TESTICULE
TETANOS.
u bien en se lavant la bouche avec de l'eau aiguisée d'un peu d'eau-de-vie ou de lis de citron. Trois onces de copahu et quatre ou cinq jours de traitement sont peu près la moyenne nécessaire k une guérison , lorsqu'on a affaire à un ruade intelligent et docile.
Il est indispensable d'augmenter la dose, lorsqu'on n'obtient pas dans le délai )nvenable le succès qu'on a droit d'attendre, et cela surtout lorsqu'on est sur 3 la bonne qualité du baume qu'on emploie. On peut tlonner jusqu'à trois et jaire gros de copalui , toujours partagés de la même façon. 11 faut d'ailleurs ne is suspendre brusquement son emploi aussitôt qu'on a obtenu la guéj ison , ais diminuer par degrés sous peine de voir arriver des récidives, (f^oj^ez l'ar- ;le POIVRE cubèbe.)
On ne saurait trop applaudir à l'heureuse idée des capsules gélatineuses qui :rmettent d'administrer directement et sans mélange capable d'en altérer les rtiis , soit le baume de copahu pur, soit son huile volatile, qui n'est pas moins icace. Elles contiennent chacune dix-huit grains de baume , de telle sorte I 'il est extrêmement facile de mesurer les doses : outre que , comme la gélatine dissout facilement, il est certain qu'elles ne traversent pas sans altération le liai intestinal , comme cela arrive aux bols et pilules préparés avec le copahu ilidifié de diverses manières. Il y a donc lieu d'espérer que celte ingénieuse innfion contribuera , en vulgarisant l'emploi du baume de copahu, à répandre le méthode de traitement dont les avantages sont ap|iréciés par tous les pratii:ns judicieux , et qu'elle exercera une salutaire influence sur la marche génélle (le la syphilis. (F.Ratier.) TESTICULE, s. m. teslisy c/5/(ç, organe sécréteur du sperme chez l'homme. La situation extérieure des testicules , la faiblesse ou plutôt la presque nullité I leurs enveloppes protectrices , la délicatesse de leur structure, les slimulatns fonctionnelles auxquelles ils sont si fréquemment soumis, constituent auht de circonstances qui expliquent le grand nombre et la variété des lésions <nt ils off"rent des exemples dans la pratique.
Contenus dans l'abdomen pendant une grande partie de la gestation, les orgues sécréteurs du sperme peuvent y demeurer toute la vie, ou s'arrêter sur lis les points intermédiaires entre la région des lombes , d'où ils doivent des- <iihe, jusqu'au fond du scrotum, qui est leur destination finale. Lorsqu'ils litent dans la région iliaque , à l'abri de toute compression , ils acquièrent or- (uiirement , dit-on , leur volume normal , et remplissent leurs fonctions avec 1 ncrgie accoutumée. Cette assertion ne me semble pas parfaitement démontrée ; iiis , ce qui est certain , c'est qu'il n'en est pas de même , dans les cas nom- 1 3UX où l'organe occupe le canal inguinal , son orifice aponévrotique , ou même 1 voisinage de son ouverture abdominale. Peut-être est-il comprimé alors par 1 tissus au milieu desquels il est placé , et doit-on attribuer à cette circonstance 1 mollesse remarquable et l'infériorité de volume très-prononcée qu'il conserve f lulant toute lu vie chez la très-grande majorité des sujets. Le testicule n'est (i utrophié , ainsi qu'on le dit communément, mais bien frappé d'un arrêt de (veloppement qui ne lui a pas permis d'acquérir ses dimensions normales. Placé ainsi dans l'anneau ou dans le canal inguinal, l'organe sécréteur du s;rine devient assez souvent douloureux, et s'enflamme sous l'influence des çindes fatigues ou des efforts violens. Il peut contracter là toutes les altérations £»;quelles il est exposé dans le scrotum, et les opérations qu'elles nécessitent f rlois présentent , à raison de cette circonstance , un surcroît de délicatesse et c (liflicultés. En maintenant béante et dilatée l'ouverture qu'il occupe , le testule invite en quelque sorte les viscères abdominaiix à s'y précipiter, à entrer Cns la tunique vaginale , à se mettre en contact avec lui , et à former des herqu'on a vues descendre dans le scrotum, tandis que lui-même était retenu is sa situation première. Des adhérences et diverses autres complications rétent assez fréquemment de ces dispositions accidentelles, j'inflammation aiguë, soit par l'action de violences extérieures , soit par l'effet relations sympathiques ou la propagation directe de l'irritation urétrale, une des affections les plus communes des testicules. Vorchile , ainsi qu'on
