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RÉVULSION

qu'on a conseillées en pareil cas. Il ne peut cire question , sous ce rapport , que des rétroversions de l'utérus'gravide ; celles de l'utérus en vacuité n'ayant guère d'autre inconvénient que de produire la stérilité, seraient d'ailleurs aisément réductibles , et peut-être maintenues assez facilement à l'aide d'un pessaire, si leur ancienneté ne les avait transformées en une sorte de conforma lion naturelle , si des adhérences n'apportaient d'invincibles obstacles au redressement.

La réduction est aussi la première indication que présente le déplacement en arrière de l'utérus gravide. Cette opération quelquefois bien facile et même spontanée après quelques évacuations préliminaires du réservoir urinaire et fécal , présente au contraire parfois de grande difficulté. Les doigts, glissés dans le vagin, soulèveraient rarement assez le fond de l'utérus; il vaut mieux agir dans ce sens par le rectum , et l'on a pu quelquefois introduire par l'anus toute la main sans trop de peine afin de repousser plus énergiquement la matrice. Par le vagin , on pourra agir en sens inverse sur le col utérin , l'accrocher , l'attner en bas pour favoriser la bascule; on a , dans celte intention, employé utilement une sonde métallique insinuée dans l'urètre , et dont la concavité était tournée en arrière ; on a aussi facilité la réduction en faisant appuyer la femme sur les genoux et les coudes, en faisant précéder l'opération de bains, de saignées , etc. , etc.

En cas d'irréductibilité reconnue, on a proposé la syraphyséotomie; opération dangereuse et qui ne conduirait peut-être pas au but qu'on se propose d'atteindre. La ponction de la vessie ne devrait être exécutée que si le cathétérisme était impossible et la rupture de la vessie (observée ime fois) imminente. Quant à la ponction de l'utérus , c'est aussi une opération bien dangereuse et qui pourtant a été suivie de succès deux fois peut-être; l'avortement en a été la seule suite fâcheuse. C'est au travers des parois de la matrice, et du côté du rectum qu'on l'a exécutée avec un long trois-qiiart; nous pensons qu'il ne faudrait y recourir qu'en cas de péril imminent, et après avoir essayé sans succès de perforer les membranes de l'œuf par l'orilice du museau de tanche à l'aide d'une sonde conique et très-recourbée.

Hunier. Icônes uteri humaui, lab. xxvi.

Baiidelocque , Merrimann , Eo'ér, Boivin et JDugès. Traités d'accoucliemens et de maladies des femmes.

Bellanger , Lnllemand, Parent, Sibergundi Dussaussois , d'Ontrepont, elc. Divers arlicles de journaux. (Ant. Dl'sès.)

REVULSION, s. f. Bcvulsio, Ae revellere, arracher. Médication par laquelle on attire d'un organe vers un autre , soit, isolément, une douleur, une congestion ou une sécrétion morbide , soit tous ces élémens morbides réunis. Ainsi ^ on opère des révulsions quand on dissipe une douleur rhumatismale par un sinapisme, des étourdissemens par un bain de pieds, une hydropisie en provoquant une abondante sécrétion de sueur ou d'urine, une oplithalniie en appliquant un vésicatoire. La plupart des agens thérapeutiques , doués de propriétés excitantes, peuvent ainsi devenir des moyens de révulsion ou des révulsifs.

Cette médication est d'un très-grand secours dans le traitement des maladies ; après la médication directement anti-phlogisfique, elle est la plus efficace contre les affections qui appartiennent à la classe nombreuse des irritations; et ces deux méthodes , habilement combinées , fournissent certainement au médecin ses armes thérapeutiques les plus puissantes et les plus sûres. Toute sa théorie découle de cette loi : Duobus doloribus simul exlstenlibus, velicmentior obscurat altérum. Voici les principales règles de son emploi.

