TRANSFUSION DU SANG
TRÉPAN
er la transformation osseuse , et il en est quelques-uns qui subissent presque jonstamment ce changement d'organisation par le seul effet des progrès de l'âge: ils sont le tissu cartilagineux et les tuniques artérielles. Ainsi , on rencontre ■ès-souvent ossitiés chez les vieillards, les cartilages articulaires, ceux du irynx , et les cartilages costaux ; il est très-fréquent aussi de trouver des ossifiitions de l'aorte et d'autres artères dans les cadavres des personnes qui meujnL à un âge avancé.
Mais la vieillesse n'est pas la seule cause de la transformation osseuse, même ans les cartilages; l'irritation la produit aussi quelquefois. C'est ce qui arrive ou r les cartilages articulaires, dans les inflammations chroniques des articulations ui dcterminent des ankyloses, pour les cartilages du larynx dans l'ulcération de la leinbrane muqueuse laryngienne, pour les cartilages costaux dans la phthisie ulraouaire. La même cause détermine aussi, dans quelques cas, l'ossi5cation autres tissus. Ou peut regarder en effet la transformation osseuse de l'arachnoïde, 3 la plèvre, du péricarde, de la tunique vaginale dans les vieilles hydrocèles, Hiioje un effet presque incontestable de l'irritation chronique de ces membranes; 1 n'en saurait douter, lorsqu'on la voit survenir dans les membranes synoviales I occasion des phlegmasies articulaires chroniques. Il en est de même de l'ossifiition du périoste et de la membrane médullaire, lors de la formation du cal ; rritation parait bien être la cause de cette transformation. Enfin , cette transformation s'opère souvent sans que l'on puisse en deviner cause; ces cas sont peut-être même plus communs que les précédens. C'est eux qu'il faut rapporter la plupart des ossifications artérielles, qui ne sont is dues aux progrès de l'âge, celles du cœur ou de ses orifices, celles du cerveau , I poumon, du foie , de la rate, du pancréas , de l'utérus, etc. , dont on trouve lelques exemples dans les auleurs. Ces transformations ne se rattachent même is à la théorie que nous avons exposée dans nos généralités , il faut donc nous signer à en ignorer le mode de guérison.
Nous ne décrirons la transformation osseuse dans aucun des tissus où on peut ibserver; les détails dans lesquels il nous faudrait entrer ne doivent trouver ace que dans les traités d'anatomie pathologique. Aucune considération atique ne s'y rattache ; rarement on peut les reconnaître pendant la vie, et l'on parviendrait dans tous les cas, que cette connaissance n'en resterait pas moins i -riie, car l'art ne peut rien contre cet état morbide. L'ossification (les orifices I cœur mériterait seule une description particulière , si elle n'avait été faite à : i Hcle AKÉVRTSME. ( Fojez ce mot. ) ( L.-Ch. Roche ).
TRANSFUSION BU SANG. I. Cette opération consiste à introduire dans :! veines d'ua individu une certaine quantité de sang provenant d'un autre inik^idu. Tantôt cette opération est purement physiologique , comme cfuand on i'roduit ainsi dans les veines d'un animal sain, du sang tiré de celles d'un ilie animal également sain; tantôt, au contraire, elle est thérapeutique, uiinie quand on fait passer dans les veines d'un homme malade le sang d'un 1 nime sain , et c'est particulièrement sous ce point de vue que nous devons trai- |- ici de la transfusion du sang.
Plusieurs procédés , ainsi que chacun le conçoit , pourraient être mis eu usage ] ur exécuter l'opération de la transfusion du sang. Dans les expériences les plus uentes, on l'a pratiquée en retirant le sang au moyen d'une seringue, et en 1 ijectant incontinent dans les veines du sujet malade.
II. On a prétendu , Lamartinière entre autres, que la pratique de la transfui,n du sang n'était pas ignorée des anciens. Quoi qu'il en soit, on en attribue (aéralement la découverte aux médecins du dix-septième siècle. En 1664, un i decin anglais , 'Wren , la tenta sur des animaux. En Allemagne , Major s'en <,istitua le zélé défenseur. Ce fut en 1666, et pour la première fois , que deux i decins français , Denis etEmmerets, essayèrent de la transfusion du sang oz l'homme lui-même. En 1667, cette expérience hardie fut répétée par Lower (King. Elle le fut aussi, en 166S, parles Italiens Riva et Manfredi. L,es expériences de Denis et Emmerets piquèrent vivement la curiosité des §is de l'art, et attirèrent l'attention du public en général. Lamartinière et Irrault s'élevèrent fortement contre la pratiijue de la transfusion , et le 1 avril 1668, le Chàtelet fulmina une sentence qui défendait cette méthode , j qu'à ce qu'elle eût obtenu le suffrage de la Faculté de médecine de Paris, s frage qui, comme nous l'apprend l'histoire, ne lui fut jamais accordé. La transf ion, ainsi mise à l'index et par le Chàtelet et par la Faculté de Paris, avait é unanimement délaissée , et ce n'est que dans ces derniers temps qu'elle a été liujet de quelques nouvelles expériences.
II. Un des plus graves motifs de la longue proscription à laquelle la transf ion a été condamnée , ce fut la moi t d'un fou sur lequel Denis et Emnicrets 1 Pratiquaient pour la troisième fois. A peine cette troisième opération étaite ; commencée , que le sujet s'écria : arrêtez , je me medrs ! je ^cffoque ! En e t il succomba subitement. Il est probable que cet accident , ainsi que le fait r marquer M. le docteur Rochoux (article transfusion du dictionnaire eu 2jvol.), fut le résultat de l'introduction brusque d'une certaine quantité d'air dis les veines du patient. D'autres accidens avaient d'ailleurs été signalés , et It succès qu'on attribuait à l'opération étaient , à ce qu'il paraît, assez douteux.
'armi les accidens que la transfusion du sang peut entraîner à sa suite, il en e un que MM. Prévost et Dumas ont les premiers fait connaître. Les belles B<h€4-ches de ces savans expérimentateurs ont prouvé que les globules du sang ajlFraient pas la même forme dans les diverses espèces d'animaux. Or, il •at quelquefois d'injecter dans les veines d'un animal des globules du sang ih animal d'une autre espèce, pour que le premier meure rapidement, •Lae s'il eût été soumis à l'action d'un violent poison; par exemple, en intillulsant un sang à globules sphériques dans les veines des oiseaux , ces ani-
maux expirent presque sur-le-champ. D'un autre côté MM. Prévost ef Dumas ont réussi à ranimer, en quelque sorte miraculeusement , des animaux près de périr par suite d'excessives hémorrhagies , en leur injectant dans les veines du sang pris sur un unimal de la même espèce. Il est digne de remarque que, dans les cas où ces physiologistes ont employé le sang d'un animal d'espèce différente , mais ayant toutefois des globules semblables, l'animal soumis à l'expérience, après avoir éprouvé un prompt soulagement , n'en finissait pas moins par succomber au bout de six à huit jours.
IV. Il résulte aussi des expériences de M. Blundell que l'on peut, sans leur donner de nourriture, entretenir assez long-temps la vie d'animaux dans les veines desquels on injecte du sang. Le même expérimentateur a fuit l'application de la méthode de la transfusion à un sujet consumé par un squirrhe du pylore ; mais l'opération ne fut pas heureuse , et la maladie ne farda pas à devenir mortelle. La transfusion échoua égulement, pratiquée par le même médecin , chez un sujet épuisé par une grande et brusque heuiorrhagie.
Ces résultats n'empêchèrent pas Waller et Doubleday de recourir à la transfusion , et ce qu'on lit de leurs expériences dans l'un de nos meilleurs journaux de médecine ( Archiv. génér. de Mcd. , cah. de déc. 1825 et d'oct. 1826), doit engager les praticiens à répéter leurs essais dans des cas où toute autre ressource leur manque. Waller et Doubleday opérèrent successivement sur trois femmes , que d'abondantes métrorrhagies avaient réduites à un état de faiblesse des plus alarmans, et le rétablissement des malades fut assez rapide pour qu'on soit autorisé à en faire honneur, du moins en partie, à la méthode de la transfusion. Toutefois, nous savons que de tels faits ne doivent pas être accueillis à la légère ; et quand il s'agit d'une pratique telle que celle dont nous nou.s occupons, on ne saurait examiner trop scrupuleuenient tout ce qui s'y rapporte.
V. En résumé , la transfusion du sang est une méthode thérapeutique sur la valeur de laquelle on ne peut pas, dans l'état actuel de la science , se prononcer d'une manière positive ; on ne le pourra qu'à une époque où des ex])ériences plus nombreuses et plus précises auront été tentées. La véritable question est desavoir si, telles qu'elles sont , les expériences déjà faites permettent aux amis de la saine thérapeutique d'essayer la transfusion du sang dans un certain nombre de cas ,dont la détermination rigoureuse est un des points les plus importans. Or , il nous semble que cette question peut être résolue par l'affirmative. Une grande prudence doit présider, sans doute , à l'application de cette méthode, et nous croyons que les physiologistes rendraient un signalé service à la science et à l'humanité , s'ils consacraient à l'étude des effets de la transfusion chez les animaux sains et malades toule l'attention qu'elle mérite.
