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Elle croît dans les haies et dans les champs , ses fleurs simples peuvent remplacer la rose pâle. Ses fruits acquièrent une belle couleur rouge. On les emploie en médecine sous le nom de cynorrhodons ou cynosbartos. Mêlés convenablement avec le sucre, ils constituent la conserve de cynorrhodon^ médicament agréable aux malades, et que l'on prescrit à la dose d'un à quelques gros pour diminuer ou arrêter les flux chroniques; on s'en sert aussi comme d'un excipient commode pour la préparation des pilules ou d'électuaires astringens. L'intérieur des cynorrhodons présente autour des graines une sorte de bourre formée de petites soies dures qui occasionnent lorsqu'elles sont appliquées sur la peau une vive démangeaison. Ménage dit que c'est cette propriété des soies du cynorrhodon qui a fait donner au fruit le nom vulgaire de gratte-cul.
La piqûre d'un insecte , nommé cj-iiips rosœ, détermine sur les jeunes branches du rosier des haies une exubérance végétative arrondie, d'apparence mousseuse, et que l'on a nommé béduguar. On remployait contre la rage et l'épilepsie , on ne s'en sert plus aujourd'hui. (Martih Solon.)
RUBEFIANS. Rubejaciens, vuhescei^Cj rendre rouge. On désigne par ce mot certains agens the'rapeutliiques , dont l'usage produit la rongeur ou la rubéfaction de la peau. Les avantages qui succèdent à l'apparition spontanée d'un érysipèle pendant le cours de quelques maladies, ont suffi, sans doute, pour déterminer les médecins à rechercher des résultats analogues dans la production d'un érysipèle artificiel, faible et passager, la rubéfactiou.
Les rubéfians sont nombreux : en effet , l'emploi de l'électricité, du galvanisme , du calorique , de simples frictions faites avec une brosse , une étoffe de laine sèche ou imbibée d'une liqueur irritante; les topiques de poix de Bourgogne, de farine de moutarde, d'ail pilé , de clématite, de renoncule scélérate et des végétaux analogues; l'application de l'ammoniaque étendu , de vinaigre ou d'acides affaiblis, de teinture d'euphorbe, etc.; l'usage des bains locaux, préparés avec l'eau chaude, le sel commun, l'acide hydrochlorique, le savon noir et une foule d'autres substances irritantes déterminent sur la peau une rubéfaction selon la forme, l'étendue et le degré que l'on désire.
Après avoir mis en contact la peau avec ces divers agens, la sensibilité est d'abord excitée, ensuite le sang afflue vers la partie [f^oj-ez Fluxion). Le système capillaire s'injecte, la peau devient plus rouge, plus chaude. Si les rubéfians agissent sur une surface étendue, l'économie tout entière se ressent de l'excitation qu'ils déterminent et ils la fortifient. Si leur action se borne à une partie circonscrite, cette partie devient le siège d'un accroissement de vitalité et cette augmentation de vitalité dans un point devient pour les autres régions un moyen de kévolsion; voyez ce mot. Ainsi, employés sur les parois d'une cavité splanchnique, ils diminuent la fluxion morbide des viscères qui y sont contenus; appliqués sur les membres inférieurs , ils servent à dissiper les fluxions qui occupent la face ou l'encéphale, etc.
Il faut bien se garder, dans l'emploi des rubéfians, de les choisir trop énergiques et de les laisser appliqués trop long-temps, sans cela on verrait survenir la vésication ou la cautérisation, et l'on dépasserait de beaucoup les limites que l'on s'était proposées.
