‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 275 sur 311 · TANAISIE · texte numérisé non relu

TANAISIE

l'il y ait un excès de chlore, et que l'on ajoute ensuite un peu d'aciclc Iijdroc orique, on y fait naître des flocons d'albumine coagulée. Une tache formée |i' de la rouille ou un sel ferrugineux ne développera, par son contact avec |iu, aucun de ces phénomènes ; la tache persistera sur l'instrument après la I cération. Mais, si on la touche avec une goutte d'acide hydrochlorique afTdibli, ejp disparaîtra aussitôt pour mettre le fer à nu avec son brillant mi-tallique, ( inera naissance à une liqueur jaune qui , mise en contact avec du fcrrocya- I e de potasse, deviendra d'un bleu très- foncé à cause du bleu de Prusse qui <st formé. Cette méthode d'analyse doit être suivie à l'égard des taches ([ui ( stcraient sur des vètemens , du linge ou toute autre étoffe. M. Bai ruel a voulu

tr plus loin et a cherché à reconnaître si le sang appartenait à l'homme ou à animal; il a proposé de traiter le sang par l'acide sulfurique , et de distin- (r son espèce par l'odeur de la transpiration qu'il dégage. Ce procédé réussit î-bien , quand , d'une ))art,ona acquis une grande habitude de distinguer nuances (|ui peuvent exister entre îles odeurs plus ou moins analogues, et, ne autre part , lorsque l'on a à sa disposition une quantité siifTisarite de sang, le serait donc applicable qu'aux cas où des linges d'une grande surface sc- ;nt largement ensanglantés , ainsi que cela a eu lieu dans une affaire d'assasat, où MM Guibourt et Henri avaient été adjoints à M. Barruel. Toutefois ind il s'agit de résoudre une question d'une aussi haute importance, à l'aide n caractère aussi fugace, je crois qu'il faut toujours y apporter une grande erve, si même il ebt possible de la résoudre d'une manière certaine. Des taches dans le cas de viol. Un des indices les plus certains de tentatives :es dans le but de commettre un viol, c'est l'existence de taches de sperme la chemise de la personne que l'on suppose violée : aussi les magistrats ne nquent-ils jamais de compléter leurs instructions par ces recherches chimi- ;s. Malheureusement la science ne nous paraît pas encore avoir fourni des inées propres à résoudre ce problême d'une manière ceifaine. Au moins Iqnes analyses comparatives , faites dans le but d'éclairé*- cette question , LIS ont laissé dans l'incertitude, et nous pensons qu'il est diflicile que les ex- •fs puissent prendre des conclusions positives à ce sujet. Les écueils de l'ayse proviennent de ce qu'il existe de l'analogie entre les taches de sperme , les de la salive, des larmes, dfi tout écoulement muqueux , et surtout de ui du canal de l'urèlhre , dans l'origine d'une blennorrhagie , et principalement s sa fin. Toutefois, nous reproduirons les caractères qui ont été donnés à ce et par M. Orfîla , en les comparant entre eux pour en faire ressortir les difences.

aractères; taches de sperme : plus ou moins larges, de forme en général ondies, mais inégalement rondes, d'une couleur grisâtre ou jaunâtre , peu sarentes , donnant au linge une con'-islance rude au toucher , comme si le gg iu a\ ait été empesé ; inodores , à moins qu'on ne les humecte. Soumises .î une Ifi s-douce chaleur, les taches deviennent d'un jaune fauve , expérience qui doit e faite avec beaucoup de soins , afin de ne pas roussir le linge, ce qui proirait le même résultat. Exposées à la vapeur de l'eau bouillante, ou humecs et macérées dans l'eau, elles prennent une odeur spermalique. Après la cération, le linge est en grande partie <léserapesé, mais il peut encore acérir une certaine consistance par la dessiccation. Le liquide devient viseux , et prend toutes les propriétés de la dissolution du sperme dans l'eau ; 1 aspect est d'un blanc laiteux , troublé par des flocons et des fibrilles de linge achés ; filiré et évaporé à une très-douce chaleur , il s'épaissit sans se trour très-notablement , prend la consistance d'une dissolution chargée d'une inde quantité de gomme , et dépose quelques flocons glutineux, demi transrens. L'évaporation , poussée jusqu'à la dessiccation, donne un résidu semble au mucilage desséché qui, repris par l'eau , cède à ce liquide une partie sa substance , tandis que l'autre ne se dissout que dans la potasse. La dissoion aqueuse donne des flocons blancs, abondans par l'alcool et le chlore, écipite en blanc par l'acétate de plomb, le sous-acétate et le sublimé disjs , et se colore en jaune, sans se troubler, par l'acide nitrique concentré pur.

