (Billard) , soit qu'il si trouvât au canal de l'urètre, étaient vésiculeux , semblables à une grappe d« raisin, ou bien dilatés, sous forme d'un kyste multiloculaire plein d'urine e quelquefois de pus (Betschler, Stegicnher, Ruysch , Sandifort , Moreau , ma dame Boivin ). Dans un cas observé par nous-mêmes, les canaux n'étaient pa oblitérés, mais considérablement coarctés. 2» Les uretères ont été trouve aussi en pareil cas élargis, au point d'égaler l'intestin grêle (Ph.Pinel), le rectuo même (Moreau, A. Cooper). 3" La vessie a paru plusieurs fois énorméraen dilatée , saillante et faisant hernie entre les muscles abdominaux (Wrisberg
fut
'«loi
l'a lui
FOETUS
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laussier). 4» On a vu même ce réservoir, rompu en plusieurs points , laisser ouler l'urine ; puis , après la naissance , ce fluide prendre plus librement son lurs par l'urètre qui n'avait été sans doute que rétréci , et les déchirures se 'catriser (Vrolik). 5" Mais , dans un bien plus grand nombre tie cas , la disleiioa , portée plus loin et ayant sans doute commencé plus tôt, étant produite ir une oblitération plus complète , a détruit la paroi antérieure de la vessie la partie supérieure de la verjje , d'où l'exstrophie ou extroversion et l'Iiyispadias (voyez Monstrdosité) ; ou bien la paroi inférieure du col du premier '. ces^organes , le périnée, la partie inférieure de la verge , d'où les hyposidias vulviformes et les liypospadias ordinaires.
Nous avons dit plus haut que des vices de conformation plus graves encore . de même nature, pouvaient être le résultat d'hydrothorax , d'ascite , peulre même d'hydropéricarde (hernie du cœur). Ces hydropisies sont loin d'êti e res ; quelquefois simultanées, quelquefois isolées, elles persistent souvent squ à la naissance, et font périr l'enfant peu après, ou durant le travail Telles rendent plus pénible , au point même de nécessiter des opérations parculières [voyez Dïstocie).
L'ascite n'est pas toujours portée à un degré aussi fâcheux ; quelquefois maniistée seulement par un léger gonflement du ventre , et chez les mâles pas une
Idrocèle dont on peut faire refluer la sérosité dans l'abdomen , elle se guérit r le plus simple régime de la vie extra-utérine et mieux encore si l'on emoie quelques résolutifs comme les fomentations d'eau de sureau , les bains de ipeurs, etc. L'expérience nous l'a démontré.
Comme toutes les hydropisies dont il vient d être question , celles du crâne du rachis sont souvent héréditaires, puisqu'on voit , par exemple, tous les pfans d'une même femme être , à des degrés difl'érens , atteints ou menacés iiydrocéphalie. Nous avons observé que souvent des enfans monstrueux ou pTormes, par suite d'une hydropisie du crâne ou du rachis, appartenaient h is mères âgées , plus souvent encore à des mères aff"ectées d'anasarque , d asl,c, d'hydramnios durant la grossesse. La sérosité qui s'accumule dans les jvités que je nommais tout à l'heure, n'occupe pas toujours le même point ins la profondeur des organes ; il est certain qu'il y a quelquefois hydrocé- ^alie, plus souvent encore hydrorachis externe, c'est-à-dire que l'eau séprne entre l'arachnoïde cérébrale et la niéningienne ; alors , une rupture «turelle avant la naissance peut amener une guérison momentanée. Nous jons vu un spina hifida ainsi cicatrisé lors de la naissance, et l'on doit rapirter à cette espèce d'hydrorachis les exemples de guérison par des ponctions pétées après que l'enfant avait été mis au jour. Mais , plus souvent encore , fau