STYRAX
convulsives , continues ou intermittentes. Elle réussit surtout lorsque les lésion! anatomiques du système cérébro-spinal ne sont point appréciables ,et cela n'est pas très-rare. Nous avons observé pendant plusieurs mois une femme atteinte «i de convulsions et de contractures qui , depuis deux ans, envahissaient, pendant! é plusieurs semaines , l'un des membres thoraciques ou abdominaux, et passaient' Il ensuite inopinément à une autre partie. Après de longues souffrances, et l'usage des antiphlogisliques employés, chez elle , jusqu'à l'anémie , après l'emploi dei narcotiques et d'antispasmodiques nombreux , que nous donnâmes sous toutes les formes, la malade succomba. L'examen scrupuleux de son système cérébrospinal n'a offert aucune lésion appréciable. Il en a été de même d'un autre malade atteint depuis un an de paraplégie. C'est sans doute dans ces cas que l'opi prescrirait avec avantage le datura ou les plantes analogues.
On se sert avec succès des fumigations de dalura dans cette maladie donlk cause anatomique échappe encore à nos investigations , et que l'on appelle , à cause de cela, asthme essentiel, nerveux. ojez vapeuhs. ) Le mode le plus généralement employé , et dont nous avons constaté les avantages , consiste à charger une pipe de feuilles sèches de datura , et à faiie fumer le malade avant; les accès ou lorsqu'ils commencent.
Parmi les nombreu.x. remèdes vantés contre le rhumatisme chronique, M. Zollickoft'er , cité par MM. Merat et de Lens , compte aussi la teinture de semences de stramonium (une once sur huit d'alcool) dont il fait prendre de huit à douze gouttes par jour , et même davantage, jusqu'à ce que le malaise | |l et les étourdissemcns forcent de suspendre; alors il conseille des frictions sui; |{| la région douloureuse avec une pommade faite de deux parties d'axonge pour une de feuilles, que l'on fait cuire à un feu doux. On peut remplacer ce liniment par le mélange d'un demi-gros à un gros d'extrait dans une à quatre on-^ ces d'huile. Ces divers moyens sont préférables , dans les affections rhumatismales , aux cataplasmes aqueux de stramoine. , Les propriétés remarquables du datura-stramonium placent ce médicanienti avec un rang distingué dans la matière médicale. Les thérapeutistes doivent étudier ces propriétés avec soin , pour les mieux faire apprécier , et en diriger plus utilement l'emploi. (Martin Solon.)
STRANGULATION. Foyez Pekbaison.
STRANGURIE, s. f. Sn-anguria , de (rr^ayç, goutte, et de «j^cv, urine. Sortie de l'urine tellement difficile qu'elle ne s'écoule que goutte à goutte. Cet état forme une des nuances de la bétektion d'urine et reconnaît pour cause ordinaire un rétrécissement de l'urèthre. (Voyez les articles qui traitent de ces affections. ) ( L. J. Bégin. ) i
STRONGLE. Fojez Entozoaires.
STRYCHNINE. Foj ez Noix vomique.
STYPTIOUE. fofez ASTRISOENT.
STYRAX. {P/iarmacolo^ie.) On connaît sous le nom de styrax ou, par ' corruption , de siorax , deux baumes usités depuis des siècles , et sur l'origine' ' ' desquels , cependant, on est encore réduit à former des conjectures. L'un, assea' " commun , est le stj-rax liquide; l'autre , infiniment rare et d'un prix très-élevé,est le siorax calamité ; tous deux sont très-souvent falsifiés dans le commerce.- 'i' D'après Jacques Petiver , dont l'opinion est la plus probable , le i/j^rax //çu/i/rf k est retiré d'un arbre qui nait à l'île de Cobras , dans la Mer-Rouge, où il est '^^ nommé rosa mnllos Cet arbre paï aît être le liqw'damhar orientale des hotanis" (1 tes , et appartient à la famille des myricées , faisant auparavant partie de celle des amentacées. On en extrait le baume en faisant bouillir l'écorce pilée dans l'eau salée, et recueillant la substance résineuse qui vient nager à la surface; Mais on y ajoute presque toujours de la teri-e et de l'eau qui lui donnent une consistance de miel et une couleur grise. On le purifie en le faisant fondre à une douce chaleur, avec un peu d'alcool , et le passant à travers un linge. Il a une odeur balsamique, mais très-forte et fatigante, et une saveur aromatique non' acre ni désagréable. Il contient de l'acide benzo'ique, il entre dans la composition de l'onguent et de l'emplâtre de styrax, et dans celle de l'emplâtre mercul iel de Vîgo.