Quant à nous, qui retirons chaque jour de si heureux effets de la soustraction du sang dans beaucoup de maladies très-graves , si nous n'avons point usé, jusqu'ici , de la transfusion, c'est que nos occupations ne nous ont point permis d'expérimenter sur les animaux , et que nous n'avons pas de données assez positives sur les cas dans lesquels elle a été pratiquée par d'autres médecins. C'est un moyen sur lequel nous n'avons point encore dit notre dernier mot.
( J. BOUILLALD. )
TREFLE D'EAU. Foyez Ményanthe.
TREPAN. On donne ce nom à-la-l'ois à un instrument de chirurgie et à l'opération qu'il sert à pratiquer. Cette dernière a aussi reçu la dénomination plus convenable , mais moins généralement adoptée de trépanation.
La trépanation consiste essentiellement dans fa perforation ou dans l'amincissement d'un os.
C'est surtout au crâne qu'on l'applique , mais on l'a exécutée sur les os de la face , de la poitrine , du bassin et sur les os des membres.
Lorsqu'on l'applique au crâne, c'est ordinairement pour remédier à la compression du cerveau par un épancheinent de sang , par une esquille enfoncée , ou par une collection de pus , ou pour faire jour à une tumeur fongueuse de la dure-mère que l'on veut extirper; lorsqu'on l'applique à la poitrine , c'est en général pour ouvrir un abcès du médiastin antérieur , ou pour donner issue au liquide accumulé dans le péricarde ou dans les plèvres ; lorsqu'on l'applique au bassin, c'est pour faciliter l'évacuation d'une collection purulente amassée sur la fosse iliaque interne ; enfin , on l'applique partout pour extraire des portions d'os nécrosées ou détruire une carie.
On trouvera indiquées à l'occasion des différentes maladies qui peuvent rendre l'opération du trépan nécessaire , les circonstances qui en exigent plus spécialement l'emploi. Nous n'aurons ici à nous occuper que des instrumens dont on se sert et du manuel opératoire.
A. Trépanation des os du crâne. De toutes les lésions qui peuvent indiquer l'opération du trépan, celles du crâne sont incomparablement les plus communes, à tel point que l'application du trépan h d'autres parties semble n'avoir été que l'extension d'un moyen primitivement réservé et calculé pour la perforation de la boite osseuse qui contient et protège le cerveau et ses annexes.
La trépanation du crâne est donc la première dont nous devions nous occuper. Ajoutons qu'elle est la plus importante , et que les autres n'en sont, en quelque sorte, qu'une modification.
On n'applique pas indistinctement le trépan sur toutes les parties de la périphérie du crâne.
Il est impossible, ainsi qu'on lèsent facilement , de l'appliquer sur la base de cette cavité à cause des muscles épais et des autres parties importantes qui la protègent ; son épaisseur inégale serait d'ailleurs un obstacle presque insarmootable à l'opération.
TREPAN.
TREPAN.
On dcfend aussi de l'appliquer :
lo. Sur les sinus frontaux, parce qu'ils ont une profondeur impossible-à déterminer d'avance , et parce que leurs parois antérieure et postérieure n'étant pas parallèles , il pourrait se faire que l'instrument , après avoir divisé la lame externe de l'os , attaquât obliquement la lame interne , et pénétrât déjà dans le crâne dans un point , avant d'avoir traversé toute l'épaisseur de cette lame dans les autres.
2°. Sur la partie inférieure et moyenne du coronal , parce que , avant d'avoir coupé toute la crête coronale , l'instrument entamerait nécessairement sur les côtés les méninges et l'encéphale.
3". Sur l'angle antérieur du pariétal , parce que ce lieu correspond au trajet de l'artère méningée moyenne, qui est reçue dans un sillon osseux et quelquefois même dans un canal complet.
4°. Sur le trajet de la suture sagittale, parce que , la dure-mère restant ordinairement adhérente aux os au niveau des sutures , on serait exposé à léser le sinus longitudinal supérieur qui est contenu daus l'écartement de ses deux feuillets , et à manquer l'épanchement qui se fait ordinairement alors sur les deux côtés.
5". Sur la fosse temporale, de crainte de léser les vaisseaux qui s'y rencontrent et surtout les fibres du muscle crotaphyte , et de rendre, par suite , ce muscle incapable de remplir ses fonctions.
Cependant ces diverses prohibitions ne sont pas tellement exclusives que l'on ne puisse , dans certains cas urgens , s'en affranchir.
Ainsi, Bilguer, Gooch , Abernetby, Hutchison et d'autres ont trépané sur les bosses occipitales inférieures, par conséquent sur la base du crâne, sans s'inquiéter beaucoup de la lésion insignifiante des fibres du trapèze et du complexus , ou de quelques branches de l'artère occipitale.
Larrey , Boyer , S. Cooper ont prouvé que l'on pouvait trépaner sur les sinus frontaux , et éviter les inconvcniens du défaut de parallélisme des deux parois de ces sinus, en se servant , pour perforer la table postérieure, d'une couronne plus petite que celle qui aurait servi à perforer la table antérieure, de telle sorte que la large ouverture , faite à celle-ci, permît d'incliner suffisamment l'instrument pour l'appliquer perpendiculairement à la surface de celle-là.
Le danger de léser l'artère méningée moyenne n'a pas non plus empêché quelques chirurgiens de perforer l'angle antérieur et inférieur du pariétal, et plusieurs moyens ont été conseillés et employés avec succès pour arrêter l'hémorrhagie résultant de la lésion de ce vaisseau. Les uns se sont servis d'un bouchon de cire qu ils ont introduit dans l'orifice du vaisseau ouvert ; d'autres ont proposé d'employer dans le même but une plaque de plomb recourbée, ou un bouchon de liége introduit avec force dans l'ouverture faite à l'os et percé à son centre, pour permettre au sang ou au pus épanché de sortir, tout en comprimant l'extrémité béante de l'artère divisée ; Larrey a mis en usage la cautérisation au moyen d'un stylet rougi à blanc ; Physick a tamponné avec un bourdonnet de charpie attaché à un fil et enfoncé jusque dans l'intérieur du crâne, et Dorsey a appliqué la ligature.
La crainte de léser le sinus longitudinal supérieur ne doit pas non plus empêcher de pratiquer l'opération du trépan sur le trajet de ce conduit veineux; d'abord, parce que l'épanchement ou le corps étranger dont la présence exige l'opération , a en général séparé la dure mère des os , et avec elle le sinus longitudinal ; ensuite parce que les faits ont prouvé que la lésion de ce canal , de même que celle des autres conduits analogues , est beaucoup moins dangereuse qu'on ne l'avait supposé. Warner, Marchetti, Garengeot , Lassus et d'autres , ont fait connaître des faits de ce genre , qui prouvent que presque toujours l'hémorrhagie s'arrête d'elle-même , ou qu'il suffit du plus léger tamponnement pour remédier à l'écoulement du sang Dans un cas d'ouverture du sinus longitudinal, que j'ai vu, on a saisi les bords de la plaie au moyen d'une espèce de pince faite d'une tige de bois de bouleau fendue à l'une de ses extrémités, et 1 écoulement du sang a été complètement arrêté.
Enfin , la crainte de léser les fibres du muscle temporal est tout-à-fait puérile, en comparaison des accidens graves auxquels il s'agit d'obvier par la perforation des os du crâne. Plusieurs chirurgiens Job et Merckeen , entre autres , ont trépané surla fosse temporale, et moi-même , j'ai imité leur exemple plusieurs fois.
Quoi qu'il en soit , lorsque l'on a reconnu la nécessité de l'opération, et déterminé le lieu sur lequel il est convenable de la pratiquer , on dispose l'appareil instrumentai et l'a'ppareil de pansement.
Le premier se compose :
1». De bistouris solides , à pointe forte , et à tranchant droit ou convexe.
2°. De rugines , inslrumens dont l'usage est de détacher le péricràne de la surface des os, et qui se composent d'une sorte de plaque épaisse, en acier bien trempé , dont la cii conférence , quadrilatère ou polygone , est taillée en biseaux tranchant , et qui se visse par le milieu d'une de ses faces sur l'extrémité d'une tige terminée par un manche en bois.
3°. De couronnes de trépan : ce sont des espèces de tubes d'acier, d'un pouce et demi environ de hauteur, de huit à douze lignes de largeur,' légèrement coniques, dont l'extrémité la plus étroite est dentelée, et présente la forme d'une scie circulaire, et dont l'autre extrémité est fermée par une plaque d'où s'élève , en dehors , une tige, au moyen de laquelle on la fixe à l'arbre destiné à la mouvoir, et d'où s'abaisse, en dedans , la pyramide, tige d'acier quadrangulaire , aiguë , amovible, dont la pointe dépasse un peu le niveau de la scie au centre de laquelle elle est placée , et qui sert à l'empêcher de glisser à la surface des os , tant qu'elle ne s'est pas fait une voie suffisamment profonde.
