SABINE
tlifficile à obtenir. Enfin , si des muscles intérieurs tels que le diaphragme , un i des psoas ou des iliaques sont le siège de l'accident, la mort peut en être le résultat immédiat ou peu éloigné.
Un repos absolu, le relâchement de la partie atteinte, sont les premières conditions pour obtenir la guérison des ruptures musculaires. Des ventouses scarifiées devront être appliquées sur la région correspondante aux fibres divisées ; des topiques émoliiens et narcotiques , aidés d'une compression douce et éj^ale, leur succéderont. Ces soins devront être secondés par des boissons délayantes , une dièle sévère , rattenlion d'entretenir la liberté des excrétions alvines. Enfin , si le sujet est jeune et robuste , ou bien encore si la rupture est étendue et considérable , une ou plusieurs saignées veineuses devront être pratiquées afin de prévenir ou de modérer le mouvement inflammatoire qui tend à se développer. Dans le plus grand nombre des cas, ce traitement simple, appliqué avec énergie , et poursuivi avec persévérance, suffit pour faire avorter tous les accidens. Mais si, malgré son emploi convenable , l'Inflammation locale faisait des progrès, il faudrait la combattre à l'aide des médications indiquées, ouvrir les abcès et s'efforcer de remédier aux accidens consécutifs à l'aide des moyens les mieux appropriés à leur nature. Ce qu'on ne saurait trop recommander , parce que les malades s'y soumettent en général avec une très-grande difliculté , c'est la continuation du repos jusqu'à l'entière consolidation des parties rompues.
B. Parmi les ruptures des tendons , celle du tendon d'Achille, dont J. L. Petit décrivit le premier les symptômes avec exactitude , est à-la-fois la plus grave et la plus fréquente. Un effort violent pour soulever le corps du sol, pour franchir un fossé , pour le soutenir pendant la descente d'un escalier, sont autant de circonstances qui ont suffi pour rompre ce faisceau fibreux si considérable et si solide.
Un bruit analogue à celui qui résulterait de l'écrasement d'une noix , une sensation semblable à celle que produirait l'enfoncement brusque du talon dans une excavation profonde; sont les deux phénomènes qui annoncent d'abord la rupture qui nous occupe. Le sujet ne peut se relever et marcher à la manière ordinaire ; il est obligé , ou de ne s'appuyer que sur une jambe , ou ne s'aider de celle qui est blessée que pour aller en arrière , sur le siège, en prenant avec le pied un point d'appui contre le sol. Aucune douleur vive , aucun accident inflammatoire intense n'accompagne ou ne suit la rupture. Les circonstances commémoratives , la mobilité du pied en avant , l'écartement facile à sentir entre les deux bouts du tendon divisé , et qui augmente et diminue selon que la jambe ou le pied sont étendus ou fléchis , tels sont les signes de la lésion qui nous occupe.
J. L. Petit a parfailement exposé les indications curatives que font naître la rupture du tendon d'Achille. Rapprocher autant que possible, et maintenir dans cet état les attaches des muscles jumeaux et soléaire , constituent tout le problème à résoudre. Une pantoufle, au talon de laquelle était cousue une longue et forte lanière en cuir chaussait le pied ; une genouillère composée de deux parties, afin d'embrasser exactement la partie inférieure de la cuisse et la partie supéiieure de la jambe, s'appliquait autour du genou. Celte pièce portait à sa portion fémorale une boucle dans laquelle venait s'engager la lanière de la pantoufle, après avoir passé dans un coulant de la portion jambière ; de telle sorte que le pied était invariablement renversé sur la face dorsale de la jambe, et la jambe maintenue fléchie sur la cuisse, en même temps que la partie blessée , laissée à découvert , pouvait être recouverte de topiques convenables , et pansée selon le besoin.
L'art n'a rien créé de mieux encore sur ce point. La demi-guêtre que Monro plaça autour de la partie supérieure de sa jambe, et qu'il crut propre à ramener par une prCbsion exercée de haut en bas, les muscles du mollet contre le calcanéum, n'ajoute lien à l'appareil de Petit. Cette demi-guêtre, à laquelle la lanière de la pantoufle vient se fixer , d'une part, n'est pas ;ipplicable à toutes les jambes , et de l'autre , ne s'oppose en rien aux mouvemens de la jambe sur la cuisse , qui étendent si fortement les muscles jumeaux.