Matière de rècoiileinent hlennnrrha:;ique. Certaines taches offrent dans les constances que j'ai citées le même aspect que les taches de sperme, et donntau linge la même consistance Elles ne deviennent pas jaunes par la chair (M. Orfila). Nous pouvons assurer avoir observé le contraire. Humectées, es ne répandent pas l'odeur spermatique ; ce caractère a besoin de commenres : l'odeur des taches de sperme est plutôt celle d'une lessive; des taches coulement nous ont offert le même caractère. Elles se décomposent dans l'eau mme le sperme ; mais si la liqueur est filtrée et évaporée, elle fournit un jgulum ;:lbumineux très-abondant. Ce caractère est variable en raison du ide sécrété à telle ou telle épo{|ue de la blennorrhagie; nous avons vu des hes qui ne donnaient pas plus de flocons que le sperme. Le produit de l'évaralion , poussé à siccité , est d'un blanc jaunâtre , grumeleux , se dissout à peine ns l'eau ; la liqueur se comporte avec les réactifs comme celle du sperme , lis elle en diffère en ce que l'acide nitrique la précipite d'abord en blanc, au u de la jaunir sans la troubler. — Matière des lochies. Ne jaunit pas par la aleur; la liqueur de la macération présente tous les caractères de la dissolun de sperme, mais elle jaunit à mesure que la liqueur se concentre. I{e(;rise r l'eau , elle donne des flocons blancs avec l'acide nitrique. — Mucus des fines. Se comporte comme le sperme, à cette difierence près, que la dissoion ou coagulum dans l'eau , précipite en blanc par l'acide nitrique. — Taes par la salive. Dans un cas les taches ont offert tous les caractères du rme, si ce n'est la teinte opaline que la liipieur prend dans le cas des taches scédemment citées. Dans d'autres , elles ont présenté des différences, mais il DiCT. DE MiDEc^^E et de Chirurgie prati^joes.

suffit d'une analogie presque parfaite , dans une circonstance, pour mettre l'ex pert en garde contre ces difficultés d'analyse. (Alph. Devergie.)

T-iîllVï A. f^oyez Entozoaires.

TAIE. Fojcz Albugo.

TAILLE. Voyez Cystotomie.

TAMARIN. Tamarinilus indica. Fruit du tamarinier, grand arbre de l'Inde qui appartient à la famille des légumineuses et à la triandrie monogynie. On nous l'apporte de l'Orient, de l'Améiique et de divers lieux où la température est assez élevée pour favoriser son développement. Les tamarins sont des gousses de six .1 huit pouces de long, courbes et d'un brun-grisàtre , renfermant , au milieu d'une pulpe très-acide d'abord , et qui s'adoucit par la maturation , des semences dures, épaisses et angidaires. Cette pulpe, qui est employée comme assaisonnement lorsqu'elle est verte encore , et comme aliment quand elle est mûre, n'a vraiment rien au fond qui doive la faire préférer ici aux fruits indigènes plus ou moins acides. Elle a cependant joui d'une grande réputation, et il y a encore des praticiens qui l'emploient avec une confiance qu'ils seraient peut-être embarrassés de motiver.

En effet, l'analyse chimique n'y montre pas d'autres principes que ceu.x que nous trouvons en quantité plus ou moins considérable dans les fruits analogues que produisent nos climats. Ainsi, une livre de pulpe de tamarin présente les résultats suivans : lartrate acide de potasse, 4 gros 12 grains ; acide nitrique , 1 once 4 gros ; acide tartrique libre , 2 gros ; acide malique , 40 grains , mêlés avec sucre , 2 onces ; gelée , 1 once ; mucilage , 6 gros ; résidu féculent , 4 onces 40 grains ; enfin, eau , 5 onces 6 gros 32 grains. Les divers acitles forment donc j)lus du huitième du poids total.