4o. De la clef de la pyramide : c'est un instrument qui sert à démonter
celle-ci, quand la voie du trépan est suffisante , afin d'éviter que sa pointe qui , comme cela a été dit, dépasse le niveau de la couronne, ne blesse la duremère et le cerveau , avant que la section des os soit achevée. La pyramide se monte et se démonte en sens inverse des vis ordinaires : cette disposition est nécessaire pour éviter qu'elle ne se dévisse par l'effet du mouvement de rotation que l'on imprime au trépan de droite à gauche. Pour éviter les longueurs qui résultent de la nécessité d'enlever la pyramide pendant le cours de l'opération, lorsque l'on se sert du trépan ordinaire , Bichat en a fait construire un dans lequel cette pièce se continue avec la tige au moyen de laquelle la couronne est fixée à l'arbre ; le fond de cette dernière est percé d'un canal quadrangulaire très-court qui reçoit la tige et glisse sur elle , de manière à permettre que ^ la pointe de la pyramide puisse à volonté dépasser le niveau de la couronne ou se cacher dans son intérieur; quand on commence l'opération, la pyramide dépasse la couronne, et lorsque celle-ci s'est frayé un sillon assez profond, on retire la pyramide dans son intérieur; une vis de pression placée sur le côté du canal quadrangulaire dont nous avons parlé , sert à fixer ces deux pièces dans les rapports convenables.
5°. D'un trépan perforatif : c'est une forte lame d'acier pyramidale, surmontée d'une tige comme la couronne , et dont les deux bords taillés en biseau en sens inverse , se réunissent en un angle aigu qui constitue la pointe. Cette pièce sert , ainsi que son nom l'indique , à percer les os.
6°. D'un trépan exfoliatif : c'est une lame d'acier quadrilatère , surmontée comme les pièces précédentes d'une tige qui sert à la fixer à l'arbre; son bord inférieur est tranchant , et présente à sa partie moyenne une épine saillants qui la sépare en deux moitiés taillées en sens inverse l'une de l'autre , et qui sert de pivot à l'instrument.
L'exfoliatif était employé autrefois, pour user les os dont on vouloit hâter l'exfoliation : son usage est aujourd'hui à-peu-près abandonné.
1". De l'arbre du trépan , espèce de vilebrequin sur lequel se montent la couronne, l'exfoliatif et le perforatif; la palette qui le surmonte, et la boule ij qu'il présente à sa partie moyenne doivent être roulantes , afin de ne pas produire de frottement en tournant dans la main de l'opérateur.
Les Anglais ont remplacé l'arbre par une poignée analogue à celle d'une i vrille. La couronne du trépan ainsi modifié , et qu'ils nomment trèphine, est' cylindrique et non légèrement conique comme celle du trépan usité en France.
8". De tenailles incisives construites sur le modèle de tous les instrumens de ce genre.
9". D'un couteau lenticulaire, espèce de scalpel à lame courte et très-épaissii'^ i convexe sur une de ses faces, plane sur l'autre, terminé par un bouton en forme de lentille, et qui sert à détruire les aspérités que pourrait offrir la circonférence de l'ouverture faite par la couronne du trépan.
lOo. D'une plume taillée comme un curedent.
Ifo. D'une brosse dure en forme de pinceau.
12°. D'un tire-fond , vis conique, courte et forte, surmontée par un anneau qui lui sert de manche.
13». D'élévatoires. II y en a de plusieurs formes. Ceux dont on fait le plus ordinairement usage sont des leviers en acier, recourbés en sens inverse à leurs deux extrémités où ils présentent dans le sens de leur concavité des aspérités qui les empêchent de glisser sur la surface des pièces osseuses au-dessous desquelles on les applique. ^PJ
Ces instrumens doivent agir à la manière du levier du premier genre, enpre- f'f* nant leur point d'appui sur les bords de l'ouverture du crâne , ou même sur la main qui les dirige lorsque les os voisins ne présentent pas une résistance con- ^\ venable.
On a pensé qu'il pourrait se rencontrer des cas , où , les os voisins n'offrant pas assez de solidité , la main elle-même ne pourrait pas suffire à présenter au levier un point d'appui assez résistant ; et l'ou a inventé pour ces cas des élévatoires plus compliqués.
J.-L. Petit en a imaginé un qui se compose : 1° d'une sorte de chevalet recourbé en forme d'arc, dont les deux extrémités garnies de coussinets doivent appuyer sur le crâne à quelque distance de la fracture , et dont la convexité s'articule à charnière , par sa partie moyenne, avec un pivot entouré d'un pas de vis ; 2° d'un long levier portant un manche en bois à l'une de ses extrémités, recourbé à l'autre comme les élévatoires ordinaires , et dont la tige est percée d'une série de trous , dans lesquels on peut engager le pivot mobile du chevalet) 'i de manière à changer selon le besoin la longueur respective du bras du levier du premier genre représenté par cet instrument.
Louis a modifié l'élévaloire de J.-L. Petit en unissant le pivot au chevalet, *" au moyen d'une articulation en boule , qui permet au levier toutes les inclinai- P sons nécessaires pour présenter le levier toujours à plat au-dessous des frag- ' mens , avantages que n'a pas celui de J.-L. Petit. j '*'
On emploj'ait autrefois un élévatoire que l'on nommait triploide , et qui esl/ P représenté dans Varmamentarium de Scultet. Il se composait d'une sorte de tré- • J pied garni de coussinets , qui prenait un point d'appui sur la surface du crâne .1^ et dont le sommet était garni d'un écrou à travers lequel passait l'élévaloire^ i représenté par une longue vis dont l'extrémité supérieure présentait une espèce de poignée , et dont l'extrémité inférieure était recourbée pour former un j ■ I crochet que l'on engageait sous les os déprimés : en tournant la poignée , et pat , conséquent la vis de gauche à droite, on abaissait le crochet , et on l'élevait au ^ contraire en faisant mouvoir la vis de droite à gauche. Quelquefois on commençait par engager le tire-fond dans le fragment à relever, et le crochet de l'élévatoire était passé sous l'anneau qui le termine.
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TRÉPAN
TRÉPAN
j L'élévatoire de J.-L. Petit, malgré la modification de Louis, est aujourd'hui ibandonné ainsi que le triploïde qu'il était destiné à remplacer. L'appareil de pansement se compose :
1°. D'un sindon , disque de linge fin un peu plus large que l'ouverture de la Duronne du trépan, et attaché à son centre par une anse de fil ; 2» d'un méjngo-phylax , tige métallique terminée par une lentille et qui sert à placer le
rdon dans l'ouverture du crâne , et à engager sa circonférence au-dessous des I , entre eux et la surface de la dure-mère ; 3" enfin , de fils cirés , de bouronnets de charpie , de charpie brute , de compresses , de bandes et de tous les ojets d'une utilité générale dans les opérations, tels que moyens d'éclairage, èzes , eau chaude et froide , éponges fines , etc.
Tout étant ainsi préparé , on rase la fête du malade , on la place sur un oreilr garni d"alèze et au-dessous duquel on a passé une planche pour lui donner
us de solidité ; on la fait fixer par un aide dans la position la plus convenable, )ur rendre le point blessé accessible au chirurgien, et celui-ci procède à l'o- :ration.
Si les parties molles ont conservé leur intégrité , il faut commencer par les viser au moyen d'une incision cruciale, ou en T selon qu'on juge convenable obtenir deux ou quatre lambeaux. A la région temporale on conseille de don- ;r à cette incision la forme d'un V, dont la pointe regarde en bas , parce que tte forme s'accommode mieux à la direction convergente des fibres du muscle otaphyte ; l'incision doit pénétrer jusqu'aux os en divisant le péricrâne : ceaidant, si avant d'opérer on a reconnu une grande crépitation ou un enfonnient considérable , il faut conduire le bistouri avec quelque précaution , de ainte que sa pointe ne passe entre les fragmens et ne vienne blesser les enveppes du cerveau ou le cerveau lui-même. Lorsqu'il y a une plaie aux parties olles il est rare qu'elle soit assez grande pour mettre la fracture à découvert , I disposée de manière à permettre l'application des instrumens, et dans ces ux suppositions il faut encore la ramener, à l'aide de l'instrument tranchant, il'une des formes indiquées.
