‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 249 sur 311 · SAVONS · texte numérisé non relu

SAVONS

se ABIEUSE.

M. Proust a extrait 0,125 de camphre ; la sauge contient aussi une matière extractive et un peu d'acide g^llique.

La saveur prononcée de la sauge , son odeur forte , et ce que l'analyse chitnique a fait connaître sur sa composition, suffiraient seuls pour faire prononcer jue cette plante jouit de propriétés médicales actives. C'est, au surplus , ce qui résulte de l'ejspérience de tous les temps : la sauge , en effet, n'a cessé de faire partie de la jnatière médicale usuelle depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos ours. Cette plante est donc active , et peut donc être utile : il y a chose jugée sur ce point.

Mais comment agit-elle? Dans quel cas peut-elle être utile ?

Si , pour répondre à ces questions , nous consultons la science écrite , nous y xouvons sur la sauge un langage exactement conforme à celui qu'on y tient sur ine foule d'autres substances , et particulièrement la plupart des plantes de la famille des labiées. Ainsi, la sauge est excitante ; elle provoque de la chaleur lans l'estomac et les autres parties du corps ; elle facilite les digestions , pousse i la sueur , aux urines, accélère le cours du sang, modifie le système nerveux, etc., etc. Ainsi encore, elle est utile dans toutes les maladies où il y a 'aiblesse des voies digestives , dans la dyspepsie , contre les flattuosités , dans outes les aflections où il faut relever les forces , exciter les organes. On la prescrit dans le scorbut, le catarrhe chronique , les fièvres d'accès; on l'emploie en ;argarisme dans certaines angines chroniques, dans les ulcères atoniques des ,'encives ; en bains, contre certains engorgemens lymphatiques, contre la paraysie , l'œdème; on l'emploie surtout pour fortifier le système nerveux, pour emédier aux étourdissemens , aux vertiges, à l'assoupissement, etc. Enfin, oit que l'on considère la sauge dans les propriétés générales qu'on lui attribue, lu en regard des cas où on l'a utilisée, on voit qu'elle se présente comme ayant les propriétés analogues à celles de la lavande, de la mélisse, de la menthe , du omarin , etc. , etc.

Qu'on ne croie pas cependant qu'il soit indifférent d'administrer une de ces liantes plutôt que l'autre : chacune a sa spécificité. A tel malade, il faudra la auge ; à tel autre , la mélisse, la menthe, etc. Seulement on ne peut , dans état présent delà science, formuler d'avance avec précision les différences |ui existent entre les propriétés modificatrices de ces médicamens. Aussi, un rticle sur la sauge pourrait-il , avec très-peu de modifications, servir aux aures substances aromatiques , ce qui ne veut pas dire , je le répète , qu'il y ait lentité parfaite d'action entre chacune d'elles.

Avant de se servir de la sauge, il convient de la nettoyer avec soin, les aspéités de sa feuille étant susceptibles de retenir des corps étrangers. C'est en infuion aqueuse qu'on la donne le plus souvent : une bonne pincée suffit pour une inte de tisanne ; la dose est beaucoup plus forte , quand l'infusion doit être mployée à l'extérieur. (Léop. Deslamdes. )

SAVONS, s. m. On nomme ainsi les composés qui résultent de l'action des ases alcalines sur les corps gras. Pendant long-temps, on les a crus formés par ] combinaison directe du corps gras et de l'alcali ; mais on sait aujourd'hui que ans l'acte .de la saponification, et en absorbant les élémens d'une certaine uantité d'eau , chaque corps gras se transforme en un acide qui se combine à 'alcali, et en un corps neutre, sucré , incristallisable , qui reste dissous dans eau. Schéele , qui a découvert ce dernier corps dans la saponilicatioir de l'huile ar l'oxide de plomb , c'est-à-dire dans la préparation de l'emplâtre simple , lui vait donné le nom Ae principe doux des huiles ; M. Chevreul , qui a reconnu Dsuite sa présence dans les savons alcalins , l'a nommé glycérine. Pour mieux aire comprendre la manière dont se forme ce corps, 'prenons l'un des corps ras pour exemple, soit la stéarine , qui se transforme par la saponification en xide stéaricjue et glycérine : la stéarine est formée de carbone, 73 atomes ; hyrogène 140 ; oxigène 7 ; ce qui répond à

Carbone. Hydrogène.

