‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 253 sur 311 · SETON · texte numérisé non relu

SETON

SETOW.

détails, nous renvoyons le lecteur aux affections dont il s'agit , et qui , chacune, ont été spécialement décrites.

Le séton agit couime dérivatif ou comme révulsif et souvent de ces deux manières à la-fois; aussi est-il peu de points de la surface du corps où il ne puisse être appliqué et où il ne Fait déjà été avec plus ou moins de succès : à la poitrine on en a obtenu de bons effets dans des cas de pneumonie et de pleurésie chroniques, bien que cependant dans quelques circonstances , ont ait été forcé de le supprimer de bonne heure, à cause de l'irritation trop forte qu'il déterminait. On sait aussi que Benjamin Bell en recommande , avec instance , l'application dans le voisinage îles plaies qui résultaient de l'ablalion des cancers du sein, et qu'il était convaincu que son usage prolongé pouvait conjurer les funestes retours de cette cruelle maladie. Dans les affections chroniques des organes abdominaux , son application sur la peau du ventre a parfois aussi produit d'heureux résultats et pour notre compte , déterminés par l'exemple de M. le professeur Roux, nous nous sommes applaudi, dans maintes circonstances , d'en avoir élabli dans la région hypogastrique ou périnéale , chez les malades affectés de catarrhe vésical rebelle. Enfin, et pour tout dire en deux mots, le séton est peut-êire de tous les moyens que la médecine emprunte à la chirurgie, celui dont elle a le plus à se louer, dans les maladies chroniques; il est fâcheux seulement qu'on y ait pas recours plus tôt et qu'on ne se décide à son emploi , que lorsque l'affeclion inutilement tourmentée par toutes les autres médications tant externes qu'internes, s'est aggravée par leur propre impuissance et est devenue tout-à-fait incurable. Employée plus tôt, le séton aurait guéri, plus tard il ne fait souvent que causer de la gêne et de la souffrance et quelquefois même on est contraint de le supprimer. Cette raison , jointe à la répugnance que les malades ont toujours pour tout ce qui ressemble à une opération sanglante , explique assez l'espèce de discrédit dans lequel ce moyen si souvent héroïque est tombé. On a trop habitué les patiens à ne le considérer, si je puis ainsi dire , que comme le dernier essai de la médecine aux abois.

Quoi qu'il en soit, le séton, avons-nous dit, peut être appliqué sur presque tous les points de la surface du corps, partout où la peau peut être facilement pincée et où elle repose sur une quantité notable de tissu cellulaire ; mais il a aussi une sorte de lieu d'élection, et c'est particulièrement à la nuque que de tout temps on l'a mis de préférence; là , en effet, le tissu cellulaire sous-cutané est assez abondant, et la peau peut être facilement saisie et plissée ; là aussi il n'y a aucune crainte de rencontrer des parties qu'il soit dangereux d'intéresser, la gêne qui en résulte pour le malade est peu considérable et la cicatrice peut facilement être dérobée ; là enfin il se trouve placé plus près des affections contre lesquelles on l'applique le plus ordinairement, je veux parler de celles de la tête. Qui ne sait, en effet, que de tout temps on l'a employé contre les maladies chroniques du cerveau et de ses membranes ; que Fabrice de Hilden et Amb. Paré ont guéri par son moyen des épilepsies en apparence incurables; que Ruysch , grâces à lui, a fait disparaître , sur une jeune fille de 18 ans , une céphalalgie violente et opiniâtre contre laquelle tout avait échoué et pour laquelle il était décidé à pratiquer le trépan ; que Scultet, dans sa vingt-quatrième lettre, déclare lui devoir la guérison d'une goutte sereine complète ; que Boyeren a retiré de très-bons résultats dans des cas de coryzas chroniques, et que tous les jours M M. Deleau et Itard n'en obtiennent pas de moins concluans dans l'otite et l'otorrhée? Mais hàtons-nous de le dire , c'est particulièrement contre les vieilles ophthalmies qu'il agit de la manière la plus positive, je dirai presque la plus souveraine, et personuejusque icin'a osé en contester l'heureuse influence : c'est si vrai que Bichat s'est cru oblige d'en rechercher la cause et d'en donner une explication, en disaiit que si, dans les maladies des yeux , un séton produit un effet qu'on n'a pu obtenir d'un vésicatoire, c'est parce que le rapport qui existe entre le tissu cellulaire et l'œil est plus actif alors que celui qui lie ce dernier aux téguniens. Avouons pourtant, sans aller plus loin, que l'explication de Bichat est assez peu claire et qu'elle ne fait réellement, en dernière analyse , qu'exprimer ce fait bien connu , savoir, que le séton, dans ce cas, réussit mieux que le vésicatoire, et voilà tout.