Eime celte maladie, a pour effet d'appeler un afflux sanguin considérable s la substance vasculaire de l'organe; et la densité de la tunique fibreuse, s'oppose à son développement inflammatoire, détermine bientôt une sorte tranglement, qui explique fort bien , et la violence des douleurs , et l'intendes accidens sympathiques qui accompagnent fréquemment la maladie. Le flement , au surplus , n'ai)partient pas toujours seulement au testicule ; il est îsi , en partie , produit par la congestion dont les enveloppes de cet organe
Iit le siège , et souvent par un épancheraent notable de sérosité albumineuse is la tunique vaginale, li'orchite chronique, en se prolongeant, entraîne la formation dans le testie de toutes les variétés de lésions que l'on a confondues sous le nom de sar- ',èle. C'est dans ces dernières années seulement , que MM. Dupuytren , Cru- "Ihier, Bérard jeune, et quelques aut.es praticiens se sont efforcés d'établir re ces affections considérées sous le triple rapport de leurs causes , de leurs nptômes et des variétés de structure morbide qui les constituent , des distincns importantes pour le pronostic, et surtout pour le traitement, [l est assez ordinaire que la tunique vaginale participe à la lésion du testicule, que des altérations notables se produisent soit dans le liquide qu'elle exhale , t dans son tissu lui-même. De là , des complications qui ont reçu les noms |iydrorchite ou d'hydro-sarcocèle , et que , sous le rapport de leur subordition , il conviendrait mieux de nommer sarco-hydrocèle. IPar une sorte d'opposition au sarcocèle et à ses variétés , ainsi qu'aux gonnnens inflammatoires des testicules , la nature semble avoir placé l'atrophie cet organe , affeclion que l'on ne rencontre presque nulle part ailleurs , du
DiCT. DE MÉDECISE ET DE ChIUCRGIE PHiTIC^UES.
moins dans des circonstances analogues. A la suite d'efforts violens, de contusions directes, de fatigues excessives, d'excès dans le coit , on voit parfois le testicule s'irriter , devenir douloureux , acquérir un volume et une densité plus considérables que dans l'état normal. Le cordon des vaisseaux spermatiques se gonfle assez souvent. Au bout de peu de jours, ces symptômes de phlogose se dissipent; mais la douleur persiste , sourde , continuelle , profonde , portant à la tristesse , à une sorte de démoralisation ; elle résiste à l'opium , à toutes les décoctions de plantes stupéfiantes , et ne cesse que lorsque l'organe, qui a graduellement diminué de volume sous son influence, est entièrement fondu et détruit. Pott a rapporté des exemples de celle singulière affection; M. Larrey l'a observée en Égyple , et s'est trouvé porté à penser qu'elle était propre à ce pays. Mais je l'ai observée plusieurs fois en France, notamment à Paris et à Strasbourg. Sur un soldai, entre autres, vigoureux et dans la force de l'âge , à la suite d'excès vénériens, le testicule droit , irrité d'abord , avait si complètement disparu qu'il ne formait plus , à l'extrémité du cordon , qu'une sorte d'ampoule flasque, vide, molle , insensible , delà grosseur d'un pois à peine. L'atrophie s'arrête, chez quelques sujets , quoique rarement, avant cette absorption totale de la substance testiculaire; mais il est douteux que ce qui reste de l'organe puisse être encore d une grande utilité. L'art est demeuré jusqu'ici impuissant contre cette fonte, ordinairement très-rapide, du testicule; rien n'a pu calmer la douleur qui l'accompagne, et à l'intensité de laquelle ses progrès semblent subordonnés ; si le mal s'est parfois arrêté à (in degré déterminé, ce résultat a été entièrement spontané, et indépendant des moyens thérapeutiques mis en usage. Enfin , pour compléter ce tableau , il convient d'ajouter que, dans le plus grand nombre des cas, le mal n'atteint qu'un seul des organes sécréteurs, bien que chez plusieurs individus, tous les deux aient été simultanément ou successivement détruits.