est ampssée dans les ventricules cérébraux , dans le canal central de la oelle distendue ; aussi la rupture spontanée , l'ouverture artificielle des meurs hydrocéphaliques par hydrocéphalie iiilerne ( et c'est la plus eom- |une) sont-elles, le plus ordinairement, suivies d'une prompte mort. La iort n'est pas aussi immédiatement l'effet d'une rupture, soit par distension rtrée, soit par inflammation ou gangrène, opérée durant la vie intr.i-utérine. a manière dont végète alors le fœtus fait qu'il peut se passer de l'influence rébrale , comme l'a parfaitement expliqué le professeur Lallemand dans sa èse inaugurale. Bien plus, la cicatrisation, la refonte et la réparation d'un âne et d'un rachis ainsi distendu et lacéré , peuvent s'opérer encore sous l in lence d'un travail épigcnélique si l'enfant est fort jeune et à l'élat erabryonlire , si le travail formateur n'a pas déjà fait place à la nutrition ordinaire, {uand celle-ci existe seule , elle ne peut plus , après de pareils désordres, que Issembler les débris d'os ; les rapprocher , les condenser , en leur laissant les eviations causées par la distension antécédente ; elle ne peut que remplacer ^r une substance rouge et fongueuse la matière cérébrale détruite , laissant uelquefois seulement réduites dans leurs dimensions et déplacées , herniécs, s portions qui ont échappé à la destruction ; de là les anencéphalies avec ou ns renversement du tronc en arrière , selon que le crâne seul , ou toute la fvité crànio-rachidienne en ont été simultanément afl'ectés; de là encore les bdencéphalies , dérencéphalies , notencéphalies ( Geofl"roy Saint-Hilaire ) , ui, à la vérité, pourraient bien dépendre plutôt d'hydropisies externes ; delà i6n, peut être, certaines acéphalies (Béclard) ou cryptocéphalies (Geofi'roy). i'époque , au contraire, où l'épigénèse est dans toute sa force, elle répare ieux les désordres : le crâne déchiré se reconstitue en voûte plus étroite l'ail paravant (microcéphalie) : la face , si c'est de son côté que s'est opérée hernie hydrencéphalique , si elle a été détruite en partie , rapproche ses mbeaux , soude ses débris , les confond sur la ligne médiane (monopsie, apro- >pie), ou bien peut-être même les cicatrise isolément en laissant entre les deux ioitiés latérales un intervalle libre. Telle est sans doute l'origine de cette )rte de bec-de-lièire , avec fente de la voûte palatine ( gueule-de-loup) ; cas ins lequel Tiedemann a toujours trouvé les portions centrales de la base du îrveau déformées , annihilées comme chez les monopses et comme chez les etus, portant quelque hydrencéphalocèle ethmoïdale. Notre intention n'étant as de parler ici des monstruosités proprement dites, nous renvoyons, pour des étails qui sortiraient du cadre pathologique, aux articles particuliers, et mieux jx ouvrages spéciaux.
L'anasarque n'est pas rare chez le fœtus , mais elle accompagne ordinaireleut quelque autre lésion grave de l'enfant, comme nous l'avons observé pour ente'rite , ou de ses enveloppes ^ Stratford ) , plus souvent elle complique quelue autre hydropisie, ou bien elle en signale l'existence antécédente , comme liez le» acép'tiales. Parfois pourtant l'œdème partiel est la seule lésion exisinte: on l'a vu accompagné de cette dureté considérable qui caractérise le clérème ou l'endurcissement du tissu cellulaireî mais ou n'en cite guère qu'un
exemple ,et même assez peu concluant (Usembezius) : on ne s'en étonne poiiit quand on sait que le froid est la principale cause de l'anasarque et du sclérème des nouveau-nés.