Les tégumens divisés , on relève les lambeaux et avec eux le péricrâne , eu 3 détachant soit avec l'ongle , soit avec une spatule , soit enfin avec la rugine. ,1 manière de se servir de ce dernier instrument est celle-ci : on le saisit avec ; main droite, le pouce et les trois derniers doigts recourbés autour du manche ur l'assujétir, et l'indicateur allongé sur la tige ; l'un des tranchans est ap- ]'qué sur les os parallèlement à l'une des incisions qui divisent les parties nlles et le péricrâne ; la main gauche prend avec le pouce et les trois derniers I igts écartés un point d'appui sur les régions voisines , et l'indicateur de cette ]5in , appliqué sur la face de la rugine opposée h celle d'où part le manche , inne à l'instrument l'impulsion convenable et le degré de pression nccesi rc pour racler les os : la main qui tient le manche de la rugine ne doit rien i re qu'obéir à l'impulsion et veiller à la direction de l'instrument. Si pendant I premier temps de l'opération on divise quelques artères assez volumineuses ]ur fournir une hémorrhagie , on les lie ou on les lord, ou bien on les fait tout «ipplement comprimer par les doigts d'un aide jusqu'à ce qu'elles aient cessé de •!|nner du sang.
Lorsque les os sont mis à nu , il faut déterminer avec soin le lieu précis sur l[uel doit être appliqué le trépan. Pour cela on prend une couronne armée de i pyramide , on la saisit par sa tige , on la présente perpendiculairement à la irface du crâne ; s'il existe une fracture , la couronne doit empiéter sur elle ; iiis elle doit être appliquée sur les parties du crâne qui ont conservé leur so- 1 lté. Lorsqu'elle est bien placée, on fait tourner sa tige entre les doigts afin (e la pointe de la pyramide marque le centre de la pièce osseuse que l'on veut ijarer : on monte alors le perforatif sur l'arbre , on le prend comme une plume i;crire, sa pointe est placée sur la marque faite par la pyramide ; il est rai;né à une direction perpendiculaire à la surface de l'os ; la palette qui termine spérieurement l'arbre est assujétie avec le pouce et l'indicateur de la main iuche , qui forment autour de sa circonférence une espèce de bourrelet, sur l[uel on appuie le front : alors la main droite, saisissant la boule de la partie iiyenne de l'arbre, imprime à l'instrument un mouvement rapide de rotation ( droite à gauche. Lorsque l'on juge que le perforatif a creusé un trou suffisant ^ur loger toute la partie de la pyramide qui excède le niveau de la couronne, ( le sépare de l'arbre et on le remplace par la couronne armée de sa pyratde ; la pointe de celle-ci est engagée dans le trou foré par le perforatif, l'insument est relevé dans une direction perpendiculaire à la surface de l'os , de [ nière que toutes les dents de la couronne portent également ; puis on le fait iiuvoir comme il a été dit pour le perforatif.
La pyramide , engagée dans le trou produit par l'action de ce dernier instrulint , s'oppose à ce que la couronne glisse sur les os , et cette circonstance |rmet de tourner d'abord l'instrument a">sez vite. Il faut pendant tout le cours cil'opération , tenir avec le plus grand soin l'instrument dans une direction lirpendiculaire à la surface sur laquelle il agit ; on obtient ainsi un sillon d'une lipfondeur égale dans tous les points , et l'on évite que la table interne de l'os ït coupée plutôt dans un point que dans les autres, et aussi que la couronne S(ngrène et se trouve arrêtée dans son mouvement. L'angle sous lequel on ref 'de l'instrument quand le front est appuyé sur sa pomme est une cause d'erijir relativement à sa direction , et il en peut résulter qu'il se trouve plus ou ilins incliné sans que l'opérateur s'en aperçoive , s'il reste toujours dans la I me position ; on évite cet inconvénient en portant alternativement le menton tjle front sur la pomme de l'arbre du trépan, et même en se bornant de temps à utre à le tenir de la main gauche afin de mieux juger de sa direction.
pour reconnaître si la section des os marche régulièrement , il faut , de temps
I DiCT. DE MÉDECIKE ET DE ChIRCRGIE PKATIQt'ES.
à autre, retirer l'instrument, et, pour cela, on doit toujours avoir besoin de lui faire exécuter, de droite à gauche , un quart de tour qui dégage les dents de la couronne de la substance des os dans laquelle elles se trouvent engagées, et qui permet de l'extraire sans secousse. Chaque fois on nettoie le sillon avec la plume taillée en cure-dent, et les dents de la scie avec la brosse : après quoi on replace l'instrument, et on recommence de le faire agir, en ayant le soin de l'incliner plus fortement du côté où le sillon a le moins de profondeur , si celleci était trouvée inégale.
Lorsque le sillon est assez profond pour que la couronne puisse y être retenue sans danger de glisser, on doit retirer la pyramide au moyen de sa clef; puis on replace l'instrument en le prenant toujours comme une plume à écrire , et l'on continue l'opération.
Cependant si l'on avait l'intention de se servir du tire-fond pour enlever la pièce d'os cernée par la couronne, ce serait le moment de faire la voie de cet instrument, afin qu'il pût s'engager sans effort et sans secousses dans la substance de la pièce osseuse lorsqu'elle serait complètement détachée. Il suffirait alors d'engager sa pointe dans le trou qui a reçu la pyramide, de lui faire faire un ou deux tours , de droite à gauche, après quoi on le retirerait en lui faisant exécuter le même mouvement en sens inverse, et l'on replacerait le trépan.
A mesure que l'opération avance , il faut conduire l'instrument avec plus de lenteur , et le retirer plus souvent, en observant toujours les précautions indiquées , afin d'en suivre les progrès. Enfin, quand le disque osseux est tout-àfait détaché, on l'enlève à l'aide de l'élévatoire dont on se sert comme d'un levier du premier genre, ou au moyen du tire-fond que l'on engage de nouveau dans la voie qu'il s'est pratiquée dans le courant de l'opération.
On examine ensuite si la circonférence de l'ouverture est bien nette : dans le cas où elle présenterait quelques aspérités, il faudrait les détruire au moyen du couteau lenticulaire, que l'on tiendrait à pleine main, et que l'on ferait agir en engageant la lentille qui le termine entre la dure-mère et les os, tandis que le pouce prendrait un point d'appui solide sur les régions voisines.
Lorsque c'est pour relever les os que l'opération a été pratiquée, on se sert de l'ouverture faite par le trépan pour glisser au-dessous du fragment ou des fragmens déprimes un élévatoire à l'aide duquel on le remet en place , ou on l'enlève. Si les os ont été réduits en esquilles , on enlève toutes celles qui sont complètement détachées , et toutes celles qui pourraient gêner l'écoulement des liquides, en les saisissant avec des pinces , et en les séparant avec précaution , pour ne pas opérer de dilacérations inutiles et dangereuses. Observons que, dans quelques cas, le fracas est tel que l'application du trépan est inutile , l'extraction des esquilles suffisant pour procurer une libre issue aux liquides épanchés , et pour faire cesser la compression. Si un fragment isolé se trouve taillé dans sa circonférence aux dépens de sa table externe , de manière à ne pouvoir sortir par l'ouverture accidentelle que son déplacement laisse au crâne , il faut multiplier les couronnes de trépan vers celui de ses bords qui parait le plus long, en les faisant empiéter successivement l'une sur l'autre, de manière à pouvoir ensuite faire sauter, sans imprimer de trop fortes secousses au crâne , avec la gouge et le maillet, les espèces de dents qui les séparent, saisir ensuite par son bord la pièce d'os, l'incliner vers la voie qu'on lui a pratiquée, et l'extraire. Si l'opération est pratiquée pour extraire une partie d'os nécrosée , ou pour faciliter l'ablation d'une tumeur de la dure-mère, il faut cerner par un nombre suffisant de couronnes de trépan, qui empiètent successivement l'une sur l'autre, toute la portion d'os malade , ou une portion d'os assez grande pour laisser une ouverture suffisante au passage de la tumeur.
Dans un cas où une exostose des os du crâne avait fini par déterminer des symptômes de compression , il me fallut appliquer dix-neuf couronnes de trépan pour cerner la partie d'os malade : dans deux points différens l'instrument fut appliqué sur la suture sagittale, et cependant, le sinus longitudinal supérieur ne fut point ouvert.
Lorsqu'il s'agit d'un épanchement peu étendu entre la dure-mère et les os , une seule ouverture, bien placée, suffit en général pour lui donner issue; mais lorsque l'épanchement est largement étendu , plusieurs ouvertures sont eu général nécessaires pour le vider , et il faut les faire en nombre suffisant pour atteindre complètement ce but. Pour juger de l'étendue de l'épanchement, de la direction suivant laquelle il se prolonge , et, par conséquent , du lieu où il convient d'appliquer de nouvelles couronnes, il suffit d'introduire avec précaution un stvlet flexible et boutonné entre les os et la dure-mère , et de le pousser dans différentes directions; là où il s'arrête , là aussi s'arrête le décollement, et par conséquent l'épanchement; en marquant ensuite avec le pouce la longueur de la partie du stylet qui a été introduite , et en l'appliquant à l'extérieur du crâne dans la direction du décollement , il est facile de déterminer le point où il convient de pratiquer les coutre-ouvertures.