Cette composition explique comment la pulpe de tamarin du commerce renferme souvent des portions de cuivre enlevées aux vases dans lesquels elle a été préparée. D'ailleurs, on n'a pas observé d'accidens réels qu'on put attribuer à ce métal.

La pulpe de tamarin , qui est employée en médecine , a ])resque toujours subi une préparation préliminaire qui consiste à en faire, au moyen de la chaleur, une espèce de conserve, avec ou sans addition de sucre. Il est assez rare qu'on apporte les fi uits entiers , et qu'on fasse sur les lieux cette préparation , qui ne peut rien changer aux propriétés de la substance en question.

Le mode d'action des tamarins sur l'économie animale dépend du degré de concentration des acides cju'ils contiennent. Lorsqu'ils sont délayés dans un ■véhicule abondant, ils peuvent être considérés comme rafraîchissans et propres h calmer la soif , à la manière de toutes les limonades connues ; si , au contraire , ils sont concentrés , ils donnent lieu à une purgation plus ou moins considérable, et qui ne diffère pas beaucoup de celle qu'on peut produire a\ec tel ou tel moyen analogue.

11 n'y a donc point lieu de préférer ce médicament, ainsi que semblent le faire f(uelques médecins qui le prescrivent , dans une intention particulière, contrôles fièvres de tout genre, les dysenteries , la hernie ^étranglée , etc.,\et\ autres affections où son utilité spéciale ne paraît rien mcnns/que prouvée^J^apf' dans les p;iys où il est commun , il est bon d'en profiter. V^^-- -—-^p^^iX

La meilleure manière d'employer les tamarins est aussi ra*ptu!s-e4«rJ5Te: elle consiste à délayer la pulpe dans l'eau bien chaude , mais sans la faire bouillir, et à la passer ensuite. On conçoit facilement que les acides et les sels se dissolvent en même temps que le sucre , et que de là résulte une espèce de limonade tartro citrique extrêmement acide. La dose est d'une demi-once à une once , et môme deux onces pour une pinte d'eau. Les anciens qui aimaient par-dessus tout les médicamens composés, employaient l'eau de veau tam'arindée , ou joignaient souvent aux tamarins de l'émélique , ou tels autres sels purgatifs , dont cette addition altérait la composition et les propriétés ; mais les progrès de la chimie pharmaceutique ont fait abandonner la plupart de ces combinaisons irrégulières.

On a d'ailleurs à-peu-près oublié les composés officinaux dans lesquels les tamarins figuraient comme un ingrédient important , tels étaient le cathoU' double, l'électuaire léuitif, la confection Hamech, et autres produits ar^o"'^^'

( F. Ratj- •

TAN. Forez Cuêke et Tannin.

TANAISIE { Tanaceium vulgare ). Plante de la syncé-^'*^ polygamie superflue , et de la famille des anthémidées. Elle est viva- ^t croît sans culture dans les terrains humides et pierreux. Ses fleurs, qu' " ^"iplo'fi en médecine, sont en corymbe et d'un beau jaune; elle exhalen^' ""ème que toute la plante, une odeur forte et désagréable , et présen-"' ""e saveur amere et nauséeuse, ce qu, est dû à une huile volaille fort ai^"^"^'"!-^ et un peu acre.

On n'avait point analysé pl'^nte qui , pourtant ne serait pas sans intérêt,

à cause de son huile es-ntielle à laquelle on peut rapporter ses qualités essen. tiellement excitunics , sur lesquelles . d ailleurs , on ne possède pas d expériences bien suivies. Dans ces derniers temps , l'examen chimique qu'on en a fait y a (léni^ntré de f huile volatile , de l'huile grasse, de la résine, de l'extractif , outre la "omme , le tannin et autres principes communs aux plantes analogues. Les auteurs de matière médicale la présentent comme tonique, emniénagogue et fébrifuge ; ils lui donnent même de grands éloges sous ce dernier rapport. Mais c'est surtout comme vermifuge qu'elle est recommandée; et cela se conçoit d'autant mieux, qu'elle appartient à une famille qui renferme plusieurs médicamens de ce genre. Il paraît d'ailleurs que souvent on substitue les semences de tanaisie à d'autres semences employées dans le traitement des affections vermineuses. Néanmoins, il parait évident qu'on a exagéré l'action de ce médicament , et que ces applications sont assez restreintes , lorsqu'on ne se borne pas

TAIÎWIIV.

