GENEVE
20 ans 224
De 10 à 20 à 30 30 à 40 40 à 50 50 à 60 60 à 70 70 à 80 80 et au -des
Par te pif lolel .
ÏÔÔÔ
Par .■suspension.
Salpéirière.
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Les renseigncmens sur les suicides do Berlin sont dus à M. Casper ('^''. JU'iP" rhomme et le dèfeloppemenl de ses Jacultès , par M. Quelelet , i. 2, p.l53);^!ij ceux de Paris, par M. Guerry ( Jnn. d'hygiène , 1831) ; ceux de la Salpétrière par M. Esquirol (art. cité] ; ceux de Genève ont été publiés , en mai 1829, dansJil» le bulletin de M de Férussac. Ils ne sont pas tous comparables entre eux, carsi,|ii d'une part , les chiffres pour Berlin et Genève sont complets , ils n'indiquent e malheureusement pas la proportion des sexes. Ceux pour Paris indiquent scu-i* lement les suicides commis par le pistolet et par la suspension. Ceux pourlalu Salpéirière sont aussi complets qu'ils pouvaient l'être , ils indiquent la propor-jji tiou des femmes aliénées, reçues pendant si.^ ans à la Salpéirière , et qui ont lij fait des tentatives de suicide , tentalives suivies ou non de la mort. Le cbiffani vrai de ces femmes est de 198 sur 1,898 admissions. Quoi qu'il en soit, onvoiti | que les jeunes gens de Berlin , garçons ou filles , se tuent en très-grand nom- 1 , bre ; que de trente à quarante ans ce malheur est assez rare ; qu'il augmente; , ensuite de fréquence et cela jusqu'à l'extrême vieillesse. Le nombre de neut sui- 1 cides an-dessus de quatre-vingts ans , est très-élevé si on le compare au peliU nombrede personnes qui vivent jusqu'à cet âge. Les renseignemeu.s sur Genève. I , trop peu détaillés , nous apprennent seulement que , dans celte ville, oucoiii-(i mence à se tuer beaucoup plus tard qu'à Berlin. Quant aux renseignenieiisj | fournis par mon infatigable maître sur les femmes aliénées confiées à ses soins ils nous font vivement désirer que ceux de ses élèves charges de traiter les hommes aliénés apporlcnt bientôt , pour complément , le résultat des recherches auxquelles il n'auront sans doute pas manqué de se livrer. ]\1. Guerry , qi'i a voulu savoir à quel âge on se pendait et à quel âge ou se brûlait la cervelle , a trouvé que les jeunes gens choisissaient ce dernier parti, et les vieillards le prc-
SUICIDE
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n,;;r. On aurait pu prévoir à l'avance ce résultat , mais un esprit sévère n'hés| jamais entre une preuve et une présomption.
e ne saurais dire tous les moyens que certains suicides emploient pour acccliplir leur funeste résolution ; ces malades sont souvent d'une astuce qui déjt) la plus active surveillance. Aussi M. Esquirol donne-t-il le précepte que dis les établissemens publics, les suicides aient toujours des salles communes et s|nt logés ;iu rez-de-chaussée. Dans son magnifique établissement d'Ivry , et djjS les maisons d'aliénés pour la construction desquelles on a suivi ses cousis , les aliénés agités et les suicides occupent des bàtimens qui n'ont pas d'étjl; la surveillance y est d'une extrême facilité , la contrainte des malades pijr ainsi dire inaperçue , et les accidens presque impossibles.
l'est surtout en été que l'on se tue, et particulièrement lorsque la chaleur e!|ong-temps prolongée. Ce fait a été constaté partout où l'on a étudié le suicis. Sur 1,151 suicides commis à Berlin, Hambbug , Westminster et Paris, el^our lesquels on a tenu note des saisons , il y en a eu , pendant le premier ISiiestre de l'année, 237 , pendant le deuxième 299, pendant le troisième 335 , ^daut le quatrième 26U.
