STIMULANT
STERILITE. Ko/e-lMprissANCE.
STERNUTATOIRES. Médicamens propres à provoquer l'éterniiment. Les anciens , qui ne laissaient échapper aucune occasion d'agrandir le domaine de la thérapeutique , avaient imaginé d'agir sur la membrane muqueuse qui tapisse le nez , et avaient créé une classe de médicamens errhins , plarmiques ou slernutatoires. La première dénomination s'appliquait plus ]iarliculièrement à ceux qu'on introduisait dans les fosses nasales pour remédier à des affections de ces parties , et l'on conçoit dès-lors que des substances de nature et de propriétés très-diverses pou valent figurer sous ce titre. Quant aux sternutatoires et aux plarmiques (on remarquera que c'est le même mot en latin et en grec ) les uns étaient destinés à produire l'étemûment , tandis que les autres devaient solliciter la sécrétion mucjueuse de la membrane [«ituitaire. Tous devaient exercer sur le cerveau une influence avantageuse à laquelle le vulgaire croit toujours, et devaient débarrasser cet organe d'humeurs séreuses ou mélancoliques qui entravaient le libre exercice de ses fonctions.
L'expérience et le raisonnement prouvent que l'action de ces médicamens est on ne peut plus limitée. En effet, que peut-on en attendre de plus qu'une légère excitation des organes respiratoires , et peut-être du cerveau produite jiar l'ébranlement général, mais passager, c(ue détermine l'éterniiment ? Pour la déplélion ou la révulsion qui peut résulter de l'hypersécrétion du mucus nasal , il faut convenir qu'elle est bien peu consitlérahle lorsqu'elle est momentanée , et que quand elle devient habituelle elle cesse d'avoir une influence apparente, si ce n'est dans les cas oii sa brusque suppression vient faire voir qu'elle était devenue une nécessité de l'économie.
D'ailleurs l'habitude des poudres stimulantes introduites dans le nez, habitude née du désœuvrement et du caprice, ne produit ni les bons effets qu'on lui attribue , ni les accidens par la crainte desquels on reste sous son empire. 11 est bien vrai que quelques prises de tabac ou d'une poudre slernutatoire quelconque peuvent dissiper une céphalalgie peu considérable ou quelques douleurs d'oreilles ou de dents: mais c'est là tout le résultat auquel on a droit de prétendre. De même que quelques maux de tête, un peu de somnolence et de malaise sont à-peu-près toutes les suites cju'on peut redouter de l'abandon de la tabatière ; encore peut-on les éviter en diminuant peu-à-peu la quantité de tabac qu'on a coutume de prendre.
L'évidence de ce qui précède a depuis long-temps fait .abandonner l'usage thérapeutique des sternutatoires, et il y a peu de personnes qui prennent du tabac par ordonnance de médecin, malgré l'énorme consommation qui s'en fait encore. Aussi cette classe de médicamens reste-t-elle exclusivement bornée au cas où l'on a besoin d'agir directement sur la muqueuse nasale, comme dans quelques corysas chroniques , etc. , ou bien à ceux oii l'on veut imprimer quelques secousses à des parties adjacentes, comme pour faire rompre des abcès, expulser de fausses membranes ou tel autre corps étranger.
Pour remplir ces diverses indications tous les sternutatoires sont à-peu-près indifTérens, et l'on peut regarder comme purement arbitraires toutes les divisions présentées à ce sujet. Les sternutatoires les plus connus sont le tabac d'abord , qui, pris de cette manière, semble n'avoir qu'une action immédiate et ne pas pénétrer par l'absorption. 'Viennent ensuite la plupart des substances acres végétales ou minérales ; les sels qui ne sont pas caustiques , les poudres d'hellébore , d'asarum , de muguet , etc. , par la combinaison desquelles ont a fait des préparations qui ont jadis joui d'un certain crédit. Enfin les substances volatiles et gazeuses sont essentiellement propres à agir sur la membrane muqueuse du nez et à pénétrer jusqu'au fond des cavités qu'elle tapisse. On n'a jamais fixé les doses des sternutatoires , elles se mesurent d'après les effets obtenus.
(F. R,VTIER. )
STIMULANT. C'est le nom qu'on donne aux médicamens qui stimulent, ou, pour me servir d'un langage plus précis , qui ont la pi opriété d'animer les tissus organiques, d'accélérer leurs mouvemens.
Il n'est pas douteux que l'action de nos organes peut devenir plus rapide, plus intense : or comme l'existence d'un fait implique celle de sa cause, il faut, quand les organes agissent plus promptement et avec plus de force , qu'ils aient été stimulés par une influence quelconque. Il y a donc des agens qui stimulent , des siimulans : ceci n'est pas contestable. Reste à savoir quel parti on peut tirer en médecine de la connaissance de ce fait.
