ROSE
Pison rapporte qu'au Brésil on applique de l'huile de ricin sur le nombril is enfaiis pour leur faire rendre des vers. Nous avons essayé de frictionner nsi le ventre avec de l'iiuile de ricin soit comme laxatif, soit comme anthelfintique, nous avons rarement obtenu le premier et jamais le second de ces effets. jOn a vanté l'usage tle 1 huile de ricin, en lavement ou en potion, contre la lique saturnine. Il s'en faut , d'après nos essais du moins , que ce médicament ocure de fréquentes et durables guérisons dans cette afï'ection ; son action paiitle plus souvent insufiisante. Cependant on peut le prescrire avec avantage rsque la maladie a peu d'intensité.
lOn emploie l'huile de ricin eu frictions au Malabar pour calmer les douleurs. Ile est inusitée chez nous dans celle circonstance. Nous mettons seulement usage ses propriétés purgatives , bien qu'elles soient inférieures à celles de lusieurs plantes de la même famille. 11 nous a semblé, en elfel , dans ces dergrs temps, qu'on pourrait lui substituer , avec avantage, à la dose d'un demios à deux gros , l'huile d épurge qui est d'un usage plus commode et plus cern. { Voyez Bullet. théiapeul. tom. viii, page 38.) ( Martin Solon.)
RIZ. Orjza satit^a. Plante de la famille des graminées, de l'hexandrie monouie, originaire de l'Inde et répandue dans toutes les régions intertropicales dans quelques contrées de l'Europe : l'Italie, le Piémont. Elle se plaitdans pays chauds et dans les terrains humides. Sa culture n'est pas sans danger , st un inconvénient que ne présente pas le froment. I^e riz nous est envoyé la Caroline et du Piémont; le premier est le plus estimé. D'après l'aiialyse de 'Vauquelin , le riz est une graine pourvue d'une grande antilé d'amidon, de phosphate de chaux, mais elle contient à peine du gluten de la matière sucrée; elle diffère donc beaucoup du froment ; on ne peut jnployer comme celui-ci à faire le pain ; cependant on la mêle , ainsi que la jipe de pomme de terre , a la farine ordinaire , sans que la panification soit jksiblemeal modifiée. On vient de piésenter à l'académie royale de médecine pain dans la confection duquel on a fait entrer un sixième de farine de riz. pain nous a paru assez beau , d'un goût agréable et d'une digestion facile. 1 usage , continué pendant plusieurs mois , pourra seul faire connaître et nparer ses qualités nutritives. Il est probable qu'elles sont un peu inlérieures ;ellcs du pain ordinaire , parce que le pain de riz contient une proportion au plus considérable. Dépour\ue de son épidémie, cette semence sert ()resseule de nourriture à la plupart îles peuples de l'Orient et de beaucoup utres contrées, nations qui se contentent de le faire cuire à l'eau et de l'arotiser un peu. Chez nous on l'emploie entier, ou réduit en larine ou crème , ir préparer des potages , des gâteaux , des bouillies , des gelées avec l'eau , le le bouillon , le sucie et quelcjues aromates. Enfin on le fait cuire avec ;Iques viandes . Il est d'une digesiion facile et convient beaucoup aux estocs délicats ; il augmente à peine la quantité des fèces , puisque tous ses ncijies sont susceptibles tl'ètre absorbés. C'est piobablement le peu de résidu il laisse dans le canal intestinal qui a fait penser que le riz produit la coiistiion. Celte assertion ne parait pas fondée. S il est vrai que les chiens nourris le riz seul éprouvent des écouiemens muqueux , et que l'acide urique et :ée disparaissent en grande parlie de leur urine , comme lorsqu'on les nourde sucre . il en résulle que le régime du riz pourrait être utile dans la velle et autres affections , où l'on veut priver l'économie il alimens azotés, le riz est employé à la dose d'un à plusieurs gros pour préparer des décocis émoUieutes et légèrement nutritives , qui servent de boisson et d'aliment is quelques irritations mtesiinales accompagnées de dévoieinent. On lui ribue alors une propriété astringente , qui ne |)arait pas démontrée , et il faut rapporter plulôt à l'eau de rabel ou au sirop de coing que l'on ajoute js tisanes. La décoction de riz est encore employée avec succès en lavement is les diarrhées , etc. Il nous a semblé que dans ces diiférentes circonstances rendait plus évidentes les propriétés astringentes de ces boissons ou de ces îmens , en faisant torréfier le riz.
iC riz très-cuit on bien crevé , comme on le dit, et mieux encore réduit en ine, sert à préparer des cataplasmes émolliens et peut-être un peu résolutifs, ont sur ceux de farine de liu l'avantage de ne pas occasionner sur la peau la ite éruption et la démangeaison qui accompagnent l'usage prolongé de x-ci.