à un examen superficiel. Ainsi , les guérisons d'épilepsie , d'hydropisie , de rhumatismes et autres affections , obtenues par son emploi , nous semblent-elles avoir besoin d'être plus exactement constatées.

Quoi qu'il en soit , le mode d'à dministration de la tauaisie est simple; on peut la donner en poudre , à la dose d'un demi-gros ou d'un gros ; en inlusion de deux à quatre gros; on pourrait en extraire l'huile volatile pour les besoins de la médecine , et elle trouverait son application tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

(F. Ratier. )

TANNE, s. f. tumeur du genre des loupes, formée par la rétention du produit de la sécrétion folliculaire, dans ua follicule ililaté.

Les lannes sont fort communes ; et cependant c'est à peine si on les voit figurer dans les cadres nosologiques. Cet oubli, à notre avis, a été d'autant plus fâcheux, que ces tumeurs étant le principe , le premier degré d'un grand nombre de loupes enkystées, l'origine et la nature de ces loupes a été ou méconnue ou mal appréciée.

Les tannes se développent particulièrement dans les lieux pourvus de nombreux follicides cutanés : à la face dans la région occipito-frontale , au-devant de la poitrine, etc. On les observe plus souvent sur le nez que partout ailleurs. Parfois elles sont très-nombreuses dans cette région, et y forment des saillies tubéreuses plus ou moins prononcées , et d'un aspect de'sagréable.

Les tannes forment des tumeurs très-superficielles , placées dans l'épaisseur de la peau , de forme un peu aplatie , libres dans le tissu cellulaire sous-cutané, et remarquables à l'extérieur par un point grisâtre ou noirâtre plus ou moins prononcé. En pressant sur la tumeur d'une tanne , on tiéplace le point noir ([ue nous venons de signaler, et on fait sortir delà tumeur un prolongement vermiforme de matière grasse , tout-a-fait semblable à celle que l'on extrait par pression des follicules ordinaires. Si l'on porte une épingle sur le point noir d'une tanne , sans faire souffrir le malade, sans traverser en rien le tissu de la peau , on fait pénétrer cette épingle dans une cavité remplie de matière sébacée , matière que l'on fait sortir plus facilement après celte expérience.

La cavité des tannes est large, évasée au fond, et brusquement rétrécie en un goulot étroit qui reçoit le point noir que nous avons déjà plusieurs fois signalé. Une membrane mince continue avec la peau voisine au niveau du goulot de la tumeur , revêtue d'un épiderme blanchâtre , quelquefois couverte de poils fins, soyeux , membrane d'une structure analogue à celle des tégumens , forme l'enceinte ou le kysle des tannes.

Est-il nécessaire maintenant d'insister pour établir la nature intime des tannes ? Qui ne reconnaît que ce sont des follicules dont le goulot a été obstrué , et dont le produit sécrétoire a été retenu ? Une tanne est un follicule hypertrophié en quelque sorte ; la matière qu elle renferme est de la matière folliculaire , et le point noir qui signale la face extérieure de ces tumeurs, n'est autre chose qu'un peu de matière folliculaire indurée et modifiée dans sa couleur par le contact des agens extérieurs. Sans doute les follicules cutanés à l'état normal sont assez développés pour que les anatomistes puissent facilement les étudier et apprécier les diverses circonstances de leur organisation , mais on ne saurait nier que les tannes ne leur fournissent une occasion très-favorable pour ces recherches.

Rien n'est simple comme Tétiologie des tannes; leur cause prochaine est l'obstruction du goulot des follicules cutanés; la malpropreté , et toutes les causes capables d'exciter la sécrétion folliculaire de la peau en sont les causes éloignées. Les personnes qui font un grand usage des boissons alcooliques, boissons qui portent une excitation particulière sur la peau de la face , et sur celle du nez, en particulier, sont sujettes au développement de tannes plus ou moins nombreuses dans cette région.