On trouve dans le commerce deux autres baumes analogues au styrax liquide, et qui sont attribués tous les deux au liquidambar d'Amérique ( liquidambar slj-raci/Iua h.). L'un est le baume copalme ou huile de liq'tidambar : il est liquide, transparent , d'un jaune doré, d'une odeur de styrax liquide ; mai* plus agréable ; l'autre est le liquidambar mou qui est opaque et blanchâtre comme de la poix blanche, d'une odeur moins foi te cjue le précédent. C'est cette substance qui était vendue autrefois sous le nom de baume du Pérou blanc.
Quant au styrax ou storax calamité, que les anciens disaient venir de la Pamphylie, de la Cilicie et d'autres contrées voisines , enfermé dans des tiges de roseau, on admet encore généralement qu'il est produit par des incisions faites à l'aliboufier (styrax officinale L.) , petit arbre du littoral de la Méditerranée, qui est assez commun en Provence (il appartient à la famille des ébénacées ). Mais la grande rareté du baume s'accorde peu avec l'abondance et la proximité de cet arbre, et tout en admettant qu'il puisse être produit par un arbre du genre styrax , je pense qu'il vient de pays beaucoup plus éloignés et des contrées les moins f.équenlées de l'Asie. On en connaît plusieurs sortes qui sont : 1° le storax blanc , formé de larmes blanches , molles et opaques réunies en une seule masse; 2° le storax amygdaloide qui est en masses sèches et cassantes , offrant sur un fond brun et transparent, des larmes opaques et d'un blanc jaunâtre. Ce baume a une odeur des plus suaves, analogue à celle de la vanille , plus douce que celle du storax blanc et supérieure à celle de tous les autres baumes; 3° le siorax rouge brun : celui-ci est en masses mélangées de
SUB-INFLAMMATION
suce USSION.
éfàre de bois, ayant encore de la ténacité , se ramollissant sous la dent, d'une ^eur douce, d'une odeur suave , et offrant encore çà et là quelques larmes •ougeAtres. Toutes les autres sortes répandues dans le commerce , sous le nom leslorax, sont des produits tout-à-fait falsifiés. (Goiboubt. )
SUB-INFLAMMATIOIV. s. f. 11 existe un certain nombre de maladies qui e manifestent par un simple engorgement des tissus , sans accroissement de ihaleur, sans appel appréciable de sang , et avec peu ou point de douleur. Les
i ^landes, les ganglions lymphatiques et la peau , offrent d'assez fréquens exemles de ces engorgemens ; on les observe rarement clans les autres tissus qui 'en sont cependant pas exempts. Doit-on considérer ces affections comme inammatoires ? Nous ne le pensons pas , puisqu'il leur manque le principal caactère de ce mode d'irritation; savoir, l'afflux sanguin. Faut-il les ranger larmi les désorganisations, telles que le squirrhe et le cancer , avec lesquelles lies ont quelque analogie d'aspect ? Mais il existe une telle différence de gravité t de curabililé entre les unes et les autres , que ce rapprochement ne nous laraît pas possible. Il faut donc , avec M. Broussais et la plupart des patholoistes modernes , donner un nom spécial à ces engorgemens particuliers ; celui le sub-inflammation est le terme générique par lequel on les désigne généralepent ; c'est sous ce nom que nous allons en tracer l'histoire. La sub-inflammation ou Virritation suh-injlammatoire , quoique pouvant urvenir chez tous les individus , s'observe plus particulièrement chez ceu.x ont le système lympathique prédomine ; aussi est-ce chez les femmes et les ufans qu'on la rencontre le plus fréquemment primitive. Trois ordres de cauîi peuvent la produire : elle peut naître sous l'influence de toutes les causes rdinaires d'irritation, elle succède souvent à des inflammations chroniques ans lesquelles la chaleur et l'injection sanguine ont graduellement disparu; iifin elle se développe fréquemment sous l'influence du froid humide prolongé l d'une alimentation trop peu excitante. La manière d'agir des deux premiers rdres de causes se conçoit aisément, mais il n'est pas aussi facile d'expliquer action des dernières. Tout ce que l'on peut dire de plus satisfaisant, c'est u'elles appauvrissent le système sanguin et donnent une grande prédominance u système lymphatique, et rendent de la sorte les engorgemens blancs plus liciles.