Je n'entrerai pas dans le détail de quelques autres maladies rarement observées chez le fœtus , comme l'éléphanliasis ( Chaussicr), le rachilis ( Pincl , Chaussier ) , la présence des vers dans le canal intestinal (Dolœus , Schrœter) , des tumeurs ou excroissances de la peau , des lâches de couleur diverse, dont l'origine est inconnue , la nature ambiguë, et qu'on range généralement parmi les vices de conformation ou monstruosités. Je me contenterai , pour compléter cet article , d'exposer succinctement ici les signes qui indiquent la mort du fœtus durant la grossesse ; nous avons , à l'artice Clphalatomie , exposé ceux de la mort de l'enfant durant le travail.
La vie du fœlus ne se manifeste pas avec une égale netteté chez tous les sujets. Je me rappelle une jeune femme dont le ventre inégal et mollasse ne laissait jamais sentir les mouvcmens du fœtus ; elle-même ne les percevait point, et elle éprouvait, au contraire, la sensation d'un poids pressant sur la paroi la plus déclive du ventre lorsqu'elle s'inclinait d'un ou d'autre côté ; cependant elle mit au monde , à terme, un enfant vigoureux. C'est néanmoins sur la lenteur et la faiblesse des mouvemens sentis par la mère ou par l'accoucheur, dans la deuxième moitié de la gestation, qu'on juge de la validité du fœlus; c'est par leur cessation qu'on juge ordinairement de sa mort. Ce signe deviendra moins trompeur , si l'on y joint les résultats de l'auscultation; si, par exemple , le stéthoscope ou l'oreille nue , appliqués sur tous les points du bas-ventre , ne font entendre ni mouvemens des membres, ni batlemens du cœur. Tout récemment nous avons pu, de cette façon , porter un diagnostic bientôt justifié par la naissance d'un enfant putréfié , au terme de sept mois. D'autres symptômes peuvent mettre sur la voie, et ajouter à la force des précédens : j'ai déjà parlé de la flaccidité du bas ventre quand elle succède à sa rénitence, de la sensation d'un poids incommode et tombant sur le côté où le corps s'incline ; on y joint un sentiment de froid dans l'abdomen, un malaise général, la fétidité de l'haleine , la pâleur du visage et la lividité des paupières, enfin l'affaissement des mamelles. Il est rare , au reste, que la mort du fœtus n'amène pas bientôt un travail anticipé, et ne décide point l'avortement , l'accouchement avant terme.
5 III, Considérations pratiques sur la thémpculique du Joetus. — Cette activité nutritive , cette rapidité avec laquelle s'exécutent toutes les fonctions , la circulation surtout, influent beaucoup sur la manière dont marchent et se guérissent les maladies de l'enfant nouveau-né, et donnent à sa médecine, à sa chirurgie une spécialité qui en rend l'exercice bien diflicile à un médecin ordinaire. Les mêmes particularités amèneraient, pour le fœtus, des diflicultés analogues ; mais combien ne s'accroissent-elles point quand il faut, nou-seulement apprécier ses malaises , mais encore y porter remède sans avoir d'autre voie que les communications qui existent entre lui et sa mère ! aussi , à part quelques points , tout le reste n'est qu'obscurité dans le diagnostic , incertitude dans la thérapeutique. C'est souvent l'état de la femme , plus que celui du fœtus soustrait à nos regards , qui nous fournit des indications , et c'est sur la mère que nos médications agissent aussi d'abord. Ainsi la syphilis reconnue chez celle-ci , et supposée transmise à celui-là, sera Irailée à la fois chez les deux individus en agissant sur la femme enceinte. Peut-être serait-il même convenable , dans certains cas, de médicamenter la mère, -quelque saine qu'elle parût , si le père était atteint d'une syphilis constitutionnelle. J'ai vu une jeune femme , guérie de la syphilis, mettre au monde un enfant qui fut enlevé en bas âge par cette maladie dont la source était chez le père. Qui sait si l'on ne parviendrait pas aussi , par un traitement approprié , administré pendant la grossesse, à prévenir ces dartrgs, ces scrofules héréditaires, dont le développemei»t n'a lieu bien souvent que plusieurs années après la naissance? C'est encore par la mère qu'on reconnaît et qu'on guérit la pléthore dont nous avons parlé plus haut ; la saignée da bras est fréquemment indiquée pour cet objet. Si l'on soupçonnait quelque phlegmasie chez le fœtus , si surtout la mère en avait éprouvé de graves , un régime doux , des bains fréquens , le calme de l'esprit et du corps seraient de rigueur. Si un enfant semblait disposé aux mouvemens convulsifs , peut-être des boissons antispasmodiques , données très-étendues et à grandes doses à la femme, auraient-elles un effet secondaire sur son fruit ; les bains tièdes conviendraient également ; mais si les secousses étaient violentes et répétées , la saignée serait nécessaire pour prévenir une apoplexie mortelle. Ce serait peut-être aussi la seule manière de prévenir des fractures , des luxations , des hernies congéniales. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que les pressions, les percussions , les secousses physiques et morales devraient être aussi évitées avec soin ; elles devraient 1 être toujours , quel que fût le genre de maladie du fœtus qu'on aurait à craindre.