i^ous ])ouvons tirer tle ce résultat une induction au moins très-plausible, r expliquer l'augmentation du nombre des suicides effectués à Paris pent les dernières années , en l'attribuant à l'élévation de la température. En it , des observations recueillies par les membres du bureau des longitudes ■> eiJont chacun de nous pouvait prévoir le résultat , ont établi que la quantité d'pluie avait été en diminuant depuis plusieurs années , et que la chaleur avait il plus forte qu'on ne l'avait sentie depuis long-temps. L'influence du climat p. iilra très-faible ou même nulle, si l'on se rappelle que certaines villes, Rome, p exemple, où l'on se tuait beaucoup , ne voient maintenant presque aucun 5i ide. Le rapport des suicides, suivant les sexes, est d'environ trois hommes p 1 une femme.
i'auteur d'un gros livre sur le suicide dit, à l'occasion de cette maladie : A )a ne saurait disconvenir que l'anatomie pathologique ne soit, en géne'ral, l<)artie la plus importante de l'histoire des maladies, puisque , par elle, nous pnoiis une idée à-peu-près exacte de leur cause matérielle , organique, procliue. » Eu ce cas, la partie la plus importante du suicide, nous serait bien cacie; car, jusqu'à présent, nous ne savons rien là-dessus, et cet auteur lui-même, a apportant guère que des cas de guérison et pas une seule ouverture de corps, n'a ( 1 lait pour nous en révéler le mystère. J'ai réuni seize autopsies de suicides; c I ont été faites par M. Esquirol , sept par M. Mitivié , médecin de la Sjlpétrrc, une par M. Archambaut , une par M. Gras, deux par moi. J'ai assisté à p sieurs de celles qui ont été faites par mes confrères. Sur ces IG cas (10 femai et G hommes), il y a eu 3 strangulations, 3 suspensions, 3 sections du cou, 3 ;(itiiieûces prolongées , 3 précipitations d'un lieu élevé et 1 empoisonnement. In'est pas de mon sujet d'indiquer les marques extéiieures du suicide, je rapf Icrai seulement le résumé des vices de conformation ou des lésions internes t uvées à l'ouverture des corps.
)épression de la suture frontale 1 ; dépression de la tempe droite 1 ; crâne ins et éburné 2; crâne mince et éburné 1 ; épanchement dans le crâne, suite dfracture à cette partie 2 ; iujeclioii de l'encéphale et des méninges 4; dans Il de ces cas, il y avait fracture du crâne; dans un autre, l'individu était mort a ès s'être coupé le cou, mais il était tombé la tête eu bas et son cadavre était rte long-temps dans celle position: restent donc deux cas pour le suicide, leclion des mêmes parties, après la suspension 2; après la strangulation 1 ; sosité sous-arachnoidienne 3 ; ténacité du cerveau, après la mort par hémor- 1 gie 3 ; dilfluence de la cloison transparente 1 ; adhérence de l'ergot de Morid au plancher des ventricules 1 ; défaut de développement de deux circouvulions postérieures 1; hyperthophie du cœur I; épanchement de sérosité dans 1 poitrine 1 ; adhérences anciennes des plèvres 3 ; récentes 1 ; engorgement des pmons hors le cas de suspension !; après la suspension 2 ; tubercules dans I poumons 1 ; hydatides dans le poumon droit 1 ; rougeur du tube gastro-iuttinal 1 ; après la suspension 1 ; après l'empoisonnement 1 ; déplacement du cou 1 ; foie volumineu.x et rouge 1 , déchiré (chez une femme qui s'était jetée { • la fenêtre 1 ; un peu rouge, après la suspension l ; contenant des hydali- 1.1 1 ; calcul biliaire 1 ; kyste dans les ovaires I ; corps fibreux dans l'utérus 1.
