‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 274 sur 311 · TABLETTES · texte numérisé non relu

TABLETTES

jouilamment qu'on l'a dit; qui, la plupart du temps, approchait sa prise de ■s narines comiiie pour la sentir , el la laissait tomber ensuite, eut une fois iitaisie d'essayer de fumer pour faire essai d'une fort belle pipe à l'orientale 3ut lui avait fait présent l'ambassaiieur persan ou turc; tout fut préparé pour ■la. V Le feu ayant été appliqué au récipient , il ne s'agissait plus que de le ire se communiquer au tabac, mais à la manière dont sa Majesté s'y prenait le n'en serait jamais venue à bout. Elle se contentait d'ouvrir et de fermer ternalivement la bouche sans aspirer le moins du monde. « Comment diable ! ccria-t-elle enfin , cela n'en finit pas. » Je lui fis observer qu'elle s'y prenait al, et lui montrai comment il fallait faire. Mais l'Empereur en revenait touurs à son espèce de bâillement. Ennuyé de ses vains efforts, il finit par me re d'allumer la pipe. J'obéis , et la lui rendis en train. Mais à peine en eut-il ipiré une bouffée, que la fumée, qu'il ne sut point chasser de sa bouche , urnoyant autour du palais, lui pénétra dans le gosier et ressortit par les nanes et par les yeux. Dès qu'il put reprendre haleine, « Olez-raoi cela ! qu'elle ifection ! oh! les cochons! le cœur me tourne. » Il se sentit, en effet, comme coramodé pendant au moins une Ijeure, et renonça pour toujours à un plaisir dont l'habitude, disait-il , n'était bonne qu'à désennuyer les fainéans. » Constant, t. II.) Cette opinion est fort vraie, mais le médecin , comme lomme d'état , doivent souvent désennuyer des fainéans. Pour nous résumer maintenant , relativement aux usages domestiques du bac, nous dirons que ses avantaç;es réels , son action spécifique, consistent jns la propriété désennuyante qu'il possède à un haut degré , avantage inconistable dans une infinité de circonstances de la vie ; que les motifs qui ont porté iiorame à fumer, priser ou chiquer, sont l'ennui et le besoin d'une stimulation ; lie quelques-unes des personnes , qui ont contracté l'habitude du tabac, ont jiouvé dans son usage un plaisir extrêmement vif, qu'un grand nombre n'a pas conscience de l'impression reçue , fume comme il respire , et que chez lui la nsation n'est éveillée que par la privation ; que presque tous ceux enfin qui it contracté cette habitude ont trouvé dans sa privation un état pénible. La perte du goût pour le tabac chez les personnes qui en ont contracté l'hatude est un signe fâcheux ; c'est, dit M. Forget , le dernier appétit qui aban- )nne les gens de mer. Celte perversion sensitive peut tenir à un simple état embarras gastrique; mais souvent aussi ce dégoût est l'effet d'une altération ■ofonde dans les facultés sensoriales. Par la même raison , on doit augurer fajrablement lorsque le malade vient à recouvrer le goût et à désirer l'usage du bac. (Méd. naf.)

Emploi médical du tabac et empoisonnement par cette substance. Le tabac a é mis en usage dans beaucoup de maladies. Son emploi est aujourd'hui beau- )up restreint à cause des accidens qu'il a occasionés. C'est un poison narcotico- :re. Son séjour sur la peau, en feuilles humectées, ou en poudie incorporée une substance grasse , peut causer des voniissemens et la mort. Il peut, à plus rte raison, donner lieu à un résultat semblable, lorsqu'il est introduit, soit 1 décoction , soit en substance , dans le rectum ou l'estomac. Les phénomènes s cet empoisonnement sont les suivans : « stupeur, engourdissement , dilataon de la pupille , pouls lent , vertiges , délire , vomissement, évacuations alvines auloureuses , tremblement, etc. A l'ouverture des sujets , on trouve les pouons plus denses , grisâtres, allant presque au fond de l'eau; le cerveau et le fiur gorgés de sang noir; quelques traces de phiogose dans l'estomac, mais ;u prononcées... Donner promptemenl un vomitif, des boissons abondantes, s adoucissans après les vomissemens ; saigner si la congestion cérébrale ou ulmonaire est marquée; prescrire de l'élher comme cordial; si les faiblesses )nt grandes, de doux purgatifs, pour expulser les restes de ce végétal, etc. , Is sont les moyens à employer dans l'empoisonnement, par le tabac en poudre i en décoction. » (Mérat et Delens.)