Telles sont à peu près les seules idées qu'on peut donner d'une thérapeutique du fœlus. Peut-être un jour ses maladies, mieux connues, appelleront-elles d'autres indications ; peut-être , dans quelques cas , l'électi icilé , proposée pour s'assurer de la vie de l'enfant, sera-t elle utile pour le faire sortir de la torpeur anémique à laquelle il est quelquefois exposé , mais que rien ne nous signale au dehors. Peut-être aussi devrait-on faire quelques essais sur la transmission de certains préservatifs de la mère au fœtus. Qui sait, par exemple , si la vaccine inoculée à une femme enceinte n'agirait pas sur son enfant encore imparfait , encore dans le travail de sa formation , avec plus d'énergie , d'une manière plus durable que chez l'adulte , et ne le mettrait pas à l'abri même des varioloïdes? Est-il rien qui répugne à la raison dans cette idée de modifier jusqu'à un certain point la constilutiou d'un homme à l'état embryonnaire ? Peut-
FOETUS
FOETtS.
être iicgligc-t-on Irop celle consitlcration dans riiygicnnc i!cs femaics enceintes; il nous parait bon du moins d(; diriger sur ce point l'attention des [■ralicicns. Ce qu'il y a de sur, c'est que , non moins bien que la variole , la vaccine, inoculée à la mère , s'est plusieurs fois transmise à son fruit ( Journal des progrès , tome 15 , page 246). D'autres fois elle a paru se modifier et produire sur le fœtus des pustules varioliques , niais bénignes et peu nombreuses ( Jenner ).
Art. II. M.^LADIES DES ANNEXES DB FOETHS.
