‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 289 sur 311 · TOUCHER · texte numérisé non relu

TOUCHER

ES endolorir. Ces deux causes agissent sans doute très-fréquemment de conjèrt, et alors le torticolis est tout à-la-fois spasmodique et inflammatoire; mais ï plus puissante des deux influences est sans contredit celle du froid. Quand la josition forcée a seule agi pour produire le torticolis , il n'y a pas de gonflement du cou , pas d'accroissement de la température locale , pas de douleur ou ■ peine au toucher , le mouvement seul peut l'exciter. Lorsqu'au contraire, 'est le froid qui a produit le mal , le cou est gonflé, chaud, douloureux au pntact; quelquefois même , et en particulier chez les enfans , le torticolis faccompagne alors de courbature et de fièvre. Cette maladie a été considérée ibmme rhumatismale par beaucoup d'auteurs, en raison de la spécialité de la ause qui la provoque ; mais cette même cause produit des angines , des pleuîsies , des pneumonies , etc. , que , d'après cette manière de raisonner , il faurait aussi regarder comme de nature rhumatismale. Nous ne saurions donc artager cette opinion , par ce motif d'abord , et ensuite , parce que le rhumasme nous parait tenir à des causes plus profondes, plus générales, qu'une (Teclion aussi légère, aussi circonscrite que celle qui nous occupe ( uojez auhrite). Quoi qu'il en soit, le torticolis inflammatoire dure rarement au-delà e quatre à cinq jours ; il cède aisément à un bain chaud, à quelques boissons adorifiques, et à des cataplasmes émoUiens et narcotiques; dans quelques cas ircs seulement , on est obligé d'appliquer quelques sangsues sur la partie dou- )ureuse.

Le torticolis spasmodique offre très-peu de gravité; s'il est le résultat d'une lauvaise position pendant le sommeil , il se dissipe ordinairement de lui même, ar le repos ou par un bain. C'est celui-là que les gens du peuple guérissent équemment, en imprimant brusquement un mouvement de torsion au col ins le sens opposé à celui du spasme musculaire. Mais quand il y a contracire des muscles , ce que l'on reconnaît à leur dureté et à leur tension perma- 3nte, ces moyens simples ne suffisent plus, il faut avoir recours aux bains ■olongés , émolliens, gélatineux, sulfureux, aux douches de vapeur, aux ictions et aux applications narcotiques , et enfin , quand tout cela demeure apuissant, à la section transversale du muscle contracté ; c'est presque touurs l'un des sterno-mastoidiens. M. Dupuytren a pratiqué plusieurs fois cette )ération avec succès; on l'exécute en faisant une incision à la peau , sur le ajet du muscle et dans la direction de ses fibres, puis, après l'avoir mis à nu, 1 passe une sonde cannelée au-dessous de lui, et , faisant maintenir écartées s lèvres de la plaie, on le coupe transversalement d'un seul coup de bistouri, ? dedans en dehors. L'opération échoue cependant quelquefois; et l'inflexion ! la tète se reproduit après la cicatrisation. A-t-on essayé de lutter contre la ntracture du muscle par une force contraire, agissant d'une manière perma- ;n(e?Ne pourrait-on pas parvenir ainsi h vaincre le spasme, en épuisant en icique sorte la puissance contractile des fibres musculaires convulsées ? C'est :ut-ètre un moyen à tenter. On a vu ce torticolis être produit par la morsure Line sangsue sur un des nombreux filets du nerf cervical.

Ou reconnaît que le torticolis dépend de la paralysie des muscles d'un côté du u , et c'est presque toujours encore le sterno-mastoïdien , à la flaccidité nstante de ce muscle , et au peu de résistance qu'oppose le muscle antagoniste relFort que l'on fait pour ramener la tête à sa rectitude naturelle. Pour en )tenir la guérison , on emploie les vésicatoires volans, les frictions irritantes icc les linimens volatils ou avec la teinture de canlharides , les vapeurs aroatiques, alcooliques , le galvanisme et l'électricité. Si ces moyens échouent, ' qui est malheureusement le plus ordinaire, il faut avoir recours à des jyens mécaniques, non plus pour dissiper le mal, mais seulement pour en miouer les inconvéniens. Plusieurs bandages ont été imaginés à cet effet ; : us n'en décrirons aucun, parce que tout le monde en devine le but et la iicture. Le but, c'est de relever la tète, de la tourner directement en avant, de la maintenir dans cette situation, tout cela peut se faire à l'aide d'une npie bande; cela se fait mieux, et plus solidement encore , avec une calotte, ' corset, et quelques lanières convenablement disposées , et partant de l'une iir venir se fixer à l'autre.

S'il existe un torticolis qui dépende exclusivement , comme le pensent quelc es auteurs , de la mauvaise habitude de tenir la tête de côté , il faut s'en ociper de bonne heure si le sujet est jeune, car il deviendrait bientôt irremc- 4lble , par le développement irrogulier que prendraient nécessairement les 'irtèbres déviées. Si les moyens ordinaires de corriger une habitude , tels que 1 remontrances , les reproches , les punitions , restent sans effet , il faut re- <arir à l'emploi de l'un des bandages précédemment indiques.

(L.-Ch. Roche. )

rOUCHER. ( Obstétrique). Le toucher obstétrical est une opération explo- 1 oire par laquelle la main ou le doigt cherche à reconnaître l'état de l'utérus <de ses annexes. Le tact employé dans celte intention peut-être dirigé sur l is régions différentes, soit isolément ou successivement, soit simultanéi;nt ; savoir : 1° sur l'hypogastre et le ventre; l" du côté du vagin ; 3° du côté ' rectum ;

1". Palpation suspubienne. On l'emploie souvent simultanément avec le tou- ( jr vaginal pour déprimer la matrice, en apprécier le volume et la mobilité jur faciliter le ballottement , etc. ; seule , la palpation du ventre n'a d'utilité < e dans des cas assez restreints ; il est bon pour la rendre plus fructueuse (te la vessie soit vide d'urine et que l'intestin ait été aussi , autant que possible, (jbarrassé des matières fécales. La femme est couchée, la tête et les genoux i peu relevés , le ventre détendu comme aussi le reste du corps ; la main du c'rurgien est appliquée par dessus la chemise ou même à nu s'il est nécess I e : apposée d'abord à plat et transversalement sur l'hypogastre , elle le dé-

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