‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 264 sur 311 · SUDORIFIQUES · texte numérisé non relu

SUDORIFIQUES

s points qu'elle doit occuper. Le volume des vésicules est très-variable ; les hes sont à peiue perceptibles h l'œil nu, tandis que les autres, pour la plupart , 'aient en grosseur un grain de millet. Ces vésicules , qu'au premier coup-d'œil 1 prendrait pour des gouttelettes de sueur, sont arrondies , globuleuses et ■oéminentes, d'un brillant très-vif et d'une telle transparence que le liquide qui s remplit semble déposé à la surface de la peau. Le plus souvent discrètes, elles ut quelquefois confluentes et en se réunissant forment de petites bulles irréilières , d'une blancheur analogue à celle de la peau , autour desquelles on ne marque point de rougeur, excepté dans quelques cas très-rares , encore està la base d'un petit nombre d'élevures. Peu d'heures après leur apparition, les vésicules commencent quelquefois à ternir, deviennent laiteuses et ridées, et disparaissent prorapteraent. Souvent, 1 contraire , elles conservent toute leur transparence et leur forme globuleuse udant vingt-quatre heures, et même plus ; puis elles se ternissent, s'affaissent, rident , et le troisième ou le quatrième jour, elles n'existent plus. Enfin, lelqueiois cette éruption a une marche plus lente , et ne se dissipe que vers septième ou le huitième jour. Les vésicules des,sudamina s'ouvrent rarement line manière spontanée ; le liquide qu'elles contiennent est résorbé; l'épiiime se détache et tombe sans laisser de traces. Fréquemment déchirées par flottement des vêlemens , elles ne donnent jamais lieu à la formation de iDÛtes. Si on les ouvre peu de temps après leur apparition, on voit quelquefois ins leur inléricur une petite dépression , arrondie , lisse et rougeâtre , qui ( paraît au bout de quelques minutes. Lorsque ces vésicules ont été Irès-nomicuses et confluentes, l'épiderme se détache quelquefois en lamelles plus ou inns larges. Il arrive même que , dans les intervalles que laissent les vésicules (tre elles , il s'enlève parle moindre frottement, laissant à nu le derme huule et d'une faible nuance rose, qui devient bientôt plus vive. Lorsque l'éruption a disparu d'elle-même, il reste sur les points qu'elle a oc- (pés , de petites taches blanchâtres qui correspondent aux vésicules détruites , «qui ne tardent pas à se dissiper.

L'éruption des sudamina est ordinairement successive ; mais elle peut se mont r à-Ia-fois sur plusieurs régions.

^uant au liquide contenu dans les vésicules, il est ténu [vaporis instnr, Becincolore, limpide , inodore, peu sapide et dénué de viscosité ; il ne rou- { pas le papier de tournesol , et ne parait pas de même nature que la sueur , ci jouit ordinairement de cette propriété.

§ II. Diagnostic . 11 suffit d'avoir vu une seule fois des sudamina pour les ronnaitre constamment. On les distingue des gouttelettes de la sueur en passif le doigt'légèreraeut sur les régions qu'ils occupent , ou en les regardant cliquement. Les vésicules des sudamina nesont jamais précédées de rougeur, ide démangeaisons, comme celles de l'eczéma ou de l'Iiydrargyrie, ni comme Ij! vésicules artificielles produites par l'insolation (eczéma io/are. Willan), avec iquelles on a eu le tort de les confondre. L'éruption des sudamina n'est point pcédée et encore moins accompagnée des symptômes fébriles qu'on observe ( is la suette-miliaire et les autres fièvres éruptives. Cependant on a long- 1 ips confondu, et quelques personnes confondent encore aujourd'hui les ) ilonites puerpérales accompagnées d'une éiuption de sudamina ( qu'elles il ignent improprement sous le nom de fièvre miliaire ) avec la miliaire épidéiquc ou suetledes Picards.

I in. Pronostic. Les sudamina et les sueurs qui les accompagnent ont paru ctiifues dans quelques circonstances ; mais le plus souvent l'apparition de I 'uption ne parait exercer aucune influence sur la marche des maladies dis le cours desquelles elle survient; c'est un épiphénomène et rien de plus.