Les stimulans doivent être infiniment nombreux , car il est peu de substances médicamenteuses qui n'aient la propriété de modifier en plus , d'exciter, de stimuler un point quelconque de l'organisme. Mais par cela même que cette classe de médicamens est si nombreuse , elle doit se composer des éléniens les plus hétérogènes. On comprend que si chaque médicament porte en soi une spécificité, ou en d'autres termes, que s'il n'y a pas deux substances dont l'action soit exactement ideniique , plus une classe de médicamens est nombreuse, plus elle doit en comprendre qui offrent , dans leur action , les différences les plus prononcées. C'est ce qu'on voit dans la classe des stimulans. Là , on trouve à-lafois le soufre, l'iode, les préparations mercurielles , la potasse, le baryte, l ammoniaque , une partie de leurs composés , les eaux minérales salines et hydrosulfureuses , le camphre , le benjoin, les substances aromatiques , le sassafras , la serpentaire de Virginie , la valériane , le tilleul , la menthe , la mélisse, le girofle , le thé , le café , le phosphore, etc. , etc. Ce simple énoncé montre que le mot stimulant est essentiellement vague, et que lorsqu'on dit : il faut dans tel cas donner des stimulans, tel malade a été traité par des stimulans, on se sert d'une expression tellement large que, le plus souvent, elle ne signifie rien du tout.
Ce n'est pas à dire que celte expression doit être retranchée du langage mé-
STOMATITE.
STRABISMÉ.
dical. Elle espriine un fait positif, et cela suffit pour qu'on la conserve. Seulement il convient de ne point la prodiguer aussi souvent que le font certaines personnes, et de Tenlourer de tout ce qui peut lui donner plus de précision. Dites, par exemple, qu'il faudrait, dans tel cas, employer les stimulans spéciaux de la peau , de l'appareil urinaire, du système nerveux , des bronches, de la matrice , etc. , ou bien nommez les stimulans que vous voulez plus spécialement désigner. Sans ces précautions , on s'expose , soit à ne pas être compris des autres , soit à se duper soi-même.
Comme ce n'est pas ici le lieu de passer en revue chaque classe de stimulans, de parler des diurétiques , des emraénagogues , des sudorifiques , etc., je me bornerai à rapporter deux faits qui dominent l'emploi des stimulans. Le premier c'est que, toutes choses é^les (railleurs , l'organe avec lequel le stimulant est mis immédiatement en contact, est celui c|ui a le plus de chances d'être stimulé par lui : le second c'est que , lorsqu'un organe est très-irrité ou très-irritable , il a , toutes choses égales d'ailleurs, plus de chances qu'un autre d'éprouver l'action du stimulant quel qu'il soit , appliqué à l'écouomie.
{ LÉop. Deslandes. ) STOMATITE. On a donné ce nom à l'inflammation de la membrane muqueuse de la bouche.
Comme toutes les autres inflammations, elle peut revêtir des formes variées selon qu'elle affecte tel ou tel des élémens qui entrent dans la composition de la membrane muqueuse buccale, selon ses degrés d'intensité et ses complications, selon l'espèce de cause qui lui donne naissance , etc.
Billard admettait cinq variétés principales de stomatite , savoir : érylhémateuse ;
avec altération de sécrétion [muguet) ; SlOMiTiTE i îo\\\cu\cuse {aphlhes) ; ulcéreuse ;
gangréneuse ( gangrène de la bouche ).
A ces variétés, on pourrait en ajouter une autre , savoir : la stomatite pustuleuse qu'on observe dans quelques cas de variole.
L'auteur de l'article aphilies de ce Dictionnaire , M. le professeur Dugès, ne nous a presque rien laissé à dire sur les diverses formes ou espèces de stomatite que nous venons d'indiquer. En effet, sous le nom d'aphihes érjtliématiques , il a décrit la stomatite éry théniateuse ; sous le nom A^ajjhtlies coueiuieux , la stomatite pultacée j pseudo-membraneuse , couenneuse ou le muguet ; sous le nom il'aphlhes ulcéreux , la stomatite Jolliculeusc et ulcéreuse -y et, enflu, sous le nom à^aphlhes gangreneux j la stomatite gangréneuse. Pour éviter des répétitions, au moins superflues, nous nous bornerons aux réflexions suivantes sur la stomatite.
Quelles sont les causes des différences que présente la stomatite, différences sur lesquelles repose la division de cette maladie, telle que nous l'avons exposée plus haut ?
