‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 233 sur 311 · RÉSINES · texte numérisé non relu

RÉSINES

Van Uoorn (P.'G.). De iis quœ in partibus niembris prfeserlim osseis , araputalione vulacralis nolanda sunl , Lugduni Batavorum , 1 803 , 10-4°.

^o«x (PA.-t/.). De la rcseclion ou du reti ancUement (le porlions d'os malades , soil daus les articulations , soit hors des articulations, Paris, 1812, in-4''.

Depone {E.-S.). Essai sur l'utilité de la résection des os dans les articulations des membres , Paris, 1812, in-4".

Jaeger {M.). Operalio reseclionis conspeclu clironologico adunibrata. Erlangte 1832, in-i».

( Ph. Fbéd. Blandin.)

RÉSINES. Les résines sont des produits végétaux généralement solides à froid , fusibles au feu, inflammables par l'approche d'un corps en ignition , en répandant une fumée épaisse et très-carbonnée ; insolubles dans l'eau , ia plupart sont solubles dans l'alcool , l'éther et les huiles volatiles ; presque toutes aussi se combinent aux alcalis et les saturent à la manière d'acides faibles.

Les résines telles que les végétaux les fournissent, ne sont pas des principes immédiats proprement dits; la plupart retiennent, même à l'état solide, une certaine quantité de l'huile volatile qui les tenait en dissolution dans le végétal, et un grand nombre d'entre elles sont composées de plusieurs principes résineux qui varient beaucoup par leur solubilité dans les différens agens chimiques.

Les résines ne se trouvent plus abondamment dans aucune autre famille végétale que dans celles des térébinthacées et des conifères ; nous allons passer en revue les principales, en observant qu'il ne sera question ici que des résines solides; celles qui retiennent assez d'huile volatile pour être liquides ou coulantes , devant être mentionnées à l'article térebewthines. Quant à celles solides ou fluides , qui contiennent de l'acide benzoïque , elles portent le nom générique de badmes , dénomination sous laquelle elles ont été décrites.

RÉSINE ANIMÉ. Ce nom, porté successivement par diverses substances, est resté à la résine de Vhymencea courhariL L. de la famille des légumineuses. C'est un arbre très-élevé qui croît dans les contrées chaudes de l'Amérique et de l'Afrique, et dont les branches et le tronc laissent découler une résine qui affecte des formes très-diverses ; tantôt en effet cette résine est en petites larmes , tantôt en masses très-volumineuses , souvent vitreuses et transparentes comme du cristal, d'autres fois blanchâtres, rougeàtres, et presque opaques. Aussi ne sera-t-on pas étonné d'apprendre que ces différentes variétés aient été décrites sous des noms très-différens , indépendamment du premier que nous avons adopté, tels sont ceux de copal Lendie , gomme look , résine nlampi , résine kikehunemalo , sandaron , etc. Cette résine , dans son état de pureté, est presque incolore, dure, vitreuse et transparente ; elle prend un peu d'odeur sous le pilon , se pulvérise sous la dent , et est insipide quoiqu'un peu aromatique.

Elle se ramollit dans l'eau bouillante , sans s'y fondre, ni s'y dissoudre ; elle se ramollit sur un fer chaud , devient élastique , tenace , et peut se tirer en fils très-déliés ; elle est très-peu soluble dans l'alcool, mais elle s'y ramollit, s'y gonfle et se transforme en une masse glutineuse remarquable par son volume, sa ténacité et son élasticité. Elle se dissout en plus grande quantité dans l'éther , mais non entièrement, et la portion insoluble y devient molle et gluante. Cette résine sert à faire des fumigations aromatiques dans les divers pays qui ha produisent : en Europe , elle est employée , sous le nom de copal tendre , pour faire des vernis bien moins estimés que ceux de la vraie copal , mais préférables aux autres vernis résineux , et plus beaux.

RÉSINE COPAL. Ce nom est donné au Mexique à beaucoup de résines propres à faire des fumigations ; et notamment à la résine du rhus\copallina L., et à celle de Yhymenœa courbaril. Il est principalement affecté en Europe à une résine très-dure , transparente , insipide et inodore à froid , peu fusible , à peine attaquable dans l'alcool , seulement en partie soluble dans l'éther , et se distinguant de la résine animé, en ce que la partie insoluble dans ces deux menstrues n'y acquiert aucune élasticité. D'un autre côté , la copal se distingue du succin auquel elle ressemble beaucoup , par son manque d'odeur bitumineuse , par la proprictéde devenir poisseuse lorsqu'on l'humecte d'alcool, enfin par l'absence de l'acide succiniqiie dans les produits de sa distillation.

