‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 240 sur 311 · RUPTURE · texte numérisé non relu

RUPTURE

les se rompent et le derme , mis a nu, paraît ulcéré, ramolli, gangrené sur usieurs points; une humeur sanguinolente Irès-fctide baigne la surface de cette cération dont les bords sont livides et peu douloureux. Chez des adultes, j'ai 1 le rupia escliarolica avoir la dimension du rupia prominens , et de petits lam- ;aux depeau et de tissu cellulaire mortifiés se d étacher lentement de la surface ; ces ulcères. Chez les enfans , les bulles du rupia escharoLica n'acquièrent pas ;dinairement de si grandes dimensions; mais les bulles se succèdent en plus and nombre; les ulcérations deviennent très-doulouieuses , occasionnent de fièvre et de l'insomnie, et la mort peut survenir dans l'espace de deux à trois 'pténaires. Dans tous les cas, la cicatrisaliou de ces ulcères se fait toujours Mg-temps attendre. On rencontre souvent l'ecthyma avec le rupia simpkx et rement avec le rupia escharotica ; j'ai observe plusieurs exemples de rupia mpliqiié de purpura et de rhumatisme chronique , et coinme M. Plumbe , j'ai 1 plusieurs fois celte éruption survenir chez des individus atteints de syphilis iistitutionnelle.

1^ II. Causes. Les scrofuleux , et les enfans du peuple doués d'une constitution jlicate ou affaiblis par des maladies antérieures, sont prédisposés au rupia, qui ! montre surtout pendant l'hiver chez ceux qui sont mal vêtus , mal logés ou ^1 nourris, et particulièrement à la suite de quelque inflammation cutanée , lie que la variole, la scarlatine, la rougeole, etc. J'ai vu le rupia compliqué ec le pourpre hémorrliagique. Le rupia se développe aussi chez les vieillards quelquefois chez les adultes.

§ 111. Diagnostic. Les petiles bulles aplaties du rupia contiennent le plus Mvent un fluide trouble et séreux. Elles ne peuvent être confondues avec les

lies larges, transparentes et proéminentes du peniphigus. D'ailleurs la croûte gueuse, épaisse, souvent proéminente du rupia et ses ulcérations , sont bien 1 tincfes des croûtes lauielleuses du pemphigus. Cependant le pempighus injanrs , dans lequel la peau est quelquefois ulcérée au centre des bulles, semble f e une sorte de transition entre ces deux maladies. Le rupia diffère de l'ec- I nia par sa forme primitive qui est huileuse, tandis que celle de l'ecthyma ( pustuleuse; la base des pustullcs de l'ecthyma est fortement enflammée, la ( lûte dont elles se couvrent plus tard est dure et comme enchâssée dans le tissu ( la peau; la circonférence des bulles du rupia n'offre point la même inflam- 1 tion , et ses croûtes sont beaucoup plus larges , plus proéminentes et moins iiérentes que celles de l'ecthyma. Il faut convenir cependant que les bulles ( rupia deviennent très-vite purulentes, et que le diagnostic est souvent d'aut it plus difficile qu'on rencontre quelquefois les deux éruptions en même temps s, le même individu. Cependant les croûtes proéminentes et les ulcérations i|j)fondes et souvent rebelles du rupia sont bien distinctes des croûtes enchâssées f des ulcérations profondes de l'ecthyma. Le rvi\nA escharotica ne peut être cifondu ni avec la pustule maligne qui est entourée d'une base érysipéhuse, ni avec les engelures huileuses et gangreneuses des pieds et des I lus.

) IV. Pi onoslic. Le rupia n'est jamais une maladie grave ; le rupia escharotica i| ffre lui-même de danger qu'au tant que l'éruption est considérable ; lorsque le i)ia se développe sur la peau des jambes, il est toujours suivi d'ulcérations I elles. La durée de la maladie ne peut être calculée approximativement qu'aut t qu'on tient compte de l'âge du malade, du nombre et de l'étendue des nies et des ulcérations , du degré de l'altération de la constitution , et de l'infence que peuvent excercer quelques maladies concomitantes, telles que 1 scrofules ou des inflammations chj-oniques des organes digestifs et des pou- [ ns