Quelques auteurs ont regardé les sudamina comme un signe fâcheux. Il est i ontes table qu'on les observe plutôt dans les maladies graves que danscelles qui iiflVeiit aucun danger.

'oreesl (^Olis. med, , !ilî. II, ol)s. 539 ) a indiqué les principaux caractères des sudamina ;

I cGnitîon de lilankaarç! (Z^x/co/z , art. iff)^t//'oa ) semlile l'appliquer au lichen et à reczéma ■S lie. Sous le nom à'Iiydroa , Joseph Franck ( Praxeos univ, med. prœcepta, in-8", vol.iir, [1 . 90 } a compris et décrit le lichen , spécialement le lichen des tropiques , l'herpès labialis ces élevures de la fièvre lyphoïile ; c'est plus qu'une confusion dans la nonienclalure. ^ Barbie du ]ioca^e { De l'éruption des sudamina t in-4", Paris, 1828) a exposé avec soin

II aractère des sudamina. M. Andral ( Clinique médicale , ton), i , obs.x, pag. 24 )a cité un c dans lequel les vésicules avaient la dimension des véritables bulles. M. Louis {Hecherches a lomico-patliologiques sur la phtliisie , iu-8°, pag. 212, Paris, 1825. — Reclierches sur Il lèfre typhoïde , in-S" , lo-u. ii , pag. 244 , Paris , 1829) a étudié et observé cette éruption il s la phthisie cl la dothinenlérite : je l'ai rencontrée dans plusieurs antres maladies.

(P. Rater. )

iUDORIFIQIlES. On doit comprendre sous celte dénomination tous les ajns médicamenteux ou autres qui ont pour objet ou plutôt pour effet de p voquer la sueur. Nous réunirons également ici , d'un seul mot, ce qui est ïptif aux diaphorétiques , lesquels sont considérés , par supposition , comme armentant la transpiration insensible, et dont les résultats n'ont jamais été cislatés.

ij'opinion qui attribue les guérisons aux sudorifiques , lorsqu'ils font sculennl augmenter la transpiration insensible , peut être soutenue , mais elle n'a •p été encore prouvée ; et cepentlant cette opinion est une des plus fréqiiemnpt émises, ainsi qu'on aura plus d'une fois l'occasion de le faire remarquer dis le cours de cet article.

I Les variations que présentent les fonctions de la peau chez l'homme sain et nlade, dans diverses circonstances, et les phénomènes remarquables qui se lj;tà l'apparition des sueurs, surtout dans les maladies, ont de tout temps

éveillé l'attention des médecins et leur ont suscité le désir de s''emparer de ce puissant levier , afin d'en disposer à leur gré. Reste à savoir jusqu'à quel point il est possible de s'en rendre maître , et de le diriger pour expulser de l'économie certaines matières, agir sur la composition des liquides, et eonséquemment modifier les solides ainsi qu'on s'en est trop ambitieusement flatté. Les difficultés qui existent pour la médication diurétique se présentent ici tout entières, et cette question multiple surgit ; peut-on augmenter la quantité de la sueur? peut-on modifier ses qualités? dans quelles conditions morbides, et dans quelle mesure peut-on user de ces ressources ? Certes, ce serait un merveilleux et précieux pouvoir que celui de provoquer à coup sûr une abondante transpiration, et par ce moyen de débarrasser à volonté l'économie de tel ou tel liquide nuisible par sa surabondance ou son altération ; de forcer, par exemple , du pus ou de la sérosité épanchée à sortir par la voie qu'on lui aurait prescrite. Il y aurait à faire un immense et important travail sur la sueur recueillie dans diverses circonstances physiologiques ou morbides. Cependant il résulte en général des observations cjue , s'il est possible , par certains moyens, de provoquer des sueurs, comme il est possible d'augmenter la quantité des urines , il est extrêmement difficile et même impossible d'amener ces transpirations que les anciens appelaient critiques , et dont la composition diff'ère probablement autant de celles des sueurs provoquées , que les urines abondantes, claires et insipides , amenées par l'ingestion des boissons aqueuses , prises en grande quantité , se distinguent des urines colorées et chargées de principes salins , dont la nature produit, quand il lui plaît , l'évacuation.