Les révulsifs sont très utiles ; \'' à la Jla des irrilaiions aiguës qui ont été com. battues par la médication asthènique , lorsqu'elles menacent de passer à l'état chronique ; 2° dans toutes les affections chroniques , lorsqu'elles n'excitent presque plus de sympathies ; 3° dans tous les cas où il s\igit de rappeler une incitation à son ancien siège, en même temps quon la combat par les débililans dans l'organe qu'elle a envahi le dernier. Il suffit d'énoncer cette loi pour que son exactitude frappe tous les esprits : sa simplicité rend en même temps tout commentaire inutile.

La peau , la membrane muqueuse des voies digeslives , tous les organes sécréteurs et principalement les reins , sont les parties sur lesquelles on opère les réiiulsions. C'est à la peau surtout que s'appliquent les plus puissans révulsifs : tels sont les rubéfians , les vésicans , les ventouses , les escharotiques . les sétons , les caustiques et le feu. Ils sont très-efficaces contre les phlïgraasies chroniques des viscères. Ce ne sont pas là toutefois les seuls révulsifs que l'on dirige sur la surface cutanée , car les sudoriQques, les bains de vapeurs et les frictions, appartiennent à la même classe de moyens.

La surface étendue de la membrane muqueuse gaslro-inteslinale est, après la peau , le tissu sur lequel on opère le plus grand nombre de révulsions. Ces révulsions sont aussi très-puissantes en raison de la grande influence de cette membrane sur tous les autres organes, et parce que la stimulation y détermine un appel très-considérable de fluides. Le médecin ne doit donc pas les négliger, mais il ne doit pas oublier non plus que le danger de produire des inflammations graves accompagne leur emploi. On y a recours dans un grand nombre d'aflections , mais principalement dans les maladies chroniques de la peau, maladies dans lesquelles les révulsions tentées sur les portions saines de la surface cutanée sont en général suivies d'assez mauvais effets.

Enfin , les organes sécréteurs officnt aussi une ressource pour l'emploi des révulsifs. Les foie et les reins sont à-peu-prcs les seuls ce|)endant auxquels on applique celte médication, nous reviendrons bientôt sur ce point.

Les révulsions qui s'exercent sur la peau doivent toujours être opérées , autant

que possible, dans les points qui sympathisent avec les organes irrités. Il fal excepter les cas dans lesquels il s'agit de rappeler une irritation extérieure, c applique alors les révulsifs avec beaucoup plus de succès sur la partie qu'el occupait primitivement : exemple, lorsqu'il faut rappeler sur une articulatic; une douleur goutteuse qui l'a abandonnée pour se porter sur un organe interm Il existe une seconde exception pour les irritations du cerveau et de ses men branes ; dans ces irritations , on place avec avantage les révulsifs sur les extrf mités inférieures.

Pour être efficace , Virritation révulsive doit être plus forte que Virritatic morbide. Mais il ne faut pas juger de l'intensité d'une irritation seulement p: l'intensité de la douleur qui l'accompagne, car quoique infiniment moins dot lotireuse que celle qu'elle déplace, une irritation révulsive peut cependant âli plus forte : il suffit qu'elle détermine un appel de liquides beaucoup plus cons dérable ou qu'elle occupe une surface beaucoup plus étendue. C'est ainsi qu'ut sueur abondante , ou un large vésicatoire qui ne produit pas la moindre douleui comme cela n'est pas rare, mais qui détermine un afflux considérable de sérosité sont des irritations plus fortes que la pleurésie aiguë, mais circonscrite, qu'i, font disparaiti e. C'est encore ainsi qu'une éruption cutanée qui ne cause que d la démangeaison à la peau, est cependant une irritation plus forte que la phieg masie gastro-intestinale dont elle opère la révulsion. Si le prurit de toute l'éruj tion cutanée et l'injection sanguine qui l'accompagne étaient rassemblés dans u espace aussi restreint que celui de la phlegmasie intérieure , il en résultera) une inflammation bien certainement supérieure à celle-ci. C'est en quelque sort une révulsion disséminée qui a lieu dans ce cas : ce sont les plus favorables, ca en général les révulsions très-douloureuses nuisent plus qu'elles ne sot utiles.

