SALICINE
SALIVATION
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(Martin Solok. )
SAI?lT-BOIS. Foj-ez Garotj.
SALEP. f^'oj-ez Aliment.
SALICINE. Substance nouvellement découverte dans Técorce de saule et qu'on a cru d'aboid alcaline. Avant d'entrer dans de plus grands détails sur celte matièie , nous devons dire que déjà depuis long-temps l'écorce du saule commun , salix alba, avait été employée en médecine et cju'on y avait trouvé un remède assez efficace contre les fièvres intermittentes , sans parler des autres applications qui ont été généralement moins heureuses. Son amertume prononcée devait appeler sur elle l atlention des praticiens et celle des chimistes. Les premiers, à une époque où les recherches de la chimie organique n'étaient pas encore h l'ordre du jour , cherchèrent dans l'écorce de saule une succédanée du quinquina que leur indiquait une certaine analogie de propriétés physiques. Les essais furent suivis d'heureux résultats ; des fièvres d'accès de diffërens types furent guéries; seulement des fièvres quartes automnales se monlrèient rebelles et durent êUe combattues par l'écorce du Pérou. Cependant c'était une conquête que d'avoir limité le nombre des cas où l'on employait le médicament exotique , et de l'avoir remplacé par une substance commune et sans presque aucune valeur : aussi continua-t-on de l'administrer dans divers pays et surtout en France , à l'époque où l'on ne pouvait s'y procurer le quinquina qtt'au prix de l'or. D'ailleurs , on ne se bornait pas à l'opposer aux fièvres intermittentes, mais on en fit le même usage que du quinquina comme tonique, anti septique , Vermifuge, etc. On donnait l'écorce de saule en substance et pulvérisée à la dose de deux h quatre gros : on en faisait un extrait mou et surtout un extrait sec dont on faisait prendre de quinze à trente grains. Deux onces par pinte d'eau étaient la mesure ordinaire pour la décoction, et l'on faisait usage quelquefois du vin dans lequel on avait fuit infuser ce médicament. A l'extérieur, on utilisait aussi la décoction , le vin et la poudre suivant les indications.
Ce fut en 1825 , que la salicine fut signalée dans l'écorce du saule blanc par M. Fontana , pharmacien à Lazlze , près de Vérone , qui dominé par les idées d'alors , crut y avoir trouvé un alcaloïde. Mais plusieurs autres chimistes s'étant occupés du même sujet on reconnut que celle matière se comportait autrement que les alcaloïdes, et en outre qu'on pouvait l'extraire de diverses espèces de saules et même de peupliers. Malgré quelques dissidences sur la nature réelle de ce qu'on appelle salicine et quelques différences dans l'aspect qu'elle présente , on est assez généralement convenu de la considérer comme efficace dans les fièvres d'accès et cependant les uns disent que la matière extraite de 1 écorce de saulen'est pas un alcali, les autres prétendentqu'elle devient alcaline par le contact des acides faibles , et finit par former de véritables sels.
Quoi qu'il en soit, la salicine considérée actuellement comme pure et qui est renfermée dans l'écorce dans la proportion de cinq pour cent de son poids , est neutre, non azotée, cristalline, blanche, d'une saveur très-amère, un peu aromatique. Elle est soluble dans l'eau froide et plus encore dans l'eau chaude, mais surtout dans l'alcool ; elle est insoluble dans la plupart des autres menstrues. Les sidfates et nitrates qui se forment de cette substance sont excessivement amers. On suit pour la préparation de la salicine un procédé analogue à celui employé pour la quinine : c'est-à-dire la décoction traitée par le sous-acétate de plomb, laquelle évaporée, décolorée parle noir animal , puis filtrée bouillante , et enfin refroidie laisse déposer la salicine. On remarque que la salicine impure est plus amère et plus aromatique que celle qui a été purifiée par le charbon. Serait-elle plus efficace ? Ce fait , au moins , ne doit pas être perdue de vue tians la pratique.