Il est impossible de confondre les tannes avec les autres tumeurs cutanées; le point noir qu'elles présentent à leur centre, la facilité avec laquelle on explore leur cavité intérieure, lèvent toute chance d'erreur sous ce rapport. Il est plus difficile de séparer une grosse tanne de certains mélicéris ou athérômes récens, mais aussi, c'est qu'à vrai dire, la distinction est impossible ; car la ^Miie est le premier degré du mélicéris ou de l'alhérôme ; ou si l'on veut , ces

't l'' ^^P^''''' ^'^ loupes ne sont autre chose que des tannes très-dévelopj)ées ^ "lulot .'."est oblitéré,

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En faisant I extraction de la matière des tanne. ,,ec une curette, on ne saurait espérer les guérir ; par conséquent, il est beauc.,.^ convenable d'en pratiquer 1 extirpation. Pour cela .1 est presque toujours nu-n„,s^>u-e eu raison de l'aplalissement et de l'étendue de la base de la tumeur , de faire suv elle une incision cruciale , de disséquer les lambeaux ainsi formés , et de couper le» ad herences lâches qui réunissent le kyste au tissu cellulaire sous-cutané.

La réunion de la petite plaie qui résulte de l'ablation des tannes , se fait toujours sans suppuration; c'est la peau, en effet , qui a été presque exclusivement intéressée dans cette opération, et l'on sait la force plastique de cette membrane. , n rn . r.

TAl\i\IlV D- • • -,• ■ , (Ph.FrED. BlANDIN.

TANNIN. Principe immédiat des végétaux, très-répandu en général dans les plantes, mais plus abondamment contenu dans qucLp^es-unes d'entre elles et plus parliculieremeut dans certaines espèces. La médecine avait utilisé le' tannin long temps avant de le connaître d'une m..nière régulière cl scientifique

( 1990 ) TARTRIQUE. i

car, c'est lui qui constitue l'élément principal des substances nttédicamenleuses connues sous le nom d'astringentes { f^oyez astbikgens. ) Il est identique , malgré la variété des principes auxquels il est associé. Si l'on en croit lesre-i cherches les plus modernes , le tannin est véritablement un acide , auquel on a j donné le nom de tannique ; acide qui se combine à la façon ordinaire et formeJ des sels bien déterminés. On l'obtient, blanc , cristallin et soluble dans l'eau,! dans l'alcool et dans l'éther. D'ailleurs cet acide s'altère facilement , se transforme en acide gallique par le simple contact de l'air, et subit diverses décompositions qui feraient penser qu'il y a encore plusieurs points de son histoire quij auraient besoin d'être éclaircis.

Ce qu'on connaissait autrefois sous le nom de tannin, et ce qui paraît n'être que de l'acide tannique mêlé à des substances étrangères , est ce qu'on a le plus! employé comme médicament. Sa propriété de précipiter l'émétique l'a fait prescrire dans les empoisonnemens par ce sel Mais il n'a guère été administré directement et séparé des divers principes auxquels il est ordinairement associé dans les bois et les écorces en général, et plus particulièrement dans l'écorce de chêne, de quinquina, de saule, de marronnier d'Inde, dans la bistorte , l'écorce de grenadier , dans le ratanhia , comme aussi dans divers extraits , tels que le cachou, le sang-dragon , et dans une foule de substances dont rénumération est superflue C'est donc aux articles qui traitent de ces diverses substances et au mot astrimgens , qu'il faut principalement chercher les détails relatifs au mode d'action de cette substance.

La manière dont le tannin se comporte avec la gélatine pour former un composé insoluble et imputrescible, connu sous le nom de cuir, a fait penser qu'on i„| pourrait , par ce moyen , durcir, tanner en quelque sorte les tis'sus organiques, chez les sujets d'un tempérament lymphatique ; et l'expérience a montré que, !;!,'; sans exercer une action chimique , aussi patente qu'on semblait le croire , il y avait cependant une notable modification dans l'économie, et c'est là en quoi semble consister l'action intime des toniques astringens. «j!