Ainsi donc, et il faut le dire sans détour , parce qu'une erreur propagée ne peut que nuire, le médecin peut, assez facilement même, provoquer des sueurs , surtout il peut favoriser celles que la nature a préparées, mais il ne saurait leur donner ce caractère qui est la cause ou le signe de la guérison, et anticiper sur les opérations les plus intérieures de l orgauisme. Ce n'est pas cependant que l'action des sudorifiques , telle que nous la connaissons empiriquement, ne soit réelle et n'ait son degré d'utilité ; il ne s'agit que de la bieu connaître pour l'appliquer avec plus de certitude et de succès , et pour ne pas se l'exagérer.

On sait quelles sont les circonstances au milieu desquelles la sueur se manifeste chez un sujet sain. Elles sont nombreuses, et peuvent agir soit séparément, soit simultanément ; et l'on doit dire qu'elles manquent rarement leur effet. Pour la plupart elles sont extérieures ; et même toutes choses égales d'ailleurs, les agens médicamenteux qui s'administrent à l'intérieur ou agissent incomplètement , ou même n'agissent pas sans leur concours. C'est un fait d'une haute importance , et qu'aucune déclamation théorique ne saurait anéantir.

L'élévation de la température ambiante au-dessus de celle du corps, quelle que soit la cause qui la produit, augmente immédiatement et à coup sûr la transpiration cutanée. Ainsi l'on sue au soleil , dans une étuve sèche et humide, au milieu de vapeurs sulfureuses ou autres, dans un bain chaud , dans un lit chargé de couvertures , dans des vêtemens épais et garnis de fourrures. Un exercice musculaire actif amène le même résultat; et rien ne le favorise mieux que l'ingestion préalable d'un grand volume de liquide aqueux , surtout si ce liquide est chaud. On voit également un liquide du même genre , pris à la température de l'atmosphère , prendre rapidement la voie des reins , lorsque la peau est en même temps soumise à l'action d'une atmosphcre fraîche; et , de même que l'eau froitle chargée de quelques principes acides , salins ou autres, est évacuée plus promptement par les urines que ne l'est l'eau pure, de même aussi l'eau chaude seule est moins sudorifique que celle qui est chargée de quelques principes extractifs, aromatiques ou autres. Cependant dans l'une et l'autre circonstances , il ne faut pas que les principes ci-dessus indiqués soient en trop grande proportion; autrement ils agiraient sur le canal intestinal, et comme le liquide qui les contient serait évacué par les selles, il n'y aurait ni urine ni sueur produites.

Dans les maladies , la sueur est un phénomène presque toujours spontané. Quel praticien n'a vu, en dépit de son intention, des sudorifiques faire uriner les malades, et des diurétiques être suivis d'une large sueur? La plus simple observation enseigne qu'en général l'apparition des sueurs précède la solution des maladies , ou coïncide avec elle. Il est bien entendu d'ailleurs que nous parlons ici de la sueur abondante, chaude et égale, dont les effets favorables font souhaiter de pouvoir la produire par les agens thérapeutiques; et non pas des sueurs froides , visqueuses et partielles , précurseurs accoutumés de l'agonie , ou tout au moins d'un état d'aggravation des maladies ; non plus que de celles qui , dans les lésions profondes des organes respiratoires , sont un supplément à la transpiration pulmonaire qui ne peut plus s'accomplir. On ne voit se manifester cette évacuation qu'à une époque et dans des circonstances que les anciens avaient observées bien mieux que nous, de manière à en former la base d'un pronostic souvent remarquable par sa justesse.

Que la sueur soit spontanée ou provo([uée, elle est toujours précédée d'une accélération du mouvement circulatoire , d'une sorte d'état ftbrile avec congestion sanguine vers la peau qui se gonfle et devient en même temps chaude et rouge. Néanmoins on remarque que cette membrane reste généralement sèehe dans la période la plus aiguë des phlegmasies qui lui sont particulières , et même dans le début des autres inflammations.

Aux sueurs abondantes et prolongées succède d'ordinaire un sentiment de fatigue qui , dans les maladies aiguës , s'accompagne d'un soulagement plus ou moins marqué et durable. Si elles se renouvellent et se prolongent , il en résulte un affaiblissement profond qui se manifeste quelquefois aussi par une no-

SUDORIFÎQUES.