La résine copal vient de beaucoup de pays différens, et surtout de l'Inde orientale, de Madagascar et du Brésil. Celle de Madagascar est la plus dure et la plus estimée, on s'accorde à dire qu'elle est produite par Yhjmenœa verrucosa L.

RÉSINE élémi. On trouve dans le commerce deux sortes de résine élémi. L'une est en masses assez sèches, jaunâtres, du poids de deux à trois livres; enveloppées dans des feuilles de canne d'Inde ; l'autre arrive du Brésil en caisses de deux à trois cents livres. Celle-ci est molle, demi-transparente , d'un blanc jaunâtre, mêlé de points verdâtres ; elle a une odeur forte, agréable , due à une huile volatile qu'on peut en retirer par la distillation. Comme elle doit en partie ses propriétés à celte huile , il faut la choisir récente , pas trop sèche et bien odorante. Elle est entièrement soluble dans l'alcool; la solution faite .i eliaud et concentrée, cristallise parle refroidissement. La première résine élémi est la plus anciennement connue. Geoffroy et d'autres auteurs ont pensé qu'elle venait d'Ethiopie , oii elle était produite par l'olivier sauvage. Mais on connaît parfaitement aujourd'hui la gomme d'olivier, d'oij ^^ Pelletier a retiré une substance sid gcncris nommée oliv'ile ; elle est bien différente de la résine élémi. Lemery a rencontré plus juste probablement en faisant venir celte lésine du Mexique, où elle peut être produite par Vamyris plumieriDC. , ou par quelque autre espèce voisine.

L'origine de l'élcmi du Brésil est plus exactement connue ; elle découle d'une

autre amyridée qui est Vicicariba de Pison et Marcgraff, ou Vicica icicariba de M. de CandoUe. C'est elle surtout qui forme la résine élémi de nos ofiicinesi Elle entre dans la composition de l'alcoolat de Fioravanti, de l'onguent d'Arcœus et de l'onguent de styrax.

RÉSINE DE GATAC. Cetlc résilie découle par des incisions faites au tronc du guajacum officinale , grand arbre des iles de l'Amérique, dont le bois est égale-j ment très-employé en médecine comme sudorifique. Ce bois est très-dur, très-pe-j sant, couvert d'une écorce dure, résineuse et compacte, et formé d'un aubier jaune; et d'un cœur brun devenant vert à la lumière. Il n'a pas d'odeur, mais il fait éter nuer quand on le rape. La rapure est jaune et devient verte à la lumière ; elle a une saveur acre et strangulante; elle provient ordinairement du travail des tourneurs qui font servir le bois de gayac à fabriquer des pilons et des mortiers de pharmacie, des roulettes de lit, des poulies, et d'autres objets dont la dureté et la résistance doivent être considérables. Il faut avoir soin de la choisir exempte de rapure de buis ou d'autres bois, et on la dépoudre d'ailleurs pour être plus sûr de sa pureté : on l'emploie en décoction aqueuse, en extrait aqueux et en teinture alcoolique.

La résine de Cayac , telle qu'on la trouve dans le commerce, est en masses considérables d'un brun verdâtre, friables, brillantes dans leur cassure; ses lam«s minces sont presque transparentes et d'un jaune verdâtre; elle se ramollit sous la dent, présente une saveur peu sensible d'abord, qui se change ensuite en une grande âcreté à la gorge. Elle offre une légère odeur de benjoin et sa poussière excitela toux. Elle prend un couleur verte à la lumière : sa solution alcoolique est brune et blanchit par l'eau. Les acides hydrochlorique et sulfurique la précipitent également ; l'acide nitrique lui fait prendre une couleur verte , puis bleue, enfin brune et la précipite. On suppose que ces changemens de couleurs sont I dus à différens degrés d'oxigénalion de la résine.

