TIRE-FOND
thériaque devient alors moins calmante et plus tonique et plus excitante. Il iporte de tenir compte de cette différence dans la pratique. Il existe encore deux autres espèces de thériaque , la thériaque céleste et la èriaque des pauvres. On préparait aussi une eau t/iériacale. Ces trois me'dicaens sont généralement abandonnés ; on les trouverait peut-être à peine auurd'hui dans les officines. ( L. Ch. Roche. )
THROMBUS. P^orez Saignée.
TlIRTDACE. f'ojez La ITCE.
THYM , tkj 'mus vulgavis , plante de la famille des labides , qui partage toutes s propriétés de cette famille. Elle croît dans nos jardins, dans le midi de la rance, et se fait remarquer par son odeur pe'nétrante , forte, mais assez iréable. L'huile essentielle de cette plante contient du camphre , selon Neuann. Le thym est employé comme condiment, il entre dans la composition des pèces aromatiques , et pourrait être employé seul en cette qualité.
(Martin Solon.)
TIC DOULOUREUX. Voyez Névralgie.
TIERCE ( Fièvre) Voyez Fièvres.
TILLEUL. Tilia. Ce grand et bel arbre , qui donne son nom à une famille iturelle appartient à la polyandrie monogynie. A part les services qu'il rend us une foule de rapports, il fournit à la médecine ses feuilles , qui sont ulilies comme émollientes à cause de la grande quantité de mucilage qu'elles conennent, et ses fleurs, qui sont, depuis un temps immémorial , en possession u titre d'antispasmodique. Ces fleurs ont une odeur douce et suave, et une veur agréable. Lorsqu'elles sont desséchées avec soin et mondées de leurs actées et de leurs pédoncules , elles donnent une eau distillée parfumée , dont a fait un grand usage , et une infusion douée de propriétés analogues et dont emploi n'est pas moins répandu. L'analyse chimique n'a pas fait encore conaitre exactement les principes qui entrent dans leur composition, d'une malere bien exacte : elle y a signalé seulement l'existence de la chlorophylle du innin , d'une matière extraclive brunâtre et de quelques sels. Quant à ses propriétés médicales, elles sont plutôt supposées que bien établies, u plutôt leur nullité est vraiment démontrée ; en elTet , elles ne suscitent aucun es phénomènes que produit le thé , par exemple. On peut donc conserver ces eurs pour faire de la tisane aux femmes nerveuses, aux hypochondriaques, etc., leur eau distillée , pour servir de base aux potions calmantes , pourvu qu'on en attende pas plus d'effet qu'elles ne peuvent en produire. D'ailleurs il faut ire qu on ne leur a jamais attribué une grande énergie médicamenteuse, bien u on les ait conseillées contre l'asthme, l'épilepsie et les convulsions , maladies outre lesquelles, à coup-sûr, elles sont bien impuissantes : c'est gratuitement u'on leur suppose un principe enivrant et exhilarant, dont les effets ne sont as suffisamment constatés.
L'emploi des fleurs de tilleul se borne à l'infusion et à l'eau distillée. La remiere se fait en versant de l'eau bouillante sur quelques pincées de ces eurs, auxquelles on ajoute le plus souvent quelques feuilles d'oranger. On emaïque que cette infusion, claire d'abord, prend bientôt une teinte d'un ouge foncé. Quant à l'eau distillée, on la prépare très-chargée de principes , en aisant passer plusieurs fois la même eau sur de nouvelles quantités de fleurs, ia dose est de deux à quatre onces , mais rarement on l'emploie seule ; pres- [ue toujours , elle sert d'excipient à des médicamens plus actifs.
( F. Ratier.)
TIRE-BALLE, s. m. stvumhulcus ; instrument destiné à extraire de nos l^ganes les corps étrangers et spécialement les balles de fusil ou de pistolet , [ue l'explosion de la poudre à canon y a fait pénétrer.
Les anciens avaient imaginé déjà un grand nombre de machines à l'aide desluelles ils saisissaient et reliraient les traits enfoncés et plus ou moins solide- Inent retenus dans les diverses parties du corps. Mais ces inventions appartiennent exclusivement à l'histoire de l'art, et il serait sans le moindre intérêt d'en reproduire les descriptions.
