THÉ
liilç
opium pour la journée. Il augmente ensuite celte dose de deux scrupules )us les jours , jusqu'à ce que les accidens décroissent , et la diminue , suivant i même progression, jusqu'à la guérison complète. Dans une observation raportée par ce médecin , la dose de la teinture fut portée jusqu'à une once et emie par jour, avec addition de demi-once de sirop diacode , deux bains Icalins , et un gargarisme cmollient chargé d'une once de teinture. On reconaît dans une semblable méthode toute l'exagération , et sur beaucoup de maides on constaterait sans doute tous les dangers de la médication narcotique Dflée à son plus haut degré d'énergie.
Les sudorifiques ti'ès-puissans ont été préconisés, et, selon quelques médecins, mportent de beaucoup sur les narcotiques opiacés et les antispasmodiques, alcali volatil, à la dose de dix à douze gouttes dans quatre cuillerées d'eau , u'on peut réitérer trois ou quatre fois , en laissant deux heures d'intervalle tre chaque prise, a été l'objet de pompeux éloges. Ce médicament provoque , t-on , une abondante sueur, suivie de la détente du système musculaire, et François ,d'Auxerre, qui en a fait usage dans les contrées inter- tropicales , pporte des observations en faveur de ses heureux résultats. Toutefois , ce ne urrait être sans inconvénient, ou même sans danger que, chez nous, un stiulant aussi actif serait employé contre la myélite tétanique : la perturbation dorifique qu'il détermine ne saurait convenir qu'au début de l'irritation, à tte époque où elle est encore facile à déplacer; et par conséquent alors que s antiphlogistiques , les saignées et les bains, offrent plus de certitude. M. Stultz a eu recours , un des premiers, aux alcalins, qui jouirent pendant ng-temps d'une grande vogue. Ce traitement se compose de bains Taits avec lessive de cendres ordinaires, à laquelle on ajoute ensuite une à deux onces potasse caustique, et des potions contenant d'abord deux, puis trois, puis atre drachmes de carbonate de potasse dans six onces d'eau distillée , à prene en six parties dans la journée.
Plusieurs praticiens ont publié des faits confirmatifs de ceux annoncés d'abord ar M. Stultz; et l'on conçoit que ce traitement, moins incendiaire que le préfdent, puisse en effet, convenir davantage. Les bains excitans surtout, assolés à des évacuations sanguines , convenablement abondantes , pourront prouire de bons effets : la potion alcaline ne saurait convenir que si l'estomac était arfailement exempt d'irritation.
M. Lembert a fait connaître l'efficacité de l'acétate de morphine, appliqué ar la méthode endermique , contre le tétanos. Cette médication , déjà justifiée ar plusieurs faits authentiques , consiste à placera la nuque un vésicatoire, uis à le saupoudrer après la séparation de l'épiderme , avec un quart de grain abord , puis, douze heures après, avec un demi-grain d'acétate de morphine, n tétanos traumatique , d'abord exaspéré par l'ipécacuanha , a été , d'après ne observation de M. Carioli, promptement guéri par ce moyen, que la rain ne repousserait qu'autant que l'on voudrait en faire un usage exclusif de lui des antiphlogistiques.
L'acide nitrique , destiné à aciduler les boissons ; l'huile de térébenthine i ployée à la dose d'une demi-once toutes les deux heures; l'ipécacuanha et jemétique à doses réfractées , et une foule d'autres substances moins dignes ;'être notées, constituent des moyens ou inutiles ou nuisibles, et dont le oindre inconvénient est , dans tous les cas , de faire perdre un temps préeux.
Quant aux difficultés spéciales que présente le traitement des tétaniques , a plus considérable consiste dans le resserrement excessif des mâchoires, t dans la contraction spasmodique des muscles du pharynx. Il est ordinaijement inutile , toutefois , pour la vaincre , de fracturer ou d'e.xtraire quelues dents. Presque toujours, on peut faire boire le malade, horizontalement bûché sur le dos , en portant le liquide , au moyen d'une soude de gomme lastique , ouverte à ses deux extrémités , entre la joue et les arcades dentaires, [usque derrière les dernières dents molaires. La nature a ménagé là un sillon ar lequel les boissons parviennent aisément dans l'arrière-bouche. On pourait encore introduire par le nez une sonde de gomme élastique jusque dans œsophage, et opérer ainsi l'ingestion des liquides médicamenteux et même limentaires.
