SÉTON
Irbacée. Il ne contient ni follicules palle, ni séné à feuilles obtuses , ni arguai, s follicules sont plus petites que celles du séné d'Alexandrie , d'un vert clair tirant sur le fauve.
Le séné cTAlep ou de Syrie est uniquement produit p.ir le cassia ohoi'ata. La us grande partie passe en Égypte , par l'isllime de Sutz, pour être mélangée 1 séné de la palle ; mais il en vient aussi directement en Europe : on le rennait à la forme élargie et obovce de ses folioles , et à ses follicules noirâtres, ;s-arquées , pourvues d'une aspérité membraneuse sur chaque semence. Les jilles passent pour être moins purgatives que celles du cassia acutij'ulia , et nt néanmoins employées ; les follicules sont lout-à-fait frappées de réproba-
!on et rejelées de l'usage médical.
Le séné Moka vient d'Arabie , comme l'indique son nom. Il est produit par cassia lanceolata de Forskal , ou par une variété à feuilles encore plus aines. Ses folioles sont en effet longues de un à deux pouces, tiès étroites et jresque subulées. Elles sont presque toujours jaunies par l'humidité. Ses folli- Ijles, qu'on ne trouve qu'en pelite quantité mélangées aux feuilles , sont li- I paires , longues, étroites , peu courbées ( largeur de sept à huit lignes, lonr peur de quinze lignes à trois pouces), et semblables , du reste, aux follicules Mte.
iLe séné de l'Inde est une sotie de séné qui nous vient depuis quelques an- ! jpes par la voie de l'Angleterre , et qui , malgré son nom , paraît être aussi tiré 3 l'Arabie. Il arrive parfaitement mondé , et en grandes feuilles vertes, aussi ngues, mais moins étroites que celles du séné Moka. 11 partage avec celui-ci nconvénient de jaunir et de noircir très-promptemenl lorsqu'il est gardé dans I lieu un peu humide. Ses follicules sont inconnues.
Le séné de la palle a été analysé par MM. Lassaigne et FencuUe qui en ont 'tiré de la chlorophylle , une luiile grasse , une huile volatile peu abondante , ; l'albumine , une substance exli active qu'ils ont considérée comme le ])rinpe actif du séné ; et à laquelle ils ont donné le nom de caLharline , un prinpe coloiant jaune, du muqueux , des malate et tartrate de chaux, de l'acétate potasse, des sels minéraux. [Journ. de pharmacie t. vii, p. 548.) îdalgrc les nombreux averlissemens qui ont été donnés , le séné est encore lelquefois falsifié dans le commerce avec les feuilles du redoul, arbrisseau vé- I neux et astringent du midi de la France qui est usité dans la teinture eu noir !i'oyez l'arlicle Redoul ). Heureusement qu'il est facile de reconnaître cette aude. Les feuilles de séné ont une nervure médiane très-apparente et saillante
r la face intérieure, et de cette nervure partent de six à huit paires de nerires latérales, à-peu-près aussi apparentes sur l'une et l'autre face, égales lire elles, assez régulièrement espacées et dirigées vers le sommet de la feuille. ;s feuilles de redoul sont plus grandes que celles du séné , plus larges , trèsabres , et offrent, outre la nervure du milieu, deux autres nervures trèsillanles qui partent du pétiole, s'écartent et se courbent vers le bord de la uille , et se prolongent jusqu'à la ])ointe. Les feuilles de séné, traitées par ;au bouillante, prennent de suite une teinte brune, et donnent une liqueur ncée qui ne précipite pas la gélatine et verdit seulement par le sulfate de fer. js feuilles de redoul, traitées de même, prennent une couleur vert-pomme, et iirnissent une liqueur peu colorée qui pre'cipite fortement la gélatine en blanc,
le sulfate de fer en bleu-noir.
ÎLe séné est un purgatif, constant dans ses effets , qui tient le milieu entre les fastiques , tels que le jalap et la scammonée, et les minoratifs , comme la aune, la casse et le tamarin. Il n'a d'autre inconvénient qu'un gout nauséeux li quelquefois détermine le vomissement. Aussi les anciens avaient-ils l'attenm de lui associer quelque substance aromatique , comme la cannelle , l'anis ,
coriandre , le fenouil, le cerfeuil , etc.