Une des causes dont la recherche nous occupe, consiste assurément dans l'intensité variable de la stomatite. Ainsi , par exemple, dans son premier degré, la stomatite produite par un irritant local , consistera en une simple rougeur de la membrane muqueuse avec augmentation de sécrétion , tandis que dans un degré plus élevé, cette même phlegmasie sera caractérisée par le développement d'abord, puis par l'ulcération des follicules, par la sécrétion d'une sorte de pseudo-membrane pultacée, caséiforme, plus ou moins adhérente. C'est ainsi qu'une simple salivation mercurielle fait place à des aphthes discrets ou conflueus , accompagnés ou non de la sécrétion d'une couche pseudo-membraneuse c(ui tapisse la membrane muqueuse buccale.
De ce que des différences dans l'intensité de la stomatite entraînent des différences dans les caractères anatomico-physiologiques dans les terminaisons de cette phlegmasie , est-ce à dire pour cela que ces dernières différences ne puissent pas être quelquefois rapportées aux diverses causes soit prédisposantes, soit déterminantes de la maladie ? Assurément , non. Ainsi, par exemple, l'enfance prédispose à la forme pultacée ( muguet ) ; ainsi , les préparations mercurielles long-temps continuées et à haute dose, ne tardent pas à produire la forme aphtheuse; ainsi, la cause inconnue qui produit la variole détermine la stomatite pustuleuse, véritable variole de la membrane muqueuse buccale; ainsi , la stomatite gangréneuse , dans beaucoup de cas , est le résultat de quelque agent à-la-fois irritant et septique, analogue à celui qui produit les autres inflammations essentiellement gangréneuses , telles que la pustule maligne, le charbon , etc.
On a beaucoup parlé , dans ces derniers temps , de la forme diphthéritique ou couenneuse, forme sur laquelle les recherches de M. Bretonneau ont appelé l'attention des observateurs. Un certain nombre de médecins ont considéré la stomatite et l'angine diphtiléritiques comme une véritable maladie spécifique, dans laquelle l'élément inflammatoire ne jouerait en quelque sorte qu'un rôle secondaire , et qui partant réclamerait un traitement spécifique. Je suis bien loin de révoquer en doute l'existence des causes spécijiques , et je reconnais qu'il est des cas où la stomatite et l'angine apparaissent sous l'influence de pareilles causes , et affectent la forme couenneuse ou pseudo-membraneuse. Mais ce serait commettre une grave erreur que de professer que toute stomatite, toute angine couenneuse ou diphthéritique soient le produit d'une cause spécifique , et repoussent l'emploi du traitement antiphlogistique proprement dit.
En effet, 1°. sous une constitution médicale donnée, il est des individus qui contracteront une stomatite ou une angine diphihéritiques , tandis que d'autres seront pris d'une angine ou d'une stomatite érylhématcuses , phlegmoneuses. Nous avons acluellcment sous les yeux (salle Sainte-Madeleine , n"* 8 et 10 )un
exemple de ce qui vient d'être dit. Une angine s'est manifestée , le même joui sur deux femmes , la mère et la fille. Chez la fille, il n'existe qu'un gonflemeil des amygdales avec rougeur, chaleur, douleur , difficulté de la déglutition , etcl chez la mère , il existe bien le gonflement ci-dessus indiqué, mais en mên! temps la face interne des amygdales, les piliers du voile du palais, la luette, | partie postérieure de la voûte palatine sont recouverts etcomme tapissés de pli! ques pseudo-membraneuses d'un blanc laiteux , adhérentes , et les parties ant j rieures et latérales du cou sont tuméfiées, etc.
2». Il est également vrai que toute angine ou stomatite couenneuse n'est poiil réfractaire à la méthode antiphlogistique proprement dite. C'est ainsi que chi la femme dont il vient d'être question , cette lorme d'angine a cédé dans l'espai de trois à quatre jours , à des émissions sanguines répétées, secondées par 1( gargarismes chlorurés, les cataplasmes émolliens, les boissons acidulées et! diète. Je me suis abstenu , à dessein , chez cette malade , des applications eau tiques ou astringentes ( acide hydrochlorique , alun), pour montrer aux élèvi que les plaques disparaîtraient au moyen des simples gargarismes, lorsque lei cause productrice , savoir l'inflammation, aurait cédé aux émissions sanguine
Il n'y a pas long-temps que, dans ma propre famille , j'ai eu à traiter un ci très-grave d'angine et de stomatite pultacées ou diphthériti([ues. Eh bien, apn la troisième émission sanguine locale, les accidens se sont dissipés avec une rap dité peu commune , et les plaques qui couvraient la face interne des joues , I' voile du palais, les amygdales , se sont détachées au moyen des simples gargi rismes ; en sorte que nous avons pu nous dispenser de l'emploi de l'acide hj: droclilorique , etc.