Cependant, ici encore, il faut se tenir en garde contre une exagération outrée de ses bienfaits, bien se persuader que dans aucun cas il n'est, quoi qu'on en ait dit. un moyen infaillible, et que, même dans certaines ophthalmies, il arrive qu'il échoue comme dans beaucoup d'autres circonstances dans lesquelles on a l'habitude de l'employer. Quelquefois même, il faut le dire, loin de diminuer l'inflammation oculaire, il l'exaspère, et force à le faire supprimer. Je sais bien que quelques praticiens, et entre autres Boyer, ont soin d'avertir que quelquefois un mois entier s'écoule, sans qu'on observe d'amélioration sensible, mais qu'il ne faut pas désespérer attendu que son influence doit nécessairement se faire .sentir tôt ou tard, et qu'alors le mal marche rapidement vers la guérison. Cependant, il est des limites que rationnellement l'espérance même ne doit pas dépasser : jusqu'où doivent-elles s'étendre? Est-il bien sûr aussi, qu'après un si long espace de temps , on doive rapporter au séton l'honneur d'une guérison si vainement attendue ?

Bien que Paré, dans une espèce de mouvement d'enthousiasme, se soit écrié : u Je ne te puis encore assez louer l'effect dudit selon. » Il faut conclure que , même dans les affections des yeux, il en est qui restent réfractaircs à ce moyen, et que l'expérience n'a pas encore assez bien déterminé celles au contraire qui doivent à-peu-près constamment en obtenir de bons résultats. Théophile Bonet, consulté en 1763, sur la question de savoir s'il était convenable d'appliquer un séton à la nuque d'un enfant de trois ans , tourmenté par des obstructions au foie et dont l'œil droit était presque hors de l'orbite, se prononça pour la néga-

live, donnant pour raison que la cause de l'exophthalraie étant dans l'abdomei la dérivation de cet exutoire aurait attiré les humeurs vers la tête, et que 1 maladie de l'œil aurait nécessairement fait des progrès. D 'un autre côté, Lazai Rivière a avancé que, dans les ophthalmies blennorrhagiques, par exemple, le sétons à la nuque sont presque toujours funestes, et qu'il serait plus utile d les appliquer en bas , parce qu'ils y attireraient l'humeur des parties supérieii res. Nous donnons cette explication tout humoriste pour ce qu'elle vaut ; qu'i nous suffise de l'avoir mentionnée, et passons à l'opération :

Application du séton. Anciennement, le séton s'appliquait d'une manier bien différente de celle d'aujourd'hui, et on retrouve encore ici , comme pou la plupart des opérations pratiquées à cette époque de l'enfance de l'art , 1 barbarie alliée à une complication presque toujours inutile, pour ne pas dir ridicule. Ecoutons plutôt la description qu'eu donne Amb. Paré ; » Faut qu'u; serviteur tire et élève en haut ledit cuir, ayant rasé le poil , s'il y en a , i alors le chirurgien pincera le plus profond et près du poil qu'il pourra ledi cuir , sans aucunement toucher à aucun muscle du cou, pour les accidens qir en pourraient advenir, comme spasmes et autres, et serrera les tenaille (alors qu'il mettra le cautère ardent) assez fort; et par ce moyen, le patieiil ne sentira pas l'action du feu, car deux douleurs ensemble faites en mêmi partie et lieu , la plus grande fait que la plus petite ne se sent point ou peu L'ouverture se doit faire en long et non en travers, car , par ce moyeu , l'èva; cualion des matières se fera mieux pour la rectitude des fibres. Les tenaillel seront percées au milieu , pour passer le cautère au travers, lequel sera eu so: extrémité aigu , triangle ou carré , afin que son action soit plus prompte; pui soudain passeras au travers desdites tenailles et cuir que tu auras cautérisé' une aiguille à séton enfilée de fil de coton en trois ou quatre doubles , lequej sera imbu et trempé dans albumen ot'i et oleuin rosat » . ( Amb. Paré , lettre x ' p. 245. )

