IC
FOETUS
ne membrane mince , coriace, et de la nature, en apparence du moins , des ieuses ; souvent on les voit disposées en chapelet simple ou ramifié , ce qui )pelle parfaitement la disposition des renllemens observés dans les filamens i hérissent la surface externe du chorion dans le jeune âge de l'œuf, renfle' ns qu'a surtout bien signalés M. Velpeau. De là celte opinion , nettement ise par Désormeaux , et qui prend faveur , avec juste raison selon nous , que hjdatides sont le résultat de l'arapliation morbide des renflemens susdits; t qu'on regarde , avec Lobstein , ces filamens comme vasculaires , soit que, !C MM. Baér, Velpeau, Breschet et Raspail , on les reconnaisse pour être rement cellulaires et spongieux. Ce qui justifie parfaitement cette théorie la formation des hydatides, c'est la série d'observations qu'on peut recueillir 13 les auteurs anciens et modernes. Ainsi on a trouvé quelques grappes ydatides seulement dans la substance ou à la surface externe du placenta in fœtus à terme (Brachet , madame Boivin ) ; on a vu plus fréquemment sur i œufs abortifs, mais contenant un embryon sain, les renflemens ci-dessus ntioniiés , des filamens du chorion ici normaux- , là vésiculeux , ailleurs me tout-à-fait hydatiformes ( Kuysch ) ; c'est ce que nous avons pu nousme reconnaître. Il y a plus : une masse hydatique considérable a montre ur centre un œuf pourvu de son embryon , comme l'a représenté Gregorini ; idis que , d'autres fois , l'embryon , privé de nourriture , s'était détruit , et ait laissé une cavité amniotique remplie d'eau seulement (figure de Burdach); bien , l amnios même ayant disparu, il n'y avait plus qu'un noyau filameii- IX, reste évident du placenta (madame Boivin , etc. ). I! suit de là que la (le vésiculaire ne peut alTecter que des femmes en puissance de mari ; qu'elle ; le résultat d'une dégénérescence de l'œuf, et surtout du placenta, que la itruction de l'embryon en est l'efl'et et non pas la cause. [| n'est pas étonnant, d'après cela, que la présence des hydatides dans 1 u- •us, soit souvent prise pour une vraie grossesse; mais d'ordinaire le ventre )ssit avec beaucoup de rapidité , dès le quatrième et le cinquième mois. Quelefois dès le troisième ,mais d'autres fois aussi seulement au neuvième et même is tard encore ( dix , onze, quatorze mois ; Baudelocque ) ; l'expulsion a lieu ec des douleurs pareilles à celles de l'accouchement , et il sort tantôt une isse d'hydatides enveloppées d'une membrane , que madame Boivin compare ec justesse à l'épichorion , tantôt, et plus souvent, des lambeaux de grappes i, dans des siècles d'ignorance ou chez des gens grossiers et superstitieux, t été désignés comme des fruits , des œufs de poisson, etc. Fréquemment des hydatides isolées et peu nombreuses sont expulsées à vance et donnent au diagnostic une complète certitude ; mais jusque là , le ossissement rapide de l'hypogastre , la distension du corps de l'utérus avec nsation au toucher d'un corps mollasse et non fluctuant à la fois , l'absence rtout du ballottement , celle des mouvemens spontanés du fœtus appréciés jr la mcre et par l'accoucheur , l'impossibilité pour celui-ci de découvrir les tittemens du cœur à l'aide du stéthoscope , des pertes sanguines ou a(jueuses ^u abondantes , mais réitérées, ont pu donner des présomptions très-londées I l'existence d'une fausse grossesse et d'une grossesse hydatique en particulier est douteux qu'on pût y percevoir ce frôlomcnt qu'on a donné comme caracristique des tumeurs formées par les hydatides du foie , etc. Une perte, quellefois abondante, accompagne et suit cette parturitioii anormale, et les àmelles se remplissent de lait comme lors d'un véritable accouchement, arement les suites sont fâcheuses pour la mère ; cependant madame Boivin a cueilli dans les auteurs sept exemples d'une terminaison fatale , soit avant , it après l'expulsion des hydatides.