Sans lésion appréciable du testicule , la tunique vaginale est fréquemment le siège d'une hydropisie spéciale , conslituant l'hydrocèle , et qu'on ne parvient presque jamais à guérir qu'en oblitérant la cavité séreuse , à l'aide de l'inflammation adhésive, provo([uée par divers moyens irritans.
C'est dans la tunique vaginale , non oblitérée à son collet , et communiquant encore avec le péritoine , que se forment les hernies appelées congénitales, alors même qu'elles ont lieu long-temps après la naissance. C'est la tunique vaginale qui est également le siège de ces tumeurs sanguines auxquelles on a donné le nom d hématocèle , et qui sont aussi rares par exhalation morbide, qu'elles sont communes à la suite des contusions ou d'autres violences extérieures.
Les veines du cordon testiculaire , en se dilatant , donnent naissance à celte affection si fréquente , et jusqu'à présent si rebelle aux elforts de l'art , que l'on désigne sous le nom de varicocèle. On a récemment appliqué à son traitement l'oblitération des veines malades , et de nombreux SLiccès justifient cette pratique.
Les élémens vasculaires et nerveux du cordon testiculaire tendent toujours à participer aux lésions du testicule lui-même. De là l'extension du gonflement, de l'induration et de l'altération cancéreuse jusque dans l'abdomen. Cette complication , lorsqu'elle est arrivée au degré d'empêcher que I on puisse enlever la totalité du mal , est une contre-indication formelle à l'opération du sarcocèle.
Enfin, dans ce cordon , se forment des collections séreuses ou hydrocèles , enkystées , plus ou moins considérables , dont l'incision est souvent suivie d'accidens graves , qui contrastent avec l'apparente légèreté de la maladie.
La peau du scrotum et le tissu cellulaire sous-jacent sont parfois atteints d'enoorgemens lymphatiques énormes, de véritables éléphantiasis , qui nécessitent leur ablation, en conservant les testicules eux-mêmes, ordinairement sains alors, et qu'une enveloppe nouvelle , empruntée aux parties voisines, vient oraduellement recouvrir après l'opération. Dclpech et M. Clot ont pratiqué des opérations de ce genre, remarquables , autant par le volume des parties enlevées que par le succès qui en a été le résultat.
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(L.-J. BÉGIN
TETANOS, s. m. Tetanus , rigor r-avs?, de 7kv=-m je tends. Bien qu'il existe encore , concernant le siège et la nature de la lésion qui constitue le tétanos, des opinions incertaines ou divergentes , on peut cependant déjà , dans I ctat actuel de la science , définir celte maladie une irritation inflammatoire de la moelle épinière, déterminant la rigidité, la contraction convulsive et permanente d'une partie ou de la totalité des muscles soumis à la volonté.
Les palhologistes ont imposé au tétanos des noms spéciaux selon les divisions du système musculaire qu'il atteint : ainsi , on nomme trismus la rigidité isolée des élévateurs de la mâchoire inférieure, emproslhotonos la contraction des fléchisseurs du tronc et des membres ; opisihotonos celle de tous les exten-
TETANOS.