La décoction de tabac a été employée en lavement dans l'apoplexie , le coma, asphyxie parsubmersion , rischurie,la rétention d'urine, la constipation résult de la paralysie ; mais administré de cette manière, le tabac peut causer la lOrt dans un assez court intervalle de temps. M. Ansiaux cite l'observation une dame qui mourut presque subitement après avoir pris un lavement préaré avec la décoction de deux onces de tabac; M. Ugard a été témoin d'un fait imblable occasioné par un lavement avec une once de tabac par infusion; la lOrt survint quinze minutes après l'administration du lavement et fut précédée s douleurs cruelles. Dans le numéro 36 du journal de médecine d'Édimbourg, it rapportée l'observation d'une femme de 24 ans qui périt au bout de trois uartsd heure au milieu de convulsions et de vomissemens à la suite d'un lavelent pris contre une constipation et préparé avec une once et demie de tabac, les faits doivent rendre circonspect sur les dosesà employer, etl'on devra ou ne ïs dépasser la dose d'un gros, ou mieux encore, suppléer ce moyen par un autre. On a proposé les lotions avec la décoc'ion de tabac contre la gale, la teigne, is poux de la tête et du pubis. J'ai vu ce moyen , infiniment moins dangereux ue le précédent, causer des vomissemens et des vertiges, et il peut être parfaiiment remplacé par des agens aussi efficaces et plus innocens. On a proposé, et long-temps employé en France (je ne sais si cet usage a icore lieu), la fumée de tabac contre l'asphyxie parsubmersion. On la dirigeait ans le rectum des noyés à l'aide d'appareils que l'administration avait fait pla- ;r le long de la Seine à des distances convenables. Voici comment s'exprime l.Orfila sur ce moyen qu'ont accueilli presque tous les gouvernemens d'Europe : On se garde bien de donner des lavemens de tabac , ou d'introduire la fumée e ce corps dans le fondement, comme l'ont prescrit plusieurs auteurs; ces îmèdes sont inutiles, n'offrent aucun avantage sur ceux que nous proposons, t peuvent augmenter les accidens. » {Secours aux asphyxiés, page 174

Thomas et Andersen rapportent plusieurs cas de guérison de tétanos , le premier par les lavemens de fumée de tabac ; le second par l'application du tabac à l'état frais sur la gorge et le cou, en fomenlation et en cataplasmes sur la plaie qui a produit le tétanos. Il y joint ries lavemens et des bains de tabac. Nous avons parlé de l'effet de ces moyens ; quant aux fomentations et aux cataplasmes sur la plaie , on peut juger de leur danger par le lait suivant : « seize grains de tabac introduits dans le tissu cellulaire d'un chien , ont suffi pour le taire mourir. » (Orfila , Toxicol. tom. II, page 245).

Pour abréger maintenant la longue liste des affections contre lesquelles on a prôné l'emploi du tabac , disons que , dans beaucoup de cas , les avantages qu'on dit avoir obtenus de cette substance ne sont point assez bien constatés pour autoriser son emploi , ceux qu'on dit avoir obtenus dans l'épilepsie, par exemple ; que dans une grande quantité de cas mentionnés où le tabac est réellement efficace , son emploi a souvent été suivi d'accidens , et nous parait pouvoir être suppléé avec avantage par d'autres agens; ainsi , dans la destruction des insectes de la têleet du pubis, par exemple, par des onctions d'onguent mercuriel très-étendu de graisse , ou par la simple application d'un papier brouillard oint de cette substance; dans la cure de la gale par le soufre et mille autres moyens; dans la constipation suite de paralysie par le sulfate de soude, 1 huile de ricin, de crolon , etc. Ajoutons, pour terminer, qu'après avoir observé l anéantissement , la subite et profonde prostration qui suivent 1 emploi du tabac fumé ou chiqué chez la personne qui n'en a point l'habitude , nous avons été surpris qu'on n'ait jamais pensé à employer l'une ou l'autre de ces pratiques prélérablement à la saignée, dans les cas où il s'agit de paralysersur-le-champ les forces musculaires d'un individu, dans la réduction de certaines luxations, par exemple. Ce moyen, dans ce cas, atteindrait, certes , mieux et plus rapidement que tout autre , le but qu'on se propose.