La sub-inflammation est rarement aiguë, elle se montre presque toujours à observateur sous forme chronique et continue. En général , peu de douleur t peu de chaleur l'accompagnent, et rarement elle provoque des sympathies, 'indolence, la tuméfaction , l'induration et la coloration blanche des tissus,
1 lenteur dans le développement et la marche vers la guérison ou la désorgaisation, enfin l'absence presque toujours complète de phénomènes sympathiues , en forment les caractères principaux.
On ignore si la sub-inflammation peut se terminer par délitescence; et, à en iger par la nature même de ce mode d'irritation, il ne paraît pas qu'il soit isceplible de se terminer de la sorte. Mais la sub-inflammation peut offrir tous :s antres modes de terminaison que présente l inElammation. Comme celle-ci, le peut donc se résoudre, suppurer, s'ulcérer , ou se terminer par la gangrène.
faut convenir que tous ces caractères lui donnent avec l'inflammation un de- ■é d'analogie qui justifie presque l'opinion des médecins qui pensent qu'elle
2 constitue pas un état morbide particulier. Mais enfin il ne nous parait pas assible de considérer comme des inflammations , l'engorgement des ganglions iguinaux à l'occasion d'une blessure au pied , celui des ganglions de l'aisselle )us l'influence d'un panaris, celui des ganglions du col par l'effet d'un vésicalire à la nuque, les tannes, les taies de la cornée, etc., etc.
La résolution est lente dans la sub-inflammation ; c'en est toutefois le mode
3 terminaison le plus favorable. L'induration , par laquelle on la voit fréquement se terminer serait un état peu grave s'il restait stationnaire , comme cela •rive quelquefois; mais le plus ordinairement l'inflammation vient tôt ou lard emparer du tissu sub-enflammé et induré ; la suppuration s'y établit, et ce ode de terminaison peut alors devenir funeste si l'organe affecté est important, uantàla gangrène, ce n'est que secondairement qu'elle termine quelquefois sub-inflammation; il faut toujours pour qu'elle ait lieu dans ce cas , qu'une flammation violente se soit emparée de la partie sub-enflammée; à la rigueur ' n'est donc pas un mode de terminaison de la sub-inflammalion.
C'est dans les ganglions lymphatiques que la sub-inflammation se montre us fréquente, elle y est plus ordinaire que l'inflammation; cela tient au peu de talité de ces organes, à la nature des fluides qui les traversent, et à leur éloi-
liement surtout de toutes les causes générales d'excitation. En effet, protégés ir la peau contre les agens extérieurs ou placés dans la profondeur de parties,
(!s organes ne reçoivent presque jamais directement l'influence des causes ir-
îtantes , elle leur est presque toujours transmise par intermédiaire. C'est ainsi Je les ganglions du mésentère et ceux ç'ji entourent les bronches, ne s'irritent i général que sous l'influence de la stimulation des membranes muqueuses
jiteslinale et bronchique , et ceux du cou, des aisselles et des aines, que par ;ffet de l'excitation de la peau ou des parties voisines. Ce n'est donc que dans s cas d'absorption d'un virus par les radicules lymphatiques, que l'action de igent morbifique est immédiate, et c'est seulement alors ausui qu'on les voit ivenir le siège d'inflammation violente ou de gangrène rapide. Mais en géné- 1, les ganglions lymphatiques se gonflent lentement, s'échauffent à peine , et istent pendant long-temps indolores.