T^TA-iyOS.
seurs ; pleurosthotonos celle des muscles latéraux. Dans le premier état , la maladie est bornée aux mâchoires, qui ne peuvent s'écarter, et au cou , qui est plus ou moins raide; dans le second , le tronc est fléchi sur sa face antérieure et les membres rapprochés de lui; dans le troisième, les extrémités et le tronc sont violemment étendus, et la colonne vertébrale présente en arrière une concavité souvent très-prononcée; enfin , dans le quatrième, la tète, le cou et le tarse présentent une incurvation latérale , droite ou gauche , plus ou moins considérable.
De ces diverses formes de tétanos le trismus est la plus fréquente ; elle précède et accompagne presque constamment toutes les autres ; viennent ensuite l'opisthotonos , puis reniprosthotonos , et, en dernière ligne, le pleurosthotonos , qui se présente rarement dans la pratique.
M. Dance a rapporté quatre observations de tétanos intermittent, se reproduisant sous la forme d'accès réguliers, accompagné de flexion des membres thoraciques et d'extension des extrémités abdominales. Des sueurs terminaient ces accès, qui étaient annoncés seulement par de la fatigue et de l'engourdissement. Le pouls était fébrile, la peau chaude, la face vultucuse. Dans ces quatre cas, la maladie eut une issue heureuse et spontanée. Ils différent, sous ce rapport, ainsi que sous celui de la non-intervention du quinquina, des fièvres intermittentes pernicieuses tétaniques, décrites par plusieurs médecins, quoique d'ailleurs fort rares , et qui sont si rapidement mortelles , lorsque le fébrifuge le plus actif ne les arrête pas.
Causes. Toutes les impressions douloureuses, toutes les excitations irritantes et perturbatrices, sont susceptibles de déterminer la maladie qui nous occupe.
Les impressions morales vives l'ont souvent provoquée. Je viens encore d'en avoir un exemple sous les yeux , chez un sergent-major que des fautes graves avaient fait casser. Les fatigues excessives, la brusque suppression de la transpiration , surtout lorsqu'un courant d air froid vient frapper le corps en sueur, la présence des vers dans les intestins, les indigestions, l'empoisonnement par les substances narcotico âcres , la gastro-entérite, et spécialement les gastro-enciphélites , autrefois désignées sous le nom de fièvres ataxiques , doivent être placées au premier rang parmi les circonstances susceptibles de déterminer le tétanos.
Mais de toutes les causes de cette maladie les lésions traumatiques sont celles qui la produisent le plus fréquemment et au plus haut degré d'intensité.
D'après ce qui a été dit précédemment, il est presque inutile de faire observer que les lésions directes de la nuque , du rachis et de la moelle épinière , reconnaissent le tétanos comme un de leurs symptômes les plus conslans. Parmi les lésions des autres parties du corps , les piqûres , les plaies déchirées, contuses, par armes à feu ; celles qui sont compliquées de la présence de corps étrangers aigus , acérés , piquant ou irritant les parties musculaires et les nerfs ; celles qui atteignent les parties dont la texture est serrée et dans l'organisation desquelles les éléinens nerveux entrent en une grande proportion , comme les doigts et les mains , les orteils et les pieds, sont autant de blessures qui exposent particulièrement les sujets au tétanos.
D'autres cii constances accessoires ou éloignées viennent encore exercer sur le développement de cette maladie une influence depuis long-temps signalée. Ainsi les hommes , durant la première moitié de la vie , et surtout ceux qui sont <loués d'un tempérament nerveux , d'une constitution athlétique, ou même de la prédominance gastro hépatique , y sont plus exposés que les femmes , les vieillards , et les sujets mous et lymphatiques. On a dit qu'il atteint plus fréquemment les femmes que les hommes ; mais cette assertion me semble être une erreur analogue à celle d'Arélée, qui le croyait plusfacile à se développer chez les vieillards que chez les sujets adultes. On l'observe assez fréquemment chez les enfans , soit par suite d'irritations gastriques , déterminées par de mauvais lait ou des alimens indigestes , soit h l'occasion de dentitions difficiles et cioiiloureuses, etc. Aux Antilles, les enfans à la mamelle en éprouvent souvent les atteintes.