V. Traitement. Le traitement du rupia est général ou local : le premier a \ ir but de modifier la constitution plus ou moins profondément altérée. Le 1 d'une bonne nourrice pour les enfans à la mamelle, épuisés par la faim , la libre ou un lait de mauvaise qualité; des viandes de bœuf et de mouton , et i vin généreux étendu d'eau pour les enfans et les adolescens à chairs molles ( scrofuleux; des alimens appropriés au nombre et à la nature des maladies t icomitautes , si la constitution s'est altérée sous leur influence ; telles sont les 1 les du régime : ce sont les premiers soins et les plus importaus. -,e traitement local peut être ainsi résumé :

)n ouvrira les bulles du rupia simplex , si elles contiennent de la sérosité; c les couvrira d'un linge fenêtré , sur lequel on appliquera une petite quanti de charpie , et l'on maintiendra le tout au moyen d'un bandage compressif.

Dans le rupia simplex et dans le rupia prominens après la chute des croût , les bulles ulcérées devront être lavées avec de l'eau de guimauve , si elles sit douloureuses ; elles seront animées par des lotions faites avec le vin sucré * une solution de crème de tartre , lorsque l'inflammation paraîtra au-dessous « degré nécessaire à la production d'un nouvel cpiderme ou ii la formation «tme cicatrice. Souvent j'ai fait saupoudrer les ulcères du rupia avec de la «irnede tartre, et c'est de tous les topiques celui que j'ai vu réussir le plus clistamment.

je repos et la position horizontale des membres , et une compression métho- <jue hâtent la cicatrisation des ulcérations. Les bandelettes agglutinatives jjjvent être employées dans quelques cas de rupia solitaire ou peu nombreux <l> jambes; mais une fois la forme ronde des ulcères modifiée, il convient de ilnplacer ces bandelettes par un linge fenêtré couvert de charpie, maintenu Jr un bandage compressif. Si l'on persiste dans l'emploi des bandelettes, 1 chairs deviennent presque toujours violacées et fongueuses, ce qui nécesiedes cautérisations répétées. Celles qu'on pratique avec le nitrate d''argent iit souvent salutaires. On peut aussi dans quelques cas, cautériser avec les î des nitrique ou muriatique, ou avec le nitrate acide de mercure. DiCT, DE Médecine et de Chirurgie pratiques.

Lorsque l'éruption s'est étendue à plusieurs régions du corps , il faut avoir recours aux bains alcalins et aux bains sulfureux alteinés avec des bains simples ; lorsqu'ils produisent une trop vive excitation on les rend moins actifs en diminuant la dose de leurs principes constituans.

Pour nettoyer la peau et détacher les croûtes, et afin de mieux apprécier l'état des excoriations , je fais presque toujours administrer un bain tiède aux malades qu'on reçoit dans nos hôpitaux. Les scrofuleux prennent un bain sulfureux et je le renouvelle quelquefois pendant le traitement.

A peine existe-l-il quelques observations parliculières sur ie rupia , dans lesquelles les symptômes de la première période de ceUe maladie soient exactement décrits ; cependant cette éruption est plus fréquente que le pemphigus. Si elle est généralement moins hien connue des médecins , c'est que les bulles qui la caractérisent sont toujours peu nomljreuses et bientôt remplacées par des croûtes et des excoriations que plusieurs chirurgiens ont décrites sous le nom d'ulcères atoniques-i d'ulcères cronteuJi', etc. AVillan et Bateman ont les premiers donné une bonne descripiion de cette maladie; Lorry semble l'avoir entrevue {De morbis cutaneis , in-4", pag. 76 et 81 ) ; M. Samuel Plumbe (Â practical irealise on diseases of the shin ; in-8°, Lond., 1824, pag. 156j a cité un cas de rupia aggrave par les préparations mercurîelles. J'ai rapporté plusieurs exemples de celte maladie et d^î ses complications les plus ordinaires dans la deuxième édition de mon Traité des maladies de la peau. Paris , 1835.

(P. Rayer.)

RUPTURE, s. f. Ruptura. Solution de continuité, ordinairement produite par une extension brusque et violente , qui surmonte la force de cohésion des molécules ou des fibres des organes.