)ans la Chine et le Japon , le riz sert à la préparation d'une sorte de bierre de vin, dont, par la distillation, on extrait le rack, espèce d'alcool.
( Martin Sqlon. )
lOB. Autrefois on donnait le nom de i-ob au suc dépuré el non fermenté fruit, épaissi en consistance de miel, et souvent mêlé d'une certaine intité de miel ou de sucre. On le donnait aussi , par extension , à quelques 8)ps contenant une forte proportion de suc de plante , contre une faible cjjntité de sucre. Ces deux significations sont encore admises aujourd'hui : car dit vob de helladoiie , j ob de nerprun , rub de sureau , pour ilénommer un *.rait obtenu avec les fruits de la belladone, du nerprun ou du sureau ; et 1 dit également /'o6 anlisj-pliditi<jue , j'o6 dé/juratij' , pour des sirops que 1 sait être très-chargés de principes extractifs. Le nom de rob ne s'applique Cic pas à un genre précis de médicamens : on peut néanmoins le conserver clis le langage habituel , surtout pour mieux différencier l'extrait obtenu du exprimé d'un fruit, de celui qui provient d'autres parties du même végétal; exemple, sous le noimVextratt de belladone on entendra toujours l'exlrait feuilles de cette plante , tandis que rob de belladone signiliera l'extrait tenu des baies {Glibourt.) lOM-VRIiX. Romarinus ojfflcinalis. Plante de la diandrie monogynie et de famille des labiées dont elle partage les propriétés excitantes, se trouve
principalement dans l'Europe méridionale où elle est cultivée. La totalité de la plante, mais principalement les fleurs et leur calice présentent une odeur aromatique et suave , et une saveur chaude , acre et ambre dues, comme il est facile de le concevoir , à une Jiuile volatile, abondante et incolore, <|ui laisse déposer à la longue une assez grande quantité de camphre.
D'après cette connaissance des propriétés physiques et de la composition chimique du romai'in , on est conduit naturellement a se rendre compte de ses vertus médicinales , qui sont excitantes et qui ne s'adressent en particulier à aucun organe, ni moins encore à aucune maladie. C'est donc parmi les stimulans généraux qu'il doit êUe rangé et administré dans cette foule de cas plus ou moins déterminés, dans lesquels on a recours aux toniques, aux cordiaux, aux céplialiques , etc. , en un mot, dans les affections où la débilité est réelle et supposée. Mais si l'on peut utiliser cette substance médicamenteuse dans les circonstances où elle se trouve sous la main , il serait peu raisonnable de la préférer exclusivement à aucune de celles qui lui sont analogues.
Rappeler que le romarin entrait dans un grand nombre de préparations oflicinales aujourd'hui comjilèlement oubliées, ce serait abuser du temps de nos lecteurs. (F. Ratieu ).
RONCE. yîuJi/i// ti!/coitii.Plantedericosandriepolygynicctde la famille des rosacées. Elle jouit d'une répu la tion traditionnelle contre les inanxde gorge, dans le traitement desquels elle doit être associée au sirop de mûres. Par suite d une opinion aussi peu fondée que la première, les fruits mucilagineux et sucrés qu'elle produit étaient regardés comme pourvus de proprictés malfaisantes que rien ne saurait démontrer. La ronce qui croit dans les lieux pierreux et incultes, a du moins le mérite d'être un médicament vulgaire; ses feuilles qui ont une saveur très-faiblement astringente passaient pour styptiques et détersives , et comme telles étaient conseillées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur contre plusieurs affections où l'on ue saurait leur reconnaître aucune efficacité parliculière. La plupart des autres espèces de rubus pourraient figurer dans la matière médicale à des titres au moins égaux ; et les anciens auteurs ne s'étaient pas fait faute de les inscrire sur le catalogue des médicamens. Il serait bien temps île ne plus répéter , ainsi qu'on le fait dans des ouvrages modernes, d'insignifiantes digressions relatives a ces prétendues panacées.