La chaleur n'est pas , ainsi qu'on l'a répété si souvent, la condition atmosphérique la plus favorable au développement du tétanos. Ce sont bien plutôt les variations considérables, rapides et journalières de la température , ainsi que de l'état hygrométrique de l'air, qui jouissent de cette funeste propriété. Après la bataille de la Moskowa, au milieu des plus vives chaleurs, nous n'eûmes que peu de tétaniques , nos blessés de la bataille de Dresde, par un temps humide et froid, succédant à une grande élévation de température, furent décimés , au contraire , par cette affection , qui n'épargna pas inéme nos amputés. L'expérience si étendue de M. Larrey, aussi bien que celle de tous les chirurgiens militaires modernes , a multiplié à l'infini les faits de ce genre, et rendu incontestables les conséquences qui en découlent.
Il n'est pas jusqu'aux fatigues, aux privations, aux bivouacs prolongés, durant les((uels les hommes ont supporté le froid , la chaleur ou l'humidité, qui ne prédisposent ensuite les blessés au tétanos. On n'a pas observé que les affections morales tristes ou gaies, résultant des positions diverses des armées, aient exercé sur le développement de cette maladie une influence analogue à celle qu'on leur reconnaît sur d'autres lésions , telles que la pourriture d'hôpital, les irritations des viscères , ou les fièvres de mauvais caractère.
Le tétanos peut se développer à toutes les périodes du travail de la cicatrisation des plaies : tantôt on le voit paraître durant les premiers jours, et se substituer en quelque sorte à la fièvre inflammatoire traumatique. Cela a lieu surtout dans les plaies déchirées , avec dilacération des parties nerveuses et qui sont accompagnées de vives douleurs. D'autres fois, c'est lorsque la suppuration est parfaitement établie, et que la cicatrice semble prête à s'opérer,
qu'il se manifeste tout-à-coup. Dans quelques cas enfin , on l'a observé sur des sujets arrivés presque au terme de leur guérison , et à qui il ne restait que des solutions de continuité très-peu étendues.
C'est ici l'occasion de rappeler qu'on a divisé le tétanos en spontané et en traumatique, selon qu'il se manifeste, par suite de l'action des causes générales indiquées plus haut, ou qu'il est le résultat de blessures. Or, cette distinction , vicieuse en elle-même, parce que le tétanos n'est pas plus spontané, en aucun cas , que toutes les autres maladies , l'est encore davantage sous cet autre point de vue , qu'elle établit que le tétanos survenant chez un blessé est toujours traumatique , ou le résultat de la blessure. L'observation attentive des faits démontre , au contraire , que pour beaucoup de sujets , la plaie qu'ils portent ne fait que les rendre plus susceptibles , plus impressionnables aux causes générales de la maladie , et n'est pas, par elle-même, le point de départ de l'irritation qui occasionne celle-ci. Un blessé, par exemple, s'expose, en traversant la cour, en allant aux latrines , à l'impression de l'air froid, son corps étant encore imprégné de la chaleur du lit, et le tétanos débute quelques heures après: peut-ou dire alors que celui-ci soit traumatique D'après cette idée, devra-t-ou tourmenter celte plaie, y porter l'instrument tranchant, y pratiquer des débridemens dont elle n'a pas besoin ? Nous ne le pensons pas.
Les blessures ne sont la cause immédiate du tétanos que durant les premiers jours de leur existence , lorsque l'irritation , résultant des piqûres , des déchirures , de la pression de corps étrangers , est encore aiguë , intense , retentissante, en quelque sorte , sur 1 ensemble de l'organisme. A mesure qu'on s'éloigne de ce terme, la phlogose diminuant, la tension morbide faisant place au dégorgement, et la suppuration devenant plus abondante, la plaie passe à la condition d'une affection locale peu susceptible d'exciter les sympathies. Et dès lors aussi le blessé , tout en restant, à raison de sa faiblesse, de l'ébranlement qu'il a éprouvé, des pertes de sang ou des opérations qu'on lui a fait subir, plus impressionnable que les autres hommes , devient cependant de moins en moins exposé à voir sa plaie provoquer par elle-même le tétanos.