La rubéfaction est d'un usage fréquent en médecine quoiqu'elle constitue seulement un premier et faible degré de révulsion. Il faut , lorsqu'on l'emploie, prendre garde de la pousser trop loin, afin de ne pas occasioner une réaction trop vive du système nerveux. Il faut aussi, d'un autre côté, que ce système puisse répondre, pour ainsi dire, à l'appel qu'on lui fait, sans cela le moyen devient inutile. 11 y a quelques mois , nous avions fait appliquer des sinapismes aux genoux et aux coude-pieds d'une malade atteinte tl'une violente céphalalgie , ils ne produisirent d'abord aucun effet. Huit jours après celte femme étant entrée en convalescence, par suite de l'apparition de ses règles, la rubéfaction parut aux quatre régions qui avaient été inutilement occupées par les sinapismes, et ces parties devinrent le siège d'une cutite des plus intenses. On voit assez fréquemment des résultats analogues, lorsqu'on applique des rubéfians pendant le cours d'affections cérébrales graves. Ce résultat prouve donc que cette médication agit par l'influence du système nerveux, et que quand celui-ci est affecté il faut le mettre en état de répondre à l'appel révîilsif avant d'employer les rubéfians. (Martin Solon )
RUE ou nnuE, liula grai'eolens. Plante qui forme le type de la famille des rutacécs et qui appartient à la décandrie monogynie. C'est une herbe vulgaire, qui croit spontanément dans les contrées les plus méridionales de l'Europe , où elle est quelquefois cultivée dans les jardins. Son odeur est extrêmement forte et désagréable, et sa saveur acre, chaude, amère et nauséeuse; aussi a-t-elle passé de tout temps pour un médicament fort actif, et peut-on s'étonner que dans ces derniers temps, elle n'ait pas appelé d'une manière plus spéciale l'attention et les recherches des chimistes et des médecins. On sait, sans qu'on l'ait scientifiquement prouvé, que toutes ses parties renferment une huile volatile très-abondante et h laquelle doivent se rapporter foutes les propriétés qu'elle manifeste. On sait également qu'elle agit comme irritante sur la peau et les membranes muqueuses, et qu'introduite dans les voies digestives, elle y détermine des phénomènes inflammatoires accompagnés d'une réaction plus ou moins considérable. Quelques expériences tendraient à faire croire que son huile volatile exerce une action un peu narcotique; mais cela fût-il prouvé, n'avons-nous pas des narcotiques plus éprouvés et auxquels on peut s'en tenii- ?
Restent donc à examiner les opinions diverses des auteurs sur les applications thérapcuthiques de la plante qui nous occupe , et fixer l'emploi qu'on en peut faire lorsqu'on la trouve sous sa main, car elle ne paraît pas , malgré son activité non équivoque , jouir de propriétés spécifiques. Nous rappellerons , sans nous y arrêter davantage , que les anciens la considéraient comme alexilère ,
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c'est-à-dire propre 'a chasser les poisons, et aussi comme carminalive , emn. nagogue, vermifuge, etc. ; on sait à quoi s'en tenir sur les antidotes et ! les alexitères : on comprend facilement qu'une plante acre, amère etnauséeu comme l'est celle-ci , puisse être utile contre les vers intestinaux et mêi contre les flatuosités qui se développent dans les voies digestives.
Quant à la qualité emménagogue si développée, d'après certains auteur qu'on aurait été obligé de défendre la vente publique de cette plante, à caii des accidens qu'elle aurait produits, il faut se garcier d'ajouter foi à des assi lions qui ne reposent effectivement sur aucune série de faits constatés. !j semblerait-il pas, en effet, que l'avortement soit une chose vulgaire et dont! soit bien facile d'apprécier les causes Nous sommes disposés à reconnaitnl la rue une action stimulante générale, qui peut être utile dans les cas d'ani norrhée par atonie; mais rien ne prouve qu'elle agisse sur l'utérus d'une uj nière constante, énergique et identique pour y provoquer une exhalali] sanguine ; en un mot qu'elle soit emménagogue dans le sens réel et légitii; de ce mot , voyez Emménagogues.
Faudra-t-il encore redire les tentatives faites avec cette plante contre i'hystér: l'épilepsie , l'hypochondrie et autres maladies nerveuses , et aussi contre rage et même contre la syphilis , affections contre lesquelles , on peut le dii: tout a été expérimenté ? Il n'est pas non plus nécessaire de dire les nombreui applications en détail qu'on en peut faire : car on peut remplir les mêmes incalions avec une foule de moyens différens en apparence; et la médecine fei plus de progrès , si cette pensée était plus présente à l'esprit des praticiens^
Le mode d'administration ne présente rien de particulier. L'infusion s< préparée avec un ou deux gros de feuilles. La moitié ou même le quart de ce' dose suflira , si l'on administre en substances ces mêmes feuilles pulvérisées réduites en électuaire au moyen de miel ou de sirop. L'eau distillée peut êl utilisée depuis une jusqu'à quatre onces; et l'huile essentielle, qui est la pan vraiment active de ce médicament, pourrait figurer dans des corabinaisc à la dose de deux , quatre ou six gouttes. r
L'extrait serait une assez mauvaise préparation, puisc^u'en le préparant ferait inévitablement dissiper l'huile essentielle. ( F. Ratier.)