Pour l'emploi médical de la salicine la marche était toute tracée. D'une part les propriétés fébrifuges de l'écorce de saule étaient connues depuis long-temps, de l'autre on avait reconnu déjà l'avantage d'isoler les principes actifs des médicamens, des substances inertes et rélractaires à l'action des organes digestifs. On administra donc la salicine et les sels qui en proviennent à la dose de dix , vingt , trente , et jusqu'à deux cents grains dans de nombreux cas de fièvres intermittentes , et il y eut d'assez nombreux succès ; il y eut même de l'enthousiasme ; car on ne craignit pas de dire que ce médicament égalait en vertu le sulfate de quinine. Mais l'expérience n'a pas encore, tant s'en faut, confirmé
ces espérances ; et le sulfate de quinine reste encore , avec raison , investi de la confiance des praticiens auxquels il a rarement manqué dans le moment du besoin. Ce serait néanmoins un avantage considérable que de pouvoir substituer à la quinine , dans un grand nombre de fièvres , un médicament indigène , et l'emploi de la salacine doit être encouragé, aussi bien que les recherches tendant à préciser les conditions diverses dans lesquelles son administration peut être plus fructueuse. Il est facile de concevoir que celte substance doit être également expérimentée dans les autres cas où le quinine se prescrit d'ordinaire. Mais nous ajouterons que ces recherches devront être dirigées dans uni esprit philosophique et judicieux ; et qu'on ne devra pas s'empresser de cou-i dure sur quelques faits légèrement observés, comme on le fait trop souvent.
(F. Ratier.)
SALIVATION. Dénomination inexacte , mais consacrée par l'usage et désignant une inflammation de toute la membrane muqueuse de la bouche et de' tout l'appareil sécréloire qui s'y trouve annexé, inflammation occasionée le plus souvent par l'usage des préparations mercurielles et qui doit être distinguée du ptyalysme, ainsi que nous l'avons exposé (Voy. Ptialismc). Ce n'est point une simple augmentation de la sécrétion salivaire , et le liquide que rendent les malades n'est point de la salive seulement , mais un mélange de la salive et des: produits fournis par les follicules muqueux de toute la cavité buccale.
Le mercure, de quelque manière qu'il s'introduise dans l'économie, lorsqu'il] iW est poussé à une certaine dose , variable suivant les dispositions iudividuellesj iti et les circonstances environnantes, produit une série de phénomènes constansj iflft et qu'on peut appeler spécifiques , qu'on a fréquemment occasion d'observer] H chez les ouvriers qui le manient et chez ceux qui sont soumis à son emploi thé- fa rapeutique. Nous n'avons pas à parler ici du tremblement mercuriel. ( Foyez^ ni Hydraghtrif,.) :ii
La quantité de mercure employée influe peu sur la production de la saliration , niais bien seulement celle qui est absorbée , portée dans les voies cir-i «il culatoires et relenue dans l'économie. Un' demi-gros d'onguent mercuriel ent 'ff frictions, deux pilules d'un grain suffisent pour déterminer ce résultat. L'ob-|.nli servation montre que l'impression du froid sur la peau, en supprimant la trans-i iiSf piration , favorise particulièrement l'apparition de la stomatite mercurielle ; de' même que de deux malades usant du mercure en proportions égales , celui quii «f! est affecté de constipation est pris de cette phlegmasie avant l'autre. SouventoniiS* a vu dans les deux siècles qui précèdent les personnes chargées d'administreriMt^ les frictions saliver avant celles qui les recevaient. Ces deux conditions sont^w d'une grande importance et doivent servir de guide dans la direction du traite-t''»is< ment mercuriel, suivant qu'on a le dessein de produire ou d'éviter la salivation.i « En outre, on doit tenir compte de l'âge, du sexe, du tempérament et de la anl disposition individuelle de la peau. i jljii