On observe aussi des exemples de sub-inflammalion dans le tissu cellulaire , la peau , etc. ; elle revêt partout les mêmes caractères d'indolence et d abnce d'injection sanguine. On peut considérer comme appartenant à cette asse de maladies : le sclérème , Véléphantinsis des Grecs , l'engorgement des
DiCT. DE MÉDECIBE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
ganglions lymphatiques , les tannes , la lèpre et toutes ses variétés , l'albugo, le néphélion, et la cataracte.
Il n'est pas possible de poser des bases générales de traitement pour la subinflammation , il diffère dans chaque sub-inflammation en particulier. Tout ce qu'on peut dire, c'est que les antiphlogistiques et surlout les évacuations sanguines ont peu ou point d'action contre ces maladies. Elles diffèrent donc encore en cela des inflammations ; c'est une raison de plus de ne les pas confondre avec elles. (L.-Cn. Rocbe. )
SUBLiaiÉ CORROSIF. Foyez Meccuhe.
SUBMERSION. Fojez Asphyxie.
SUCCUSSION. Succussio , secousse. Sérnéiologie. La succussion est un moyen de diagnostic qui consiste à imprimer au thorax une secousse brusque et momentanée pour en obtenir un certain bruit ; ce bruit est analogue à celui que rend une bouteille à demi pleine de liquide , lorsqu'on l'agite. Bien qu'Hippocrate , Morgagni et quelques autres auteurs aient signalé le bruit donné par la succussion dans les épanchemens Ihoraciqiies , il n'en est pas moins vrai que c'est à l'illustre Laennec que nous sommes redevables de la connaissance exacte de ce signe, tombé d'ailleurs dans l'oubli et mal interprété, lorsque ce grand observateur s'en occupa. En effet , Morgagni avait dit, dans le n» 37 de sa xvi« lettre, que la sensation d'une fluctuation dans la poitrine serait un signe suffisant de l'existence d'un épanchement tlioracique , et il ajoule plus bas que le bruit fourni par la succussion hippocratique ne se fait pas entendre dans tous les cas. C'est que Morgagni ignorait dans quelles circonstances ce bruit pouvait se manifester. Ce n'est que quand il existe à-la-fois dans le même côté du thorax une collection de gaz et un épanchement de liquide que la succussion du thorax peut, ainsi que l'a indiqué Laennec, déterminer, par la collision des deux fluides, le bruit de fluctuation qui frappe souvent en même temps et le malade et les assistans , soit que ceux-ci aient la main ou l'oreille appliquées sur le thorax , soit qu'ils en restent éloignés de quelques pas.
Pour pratiquer la succussion, on suit encore le procédé indiqué par le père de la médecine , qui semble l'avoir surtout mis en usage pour reconnaître les cas dans lesquels il fallait pratiquer la ponction du thorax.