Quelle est la cause qui produit une telle dégénérescence ? c'est ce qu'il est , squ'à ce jour, impossible de préciser; car, si des coups, des pressions, etc., etc., 1 ont semblé parfois la cause déterminante , souvent on n'a pu lui trouver un 1 certificat d'origine, et l'on cite même des femmes qui n'ont pu donner naisnce à d'autres produits que ceux-là, quelques précautions qu'on ait prises, 'un autre côté , on a renqpntré aussi , dans les grossesses gémellaires , un œuf in , avec un œuf hydatique. Aussi ne peut-on rien dire de raisonnable pour
traitement préservatif ; le ciiratif ne diffère point de celui d'une couche iturelle, c'est-à-dire qu'il est purement hygiénique s'il ne survient pas d acdens graves ; mais le tamponnement serait indiqué contre une hémorrhagie rieuse. L'extraction manuelle , ou du moins les injections simples ou avec 6 l'eau salée, seraient nécessaires dans les cas d'expulsion lepte , difficile , parjelle ; mais il ne faudrait pas croire, avec Perey , que l'eau salée eût l'avantage 8 tuer les hydatides : on ne devrait la considérer que comme stimulante. I C. Nous n'aurons rien de spécial à ajouter ici pour les maladies de Vépichoon et du chorion. En efi'et, d'une part, ce qui vient d'être dit des hydalides u placenta se rapporte exactement au chorion qui lui donne origine et dont les lamens représentent sa masse dans les premiers temps de la vie intra-utérine ; r. , d'autre part, il faut également appliquer ^ l'épichorion tout ce que nous fons dit de l'inflammation, de la suppuration, des adhérences de la face térine du placenta. Produit d'une sorte de phlegmasie , l'épichorion doit, une »is organisé, participer aisément à la métrite lorsqu'elle a lieu dans la grosisse ; et les descriptions anatomo-pathologiques données par M. Dance ne teuvent laisser, à ce sujet , aucun doute. M. Cruveilhier parle aussi de suppuition , de fausses membranes entre le chorion et l'amnios. M. Mercier a l aplorle un cas d'inflammation de cette dernière membrane; mais ici la cerliliide
est pas égale à celle des cas précédemment énoncés. Du sang épanché dans fivers points de la périphérie de l'œuf a été observé par M. Deneux , et [I. Kergaradec a trouvé une masse de fibrine près du cordon entre le chorion et amnios. On conçoit qu'il puisse efl'ectivement s'en exhaler entre ces dct|x
DiCT. DE MÉDECINE liT DE CninURGIE PIIATIQUES,
membranes , si l'on admet que là se trouve , durant ic premier âge , une poche allanloïque.
C'est dans celte poche que paraissent s'accumuler ces fausses eaux dont l'écoulement subit , h mi-terme, fait souvent craindre un avortement qui n'a pas lieu. Jusqu'à présent , toutefois, on n'a que de fortes probabilités pour leur attribuer ce siège.
Les eaux de l'amnios , proprement dites, sont assez fréquemment viciées i soit par des subslances médicamenteuses prises par la mère (car on assure que les eaux d'une femme hydrargyrisée durant sa grossesse blanchissent le cuivre à la fin comme au commencement ) , soit par les déjections du fœtus et la fermentation qui s'ensuit, soit par une putridité due à quelque autre canse. 11 n'en résulte pas toujours un effet bien fâcheux pour l'enfant, et l'on en a vu naître de sains et vigoureux ou seulement jaunes et affaiblis, quoique entourés d'eaux fétides ( Naegelé , etc. ). Cela se comprend sans peine si l'on réfléchit que , dans l'état le plus sain , l'eau de l'amnios est au moins chargée de toute l'urine du fœtus, urine assez abondante sans doute si nous en jugeons par l i distension énorme et les ruptures que produit quelquefois sa rétention, même incomplète , ainsi que plus haut nous l'avons amplement démontré.