Cette opinion n'est pas de celles qu'on peut appeler spéculatives : nous verrons plus loin combien elle est féconde en conséquences pratiques importantes.
Sjmpiômes, Le tétanos ne présente pas , en général , d'autres symptômes précurseurs que ceux qui signalent le début de son développement. Aucune maladie ne frappe plus inopinément la plupart de ses victimes ; et ce fait d'ailleurs se retrouve dans presque toutes les affections graves des centres nerveux, comme les convulsions, les spasmes de tous les genres, l'apoplexie elle-même.
Cependant , chez les sujets dont le tétanos doit être le résultat de l'action prolongée de causes peu actives, comme des travaux habituellement pénibles, de l'habitation de lieux humides et froids , on a constaté l'existence proilromatique d'engourdissement dans les membres, de rigidités musculaires, survenant par accès , à des époques irrégulicres, se dissipant avec facilité , puis acquérant plus de violence , plus de ténacité, et se rapprochant les uns des autres jusqu'à ce qu'un accès plus violent vienne constituer le début de la maladie. MM. Denaus , Bouillaud et quelques autres, ont parfaitement signalé ce mode de début de quelques tétanos dits spontanés , qui n'est pas entièrement étranger au tétanos traumatique lui-même , ainsi que j'en ai vu des exemples.
M. Larrey place dans la plaie elle-même , chez le plus grand nombre des sujets, le prodrome du tétanos traumatique. Cette affection est annoncée, selon lui , par des douleurs sourdes dans la partie blessée ; la suppuration diminue et se supprime ; les chaires se boursouflent et se dessèchent ; les douleurs locales se propagent le long des nerfs du membre vers le rachis , en même temps que la contraction se communique des muscles voisins de la plaie à ceux qui sont le plus éloignes. Les observateurs semblent n'avoir eu que bien raremeut l'occasion de confirmer l'exactitude de ce tableau ; il est plus commun de voir le blessé devenir triste , morose , frappé de terreur soudaine, inexplicable, perdre l'appélit et le sommeil, avoir la bouche amère , la langue saburrale, éprouver de la céphalalgie , puis des bâillemens , des mouvemcns convulsifs passagers dans les mâchoires , le cou , les muscles de la déglulilion , et ces accès se montrer de plus en plus fréquens et durables jusqu à l'invasion définitive de la maladie.
Seize fois peut-être sur vingt, le tétanos débute parle trismus ou la contraction spasmodique des muscles masséters et temporaux , qui se durcissent , refusent de s'allonger, et appliquent la mâchoire inférieure contre 1 autre avec une force tellement croissante que le plus léger écarteraenl entre elles devient graduellement impossible. On apaifois été obligé d'employer des moyens mécaniques, de profiter de la brèche résultant de la perle île quelques dents, ou même d arracher une ou deux de celles-ci, afin de faire par\enir quelque liquide dans la bouche. Chez quelques sujets , la salive ne pouvant être avalée , s'écoule , abondante et muqueuse, de l'intérieur de cette cavité.
Le tétanos peut rester borné durant plusieurs jours h ce degré; mais une époque arrive enfin où la rigidité se propage aux muscles de la face , à ceux du cou, du tronc, des membres, qui se raidissent , deviennent immobiles et pienneut des altitudes variées, selon celles des masses charnues dont l action préJoniinante entraîne les parties dans leur sens. Il est très-rare que le tétanos soit p^rfaitement droit ;et quoique tous les muscles participent à la contraction , cc|)cndant l'illégalité du spasme oblige quelques-uns à surmonter la résistance des autres. M. Larrey a établi que les lésions des parties postérieures du corps détermine plus particulièrement l'opisthotonos , celle des parties antérieures l'cmprosthotouos, tandis que le tétanos complet succède aux blessures qui oui