Nous avons obtenu un semblable résultat, même dans les cas où la diphthérit i"H s'était développée sous une influence spécifique , telle que celle qui donne lie à l'angine scarlatineuse j et non-seulement nous ne nous abstenons pas des émii sions sanguines dans le cas dont il s'agit, mais nous les pratiquons à dose plu élevée et un plus grand nombre de fois qu'on ne le fait dans la pratique ord naire. Or , si les émissions sanguines étaient réellement et formellement corf'*" tre indiquées, comme 1 enseignent quelques praticiens , on ne les eaiploiera pas avec autant de succès que nous le faisons , -à la dose et selon la formule qii nous signalons. Qu'on n'aille pas, au reste , nous accuser de proscrire du traitt ment de la diphthérite buccale ou pharyngée les divers moyens préconisti par M. Bretonneau ; ce n'est pas là notre intention. Nous disons seuleiner' qu'on peut s'en dispenser assez souvent, et que leur emploi peut très-bien s'a! lier avec celui des émissions sanguines. Mais c'en est assez sur noire sujet ( voj
APHTnEs). ( J. BOUII.LAUD, )
STRABlSMÊ. s. m. Strabismus , Izf.aStçij.o^. On nomme ainsi une malad dans laquelle, lorsque le malade veut diriger les deux yeux sur un objet , l'u, d'eux ou tous deux s'écartent involontairement de l'axe visuel , de telle s qu'ils ne peuvent jamais être dirigés en même temps sur le même point.
Le strabisme offre cela de particulier cjue l'œil qui se dévie peut toujoÉ être dirigé vers l'objet que le malade veut regarder, quand son congénère 1 couvert. Lorsque les deux yeux sont affectés, ils peuvent aussi, chacun isol ment, être dirigés à la volonté du malade dans tel sens et vers tel objet qu'il plaît ; ce n'est que quand on veut les faire agir simultanément cjue la volonté malade reste impuissante pour les maintenir en harmonie. Quand la différei de direction n'est pas très-considérable , les malades peuvent diriger leurs àém\ yeux en même temps sur le même objet , mais non sur le même point et l'obje: leur paraît double : toutefois ce n'est guère que dans le commencement de II | maladie que cette illusion a lieu ; plus tard l'habitude la rectifie.
L'œil affecté de strabisme peut être dévié suivant différentes directions. LV| ' plus souvent c'est vers le nez qu'il est tourné; d'autres fois c'est en dehors, d'aU' très fois en haut, d'autres fois, enfin, eu bas. Lorsque les deux yeux sont affectés, ils peuvent aussi tous deux être dirigés en dedans {strabismus coni^ergeni'M ou en dehors { strabismus divcrgens), ou en haut (strabismus sut-sum vergensfW^^ quelquefois l'un regarde en haut et l'autre en bas (strabismus horrendus, etc. ).
Les causes du strabisme sont très-variées. Mais on peut les réduire à un cer-! j tain nombre de chefs dont chacun peut être considéré comme l'origine d'une»! ' variété de la maladie. C'est ainsi que nous décrirons le strabisme par affectidiii| '' cérébrale, par influence sympathique, par l'effet d'une taie, par suite d'affaiblis- ' sèment de la sensibilité de l'un des yeux ou des deux , par excès d'action d'un ^ des muscles moteurs de l'œil. j'
Le strabisme par irritation cérébrale est plus commun qu'on ne le pense» ! généralement. Il est quelquefois amené par les excès du coït : nous avons vu'!'' plusieurs individus qui nous ont assuré en avoir été pris pendant l'acte même.: ' Mais c'est surtout chez les très-jeunes enfans que l'influence des affections encéphaliques se fait sentir, avec cela de remarquable que celte cause reste lepl^^l souvent ignorée. Nous sommes convaincus que, si on y regardait de plus près, t)l beaucoup de strabismes que, dans le bas âge, on attribue à une mauvaise habi- :M tude, seraient reconnus dépendre d'une irritation cérébrale : on sait, en effet,''! qu'il arrive très-souvent que les enfans au berceau sont pris, pendant leur sommeil, de convulsions ou qu'ils poussent des cris, et qu'à leur réveil on reconnaît qu'ils ont la bouche déviée, ou un membre rétracté ou qu'ils sont affectés de strabisme ; quelquefois même ces accidens se font remarquer après la nuit la plus calme en apparence ; quand ils sont tous réunis oh les attribue sans hcsilerà une irritation cérébrale : on admet encore généralement celte cause lorsqu'il s'agit seulement de convulsions, dedistorsion de la bouche ou de rétraction des membres ; et cependant il est rare qu'on lui attribue le strabisme, quand il apparaît seul. Il y a là une faute de jugement que l'on ne saurait trop faire remarquer, et, pour nous, nous pensons qu'ayant de prononcer qu'il dépend d'une autre cause, il est de