A. On pourrait considérer comme état morbide de Vœi{f tout entier son séjour dans un lieu anormal ; mais cet état de choses constituant ce qu'on jiomme grossesses extra-utérines , mérite un article particulier. Tout l'œut peut flie malade à la fois : on n'en saurait douter quand on voit certaines moles, nommées faux germes , composées dune enveloppe épaisse, charnue, \raie dcgénércscence du placenta et des membranes , circonscrire une cavité contenant de l'eau et sans doute en dissolution les débris d'un germe qui a disparu. Celte opinion du moins est rendue assez vraisemblable par une observation de ftladaus, dans laquelle une môle semblable contenait un embryon fort jeune ; par celle de Vater intitulé Mola prœgnans , et pi esque toutes celles enfin qu'on a nommées môles embryonnées. A l'appui de cette théoiie viennent encore les môles compactes qui réunissent, dans leur texture , à cette substance charnue due a un placenta dégénéré , infiltré de sang concret et organisé des membres «i'cmbrjons plus ou moins déformés (Ruysch ). Sans doute il est d autres môles qui peuvent même alfecter les jeunes filles , et qui ne sont que des caillots condensés , mais toujours peu volumineux et sans organisation distnicte ; toutes le-i autres paraissent être le résultat d'une conception viciée, S il en fallait chercher la preuve ailleurs que dans l'observation directe, nous la trouverions dans l'analogie ofl'erte par le cas suivant. Le [)aon ma le, comme beaucoup de gallinacées, a besoin de plusieurs femelles ; s'il n'en a qu'une seule, il la faligue de ses copulations fréquentes. Dans un cas semblable , la femelle ayant fini par kuccomber, j'ai trouvé, au voisinage du cloaque et dans le bas de Toviducte , une masse charnue , spongieuse , irrégulicre , du volume d'une orange , eu partie adhérente , mais par des adhérences seulement albumineuses , aux parois de la cavité, en partie libre et altérée jiar un commencement de putréfaction. Coupée par son milieu , cette masse nous oîTrit bien nettement , dans son intérieur, la coque encore membraneuse ou de consistance parcheminée d un œuf prêta être pondu. Cette coi|ue était chiffonnée , plissée dans tous les sens , et i on ne pouvait voir là autre chose qu'un œuf crevé dans l oviducte où il s'était en quelque sorte retourné et momentanément et imparfaitement grefl'é pour végéter à la manière d une môle sur les parois de ce canal.
Tout l'œuf aussi se transforme quelquefois en hydatides ; mais comme ceci te i-ajiportc particulièrement au placenta et tout au plus aussi au chorion , nous .jllons en parler plus loin.
B. Le olacenta est , de toutes les parties de l'œuf, celle où l'on a observé le |dus grand nombre d'altérations , celle où ces altérations ont le plus d'importance , parce que leur eCFet sur l'enfant est plus direct. Il ne doit pas non plus , pour la raison déjà exposée , être ici question de sa situation anormale , qu'il ne faut considérer que comme une cause fâcheuse d'hémorrhagie durant la grossesse.
1°. Lorsque le fœtus est mort de bonne heu-e par une cause quelconque , et jnérae quelquefois après son expulsion (Ruysch, Morgagni, Franck ), le placenta , conservant avec l'ulérus sa connexion physiologique , s'abreuvant des sucs que l'enfant ne peut recevoir, végète, et s'accroit parfois outre mesure , uu point d'acquérir trois ou quatre fois le volume normal ; c'est là une véritable hypertrophie , que nous avons assez fréquemment observée , et qui tantôt ne donne à cet organe que des dimensions plus fortes en largeur et en épaisseur, un tissu plus mou , plus fragile; mais qui , quelquefois aussi , le fait paraître infiltré de sérosité et lui a mérité le nom de placenta hydropique ( Franck ).
On conçoit très-bien le mécanisme de cette sorte de congestion lente. Mais il y a aussi des congestions rapides lorsque le fœtus n'a point perdu la vie et qu'il se déclare chez la mère quelque moiwien hémorrhagique. Telle est la cause la plus commune de l'avorlement , comme nous l'avons démontré ailleurs; aussi les placentas d'œufs abortifs sont-ils fréquemment couverts , infiltrés de sang coagulé en masse ou en parcelles. M. Deneux a observé de ces hémorrhagies , soit à la surface externe , soit dans le tissu même du j)lacenta ; et tantôt le sang était frais et récemment coagulé ; tantôt, déjà réduit à sa portion fibrineuse, il donnait aux portions de l'organe qui en étaient farcies une grande consistance, une couleur jaunâtre, etc. Notre collaborateur Cruveilhier a rangé ces cas divers dans un même ordre , sous le titre d'apoplexie du placenta.
Dans ces diverses circonstances , si l'avortement n'a pas lieu et si pourtant l'altération tlu placenta ou l'étendue du caillot qui intercepte sa communication avec 1 utérus est considérable , lenlaiit meurt après un marasme graduel, i) naît enfin fort petit, squeleltique et comme desséché.