Dans les cas où un coup ayant porté sur une suture sans fracturer les os, il est survenu des symptômes d'épanchement qui nécessitent l'application diî trépan, il peut arriver qu'une couronne ayant été appliquée sur un des cotés de la suture, et ayant donné lieu à l'évacuation d'une certaine quantité de liquide, les symptômes de la compression cérébrale persistent néanmoins ; il faut alors, sans hésiter, appliquer le trépan de l'autre côté de la suture , parce que l'on sait que souvent la dure-mère , dent les adhérences sont plus intimes vis-à-vis des sutures que dans les autres parties de la voûte du crâne , ne s'en sépare point au niveau des articulations , et divise ainsi l'épanchement en deux parties qu'il faut successivement évacuer. 11 est inutile de dire, que la même conduite devrait être tenue, si un enfoncement des os traversait une suture, ou si un
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enfoncement des os existant à coté d'une suture et ayant été détruit, la persistance des symptômes de compression pouvait faire penser qu'un épanchement s'est formé de l'autre côté.
Si , après avoir enlevé le disque osseux séparé par la couronne, on ne trouvait point de liquide entre les os et la dure-nière, il faudrait alors examiner attentivement l'état de la membrane fibreuse, et dans le cas où elle serait tendue, et d'une couleur bleuâtre et plombée, il ne faudrait pas hésiter à l'inciser crucialenient , parce que l'épancliement , surtout lorsqu'il est purulent, se forme quelquefois dans la cavité de l'araclinoide.
Enfin , si l'opération ayant été faite pour remédier à des accidens de compression qui auraient succédé à ceux de la contusion cérébrale, on ne trouvait rien après avoir incisé la dure-mère; mais que la substance du cerveau partit tendue , plombée , sans anfractuosité , et si surtout , elle offrait au loucher la sensation qui caractérise la fluctuation , il faudrait se décider à plonger un bistoun dans la substance du cerveau , ainsi que nous l'avons vu faire par Dupuylren. On conçoit toutefois que ce n'est que dans le cas que nous avons indiqué que l'on doit se décider à cette pratique hardie ; ajoutons que la prudence ne permet pas de faire pénéli er l'instrument au-delà de la profondeur d'un demi-pouce à un pouce tout au plus.
Quelle que soit la nature de la matière épanchée , et que l'épancliement ait eu sou siège entre la dure-mère et les os , sous la dure-mère ou dans la substance du cerveau, presque toujours le sang ou le pus sont à l'état concret et adhérent plus ou moins aux parois du foyer; on aide leur sortie en faisant faire au malade des mouvemens d'expiration , et pour cela il suffit de lui fermer la bouche et les narines , au moment où il vient de faire une inspiration ; on peut encore détacher les parties adhérentes , à l'aide de la lentille qui termine une des extrémités du /^orte-mèt/te ordinaire des trousses, ou au moyen d'un pinceau de charpie , ou enfin , par des injections d'eau tiède poussées avec modération ; mais dans beaucoup de cas , ces moyens ne réussissent pas à détacher complètement les parties les plus épaisses et les plus adhérentes des liquides concrètes , et il faut attendre qu'elles se ramollissent par l'elTet d'une sorte de travail de décomposition, qui ne tarde pas à s'en emparer.
Lorsque l'opération est terminée , il faut s'occuper du pansement. La plupart des praticiens , se fondant sur ce que l épanchement ne se vide presque jamais complètement , sont d'avis d'entretenir l'ouverture pendant quelque temps , et c'est dans ce but qu'ils introduisent le sùtdon, dont ils engagent les bords à l aide de la lentille du ménnigo-phylax ; entre la dure-mère et les os. Quand la dure-mère a été incisée, celte pièce d'appareil a de plus l'avantage de résister au mouvement expansif qui porte la substance du cerveau à se boursoufler et à faire saillie à travers les solutions de continuité simultanées de son enveloppe fibreuse et de la boite du crâne. Des boullettes de charpie mollette sont ensuite placées entre les lambeaux , que l'on tient relevés et écartés , afin qu'ils ne s'opposent pas à l'écoulement des liquides; un gâteau de charpie et quelques compresses sont appliques par dessus , et l'on termine l'appareil par l'application d'une crpeline , d'un mouchoir triangulaire, ou du bandage dit cowre-chef j de Galien.
L'opération du trépan ne peut réussir qu'autant que le cerveau ou ses membranes ne deviennent pas le siège d'une inflammation considérable ; il est, par conséquent , indiqué de soumettre le malade opérd au traitement antiphlogistique le plus rigoureux ( F ojez céhébrite ).
Les soins consécutifs locaux consistent à renouveler le pansement une ou deux fois par jour, selon l'abondance de la suppuration , et à faire au besoin quelques injections détersives pour hâter la guérison.
Indépendamment de l'inflammation de la substance cérébrale ou des méninges qui met en danger tous les blessés auxquels on a pratiqué l'opération du tiépan , la guérison, lors même qu'elle doit avoir lieu, est souvent traversée par plusieurs accidens , et parmi ceux-ci , l'un des plus communs est la nécrose des bords de l'ouverture faite k l'os ( voj-cz nécrose ) , et à laquelle il faut remédier par les moyens appropriés.
Quoi qu'il en soit , quand la matière de l'épanchement est complètement évacuée , que la plaie est bien détergée , et que son fond tend à se cicatriser, on cesse l'usage du siiidon , on applique les lambeaux sur le fond , et on panse à plat jusqu'à l'entière cicatrisation.
Quelques chirurgiens ont pensé qu'il serait plus convenable de fermer immédialeracnt la plaie; les uns veulent que l'on applique immédiatement les lambeaux sur l'ouverture, au moyen de bandelettes agglutinatives , et disent même l'avoir fait avec succès ; d'autres ont cherché à combler la perte de substance au moyen d'une plaque d'or ou même d'une pièce d'os empruntée au crâne d'un chien. Nous ne croyons la méthode de la réunion par première intension de la plaie , à la suite de l'opération du trépan , praticable que dans quelques cas rares , où il s'agit d'un enfoncement des os sans épanchement ; dans ces cas , en effet , on conçoit que les os étant relevés , il peut être possible et utile , lorsque , d'ailleurs, ils n'ont point éprouvé une contusion trop forte, de panser la plaie comme une plaie simple et d'en tenter la réunion sans suppuration ou avec le moins de suppuration possible ; et nous concevons alors les succès obtenus par Blounl et par Ilerlich ; mais toutes les fois qu'il y a un épanchement, même sanguin , comme il est presque toujours impossible de le vider tout-à-fait immédiatement après l'opération, et qu'il faut attendre , dans la plupart des cas , plusieurs jours pour que son évacuation soit complète, il est évident que celte méthode ne saurait convenir ; elle convient inoins encore quand il s'agit d'un épanchement purulent, puisque la suppuration doit nécessairement continuer pendant un temps plus ou moins long avant que la plaie tcndeà se cicatriser.
{ 2014 ) TREPAN.
Quant à la méthode qui consiste à obturer les plaies par des plaques de métal ou des portions d'os tirés d'un animal , il est évident qu'elle offre, outre les inconvéniens de la réunion immédiate , ceux de la présence d'un corps étranger dans la plaie, et malgré les noms imposans de Job à Meckren , de Richter et de Walther , nous pensons qu'il faut s'en abstenir.
La guérison s'opère de plusieurs manières : I Le premier symptôme du retour à la santé est la cessation plus ou moins \t brusque et quelquefois instantanée des symptômes de compression. Quand la ] guérison doit avoir lieu , les symptômes favorables se soutiennent sans être troublés par aucun accident inflammatoire; alors, les bords de l'ouverture faite aux os s'exfolient et se couvrent de bourgeons celluleux et vasculaires , lesquels se confondent avec d'autres bourgeons qui s'élèvent de la dure-mère ou du cerveau , et forment ainsi une sorte de bouchon calleux qui se confond , d'une autre part, avec les lambeaux des tégumens réappliqués , dans une cicatrice commune. Dans d'autres cas, les bords de l'ouverture de l'os s'amincissent, s'étendent de la circonférence vers le centre, et forment une sorte de membrane cartilagineuse qui obstrue complètement la perte de substance.
Ces din'érenles espèces de cicatrices sont rarement assez résistantes pour protéger suflîsamment le cerveau, dont souvent elles permettent de sentir les battemens, contre les violences externes , et les malades restent dans l'obligation, pour éviter les dangers qui résultent de cet état de choses , de garantir les parties blessées au moyen d'une calotte de métal ou de cuir bouilli.
Pour ne pas interrompre l'ordre des idées , nous avons dû achever tout ce qui, a trait à l'opération du trépan pratiquée avec l'instrument le plus généralemf^J usité encore aujourd'hui en France.
Nous devons parler maintenant de la manière d'appliquer la tréphine, qui, nous l'avons déjà dit, a été substituée au trépan par les chirurgiens anglais.
