‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 245 sur 311 · SANG-DRAGON · texte numérisé non relu

SANG-DRAGON

[ayer l'aclnnet dans ce cas , sur ce qu'il a vu le sang se coaguler dans tous les aisseaux du poumon par la ligature des deux nerfs pneumo-gastriques. Lobein admet la réalité d'un gaz nerveux susceptible de se mêler au sang, d'en ligmenter le volume et d'être évacué par la saignée , précisément comme si on it pratiqué une saignée aux nerfs eux-mêmes ( Anat . pathol. tome I'''' p. 170 ). our cet observateur, le phénomène de l'érection est dû à l'expansion du sang ar l'influx nerveux qui semble ici produire le même effet que le calorique p. 166). Nous ne saurions nous empêcher de voir de l'exagération dans de areilles idées. Mais si l'on considère le sang dans les capillaires , là où il se •ouve en contact immédiat avec les solides, où il se confond avec eux, où , jnjointement avec les nerfs , il communique la vie aux organes; là sans doute exerce dans toute son énergie cette loi de solidarité qui lie entre cu.k les divers lémens de l'économie ; là le nerf doit agir sur le sang comme le sang agit sur I? nerf. Depuis que Dupuj'tren a démontré par la section des pneumo-gastriues , l'influence de l'innervalion sur l'hématose , les expériences analogues se }5nt multipliées, et, quoique sujettes à controverse, ont néanmoins confirmé ; principe. Lobstein considère Vexcès d'innervation du sang comme un des élélens des maladies inflammatoires; il voit une perversion de cette innervation ans les fièvres malignes, comme dans certains phénomènes anormaux , tels ue ces subites colorations de la peau par impression morale , ces modifications e couleur, de consistance du sang dans les convulsions , les névroses; il voit afin la diminution de l'action nerveuse dans l'altération profonde que subit le !>ng dans le choléra, dans les fièvres , etc. Un des faits qui prouvent le plus irectement l'influence de l'innervation sur le sang, c'est celui déjà cité de cet crame observé par M. Gendrin, chez lequel le sang d'une saignée cessaitd'être oueuneux pendant la syncoj)e. Quoi qu'il en soit des limites de cette influence, ont la réalité nous est démontrée, il est vrai de dire que l'innervation , comme nite autre cause , ne détermine dans le sang que des lésions physiques ou chiliqiies ; c'est pourquoi nous n'avons point admis de lésions vitales.

Wous avons tâché de reproduire aussi complètement que possible , eu égard l'espace qui nous est accordé, les faits et les raisonnemens qui, dans l'état ctucl de la science, nous obligent à reconnaître dans le sang un certain nombre "altérations réelles, primitives, lesquelles nous forcent à conclure : que dans le ing se trouve le point de départ de plusieurs maladies; que, partant, l'exis- ;nce des maladies générales n'est point une chimère. N'oublions pas, pourtant, ue diverses altérations du sang peuvent exister , même à des degrés appréciales, chez des inilividus ayant toutes les apparences de la santé ; mais ces indiidus sont dans l'imminence de la maladie , laquelle peut éclater par la cause ( plus légère. La maladie, en effet, n'est constituée que lorsque apparaissent es lésions fonctionnelles, des altérations d'organes; c'est ce qu'a très-bien exrimé Fernel en disant: humorum affeclus, etiam si conirà naluram sint, nioros non dicimus , (juando quidem in partis substantid non inliœrescunt hi ) hulorum affectus) moibi interventu J'unctionibus incommodant ( PalhologiaUh. 1, aput 3 ). M. Broussais semble avoir voulu traduire cette pensée de l'humoriste ernel, lorsqu'il a dit : « Une cause de la maladie peut bien résider dans les

fluides, mais la maladie proprement dite n'y réside pas, » ( De l'irritation et 'e la folie, p. 45. )

Il nous resterait à faire l'application de ces principes aux diverses maladies n particulier ; nous verrions qu'il en est peu dans lesquelles les altérations mmorales n'entrent comme principe ou comme conséquence. Mais un travail lie ce genre ne peut entrer dans un dictionnaire. Cette application , d'ailleurs, !i été ou sera faite à l'occasion de ces maladies ( voyez notamment les articles

SPHYXIE, CHLOBOSE, EMPOISONNEMEKT, GOUTTE, CRAVELLE, HEMORRHAGIES, HÏDRO-

isiE, PHLÉBITE, PHTHisiE, RHUMATISME, etc .) Disoiis S eulemcnt qu'il nous faudrait ressusciter certaines classes de maladies, certaines idées qui avaient cours |hez les anciens, telles que les flux , les cachexies, les crises, les métastases, les iQcdications spécifiques, etc., choses que nous avons condamnées, avec trop de légèreté sans doute, comme fausses ou même absurdes.