La chirurgie de nos jours moins cruelle a beaucoup simplifié cette petit' opération , et voici comment on procède : l'opérateur placé au côté droit di ™ malade pince la peau de la partie postérieure et moyenne du col , lui fait fair'.l" un pli dont il confie l'extrémité supérieure à un aide ; il se charge lui-mêmi] de tenir de la main gauche l'extrémité inférieure j puis, de la main droite, i enfonce un bistouri au travers de ce pli , le plus près possible de sa base , e immédiatement au-dessous des doigts de l'aide; la peau, une fois traversée' [" il incise de haut en bas, et il s'attache à rendre son incision régulière. Gel fait, un stylet aiguillé traînant après lui une mèche effilée et enduite de céra^"^' ou de beurre, est passée à la faveur du bistouri qui est encore dans la plaie " et il ne reste plus qu'à procéder au pansement. Or, rien de plus simple : uijf'' gâteau de charpie est appliqué sur la plaie ; la portion de la bandelette effilé':'" qui est hors de cette plaie, et qui doit servir au.x pansemens subséquens, es*,i" placée sur cette charpie ; le tout est recouvert par une compresse longuette ff''' et ce petit appareil est maintenu par une bande assez serrée pour éviter qu'i ne tombe , mais de manière que , tlans aucun cas , elle ne gêne ni la respiratioi'* ni la circulation. il*''

Boyer se servait d'une très-large aiguille , ayant la forme d'une feuille d(^|^' myrte légèrement courbe sur son plat, de la longueur de cinq pouces, tranchanti^r des deux côtés, depuis sa pointe qui était très-aiguë, jusqu'aux deux tiers de 5< ■ ' longueur où elle offrait environ un pouce de lai ge, et terminée par une autre es-' ' trémité qui était percée d'une ouverture transversale destinée à recevoir la bande-' * lette. Cette modification de Boyer simplifie l'opération, puisque son instrumenljul sert à-la-fois de bistouri et de porte-mèche ; mais comme l'étendue de son inci- ' siori est toujours la même , comme aussi cette incision doit varier suivant lei| '||' individus , il faudrait avoir plusieurs aiguilles de largeur différente , et P<"", l'avantage qu'on en relire , ce n'en est réellement pas la peine, d'autant mieus, j que le bistouri peut se prêter merveilleusement aux exigences de tous lescas^ '^^ particuliers. j

La levée du premier appareil ne doit guère avoir lieu avant le quatrièmejour,j ^ parce que la suppuration n'étant pas établie jusqu'alors, il en résulterait des froissemens douloureux , et l'on ferait souffrir le malade en pure perte. Poiir^ procéder au pansement , l'appareil étant enlevé, on commence par oindre la''' bandelette , dans l'étendue de trois ou quatre pouces , avec du cérat simple; on^ tire sur son extrémité la plus courte, de manière à faire engager dans la plaie^ la portion qui vient d'être enduite de cérat , on coupe avec des ciseaux toute^ '^ celle qui est salie de pus, on renverse le petit bout, et le reste de l'appareil^ s'applique comme il a été dit plus haut.

Les pansemens doivent être plus ou moins fréquens suivant l'abondance de| | la suppuration ; cependant d'habitude, il suffit d'en faire un seul par jour. | ^ Quelquefois même la charpie est à peine imprégnée de pus , ce qui peut tenir à ^ deux causes opposées , je veux dire une inflammation trop forte ou une alonie; complète : dans le premier cas , des anti-phlogistiques , dans le second , Von- ^ guent de la mère ou une pommade à laquelle on aura incorporé quelque cathé-^ rétique , ramèneront l'exutoire à une suppuration convenable. Enfin , quand la^ ( première bandelette effilée sera épuisée, on la remplacera par une nouvelle ou à l'aide du stylet-aiguille , ou mieux encore , pour causer moins de douleur, en en cousant une autre à plat à l'une de ses extrémités.

Quelque simple que soit l'opération du séton , il peut néanmoins survenir des accidens graves , si graves même qu'ils déterminent la mort, ainsi qu'on va le voir tout-à-l'heure. Ces accidens peuvent être divisés en primitifs et en consécutifs ; les premiers sont : l'hémorrhagie , une douleur vive , le tétanos , une inflammation intense suivie d'étranglement et de gangrène; les seconds jieuvcnl êtn un abcès, un érysipèle et le croupissement du pus.