Acide stéarique anhydre 70 at. 134

Glycérine anhydre 3 6

Oxigène.

Mais ces deux corps n'existent pas isolément sans eau ; ils prennent à celle ue l'on introduit dans le mélange trois atomes doubles d'eau , et les produits e la saponification deviennent :

Icide stéarique hydraté. C70 H134 05 + H4 02 C3 H6 02+ H2 01

ilycérine hydratée.

C73 H140 01\m Od=C73 H146 010

On prépare pour les arts et pour les usages domestiques plusieurs espèces de avons qui sont :

\°.'Lesavon vert ou sat^on noir, obtenu en saponifiant un mélange d'huile de henevis et de suif par la potasse caustique; il est mou , de la consistance d'un inguent , d'un vert noircâtre , d'une odeur désagréable, très-alcalin et caustique ur la peau ;

20. Le saison blanc et le sauon marbré de Marseille, préparés avec de l'huile l'olive mélangée d'un cinquième d'huile de pavots, et la soude; le premier est olide, blanc, opaque, d'une odeur non désagréable, et formé de margarate et l'oléate neutres de soude. Ce savon se dissout complètement dans dix parties l'eau, à quatre-vingt degrés, et la solution se prend en gelée par le refroidisement; mais si on l'étend d'une grande quantité d'eau , il forme un précipité lacré de bi-margarate de soude. Il se décompose dans les eaux chargées de sels talcaires ou magnésiens : il se forme alors un sel soluble à base de soude , et un

DiCT. DE MÉDECIKE ET DE ChIBTTBGIE PKATIQVES.

savon de chaux ou de magnésie qui se précipite. Cet effet est surtout sensible avec les eaux des puits de Paris , et c'est pour cette raison qu'elles sont impropres au savonnage ; le savon marbré de Marseille doit sa couleur à un compose de matière grasse, d'alumine et d'hydrosulfate de fer qui se trouve inégalement réparti dans sa masse ; il contient d'ailleurs moins d'eau que le premier;

Le saison animal ou de graisse de porc, solide, dur, blanc, cassant, usité pour la préparation du baume opodeldoch ;

4°. Le savon transparent pour toilette, préparé en saponifiant de la graisse de bœuf par de la soude pitre , dissolvant le savon desséché dans l'alcool, filtrant la solution , et la versant dans des moules lorsqu'elle est concentrée à un certain degré ;

5°. Enfin, 'le sai'on médicinal oa amygdalin se prépare dans les pharmacies, en mélangeant à froid une partie de soude caustique liquide , concentrée à trentesix degrés de Baiimé, et deux parties d'huile d'amandes douces récente. On agite très-souvent, jusqu'à ce que le mélange ait acquis une consistance demi solide , et que l'huile et la soude paraissent parfaitement unies ; on le coule alors dans des moules de faïence que l'on place dans une étuve médiocrement chauffée, afin que le savon achève de se solidifier; on le détache des moules, et on l'expose à l'air pendant un mois avant de l'employer; ce délai est nécessaire pour qu'il n'y reste pas d'alcali caustique non combiné. Ce savon diffère d'ailleurs de ceux du commerce, en ce qu'il contient la glycérine ou le principe doux des huiles. (Guibourt.)

SAVON. (J'Ae/w/^eat/çue.) On emploie depuis long-temps le savon en médecine , et on le prépare même spécialement pour cet usage sous le titre de savon médicinal , dans lequel la combinaison de la soude avec l'alcali étant complète, on n'a point à craindre d'action caustique. Dans cet état , le savon présente une saveur douceâtre à-la-fois et un peu salée qui est caractéristique ; il se dissout bien dans l'eau, surtout quand elle est chaude , et dans l'alcool affaibli.