2°. h'injlummation , soit aiguc , soit chronique, du j^lacenta, ^ été fréquem.. ment observée et étudiée dans ces derniers temps. Si l'on pouvait révoquer en doute sa réalité dans les cas où il n'y avait qu'engorgement , ce que M. Brachet nomme hèpaitisaiion ronge , il n'en est pas ainsi de ceux où des fausses membranes jaunes , du pus «lemi-concret , du pus liquide , ont été vus à la surface vitérine du placenta , dans les interstices des membranes voisines , dans l'eau de l'amnios même (flocons), et surtout dans le tissu spongieux du délivre. Les observations nombreuses de M. Brachet, celles de M. Cruveilhier (Ànat. palhol.), de M. Dancc, de Stralford, etc. , sont des plus positives. Parfois i|
y a eu en mcn^e temps uiéSrite , et quelquefois même mélrife morlelle ; presque toujours du moins fièvre aiguè ou lente et avec exacerbalion (Cruvedhier ) , amaigrissement, douleurs de reins et de 1 hypogastre , vomissemens , etc.; tantôt avortcnient; tantôt accouchement à terme. Dans ce dernier cas , l'inilammation , devenue chronique, n'offrait plus les mêmes altérations, mais bien endurcissement , couleur grise ou jaune, atrophie , dessèchement; quelquefois adhérence partielle ou totale du placenta à l'utérus, fœtus mort depuis long, temps et macéré, ou bien singulièrement chétif , réduit à une maigreur effrayante, mort en naissant, ou n'ayant que quelcjucs heures à vivre; Deux fois pourtant M. Brachet a vu ces enfans exténués reprendre leurs forces et Jeur embonpoint entre les bras d'une bonne nourrice. Nous avons signalé, en peu de mots, les caractères de cette maladie, qui ressemble beaucoup à la | niétrite , si même elle n'en est pas toujours compliquée ; comme elle , elle est lâcheuse , non-seulement jiour l'enfant, mais aussi pour la mère ; comme elle ^ elle réclame des antiphlogistiques puissans , des saignées locales et générales ^ des bains , etc. |
3». Ou peut assez rationellemcnt attribuer à une inûammation de la cadu* , que ou du placenta à sa surface, ces adhérences qui nécessitent quelquefois la , délivrance artificielle {voyez ce mot ). Peut-être en faut-il dire autant de l'ad- , hérence des membranes au fœtus , d.i ns quelques cas de monstruosité , peut-être > enfin de diverses dégénérescences. Parmi celles-ci on trouve souvent mcntionné'i l'état scjuirrheux général ou partiel (Ruysch, Amand, Morgagni, madamél| Lachapelle) ; mais , d'après ce que nous venons de dire , on peut penser que J hi plupart du temps , ces prétendus squirrhes n'étaient dus qu'à une combi»! liaison de fibrine ou d'albumine concrètes avec le tissu filamenteux de l'orgaue,* et, partant , l'effet de la congestion dans un cas , de l'inflammation dans l'autre. ' Ceci expliquerait même fort bien comment, dans certaines indurations, il y ^ adhért;nce, dans d autres mdie adhésion du point malade à l'utérus. ||
4». ï^'atrophie ou dessèchement du placenta , après un mouvement de frayeuf ij { Morgagni ) , ou après des hémorrhagies répétées ( Burdach ) , ne sont pas tou- ,t jours sans doute un effet d'inflammation suivie d'une résorption, comme le | pense M. Brachet; cette résorption lente et graduelle, toujours consécutive à lu mort du fœtus , peut avoir lieu quelquefois en vertu seulement d'un accroisi i sèment d'activité des vaisseaux exhalans de la matrice. Toutefois nous doutons , |i avec madame Boivin , que cette activité puisse être assez forte pour opérer |i l'absorption totale d un placenta à terme ou presque à terme, malgré toute la confiance que nous inspirent la bonne foi et le savoir des praticiens qui disent ^ l'avoir observé (Salomon, Naegelé ) . j