SIALAGOGUES.

IL'hémorrhagie est généralement peu inquiétante , parce que , à moins qu'il y ; anomalie dans les artères, elle n'est que veineuse et peu abondante. Cepennt quelquefois les ramifications superficielles des artères occipitale et cervi- [le transverse donnent assez de sang, pour qu'on soit obligé d'appliquer des mpresses imbibées d'eau froide et de comprimer légèrement. Comme on l'a vu plus haut , Amb. Paré conseille de bien respecter les musfes pendant l'incision, dans le but d'éviter les spasmes et autres ; ces prétendus asmes ne sont autre chose que le tétanos. J'ai vu, en effet, à la Charité ce joutable accident survenir sur un malade, chez lequel une partie des muscles ait été comprise dans l'incision, et quoiqu'on pût faire, la mort s'ensuivit. iCZ un autre malade de l'hôpital Saint-Louis, la même maladresse a déterné des accidens inflammatoires on ne peut plus intenses; le délire a persisté ndant plusieurs jours, la gangrène a envahi toute la partie postérieure du 1 et supérieure du dos, et ce n'est qu'avec grand'peine que le malade a pu rélerà une suppuration qui a duré pendant six mois. Au rapport de Meckel, Zarski a vu le muscle peaucier se prolonger , en large faisceau , à la partie posté- !ure du col et de l'occipital. Dans ce cas, sans doute, il serait difficile de ne s comprendre quelques-unes de ses fibres dans l'incision ; mais certainement accidens ne seraient jamais aussi graves que ceux dont je viens de parler , aussi ;n l'anomalie dont il s'agit est-elle unique dans la science. Quand , par suite d'une section incomplète de quelque filament nerveux, une (uleur vive persiste après l'opération, du cérat opiacé dont on enduira la ban- «ette en aura facilement raison. Dans le cas contraire, il n'}'' aura qu'à commter la section du nerf; il est très-rare qu'on soit obligé d'en venir à ce moyen, buant aux autres accidens dont j'ai parlé , ils ne présentent ici rien de spécial idoiventêtre combattus comme on les combat partout ailleurs. On les évitera ]ur la plupart en ayant soin, pendant l'opération , de donner une étendue iivenable à l'incision , en lui proportionnant le volume de la bandelette , et en (lignant les causes qui peuvent déterminer de l'irritation. [1 n'est pas rare d'observer, pendant les premiers jours de l'application d'un ! on , l'engorgement des ganglions latéraux du col ; mais ce symptôme n'a rien ( doive étonner , puisque ces organes reçoivent les vaisseaux lymphatiques I la nuque. Au reste, cet engorgement ne demande aucune médication partiilière, car il cesse de lui-même quelques jours plus tard. Pour éviter le croupissement du pus, les anciens faisaient à la peau un pli I nsversal , et pratiquaient l'incision de haut en bas. Cette modification est d'un i érêt fort minime, même eu égard au but qu'ils se proposaient, et elle ne ]nt, dans aucun cas, compenser la difficulté plus grande qu'elle apporte dans Imanuel opératoire. Je dois dire aussi qu'il est bien inutile d'appliquer, comme liconseillent quelques auteurs, le séton derrière l'apophyse mastoide , dans les (i de maladies de l'oreille, au lieu de l'appliquer à la nuque , parce que, dans (dernier point, il aune action tout aussi certaine, et qu'il gêne beaucoup ij/ins. J'ajouterai que derrière l'apophyse mastoide , la peau ne peut être plissée ( e très-difficilement , et qu'il y a plus de chances d'intéresser la couche musilaire qui est immédiatement au-dessous.