j S'il est vrai, comme l'a dit Bichat, que toute théorie reflue sur la pratique, 'humorisme régénéré est destiné à opérer quelques réformes dans la manière le traiter les maladies ; cette réforme est déjà commencée. Ne nous exagérons )as cependant les perturbations qui peuvent eu résulter dans la thérapeutique : ;e ne sont point les hypothèses qui guérissent, comme l'a dit judicieusement Saglivi , mais bien les remèdes dont l'expérience a démontré les vertus. Malgré 'es révolutions des théories , la pratique reste la même pour tous les prati- |;iens expérimentés; il n'y a de différences que dans l'explication du mode d'action des remèdes reconnus eflicaces. On saignait jadis pour évacuer avec le fang les principes viciés qu'il contenait ; on saigne aujourtl'hui pour prévenir l)u combattre l'inflammation; on purgeait autrefois pour expulser les saburres, pn purge actuellement pour opérer une dérivation. Ainsi les grandes méthodes thérapeutiques restent debout, quelles que soient les vicissitudes des systèmes.

Les auteurs anciens ont servilement reproduit les théories liumorales imaginées par Hippocrale et surtout Galien, jusqu'au temps où l'tatroctiimie vint substituer de nouvelles liypoillièses \ celtes de l'autiquilé. Ce n'est, à vrai dire, que depuis IMorgagni que les alléralions du sang ont été matériellement démontrées et rationnellement expliquées. îfous nous bornerons à ^^ignaler les dorumens principaux.

J.-B. Morgagni. De sedibus et causis morborum , epist, I et 5, 1761.

J. Hunier. A trealise on tbe blood , inflammation and gun-sUot wounJs , London, 1795 , in-4°. — New édition , 1828 , in-8».

I C, Legallois. Le sang est-il identique dans tous les vaisseaux qu'il parcourt? Paris , an XI. Ce mémoire contient le germe des idées modernes sur l'absorption. Frappé de ce que certaines substances ingérées communiquent de l'odeur aux urines, Legallois se servit do ces faits sans prouver que certaines matières peuvent échapper â l'action d'assimilation et passer dans le sang.

N. Dc^-eujr. Considéralious chimiques et médicales sur le sang des ictériques ( 1804 ). Ce travail a servi de point de départ à ceux de MM. Orfîla , Clarion > Clievreul , Lassaigne , IJraconnot , Lecanu , etc. , sur le même sujet.

F. Ribes. Exposé sommaire de quelques recherches anatomiijues , physiologiques et pathologiques ( Mémoires de la société médicale d'émnlntion , t. vili, p. 60i, Paris, 1817 ).

Magendie et Delilte. Expériences sur l'upas tieuté [Journal de physiologie, 1821 ).

Gaspard. Expériences sur l'iDjuclion des matières putrides dans ks veines {Journal de physiologie, 1822 ) . Ce sont les deux mémoires précédens qui ont , pour ainsi dire , donné l'éveil 'i riiumorisme moderne.

F . Tiedemann et Gmélin. Recherches sur la route que prennent diverses substances pour passer de l'estomac et du canal intestinal dans le sang, Paris, 1821 , in-S". — fiecherches expérimentales , physiologiques et chimiques sur la digestion, Paris, 1827 , 2 vol. in-S".

M. Fudera. Fiecherches expérimentales sur l'absorption et l'exhalation, Paris, 1823 , in-S» , fig.

A. -A. f^elpeau. Thèse , 1823. — Divers mémoires sur les altéralious du sang ( Revue méd., 182(3, lom. n , III et iv, et 1829 ).

Ph. Blandin, Thèse , 1824. — Mémoire sur quelques accidens très-communs à la suite des amputations des membres [Journal hebdomadaire de médecine, tom. il, 1829).

Rochoux. De l'altération des humeurs dans les maladies [nouvelle Bibliothèque médicale , 1823). — Maladies avec ou par altération du sang [Archives générales , tom. XIII. — Dc,s systèmes en médecine, et principalement de l'humorisnie , considérés dans leurs rapports avec la nosulogie [Journal hebdomadaire, t. Il , 1829).

F. Leuret et Lassaigne. Pvecberches physiologiques et chimiques pour servir à l'histoire de la digestion, Paris, 1825, in-S".

//. Dutrochet. De l'agent immédiat du mouvement vital, Paris, 1826, in-S°.

Trousseau et Dupuy. Expériences et observations sur les altérations du sang, considérées comme causes ou comme complications des maladies locales [Archives générales, t. ii).

