‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 290 sur 311 · TOURNIQUET · texte numérisé non relu

TOURNIQUET

prime et en écarte les circonvolutions intestinales par des mouvemens de vu et de vient ;s'i dans ces mouvemens elle sent quelque saillie, quelque dureté, le bout des doigts est ramené sur ce point et l'apprécie dans tous les sens ; on explore même successivement ainsi les fosses iliaques, la région hypogastrique et l'on enfonce, s'il le faut, les doigts vers l'excavation du bassin en déprimant les parois abdominales; pour cela la paume de la main est appliquée sur le pubis et les doigts appuyés sur la partie inférieure des muscles droits de l'abdomen. En les fléchissant on obtient l'effet voulu. C'est ainsi qu'on explore le volume et la consistance du fond de la matrice , la hauteur à laquelle il s'élève soit dans le cas d'engorgement , soit dans celui de grossesse; on obtient ainsi , dans ce dernier cas , une perception de plus, c'est celle des mouvemens de l'enfant ; on a dit qu'on les excitait plus fortement en appliquant la main refroidie préalablement, mais celte fraîcheur ne parait pas devoir traverser aisément les enveloppes épaisses qui séparent l'enfant du délivre , et l'on provoquerait plutôt ainsi des contractions intestinales propres à induire en erreur. Vers les fosses iliaques, on peut trouver les ovaires engorges , les trompes malades ; mais il ne faut pas oublier que le cœcum et l'S du colon renferment souvent des matières endurcies qui pourraient tromper un praticien même instruit, comme nous en avons eu plus d'une preuve.

2°. Le touche?' vaginal s'opère rarement avec la main tout entière glissée dans la vulve ; pour l'ordinaire un doigt , deux au plus suflisent , et c'est l'inde.'c de la main droite qu'on emploie le plus fréquemment. Ce doigt étendu et enduit de cérat, d'huile ou de mucilage , est porté entre les cuisses à-peu-près horizontalement et appliqué par son bord radial, sur la vulve; le bout du doigt dirigé d'abord en arrière est alors ramené en haut, s'enfonce dans la partie postérieure delà vulve qui répond à l'orifice du vagin et parcourt ensuite toute la longueur de ce canal en explorant , chemin faisant , les parois si on le juge nécessaire. Pour bien explorer la matrice, pour circonscrire le museau de tanche et lâter même , en refoulant le cul-de-sac vaginal , le corps de l'utérus , il faut ordinairement enfoncer le doigt dans toute la longueur et même pousser vers le haut , la vulve et le périnée avec les autres doigts restés au dehors et fortement fléchis à l'exception du pouce qui s'étend au devant du pubis ; il faut aussi repousser parfois en arrière le périnée pour changer la direction du doigt explorateur ; on facilite les recherches en déprimant l'hypogastre avec l'autre main ; on les exécute plus facilement si le rectum ne renferme point de matière fécale ; enfin la matrice est souvent aussi plus accessible si la femme est debout. Dans ce dernier cas elle s'appuie contre un meuble , contre le mur , les cuisses modérément écartées et le chirurgien se tient assis devant elle ou un genou en terre. Dans la majeure partie des cas la femme est au contraire couchée, soulevant seulement le bassin quand on le lui recommande, et le chirurgien placé à son côté droit ; la main est portée sous les vêtemens dans le premier cas , sous la couverture dans le deuxième ; il est rare que la vue soit nécessaire pour diriger le toucher , à moins qu'on ne veuille compléter l'exploration par l'inspection à l'aide du spéculum.

Ce genre de toucher s'emploie journellement pour découvrir les altérations , le déplacement dont le vagin , le museau de tanche et la matrice même peuvent être le siège. On y tient compte des sensations que l'opération fait éprouver à la malade tout en lui évitant le plus de douleur possible, et de la nature des humeurs dont le doigt se trouve chargé après avoir été extrait de la vulve. Il donne aussi des lumières très-précieuses relativement à la grossesse (ballottement , longueur du col , développement du corps à la partie inférieure , etc. ) et à l'accouchement ( dilatation de l orifice, position du foetus , etc. ).

3°. Toucher rectal. Il est assez rarement nécessaire de porter les doigts dans le rectum pour reconnaître l'état des organes génitaux chez la femme ; c'est du reste une opération désagréable , mais peu pénible au physique , puisqu'on a pu enfoncer la main tout entière dans l'anus et que d'ordinaire on se contente d'un seul doigt. La femme étant debout ou couchée sur le ventre ou bien sur le dos , mais le bassin élevé , l'index est glissé dans le rectum et recourbé en avant pour examiner la cloison recto-vaginale dans laquelle se développent quelquefois des tumeurs, ou la partie postérieure de l'utérus qu'on ne touche pas toujours aisément par le vagin , ou enfin le fond même de cet organe dans le cas de rétroversion. Les grossesses extra-utérines , les cas d'absence de l'utérus , ceux d'oblitération du vagin , ou d'étroitesse extrême de son orifice , peuvent encore réclamer l'emploi du toucher rectal ; dans le deuxième cas par exemple , une sonde étant introduite dans le canal de l'urèthre et la vessie , pourra être sentie par le doigt introduit dans le rectum et donner ainsi des notions positives sur un état de choses souvent douteux si l'on s'en rapporte aux autres signes. Quelquefois on a pu exercer simultanément le toucher parle vagin et par le rectum , le pouce étant introduit dans la vulve et l'index dan.s l'anus. Cette manœuvre serait nécessaire , peut-être au diagnostic de certaines fistules, de diverses tumeurs , de quelque déplacement ou déformation de la matrice, comme l'a reconnu madame Boivin.

C.-M. Gardien. Du louctier, tlièsc du concours , Paris , 1811 , in-4o. Jonvet. Disseriatîon sur le touclier , Paris , 1817, in-4''.

Madame Boivin et Diigès. Traité des malidies de l'ulérus , Paris , 1833 , tom. I, iolroduction , § X.

Et tous les trailés d'aci.oucliement. (A. DrGÈS. )

TOURKIQUET. s. m. instrument de compression destiné à comprimer les artères , et à prévenir ou à suspendre les hémorrhagies résultant de leur division.

Les diverses formes de tourniquets sont d'invention moderne. Les anciens ne connaissant pas le mécanisme de la circulation sanguine, bien qu'ils compris-

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