On fait autant que possible asseoir le malade sur son lit , on le saisit par les épaules, en appliquant les mains sur les muscles deltoïdes, l'on pousse en avant l'épaule droite pendant que l'on retire la gauche en arrière, puis on imprime aussitôt à ces parties un mouvement brusque , en sens inverse, pour les ramener à leur position première. C'est pendant cette double secousse reçue par le thorax que le bruit formé par la collision du liquide et du gaz qui se trouvent dans la poitrine se fait entendre à distance ou à l'oreille appliquée sur la poitrine avec ou sans stéthoscope. La plupart des médecins préfèrent maintenant ne pas se servir de cet instrument. On pratique quelquefois la succussion autrement que nous venons de l'indiauer. Ainsi tantôt on incline fortement le thorax sur l'une de ses parties latérales, puis on le reporte avec vitesse sur l'autre ; tantôt on le pousse rapidement en avant, puis on le ramène avec promptitude en arrière. Ces différons mouvemens produisent toujours un effet analogue , leurs succès respectifs dépendent seulementdes diverses dispositions que les gaz, les liquides et les lésions anatomico-pathologiques de la cavité tlioracique peuvent présenter. Il n'est même pas toujours besoin d'opérer la succussion pour entendre la fluctuation du liquide. Quelquefois en effet le malade, en marchant ou en se remuant dans son lit, produit, ainsi que le dit Laennec et que nous l'avons observé, une fluctuation assez bruyante pour qu'il l'entende lui-même ou qu'elle soit reconnue des assistans.
La fluctuation hippocratique peut encore se faire entendre lorsqu'il existe une vaste excavation pulmonaire à demi pleine. Laennec a rencontré ce cas une fois ; mais la présence du souffle caverneux , du gargouillement et la marche de la maladie empêcheraient de confondre l'affection avec l'hydropueumothorax. Lorsqu'on a l'estomac distendu à-la-fois par des liquides et des gaz , on produit le bruit de la fluctut.tion hippocratique en se relevant avec vitesse. Mais le son hydro-pneumatique donné parla percussion de la région épigastrique et la disparition de la fluctuation hippocratique, si l'on se prive de liquides pendant quelques heures ne laissent point de doute sur l'origine du phénomène.
La succussion du thorax est donc le meilleur moyen de diagnostic pour reconnaître à-la-fois la présence d'une collection de gaz et de liquide séreux ou purulent dans la poitrine. Nous avons, il y a quelques mois , désiré connaître la nature du gaz que contient la plèvre dans cette circonstance. Dans un cas où nous avions constaté fréquemment l'exislence de la fluctuation hippocratique pendant la vie d'un sujet atteint de pneumo-hydrothorax du côlé droit, un têt percé fut fixé sur la poitrine du sujet , on le remplit d'eau , puis on fit pénétrer un Irois-quarts , à travers le trou de son fond et un espace intercostal , dans la cavité thoracique, Nous renversâmes une bouteille pleine d'eau sur la canule, et bientôt le liquide fut remplacé par un litre de gaz. Ce gaz était incolore et inodore ■ il éteignait les corps en combustion à l'instant même du contact, rougissait la teiuture de tournesol, précipitait promptemeut et à l'instant l'eau de chaux et redissolvait le précipité : c'était de l'acide carbonique. Était-il mêlé d'azote? l'abondance du précipité de carbonate de chaux et sa facile redissolution ne permettent guère de le soupçonner. On trouvera celte observation dans le dernier volume des y//r/ii'i^ei de 1835.
En examinant le poumon droit, nous le trouvâmes comprimé , capable d'une certaine expansibililé quoique couvert de fausses membranes épaisses. Ces fausses membranes étaient plus denses et plus abondantes à la partie inférieure du lobe supérieur où elles adhéraient à une ulcération fibreuse , circulaire , trèsctroite et qui communiquait dans une petite excavation tuberculeuse. Celte lé-
StrCRE.
sion était la cause probable de la pleurésie suivie de l'épanchement purulent et inodore qui occupait ce côté du lliorax et qui avait été délayé par l'eau de notre appareil. La nature du gaz que nous avions analysé , l'absence du bruit de tintement métallique, pendant la vie , et la difficulté avec laquelle nous détachâmes les fausses membranes du pourtourde l'ulcération fibreuse, démontraient suffisamment qu'il n'existait pas de communication facile entre la cavité de la plèvre droite et les bronches, et que la collection gazeuse devait être un produit de l'exhalation des surfaces malades de la plèvre.