Les plaies par rupture résultent de quelqu'une des circonstances suivantes : 1° de commotions ou d'ébranlemens considérables communiqués aux parenchymes, lors de chutes faites de lietix élevés, de percussions violentes exercées sur les parois qui leur correspondent: delà les ruptures du foie, de la rate, du cerveau, du poumon lui-même ; 2° de distensions excessives imprimées h des organes creux, par l'accumulation et le séjour forcé des substances auxquelles ils servent de réservoir ; telles sont les ruptures de la vessie , de la vésicule biliaire , de l'estomac, du tube intestinal , de la matrice , du vagin , du cœur, des vaisseaux artériels et veineux, etc.; 3° de tractions directes, intenses et inopinées, exercées sur les tissus dans le sens de leur longueur, soit par des puissances extérieures, soit, leplus ordinaiienient parlacontractiondes masses charnues : dans cette catégorie se rangent les ruptures des muscles, des tendons, des ligamens.

Toujours , l'état de friabilité , de faiblesse ou de diminution dans la force de cohésion des organes , né de la maladie et dans le plus grand nombre des cas de l'existence de la phlogose, favorise la production des ruptures. La débilité n'en est jamais la cause déterminante ou unique, elle ne fait qu'y prédisposer les tissus , et parfois cette prédisposition arrive à un tel degré que l'effort le moins considérable suffit pour produire l'accident C'est ce qu'on observe chez certains sujets disposés aux fractures spontanées , chez les scorbutiques, dans les cas de ramollissemens du cœur, de l'estomac, de la vessie , dans les anévrysmes faux, dans les varices volumineuses , etc.

De toutes ces variétés des ruptures, les seules dont nous ayons à traiter ici sont les ruptures musculaires et celles de certains tendons. Il a été question des autres à l'occasion soit des maladies dont la rupture constitue la dernière période , comme les anévrysmes , les varices , les étranglemeks ; soit des accidens qui les déterminent , tels que la commotioh , la contusion , etc. ; soit enfin des organes qui peuvent en être le siège, comme le coeur, la vessie, la matrice , le VAGiM , etc.

A. Les ruptures musculaires surviennent constamment durant la contraction des fibres charnues, contraction qui n'a pas même besoin , pour déterminer ce résultat , d'être très-intense et très-soutenue. Si l'on observe des ruptures du diaphragme sur les chevaux attelés à des voitures trop pesamment chargées et qui succombent tout-à-coup sous l effort exagéré qu'on exige d'eux, si l'on a vu chez l'homme le muscle psoas se déchirer pendant l'action difficile de soulever un fardeau très-pesant, il est plus commun d'observer des ruptures partielles des muscles sacro-lombaires à l'occasion d'efforts exercés pour chausser une boite étroite ou pour déplacer un objet assez léger ; un faux pas suflit pour déterminer un éraillement par rupture dans les muscles postérieurs de la jambe. Il semble que la surprise entre pour quelque chose dans cet accident et qu'il survienne en grande partie parce que les fibi es charnues n'étaient pas préparées à supporter l'action brusque et instantanée qu'elles ont dû exercer.

Une douleur excessivement vive et pénétrante, qui arrête presque toujours tout-à-coup le mouvement commencé, accompagne la rupture. Le malade entend parfois, dans la partie lésée, une sorte de craquement ou un bruit de déchirure. A ces premières impressions succède un sentiment d'engourdissement profond , de contusion , de gêne , peu marqué lorsque le sujet est en repos , mais que réveille le moindre mouvement avec une extrême intensité. La partie se tuméfie, le point rompu est très-sensible au toucher ; si les fibres déchirées sont superficielles et nombreuses, le doigt peut sentir l'enfoncement produit par leur écartement. Une ecchymose se manifeste enfin , et s'étend à une distance plus ou moins considérable , selon le nombre des vaisseaux compris dans la rupture qui ont laissé échapper le sang.

Les lésions dont il s'agit sont toujours plus graves que ne sembleraient au premier abord le faire supposer la sensibilité assez obtuse, la situation extérieure et le peu d importance organique des muscles. Dans les cas les plus simples , la douleusriet l'impossibilité de mouvoir les parties persistent durant plusieurs jours ou même plusieurs semaines ; lorsque la rupture comprend des faisceaux charnus considérables, on voit survenir de la fièvre , de l'agitation; et souvent l'inflammation locale se termine par des abcès dont la cicatrisation est

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