SINUS
que l'on prescrit à la dose de quelques grains , et qui a été recommandé par Desmarchais.
Cette substance exerce sur réconomie animale une action analogue à celle des autres amers. Bichat disait dans ses cours qu'elle est douée, en poudre ou en décoction , de propriété vomitive. Cet effet n'est pas fréquent lorsque Ton emploie les doses que jious avons indiquées.
C'est surtout contre la diarrhée et la dyssenterie que de Jussieu et d'autres médecins ont vanté l'itsage de l'infusion de simarouba.
Selon Degner, ce médicament aurait plus de succès quand les évacuations sont plutôt sanguinolentes que bilieuses. Pendant son usage, il diminue les douleurs de ventre, la fétidité des gardes-robes, rétablit le sommeil et l'appétit, augmente la sueur et la sécrétion urinaire. Ses bons effets ne doivent pas se faire attendre plus de deux ou trois jours.
Nous avons vu quelquefois ce médicament réveiller les douleurs abdominales et augmenter la sécheresse de la bouche. Il faut alors le quitter. Peut-être cependant qu'en le combinant avec quelque substance féculente , le salep , par exemple, ainsi que le faisait Tissot, en obtiendrait-on encore de bons effets. La décoction qui semblerait d elle-même conteuir une certaine quantité de fécule serait peut-être alors plus utile que l'infusion, si l'on ne préférait toutefois alors se servir des préparations de ratanhia qui ne sont pas aussi excitantes. Ce n'est , au reste, que quand la période d'irritation des maladies que nous venons de citer est passée, que l'on doit prescrire l'usage du simarouba.
De Jussieu et Deguer ont encore employé avec succès le simarouba dans quelques hémorrhagies , et particulièrement dans les pertes utérines. Son usage peut être avantageux lorsque la perte dépend d'un affaiblissement notable de la constitution.
Dehaen, en se servant de simarouba pour combattre une diarrhée, a reconnu à cette substance une propriété anthelmintique que d'autres praticiens ont constatée depuis. On pourrait donc essayer l'usage d'une légère infusion de simal ouba dans la fièvre muqueuse vermineuse.
On a employé le simarouba dans quelques autres circonstances où ses succès n'ont pas été bien démontrés. C'est un médicament essentiellement tonique, que l'on peut prescrire avec avantage lorsque 1 état général ou quelque dérangement local réclament cette médication ; on trouvera à la page 457 du tome m de Murray de savantes et judicieuses considérations sur son emploi.
(Martin Soloh.)
SINAPISMES. s. m. De ai-jairt, moutarde. C'est un topique fait avec de la farine de moutarde noire et un liquide qui est le plus souvent de Teau ou du vinaigre.
La graine de moutarde conserve fort long-temps ses propriétés : il n'en n'est pas de même de la poudre ; aussi la plus récente est-elle généralement la meilleure. Autrefois on s'attachait à séparer par letamisage les parties les plus grossières de cette poudre, le son provenant des pellicules de la graine : maintenant on laisse ces débris , persuadé que c'est en eux surtout que réside la partie active de la moutarde ; on les reconnaît aux points noirâtres que présente en si grand nombre la bonne farine. Le papier qui lui sert d'enveloppe finit an bout d'un certain temps , par se graisser; ce qui tient à ce que la moutarde contient en abondance une huile grasse , qu'on peut retirer par la pression , même à froid. Cette huile est peu odorante et nullement irritante; aussi MM. Dercsne et Robinet ont-ils constaté que lorsqu'on l'a extraite de la farine de moutarde , cette farine est plus acre, plus vésicante , plus sèche , et se rancit moins, {lievue médicale , juillet , 1826.)