RÏJPIA. s. m. Maladie de îa peau caractérisée par de petites bulles , isolée aplaties, remplies d'un fluide séreux , bientôt trouble, puriforme ou sa guinolent, auxquelles succèdent, des croûtes noires, épaisses ou proéminente qui cachent des idcérations plus ou moins profondes. Le rupia présente tn variétés : rupia sinif>lcx ; rupia prominens\ rupia cschafotica.
5 I. Le rupia simplex se développe ordinairement sur les jambes, quelquefi sur les lombes et les cuisses, et plus rarement sur d'autres régions du corps s'annonce par une ou plusieurs bulles aplaties, de la dimension d'une piè d'un frane , cjui contiennent une humeur séreuse et transparente ou séro-sa guinolente. Cette humeur devient bientôt trouble et purulente, s'épaissit et transforme en croûtes de couleur chocolat , plus épaisses à leur centre qç leur circonférence, qui se continuent avec l'épiderme soulevé par la sérosi qui baigne leur pourtour. Au dessous de ces croûtes , qui se détachent nalurt lement au bout de quelques jours, ou accidentellement par le frottement r toute autre cause , le derme est excorié. Cette ulcération superficielle, abài, donnée à elle-même, se cicatrise ou se recouvre d'une nouvelle croûte q tombe plus tard , et peut être ainsi plusieurs fois reproduite. Lorsque la rison est opérée , la cicatrice conserve long-temps une teinte ronge livide.
2». Dans le rupia prominens , les bulles sont plus larges , les croûtes plii^i épaisses, et les ulcérations plus profondes. Chaque bulle est précédée d'une t'i f che rouge, circulaire, sur laquelle l'épiderme est soulevé lentement par ui liquide noirâtre plus ou moins épais , qui se concrète promptement et donc] .t^^ lieu à la formation d'une croûte dont l'épaisseur et l'étendue augmentent lij jours suivans. La circonférence de celte croûte est entourée d'une auréole roij ^ geâtre , de quelques lignes de largeur, sur laquelle l'épiderme est soulevé pi| un nouveau dépôt de sérosité qui devient la source d'une nouvelle incrustatioi;| qui ajoute à l'étendue de la première. L'auréole s'élargit aussi d'une raanibi) lente à la base de la croûte primitive , qui s'étend en surface et en épaissct, -^^^ pendant trois ou quatre jours ; alors la croûte paraît beaucoup plus étendui j,j en surface qu'en épaisseur , et sa forme peut être comparée à celle d'une écail^ jj d'huître ; plus souvent en même temps que la croûte s'élargit , elle s'élève, d() ,jj vient conique , et finit par ressembler assez bien au mollusque univalve, connj sous le nom de lepas ou patelle. Cette croûte ordinairement fort adhérente] i^j^ ne peut être détachée qu'à l'aide d'applications humides et émollicntes. L| ^ peau, mise à nu , offre une ulcération d'une étendue et d'une profondeur vanij ^ bles. Si la partie affectée reste exposée à l'air , une nouvelle croûte se reformai j plus ou moins vite, ou bien l'ulcération s'étend en profondeur , et peut acqui, ^ rir en largeur la dimension d'une pièce de cinq francs , dont la surface est bis, ^ farde et saignante. Ces ulcères, qu'on a désignés sous les noms d'ulcères aft, ^ niques et dont la guérison ne s'obtient que lentement , sont toujours remplacé, . par des cicatrices sujettes à se rompre , et dont la teinte violacée , brunâlrei| ^ persiste fort long-temps. j ^
3°. Le rupia escharotica se développe spécialement, chez les enfans cachée^ j tiques, et quelquefois chez des vieillards ou chez des adultes atteints de rhumaj tisme chronique ou de syphilis constitutionnelle , sur les jambes, les cuisses, 1| scrotum , l'abdomen , les lombes , le cou et la partie supérieure de la poitrine , et bien rarement sur les membres supérieurs. Il débute par une ou plusieui taches rouges, li\ides, sur lesquelles l'épiderme est bientôt légèrement sonlev, par une humeur séreuse ou séro-sanguinolenle. Ces bidles s'élargissent d un manière irrégulicre ; la sérosité se trouble et prend une teinte noirâtre. BienK