La manœuvre de cet instrument est, il faut l'avouer, beaucoup plus simple que celle du trépan.
D'abord on ne se sert pas du perforatif; on se borne à appliquer la tréphine: armée de sa pyramide, avec les précautions indiquées pour bien déterminer le lieu sur lequel on veut pratiquer la perforation des os ; ensuite, pour faire agit la scie circulaire , il suflit d'imprimer à l'instrument des mouvemens de rotation demi-circulaires , alternativement de droite à gauche et de gauche à droite, en portant alternativement fa main dans le sens de la supination et dans le sens de la pionation.
Les avantages que les Anglais attribuent à la tréphine comparée au trépan , outre la plus grande simplicité dans le manuel opératoire, sont d'être d'uaii moindre volume, et par conséquent plus portative, et surtout d'offrir la facilite de pouvoir toujours suivre de l'oeil le manche et la direction de l'instrument» sans tomber à cet égard dans les erreurs que la nécessité d'appuyer, soit le front, soit le menton sur la pomme du trépan, fait presque nécessairement commettre.
Mais ces avantages nous paraissent plus que compensés par des inconveniens 1 graves. Ainsi, par exemple , il est évident qu'il faut plus d'habitude pour bien se servir de la tréphine, que pour bien se servir du trépan , et que les mouvemens I alternatifs de droite à gauche et de gauche à droite que l'on doit imprimer an iji premier de ces instrumens , ne sauraient jamais égaler la rapidité et la régularité ' des mouvemens circulaires , et dirigés toujours dans le même sens , du second. '
M. Ebner a cherché à remédier aux inconvéniens de la tréphine. Dans l'instrument qu'il a proposé, la couronne est fixée à l'extrémité d'un levier droit divisé en deux moitiés, dont une seulement est mobile; celle-ci est mise enjeu par le moyen d'une manivelle qui y est fixée , à angle droit , et qui lui impriuie des mouvemens de va et vient qui décrivent chaque fois les trois quarts d'un cercle- Mais, malgré cette modification, il doit toujours être diflicile d'empêcher l'instrument de sortir du sillon, chaque fois que l'on arrête son mouvement dans un sens, pour le faire tourner dans le sens opposé.
Nous aimerions mieux adopter l'instrument représenté dans YJrt du coutelier, de Perret, et auquel une manivelle imprimait des mouvemens circulaires, si la complication de cet instrument et sa cherté ne devaient pas le faire rejeter < de la pratique. ; ^
En définitive, le trépan, malgré ses inconvéniens, nous paraît préférable ^ aux instrumens par lesquels on a cherché à le remplacer.
Toutefois, cette préférence ne s'applique au trépan qu'autant qu'il doit servir à perforer le crâne, pour livrer passage h un épanchement. Dans tous les cas où il s'agirait d'enlever une grande portion d'os, on doit préférer aux ouvertures empiétant successivement l'une sur l'autre opérées par le trépan ou la tréphine, la méthode qui consiste à cerner la pièce par un trait, soit au moyen de l'ostéotome de Heyne , récemment introduit dans l'arsenal chirurgical , soit au moyen de la scie en rondache, ou de la scie a molette ( voyez le mot scie), plus anciennement connues.
B. Trépanation du rachis. Nous avons dit, en parlant des fractures de la colonne vertébrale, que Cline, Tyrrel et Barton, ont essayé de couper les lames des vertèbres, pour relever les pièces d'os enfoncées , et nous avons fait connaître le mauvais succès de ces opérations.
C. Trépanation du sinus maxillaire. On pratique cette opération, soit pour vider un abcès ou un épanchement scro-muqueux du siims , soit pour s ouvrir un accès jusqu'à certaines tumeurs développées dans son intérieur. Dans le premier cas, on peut se borner à arracher la seconde petite molaire , dont la racine pénètre souvent jusqu'à la cavité , et à porter ensuite dans le fond de l'alvéole un perforatif pour agrandir l'ouverture et ouvrir au liquide une issue suffisante ; uiais lorsque la collection a distendu et aminci les parois osseuses du
TRICHIASIS.
TRICHIASIS.
iniis , que la fosse canine est soulevée , et qu'elle cède à la pression du doigt, il vaut beaucoup mieux pratiquer l'ouverture de ce côté : presque toujours alors e trépan est inutile, le tissu de l'os aminci se laisse facilement inciser avec la ;pointe d'un bistouri et avec des ciseaux courbes.
D. T"/ é/janaiion des côtes et du sternum. Malgré l'exemple d'Hippocrate , qui ippliqua le trépan sur une côte pour vider un erapyème , on préfère aujourd'hui iiciser dans un espace intercostal pour évacuer les collections purulentes accumulées dans la poitrine , et le procédé du père de la médecine est complètement ibandonné.
Il n'en est pas de même , à beaucoup près , pour la trépanation du sternum. Depuis Galien , qui a appliqué le trépan, pour enlever une carie du sternum , an a assez souvent répété cette opération, soit dans le même but, soit pour ouvrir les abcès du médiastin ; on a même été jusqu'à recommander cette opération , pour permettre de relever les fragraens enfoncés par suite d'une fracture; ja l'a proposée aussi comme premier temps de l'opération de l'hydro-péricarde.
Quoi qu'il en soit, le procédé opératoire ne diffère en rien de celui qui est nis en usage pour les affections du crâne. Il faut savoir pourtant que la struclure toute spongieuse du sternum le rend beaucoup plus facile à diviser que les 5s du crâne.
L'artère mammaire, placée en dehors, ne saurait être lésée qu'autant que 'on dépasserait le bord de l'os, et I hémorrhagie qu'elle fournirait n'offrirait pas de grands obstacles aux moyens hémostatiques.
E. Trépanation des os du bassin. Les abcès de la fosse iliaque interne sont juelquefois si difliciles à vider, que l'on n'a pas craint de proposer la trépana- ;ion de ces os pour terminer la suppuration à laquelle ils donnent lieu. Il pa- ■ait que Bouchera pratiqué cette opération. J'ai vu Dupuytren dixidé à la mètre en usage sur un malade, qui guérit pourtantsans cela. On sent que le manuel opératoire n'offrirait rien de particulier.
T" répanation des os des membres. Dans un cas où une plaie résultant d'un coup d'épée reçu dans la région scapulaire était restée fistuleuse , Maréchal Irepana l'omoplate dans la fosse sous-scapulaire , vida le foyer, et guérit le malade ; sa conduite a été imitée avec succès pas Else.
Nous avons vu aux articles carie et kécrose que la trépanation des os était souvent nécessaire, soit pour arrêter la première de ces affections , soit pour extraire les séquestres déterminés par la seconde j nous n'y reviendrons pas ici.
Cliopart. Mémoire sur les lésions de la léte par contre-coup, Paris, 1771, iQ-12. Dease. Observations on wounds of ihe Iiead , London , 1776 , in-S".
C. -Ji.-H. Larrey. Dissertation sur l'application du trépan à la suite des lésions du crâne, Montpellier, 1803,
P -II. Marchisio. Disserlatio de cranii percussione ad capitis laesiones detegandas , Taurini , 1811, in-4''.
f^. Kern. Ueber der Verletzungeu ain Kopfe und DurcUbohrung der Hirnsclialc, Vienne, 1829, in-4<>.
elpeau. De l'opération du trépan dans les plaies de tête, Paris, 1834, iQ-8".
D. -J. Larrey. Des efFt;ts consécutifs des lésions de la tête et des opérations pralitjuéesâ ses difFércnles parties. ( Clinique chirurgicale , 1835, t. V, în-S" , fig.)
Consultez la Bibliographie de l'article PLAIE. — Les Mémoires de l'Académie royale de chirurgie; les Traités de chirurgie de Heister, Dionis, Ledran , Polt , J.-L. Pelit, Pouteau , Laraotte, B. Bell, DesaulL, Kiclierand, Dupuytren, Larrej , Boyer , Chelius, Zang.
(L. J. Sanson. )
TRICHIASIS. s. m. Trichiasis , Trichosis, de Q^if , cheveu ou poil Le trichiasis est une affection dans laquelle les cils , déviés de leur direction naturelle , viennent se mettre en contact avec la surface du globe de l'œil.
Cette affection , qui occupe beaucoup plus souvent la paupière inférieure que la supérieure, offre plusieurs variétés. Quelquefois le trichiasis est total, c'esta-dire que toute la rangée des cils est tournée vers la conjonctive j dans d'autres cas , il est partiel , c'est-à-dire que la déviation ne porte que sur un certain nombre, ou même sur un seul de ces poils ; dans quelques cas encore, les cils
[naturels ont tous conservé leur direction normale ; mais un certain nombre de cils surnuméraires et formant comme une seconde rangée, se sont développés sur la marge de la paupière , et mis en contact avec la conjonctive , ou la cornée :
Ion donne à cette variété de l'affection qui nous occupe, les noms de disiichiasis pu de pkalani^osis ; quelquefois mais rarement , on voit ainsi deux et même trois rangées surnuméraires , partielles ou totales [trislichiasis , tétrastichiasis). Albinus et Quadri ont observé des cas de ce genre.