SIJDORIFIQUES.

table diminution de l'émbonpoint. Aussi les sudorifiqUes figurent-ils au nombre des débiiitans.

Aux véritables sudorifiques, à ceux que nous venons de signaler et dont les résultats immédiats sont incontestables , peu-à-peu s'en joignirent une foule d'autres, que le caprice fit entrer dans le cadre essentiellement élastique de la matière médicale. Substances minérales , végétaux , produits animaux, corps insolubles , composés salins, mucilage, sucre, fécule, extractif, huiles volatiles, tout trouva place ; et, pour se mettre plus à l'aise encore, il l'ut convenu que les sudorlfiques pouvaient , sans faire suer, produire des effets thérapeutiques. On aurait peine à énumcrer seulement les médicaraens réputés sudorifiques ; et quand même on se bornerait à ceux que la plupart des auteurs s'accordent à placer au premier rang , on serait encore forcé de reconnaître, ou bien qu'ils ne déterminent point de sueur; ou bien qu'ils en produisent seulement dans les conditions précitées, qui sont seules sudoriliques , ainsi que nous l'avons sufKsamment établi. Alors tombent ces vains échafaudages de divisions scolastiques desquelles résultaient des sudorifiques tempérans et des sudorifiques échauffans , etc.

A ceux qui nous ont plus d'une fois reproché notre scepticisme , nous demanderons quels sont, d'après leur expérience , les véritables sudorifiques? Eux aussi , ils sont sceptiques ; car, à coup sûr , ils ne placent plus au premier rang parmi les sudorifiques les bézoards, le sang de bouquetin, la corne de cerf, et autres médicamcns consacrés par l'expérience des siècles. Eh bien ! qu'ils viennent donc établir sur des faits irréfragables la propriété sudorifique des médicamens qu'ils veulent conserver , et que nous examinerons un à un de bonne foi , mais avec la sévérité qui doit désormais présider à l'étude des sciences naturelles et médicales. Qu'avons-nous besoin d'ailleurs, lorsque nous possédons des moyens incontestables de produire de la sueur, d'aller en chercher d'autres ? on n'a besoin de suppléer qu'à ce qui est insuffisant ; et il s'agit moins d'innover que de choisir avec discernement. Ainsi donc, quant à présent, nous présentons les propositions suivantes comme seules avouées par l'expérience et la saine raison :

lo. On peut , à volonté , provoquer la sueur chez l'homme sain ; moins faciïenient chez l'homme malade.

2». La sueur artificiellement provoquée parait n'être pas identique avec celle qui est le résultat du mouvement spontané de l'économie.

3». Lorsqu'on administre un bain d'étuve sèche ou humide, la sueur est le résultat de l'évacuation de la partie séreuse du sang.

4". Lorsqu'on administre, à un individu qu'on tient dans une température élevée , de l'eau chaude , cette eau est promptement évacuée par les pores de la peau.

■ 5o. Cette eau est plus rapidement évacuée lorsqu'elle est animée avec quelque principe excitant.

6o. Si l'on considère d'après les faits la médication sudorifique comme propre à renouveler les liquides par une sorte de lixiviation , et comme capable d'extraire de l'économie tel principe nuisible par sa nature ou par sa proportion , il faudrait avoir recours à une toute autre manière de les administrer que celle qu'on appelle altérante.

7°. Placer un malade dans une étuve , et l'y faire rester assez long-temps, en lui faisant prendre en abondance une boisson aqueuse , pour qu'il suât de tnanière à perdre deux ou trois livres de son poids qu'on aurait constaté à l'avance; renouveler une pareille évacuation plus ou moins de fois suivant les résultats obtenus , serait une méthode thérapeutique vraiment efficace dans une foule de cas. C'est d'ailleurs celle qu'emploient avec avantage les Russes et les Turcs, dans leurs bains qui font presque foute leur médecine, comme ils étaient aussi presque exclusivement usités par les anciens dans le traitement des maladies.