1 résumé, dans 1 cadavres, il u'y avait d'autres lésions que celles produites
r le genre de mort; et dans les 9 restaus , des altérations tellement variées ' 'on ne peut rien en induire relativement à la nature ou au siège du suicide. J jouterai que tous les individus dont il s'agit étaient bien évidemment aliénés , ; ait de s'être donné la mort.
r'our prévenir le suicide réfléchi, exécuté de sang-froid, les conseils de la I son , les maximes de la morale , les p: éceptes religieux sont les moyens les us eflîcaces ; une diversion opérée en faisant surgir une passion a quelquefois Jjssi. Avenbrugger ordonnaitd'appliquer au.x suicides pour lesquels on le conillait un large vésicatoire sur la région du foie, et il dit s'en èlre bien trouvé. ■ i vu ce révulsif , appliqué dans des cas analogues , détourner rallenlion des iilades et détruire la fixité de leurs idées. Mais c'est alors , moins une me- ':ation physique, qu'une sorte de dérivation morale. Je croirais volon-
rs que si certains gouvernans préservent leurs sujets du suicide , c'est paice
e, les harcelant sans cesse, ils agissent un peu à la manière des vési- 'loires. Quant au traitement des suicides aliénés, qui sont, d'après laulo-
é de M. Esquirol, de Fodéré , etc., ainsi que d'après ma propre expé- !nce , en beaucoup plus grand nombre qu'on ne le croit communément , il
t le même que celui de la mélancolie, et je n'ai rien à ajouter à ce >^'i'eu
DiCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATlyUES.
a dit le savant auteur de l'article aliénation mentale, inséré dans ce Dictionnaire. ( Leubet ).
SUICIDE. (Médecine légale.) Si la loi n'atteint pas la personne qui a voulu se donner ou qui s'est donné la mort, elle punit tout individu qui consent à devenir l'instrument d'un suicide. Elle qualifie alors cet attentat à la vie d'homicide volontaire sans préméditation, ou de meurtre, et lui inflige la peine des travaux forcés à perpétuité (art. 304 du Code pénal) , telle est la législation actuelle. Mais pour qu'une blessure ou une autre cause de mort, soit déclarée être le tait d'un suicide et ne donne pas lieu à une action judiciaire, il faut que plusieurs ordres de preuves se trouvent réunis. Les unes se tirent de l'examen matériel de la lésion physique; les autres dérivent des circonstances du fait et des causes morales qui ont pu y donner lieu. Les premières sont du ressort de la médecine, les secondes de celui des magistrats; par conséquent, un médecin est souvent consulté sur la question de savoir, si telle ou telle cause de mort a été employée par l'individu qui a succombé ou qui y a été soumis; ou si, au contraire, elle n'aurait pas été mise en usage par une main étrangère. C'est sous ce point de vue que le suicide doit fixer l'attention du médecin légiste. En elfet, si nous sortons de ces limites, nous rentrerons dans le domaine d une autre question médico-légale, celle de l'aliénation mentale de la personne qui s'est donné ou s'est fait donner la mort. Nul doute qu'un médecin ne puisse être consulté dans quelques cas sur cette cause première desuicide; maisalors tous les détails qui ont été consignés dans l'article aliénation mentale sont propres à lui fournir les moyens de résoudre cette autre question : limitons donc cet article au but qu'il doit atteindre.
Les auteurs de médecine légale, ont, eu général , plutôt tourné ce sujet qu'ils ne l'ont abordé ; c'est qu'en effet , il offre des difficultés réelles ; que dans beaucoup de cas il présente du vague et de l'incertitude : aussi ne nous flattonsnous pas de le traiter complètement; mais nous en esquisserons le cadre de manière à appeler l'attention des médecins et les engager à recueillir des faits, qui sont plus nécessaires dans cette matière que dans tout autre point de la science.