L'attelle en fer élastique , placée par Monro , en avant de la jambe et du pied , et prenant un point d appui sur ces deux parties , afin de maintenir l'extension de la dernière, est une pièce utile vers la fin du traitement, afin de borner le mouvement des parties , lorsque l'on commence à permettre au malade de s'en servir ; mais sou importance n'a pas semblé assez grande pour que Monro ait trouvé des imitateurs dans l'applicatiou qu'il en a lait.
Dupuytren u été plus heureux, en voulant soustraire les sujets atteints de rupture du temlon d'Achille au repos absolu de tout le corps qu'ils devaient garder. 11 imagina de faire reposer lajainbc malade sur une jambe de bois ordinaire , de la partie postérieure de laquelle partait une gouttière horizontale, qui soutenait le membre jusqu'au pied. L'appareil de Petit était d ailleurs appliqué , et du talon et de la pantoufle partait une seconde courroie qui , allant se fixer à une ceinture placée autour du bassin , achevait de supporter le poids de la jambe, et facilitait les mouvemens de progression. Ce grand praticien a traité ainsi plusieurs personnes qui n'ont eu besoin de suspendre en aucune manière , ni leurs exercices, ni leurs occupations.
Mais on n'a pas toujours sous la main, à la campagne, à l'armée , dans les hôpitaux même , la pantoufle de Petit, l'attelle de Monro, la jambe de bois à gouttière de Dupuytren , et il faut suppléer à ces machines. Dans un cas de section en travers du tendon d'Achille droit, qui est encore sous mes yeux , j'ai employé ra])pareil suivant, dont le succès a été complet. Une pièce de toile longue et résistante a été fixée par une de ses extrémités sous la face plantaire du pied, à l'aide d une bande enveloppant celte partie. Le pied fut renversé ensuite sur la jambe; la plaie étant réunie et recouverte d'une compresse fenê-
trée enduite de cérat et de charpie , des compresses circulaires affermirent cel appareil immédiat; la pièce de toile fut étendue le long de la portion posté rieure delà jambe, fléchie sur la cuisse, jusqu'au-dessus du jarret , et fixée d'abord en haut par des compresses circulaires entourant la partie supérieure du mollet , puis par un bandage roulé partant du talon , et s'etcndant jusqu'ai genou. Arrivé au genou, la bande fut portée autour de la partie inférieure d( la cuisse, et arrêta solidement l'extrémité supérieure de la pièce de toile. A8n de prévenir mieux encore les mouvemens d'extension du pied, une attelle et bois mince et élastique fut placée, sur un remplissage convenable, au-devan de l'arliculalion tibio-tarsieniie , et fixée par de nouveaux tours de bande. Et | afin que le malade n'étendit pas involontairement la jambe, durant le soramei une anse de bande parlant de la partie postérieure d'une ceinture placée autour du bassin , entoura le pied en forme de cravate , et limita son écartemeni de la fesse. Toutes les indications ont été ainsi remplies , et la cicatrice la plu immédiate fut obtenue en deux mois.
La rupture des autres tendons, tels que ceux des muscles extenseurs de 1;! jambe et du triceps-brachial , réclament l'emploi des appareils ordinairemeni usités contre les fractures de la rotule ou de l'olécrane.
Quant à la rupture du tendon du muscle plantaire grêle, je crois avoir par 1 faitement démontré que l'on a confondu avec elle des éraillemens opérés dau:| ji les fibres charnues des muscles jumeaux et soléaires , ainsi que j'ai eu plusieuri j; fois occasion de m'en assurer par l'examen des symptômes et la marche deii i accidens qui surviennent en pareil cas. (L, J. Bégis.)