On l'emploie en poudre , en infusion aqueuse , en extrait , sous forme de tinture alcoolique. 11 entre dans les électuaires lénitif , catholicum double et aphœnix. A la dose de un à trois gros, il est presque toujours associé à la anne , et au sulfate de soude ou de magnésie , dans les médecines noires. Emoyé seul, en infusion aqueuse , la quantité peut en être portée à quatre ou î gros. Les follicules paraissent être un peu moins actives , et sont données I préférence aux femmes et aux enfans. ( Guibourt. )
SERPENTAIRE DE YIRGIINIE. Jristolochia serpentat ia. C'est une plante Iportée de l'Amérique , pour les usages de la médecine , vers l'époque des icouverles successives des différentes contrées du nouveau continent , dont ^produits semblaient avoir sur tout ce que possédait l'Europe une incontesble supériorité. La serpentaire d'ailleurs était considérée comme ayant la iopriélé de guérir les accideus produits par la morsure des serpens, ce que xpérience a démontré être complètement faux ; et c'est probablement l'orile de l'opinion qu'on s'en est faite et qui s'est même long-temps conservée. Uoi qu'il en soit , la serpentaire est une plante appartenant à la famille natulle des aristoloches, et qui fournit à la matière médicale ses racines fibrillais longues , tortueuses et minces , d'une couleur brunâtre , d'une saveur âcre d'une odeur aromatique , analogue à celle du camphre. Elle est souvent falîée, soit avec des plantes de la même famille, soit même avec d'autres plan- 5 qui n'ont avec elle que d'incomplètes analogies de forme. L'analyse chimique, entreprise assez récemment, montre que cette plante nferme une huile volatile à odeur de camphre , une matière résineuse amère versement colorée ; plus , de la gomme, du mucilage et quelques sels à base ; potasse et de chaux.
Quant à des expériences directes , relativement à sa manière d'agir sur l'écoinie animale , on doit convenir qu'aucune n'a été faite , et qu'on en est réduit s assertions des auteurs concernant ses propriétés thérapeutiques et aux pro-
babilités fournies par l'analogie. C'est dans la péripncumonie , lorsqu'elle prenait une forme lente et accompagnée de faiblesse générale, de même que dans les fièvres putrides , que l'on conseillait l'usage de la serpentaire à laquelle on semble avoir renoncé depuis long-temps, et peut-être pour toujours. Que pouvait-on d'ailleurs en attendre , si ce n'est quelque stimulation dont il fallait d'ailleurs encore saisir l'opportunité, et qui n'avait rien de spécifique? On l'employait également comme excitante et antiseptique dans diverses autres alfections , telles que la paralysie , le scorbut, la gangrène, etc. On la considérait aussi d'après d'autres idées théoriques comme stomachique, sudorifîque, emménagogue , etc.
Quoi qu'il en soit, la racine de serpentaire est administrée à la dose d'un demi-gros à un gros en substance sous forme pulvérulente, et à celle d'un à deux gros en infusion. On en prépare une teinture spiritueuse qui s'empare très-bien des élémens essentiels , et qui peut être d'un usage avantageux. La serpentaire entrait jadis dans la plupart des préparations officinales appelées alexipharmaques , lesquelles, comme on sait, sont tombées en désuétude.