Trousseau et R'got. Mémoire sur les colorations cadavériques des artères et des veines [Archives générales , t. xiv),

J. Bouillaud. Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentielles, Paris-

G. Kaltenbrunner. Expérimenta circa slatum sanguinis et vasorum inllammalione , Stuttgard, 1826 , in-4°, fig.

F. Leuret. Essai sur l'altération du sang ( thèse , 1826) .

F. Leuret et Hamont. Expériences sur le traitement des affeclioQS produites par l'injectiou de matières putrides dans les veines [noiiv. Bibliot. méd. 1827).

Maréchal. Thèse, 1828.

Dance. De la phlébite utérine et de la phlébite eu général [Archives générales de méde-^ cine , tom. xvmetxix).

Rose. Observ. on deposit. of ])US ( Transact. medîc. chirurg. 1829).

Arnott. On ihe secondary etFccts of the inll. of veins ( Transact. med. chir. 1829 ).

G. Andral. Précis d'anatomie pathologique , Paris , 1829 , 3 vol. in-S". — Clinir^ue médicale , 3* édition , Paris , 1835 , 5 vol. in-S".

F. Lobstein. Traité d'anatomie pathologique, Paris , 1829-1833, 2 vol. in-S".

J, Cri/ce(7A(er. Anatomie pathologique du corps humain , Paris , 1834 , in-fol., fig. coloriées , tom. 1" , art. pnLÉBi TE , livraisons iv'=, xi<-', XIU° , XVF.

Lecanu. Mémoire sur l'analyse du sang, 1830. — Nouvelles recherches sur le sang [Annales de chimie et de physique , tom. XLVii , pag. 308). — Lettre sur l'état du sang dans le choléra-morbus [Transactions médicales , tom. xi).

Tf^. Stevens. Observations on the healthy and diseased properties on the blood , London 1832, in-8°.

S. Denis. Recherches expérimentales sur le sang humain , considéré à l'état sain , Paris 1831 , in-8o.

Piorry. Recherches sur le sérum du sang ( Collection de mémoires , 1831 ). M(ï//er. Observations sur la coagulation du sang [Annales des se. nat., 1832). Sabatier. Y a-l-ii des métastases purulentes ( Thèse du concours pour V agrégation., Paris 1832).

R. ff^agner. Zur vergleicheuden physiologie des hlirtes, Leipsig, 1833, in-8".

L. Ch. Roche. Considérations sur les altérations du sang dans les maladies [Journal universel hebdomadaire, 1833). — Nouveaux élémeus de pathologie médico-chirurgicale, 3° édition Paris , 1833, tom. V, pag. 645.

B. H. Everls. Dissertalio physiologico-medica de hœmetosi, Lugduni Batavorum , 1834 in-S».

C. Forget.De l'humoris-iie rationnel (Journal hebdomadaire , 1834-1835). Hermann. Recherches sur le sang des cholériques [Archives de la médecine homœopathiquc,

1835 , lom. 11, in-8''. pag. 355.

Voyez les travaux de M. Magendie sur la gravelle (^arl. GRAVELLE , de ce dictionnaire) ; de Prévost et Dumas sur la présence de l'urée dans le sang [Annales de chimie et de physique, lom. XXIU ); de Chevreul sur la matière colorante de la bile trouvée dans le sang {Dictionnaire des sciences naturelles, iom. XLVIi), de F. Boudet, Nouvelles recherches su)- la composition du sérum du sang humain [An. de chimie et de physique , lom. LU, pag. 337 ); et Raspail, Nouveau système de chimie organique , Paris, 1829, in-S". fig.

( Akdral et Forget. )

SANG-DRAGON. Le sang-dragon est une résine dont on connaît plusieurs espèces produites par des arbres très-différens ; mais le plus usité provient il'un palmier des Moluques , et du genre des rotangs , nommé par Linné calanins draco. Les fruits de tous ces arbres sont recouverts d'un péricarpe écailleu,x et imbriqué , et ne diffèrent guère que par leur grosseur ; mais celui du calamus draco est le seul qui soit imprégné , tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, d'une résine rouge qui est le sang-dragon. Pour l'obtenir, on secoue pendant longtemps les fruits dans un sac de toile rude : la résine pulvérisée par le frottement passe à travers le sac. On la fond sur le feu , et on lui donne , pendant qu'elle se refroidit, la forme de bâtons cylindriques ou de globules , que l'on enveloppe dans une feuille de palmier.

Les fruits , étant ensuite concassés et bouillis dans l'eau, donnent une qualité inférieure de sang-dragon que l'on trouve également dans le coramerce ; enfiu le marc lui-même est vendu comme sang-dragon commun.

Dans son état de pureté , le sang-dragon est une résine opaque , d'un rouge brun, devenant d'un beau rouge vermillon parle frottement ou la pulvérisation ;

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