Il résulte des relevés suivaus que j'ai faits sur les registres de la Morgue , où sont consignés quelques détails propres à éclairer sur les moyens et les causes du suicide, que le genre de mort le plus communément choisi à Paris est la submersion; car il a été reçu dans cet établissement cinq cent quarante-huit individus qui se sont jetés volontairement à l'eau, de 1830 à 1834 inclusivement ; après la submersion , vient l'emploi des armes à leu : on eu compte pendant cet espace de temps quatre-vingt-quatre ; puis la suspension qui en donne trentesept exemples ; ensuite les chutes d'un lieu élevé, telles que celles d'une fenêtre, des tours de l'église Notre-Dame, etc. , vingt-trois ; treize suicides ont été produits par la vapeur du charbon j huit seulement se sont donné la mort en se servant d'une arme tranchante, et un en employant le poison. Dans ce cadre ne sont pas compris tous les suicides de la ville de Paris , car le chiffre en serait beaucoup plus élevé. Remarquons , en effet, que l'on n'apporte presque jamais à la Morgue que les individu.s inconnus ; qu'un grand nombre d'asphyxiés par le charbon doivent resler à domicile , et que le chiffre treize peut être accru dans une grande proportion. 11 en doit être de même du suicide par une arme à feu et aussi de celui par un instrument perforant, tranchant, etc. Cependant , si ces chiffres ne représentent pas des quotités , ils peuvent exprimer des rapports qui approchent de la vérité. Passons en revue ces divers genres de mort , et voyons quelles sont les données les plus propres à appuyer les présomptions du suicide.
Déj'a , à l'article asphyxie par submersion, nous avons fait sentir combien il était difficile , dans quelques cas, de déterminer si l'individu était vivant au moment de l'immersion dans l'eau. A plus forte raison lorsque le médecin veut arriver à reconnaître si la submersion a été le fait du suicide ou de l'homicide; c'est rarement d'après l'inspection seule du corps qu'il peut résoudre ce problème : qu'un homme se jette à l'eau , qu'il y tombe par accident ou qu'on le force à y tomber, les phénomènes de la mort seront les mêmes; cependant, dans le cas d'homicide , l'immersion n'étant pas volontaire ou ne résultant pas d'une cause accidentelle , il est rare que l'individu ne lutte pas contre ses meurtriers, qu'il n'en résulte pas des traces de violences sur diverses parties du corps , d'après lesquelles on peut fonder quelques présomptions d'homicide. Mais ces violences mêmes existant , il faut encore se demander si elles n'auraient pas été le résultat de la chute ; ainsi un homme en tombant peut rencontrer un pieu , une pierre ; sa tête peut venir frapper fortement le fond de la rivière , et nous devons dire qu'il n'est pas rare de voir des cadavres résultant de submersion volontaire présenter des excoriations ou même des contusions dans la région du front ou des yeux , sur les pommelles , le nez , le menton , les genoux et les coudes , en un mot, sur les parties les plus saillantes du corps.
Lorsque au fait de la submersion vient se joindre une autre cause de mort . on doit déterminer laquelle des deux causes a produit la mort ? Si la submersion n'a pas été pour ainsi dire secondaire ? Ainsi le corps d'un homme est retiré de l'eau après vingt-quatre heures d'immersion ; il porte dans la région du cœur la trace d un coup de couteau qui a intéressé des organes essentiels à la vie et qui par lui-même était capable d'amener la mort; il n'existe pas , d'ailleurs, d'indices de submersion pendant la vie : cette dernière circonstance ne démontre qu'un seul fait, c'est que la mort doit être attribuée au coup de couteau ; mais la question du suicide reste tout entière. Il y a plus , la blessure a pu être mortelle et cependant l'individu vivre pendant un temps assez long pour succomber à la submersion : le diagnostic devient alors plus difficile, quant à la cause de la mort. Les données générales suivantes pourront toutefois éclairer ce point diflicile. Lorsqu'une contusion ou une plaie contu-;e est le fait de la chute du
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corps ilans l'eau, elle a son siège sur une partie superficielle. Il est rare qu'elle soit limitée à une très-petite surface et aussi qu'elle soit très-profonde ; le plus ordinairement elle occupe le tissu cellulaire sous-cutané. La quantité de sang qu'elle renferme est faible et sa coagulation souvent incomplète. Ces circonstances dépendent de ce que l'individu qui veut se suicider par submersion choisit presque toujours un endroit profond de la rivière , et quoiqu'il tombe en général d'un lieu très-élevé , et que par cela même il reçoive une puissance d'impulsion très-grande au moment de l'immersion , à cause de l'espace qu'il parcourt, il perd en tombant dans l'eau la majeure partie de sa force impulsive par la résistance que ce liquide offre à sa surface ; aussi arrive-t-il rarement au fond de la rivière, quoiqu'il y tombe, par exemple, de la hauteur d'un pont. La plupart des noyés qui nous ont offert des traces de violences résultant de leur chute, venaient du canal Saint-Martin , là où la masse du liquide est peu considérable. — On voit assez fréquemment les suicides réunir l'emploi d'une arme à feu à la submersion pour se détruire; ils se placent sur le bord d'une rivière de manière à pouvoir y tomber , et ils se tirent un coup de pistolet , soit à la tète, soit à la région du cœur. Rarement ils se font une blessure avec une arme tranchante. En général , l'emploi d'une arme tranchante, n'accompagne presque jamais le suicide réfléchi, et qui est mûri depuis long-temps : il appartient plutôt au suicide qui résulte d'un acte de désespoir, aussitôt accompli que conçu.