L'invention de la poudre à canon vint créer de nouvelles nécessités et pro- ;urer un nouvel aliment au génie chirurgical. La nécessité de débarrasser aussi ipiomptemcnt que possible les tissus vivans des corps étrangers qu'ils recèlent et qui constituent pour eux des causes incessantes, actives et dangereuses i'inflammation , fut bientôt si vivement et si généralement sentie , que rien ne fut épargné afin de remplir cette première et fondamentale indication du trai- [lement des plaies d'armes à feu. Mais les chirurgiens, peu versés encore dans i|les connaissances anatomiques , redoutèrent de porter l'instrument tranchant [dans ces plaies, de les agrandir, de rendre ainsi leur exploration ainsi que (leur simplification plus facile. De-là cette forme compliquée des premiers tireballes , qui devaient agir à-la-fois en dilatant les solutions de continuité , et en saisissant sur place les projectiles entre leurs branches élastiques. Un de ces tire-balles à trois branches a donné , d'';-on , l'idée de la pince de même forme , qui sert actuellement à saisir et à fixer la pierre dans la vessie , suivant le [procédé de lithotritie le plus généralement employé jusque dans ces derniers ilemps.
Tous ces instrumens ont graduellement disparu de la pratique et Percy peut Jêtre considéré comme leur dernier historien. Ainsi que ce javant chirurgien l'a fait remarquer, la curette , les pinces et le tire-fond suffisent aujourd'hui à iitous les besoins de la pratique à l'armée.
ï S'il nous est permis même de piononcer, d'après une expérience déjà ancienne et reposant sur une base assez large, la curette pourrait sans inconvéniens aller rejoindre les instrumens dont il a été question. Elle est destinée , dit-on , à aller puiser , au milieu des tissus qui la laissent libre , la balle que la
profondeur de la position dérobe à l'action des doigts. Mais si une tige étroite , terminée par une cuiller profonde peut parvenir jusqu'au projectile , se glisser sur un de ses côtés, arriver au dessous de lui, et le prendre dans la cavité pour l'amener au dehors, avec quelle facilité bien plus grande, des pinces suffisamment longues et terminées par des mors convenables, n'iront-elles pas la saisir directement avec une force suffisante pour ne pas lui permettre d'échapper ? le tire-balle de Thomarin, que l'on trouve encore dans quelques anciennes caisses d'instrumens de chirurgie militaire, et qui consiste en une curette sur la cavité de laquelle vient tomber l'exlrémité , coupée en biseau , d'une tige d'acier , placée à coulisse au devant de son manche, et destinée à fixer la balle que l'on y a fait entrer, le tire-balle qui réunit la curette à la pince ne présente en effet aucun avantage spécial et reste sans emploi.
Des pinces longues de neuf à dix pouces , solides , à branches croisées , terminées par des cuillers élargies , évidées , garnies à la face interne de dentelures aiguës et perforées à leur partie la plus profonde , tel est le feul tire-balle dont on ait besoin dans tous les cas où le projectile est libre dans les parties molles. Le croisement des branches permet de donner aux cuillers un degré d'ouverture i^uffisant pour saisir les petites balles, avant que les tiges cessent d'être parallèles et exercent aucune action dilatante sur les parois de la plaie. Leur longueur est telle qu'elles peuvent atteindre bien au delà du centre du membre le plus volumineux, et que des balles situées plus loin devraient être extraites au moyen de contre-ouvertures. Enfin les aspérités de la face interne de ia cuiller s'opposent efficacement à ce que les balles une fois saisies , s'échappent par l'effet des frottemens qu'elles exercent contre les parois de la plaie. Ces pinces , assez semblables aux pinces à polypes , doivent être portées fermées jusque sur la balle; leur extrémité promenée sur la partie à la manière d'un stylet sert à explorer exactement et le corps étranger et les parties environnantes ; puis , lorsqu'elles touchent ce corps , le chirurgien les ouvre doucement , donnant aux cuillers un degré d'écartement suffisant pour le loger, et, les poussant en avant, le saisit enfin et l'amène au dehors. Cette action est à-la-fois simple , directe , facile et sûre. Dans beaucoup de cas même , les pinces à pansement constituent d'excellens tire-balles. Lorsque les projectiles sont incrustés dans des os, ces instrumens à la vérité ne peuvent plus suffire ; mais la curette n'aurait pas plus d'efficacité , et il faut recourir au lire-fond.