Les irritations du système fibro-séreux, et celles des membranes séreuses, son' de toutes les plus faciles à révulser ; celles de la membrane muqueuse des voie; aériennes dans toute son étendue, viennent ensuite. Au contraire, les phlegma sies du tissu cellulaire, des organes épais et de la membrane muqueuse gastro-inte: tinale, cèdenttrès difficilement à la révulsion. La nature, la marche et l'anciennet des irritations influent aussi sur la facilité ou la difficulté de la révulsion; ainsi le hémorrhagies , les névroses , les maladies intermittentes et les irritations récen tes , sont plus aisément déplacées par les révulsifs que les irritations inflamma' toires, continues, et celles qui sont anciennes. Enfin, plus le malade est robuste dit le docteur Goupil, plus l'organe affecté joue un rôle important dans l'écono mie, plus son irritation est vive, plus aussi la révulsion est difficile ei vjc versd.

On doit toujours seconder l'action des révulsifs par l'usage des anti-phlogistL ques de toute nature , tels que saignées locales , émolliens, astringens , narcoti ques , etc. , sur l'organe irrité. Cette proposition n'a pas besoin de commeii' taire.

Le choix des révulsifs est très-important. Dans les affections légères et récen tes , dans les irritations aiguës qui exigent un effet prompt , on emploie de révulsifs dont l'action est rapide et presque toujours de courte durée. Au con traire, dans les irritations anciennes , on a recours à des révulsions profonde et permanentes , parce que l'organisation des tissus , depuis long-temps irrilés\ a toujours subi en pareil cas des altérations considérables , et ne peut être ra menée à son état normal que par une action forte, continue et prolongée. Enfin il faut autant que possible approprier La nature de l'agent révulsif à la natun de la maladie ou à celle de la cause qui l'a produite. Ainsi , on doit préférer ui révulsif simplement douloureux, lorsqu'il s'agit de déplacer une névralgie légèri ou une douleur rhumatismale; il vaut mieux chei cher à provoquer d'abondante; sécrétions dans les cas de collections séreuses dans les plèvres ou le péritoinej oi provoquera de préférence une inflamtnation de la peau lorsqu'il faudra révulse»* une phlegmasie intérieure, on choisira les sangsues lorsqu'il s'agira en même temps de détruire une irritation et de rappeler un écoulement sanguin ; on évi* tera au contraire l'emploi des vésicatoires dans les maladies des voies urinaires en raison de l'action des cantharides sur ces parties , et on leur préférera les ventouses sèches ou scarifiées, par exemple, qui jouissent d'une sojte d'efficacité dans ces cas ; on aura recours au moxa ou au cautère actuel plutôt qu'aui cautères de la potasse caustique et aux sétons, lorsque l'irritation à révulser, à» arracher , occupera un organe doué de peu de vitalité, comme les os; on devra chercher à exciter la sécrétion de la sueur et non celle des urines ou toute autre,^ quand la maladie, une pleurésie par exemple, reconnaîtra pour cause un refroidissement subit du corps en état de transpiration ; enfin , les vomitifs méritenli la préférence sur les purgatifs, dans les érysipèles de la face, les angines ton-; sillaires, etc. ; les purgatifs l'emportent au contraire pour faire cesser la sécrétion laiteuse, pour arrêter la salivation niercurielle , pour combattre l'ophlhalmie , etc. , etc.

On doit , en. général , s'abstenir des l'évulsifs dans les irritations aiguës, dans celles qui occupent de larges surfaces , dans celles delà membrane muqueuse gastro-intestinale, soit aiguës , soit chroniques , et chez tous les individus très-irritables. Dans la plupart de ces cas , l'irritation artificielle, impuis-i santé pour faire cesser l'irritation morbide, ajoute son intensité à l'intensité de celle-ci. On les emploie toutefois, concurremment avec les évacuations sanguines , dans les irritations les plus aiguës du cerveau et des méningées, et souvent avec succès, mais nous pensons que l'on en fait un trop fréquent usage dans ces irritations. On y a, recours aussi avec avantage dans quelques phlegmasies intenses, chez les sujets très-faibles et lorsque les congestions étant trè.^-rapides , la peau est froide, le pouls petit , serré , concentré. En pareil cas , une seule saignée pourrait être suivie de la mort en peu de temps, tandis

RHINITE.