La quantité trop faible de ces eaux a passé aussi pour fâcheuse, et l'on ne cesse de citer celte observation de Morlane , qui a vu , après l'expulsion prématurée des eaux, naîire un fœtus agglutiné par toutes les parties de son corps ordinairement coiitiguës dans l'attilude intra-utérine. On aurait dû s'étonner que, après cette expulsion, l'accouchement n'eût pas eu lieu , que l'enfant eût continué à vivre : et l'on a , ce me semble , donné du fait une meilleure explication en attribuant ces adhérences h (juelque inflammation grave de la peau ( Andry ). Trop abondant , au contraire, iiou-seulement le liquide amniotique cause à la femme beaucoup d'incommodités , quelquefois même une péritonite dangereuse comme nous en avons été témoin dans un cas de grossesse gémellaire ; non-seulement il amène fréquemment ainsi l'accouchement avant terme , mais encore il semble que l'enfant s'en imprègne et soit dès lors exposé h des hydropisies variées , comme on l'a vu plus haut ; il est vrai de dire pourtant que la mêmecausequi produit I hydramnios peut aussi directement affecter le fœtus Pour terminer ce qui a trait aux membranes de l'œuf, il faudrait parler de leurs adhérences mutuelles , de leur adhésion à la matrice ou au fœtus , de leur ténacité , de leur densité , de leur fragilité , etc. ; mais ce sont là toutes choses ou peu importantes, ou relatives à des vices de conformation dont nous re devons pas parler ici , ou enfin des objets de considérations obstétricales dont il a été question ailleurs (Dystocie).
D. Le cordon ombilical est quelquefois nul , dit-on ( Slalpart van der 'VViel ), ou bien il est si court (Hildanus, Mauriceau) qu'il gêne beaucoup la parturition. Cette brièveté excessive peut aussi en amener la rupture dans quelque mouvement violent du fœtus , rupture inévitablement suivie de la mort de celui-ci par hémorrhagie et défaut de nutrition ultérieure ; c'est ce qui résulte très-positivement d'une observation publiée par M. Ribes. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner jusqu'à quel point cet événement peut devenir fâcheux pour l,i mère; nous en parlerons à l'article Hémorrhagie ; mais il est ici important de noter que , selon la remarque de Thouret, tous les faits apportés par les fauteurs de la nutrition du fœtus au moyen de l'eau de l'amnios , ces faits de cicatrisation, et parlant de vie conservée chez l'enfant après rupture du cordon ombilical , sont si peu authentiques qu'on peut hardiment les repousser.
La rupture du cordon, durant le travail , soit dans toute son épaisseur , soit seulement dans quelqu'un des renflemens de sa veine par une sorte d'érailloment (de la Motte) pourrait dépendre aussi de son entortillement autour de quelque partie du corps du fœlus, circonstance qui équivaut à une brièveté considérable, quoiqu'elle se rencontre souvent avec une longueur hypernormale. Cet entortillement peut aussi produire d'autres effets fâcheux ; ainsi M. Sieboldt, dans ses annotations sur Solayrès, parle d'un cas où le cordon , tourné autour de la jambe, avait causé l'atrophie et la courbure de celle-ci. D'autres fois une sorte d'apoplexie ou d'asphysie par strangulation a paru en être la suite, soit qu'on dût attribuer l'étal pléthorique et surtout la congestion cérébrale à la constriction du cou, soit que l'aplatissement du cordon même eût entravé la circulation lors des liraillemens causés par le travail de la parturition. Ce sont ces mêmes liraillemens qui peuvent seuls serrer les nœuds que le cordon présente quelquefois , au point d'intercepter la circulation ombilicale; ces nœuds, dont on voit plusieurs figures dans l'ouvrage de Baudelocque. n'empêchent ordinairement pas l'enfant d'acquérir tout son développement dans la matrice. Nous avons dit ailleurs (Cordon) comment il fallait se comporter dans plusieurs de ces circonstances qui menacent la vie de l'enfant. L'art ne peut rien, ou peu de chose, dans beaucoup d'autres, comme dans le cas de ces hydatides si fréquentes chez le jeune embryon , qu'on a fini par se demi^nder si ce n'en était pas là l'état normal , quoique souvent peut-être elles fussent la cause de l'avortement. Souvent prises dans cet âge tendre pour la vésicule ombilicale ou l'allantoide , elles ont été aussi observées plus tard par Ruysch et autres, et en quantité variable , tanlAt avec, tantôt sans dégénérescvnce vésiculaire du placenta : on a vu , avec un placenta hydatique , la cavité de l'amnios ne contenir qu'une vésicule suspendue à un filament, comme -xi l'embryon eût été détruit par cette dégénérescence du cordon ( Sandifort). Mudame Boivin a ouvert aussi un œuf de deux mpis qui ne contenait autre chose qu'un peloton d'hydatides suspendu à un filet. On ne peut rien dii'e J« plus des adhérences du cordon avec les membranes ou avec quelque membre du fœtus ( Burdach ) , de son infiltration et de son gonflement , de sa ténuité et de sa maigreur, de sa flétrissure même ( Jœrg ) , qui n'ont pas toujours sur la santé
FOIE (MALADIES DU)
FOIE (MALADIES DU)
de l'enfant une influence bien grande, qui n'en ont souvent même aucune; remarque importante dans les cas de prolapsus , pour qu'on n'aille pas juger que l'enfant a perdu la vie par cela seul que son cordon présente un aspect un peu différent de l'aspect normal.