La poudre de moutarde est le plus souvent falsifiée, allongée ; M. Chevallier a fait des recherches intéressantes sur ces falsifications. Quelquefois on ajoute à la farine de moutarde, pour lui donner une couleur plus brillante , 2 pour 100 de curcuma : cette addition est complètement innocente. Mais d'autres fois, et dans le but également de donner de l'œil à la poudre de moutarde, on la mélange avec de l'ocre , substance inerte qui coûtant et colorant peu n'est pas ménagée , ce qui doit nuire à l'activité de la farine. Souvent c'est avec du son , ou avec des farines avariées de mais ou d'orge qu'on allonge celle de moutarde : cette fraude peut être reconnue au moyen de la teinture d'iode qui colore en violet la décoction de la farine ainsi falsifiée. Enfin certains marchands mêlent à la poudre de moutarde , celle des tourteaux de navette et de colza. M. Chevallierne connaît aucun moyen de reconnaître cette fraude, qui est très-fréquemment pratiquée. Il est de fait que l'on trouve difficilement aujourd'hui dans le commerce de la farine de moutarde pure, ce qui a déterminé plusieurs pharmaciens de Paris à se procurer des moulins avec lesquels ils fabriquent eu.x-mêmes celle qu'ils débitent chez eux.
Pendant fort long-temps on n'a employé pour délayer la farine de moutarde que le vinaigre. Quand on voulait obtenir un effet plus énergique , ou se servait de vinaigre sciilitique, d'acide acétique concentié, ou même d'acide hydrochlorique affaibli. Divers praticiens, et en dernier lieu MM. Trousseau et Blanc, ont prétendu que , préparés avec de l'eau , les sinapismes sont plus efficaces. Un pliarmacion de Bordeaux , M. Faure aîné, a démontré depuis que l'eau est réellement préférable, attendu que l'huile volatile, qui est la partie la plus active de la moutarde , ne préexiste pas dans la graine , et que l'eau est un élément indispensable il la formation de celte huile. Pour moi , qui depuis long temps n'emploie que de l'eau pour la fabrication des sinapismes , je regarde ce liquide comme valant , au moins , les acides dont je me servais autrefois.
J'ai dit que, pour rendre les sinapismes plus actifs , on les a souvent préparés avec de l'acide acétique concentré, de l'acide muriatique, etc. Dans le
même but on ajoute souvent au mélange des gousses d'ail pilées et du sel mar Ces addilion.s , que depuis long-temps je ne conseille plus , m'ont paru d'u» efficacité fort douteuse. Plus souvent on se sert, pour préparer les sinapisme! d'un mélange en proportions diverses de farines de lin et de moutarde. Onl; propose en agissant ainsi de mitiger l'action de ces topiques. D'autres fois on' contente de saupoudrer des cataplasmes de farine de lin avec de la farine de mi tarde : il ne faut pas alors couvrir toute la surface du cataplasme, car, ainsi qj je l'ai observé souvent, l'effet serait aussi intense qu'avec un sinapisme pur.
L'effet topique des sinapismes est exactement analogue à celui d'une brùlur il peut y avoir rubéfaction , vésication et escliarification. De ces trois effets, premier est le seul que l'on cherche à obtenir avec les sinapismes , l'art pos; dant des moyens qui leur sont préférables pour produire des vésicatoires etc eschares. Aussi le praticien doit-il toujours, quand il prescrit des siuapismt vouloir que leur action aille jusqu'à la rubéfaction, mais sans la dépasser malheur , il arrive souvent que l'effet franchit les limites dans lesquelles on a rait voulu le contenir. Pour éviter autant que possible cet accident il faut con dérer ; 1° la force du sinapisme; nous venons d'exposer ce qu'il y a de pl essentiel h dire sur ce sujet; 2° la durée de l'application ; 3° l'état du sujet général, et particulièrement celui delà surface sur laquelle le sinapisme di être posé.