Arvers. DisserlalioD sur le laLac , Paris , 1815 , in-i".

Gorys. Tabac considéré comme cause de maladie et moyen lhcrapeuli(|ue , Paris , 1820 , in-4o.

Fitmey. Proprîclcs et usages du tabac, Paris , 1820, in-4".

J.^P. l'ointe. Observations sur les maladies auxquelles sont sujets les ouvriers employés dans la manufacture de tabac à Lyon , Paris , 1828, in-b**.

Parent-Ducliâtelet et D^Arcet. Mémoirts sur les véritables influences que le tabac peut avoir sur ta santé des ouvriers occupés aux préparations qu'on lui fait subir. [ Annales d' hygiène publique et de médecine légale , 1829 , tom. i , pag. 169. )

( Ch. TjOnde. )

TABLETTES [pharm.). Les tablettes sont des médicamens solides qui ont le sucre pour excipient (saccharolés solides) , et que l'on divise en portions aplaties de différentes formes et d un poids déterminé.

Ces médicamens étaient composés autrefois de poudres , de pulpes , quelquefois de miel, etc. , et ne différaient des électuaires mous que par leur consistance solide, due à une plus grande cuite du sucre. Pour les obtenir, on faisait dissoudre ce sucre dans une eau médicamenteuse appropriée, et on le faisait cuire sur le feu jusc|u'à ce qu'il pût redevenir solide par le reiroidissenient. Alors, tandis qu'il était encore chaud , on y délayait les pulpes ou les extraits , la manne ou le miel , les conserves et les poudres ; on étendait promptemenl la masse sur un papier huilé et on la coupait en carrés dont chacun formait une tablette. Ce mode de préparation offrait d'assez grandes difficultés et des inconvéniens non moins marqués; aussi n'est-il |)lus employé. D'ailleur* la plupart des compositions auxquelles il s'appliquait sont tombées dans l'oubli, et pour le petit nombre de celles qui sont conservées , on a substitué à l'ancien procédé celui qui consiste à remplacer les conserves et les pulpes par des doses convenables de substances pulvérisées; à mêler tontes ces poudres avec le sucre pulvérisé lui-même, et à lier le tout à l'aide d'un mucilage de gomme adragantlie. On ne prépare plus par la cuite du sucre que quelques saccharolés très -simples qui tiennent plus de l'état du confiseur que de celui du pharmacien; tels sont ceux nommés sucre d'orge, sucre tors ou pénides et sucre rosat.

Toutes les tablettes se préparent donc aujourd'hui avec un mucilage de gomme adraganthe et une poudre composée de sucre , et de une ou de plusieurs sulistances médicamenteuses; à cet effet, on prend la gomme entière, la plus blanche et la plus pure; on la met en contact avec 8-12 fois son poids d'eau simple ou aromatique ; on remue souvent pendant l'espace de 24 à 35 heures ; on passe le mucilage à travers un linge serré , on l'exprime fortement, et on y incorpore , tl'aboril à l'aide du pilon , puis en pétrissant la pâte sur un marbre uni , toute la pouiire composée. On étend la pâte sur le marbre saupoudré d'amidon , en une couche mince et iiarfaitement égale , et on la découpe en tablettes au moyen d'un emporte-pièce. On les fait sécher en les exposant à l'air d'abord, puis dans une étuve , et on les conserve dans un lieu sec et dans un bocal bouché. 'Voici quelles sont les tablettes les plus usitées:

Tablettes alcalines de d'Arcet. Bi-carbonate de soude , 1 partie , sucre ,

19 parties ; mucilage de gomme adraganthe, q. s. ; chaque tablette du poids de

20 grains contient 1 grain de bi-carbonale. On aromatise souvent ces pastilles avec quelque huile volatile, telle que celle de menthe , de citron, de fleur d'oranger; mais elles prennent alors en peu de temps un goût de rance fort désagréable. Le baume de Tolu n'offre pas cet inconvénient, et est ce qui convient le mieux. Mais beaucoup de médecins préièrent aujourd'hui , avec raison , les pastilles de d'Arcet préparées sans aucun aromate.

Tablettes de buume de l'olii. J ai donné dans la Pharmacopée raisonnée un procédé fort simple pour préparer ces tablettes. Il consiste à faire dissoudre 1 once de baume de Tolu dans 1 once d'alcool très reclifié ; on étend le soluté

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avec 2 onces d'eau dislillée ; on filtre ; on forme un mucilage avec la liqueur filtrée et 4 scrupules de gomme adraganihe , et on y incorpore 1 livre de sucre. On fait les tablettes à la manière accoutumée.