5o. IJ" ossification des filaraens , ilont l'assemblage constitue , avec les ra?,! meaux vasculaires , la texture du placenta , produit quelquefois dans sa masseï de nombreuses aiguilles { Lobstein ) ; mais on flit aussi avoir vu ossifiée, dans i toute son éjjaisseur , une |)artie considérable du placenta. D'après Désormeaux j et autres , ce no seraient là que des calculs plus ou moins volumineux, déve« loppés dans les mailles affaissées de l'organe. Ce qui rend cette opinion pluS j probable, c'est qu'on trouve souvent, à la surlace utérine , des concrétions j d épaisseur variée , mais ordinairement bien isolées et parfaitement inorgani'j (|ucs. Tantôt ce sont de simples plaques disséminées çà et là , tantôt une couche continue; tantôt c'est une substance dure et pierreuse, tantôt elle est friable i| cl comme tartareuse ( Ruysch , Désormeaux , Brachet, Garin , Carestia , etc. ). i i Le fœtus n'en avait point souffert quand les concrétions étaient peu nombreusef \ et peu considérables ; il était amaigri, aUophié ou mort, dans le cas contrairejm
6o. Telles sont les principales altérations dont le placenta est susceptible; il j faut y joindre sans doute les dilatations variqueuses de ses vaisseaux , dilatations qui ont été vues par Levret , Reuss et autres , et qui ont paru à ce derniei j fournil* un argument concluant pour la théorie de la formation des hydatides , dont nous allons nous occuper ici. i
7°. Deux opinions bien différentes ont été émises sur la nature de la môUi hydalique. Pour la plupart des anciens médecins , les vésicules qui la compo sent étaient le résultat d'une dilatation anormale, soit dans les prétendueij glandes du placenta ( Malpighi , Boerhaave ) , soit dans ses vaisseaux sanguin.;) \ ( Ruyscli, Haller , Albinus, Wrisberg, Reuss), soit encore dans de prétendu./ \ aisseaux lymphatiques ( Fabricius , Bidloo , Pohl , Astruc ) ; mais cette ihèoriil fut rejetée par la plupart des écrivains modernes, dès que Laennec eut rang(j les acéphalocystes parmi les animaux parasites, les vers, qui habitent diffé rentes régions du corps humain; opinion déjà professée par Tison , Goèze flij avec quelques restrictions fort justes. Celui qui , parmi les modernes a contri «Jj bué le plus à répantlre cette opinion sur la nature des hydatides utérines , es Percy. A l en croire , ces hydatides sont des animaux dont il aurait vu mêaii les mouvemens en les mettant dans l'eau cliaude. Une observation plus attentiv a ramené madame Boivin à l'opinion ancienne, et nous avons constaté noua même la justesse de celle détermination.
Toutefois , ce serait à tort qu'on voudrait, avec l'auteur des nouvelles rechet elles sur la mole vésiculaire , conclure de là que toutes les h^'^datides sonti coaime celles de l'utérus, des vésicules dues à la dégénérescence , à la dilatatioi de quelques organes vasculaires ; indépendamment des cysliccrques , cœnure et échinocoques qui ont un corps et une tète de tœnia , les acéphalocysti même diffèrent beaucoup des hydatides de la matrice. Parfaitement isolées « souvent flottantes , globuleuses ou ellipsoïdes, formées d'une membrane asso épaisse, molle , semblable à du blanc d'œuf à moitié durci , les acéphalocyslÉ paraissent être de vrais animaux très-simjtles et à placer auprès des monades des volvoces. Les hydatides placentales , au contraire, sont pédiculées , adhit rentes, disposées en grappe , allongées, pirifor»ies ou fusiforme^ , composdi
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