De nos jours, une pareille médication est presque inconnue, et l'on peut dire que l'emploi des sudorifiques, dans la plupart des cas, n'est qu'un vain mot. Ce n'est pas cependant qu'on ne prescrive bien quelquefois ce que noug appelons les véritables sudorifiques et qu'on n'en obtienne les résultats qu'on a droit d'en attendre; mais les malades et les médecins qui savent les apprécier et qui cherchent à les obtenir, sont presque aussi rares les uns que les autres. Ainsi donc, dans les guérisons obtenues par les sudorifiques, il faudra bien tenir compte de la manière dont ils ont été administrés.

On conçoit, en effet, que dans les fièvres et les inflammations aiguës, les sudorifiques aient pu avoir quelque utilité lorsque les médicamens administrés sous ce nom appartenaient à la classe des émolliens ou des adoucissans; de même que les stimulans divers ont pu être avantageux dans les circonstances opposées, nonobstant la théorie qui avait présidé à leur administration. On conçoit également que dans une foule de circonstances la guérison s'est opérée indépendamment du remède employé. Quant aux sudorifiques , ou plutôt à la médication sudorifique telle que nous l'avons signalée , tout en restreignant sa puissance , elle trouve encore d'utiles applications dans diverses maladies ou étals morbides . soit comme principal, soit comme accessoire du traitement. Ainsi dans les affections miasmatiques et contagieuses , imminentes ou développées, faire suer un sujet, c'est ou empêcher l'introduction dans l'économie <les principes morbifiques, ou en favoriser l'expulsion. Dans d'autres maladies on a vu plus d'une fois la sueur provoquée au début, d'une manière un jieu énergique, faire avorter en quelque sorte les phénomènes morbides, et amener un retour presque immédiat à la santé. Les effets des sudorifiques ne sont pas moins marqués dans le rhumatisme tant aigu que chronique, dans la goutte, dans les diverses névralgies , soit qu'on les emploie seuls , soit qu'on les associe

à d'autres moyens thérapeutiques. Les nombreuses maladies de la peau , quell que soit leur forme , ne manquent pas d'être améliorées par les agens qui, pro voquant une abondante transpiration cutanée, opèrent plus ou moins immédia' lement sur le siège du mal. Contre les hydropisies , dans lesquelles une dispro portion notable s'établit entre l'exhalation et l'absorption, quels moyen; devraient être plus utiles que les sudorifiques? Et en effet, quoiqu'ils m réussissent pas constamment , ils sont généralement avantageux , et seconden les autres agens thérapeutiques. Enfin , dans beaucoup de maladies chronique^ de divers organes , les sudorifiques forment une partie très-utile du traitemen en accélérant la circulation, et par suite, le jeu de toutes les fonctions exhalantei et secrétoires , sans introduire dans l'économie de principes irritans, et sant! porter d'impression trop excitante sur aucune partie de l'organisme en parti culier.

Les sudorifiques, même réduits à leur plus simple expression , constituent un( des médications les plus puissantes qui existent, et en même temps cellt peut-être qui a le moins d'inconvéniens directs. Supposez en effet qu'elle ai été poussée trop loin, il est facile de s'en apercevoir, et il suffit pour la plupan du temps de la suspendre pour réparer le mal qui d'ailleurs n'est jamais très, f profond. Ce serait un service rendu à la thérapeutique que de faire revivre l'emploi des étuves trop peu connues chez nous , et celui de la gymnastique médicale dont nous n'avons pas même conservé l'idée.

C'est aux articles de pathologie générale et spéciale qu'il faut chercher les cai dans lesquels la médication sudorifique peut amener de bons résultats : ils sonl ta trop nombreux et trop variés pour que nous puissions les indiquer ici. Nous ech» avons dit assez pour donner des indications générales. f fc

Que s'il s'agit de l'époque des maladies où il convient d'avoir recours au»j fcti sudorifiques ou de s'en abstenir, comme aussi des conditions individuelles quiii appellent ou repoussent leur emploi, il résulte sufl:isamnient , à notre avis,di iîo ce qui précède, que les sudorifiques proprement dits exercent une action sti^aai mutante générale qui peut nuire dans l'état fébrile très-aigu , et lorsqu'il existeiiiini une pléthore générale ou des congestions locales ; et que dans les mêmes ciri^plii constances les sudorifiques que nous croyons pouvoir appeler indirects sontlIeToi peut-être encore plus contre-indiqués, surtout ceux qui sont doués de propriéi! imc tés stimulantes de tel ou tel organe. D'ailleurs quel est le praticien qui m «ri sache mesurer l'intensité des médications qu'il emploie , et les proportionneujiisji aux circonstances générales et particulières dans lesquelles il doit opérer. , l'eiii|