Il résulte donc de ces faits que les preuves matérielles du suicide dans le cas de submersion, sont très-difîiciles à obtenir d'après l'inspection seule du corps. Mais, par cela même que le cadavre n'offre pas de cause de mort autre que la submersion, qu'il ne présente aucune trace de blessures, cette absence de désordres résultant de violences extérieures constitue une présomption en faveur de ce genre de mort. Le l'ôle du médecin consiste donc à rechercher si la cause de la mort est bien dans la submersion , et si elle ne doit pas être attribuée à des violences ; quant à conclure au suicide , il ne pourra jamais le faire , mais il établira des présomptions à ce sujet, fondées sur l'absence même d'une cause de mort violente.
Les suicides par arme à feu offrent ordinairement moins de difficultés à être reconnus. La personne qui a conçu le projet de se détruire par ce genre de mort, choisit d'abord une arme dont la qualité et les efléts lui soient bien conuus ; c'est ainsi qu'il y a trois mois , nous avons reçu à la Morgue un jeune homme , qui, pour se détruire, avait fait emplette d'une paire de pistolets de grand prix. Elle double ensuite , ou triple même la charge ordinairement employée , si ce n'est en poudre au moins en balles. Elle dirige son arme sur un point du corps où elle sait exister les organes les plus essentiels de la vie. Elle l'appuie sur cette partie, et tombe frappée de mort par le mode d'emploi le plus meurtrier des armes à feu, et par celui qui produit les désordres les plus considérables. C'est ainsi que j'ai vu la moitié du crâne et de la face fracassée par des coups de pistolet tirés dans la bouche ou à la tempe ; d'autres fois , la paroi antérieure et gauche de la poitrine, détruite par la décharge d'un pistolet ou d'un fusil ; j'ai rapporté plusieurs exemples de ce genre dans ma Médecine légale , tom. ii, à l'occasion des blessures par armes à feu. Les conséquences de toutes ces précautions employées par les personnes qui se suicident de celte manière, font que le médecin doit , dans la grande généralité des cas , trouver des mutilations nombreuses au front , à la tempe, à la bouche, au voisinage du cœur, lieux, d'élection dans ces circonstances.
Cependant , si les suicides par armes à feu s'opèrent presque constamment comme nous venons de le dire , il est des exceptions qui peuvent se présenter et dont nous devons tenir compte, ces exceptions ne portent jamais cependant sur le lieu d'élection, qui est toujours le même, mais sur la manière dont l'arme peut être placée et sur la distance qui la sépare de la partie où la balle pénètre. Les personnes qui sont familiarisées avec les armes de guerre, qui connaissent toute leur portée, dont la détermination est bien arrêtée , et qui d unemain sûre dirigent l'arme vers le point qu'elle considèrent comme le plus propre à recevoir l'atteinte portée à la vie, ne produisent que les désordres extérieurs qui résultent des armes à feu tirées à distance: deux ouvertures , l'une d'entrée, l'autre de sortie , la première arrondie, nette, à bords un peu enfoncés, un peu plus large que le diamètre du projectile; la seconde d'un diamètre trois ou quatre fois plus grand, abords déjetés en dehors , parfois déchirés. Les deux ouvertui-es ne présentent pas l'aspect noirâtre, charbonué, brûlé et sanguinolent, qui est particulier aux plaies d'armes à feu qui sont tirées à bout-portant, mais elles ont l'aspect saignant de toutes les blessures. Ajoutons enfin que la personne qui se suicide a auprès d'elle l'arme qui lui a donné la mort.