Telles sont les principales altérations morbides dont sont susceptibles et le fœtus et ses annexes. On a pu voir, par ce qui précède , que la médecine est souvent impuissante pour les guérir, par cela même que leur diagnostic est fort obscur et fort difficile ; qu'elle les prévient plus difficilement encore , parce que leur cause , à part quelques violences extérieures , mais ordinairement impossibles à prévoir , nous reste le plus souvent inconnue. On a remarqué que la misère, la honte et le chagrin (filles mères) semblaient rendre ces altérations plus fréquentes; il en est aussi que l'âge et la constitution de la mère rendent plus communes; mais ce sont justement encore des circonstances sur lesquelles le médecin n'a que peu ou point de prises; et, dans les cas même où il peut , avec le plus de probabilités , asseoir son diagnostic et sur l'existence et sur la nature du mal, dans les inflammations par exemple, ce n'est encore que par une voie indirecte, incertaine par conséquent, c'est-à-dire eu agissant sur la mère , qu'il peut espérer quelqu efTct douteux et rarement sufllsant sur l'œuf contenu dans l'utérus , où il vit d'une existence en grande partie propre et indépendante.
Hoogeveen. Tractalus de fœtus iiuniani morbis. Lugd. Bal. , 1784, in-S». Duettel. De morbis fœluum iu ulero nialerno. LUs. préside frid. Hoffmann. Magdeb., 1702.
l'viderUi. FUjUVayua tx7flMV, fœtus ((iioad piiocipia, parles communes el proprias . diffelonlias, morbos el symptonialat eoruiiique curalionem offerens atque esponens (Diss. ïrœs. Bol6nk). Jenœ, 1658 , iu-S".
Desormeaux. Maladies de l'œuf ( Dict. de Médecine ) , article OEuf.
Andry. Mémoire sur les maladies du fœtus cl de ses annexes , inséré dans le Journal des Trogrès , 1830 , tome 1 .
Madai. Spécimen sislens analomen ovi foecundali, «cd deforniis. In S;>IIoge Scbleseliano. Burdach. Diss. de laisioue parlium fœtus nulritioui inservienlium abortus causa. Ibidem. Murât. Article Placenta. [Dictionnaire des Sciences mèdicnles.) HabensCreit. Patliologia funiculi umblllci.
Deneux. Hémoirhagies dans les membranes de l'œuf. [Recueil de la Société de Médecine de Paris , février 1830.)
Dance. Observation d'inflammation de la membrane caduque el du placenta. ( Répertoire d'Analomie pathologique, t. 5, p. 70.)
Brochet. Des maladies du placenta et de leur influence sur U vie du fœtus. [Journal général de Médecine , janvier 1828. )
Schacher. Disserl. de placent.-c ulerinœ morbis. Lips. 1709, 10-4".
Baumer. Progr. de placenlarum uteriuarum in molas vesicarias mutalione. Glessœ , 1776, 10-4°.
Leray. Mémoire sur U mole vésiculaire. [ Nouveau Journal de Médecine , mai 1822.) Gre^orini. De bydrope uleri et de liydalidibus in utero visis aut ab eo exclusis. Halaj, 1795. Madame Boivin. Nouvelles recherches sur la nature elle traitement de la mole vésiculaire ou la grossesse bydatique. Paris , 1827, in-S".
( Ant. Dugès. )
FOIE (MALADIES DU). Organe sécréteur de la bile , aboutissant du système veineux abdominal chez l'adulte, et d'un double système veineux chez le fœtus , le foie joue dans l'économie un rôle immense et comme organe de sécrétion , et comme organe d'hématose. La fréquence et la multiplicité de ses maladies attestent assez son importance, et malgré le mérite d'une foule de travaux anciens et modernes, la science attend encore une bonne monographie sur les maladies de cet organe. Cet article ne sera qu'une énumération rapide de ces maladies , rattachées autant que possible à la conformation extérieure et à la texture de cet organe.