Les phénomènes précurseurs de cette affection, lorsqu'elle n'arrive qu'à la! ipn longue , ce qui n'est pas le cas le plus ordinaire , sont un goût désagréable ell'.féi comme cuivreux dans la bouche, accompagné d'un léger endolorissement dei M la membrane muqueuse qui revêt cette cavité, comme aussi des dents quit ioJi semblent molles et moins solidement fixées dans leurs alvéoles. Bientôt , lors-i*jii que surtout on continue l'usage du mercure , un gonflement rapide s'emparel '»^ de toutes les gencives, de la face interne des joues, de la langue el du palais, i âi qui deviennent chaudes et douloureuses, et qui par leur augmentation de vo- ! .tl lume reçoivent l'empreinte des dents avec lesquelles elles se trouvent eu con-|.îtii tact. La rougeur n'est pas considérable; il semble au contraire que les partiesl lii sont plus pilles qu'à l'ordinaire : mais cet aspect tient à ce que la muqueuse est! 'h recouverte d'une exsudation blanchâtre au-dessus de laquelle elle se trouve d'un i m rouge assez vif. Les parties, qui sont le plus tuméfiées el plus exposées à la| .,1 compression, ne tardent pas à s'ulcérer, et les ulcères qu'on voit alors s'élargis-t is. sent beaucoup et présentent une surface grisâtre, mollasse et fongueuse, d'où . b le sang s'écoule avec facilité. Tout le tissu cellulaire ambiant s'engorge à son j Kl; tour , aussi bien que les ganglions lymphatiques auxquels se rendent les vais- i iliij seaux de cette région , et il n'est pas rare de voir les malades dans l impossibi- 1 Mi lité absolue d'écarter les mâchoires et presque d'avaler à raison de la tuméfac- ' (il tion générale qui peut rendre la suffocation imminente. La fétidité de l'haleine I qui se montre ordinairement dès le début de l'affection , devient alors extrême, > \i et presque caractéristique. ' il
Mais le symptôme qui a dû fixer davantage l'attention des observateurs , et Mi qui a , en dépit de la raison , imposé son nom à tout le groupe d'accidens mor- 1 !]i bides , c'est le flux plus ou moins abondant de salive. Au tlébut , et la salive et ii it les fluides sécrétés par l'appareil folliculaire de la bouche arrivent plus rapide- 1 il' ment dans cette cavité d'où le malade est obligé de les expulser par une sputa-i a tion fiéipiente ; au bout de peu de temps l'aflluence du liquide augmente et )| jjj devient telle qu'on a vu des malades en rendre dans vingt-quatre heures l énorme tl U quantité de huit livres : et cela durait plusieurs jours. C'est ce que rapportent il ^' naïvement, et sans aucune réflexion, les auteurs contemporains de l'emploi > '| exagéré de mercure. ' l
Il y a long-temps qu'on n'a vu de faits semblables , au moins en grand nombre , et qu'on a pu par conséquent observer la salivation poussée à l'extrême; ! 1 cependant quelques praticiens, il n'y a pas vingt ans , faisaient encore saliver | f les malades aff'ectés de .syphilis, c'est-à-dire qu'après avoir provoqué la stoma- I | tite mercurielle , ils l'entretenaient et l'accroissaient par de nouvelles doses de médicament- Il faut lire la description des accidens qui venaient en pareil cas : on y voit qu'aux symptômes locaux que nous avons décrits , et parmi lesquels il faut ranger encore l'extension considérable des ulcères , les escharres gangreneuses et la chute de dents, la nécrose des os maxillaires , le prolapsus de la
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ngue qui sortait de la bouche sans pouvoir y rentrer, de façon qu'on était (ligé d'introduire une sonde dans l'œsophage pour nourrir les malades , se ignaient des phénomènes généraux bien faciles à supposer, savoir : une irrita- )n plus ou moins considérable des voies digestives , et quelquefois d'autres ilegmasies; plus, une fièvre qui pouvait devenir très-intense , à saison de nsomnie et de la douleur extrême à laquelle étaient en proie les malheureux alades. L'amaigrissement qui s'ensuivait est facile à imaginer. Oii ne saurait , sans l'avoir vu , se faire une exacte idée de cette affection, qui ême après sa guérison laissait de longs et tristes souvenirs. En effet , maigre gravité, elle était rarement funeste; peu-à-peu les phénomènes morbides se litigeaient , lorsqu'on cessait l'emploi du médicament qui en était la cause evi- ;nte et unique , et , après une durée de plusieurs semaines , la convalescence rivait.