SABINE. Juniperus Sahina. Plante de la famille des conifères et de la dioé' ' cie monadelphie. C'est un arbrisseau commun dans diverses contrées de l'Europe' ' méridionale, et qui est pourvu de propriétés excitanles assez notables , qu avaient appelé l'attention de l'antiquité. Il est vrai que ces premières observa' ' tiens furent assez peu exactes , et qu'elles ont été bien peu utiles pour la prai * tique. Quoi qu'il en soit, les feuilles de sabine présentent une odeur forte e*' pénétrante, qui est aromatique jusqu'au point de devenir désagréable ; elle!' ont en même temps une saveur chaude , acre et amère. On ne possède paW d'analyse bien faite de la sabine, qui, d'ailleurs, est assez peu usitée de no^* jours : ce qu'on en sait d'après un examen superficiel ; c'est quelle contieni une grande proportion d'huile volatile et de résine , auxquelles on est naturel'!'' lement conduit à rapporter les vertus qu'on lui connaît.
A l'intérieur , la sabine fraîche ou sèche agit comme irritante d'une manier»!» non équivoque : aussi l'a-t-on employée comme catliérétique sur les plaies fon-jt gueuses et les excroissances et végétations, contre lesquelles néanmoins elle si montre moins efficace que les caustiques plus énergiques , tels que les nitrate! : d'argent ou de mercure. Quant à son impression sur les organes intérieurs , i'; est facile de la prévoir : elle porte sur le tube digestif et principalement sur m -■ partie inférieure, et s'irradie sur les organes circonvoisins.
C'est de là sans doute qu'est venue l'opinion fort ancienne qui a rangé la | Sabine au nombre des emménagogues les plus puissans. On a vu au mol I EMMÉNAGOGL'F. Combien pcu de niéiticamens jouissent d'une action directe suii l'appareil utérin , soit pour y provoquer le flux menstruel , soit pour ameoeo l'issue prématurée du produit tle la conception , bien qu'on ait géiiéralemenli regardé ces mêmes substances comme douées de cette double propi iété. Maijj on sait positivement que la sabine , loin de rappeler les règles dans tous leii cas, ne fait, lorsqu'il existe un état de pléthore et d'irritation , qu'augiiienteili le mal ; et que, dans les circonstances opposées, elle n'opère que d'une manière indirecte et par contiguïté. Il faudrait une série d'expériences bien faites pout démontrer si les différences dans les doses et le mode d'administration amèneni des résultats dissemblables ; jusque-là il sera bien difficile d'accorder entre euJ des praticiens dont les uns considèrent la sabine comme emménagogue etmême abortive , tandis que les autres la prescrivent avec confiance, pour arrêter leJ hémorrhagies uti'rines et pour prévenir les fausses couches. Néanmoins la première opinion est celle qui compte le plus de partisans parmi les médecins, et l'on continue à administrer la sabine dans le cas de menstruation diflicile , pourvu toutefois qu'il n'y ait pas de phénomènes inflammatoires présens ouimminens. Mais, dirons nous , dans des conditions semblables , lorsque le retard dans l'apparition ou le retour des menstrues dépend de l'anémie ou de la faiblesse générale, ne convient-il pas d'agir sur féconomie en général , plutôt que d'aller solliciter par des médicamens un organe toul-à-fait innocent , si l'on peut ainsi dire, des désordres observés, et sur lequel les stimulations intempestives ne s'exercent pas impunément? En général , les praticiens qui ont recours à la sabine l'administrent à faible dose (cinq , dix , quinze grains par jour), et en continuent, pendant plusieurs mois , l'emploi qu'ils secondent d'ailleurs par un régime approprié et par des moyens accessoires, IcIj que bains généraux , pédiluves, fumigations, frictions sèches ou aromatiques, gymnastiques , etc.
Outre cette application spéciale , la sabine a été encore préconisée contre leJ affections vermineuses et notamment contre le tœnia, le plus opiniâtre de tous les entozoaires. Elle a donné d'assez bons résultats, mais plutôt contre les ascarides vermiculaires et lombricoides que contre le ver solitaire, et dail-j leurs il y a des vermifuges dont l'éfficacité est bien moins contestable, et dont | l'action irritante est beaucoup moins grave. On peut envisager , sous le même i