Les emplois thérapeutiques du savon, qui étaient jadis purement empiriques , ont été rëgularise's par la chimie moderne. Les anciens guides, par des analogies plus ou moins exactes, voyant la facilité avec laquelle le savon s'associait à certains corps , et en favorisait la dissolution et le mélange , l'avaient regardé comme un dissolvant très-actif, et conséquemment l'avaient conseillé dans les maladies appelées engorgement et obstruction; ils l'avaient cru propre à fondre les calculs urinaires , biliaires et arthritiques ; à provoquer la résorption des liquides épanchés, etc. D'après les mêmes idées , ils l'employaient à l'intérieur comme un résolutif, ou un fondant sur lequel ils comptaient beaucoup.

Maintenant, on donne le savon à l'intérieur , en dissalation dans l'eau, comme un bon antidote dans les empoisonnemens par les acides. Il est de beaucoup préférable en ce cas aux solutions alcalines qui peuvent agir comme irritantes , avant d'avoir atteint l'acide avec lequel elles doiventsecombiner.il présente d'ailleurs un excipient avantageux pour administrer certaines substances peu solubles, comme les résines, etc., qui, ainsi combinées, se présentent dans des conditions plus favorables à l'absorption; l'huile de croton,par exemple, convertie en savon ne perd rien de ses propriétés , et se prend plus facilement et avec moins de dégoût que lorsqu'elle est pure.

Le savon donné à l'intérieur, h la dose d'un à deux gros, agit comme un assez bon purgatif, et pourvu qu'il ne contienne pas une excès d'alcali, il ne détermine pas d'irritation trop considérable.

D'ailleurs , on ne saurait reconnaître à ce sel, car ce n'est pas autre chose, de propriétés qui puissent le faire recommander d'une manière particulière dans telle ou telle maladie, ainsi qu'on l'avait autrefois prétendu.

A l'extérieur, les lotions savonneuses peuvent être considérées comme utiles, dans diverses affections de la peau, d'abord comme dissolvant et entraînant les produits de sécrétion déposés à la surface de cette membrane, puis en favorisant sa perspiration. Nous avons dit ailleurs combien ces lotions étaient un excellent moyen prophylactique de la syphilis , et combien il serait avantageux d'en populariser l'emploi.

Quant à l'emplâtre de savon qu'on prescrit encore comme résolutif et fondant, nous n'avons pas remarqué qu'il fût plus actif que le diachylon gommé par exemple. Il n'est pas d'ailleurs irritant comme l'emplâtre de Vigo et autres du même genre. (F. Ratier. )

SCABIEUSE. Scabiosa. Plante qui a donné son nom à fout un groupe de la famille des dypsacées de la tétrandrie monogynie, et qui doit elle-même lesien à la propriété qu'on lui attribuait autrefois de guérir la gale. On en compte plusieurs variétés qui se ressemblent par la presque nullité de leurs qualités médicamenteuses. Celle qu'on employait le plus contre la gale, sans qu'on ait jamais motivé cette préférence, est la scabiosa silvatica.

Au reste les différentes espèces de scabieuses ont une saveur légèrement amère ; ce qui a suffi aux auteurs de matière médicale pour la faire figurer parmi les résolutifs, les dépuratifs, les sudorifiques et les astringens. On a même été jusqu'à les conseiller contre la colique, le vertige , les flueurs blanches et autres maladies non moins différentes par le siège et la nature. D'ailleurs il est à remarquer que c'était à l'intérieur qu'on prescrivait la scabieuse dans le traitement de la gale ; ce qui n'empêchait pas d'employer contre cette maladie les frictions , onctions, bains et autres moyens topiques auxquels on sait qu'elle a coutume de céder , indépendamment du traitement intérieur. Cependant on voit encore de nos jours les praticiens prescrire religieusemeut aux galeux l'infusion de scabieuse et de fumeterre, deux plantes qui sont en possession traditionnelle de cet emploi thérapeutique.

SCAMMONEE.

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