§ I"'. LÉSIONS TRACMATIQCES.
I. Le plus volumineux et le plus pesant de tous les viscères , mollement soutenu et par les replis séreux qui l'altachent au diaphragme et par l'espèce de coussinet élastique que lui forment l'estomac et les intestins , bien que protégé contre l'action des corps vulnérans par les six ou sept dernières côtes droites , le foie est assez fréquemment le siège de lésions par cause mécanique. Un mot sur ces lésions mécaniques , qui peuvent toutes se rapporter à la commotion , à la contusion et aux plaies.
IL La commotion est le résultat soit d'une chute d'un lieu élevé, soit d'un choc direct. Celte commotion peut avoir lieu avec ou sans déchirure. La commotion sans déchirure est quelquefois suivie de trouble dans la sécrétion et la circulation du foie, d'ictère; lacommotion, qui par elle-même constitue un accident léger , peut deven r cause d'une autre maladie. J'ai cité ailleurs (Anatomie pathologique , pl. 5 , livraison 3<!) un cas d'acéphalocyste du foie qui ne reconnaissait d'autre cause qu'une commotion violente. L'ébranlement générale et moléculaire qui constitue la commotion , me paraît une source féconde et souvent inaperçue de lésions organiques consécutives très-graves. La commotion avec déchirure du foie constitue la contusion par contre-coup de cet organe.
m. La contusion du foie peut cire le résultat ou de chocs directs , ou d'une chute d'un lieu élevé sur la plante des pieds , les jarrets tendus ; sur les genoux ; sur les tub^riosités de l'ischion. Après le cerveau , il n'est aucun organe qui soit plus susceptible que le foie de contusions par contre-coup , parce qu'il n'en est aucun qui réunisse au plus haut degré les deux conditions les plus favorables à la déchirure , savoir : le poids et la fragilité. L'extrême vascularité de cet organe permet de se rendre compte et des foyers sanguins qu'on y rencontre si souvent à la suite de chutes d'un lieu élevé , et des épanchemens de sang dans l'abdomen, quelquefois rapidement mortels , qu'on observe dans les mêmes cir-
constances. — La multiplicité des déchirures du foie me paraît rendre parfaitement compte d'un certain nombre fie cas d'abcès multiples observés dans cet organe par suite de chute d'un lieu élevé. — La rupture de la vésicule du fiel peut être le résultat d'une contusion directe du foie. — Le foie débordant de beaucoup les côtes chez le fœtus à terme, la moindre compression exercée siu la région du foie peut opérer sa déchirure. Un fait que j'ai consigné dans le procès-verbal de la distribution des prix de la Maternité , année 1831 , tendrait à faire croire que la pression opérée par les parties génitales de la mère pourrait dans quelques cas oontondre le foie.
IV. Plaies. Un instrument piquant, une balle peuvent atteindre le foie, la vésicule du fiel dans toute sorte de directions , et donner lieu à des accidens faciles à concevoir, mais qu'il est souvent impossible de rapporter à leur véritable cause, et qui sont d'ailleurs presque toujours compliqués de symptômes qui tiennent à la lésion d autres viscères.
§ II. Maladies des voies biliaires.