Tablettes d'éi>on!^e biûlée contre le goitre. Ces tablettes , du poids de 24 grains, contiennent 12 grains de sucre et 12 grains d'cponge récemuient torréfiée. Fondues lentement dans la bouche, à la dose de 4 à 6 par jour, elles sont un remède efficace contre le goitre ; mais il faut qu'elles soient récemment préparées, le composé ioduré qui se développe par la torréfaction de l'éponge, se détruisant assez prompteuicnt à l'air.

Tablettes d'ipécacuanha . Elles se font avec 1 partie de poudre d'ipécacuanha et 47 parties de sucre. Elles contiennent donc l/48e d'ipécacuanha, et chaque tablette de 12 grains en renferme un quart de grain. Quelques personnes peu scrupuleuses, qui travaillent pour le commerce, suppriment l'ipécacuanha de ces tablettes et le remplacent par une petite dose d'émétique. Cette fraude se reconnaît à ce que les tablettes sont tout-à fait blanches , au lieu d'être un peu grises comme celles d ipécacuanha , et à ce que leur solution dans l'eau filtrée se colore et précipite en jaune par un courant d'acide hydrosulfurique.

Tablettes d'émétine vomitives de M. Magendic. Ces tablettes se font avec 1 partie d'extrait alcoolique d'ipécacuanha. Ail éméline colorée , et 35 parties de sucre. Chaque tablette de 18 grains contenant un demi grain d'extrait, suffit pour'faire vomir un enfant, et 3 ou 4 pour un adulte. M. Magenilie fait colorer ces tablettes en rose, avec un peu de laque carminée, pour les distinguer de celles d'ipécacuanha.

T'ableiles de magnésie. Le Codex prescrit de faire ces tablettes avec 1 partie de magnésie pure et 4 parties de sucre j mais il en résulte un médicament d'une saveur fort désagréable , due à une sorte de sous sel qui se forme par l'union de la base avec le sucre ; sous-sel dans lequel la saveur alcaline est bien plus manifeste que dans la magnésie même. La seule manière de rendre ces tablettes supportables , et l'expérieiice prouve qu'elles sont encore trcs-actives, est de les préparer avec 1 partie d'hytiro-carbonate de magnésie et 7 parties de sucre. Chaque tablette du poids de 16 grains contient 2 grains d hydro-carbonate de magnésie. J'ai fait la remarque également que ces tablettes ne se liaient bien qu'en faisant un mucilage mixie de gomme arabique et de gomme adragantlie , celle-ci perdant presque toute sa viscosité par l'action du sel magnésien.

Tablettes de manne. Pr. Manne eu larmes , 1 partie; sucre en poudre, 7 parties. Rapport 1/8=.

Tablettes martiales ou chaljbées. Fer porphyrisé, 4 ; cannelle, 1 ; sucre , 43 ; total, 48. Chaque tablette de 12 grains contient I grain de fer porphyrisé.

Tablettes mercurielles à la vanille. Mercure purifié , 2 onces ; gomme arabique , 1 once ; sucre en poudre , 9 onces ; total , 12 onces ; vanille , 1 demi gros. Éteignez parfaitement le mercure dans la gomme réduite en mucilage à l'aide de l'eau ; ajoutez peu-à-peu le sucre en pouilre préalablement mêlé à la vanille, et faites des tablettes de 12 grains dont chacune contient 2 grains de mercure métallique très-divisd.

Tablettes de mercure doux ou dragées i>erm[/uges. Pr. Protochlorure de mercure divisé à la vapeur, I once ; sucre , Il onces; mucilage, s. q. Chaque tablette de 12 grains contient 1 grain de proto-chlorure.

Tablettes de socfre. Pr. Soufre lavé, 2 parties; sucre, 16 parties; faites des tablettes de 18 grains dont chacune contient 2 grains de soufre.

Les exemples précédens suilisent pour montrer que l'on peut composer presque autant d'espèces de tablettes qu'il y a de mcdicamens simples; ainsi, on en fait avec le nitrate de potasse , le suroialate de potasse , le surlartrate de potasse , le sulfate de kinine , la thridace j la rhubarbe , etc. Toujours le rapport des ingrédiens doit être tel que chaque tablette d'un poids déterminé contienne un nombre exact de grains de la substance médicaniienteuse.