Quant aux frictions opiacées , ou avec les huiles de jusquiame,de camomille, e mille-pertuis et autres du même genre, ce sont des moyens accessoires, peu mportans , et dont l'utilité réelle est très-contestable.
Projet d'instiucLion sur une maladie convulsive fréquente dans les colonies de l'Américjue, onnue sous le nom de lélanos, Paris, 1786 , in-8°. N. Heurteloup. Prccis sur le létanos des adultes, Paris, 1792, in-S". tf.-B. Dazilte. Observations sur le tétanos, Paris, 1792, in-8".
F.-E. Laurent. Mémoire clinique sur le létanos chez les blessés , Strasbourg, 1797, in-S". Fournier-Pescay . Du tétanos traumatique, Paris, 1803, in-8°.
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( L.-J. BÉGIK. )
THÉ. On donne ce nom, d'étymologie chinoise, à un végétal de la polyanidrie monogynie de Linné, ou de la famille des orangers de Jussieu; on en a fait aussi le type d'une série naturelle, les thédcées. On se sert également du niot thé pour désigner les feuilles préparées de la plante, quand nous voulons les prescrire pour les usages médicinaux ou domestiques. L'arbuste toujours DicT. SE Medecia'e et de Chirdbgie pratiques.
vert qui fournit le thé ressemble , selon MM. Mérat et de Lens , au Camellia, Présente-t-il plusieurs variétés, ainsi que la vigne ? Cela est probable. Les feuilles du thé que nous avons vues dans un herbier étaient moins épaisses que celles du Camellia , et leur face supérieure n'avait pas l'aspect vernissé que l'on remarque sur les feuilles de cette jolie plante si commune chez nous maintenant. En examinant la fleur du thé dans le liolanical Magazine , Pl. 998, nous lui avons trouvé la plus grande analogie avec celle du syringa de nos bosquets. Sonfruit, formé d'une capsule globuleuse à trois loges, contient des semences huileuses qui s'altèrent promptement, ce qui les empêche de germer lorsqu'elles arrivent en Europe.
Cet arbuste ci oît surtout à la Chine , où on l'appelle theh , et au Japon où il est désigné par le mot Tsjaa\ on le rencontre encore dans d'auties contrées orientales de l'Asie. Sa cullure demande beaucoup de soin, et les produits qu'on en obtient rendent presque toutes les autres contrées du globe tributaires de ces régions pour des sommes considérables.
On récolte les feuilles de thé lorsque l'arbuste est parvenu à sa troisième année. La première cueillette se fait au mois de mars pendant le développement des feuilles; la seconde a lieu ttn mois après, ou , au plus tard , lorsque les feuilles ont atteint tout leur développement.
Soit pour les mieux conserver, soit pour développer leur parfum, ou leur enlever quelques qualités désagréables , ces différentes feuilles subissent des préparations que l'on croit les suivantes. On les plonge pendant quelques secondes dans l'eau bouillante , puis on les égoutte et on les fait sécher ; après cela, on les roule entre les doigts , puis on les jette sur des poêles échauffés pour augmenter leur dessiccation , que l'on achève ensuite en les exposant sur des nattes ou dans des étuves ; enfin, on les torréfie de nouveau. Ces préparations terminées, le thé est versé dans le commerce , où , selon sa couleur on le distingue en deux espèces : le thé vert et le thé noir; espèces qui comptent ellesmêmes un grand nombre de variétés d'après les qualités qui les distinguent. Quelques personnes attribuent ces deux espèces de thés , à deux variétés différentes de l'arbuste. Cette opinion compte peu de partisans.