'V. Corps étrangers animés. Des vers lombrics ont été trouvés dans les conduits cholédoque , hépatique et cystique. Malgré l'opinion contraire de quelques observateurs, je crois avoir établi que ce n'est qu'après la mort que ce» entozoaires ont pu s'insinuer dans ces canaux ( vojez Ektozoaires ). Je n'ai jamais rencontré chez 1 homme les douves du foie si communes chez les ruminans. Les acéphulocjrstes sont une des maladies les plus fréquentes du foie , une de celles dont l'histoire anatomique et clinique est la plus compliquée en raison de la multitude de combinaisons qui peuvent avoir lieu. {Fojez Acépha*
lOCrSTES. )
VI. C'est à tort que les calculs biliaires ont été distingués en hépatiques et. en biliaires., en ce sens que les calculs hépatiques seraient formés hors des ca« naux excréteurs de la bile. Tous les calculs biliaires occupent ou ont primitive^ ment occupé les voies d'excrétion de ce liquiile; il n'en saurait être autrement.,' Ces calculs présentent beaucoup de dilTérences sous le point de vue chimique ! ^' les uns sont formés de bile épaissie , d'autres de cholestérine , d'autres, à k fois, de bile épaissie et de cholestérine. Quelle que soit leur composition chimique, ils doivent surtout fixer notre attention sous le point de vue du siège. Ainsi, les uns résident dans les radicules biliaires , et dans quelques cas de ce genre , j'ai vu le foie parsemé d'une multitude innombrable de petites concrétions d'un vert foncé ( .Inat. pathoL , 12e livrais. , pl. 6) ; d'autres occupent la vésicule du fiel ou le canal cystique, d'autres le canal hépatique et ses divi- ;i s sions ; d'autres enfin le canal cholédoque. Les elTcts produits par ces calculsM « varient suivant le siège. Doit-on attribuer à leur présence ou à la difficulté du passage de petits calculs dans les voies étroites de la bile , les accidens graves connus sous le nom de crampes ou coliques hépatiques, tantôt périodiques, lanlot irrégulières , qui s'accompagnent de vomissemens , d'angoisse, de dou- ISèi leurs épigastrique, sternaie, dorsale , scapulaire , et quelquefois d'ictère : celte ikt question me parait problématique, bien que dans quelques cas les accidens. i II aient paru cesser immédiatement après l'expulsion de petits calculs par l'anus, ' |n — Les calculs de la vésicule ne donnent presque jamais lieu à aucun accident, lie lors même qu'il y a interruption complète du cours de la bile. Le foie peut ea-Hni effet se passer de vésicule , et c'est là la grande différence qui existe entre lest' voies biliaires et les voies urinaires , la vessie urinaire étant un intermédiaire'lpii nécessaire entre les reins et le canal de l'urètre. Les accidens formidables qua- J.-L. Petit et autres ont regardés comme produits parla présence des calcul*! iil dans la vésicule , me pai aissent le résultat , non de la présence des calculs, maisi 61 bien de l'inflammation de la membrane muqueuse , de cette vésicule et des conduits biliaires. — 11 est des cas où les voies biliaires sont engouées de concré" tions extrêmement volumineuses , sans pourtant qu'il y ait rétention de bile , ce liquide pouvant s'insinuer entre les parois et les calculs. Il est peu d'exemples aussi remarquables en ce genre que le fait représenté de YAnatomie pathologie que , pl. 5 , livraison 12e. A côté de ces cas , nous pourrions en citer d'autres où | . de très-petits calculs engagés dans l'ampoule commune aux canaux cholédoque i |iiic et pancréatique ont complètement intercepté le cours de la bile. (L|
VII. Les connexions de la vésicule du fiel avec le duodénum et l'arc du co<l Mli| Ion, expliquent comment des calculs volumineux ont pu passer de la vésicuU'l iei dans l'un ou l'autre de ces viscères , et être rendus par l'anus. J'ai cité aiileur<i| iiiK l'observation d'un gros calcul engagé dans l'intestin grêle qui parut produirt l min tous les accidens de rétranglement( Anatom. pathalog. , 12^ livr. ). Toutefois.! mj il existe un certain nombre de faits desquels il résulte que des calculs biliairei i sHi énormes ont été rendus par l'anus sans avoir manifesté leur présence par aucur| <ilii symptôme. On a pu croire , dans des cas de celte espèce, que ces calculs s'é-l %[ talent formés ou accrus dans l'intestin; mais il est plus probable qu'ils on'i jDtsi passé directement par une perforation accidentelle de la vésicule dans le duO'; (lin dénum ou dans le colon. i %,
VIII. Rétention de bile. L'un des en"ets les plus communs et les plus grayeiBiWli de la présence des calculs dans les voies biliaires , c'est l'obstacle qu'ils apporAno tenl au cours de la bile. La rétention peut être complète ou incomplète ; par fiisiis tielle, c'est-à-dire porter sur des divisions du canal hépatique ; générale, c'estAtlj à-dire porter sur le tronc hépatique lui-même ou sur le canal cholédoque. Lri %k. rétention peut être produite par des tumeurs encéphaloides , par des kyste SU acéphalocystes , ou autres , développés dans le foie , et qui compriment le canal mi hépatique ou ses divisions ; par une bride qui étreint le canal cholédoque , pa< % une induration , une dégénéralion cancéreuse du tissu cellulaire ou des gan ^^i; glions lymphatiques qui entourent les vaisseaux biliaires. L'effet commun d' '«i cette rétention est : !<> la dilatation de tous les conduits biliaires qui sont ai
FOIE (MALADIES DU)
FOIE (MALADIES BXÎ).