Lors donc que la succussion ferait reconnaître l'existence simultanée d'une colleclion de gaz et d'un épanchement liquide séreux ou purulent , et que l'absence du tintement métallique empêcherait de croire à l'existence d'une fistule pleuro-bronchique, ne pourrait-on pas essayer, par la ponction du thorax, de faire sortir partie ou totalité des fluides qui compriment le poumon , dans l'espoir de soulager le malade , et de prolonger son existence ?
( Martin Solon. )
SUCRE ( Pharin. Chiin. ). Le sucre est un principe immédiat des végétaux , solide, cristallisable , blanc, inodore, d'une saveur douce et agréable , trèssoluble dans l'eau , très-peu soluble dans l'alcool pur , susceptible, lorsqu'il est soumis à l'influence de plusieurs matières azotées en décomposition, d'éprouver la fermentation vineuse ou alcoolique , qui le convertit en acide carbonique et en alcool; il est décomposable par l'acide nitrique qui le change en acides oxalhydrique et oxalique; enfin il se fond et se décompose au feu en prenant d'abord une couleur brune foncée, et en dégageant une odeur agréable qui est celle du caramel.
On ne connaît guère que deux espèces de sucre qui jouissent des propriétés précédentes : l'un est le sucre dur et cristallisable de la canne à sucre, de l'érable, de la betterave , de la carotte et du maïs ; l'autre est le sucre concrescible du raisin, du iniel et de l'urine des diabètes. On le forme aussi ariificiellement en traitant l'amidon par l'acide sulfurique ou la diastase , ou bien le sucre de canne lui-même par plusieurs acides , tels surtout que le tartrique, l'oxalique , le sulfurique, etc.
Le sucre dur et cristallisable s'extrait dans l'Inde , aux îles Maurice et dans les Antilles , du suc exprimé de la tige du saccharum officinarum L., belle plante de la famille des graminées. Ce suc, nommé Vesou , est clarifié à 1 aide de la chaux et évaporé jusqu'à ce qu'il puisse cristalliser parle refroidissement. Le produit qui en résulte porte le nom de sucre brut, de cassonade ou de moscouade. Quelquefois pour l'avoir plus sec et plus privé du sirop iucristallisable , qui se nomme mélasse , on lui fait subir une opération nommée terra ge j qui consiste à recouvrir les pains de sucre brut , dans les vases mêmes qui ont servi à la cristallisation, d'une couche d'argile détrempée; cette argile cède peu à-peu son eau , qui traverse la masse du sucre et en chasse le sirop coloré. C'est surtout dans les possessions françaises de l'Amérique que celte opération est usitée ; le produit qui en résulte se nomme sucre terré.
Le sucre , arrivé en Europe , y subit de nouvelles purifications qui l'amènent à l'état de sucre en yaaj'nj , lorsqu'il a été cristallisé confusément dans des formes coniques en terre cuite , ou de sucre candi , quand la cristallisation s'est opérée lentement dans des capsules exposées dans une étuve. Le sucre candi , dans son état de pureté est en cristaux incolores et transparens , qui sont des prismes obliques à quatre faces, terminés par deux facettes.
La canne à sucre est originaire de l'Inde, où son usage se perd dans l'antiquilé. Elle a été transportée de là en Arabie, en Syrie, en Égypte, en Sicile, en Italie et jusque dans la Provence , où le froid de certains hivers a forcé d'en abandonner la culture. En 1420 , Henri , régent de Portugal, la fit planter dans l'ile de Madère, et en 1506, elle fut introduite à Sainl-Domingue. Jusqu'à ces derniers temps , elle a joui du privilège exclusif de fournir au monde civilisé le sucre qu'il consomme; car on peut à peine compter celui qui est extrait dans l'Amérique septentrionale de la sève de Vacer saccharinum (il est loin de suffire à la consommation du pays ) ; mais, pendant la grande guerre continentale, la France vit s'élever des fabriques de sucre de betterave qui ont résisté au rétablissement de ses relations avec les colonies, et maintenant ces fabriques versent dans le commerce une grande quantité de sucre qu'on ne distingue pas de celui de la canne.