De nos jours il est rare que la salivation atteigne ce degré de développement, •irce que dès qu'on la voit se manifester on suspend l'emploi des préparations ercurielles, et qu'on tâche de prévenir les progrès du mal. Néanmoins on voit S;scas,où, en dépit de ces précautions , finflammation continue à marcher ins presque qu'on puisse l'enrayer , et nous avons vu des malades fort graveteut affectés , malgré tous les soins qu'on avait pu prendre. Il est à-peu-près utile de noircir encore le tableau des désordres produits sur la bouche par le brcure, pour détourner de l'emploi exagéré de ce remède, auquel on a rejneé aussi légèrement, au moins, pour quelques praticiens, qu'on l'avait jadis îopté d'une manière exclusive et absolue.
!N'esl-il pas singulier qu'on ait songé à rapporter la salivation au virus vénépn fixé, comme on disait, sur les glandes salivaires (Fabre) , lorsqu'on avait tvant les yeux l'exemple de celte maladie chez des sujets exempts de toute fphilis et qui se trouvaient habituellement exposes à une almosjihère mercu- ;lle , lorsque enfin on ne voyait jamais survenir la salivation chez les vénénii non soumis au traitement mercuriel ? Il n'est pourtant que trop vrai que lté opinion a long-temps dominé, et que les efforts du traitement eurent alors ur objet de déloger ce virus en provoquant et en entretenant un flux prolongé salive. Maintenant il n'est pas un médecin , peut-être , pour lequel la salivam mercurielle ne soit une maladie qu'on doit, autant que possible, prévenir eraps et guérir lorsqu'elle s'est développée.
INous avons déjà dit, à l'article mkrcure et au commencement de celui-ci , elles étaient les conditions les plus favorables à la salivation, c'était donc in- (ucr implicitement les moyens de la prévenir. Ce sont les agens propres à /oriser les évacuations alvincs et la transpiration cutanée, et par conséquent ,)rcvenir l'accumulation du mercure dans l'économie. Il va sans dire que ces jécautions ne sauraient avoir d'effet, si en même temps qu'on y a recours on iiploie à dose exagérée les préparations mercurielles. C'est ce que n'ont pas inpris les auteurs qui ont écrit sur celte matière et qui ont voulu chercher , iiprès des théories chimiques , la guérison ou la prophylaxie de la salivation ■ncurielle. Ainsi donc, administrer le mercure à doses modérées, quel que soit Imode d'administration qu'on ait choisi ; ralentir ou suspendre son emploi li qu'il se manifeste un goût cuivreux et une légère douleur des gencives, et t['on y aperçoit un gonflement commençant ; enfin tenir le malade dans des iladitions telles que la transpiration cutanée soit habituellement un peu acli- ■3, et que la liberté du ventre soit complète, tels sont les principes que le ]ilicien doit avoir constamment en vue, et dont nous n'avons pas la prétention ( lui imposer les développemens. L'expérience démontre l'inefficacité des (ûbinaisons et additions par lesquelles on voulait ôter au mercure sespro|)rié- I nuisibles. Le camphre , l'ammoniaque, le soufre, les sullures, les chlorures, , sont absolument inefficaces quoi qu'en aient pu dire les inventeurs de relides.