Le développement de cils anormaux sur le bord des paupières est quelquefois accompagné du développement de poils sur d'autres parties de l'appareiltie la vision. Albinus, Morgagni, et plusieurs autres, en ont observé sur la caroncule lacrymale ; Hymli en a vu naître sur des végétations de la conjonctive ; Wardrop , de Gazelles, Demours , en ont vu s'élever de la cornée , etc. Quoi qu'il en soit , ces productions pileuses , accidentelles ou surnuméraires , présentent ceci de particulier qu'elles ont rarement un volume égal à celui des cils naturels, et que souvent au contraire elles sont d'une telle ténuité, qu'on ne peut les apercevoir qu'à l'aide d'une loupe.
Les causes du trichiasis sont assez variées.
Lorsqu'il est simple et total , il est ordinairement l'effet d'un ectuopion (voyez ce mot), et par conséquent il peut dépendre de toutes les causes qui produisent celui-ci. Lorsqu'il est partiel , il peut dépendre d'une simple inQamniation chronique du bord de la paupière, surtout lorsqu'il y a blépharospasme , ou lorsque les cils étant collés entre eux et rassemblés en faisceaux par les mucosités sécrétées , les malades se tiennent couches sur la face pour éviter l'impression de la lumière ; mais souvent aussi le trichiasis partiel est la suite de la
cicatrisation d'un ulcère développé sur le bord de la paupière , à la suite d'une blépLarite chronique ou scrophuleuse , cicatrisation qui s'est faite par rapprochement des bords de la solution de continuité , et a dévié les cils voisins de leur direction naturelle ; enfin , lorsqu'il y a des cils surnuméraires , c'est à une sorte de vice de conformation qu'il faut attribuer la maladie.
Le trichiasis est une affection qui peut avoir les plus fâcheuses conséquences pour la vision. Il suffit qu'un seul cil reste incessamment en contact avec la conjonctive ou la cornée pour déterminer dans ces membranes une irritation chro ■ nique dont les ulcérations de la cornée, sa perforation ou le développement d'un réseau vasculaire sur sa surface , et la transformation de ce réseau en un véritable/sa/z/jui, sont presque toujours les conséquences; et ces graves suites sont d'autant plus à craindre que le trichiasis est plus complet, que sa cause est plus difïicile à détruire , et que le sujet est par sa constitution plus disposé aux ramollissement de la cornée.
Le plus ordinairement le diagnostic du trichiasis n'offre aucune difficulté : il suffit de la plus simple inspection pour reconnaître en même temps et la maladie, et la cause à laquelle on doit l'attribuer. Cependant , il n'en est pas toujours ainsi , et dans un certain nombre de cas la ténuité extrême des cils déviés ou surnuméraires les dérobe h la vue, et avec eux la cause des accidens graves dont le globe de l'œil est le siège ; il est donc de la plus haute importance d'exa miner avec attention les yeux affectés d'ophthalmies rebelles dont la cause est restée inconnue , et souvent dans ces cas on finit par découvrir , soit à la loupe , soit à l'œil nu, que cette cause n'est autre qu'un trichiasis. Lorsque dans cet examen on s'aperçoit que, dans un point quelconque de son étendue, le bord de la paupière reste collé sur le globe de l'œil par une espèce de strie de mucosité qui s'en élève verticalement, on peut être à-peu-près certain de trouver un cil dévié au centre de cette strie muqueuse.
Traitement. Le traitement se compose :
A. De toutes les méthodes opératoires applicables à l'ectropion , méthodes dont nous avons fait connaître les principales et sur lesquelles nous ne reviendrons pas ;
B. De méthodes spécialement applicables au trichiasis : celles-ci sont le renversement des cils ; 2" leur arrachement simple; 3° leur arrachement suivi de la cautérisation des bulbes ; 4o l'e.vcision de la partie du bord des paupières contenant les bulbes des cils déviés ; :)° l'extirpation de ces bulbes seuls.
Le renversement des cils est de toutes ces méthodes la plus simple. On peut l'opérer de plusieurs manières.
On attribue à Hi|)pocrate un procédé qui consistait à passer un Ql à travers la peau , près du bord, et un autre près de la base de la paupière , et à les nouer ensemble pour attirer le bord libre en dehors ; mais cette méthode douloureuse , et qui peut laisser des cicatrices très apparentes, est aujourd'hui tout-à-fait abandonnée. 11 en est de même d'un autre procédé indiqué par Celse et reproduit par Galien , et qui consistait à passer dans la peau de la paupière une anse formée par un cheveu de femme, et dans laquelle on prenait le cil dévié pour le ramener au-dehors.
Un moyen moins douloureux, mais difficile à appliquer et d'une efficacité plus que douteuse , a été indiqué par Rhazès; il consiste à courber le cil vers la peau au moyen d'un fer chaud.
Le plus simple de tous les procédés de renversement, et qui a été indiqué par Héraclide, est celui qui consiste à maintenir les cils renversés sur la peau des régions voisines au moyen de bandelettes agglutinativcs que l'on colle pardessus.
Tous ces procédés, dont le dernier seul nous paraît applicable, quand on veut se borner à maintenir les cils renversés pendant quelque temps , ne sauraient convenir , ainsi qu'il est facile de le sentir, que dans les cas oti le trichiasis dépend d'une cause passagère; et l'on ne pourrait , nous le pensons du moins , les appliquer avec avantage à cette variété de la maladie qui dépend d'une cause permanente , comme une cicatrice ou un vice de conformation.
Celui que nous allons indiquer est applicable même aux cas où la maladie dépend d'une des causes dont il vient d'être parlé, et il convient spécialement aux cas où les cils déviés forment un faisceau : il consiste à étreindre ce faisceau à l'aide d'un fil de soie et à fixer celui-ci sur la joue au moyen d'un agglutinatif, après l'avoir tendu. Si la cause est passagère , les cils maintenus exactement renversés en dehors pendant le temps nécessaire, sont ensuite abandonnés à eux-mêmes sans danger; si la cause est permanente , ou si elle nécessite l'application du moyen pendant long-temps , il est bien rare que les bulbes des cils irrités par la traction opérée sur ceux-ci , ne s'enflamment, et que les cils ne se détachent pas tout entiers , et sans se rompre, ainsi que cela a lieu souvent quand on veut les extirper : ils sont par conséquent moins disposés à repousser, et il résulte de là que ce procédé est à-la-fois l'un des plus efficaces et des meilleurs , non-seulement pour oblenir le renversement des cils, mais encore pour en opérer l'arrachement.
Lorsque le trichiasis dépend du renversement , d'une déformation totale ou partielle du cartilage tarse , Crampton fait de chaque côté des cils ou du faisceau de cils renversés , ime petite incision verticale qui divise le bord du cartilage tarse ; ensuite il divise transversalement la conjonctive d'une de ces incisions à l'autre , après quoi il ramène les parties à leur direction naturelle et les maintient avec des bandeleltes.
L'arrachement simple des cils, employé presque de tout temps et par tous les oculistes , se fait en saisissant successivement les cils déviés près de leurs bulbes au moyen de pinces à épiler, avec la précaution de serrer médiocrement la pince de peur de couper le cil, et à tirer doucement dessus jusqu'à ce qu'il cède.
TRICHIASIS.
TRICHOMA.
Ce procédé est peu sûr, souvent on casse le cil au lieu de l'extraire en entier, et souvent aussi il repousse; cependant, Callisen , Beer , et d'autres ont observé que sur les jeunes sujets celle opération peut devenir tout-à-fait curative si on la répète convenablement , parce que les cils surnuméraires ne se reproduisent pas après avoir été arrachés plusieurs fois.
Nous avons déjà dit que l'arrachement au moyen d'une traction lente, opérée par des fils , nous parait préférable. Quoi qu'il en soit, c'est pour éviter les inconvéniens qui résultent de la reproduction des cils arrachés , que l'on a imaginé de faire suivre immédiatement l'arrachement de la cautérisation des bulbes.
On a généralement abandonné l'usage des caustiques pour celui du fer rouge, conseillé par Rhazès, et , dans ces derniers temps , M. de Champesme a imaginé un cautère destiné à cet usage. Il se compose d'une tige très-fine , surmontée d'une boule qui sert de réservoir à la chaleur et prévient le refroidissement que la ténuité du cautère rendrait trop rapide. Malgré le succès obtenu par M. de Champesme, nous avons peu de confiance en ce moyen , que nous n'avons jamais employé ni vu employer; mais il nous parait à craindre qu'après la cautérisation, la plaie se guérissant nécessairement par le rapprochement de ses bords, il n'en résulte nécessairement aussi un rétrécissement du bord de la paupière et la déviation des cils voisins de ceux que l'on a détruits.