Pendant la même guerre continentale, le gouvernement français fit de grands efforts pour favoriser l'extraction du sucre de raisin ; mais ce sucre d'une nature différente du premier, moins soluble dans l'eau , moins sucré et non susceptible de former des pains durs et sonores , n'a jamais pu soutenir la comparaison, et il est tout-à-fait abandonné. Enfin, tout récemment, des chimistes, mettant à profit la propriété que possède l'acide sulfurique , ou l'orge j^ermé , de transformer l'amidon en un sucre semblable à celui de raisin , ont élevé des fabriques qui fournissent à très-bas prix un sirop médiocrement sucré et d'assez mauvais goût , nommé sirop de dextrine. Sans vouloir condamner ces efforts, et sans prétendre qu'on ne puisse arriver plus tard à donner à ce produit une perfection qui lui permette de soutenir la concurrence avec le sucre de canne, il faut bien dire que, jusqu'à présent, ce but est loin d'être atteint.
Les chimistes regardent comme un véritable sucre une substance sucrée , cristallisable et fermentescibie que M. Braconnot a extraite de différentes espèces de champignons , tandis qu'ils en refusent le nom à la mannite et au sucre de lait qui ne jouissent pas , au même degré que le sucre de canne de la propriété de fermenter. A plus forte raison , ne regardent-ils pas comme un véritable sucre le principe sucré de la réglisse , qui ne fermente pas, et qui forme avec l'acide acétique un composé presque insoluble dans l'eau.
( 1916) SUDAMINA.
Le sucre de canne a été analysé par M. Berzelius, à l'état de sucré candi desséché à l'eau bouillante, contenant encore un atome d'eau combinée , et de sucre anhydre combiné à l'oxide de plomb. Celui-ci est formé de
Carbone 44,92 12 volumes.
Hydrogène 6,11 20 —
Oxigène 48,97 10 —
Suivant l'observation de M. Dumas , cette composition répond à 4 volumes d'éther gazeux C 8 H 20 0 2
8 volumes d'acide carbonique 4 8
C'est-à-dire que, dans la fermentation vineuse, il suffit que l'éther prenne S» la liqueur 4 volumes de vapeur d'eau pour que les élémens du sucre se trouvent convertis en alcool et acide carbonique.
Le sucre, séché à 100 degrés, contient 2 volumes d'eau de plus que le sucre anhydre ; si le sucre cristallisé et seulement séché à froid , contenait encore un atome d'eau de plus, ses élémens représenteraient exactement ceux de l'alcool et de l'acide carbonique. |
Le sucre de raisin diffère du sucre de canne en ce qu'il contient plus d'eau | «l** qu'il n'en faut pour que ses élémens représentent ceux de l'alcool et de l'acide j s'f carbonique ; de sorte qu'il abandonne cette eau, au lieu d'en absorber dan* I f>ra l'acte de la fermentation. ' I *
Le sucre est d'un usage si répandu , soit comme aliment, soit comme médicâ" | jdsI ment , que l'Europe en consomme plus de 600 millions de livres par an , dans I * i lesquelles la France entre seule pour 140 millions environ. Quelques personnes VH pensent cependant que son usage peut être nuisible ; qu'il détermine la carie i 1*^ des dents ou le ramollissement des gencives; qu'il rend l'estomac capricieux^ (f) constipe, cause de l'altération , etc. Cette opinion défavorable semble appuyée) |ljni au premier abord , par les expériences de M. Magendie qui , ayant nourri des ., lén chiens exclusivement avec du sucre , les a vus maigrir, perdre leurs forces ij'jiîtîavoir des ulcérations de la cornée, par lesquelles les humeurs de l'œil se sonïil^ia écoulées , et enfin périr. Mais ces expériences prouvent seulement qu'un 0 animal , destiné par la nature à être Carnivore , ne peut pas impunéraenit i(pii être mis à un régime purement végétal ; que