Des SUDORIFIQUES DANS LA SYPHILIS. Nous croyons devoir parler ici de ci Aii qu'on nomme, bien improprement aujourd'hui, traitement par les sudorifiqueiite dans la syphilis , et fixer les idées sur ce point de thérapeutique spéciale qui 8'j|iialii donné lieu à tant de controvei'ses et de discussions. Ces divergences fâcheuse! ^'tan sont nées de ce qu'on ne s'en est pas tenu aux faits observés et à la raison , etibe; qu'on a presque toujours parlé d'après des théories préconçues. Quelques mot! Mo suffiront pour poser nettement la question dont nous laissons la solution à not | lecteurs. . I SI

Dans les auteurs nous voyons que la médication sudorifique a, presque dèslïjfai commencement, joué un grand rôle dans le traitement des affections vénérien-' iitsii nés tant aiguës que chroniques, tant primitives que secondaires. Les malades i 1( soumis à l'action du mercure étaient tenus dans un état de sueur presque con- luii slante qu'on regardait comme favorable à l'action du médicament principal, jim Plus tard, les mauvais effets de ce remède, dont on abusait étrangement, |it, ayant ouvert les yeux des praticiens, ceux-ci commencèrent à employer au lieu .iiin du mercure, chez les malades qui en avaient éprouvé les mauvais effets, les bois appelés sudorifiques, qui alors étaient administrés de telle sorte qu'ils fai- , jiel saient suer. Ce n'a été que bien plus tard et seulement dans les trente dernières fcannées qu'on a trouvé que ces sudorifiques pouvaient, sans faire suer , être fiée efficaces contre la syphilis, et la guérir soit concurremment avec le mercure, soit fins séparément avant ou après son emploi infructueux. Partagés en deux camps illei ennemis , les médecins refusaient d'en appeler à l'observation qui seule pouvait ^'i constater jusqu'à quel point la maladie était capable de guérir seule et inde- as pendamment du traitement choisi , et ils continuaient à vanter exclusivement) Im ceux-ci le mercure , ceux-là le gayae, le sassafras , etc. ( V oyez ces mots.) i\{

De nos jours, voici quelle est sur ce sujet l'opinion des médecins les plus ■ pljj exercés : Les sudorifiques proprement dits ( température élevée, bains de , jjj vapeurs, boissons chaudes mucilagineuses ou pourvues de principes divers) sont utiles dans le traitement de la syphilis. Dans les symptômes primitifs, ils peuvent trouver une application avantageuse, tandis que le mercure y est au moins superflu. Dans la syphilis constitutionnelle, ils aident l'action de ce médicament ; enfin, dans les cas d'administration mal dirigée du mercure contre une véritable syphilis, de même que dans ceux où il a été mal-à-propos essayé contre une affection qui n'était pas syphilitique, les sudorifiques produisent en peu de temps les changemens les plus avantageux , et amènent ])romptemenl une guérison complète et durable. Ils sont évidemment inférieurs au mercure contre la syphilis constitutionnelle ; et si , comme nous ne prétendons pas du tout le nier , on a quelquefois guéri des malades atteints d'une syphilis bien évidente avec les sudorifiques seuls , il reste prouvé jusqu'à l'évidence que le traitement mercuriel est à-la-fois plus expéditif et plus sûr dans ses résultats , et quil doit être généralement préféré.

Si maintenant nous examinons les sudorifiques qui ne font pas suer (gayac, salsepareille, squine, etc.), mais qui, à ce que l'on prétend, augmentent la transpiration insensible , ou agissent d'une manière altérante, ce qui revient précisément au même, nous voyons qu ils comptent des succès aussi, bien que moins évidens , et à-peu-près dans les mêmes circonstances; savoir : les symp-

SUETTE MILIAIR E.

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