'lorsqu'on est appelé à combattre une salivation accidentellement développée, jTaut se souvenir d'abord , qu'il est impossible de guérir tout d'un coup cette section, pour peu qu'elle ait d'intensité; ensuite que, quant à présent au liins , il n'existe aucun moyen direct de neutraliser le mercure comme on Ivait autrefois prétendu. Il faut donc se conduire en ce cas précisément comme ( le fait dans les empoisonnemens contre lesquels il n'y a pas d'antidote cerlin, c'est-à-dire faire judicieusement la médecine du symptôme. Supposons la iiladie portée à son plus haut degré de gravité et accompagnée d'une violente licction ; à coup sûr le premier moyen à employer , c'est la saignée, tant géné- Iie que locale , qui n'a pas été recommandée autant qu'elle mérite de l'être et (Ramène un soulagement notable et immédiat, ainsi que nous avons eu sou- ''iit l'occasion de le constater. Il est souvent utile d'appliquer les sangsues dilitement sur les parties enflammées. Après la saignée dans les cas graves, et l|t d'abord lorsqu'on n'a pas à traiter une salivation des plus inflammatoires, fjprésentent les adoucissans tant directs qu'indirects, savoir : les gargarismcs «['les collutoires émolliens avec le lait , les décoctions de guimauve, auxquelles (] peut joindre quelques narcotiques , les figues grasses , la pâte de guimauve •Ijde jujubes placées entre les dents et les joues ; les vapeurs émollientes diri- {|s dans la bouche, puis les cataplasmes du même genre appliqués au-dessus t|la mâchoire et sur les côtés du visage et fréquemment renouvelés. Les tol|ues réfrigéraas ont aussi paru avoir des effets favorables en pareille occur- >|ce.
En même temps il est utile autant que rationnel de favoriser, par tous les 'jiyens possibles , la sortie du poison , par toutes les voies d'exhalation et de Sjjrétion. Aussi n'est-ce point assez de faciliter la transpiration cutanée par le spur au lit et par une température douce et uniforme , il faut l'activer davantje, et les boissons chaudes et abondantes rempliront mieux que les sudorifi-
ques proprement dits , cette indication h laquelle satisferont mieux encore les bains d'étuve sèche ou humide, dont l'action est si énergique et si prompte. Ou ne devra pas craindre d'insister sur cet ordre d'agens thérapeutiques.
Si la constipation est une des causes déterminantes les mieux connues de la salivation, les laxatifs et les purgatifs eux-mêmes doivent être comptés parmi les principaux auxiliaires de son traitement; et ici, point de préférence motivée pour tel ou tel purgatif. Produisez des évacuations par une excitation douce, mais surtout continue du canal intestinal : c'est ce qui est important. Du reste, employez les laxatifs à lorte dose ou les drastiques à doses fractionnées; le résultat légitime et 1 emploi des moyens indicpie la mesure dans lacjuelle on doit se tenir. Mais rien ne saurait être prescrit à la lettre dans celte maladie plus que dans toute autre, et nous ne pourrions dire, comme quelques auteurs, si I on doit donner un purgatif tous les deux , trois ou quatre jours.
Les révulsifs appliques sur la peau peuvent être théoriquement conseillés ; mais leurs effets ne sont pas à beaucoup près assez certains pour qu'on puisse risquer de recourir à ceux qui sont douloureux. Il sera donc utile de se borner aux bains de pieds simples ou animés avec la moutarde , la cendre , le sel , etc. Quant aux vésicatoires vantés par des auteurs qui ont peu pratiqué, ils seraient peu efficaces quand l'inflammation de la bouche est fort aiguë, et quand elle a beaucoup diminué , ils peuvent être considérés comme à-peu-près inutiles.
Nous n'avons à parler ici des médicamens divers qu'on a tour-à-tour conseillés comme exerçant sur le mercure une action chimique, que pour les blâmer tous comme inutiles , et plusieurs d'entre eux comme dangereux. On n'a pas de danger à craindre de l'or à l'état métallique avec lequel le mercure devait, d'après la théorie , s'amalgamer promptement. Il en est de même à-peu-près du soufre sublimé réduit en pilules et aduiinistrés à la dose d'un gros ou de deux gros par jour. Ce dernier médicament au moins a l'avantage d'agir comme un laxatif faible , et sous ce rapport , il n'est pas complètement inutile. Mais les suUures de chaux et de magnésie, l'acide sulfurique , l'acétate de plomb et autres substances analogues, non-seulement ne jouissent d'aucune efficacité particulière , mais encore peuvent, lorsqu'elles sont administrées en trop forte proportion , susciter des inflammations inteslinales plus ou moins graves et provoquer de véritables empoisonnemens loin de contribuer à la guérison.