(GuiBOCRT.)

TACHES [médecine légale). L'étude des lâches est d'une grande importance en médecine légale. Tous les jours on demande aux experts quelle est la nature de taches observées sur les vêtemens , sur les ongles, le tissu de la peau , les lèvres , les dents , sur le linge , sur une lame île couteau ou sur toute autre arme. Parmi ces taches il en est qui se rattachent à des empoisonnemens , tl'autres à des blessures et quelques-unes au viol ; c'est sous ces divers chefs que nous allons en esquisser le tableau.

Des taches dans les cas d'empoisonnement. 1". Sur lesvêtemens : dans tous les cas où un acide fort vient à être répandu sur une étofi'e colorée, et que les matières colorantes qui ont servi à sa teinture sont capables de rougir par les acides , il en résulte une tache d'une étendue variable en raison de la quantité d'acide qui a été répandue. Cette tache peut consister dans une simple coloralion sans altération de tissu , ou coïncider avec une destruction plus ou moins complète de l'étoffe. Le premier cas est la conséi|uence du contact de tout acide faible ou d'un acide fort, affaibli; le second s'observe toutes les fois qu'un acide fort et concentré a agi; aussi est-il très-important de ne pas s'attacher seulement au changement de couleur, mais encore d'apprécier l'état de désorganisation des vêtemens. L'intensité de la coloration est encore une circonstance dont il faut tenir compte. Tout acide faible colore fiibleuient en rouge les vêtemens bleus , par exemple; le contraire a lieu pour les acides forts ; enfin, l'état de sécheresse ou d'humidité de la tache , doit aussi être observé ;caril peut constituer un indice puissant «l'analyse : j'ai versé trois gouttes d'acide sulfurique concentré sur un morceau de drap placé dans une capsule de porcelaine ; j'ai exposé l'appareil à l'air, c'était vers la fin de I hiver de 1835 ; au bout de six semaines, il y avait peut-être vingt à vingt-cinq gouttes de liquide dans la cap-

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suie, six mois plus lard , le drap était encore humide malgré les chaleurs forte» j ' de l'été. Une circonstance fort remarquable est celle-ci : l'acide concentré avait t! ' produit une tache à deux aspects différens , quoique sur la même surface ; on L ' voyait au centre la portion de drap qui avait été en contact avec l'acide con- I f. centré ; elle avait peu d étendue , le tissu y était brûlé et se déchirait avec une I grande facilité ; en-dehors de cette tache , une seconde , beaucoup plus étendue, il où l'étoffe était fortement colorée en rouge , et beaucoup plus que dans la parlie.| détruite ; puis , plus en-dehors , le tissu avec toutes ses propriétés physiques,! mais seulement humecté de l'eau qui avait été absorbée, et qui ne possédait, pas une acidité assez grande pour modifier la couleur bleue du drap. Nous,( avons tracé à l'art, sulfurique la marche .i suivre pour l analyse de ces taches Ml quel que soit l'acide employé , c'est toujours le même procédé qu'il faut suivre|| nous n'y reviendrons donc pas. ;

2o. Sur la peau et sur les ongles. Ces taches peuvent être noires, jaunes,; rouges-brunàtres ou brimes; les taches noires peuvent être dues , ou à de l'acid* sulfurique, ou à du nitrate d'argent; mais il est déjà facile de les distinguer! rien qu'à leurs propriétés physiques ; celles qui résultent de l'action de l'acidi sulfurique sont humides ; le tissu est désorganisé, sa consistance est quelquefoi! tellement diminuée, que la j)eau est réduite en bouillie; un papier de tourueso mouillé , laissé pendant quelques instants en contact avec la tache , rougit rapj. dément; du reste, la portion de peau tachée, traitée à la manière des vêtemens; donne des indices positifs de l'acide sulfurique qu'elle contient. La tache qui r& suite de l'action du nitrate d'argent est sèche , d'un noir plus franc et plus ma^ que ; elle ne rougit pas le papier de tournesol, ne disparaît pas ,par le lavage le tissu de la peau n'est pas sensiblement altéré, si le contact du nitrate d'argent n'a pas été très prolongé , et dans le cas contraire, c''est une escharre sèche dure , analogue à celle d'un cautère , circonstance qui éloigne tout soupçon de l'acide sulfurique , comme cause déterminante. Toutefois, la coloration opéréj par le nitrate d'argent, disparaît quand on fait macérer la peau dans de l'am; moniaque ; ce dernier effet est plus ou moins prompt selon que la cautérisatioi a été plus ou moins profonde. Les taches jaunes , rouges-brunâtres ou brunea peuvent être dues à l'acide nitrique , à l'iode ou à de l'hydriodate de potasse ioduré. Rien n'est plus facile que de les reconnaître : si on les touche avec un{ solution concentrée de potasse, les taches d'acide nitrique prennent une co* leur rouge pourpre très-marquée; les taches iodées disparaissent.