(F. Ratiee).
ROSE. Rnsa-. Ce genre très-nombreux, et qui nous donne avec abondance les fleurs les plus belles et de l'odeur la plus suave, appartient à la famille des rosacées de Jusbieu,ico5andrie polygynie de Linné, dans laquelle on trouve en outre la plupart des fruits qui fout les délices de nos tables. Outre le parfum que nous fournit le genre rosa, soit que la R centifolia l'exhale de ses nombreux pétales disposés avec tant d'élégance, soit que les orientaux nous l'envoient sous la forme A'Iiuile o\i de beurre t/i; ?-Oie extraitsdes R. moschata et cinnainomaja, etc., il est des produits fournis par quctqucs autres espèces , qui sont de quelque utilité en médecine.
li. damascena , bifera , semp^rjlorcns, palliJa ; rose de Damas, de Puleau.'î, des quatre saisons, pâle, etc.
Cette espèce est très-communément employée en médecine. On la préfère pour un certain nombre de préparations. En effet si elle le cède pour la beauté des formes à la rose cent feuilles, elle l'emporte un peu sur elle par la douceur, la suavité et la persistance de son parfum. Aussi est-ce elle que l'on prend pour préparer avec ses pétales privés de leurs onglets l'eau disulLée de roses, si communément em|)loyée pour composer les collyres résolutifs, aromatiser le cérat de Galien, etc. Celte eau suave et incolore prend le nom i^Veau rose, lorsqu'on l'a colorée avec la cochenille. On prépare avec l'infusion de ces pétales et le sucre, \e sirop de roses paies qui jouit de quelques propriétés laxalives à fa dose d'une once. En ajoutant à la préparation de ce sirop du séné, de 1 agaric blanc , de l'aiiis , du gingembre et du suc de citron , on obtient , d'après Baumé , le sirop de roies paies composé. Ces sirops, qui sont d'ailleurs assez agréables, seraient employés avec avantage pour ser\ir de doux purgatifs, ou entrer dans les formules de purgatifs magistrau.'i , connus vulgairement sous fe nom de médecines. C'est en faisant bouiltir ces pétales et ceux de la rose rouge dans de l'axonge que l'on prépare l'onguenl rosat, dont on augmente la couleur par l'addition d'une petite quantité d'orcanelte.
R. gallica, rubra , rose de Provins; cette espèce est remarquable par la couleur foncée de ses pétales. On la cultive surtout dans les environs de Provins et de Metz, et on la récolte avant l'épanouissement delà fleur. Elle contient d'après l'analyse que M. Cartier a donnée dans le Journal de pharmacie ^ une matière grasse, une huile essentielle , du tannin, de l'acide gallique, une matière colorante, quelques sels à base alcaline et de l'oxide de 1er. Elle jouit de propriétés toniques et astringentes peu intenses ; on la prescrit pour tisane en infusion, à la dose d'un demi-gros â deux gros pour une pinle d'eau. On en met des doses plus considérables pour jiréparer des lotions, des gargarismes, des injections, etc. L'infusion très-forte de ces roses concourt avec le miel à former le miel roscil. On prépare avec cette infusion et le sucre le sirop de roses sèches , qui est astringent el d'une saveur agi cable. Les pétales macérés dans le vinaigre ilonncnt le vinaigre rosal employé dans la toilette. On réduit ces pétales eu poudre ou en pulpe pour faire avec le sucre la consente de roses que l'on prescrit à la dose d'un ou plusieurs gros dans les hémopihysies et les diarrhées chroniques ; on l'emploie aussi comme excipient pour composer des bols ou des pilules toniques ou astringentes.
R. canina cjnorrhodoii , rose champêtre. On a nommé celle espèce, rose canine parce que l'on avait autrefois attribué à ses racines la propriété de guérir la rage.