ssus de l'obstacle , dilatation qui peut-être portée à un point te! que les conlits hépatiques égalent l'intestin grêle en capacité. On a vu dans ce cas la vécule énormément dilatée se détacher en quelque sorte du foie , et se prolonr jusqu'au dessous de Tombilic. On conçoit que , dans cert;iines i-étentions de le, l'obstacle n'étant pas insurmontable, la bile puisse couler par regorge- BUt comme l'urine; on conçoit encore que , l obslacle étant levé , la dilatation s voies biliaires puisse persister indépendamment de l'obstacle : est-ce dans tte catégorie qu'il faut ranger deux cas de dilatation très-considérable des nduits biliaires, sans le moindre obstacle au cours de la bile, que j'ai eu casion de rencontrer? Dans ces deux cas, le foie était plus tuméfié que de utume , la bile plus liquide et moins colorée. Des coupes faites en divers sens ns la substance du foie, présentaient des orifices de canaus biliaires qui ne fcédaient en rien ans orifices adjacens de la veine-porte. 2». L'/cière est un (S effets les plus constans de la rétention de la bile; on l'observe lors même ie l'obstacle ne porterait pas sur un canal principal. C'est par la rétention ou :r la non-rélenlion de la bile que je m'explique la présence ou l'absence de .clere dans les mêmes maladies organiques du foie. Les circonstances de lieu , ; siège , sont quelquefois aussi importantes à apprécier dans l'étude des malaes , que la circonstance de l'organe malade et de la nature de la maladie. Je iii jamais vu de cancer du foie , d'acéphalocyste du foie , d'abcès du foie avec ère , sans trouver la cause matérielle de cet ictère dans des obstacles appor- 5 à la circulation de la bile.
IX. L inflammation aiguë des voies biliaires est très-souvent la cause de l'ic- ■ "<-■■ L'ictère fébrile accompagné de douleur vive à la région du foie , me parait " ictère inflammatoire que je combats toujours par les antiphlogistiques , la sai-
I ce , les sangsues et les bains. On me permettra de citer un cas d'anatomie paplogique comparée. Un chien caniche devient ictérique; on lui administre knélique, il meurt: les canaux biliaires, cholédoque, cyslique et hépatique, nt tendus et noiràtre.s comme s'ils avaient été remplis par une injection noire en eiret,ils sont remplis de sang coagulé, adhérent à leurs parois. La memane interne est excessivement rouge. Les auteurs ne me paraissent pas avoir ^ez fixé leur attention sur la membrane interne des canaux excréteurs des jndes. Ainsi , je pourrais citer des cas où la membrane interne des calices , du issinet des reins et de la moitié supérieure des uretères , était d'un rouge vif et pissée par une fausse membrane.
|X. L'inflammation de la vésicule biliaire , qu'elle dépende delà présence des iculs , ou qu'elle en soit indépendante , peut être suivie de la perforation de ce iervoir. Dans deux cas de ce genre qui ont été soumis à mon observation , une s la vésiçule avait été perforée par escarre; une autre fois, elle l'avait été |ïr ramollissement.
jXI. La suppi-ession de la sécrétion de la bile peut-elle devenir une cause d'icre? Il est prouvé que la rétention de la bile, et parlant, la résorption de p matériaux , produit l'ictère; mais l'absence de sécrétion peut-elle occasioner même maladie? Oui, si l'on adopte cette opinion qui, certes , n'est pas noulle, car elle a été professée par Slahl , Lacaze et Bordeu , savoir, que tous
[matériaux fournis par les différens appareils sécréteurs existent préalable- :nt dans le sang , en sorte que les organes sécréteurs ne feraient qu'en opérer départ en raison de leur sensibilité particulière suivant les stahliens , ou en ifson de leur organisation suivant une opinion plus accréditée ; dans cette pothèse, l'ictère serait donc la conséquence du défaut d'élimination delà tière jaune et autres principes de la bile qui resteraient mêlés au sang. Cela possible, mais cela ne me parait nullement démontré. II. L'ictère dit spasmodique , qui est la suite d'un mouvement de colère, de morsure de la vipère, des vomissemens spontanés ou provoqués par un mitif , doivent-ils être rattachés à la suppression de la sécrétion , ou bien à la nstriction spasmodique des canaux biliaires, constriction qui aurait pour effet le rétention de la bile?