RHINITE.

le précédée par les révulsifs qui rcchaufTent la peau si on les fait agir sur une rge surface et donnent au pouls de la force et du développement , elle produit ot l'effet avantageux qu'il est permis d'en attendre dans les phlegmasies teuses. Enfin , on retire quelquefois de bons effets de l'emploi des révulsifs ins les phlegmasies intestinales , des vésicatoires , par exemple , dans l'enrilefollieuleuse, des cautères et des sétons dans les inflammations chroniques ;la membrane muqueuse gastro-intestinale, et principalement dans celles

I l'estomac ou du gros intestin qui sont anciennes et menacent d'une prochaine •sorganisation. On doit préférer , dans ces derniers cas , les révulsifs les moins luloureux, et n'en user qu'avec réserve.

Les rét'ulsions sont quelquefois spontanées ( voyez Crises et métastases ). On idonné pendant long-temps le précepte de les attendre. Aujourd'hui que ces l|iénomènes sont mieux connus, presque tous les médecins s'accordent sur la [îcessité de combattre toutes les phlegmasies , sans attendre des révulsions Sii peuvent s'opérer sur des organes plus importans que celui qui est priniitiment irrité ; et ceux-là même qui ne partagent pas cette opinion agissent mine s'ils en reconnaissaient la vérité. Ce n'est que lorsque l'irritation occupe il organe peu important et qu'elle est peu intense , que le médecin peut atleaje les révulsions spontanées ; mais dans ces circonstances elles n'ont presque nais lieu. On a long-temps aussi agité la question de savoir s'il fallait les tovoquer. C'est demander s'il faut exciter des révulsions ; la réponse est à jaque paragraphe de cet article. Enfin , on a demandé s'il fallait respecter i crises et les métastases , c'est-à-dire les révulsions spontanées. Nul doute l'on ne doive le faire lorsque la révulsion s'opère sur un organe moins imrtant que celui où siège l'irritation primitive , puisqu'il en doit résulter un antage pour le malade ; mais , par la raison contraire, on doit s'y opposer [•squ'elles ont lieu sur une partie plus importante que la première.

II serait superflu de s'arrêter à expliquer le mode d'action des révulsifs; son îdence frappe tous les yeux ; une irritation artificielle en fait cesser une autre; i^ufiit d'exprimer le fait. Quelques auteurs ont cependant contesté cette ex- I ication si simple du mode d'action de ces agens ; mais tous leurs argumens pt d'une telle faiblesse , qu'il serait oiseux de s'arrêter à les réfuter.

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RHAGADES. Voyez Sïphilids.

RHINITE, s. f. Kc^'jI'k j gravedo , calarrhus ad jiares vel narium , calas- ■ ;nus , distillatio. Enchifrènement , rhuine de cerveau , catarrhe nasal ,

ryza , inflammation de la membrane muqueuse des fosses nasales. Cette ' legmasie est sans contredit la plus commune de toutes. A Paris principale- :'nt , peu d hommes l'évitent dans la saison froide et humide ; quelques-uns sont affectés tous les ans , et plusieurs , deux, trois fois et plus , dans le cours I la même année. Ce n'est ordinairement qu'une simple indisposition qui se

isipe souvent d'elle-même; mais elle prend quelquefois assez d'intensité ou I ténacité pour exiger les secours de la médecine, et justifier sa division en

i,'i;e et chronique. Presque toujours continue, on l'observe quelquefois aussi

is forme intermittente. Enfin on l'a vue régner épidémiquement , soit seule, I t et plus communément avec la bronchite.