Toutes ces circonstances ne sont toutefois que des indices et non pas des preuves matérielles, car il n'est pas impossible, par exemple, qu'un coup de feu soit tiré par une main étrangère dans un des lieux d'élection du suicide. Un assassin peut, pour donner le change, laisser auprès de sa victime l'instrument du crime ; ces suppositions sont fondées quand on les envisage en thèse générale; mais si l'on descend h des faits particuliers, on arrive à des considérations qui établissent de grandes probabilités de suicide. Il est d'abord très-rare qu'un assassin se serve d'une arme à feu pour commettre son crime. Il ne l'emploie presque toujours qu'à distance, ou s'il s'en sert presqu'à bout-portant, il ne choisit pas un point donné de la poitrine ou de la tête pour tirer. Les blessures offriront donc très-rarement les désordres que l'on observe dans le suicide. Jamais un assassin ne pourra introduire le canon de son arme dans la bouche de celui qu'il veut tuer, et par conséquent ce genre de blessure , bien caractérisé , éloignera tout soupçon d'homicide. Dans le suicide , la plaie d'entrée de la balle co'iucidera presque toujours avec l'usage de la main droite , et le trajet parcouru
par le projectile sera en rapport avec la direction que le bras aura été obligé i] donner à l'arme meurtrière. Il sera très- fréquent de trouver dans la blessu qui résulte d'un suicide deux ou trois balles en général de gros calibre, pli ou moins déformées et déchirées , ce que l'on ne rencontrera presque jaraBi dans les assassinats; enfin la bourre elle-même deviendra, dans beaucoup ( cas, un indice puissant, puisqu'elle sera souvent formée de papiers écrits ( imprimés , appartenant à la personne suicidée. C'est un examen très-importa: que celui de la bourre , il faut faire macérer le papier dans l'eau et l'y déplie afin de le laver du sang dont il est recouvert et de pouvoir lire ce qu'il renferrf sans le déchirer.
La solution de la question i-elativement à la suspension présente presque ai tant tle difficulté que les deux genres de mort précédens. Le suicide se juge dai ce cas plutôt d'après l'examen de l'individu encore suspendu , que d'après 1 désordres matériels de la suspension : nous avons , aux articles pekdaisok et lî véE DE CADAVRE , appelé l'attention sur les diverses positions que le corps poi vait prendre pour que la cessation de la vie s'opérât par la corde ; nous avoi H fait voir d'abord qu'il n'était pas nécessaire de la totalité d'une force représenté par le poids du corps, pour que la cessation de la vie eut lieu; qu'il suffisa même d'un effort très-modéré , et qu'elle pouvait avoir lieu dans les situatioi les plus incommodes. 'Voici les données qui pourront guider les médecins dar ces expertises délicates : 1° Le corps doit être suspendu à un point que l'individ a pu atteindre soit en vertu de sa hauteur seule , soit à l'aide de meublei pr( près à l'élever. Le moyen d'élévation doit toujours se trouver au voisinage d corps suspendu et à une distance telle que l'espace parcouru par le meubi puisse être expliqué par l'effort fait avec le pied de l'individu suspendu au moi ment où la pendaison a dû avoir lieu. On s'est demandé si un homme pourrai exercer un effort assez considérable pour abaisser une branche d'arbre , y allai Irei cher un lien et se laisser enlever par la branche en vertu de son élasticité. C'eilfc à tort que quelques auteurs ont résolu la question par l'affirmative ; un horam' iol dont la force de traction s'exerce parallèlement à l'axe du corps , c'est-à-dire e,iM vertu des mains et des bras étendus directement en haut ^ ne peut agir qu'ave'îii| une force égale au poids du corps : si cette force est capable d'abaisser un»!if!if branche d'arbre , c'est qu'elle est suffisante pour vaincre son élasticité; par coflrjb séqueut, une fois que le corps est suspendu à la branche , celle-ci ne peut plu îpW se relever , puisque le poids du corps représente la force qui l'a abaissée. ■ iïH