des humeurs et des solides jii jo où abondent l'azote, le phosphate de chaux et d'autres sels, ne peuvent Jl s'entretenir et se renouveler avec un corps qui en est totalement privé ;■ leom ce qui doit promptement détruire l'équilibre des fonctions, et amener latWli destruction de l'individu. Ces expériences ne prouvent pas que le sucre,' donné même en grande quantité , à des animaux qui ne seraient pas pri- jjèi vés de leur nourriture habituelle , puisse leur être nuisible. Au contraire, jliyé on peut dire qu'il y a peu de substances plus propres que le sucre à faciliter la- j6i|Bi digestion , et qui fassent mieux cesser l'embarras gastrique , l'anxiété et les ihi troubles delà circulation qui accompagnent une ingestion trop abondante d'ali-' |b mens. Aussi n'est-ce pas sans raison qu'on le présente sous toutes les formes,* \^ la fin des repas, ou qu'on l'offre aux convives quelques heures après à l'étaj ^iiiiti de dissolution aqueuse. Les personnes qui font un usage habituel du sucre, lui liaji ont reconnu d'autres propriétés salutaires, comme celles de calmer le sentiment jt}* de la faim et d'apaiser les mouvemens irréguliers du cœur. Enfin les pharm*-' ciens préparent avec le sucre un grand nombre de médicamens, dans lesquels il (ij sert de correctif pour les substances d'un goût désagréable, ou de moyen de lîm] conservation pour celles qui s'altéreraient sans \m. Foyez Sirops, tablettes , il»
CONSERVES , ÉLECTUAIRES , etc. (GuIBOTjRt). ' W
SUDAIttlNA. s. f. Petites vésicules proéminentes , du volume d'un grain èê ibi millet, arrondies, transparentes, formées par une humeur aqueuse , ténue, noit' lï visqueuse , et qui se développent , sans rougeur à la peau , dans le cours de pln« , sieurs maladies aiguës ou chroniques, plus ou moins graves.
3 I. Causes et sjmplômes. Cette éruption ne se montre que dans l'état de ma- i^^^ ladie. Elle survient le plus souvent dans la dothinenlérite (fièvre typhoïde), dans la scarlatine et dans la rougeole, quelquefois dans la pleuro-pneumonie, iih dans la péritonite , et surtout dans la péritonite puerpérale. Je l'ai obsei-vée ,' yl mais très-rarement, dans quelques maladies qui n'offraient aucune gravité, dans l'« des fièvres intermittentes et des entérites légères.
Les sudamina apparaissent presque toujours en même temps que des sueurs "* abondantes; mais j'ai vu dans la dolhinentcrite leur développement n'être pré-' 1' cédé d'aucune augmentation sensible de la transpiration. D'un autre côté, j'ai souvent observé des sueurs tiès-abontlantes sans développement de sudamiua , soit cliezdesphlhisiques, soit chez des malades atteints de suette-miliaire, en 1821. : i
Dans le cours des maladies aiguës ou chroniques , l'éruption des sudamina est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, chez les individus jeunes J i que chez ceux d'un âge mûr , et moins rare chez ces derniers que chez les vieil- jf i lards. On la rencontre plus souvent dans les saisons chaudes ; cependant les \ i saisons froides de l'année ne l'excluent pas. •
Les sudamina peuvent se montrer sur presque toutes les parties du corps , \ mais ils surviennent le plus ordinairement sur les régions où l'épiderme est le plus fin et le plus délicat, sur la partie antérieure de l'abdomen et du thorax, sur le col, les aines , les aisselles et l'ombilic ; rarement on les rencontre sur I» peau du dos , des membres et de la face.
Quelquefois cette éruption est presque générale ; plus souvent elle n'occupe qu'une région ou un petit nombre de régions à-la-fois.
Jamais celte éruption n'est précédée d'un sentiment de foLirmillement sur
SIIDORIFIQIJES.