L'opium et le camphre n'ont pas plus de puissance pour combattre la salivation qu'ils n'en ont pour la prévenir, malgré les assertions contraires d'observateurs prévenus. L'opium peut être utilement associé aux agens thérapeutiques que nous avons indiqués plus haut.
Les aslringens en application locale ne sont nullement convenables dans l'état aigu de la maladie. Tout au plus pourraient- ils trouver place dans le traitement rationnel, dans les cas où l'inflammation , soit primitivement, soit à la suite des moyens employés , a peu d'intensité. Encore ne serviront ils qu'à accélérer un peu la terminaison favorable de la maladie; ce qui d'ailleurs n'est pas à dédaigner : mais employés comme répercussifs , et dans l'intention d'empêcher le développement de l'inflammation , il pourront avoir du succès, pourvu qu'ils soient rais en œuvre à temps , et avec assez de persévérance ; et pourvu aussi que l'on supprime assez tôt le mercure, cause première et évidente de tout le desordre ; autrement la salivation n'en aura pas moins lieu, et les astringens alors ne feraient qu'ajouter à l'irritation commencée.
C'est par cette action astringente et répercussive que peuvent être expliqués naturellement les bons effets de l'espèce de cautérisation superficielle au moyen de l'acide hydro-chlorique , que dans ces derniers temps on a voulu préconiser comme une sorte de s|iéciHque. Si nous attachions quelque importance à une explication , nous ferions remarquer d'abord que, dans la plupart des traitemens mercuriels exécutés de nos jours , le médicament est administré à trop faibles doses et le médecin trop attentif aux résultats pour qu'il ne suffise pas de suspendre , sans employer même aucun autre moyen , pour faire disparaître les accidens; en second lieu, que les cautérisations superficielles pratiquées avec un caustique quelcon(pie auraient le même succès : seulement on devrait peutêtre préférer le nitrate d'argent fondu qui est solide, et dont par conséquent on peut parfaitement borner l'action , aux acides et autres caustiques liquides qui s'étendent jusqu'aux dents , malgré les précautions qu'on peut prendre , et qui leur font subir des altérations plus ou moins graves , el cela sans aucune nécessité. Cependant nous sommes loin de rejeter l'emploi de l'acide hydrochlorique que nous avons bien des fois et depuis long-temps employé avec succès.
La cautérisation superficielle, judicieusement pratiquée, offre une ressource précieuse pour guérir les ulcérations opiniâtres qui succèdent aux salivations prolongées. Ici comme ailleurs , la cautérisation a pour objet de couvrir l'ulcère d'un appareil inamovible qui le garantisse de l'impression des corps extérieurs, et de permettre à la cicatrice de s'établir solidement. Aussi compreudra-l-on qu'il faut renouveler la cautérisation aussitôt que l'escharre est tombée; de même que l'on replacerait sur un ulcère du bras le plumasseau de charpie ou le morceau de sparadrap destiné à le couvrir, s'il venait à se déplacer.
Il est rare que la salivation passe à l'état chronique ; mais en pareille circonstance ce serait surtout sur le traitement local qu'il conviendrait d'insister, et que la cautérisation superficielle et réitérée trouverait une application des plus salutaires. C'est pour avoir méconnu cette vérité pratique que certains médecins ont vu la salivation durer indéfiniment , et produire ces accidens fâcheux qui sont presque sans exemple de nos jours.
Après avoir décrit la salivation mercurielle comme phénomène morbide , et après avoir indiqué les moyens de la prévenir et de la combattre, il nous reste à l'apprécier comme fait thérapeutique dans la syphilis, seule maladie où elle ait été considérée comme ayant une influence curative.