Les ihés verts, ainsi ap|)elés à cause de leur couleur verte, quelquefois glauque ou grisâtre , sont en général plus roulés , d'une odeur plus suave et d'une saveur plus prononcée que les thés noirs. Les ihés noirs ont une couleur brunâtre, une odeur moins marquée; il sont souvent mêlés de fragmens de branches ; ils ont en général moins d'activité et agitent moins que les autres.
On compte parmi les variétés de thés verts, selon M. Richard : 1° le thé liejswen, hjsi'in ou liyson , c'est l'une des meilleures sortes et des plus répandues dans le commerce. Ses feuilles sont entières ou brisées, bien roulées, d'un ton vert-grisâtre , d'une odeur très-prononcée et très-agréable; 2° le thé perlé, préparé avec les feuilles plus jeunes ou plus divisées , est roulé davantage , plus globuleux et d'un moindre volume; 3° le thé poudre à canon est encore plus roule, plus petit , et sa saveur plus prononcée.
Parmi les thés noirs , on trouve : l» le thé iou,qui est le moins estimé ; 2" le thé saotchaon ou souckon . que l'on vante comme l'un des plus agréables ; sa couleur lui donne de la ressemblance avec le tabac à fumer. Les feuilles qui le composent sont peu roulées et ont en apparence plus de volume que les précédentes ; elles sont adhérentes ou mêlées à de petits fragmens de branches; 3° le thé pekao ou pelio a une couleur moins foncée; on trouve à l'une de ses extrémités un duvet blanchâtre qui lui a fait donner le nom qu'il porte , peko signifiant, dit-on , en chinois pointe blanche. Le plus simple examen suffit pour démontrer que ce thé est formé de plusieurs petites feuilles réunies sur une même tige. Il existe un bien plus grand nombre de variétés de thé. Les unes sont consommées dans le Levant ; les autres arrivent chez nous falsifiées ou altérées. Pour avoir des idées exactes sur le thé que l'on emploie communément, nous nous sommes procuré dans une bonne maison de commerce les variétés que nous avons indiquées ; nous les avons déroulées à l'aide de l'eau bouillante, puis nous les avons examinées.
En nous occupant d'abord d'une variété rare de thé hyson , dont les feuilles étaient roulées sur leur longueur, puis réunies deux à deux, en forme de natte, et enfin rassemblées au nombre de six ou huit, en un petit faisceau de deux pouces de long, lié par ses extrémités comme de petites carottes de tabac, nous avons vu que, bien développées, ces feuilles étaient entières, ovales, d'une belle couleur verte , longues de deux pouces et demi , larges d'un pouce , dentées sur leur bord , et présentaient un pétiole consistant et court, qui se prolongeait sur la face inférieure de la feuille, par une nervure médiane saillante, qui ne fournissait que des nervures latérales , peu nombreuses et peu marquées. Le thé hyson ordinaire nous a paru composé de feuilles entièrement semblables à celles que nous venons de décrire , si ce n'est qu'elles étaient brisées en plusieurs fragmens. Pour le thé perlé , ces fragmens étaient plus pliés , puis roulés sur eux-mêmes; ils étaient plus petits encore et roulés en long, puis entravers, pour le thé poudre à canon.
Nous avons ensuite examiné deux variétés de thé noir, le souchon et le péko. Nous avions à notre disposition deux sortes de thé souchon , l'une en boule , qui est rare, l'autre en fragmens, c'est le souchon ordinaire. La première, en masse globuleuse, du volume d'une aveline , était formée par des extrémités de branches, composées de deux ou trois feuilles alternes. La feuille terminale était à peine développée , et les autres moins que celles du beau thé vert , que nous avons décrites, et auxquelles d'ailleurs elles ressemblaient entièrement. Le souchon ordinaire ne différait du souchon en boule , qu'en ce que ses feuilles étaient le plus souvent isolées ou seulement réunies au nombre de deux. Dans le péko à pointes blanches, les feuilles étaient très-petites; l'espèce de duvet