En général, plus la peau est fine, délicate, vivante, plus la sinapisation est facil Ainsi l effetdes sinapismes est, toutes choses égalesd'ailleurs, plus rapide, plusi tense, chez les enfans que chez les vieillards, chez les femmes que chez les homms surdes membres pleins de vie que lorsqu'ils sontinsensibles et glacés, sur les ps tics fines (le la peau que sur celles dont l'épiderme est épais, calleux. Cependant, malgré ces données, on ne peut prévoir que très-imparfaitement l'effet qu'aura i sinapisme. Il ne faudra qu'un quart d'heure chez un sujet pour que la rubéfacti ait lieu , tandis qu'il faudra deux , trois et même six fois plus de temps chez i autre sujet qui cependant paraît être dans des conditions analogues. On ne pe| donc prescrire d'une manière absolue le temps que doit durer l'application d'ii sinapisme. A quoi donc reconnaître qu'il faut la faire cesser ? Ce n'est pas à rougeur de la peau , car, le plus souvent, ce n'est que postérieurement à l'enl vement du cataplasme que cette rubéfaction se montre. Ce ne peut donc éb qu'à la douleur, à l'irritation locale qu'il cause ; aussi ai-je l'habitude de dir< vous retirerez les sinapismes quand le malade les aura suffisamment sentis. G' pendant , j'en conviens , cette indication est extrêmement vague : le sinapismi suivant la manière de sentir du malade et celle de juger des assistans, se retiré ou trop tôtou trop tard, et on sera exposé à voir l'effet aller au-delà ou rest en deçà de celui qu'on voulait obtenir. Mais les inconvéniens sont plus àcraii dre encore lorsqu'on prescrit d'une manière absolue la durée de l'applicatio Mieux vaut donc encore s'en rapporter aux sensations du malade pour la limite
Quand les sinapismes ont déterminé la vésication ou des eschares, ce n'e souvent qu'après beaucoup de temps que l'on parvient à guérir ces lésions, I traitement à employer est celui des brûlures aux deuxième et troisième degré La simple rubéfaction cause souvent des douleurs très-vives et fort opiniâtre; pour les calmer , je me sers ordinairement d'un mélange à parties égales d'hui d'amandes douces et d'eau de chaux. MM. Trousseau et Blanc se servent d l'onguent populeum dans lequel ils ajoutent par once douze grains d'extrait d belladone et autant d'extrait de stramonium et de jusquiame. Les mêmes pre ticiens recommandent un cataplasme fait avec de la farine de lin et une décoo tion de belladone , de jusquiame et de stramonium , deux gros de chaque pg pinte d'eau.
On a beaucoup employé dans ces derniers temps , surtout pendant le règni du choléra , l'eau distillée de moutarde pour produire la rubéfaction. C moyen, dont je me suis souvent servi, agit avec une promptitude extrême aussi ne doit-il être employé qu'avec beaucoup de précaution.
( Liîop. Deslakdes. )
SIMULÉES (Maladies). Fojrez RÉFORME.
SINUS, s. m. Sinus (pathologie ]. Cavité plus ou moins profonde , dont \m fond est plus large que l'entrée. Les plus remarquables d'entre eux sont leir' sinus de la dure-mère et ceux des fosses nasales |i
Les conduits veineux qui sillonnent la surface interne du crâne et reçoir-enij^ le sang de l'encéphale , pour le diriger vers les origines des veines jugulaires^i internes , peuvent être ouverts par tous les corps vulnérans susceptibles debri-^ ser les os, de les diviser ou de les perforer. Cette complication des plaies d«|! tête n'est jamais très-grave , et l'hémorrhagie s'arrête par la seule applicalionjl de l'appareil le plus simple. Le peu de danger attaché à feffusion du sang du}! sinus a depuis long-temps aussi enhardi les cbiruigiens modernes à ne pa«{; autant redouter que le faisaient les anciens l'application du trépan sur leuijl! trajet. CV. Plaie.) i
Creusés dans l'épaisseur delà mâchoire supérieure, dont ils augraententlet volume sans accroître la pesanteur, les sinus, annexés aux fosses nasales, sonlfré-i quemment le siège de blessures ou de fistules qui réclament l'emploi de moyens spéciaux de traitement ou l'application d'obturateurs métalliques. Des balles , des fragmeusde fer , des morceaux d'épée peuvent, après avoir pénétré dans quelque lieu, y demeurer et entretenir une irritation lente et une suppuration intarissable. Les ouvertures de communication du sinus avec la cavité olfactive principale étant oblitérées par l'épaississement et l'inflainmalion de la membrane muqueuse qui tapisse les bords , des collections séreuses ou purulentes peuvent se former dans ces anfractuosités , écarter , amincir leurs parois, et donner lieu à des tumeurs variables qui doivent être ouvertes à l aide de l'instrument tranchant et du trépan perforatif. Enfin , des nécroses , des caries , des