XIII. y4ltération de la bile. Sans ajouter foi à foutes les idées préconçues des ciens au sujet de la bile, dont les qualités et la quantité leur paraissaient la irce d'un très-grand nombre de maladies , telles que fièvres putrides , fièvres
lignes , érjsipèles , dartres , etc. ; sans admettre avec Stoll que la bile , pordans nos organes, peut produire ici des apoplexies bilieuses; là, des moptysies bilieuses; ailleurs, des rhumatismes bilieux, etc., il est néan-
ins constant , 1o que la sécrétion biliaire joue un rôle immense dans l'éco-
!mie, ainsi que le constate la dénomination Ae tempérament bilieux , qu'on bien force d'accepter comme un fait ou plutôt comme l'expression d'un t incontestable ; 2» que cette sécrétion présente un très-grand nombre de iférences physiques , auxquelles doivent correspondre des différences chimiles non moins importantes. (Comparez en effet la bile couleur vert de pré de
II individu , avec la bile jaunâtre de cet autre individu ) ; 3» que des modificai)ns importantes dans l'économie ont lieu par suite de vomissemens bilieux jontanés , ou de déjections bilieuses spontanées , si bien que les uns et les aups ont, de tout temps, été regardés comme des phénomènes critiques, au joins dans certaines circonstances; 4» enfin , que les médicamens qui ont pour ifet de provoquer, soit par le haut , soit par le bas , la sécrétion biliaire, sont ,1 des moyens les plus puissans de la thérapeutique.
iXIV . L'idée d'âcreté, de causticité qu'on a toujours attribuée à la bile, >mme si nous devions mesurer ses effets sur le canal digestif d'après l'impreson d'amertume qu'elle produit sur l'organe du goût, cette idée, dis-je, a sug- ;re h beaucoup d'auteurs , parmi lesquels on compte Morgani , l'opinion qu'il engendre quelquefois dans 1 économie des poisons qui tuent et qui ont toute ^ctivitcdes substances corrosives. Or, la bile a été regardée dans certaines
circonstances tantôt comme un poison corrosif, tantôt comme un narcotico-âcre : c'est aux qualités vénéneuses de ce liquide que des praticiens distingués ont attribué le choléra-morbus, dont les symptômes ont tant d'analogie avec l'empoisonnement par l'arsenic. C'est encore à une bile irritante que d'autres praticiens rapportent les épreintes de la dysenterie et même l'inflammation superficielle de la muqueuse digestive qui constitue celte maladie. La preuve, disentils, c'est que si dans la dysenterie vous évacuez la bile par haut ou ]iar bas, l'inflammation cesse à l'instant bien mieux que par l'application des sangsues , les saignées ou les bains. Ces praticiens ont en général l aison comme praticiens , mais je ne saurais adopter leur théorie ; car il y a autre chose que des matières bilieuses évacuées dans les effets des vomitifs et des purgatifs.
XV. Lesflux bilieux s'accompagnent toujours de flux intestinaux. Ils constituent une maladie bien distincte de I inflammation , laquelle , dans sa première période , supprime toute sécrétion. Le choléra-morbus n'est rien autre chose qu'un flux bilieux et gastro- intestinal , de même que la suette n'est autre chose qu'un flux cutané. On peut à peine concevoir que le foie puisse siiflire à une sécrétion de bile aussi rapide et aussi abondante que celle qu'on observe dans certaines circonstances et dans le choléra en particulier , car toutes les matières des vomissemens et toutes les garde-robes du cholérique sont teintes de bile. Arrêter à l'instant ce flux , voilà la seule indication à remplir. Or, cette indication est remplie par l'opium , par la glace , quelquefois par des moyens internes plus ou moins irritans , dont l'application est bien difiicile, si toute- Ibis ces moyens ne doivent pas être proscrits.