Le séton a , sur le cautère , l'avantage d'établir plus promptement la suppu- !Lion , et de permettre de l'entretenir, au besoin, pendant un laps de temps ]is considérable. Enfin , il agit mieux que le vésicatoire dans les inflammations ironiques des organes celluleux, parenchymateux , et celui-ci à son tourl'emptesur lui dans les affections des membranes muqueuses. Du reste, cette iférence d'action s'explique très-bien par la différence même des parties qui Mpurent dans ces deux cas.

tl est presque inutile de rappeler ici l'emploi fréquent que la médecine vétélaire fait du séton , et les grands avantages qu'elle eu retire. (Ph. F. Blandin.) SI AL A.GOGUES ou SI ALOGOGll ES et SI ALORRHÉE. Aux articles ptta- :iME et SALIVATION , nous avons traité de l'accroissement morbide de la sécré- In salivaire, et le mot masticatoire ayant été retranché , nous parlerons ici I l'hypersécrétion de l'appareil membrano-glanduleux de la bouche , en tant I "il est provoqué pour satisfaire une indication thérapeutique. La membrane aqueuse buccale subit fréquemment le contact de corps extérieurs, qui provotlent sa sécrétion presque par leur seule présence , et indépendamment de leur !/eur. Mais il est d'autres corps qui , à raison de leur composition chimique , i^rcent une action particulière sur cette membrane, et l'excitent à fournir ]tis abondamment le mucus qui lui est propre , outre que les glandes , dont les 'baux excréteurs s'ouvrent à leur surface, y versent en plus grande quantité ■' produits qu'elles élaborent. Telles sont les substances acres et aromatiques, Je que le raifort , la pyrèthre , le tabac, le poivre , le girofle , l'angélique et très qui agissent sur les parties que nous venons de nommer autrement que feraient des matières plus irritantes comme, par exemple, les acides ou les îalis , et dont l'impression est compléter ent opposée à celle des astringens et s styptiques qui suspendent et arrêtent la sécrétion. Le fait de cette action éciale est bien plus marqué pour une substance dont l'histoire a été faite en nlicu ( Voy. Meecxjre), puisqu'on la voit agir sur la bouche tout-à-tait spéci- [uemeut. On peut le dire sans crainte d'erreur , c'est-à-dire indépendamment la voie par laquelle il a été introduit dans l'économie, et des circonstances ■ liiilieu desquelles il a été administré (Voy, Salivation). Le mercure serait ne le sialagogue par excellence; quant aux autres , dont l'efficacité pour être us bornée n'en est pas moins évidente, leur emploi n'est pas non plus trèsléquent.

Examinons néanmoins les faits physiologiques qui se succèdent pendant leur âge; la première impression qu'ils font sur la membrane mu((ueuse delà luche est une sorte de titillation qui n a rien de pénible, et qui s'accompagne l' Dict. de Médecine et de Chikurgie pk.vtiques .

SIMAROUBA

d'un plus grand afflux de liquide dans cette cavité , liquide dont les qualités ne sont pas encore changées. Si l'on cesse d'exciter les parties, tout rentre bientôt dans l'état normal ; mais , si l'on réitère l'impression , elle devient douloureuse d'une manière croissante , les produits sécrétés deviennent plus abondans et plus visqueux, et même, quelques instans après qu'on a supprimé la cause, les effets ci-dessus continuent à se manifester; enfin si, ce qu'on voit assez rarement, on s'opiniàtre dans la même voie , l'inflammation avec toutes ses conséquences s'empare des parties , et persiste plus ou moins long-temps. Celle déterminée par le mercure est la plus opiniâtre de toutes , et celle qui peut avoir des conséquences véritablement fâcheuses.

L'influence des sialogogues sur l'économie , dans l'état de santé , parait être peu considérable, si l'on considère l'énorme quantité de salive sécrétée parles gens qui fument le tabac ou qui en mâchent presque continuellement. On a cru remarquer seulement'chez ceux qui ont l'habitude de rejeter par l'expuilion les liquides sécrétés un amaigrissement, qu'on a d'ailleur.'* observé aussi chez les personnes auxquelles une division d'un des conduits salivaires occasionait un flux continuel de salive, qui ne servait pas à la digestion.

Si l'action générale de ces agens est peu importante, leur action locale ne saurait être mise en doute ; la sécrétion abondante qu'ils procurent entretient la bouche dans un état d'humidité et de fraîcheur que les habitans des pays chauds semblent estimer beaucoup, puisqu'on a trouvé l'usage des masticatoires sialogogues établi chez tous les peuples des contrées équatoriales. Mais on ne saurait s'expliquer, de la même manière, la coutume au moins aussi répandue de fumer et de mâcher le tabac , que nous voyons tous les jours envahir notre pays. On serait peut-être fondé à penser que ces usages nés de l'oisiveté ou de la mode sont sans influence réelle , une lois qu'ils sont convertis en habitude ; et que comme les anciens exutoires , ils ne font guère ni de bien ni de mal. A-t-on observé , en effet , cjuelque maladie nouvelle depuis quatre ou cinq années que la pipe et le cigare sont à l'ordre du jour en France, et eu a-t-on vu quelqu'une disparaître ou se modifier ?