( F. Ratieh. )
SERL'M LACTIS ou PET1T-LA.IT. Le lait est un liquide d'un blanc opaque, d'une saveur douce et agréable , sécrété par les glandes mammaires chez les femelles des animaux mammifères, pour la nourriture de leurs petits; mais l'homme en tire un de ses alimens les plus usités , et dans beaucoup de cas un remède très-salutaire. Ce liquide est formé d'eau, tenant en dissolution divers sels à base de potasse , du phosphate de chaux , un peu d'acide lactique libre, une substance sucrée non azotée , nommée sucre de lait , une matière azotée nommée caseum ; enfin une matière grasse , qui est le beurre , se trouve divisée et suspendue dans le liquide , à l'aide des autres principes et surtout du caséum , et lui donne la blancheur, l'opacité et les propriétés d'une émulsion. C'est cet étal de mélange et de suspension qu'il s'agit de détruire , pour retirer du lait un liquide clair et transparent, privé de la majeure partie de ses principes nourrissans , et propre à servir de boisson émoliiente et rafraîchissante dans beaucoup de maladies inflammatoires. On y parvient à l'aide de plusieurs procédés; mais le plus usité consiste à prendre du lait écrémé, à le mettre sur le feu, ety verser, lorsqu'il est sur le point de bouillir, une petite quantité de vinaigre. Cet acide se combine au caséum, le rend insoluble, et celui-ci entraîne le beurre dans sa coagulation. On passe le liquide, on y ajoute suivant sa quantité , un ou plusieurs blancs d'œufs battus dans un peu d'eau , on le fait bouillir un instant , et on le filtre à travers un papier non collé et lavé. Ce liquide , qui est le petit-lait, doit être transparent , d'un jaune verdâtre , d'une saveur douce et non acide , et ne doit pas rougir le sirop de violettes. On le prescrit souvent seul , mais souvent aussi on l'édulcore avec différens sirops, ou on le fait servir d'excipient pour le nitrate , la crème de tartre , l'acétate de potasse, l'émétique, le tamarin, etc.
Quelques personnes peu consciencieuses donnent , au lieu de petit-lait , un liquide formé d'eau , de sucre de lait , et de quelques sels , le tout acidifié avec du vinaigre, et coloré avec un sirop purgatif. Plusieurs auteurs de formulaires ont même été jusqu'à publier diverses formules de ce genre. Mais il n'y a aucune analogie de propriétés , ni même de composition , entre tous ces mélanges et le petit-lait naturel, et c'est une véritable tromperie que d'en faire la substitution. (GuiBotRT.)
SETON. s. m. On nomme généralement ainsi un exufoire particulier , consistant en une double plaie faite en forme de pont, à la peau , et à travers laquelle on pas^e, pour entretenir la suppuration, une bandelette de linge effilée des deux côtés , ou une mèche composée par l'assemblage d'un nombre plus ou moins considérable de fils de soie, de coton, de lin ou de toute autre substance analogue. On a également donné le nom de séton à la mèche ou à la bandelette elle-même : au reste , c'est de là que vient le nom en question : de seta , soie , crin, parce que dans le principe on se servait particulièrement de ces deux substances ; dans ces derniers temps , on a voulu faire usage de bandelettes de plomb laminé , mais les inconvéniens qu'elles offraient les ont fait abandonner.
Considéré sous ce dernier rapport , c'est-à-dire comme une espèce particulière de corps étranger, introduit à dessein sous la peau , le séton est un des moyens chirurgicaux le plus généralement employé ; il est même peu de maladies chirurgicales dans lesquelles il ne trouve son application : ici , en eff'el , c'est un trajet fisluleux qu'il faut entretenir , soit pour favoriser la soi lie d'un corps étranger, soit pour diriger le pus et éviter qu'il ne se ramasse en foyer , ou bien encore pour obtenir un écoulement lent et graduel d'un liquide qui remplit actuellement une cavité ; là, c'est pour empêcher une réunion trop prompte ou pour la forcer à se faire dans tel ou tel sens ; tantôt c'est pour former un nouveau canal excréteur, quand celui qui existait est venu à s'oblitérer, ainsi qu'on le pratique quelquefois à la joue dans certains cas de fistules salivaires, ou sur le trajet des voies lacrymales, dans l'absence congéniale du canal nasal ; tantôt c'est pour désobstruer un canal naturel engorgé ; chez l'un pour porter sur des parties profondément situées des moyens thérapeutiques qui doivent agir par un contact direct ; chez l'autre pour éviter la réunion de parties qu'il est important de maintenir isolées; chez celui-ci pour provo<[uer des adhérences , par e.iemple dans les cas de kystes séreux , d'hydrocèles ou de fausses articulations ; chez celui-là pour exciter une inflammation dans une tumeur qu'on veut détruire par la suppuration , comme on l'a fait quelquefois pour les loupes , les polypes des fosses nasales , etc. , etc. Pour ne pas faire de répétitions oiseuses, qu'il nous suffise d'avoir indiqué sommairement les cas principaux dans lesquels le sélon peut et doit être employé ; pour plus de