( L.-J. Bbgin. )
TIRE-FOND. s. m. Instrument de chirurgie destiné à pénétrer les corps étrangers , à se fixer dans leur substance et à fournir ainsi le moyen de les extraire. Il se compose d'une vis double , longue de neuf à douze lignes , solide , parfaitement évidée, et disposée de telle sorte que les lames qu'elle détache des corps ductiles, comme les balles de plomb, par exemple , remontent le long du sillon qui les sépare , et s'y logent. L'autre extrémité du tire-fond présente un anneau , qui lui sert de manche et qu'on pouvait au besoin , dans les anciens appareils h trépan , engager dans le crochet de l'élévafoire de J.-L. Petit ou de Louis, afin d'augmenter la force de fraction exercée sur lui. La longueur totale de l'instrument doit être de quatre à six pouces. Toute la perfection consiste dans les dispositions de sa mèche.
Le tire-fond était autrefois enfoncé dans le trou percé au centre de la pièce d'os qui cernait la couronne du trépan , afin de l'enlever ; mais, depuis longtemps , cette indication est remplie avec le manche d'une spatule , qui sert à ébranler, à détacher et à soulever le disque osseux. Les chirurgiens-dentistes en font quelquefois usage , afin d'enlever du fond des alvéoles les portions de racines qui ne présentent aucune prise aux autres instrumens, cas qui sont fort rares, et dans lesquels on hésite d'autant plus h se servir de la mèche perforatrice qu'il faut beaucoup d'habitude pour le faire sans danger.
Un tire-fond très-délié, contenu dans une canule armée de dentelures à son extrémité, fut proposé par Fabrice de Hilden , afin d'extraire les corps étrangers du conduit auditif externe. La difficulté de fixer ces corps, le danger d'une pression trop forte , qui les refoulerait contre la membrane du tympan , et enfin le grand nombre d'autres , qui ne se prêteraient pas à la perforation , sont autant de circonstances qui ont fait alors rejeter cet instrument.
Enfin les balles ont fréquemment réclamé l'application du tire-fond. Il faut, pour qu'il leur devienne applicable , qu'elles soient fixées dans des tissus solides , tels que celui des os , avec assez de force et d'une manière assez étroite pour être inaccessibles aux pinces ou aux doigts du chirurgien. Les parties étant alors convenablement mises à découvert, la mèche du tire-fond est portée sur la balle, dans laquelle on la fait pénétrer par une action lente , ménagée et accompagnée de la moindre pression possible , afin de ne pas confontlre davantage encore les lames osseuses sous-jacentes. Lorsque la lige est solidement implantée dans le corps étranger, on s'en sert pour l'ébranler, le dégager et l'attirer enfin hors des parties. S'il est besoin d'agrandir son ouverture d'entrée à raison de l'aplatissement ou de la déformation qu'elle peut avoir éprouvée en s'arrèlant, le couteau lenticulaire, un fort scalpel ou une couronne de trépan , serviraient à remplir cette indication. Nos prédécesseurs renfermaient le tirefond dans une canule , que Percy a fait supprimer. Ce conducteur , inutile sans doute, lorsque la balle est fixe , pourrait cependant le devenir, si elle était mobile , ou du moins assez susceptible de tourner sous l'action de la mèche , pour que celle-ci ne pût pénétrer. La canule, étant garnie de dentelures aiguës, inclinées de droite à gauche , pourrait être alors portée sur le projectile et le retenir solidement pendant que le chirurgien ferait agir le lire-fond de gauche à droite. C'est dans cette intention, plutôt sans doute que comme moyen prolecteur des parties molles , que la canule dont il s'agit pourrait être encore préconisée. Ajoutons toutefois que les cas dans lesquels elle pourrait être utile sont si rares ,
TITHTMALE.