3°. Sur les lèvres, les dents, la partie interne des joues, et sur la membrane muqueuse du pharynx. Toutes ces taches rentrent dans la catégorie de cellei ' que l'on observe à la peau ; elles peuvent se présenter avec le même aspect, ei les moyens de les reconnaître sont les mêmes : seulement, nous en traitoiisà 1™° part, pour faire sentir qu'il est rare de rencontrer dans la bouche des taches noires d acide sulfurique ou des taches jaunes d'acide nitrique, si l'on en excepte les dents, à l'égard de l'acide nitrique. Cela tient à ce que l'acide es bientôt afi'aibli par la grande quantité de salive ; aussi , l'acide sulfurique lui r' même produit-il fréquemment des taches blanches ou d'un blanc-grisâtre i l'instar de l'acide hydrochlorique. L'ammoniaque a la propriété de donner r" une couleur blanche, très-prononcée, à toutes les membranes muqueuses qu'elle touche; une tache de ce genre pourrait donc être confondue avec ceWe, qui aurait été produite par un acide. jH"'

4». Dans l'intéi ieur du canal digestif. Tout ce que nous avons dit des taches de la peau et de la bouche, est applicable à celle de la membrane muqueust gastro-pulmonaire; toutefois, nous ferons remarquer : l» que la coloration e^ 1' noir de la surface de l'estomac peut être produite par l'acide acétique con' centré, et simuler celle qui est due à l'acide sulfurique ; 2° que la bile déconi' posée par les aciiles , peut mettre à nu une certaine proportion de matière jaune, qui vient former des taches dont l'aspect peut ofli'rir de l'analogie avec celles qui résultent du contact de l'iode. M. Barruel a , dans le tome \" des annaiej i'''" d'htgiène et de médecine légale, donné les moyens de les reconnaître ; e'esl ' encore à une dissolution Je potasse qu'il faut s'adresser : cette liqueur ne change pas la couleur jaune de la bile, et la tache persiste dans le même état, tandii l que nous venons de voir celles de l'acide nitrique ou de l'iode être modifiées oi disparaître enlièroment.

Des taches dans les cas de blessures ou d'assassinat. Rien n'est plus fréque; que d être appelé à déterminer si des taches placées sur une arme donnée , soil formées par du sang, par de la rouille, par du citrate de fer ou tout autre si ferrugineux, ayant pour radical un acide végétal. Pour résoudre cette question^» il faut procéder de la manière suivante : on prend l'instrument sur lequel, existe la tache et on le fait macérer dans de l'eau, et autant que possible de telle manière, qu'une couche transparente de liquide sépare la tache d'avec le fond du vase. Il est très-important de se servir de la plus petite proportion possible d'eau. Si la tache est formée par du sang, on aperçoit des stries longitudinales de matière colorante rouge, qui s'étendent de la tache au fond du vase, et qui viennent s'y déposer en y formant un dépôt coloré en rouge. Après une deuii-henre de macération, qui a dû être effectuée dans le repos le plus absolu , on retire l'instrument, et si la tache de sang avait assez d'épaisseur on retrouve, sur la lame , la fibrine d'un blanc-grisâtre, molle , élastique , possédant en un mot toutes ses propriétés. On prend alors le liquide coloré en rouge; on le filtre; on chauffe jusqu'à l'ébullition , et quand il avoisine cette température il change de couleur, se trouble, prend une teinte grise et donne naissanceà des flocons alburaineux; on verse alors dans la liqueur quelques gouttes de dissolution de po tusse, les flocons sont dissous, et il en résulte une liqueur verte vue par réflexion , et rosée quand elle est vue par réfraction de la lumière. Enfin, si l'on fait passer un courant de chlore gazeux dans le liquide , de manière à ce

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