La ihinite se développe en général sous l'influence des causes suivantes : mpression du froid humide sur la tête , à la nuque ou aux pieds , le passage :Lis(piedu chaud au froid , la suppression d'une transpiration habituelle, aspiration de vapeurs ou de poussières irritantes , certains brouillards odoiis , les coups ou les chutes sur le nez. Toutefois les causes qui la produisent sont pas toujours facilement appréciables, et souvent elle éclate sans que l'on :he à quoi l'attribuer ; elle a cela de commun au reste avec beaucoup de malies , ou pourrait , presqu'à coup sûr , affirmer en pareil cas qu elle est le ré- Itat d'un refroidissement inaperçu de la tête ou des pieds. Enfin la cause innnue de la rougeole et celle de la scarlatine agissent en même temps sur la ^mbrane pituitaire, et la rhinite accompagne constamment la première et bs-souvent la seconde de ces maladies éruptives.

'Des symptômes peu nombreux signalent le coryza léger. Ils consistent au déit , dans la sécheresse, la rougeur et le gonflement de la membrane muqueuse l's fosses nasales , avec éternuement plus ou moins répété; c'est ordinaire- |eut ce dernier symptôme, l'cternuement , qui ouvre la scène et avertit de jnvasion de la maladie. Bientôt viennent s'y joindre : un sentiment de pesan- !ur (gravedo) et de douleur gravative la racine du nez , la perte plus ou {oios complète de l'odorat , quelquefois de la démangeaison dans les fosses nazies , l'enchifrènement et la voix nasonnée. La membrane enflammée ne reste lis long-temps sèche ; elle devient très-promptement le siège d'une sécrétion fbondante, aqueuse , incolore, salée, et produisant par son âcreté la rougeur i parfois même l'excoriation de la lèvre supérieure au bord des narines ; puis , ;u-h-peu , la matière de cette sécrétion s'épaissit; elle devient successivement anche, jaune, verdâtre, et diminue en même temps de quantité, et la ijaladie se termine ainsi par un décroissement rapide de tous les symptômes. 1 Lorsque la rhinite est intense, une série de phénomènes plus sérieux l'acipmpagne. La douleur de tête est beaucoup plus vive , et elle semble avoir son ège dans les sinus frontaux , la tête est pesante , il y a quelquefois de la somlulence , et , dans des cas excessivement rares , du délire ; les tégumens du nez t des joues sont gonflés, rouges et sensibles ; le malade ne peut plus respirer

DiCT. DE MÉDECIKE ET DE ChIRCRGIE PRATIQUES.

par le nez , il a les yeux rouges, injectés, pesans ; si l'inflammation s'étend jusqu'à la gorge et aux trompes d'Eustache, comme cela arrive quelquefois, la déglutition est diflîcile et douloureuse , et il survient des bourdonnemens et de» tintemens d'oreille, et même un peu de surdité; enfin , le pouls s'accélère , la peau s'échauffe , la soif s'allume, l'appétit disparait, et le malade éprouve un sentiment inexprimable de courbature et de brisement des membres. Cette courbature forme un des traits remarquables de la rhinite , et après l'avoir observée cent fois , on s'étonne toujours de la voir aussi considérable à l'occasion d'une phlegmasie si peu grave et ayant son siège dans un organe aussi peu influent.

Chez les enfans à la mamelle le coryza produit presque toujours l'impossibilité de respirer par les narines , et entraîne par conséquent celle de téter. L'enfant exécute bien une ou deux succions , mais tout-à-coup il devient violetet abandonne précipitamment le seinen toussant; à l'exception de la toux, il éprouve la même chose si on lui met le doigt dans la bouche et qu'il essaie de le téter ; on reconnaît que ces accidens sont dus à l'inflammation de la membrane muqueuse pituitaire, à la fréquence des éternuemcns et à l'abondance de la sécrétion nasale.

La rhinite chronique ne consiste souvent que dans un écoulement trop abondant du mucus nasal altéré : tantôt celte matière reste limpide, incolore et sans odeur ( rhinorrhée), tantôt elle est épaisse, jaunâtre ou verdâtre et fétide ; quelquefois elle pieud tout-à-fait le caractère purulent , mais alors il y a presque toujours ulcération de la membrane (voyez OziisE). De quelque nature que soit cet écoulement, il s'y joint quelquefois deux ou trois des symptômes que nous avons dit accompagner l'état aigu ; les plus ordinaires sont l'enchifrènement, la voix nasonnée, les éternuemeus fréquens , et la diminution ou la perte de 1 odorat.