2". Il a dû être dans la possibilité de disposer le lien de la suspension de 1 i*' manière où on le trouve, ainsi les divers modes d'arrangement de la corde doiilfc vent être tels , que si l'individu est infirme d'un membre , il ait pu se servi'!""' du bras sain sans le secours de l'autre. — Si la personne suicidée n'avait pas ui jil'i point de suspension à sa disposition , elle en crée un , et les outils , dont elli!!* s'est servie, doivent le plus souvent se retrouver auprès du corps. Ainsi, un* homme se rend dans un bois , il ne trouve pas de branches d'arbre qui luipïJi" raissent propres à recevoir le lien de la suspension , il retourne en ville achetei un marteau , un fort clou et une corde; il fiche le clou dans un arbre, et s'y suS' pend en s'élevant sur une pierre qu'il avait apportée au pied de l'arbre. Onlt trouve suspendu , et à côté de lui le marteau et la pierre qui lui avaient servi; on apprend de plus qu'il avait fait les acquisitions dont je viens de parler. 3» li ji* est très-rare de rencontrer des traces de violences dans les cas de suicide par jffi suspension; quand il en existe , elles sont ordinairement fort légères , elles con- i*! sisteront , par exemple , en excoriations superficielles de la peau au voisinagejM des parties très-saillantes et anguleuses du corps , celles , en un mot , qui peuvent les premières toucher les corps durs avec lesquels elles sont en contact; '^l néanmoins , si , au moment de la mort , un individu avait des convulsions, ses 'j* coudes pourraient venir frapper contre les points d'appui résistans et offrir (sî| quelque contusion. Tel n'est pas le genre de mort des pendus , ils périssent di pour la plupart sans convulsions, et l'on pense même, d'après quelques essais, que la mort par suspension est plutôt agréable que douloureuse. 4" L'absence de j-i désordres au cou est un indice puissant de suicide ; nous ji'avous pas besoin de (I reproduire ici tous les faits que nous avons établis à ce sujet daus notre article n PENDAISON : nous y renvoyons donc le lecteur, quant aux inductions que l'on |j peut tirer de l'examen des parties sur lesquelles l'application du lien a eu lieu,4'4 et aussi sur les états divers des organes principaux de la vie, le cœur, les poa- 1» mons et le cerveau. |«
Il est rare que la question de suicide soit soulevée à un médecin quand une personne tombe d'un lieu élevé, tel que de l'étage supérieur d'une maison ou jji de la tour d'une église. L'inspection du corps ne peut constater que l'existence ji de désordres graves résultant de la chute ; et pour décider du suicide, il faudrait U pouvoir dire si la personne s'est jetée volontairement ou si elle a été jetée par une main étrangère , circonstances que l'inspection du cadavre ne peut pas faire connaître. Le médecin ne peut fournir quelques données utiles à la solution de la question, que dans les cas où il trouve des blessures qu'il ne peut pas expliquer par la chute ; alors il peut éveiller l'attention des magistrats à ce sujet. On sentira toutefois combien ces cas sont rares, et combien il serait difficile de distinguer les altérations matérielles résultant de l'effort fait par un étranger pour opérer la chute, d'avec celles qui résultent de la chute elle-même. Hatonsnous donc d'abandonner ce sujet, qui ne nous offre que vague, incertitude et conjectures.
11 existe encore un genre de suicide que les magistrats décident et jugent tout aussi bien que nous. Je veux parler de l'asphyxie par le charbon. Les données qui servent à résoudre la question ne sont pas, en effet, médicales ; elles découlent de l'inspection de la chambre dans laquelle le suicide a été commis , des précautions prises pour en opérer la clôture , de l'existence des débris de
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