On trouve quelquefois dans le commerce une autre résine de Gayac en larmes i arrondies, presque transparentes et jaunâtres l'orsquon les oppose à la lumière ;a jouissant d'ailleurs des propriétés de la première décrite. Cette résine paraîtil provenir du guajacum sanctum L., arbre moins élevé que le précédent et dont le bois est jaunâtre. II croît aux mêmes lieux que le précédent et au Mexique.

RÉSINE LADAHUM. Cette substance exsude spontanément, sous forme de gouttes, des feuilles et des rameaux d'un arbrisseau de l'île de Candie, nommé crislust creticus. On la récolte en promenant sur les cistes des lanières de cuir attachées ensemble et disposées comme les dents d'un peigne. On râcle ces lanières avec un couteau et on renferme la résine dans des vessies, où elle acquiert plus de consistance.

Le ladanum est ifès-souvent falsifié dans le commerce ; le véritable est sous* forme d'une masse noirâtre, tenace, et se ramollissant dans les doigts, à cassure grisâtre, doué d'une odeur toute particulière, très-forte, mais agréable, et qui n'est pas sans analogie avec celle de l'ambre gris. Il est composé sur 100 , d'environ : résine et huile volatile 86, cire 7 , extrait aqueux 1 , matière terreuse 7.

RÉSINE MASTIC. Ccttc résiue est fournie par le lentisque, pistacia lentiscus L. , i a arbre térébinthacé croissant dans le midi de l'Europe, mais cultivé surtout dans i ■ l'île de Chio ou de Scios. La résine en découle naturellement ou par des inci- i Ji sions ; elle est sous forme de petites larmes souvent sphériques, d'autres fois aplaties et de forme irrégulière; sa surface est matte et comme farineuse; sa cassure est vitreuse, et sa transparence un peu opaline, surtout au centre des « larmes ; son odeur est douce et agréable, sa saveur aromatique ; elle devient i molle et ductile sous la dent. Les femmes de l'Orient font un grand usage du mastic comme masticatoire et pour se parfumer 1 haleine. On a proposé der- \ \ nièremcnt de la ramollir avec de l'éther et d'en former une pâte propre à remplir les dent cariées. Il se mêle et se dissout en effet en toute proportion dans l'éther. Il n'est pas entièrement soluble dans l'alcool. La partie insoluble reste tenace et élastique tant qu'elle contient de l'alcool interposé ; elle ressemble à cet égard à la résine animé. Le mastic se dissout à chaud dans l'essence de térébenthine.

RÉSINE SANDARAQCE. Suivant une opinion anciennement suivie, cette substance découlerait en Afrique d'une grande variété du genévrier commun; mais, d'après Desfontaines , elle est produite par le lliujra ardculala , appartenant, comme le premier, à la famille des conifères.

La sandaraque est en larmes d'un jauue pâle , allongées, à cassure vitreuse et transparente ; elle a une odeur très-faible et une saveur nulle; elle se réduit en poudre sous la dent, au lieu de s'y ramollir, comme le fait le mastic; elle est fi insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther, insoluble dans l'essence |( de térébenthine. Elle sert surtout à la préparation des vernis. '!

RÉSINE sASG-DRAGON. On Connaît plusieurs espèces de sang-dragon qui sont «( produites par des arbres fort différens. Cepentlant le plus usité est fourni , dans I, i les îles Moluques par un palmier du genre des rotangs ( calamus draco L.) , dont i i les fruits écailleux sont imprégnés à l'e.'itérieur, comme à l'intérieur, d'une ré- i : sine rouge qui est le sang-dragon. Pour obtenir celui-ci, on secoue pendant long-temps les fruits dans un sac tic toile rude ; on ramasse la résine pulvérisée qui est passée à travers la toile, on la fond au feu et on en forme des boules ou des bâtons cylindriques que l'on enveloppe d'une feuille sèche de licuala spinosa. C'est là ce qu'on nomme sang-dnigon en roseaux ou en baguettes. Les fruits, étant ensuite concassés et bouillis dans l'eau, fournissent deux qualités inférieures de résine, indépendamment desquelles ou trouve dans le commerce de prétendus sang-dragons qui sont des mélanges de résine commune et d'une matière colorante rouge quelconque.

Le vrai sang-dragon est d'un rouge brun foncé, opaque, fragile, friable, insipide et inodore : il prend par la pulvérisation une couleur rouge-vermillon ; il

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