On est porté à croire que le tannin opère d'une manière utile dans les afTec-iiiu, lions vermineuses, par l'action chimique qu'il exerce sur les animaux parasitesiL, renfermés dans le canal digestif, et on l'a regardé comme le principe actif de L l'écorce de grenadier , qui s'est montrée si efficace contre le tasnia. En outre, on l'a expérimenté avec quelques probabilités de succès , contre les hémorrha- ^j,, gies , et l'on a quelquefois réussi dans les cas de métrorrhagie passive. La raisoii.jjj | indiquerait de renouveler cette tentative en pareille occurrence.

Il paraît aussi que ,dans quelques circonstances, le tannin plus ou moins puCjig,. a produit des etfets analogues à ceux du quinquina, considéré tant comme 1 1|| tonique, que comme anti-périodique , et rien n'empêche d'y avoir recours dans les cas rares, il est vrai, où l'on n'a pas ce dernier médicament à sa disposition.

Quant à son emploi comme contro-stimulant , il n'y a rien de bien précis à ce sujet, et nous renverrons à l'article contro-stimulant.

Il faut dire d'ailleurs que le tannin n'est point vénéneux, et que son action directe sur les organes ne suscite jamais de trouble violent. Appliqué sur la membrane muqueuse de la bouche , il fait éprouver une sensation d'astringence qui serait pénible si elle se prolongeait beaucoup. Les organes digestifs ne manifestent guère que sa présence leur soit incommode. On peut donc l'adrainislrei' sans crainte à la dose de deux grains, qu'on peut renouveler plus ou moins Ifa souvent selon l'indication. p| Pour l'usage externe, on peut se servir de la solution d'acide tannique , dans f,], tous les cas où l'on avait continué d'employer les décoctions de plantes dites astringentes. Néanmoins, il ne faut pas croire que la découverte de l'acide tannique, ait ajouté, comme on dit, aux richesses de la matière médicale, puisque, de temps immémorial , cet agent était utilisé dans les diverses combinaisons où il figure ; mais cette découverte n'en est pas moins un service important rendu à i f la thérapeutique, puisqu'elle a mis à même de mieux apprécier son action, et de la diriger d'une manière plus certaine et plus régulière. (F. Ratier.)

TARTRE ET RI-TARTRATE DE POTASSE. Fojez scrtartrate de potasse.

TARTRIQUE {j4cide). Cet acide tire son nom et son origine du tarlre ou hi- 1 tarlrate de potasse. Pour l'obtenir, on prend le tartre purifié, dit crème de tartre, on le pulvérise, on le dissout dans l'eau bouillante et on le décompose 1 1| par le carbonate de chaux (craie pulvérisée). 11 en résulte de l'acide carbonique qui se dégage avec vive effervescence , du tarlrate de chaux qui se précipite, et du tarlrate de potasse neutre qui reste en dissolution, le carbonate de chaux ne pouvant s'emparer que delà portion d'acide tarlrique qui rend le tarlrate de polasse bi-tratrate. On décante la liqueur et on y verse un soluté d'iiydrochlorate de chaux , aussi long-temps qu'il s'y forme un précipité. Dans ce dernier cas , il y a double décomposition des deux sels, et il en résulte de l'iiyilrochlorate de polasse ou du chlorure de potassium , qui reste en dissolution , et du tarlrate de chaux qui se précipite On réunit tout le tarlrate de chaux obtenu, on le lave et on le décompose par l'acide sulfiii ique faible , un peu en cxcè.«. Après un contact suffisant , on étend d'eau, on filtre pour séparer le sulfate (le chaux formé, et ou évajiorc la liqueur |>our en retirer l'acide tartriquc par la oiistallisation. On le purifie, en le faisant redissoudre dans l'eau , le traitant par le charbon animal purifié , le filtrant et le faisant ciistalliser de nouveau. Lorsqu'on veut l'avoir parfaitement exempt d'acide sullurique , on le dissout encore , on l'agite avec un peu de c.iibonale de plomb , jusqu à ce que la liqueur donne des indices de la i>résence du plomb; on la décante , on eu précipite le plomb par l'acide hydro suUurique , et on fait crislalliscr l'acide tartriquc une dernière fuis.

L'acide tartriquc est blanc , cristallisé en prismes hexaèdres termines par une

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