L'impression locale, dont nous venons de parler, étant véritablement la seule qu'on puisse reconnaître , quelle en est la valeur thérapeutique, et dans quelles circonstances peut-on y avoir recours ? Malgré le peu d'étendue des surfaces , il est évident qu'on peut y exercer une révulsion assez énergique ; mais on ne saurait la prolonger sous peine de susciter des accidens fébriles et inflammatoires plus fâcheux que ceux auxquels on a l'intention de remédier, ainsi que cela s'est observé quelquefois dans les salivations mercurielles provoquées dans des intentions thérapeutiques. Lorsque l'irritation est modérée et passagère , elle est assez peu efficace, et n'a guère d'influence que sur des affections peu intenses et peu profondes; et c'est ce qu'on paraît avoir senti, car cette espèce de médication semble presque complètement abandonnée.

Les sialogogues sont cependant jugés autrement par de graves auteurs; quelques-uns d'entre eux prétendent qu'ils sont utiles dans les engorgemens des glandes salivaires , maladies des plus rares assurément et dans lesquelles d'ailleurs nous ne contestons pas leur efficacité. Ils pensent qu'on en peut obtenir de bons effets , comme dérivatifs , dans les diverses affections des parties voisines comme les migraines , les céphalalgies , les douleurs de dents. Ils promettent plus de succès encore dans le traitement de la stomatite chronique , de même que dans la paralysie de la langue sans lésion cérébrale.

On ne saurait reconnaître la vertu préservatrice des sialogogues dans les maladies contagieuses et miasmatiques, si ce n'est en se les expliquant par la sputation fréquente entraînant les miasmes qui peuvent entrer dans la bouche et se combiner avec la salive.

Au reste , la médication sialogogue peut être provoquée de deux façons , soit par l'usage des masticatoires simples ou composés, soit par l'usage de la pipe dans laquelle on fait brûler diverses substances. Les masticatoires simples sont les racines de pyrèthre, le poivre , la girofle , etc. On en compose avec ces diverses substances combinées de différentes manières et associées à la chaux comme dans le bétel. Quant à la pipe, on y fume le plus ordinairement le tabac , et quelquefois aussi de l'anis , de la menthe , etc. Il faut observer que leur action ne se borne pas à la bouche, et se porte quelquefois sur d'autres organes. (F. Ratier.)

SIMAROUBA. Quassta simaruba. Cet arbre appartient à la tribu des simaroubées qui porte son nom , et qui fait partie de la famille des rutacées. On le trouve à Cayenne ; on le désigne dans ce pays sous le même nom que nous lui ilonnons en France. Cet arbre croît également aux Antilles et à la Lousiane. On s'en sert pour les ouvrages de menuiserie. Toutes les parties de ce végétal sont remarquables par leur amertume e.^trême ; ses racines sont très-grosses et sortent en grande partie de la terre.

L'écorce de ces racines est seule employée en médecine. On nous les envoie sous la forme de lanières , longues d'un ou plusieurs pieds et larges de quelques travers de doigts, tantôt plates et tantôt roulées sur leur bord. Leur face externe est de couleur jaune , légèrement brunâtre , dépourvue d'cpiderme. Leur face interne est jaune pâle. Cette écorce présente une texture fibreuse , une saveur amère et n'a point d'odeur. Dans l'analyse qu'il en a faite , M. Morin pharmacien de Rouen, y a trouvé de la quassine que l'on rencontre aussi dans le quassia amara.

On donne le simarouba en poudre , à la dose de dix à quinze grains ; on l'emploie plus ordinairement en infusion , à la dose d'un à trois gros : cette infusion est jaune et très-amère. La décoction de cette racine est moins amère et plus colorée ; elle se trouble par le refroidissement, probablement à cause d'une certaine proportion d'amidon qu'elle contient. On peut en préparer un extrait,

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