En général , le coryza marche rapidement vers la terminaison et ne dure que quelques jours , chez plusieurs malades même il se dissipe en peu d'heures ; on en voit quelques-uns qui en sont pris et guéris deux ou trois fois dans une même journée. Mais il arrive aussi qu'il se prolonge pendant vingt, trente, et quarante jours, et même plusieurs mois. Nous connaissons une personne qui a conservé un coryza pendant une quinzaine d'années. A l'état aigu, la rhinite se termine presque toujours par résolution : elle est toutefois susceptible de tous les autres modes de terminaison des phlegmasies des membranes muqueuses, savoir : la suppuration, l'ulcération, la gangrène et le passage à l'état chronique. Sous cette dernière forme, elle peut entraîner la dégénérescence lardacée ou cancéreuse. C'est presque toujours à la suite de coryzas répétés que se forment les polypes nasaux; c'est fréquemment aussi la répétition de cette phlegmasie qui provoque le gonflement de la membrane qui tapisse le canal nasal , et ])ar suite l'obstruction de ce canal et la formation d'une tumeur, puis d'une fistule lacrymale. Quelquefois aussi la rhinite chronique détermine le gonflement des cartilages du nez, puis leur carie et celte des os, mais alors elle est presque constamment, etpeut être toujours, l'effet elle-même du virus syphilitique. Hâtons-nous de dire que cette affection a rarement des suites aussi fâcheuses ; dans l'immense majorité des cas, c'est au contraire, comme nous l'avons déjà dit, une maladie légère qui n'attire que médiocrement l'attention des malades euxmêmes .

De simples précautions contre le froid , une journée passée près de son feu , la tète bien couverte et les pieds chauds , sullisent très-communément pour guérir la rhinite ; nous avons déjà dit qu'elle se dissipait fréquemment sans obliger même de recourir à ces simples précautions. Si cela ne sufirt pas , on la fait presque toujours cesser très-promptement enjoignant aux soins précédens un bain de pieds sinapisé et bien chaud, quelques fumigations émoUientes , et quelques tasses d'une boisson diaphorétique. On peut faire avorter la moitié des coryzas commençant en prenant un pédiluve très-chaud dès le début. Mais enfin tout cela échoue quelquefois, et des moyens plus puissans deviennent alors nécessaires. On insiste alors sur l'emploi des boissons sudorifiques, des bains de pieds sinapisés ou des cataplasmes de même nature appliqués aux pieds, aux mollets ou à la nuque, de l'inspiration de vapeurs émollientes, des lavemens émolliens et même purgatifs , des bains de vapeur; on conseille le repos au lit, un régime sévère, et si tout cela reste encore impuissant, on a recours à l'application d'une ou deux sangsues à l'ouverture de chaque narine. La diète devra être proportionnée à l'intensité de la phlegmasie et des désordres sympathiques qu'elle provoque, elle sera par conséquent absolue dans les cas intenses.

Lorsque la rhinite s'est prolongée à l'état chronique, les mêmes moyens conviennent encore; mais il faut y joindre quelquefois l'emploi des vésicatoires derrière les oreilles ou à la nuque, l'usage continu des bains de vapeurs simples ou aromatiques, l'inspiration de vapeurs aromatiques ou balsamiques, et l'administration de purgatifs répétés dont on retire en général de très-bons effets; en même temps on fait avec avantage pratiquer des frictions sèches sur toute l'étendue du corps, et l'on impose aux malades l'obligation de porter des vêtemens de laine sur la peau. Quelques malades se débarrassent du coryza chronique par l'usage du tabac. Lorsque cette maladie a déterminé la carie des cartilages et des os, elle réclame presque toujours un traitement mercuriel.

Dans le coryza des enfans à la mamelle ,on emploie les fumigations émollientes et quelquefois une petite sangsue à l'entrée des fosses nasales , et pendant tout le temps que dure la maladie, on fait boire le petit malade à la cuiller. A cet âge la rhinite se dissipe ordinairement en un ou deux jours.

( L. Ch. Roche. )

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