L'excision de la partie du boj^d des paupières d'où naissent les cils déviés a été réservée pour les cas rebelles qui résistent au renversement et à l'arrachement des cils , et surtout aux cas où le cartilage tarse est lui-même altéré. On la pratique de plusieurs manières.
Schreger comprend, dans une incision en V, pratiquée avec des ciseaux, la partie du tarse d'où naissent les cils déviés. Béclard enlevait d'un coup de ciseaux, décrivant une courbe semi-lunaire, toute la partie malade du bord de la paupière; mais il est évident que ces deux opérations doivent laisser après elle une difformité plus ou moins apparente. Il doit en être de même du procédé de Guthrie , qui , après avoir incisé verticalement le cartilage tarse près de ses extrémités , excise un lambeau des tégumens , et même de ce cartilage si les premières incisions ne lui permettent pas de ramener les cils à leur direction naturelle.
Le procédé qui me paraît le plus convenable est celui de Jaëger. Il consiste à retrancher, par une incision en biseau , la partie cutanée du bord de la paupière dans laquelle sont renfermés les bulbes des cils , au lieu d'enlever toute l'épaisseur de ce bord.
Pour le pratiquer, on passe sous la paupière une plaque de corne, de bois ou d ivoire, faite en forme de cuiller sur laquelle on tend le voile membraneux, après quoi on fait sur la peau une incision à deux lignes du bord de la paupière et parallèlement à ce bord; on pénètre jusqu'au cartilage; après avoir disséqué et renversé le bord de l'incision qui regarde la base de la paupière, on saisit avec des pinces toute la partie dans laquelle sont compris les bulbes des cils, et on l'excise au moyen du bistouri ou des ciseaux conduits de telle manière que le tranchant, commençant vers la peau au dessous du bulbe des cils, passe derrière eux, pour arriver au bord libre de la paupière dont une poition de l'épaisseur est ainsi conservée. Ce procédé a l'avantage de ne laisser d'autre difformité que celle qui résulte de la perte des cils , et de l'amincissement du bord libre de la paupière.
Vacca Berlinghieri a évité même ce dernier inconvénient par le procédé qui lui est dù et qu'il nous reste à décrire.
Extirpation des bulbes des cils. Pour l'exécuter, on place le malade exactement comme pour l'opération de la cataracte. On compte les cils déviés, et, après avoir mesuré l'espace qu'ils occupent, on fait avec de l'encre , parallèlement au bord de la paupière, et à une demi-ligne de distance de ce bord, un trait d'une longueur égale à l'espace occupé par les cils déviés. Cela fait , on introduit au dessous de la paupière , pour la soutenir et pour la tendre, la plaque de corne, d'ébène ou d'ivoire, en forme de cuiller, dont nous avons déjà parlé , et dont la face concave regarde le globe de l'œil; on applique sur la rainure que présente la face convexe de l'instrument et on fixe le bord libre de la paupière; on abaisse ensuite , du bord de la paupière sur les extrémités du trait d'encre deux petites incisions verticales , qui ne divisent que la peau et le muscle orbiculaire ; on joint ces deux incisions par une incision transversale de même profondeur, qui suit la direction de la ligne tracée à l'encre; on dissèque et on renverse vers le bord libre le petit lambeau cerné par les trois incisions , et , en abstergeant soigneusement la plaie du sang qui s'écoule en abondance, on ne tarde pas à découvrir les bulbes des cils , que l'on cautérise à l'aide d'un pinceau imbibé d'acide nitrique , ou mieux que l'on saisit successivement avec de bonnes pinces , et que l'on extirpe. A|-irès la cessation de l'écoulement du sang, qui, d'abord abondant, finit par céder promptement aux lotions froides et à l'action du contact de l'air, le lambeau est réappliqué sur la plaie et maintenu au moyen de bandelettes agglutinatives. Les cils , dont les bulbes ont été détruits, tombent vers le sixième jour ; mais on abrège d'autant la cure et l'irritation qu'ils produisent par leur action sur la conjonctive, en les arrachant sur-le-champ. Ce procédé , ainsi qu'on le voit , est des plus ingénieux : il a réussi entre les mains de son auteur , et je l'ai aussi mis en usage avec succès ; mais il a l'inconvénient d'être d'une exécution difficile.
En résumé, lorsque le trichiasis est le résultat d'un ectropion , le meilleur moyeu de le détruire est l'excision de la peau de la paupière. Quand il est partiel , le renversement des cils , leur arrachement réitéré, et enfin , dans les cas rebelles, les procédés de Jaëger ou de Vacca, sont ceux qui nous paraissent devoir être mis en usage de préférence.
j^. Vacca Berlinghieri. Nuovo metodo di curare la trichiasis , Pîsa, 1825, in-8». J. Radius. Scriplores oplatlialmogicse minores , LipsiîE , 1826-1830. — Diss. de Iricbiasis , Ch. ffusp. , tome I , pag. 179 ; A. F. Schmidt , tome ii , pag. 175.
( L.-J. Sansok.)
TRICHOMA. OU PLIOUE. Maladie chronique, particulière à la Pologne, et caractérisée par l'agglutination et le développement anormal des poils , et quelquefois par une altération des ongles, devenus spongieux et noiiâtres.
§ I. Sjmplômes, La plique se déclare souvent à la suite d'une fièvre aiguë , précédée de lassitudes, de douleurs comme rhumatismales dans les membres et la tête , quelquefois de vertiges , d'envie extraordinaire et invincible de dormir, de tintement et de bruissement dans les oreilles , de douleurs dans les orbites, d'opthalmie , de coryza ; la plique se déclare souvent aussi à la suite d'une Jièvre aiguë , accompagnée de sueurs gluantes ; enfin, on observe quelquefois de la rougeur aux cuisses et une altération des ongles , qui deviennent noirs et rudes. Dans d'autres cas , la plique se déclare d'une manière prompte , sans' symptômes précurseurs.
Lorsque la plique se développe à la tête, le cuir chevelu est douloureux au toucher ou devient le siège d'une vive démangeaison ; une sueur gluante de mauvaise odeur se déclare sur une partie du crâne; les cheveux deviennent gras , s'agglutinent et s'altèrent ; les poils attaqués paraissent gonflés par une matière gluante , grasse, rougeâtre ou brunâtre, qu'un grand nombre d'observateurs ont vue sanguinolente , matière qui , produite à l'extrémité du bulbe , monte jusqu'à l'extrémité du poil. Les cheveux sont tellement sensibles que le plus léger mouvement qu'on leur communique détermine une vive douleur à la racine. De toute la surface du poil transsude une humeur visqueuse d'une trèsmauvaise odeur, quelquefois fade, comme celle du vinaigre gâté ou semblable à l'odeur de souris ou d'ail. Ce fluide colle ensemble les poils, d'abord , à leur sortie de la peau; ensuite , dans toute leur longueur. Cette matière, qui parait sortir de toute la surface de la tête , se coagule et se dessèche en forme de croûtes. Si celte matière manque , ce qui arrive rarement , on appelle cette forme de l'affection plique sèche.
Les poils se mêlent et s'agglutinent, tantôt par mèches séparées plus ou moins grosses , plus ou moins longues , plus ou moins flexibles , semblables à des cordes {plique multiforme , plique mdle vulgaire ] , ou bien se réunissent pour acquérir un allongement excessif qui les fait ressembler à des queues de cheval ou de tout autre quadrupède {plique à queue) ; enfin , les poils se mêlent , se collent, s'agglutinent ensemble sans jamais se séparer , de manière à former une masse uniforme plus ou moins volumineuse [plique en masse , plique femelle vulgaire. )
Les poils de la barbe , des aisselles , du pubis , longs ou courts , peuvent être atteints de cette maladie. Le professeur Kaltschmidt , à léna , conservait , dans son cabinet, le pénil d'une femme dont les poils avaient une telle longueur, qu'ils auraient aisément fait le tour du ventre de la personne à laquelle ils avaient appartenu. Ordinairement les ongles des mains et des pieds deviennent longs , jaunâtres , livides , noirs et quelquefois crochus.
Quelquefois il se développe une grande quantité de poux, même chez les personnes les plus propres et qui n'en avaient jamais eu auparavant.
§ II. Obser\>alions analomiques . Joseph Frank assure que les bulbes des cheveux sont tuméfiés , et que la surface du crâne offre, çà et là , des ulcérations fluentes. L'injection des tégumens de la tête , faite sur deux pliques , et conservée dans le musée de Meckel , h Halle , a été exécutée avec le plus grand soin , sans que la moindre parlie de l'injection ait pénétré dans la plique. Lafontaine ayant examiné les bulbes des poils après la mort chez un malade , les trouva très-gonflés , et en les pressant , il en fit sortir une matièi e gluante , d'un blanc jaunâtre. Giiibert a vu aussi les bulbes des poils affectés , gonflés par une humeur noire et puante. Rolfink et Vicat assurent que les cheveux sont souvent distendus par une humeur qui les rompt, et s'épanche au-dehors lorsqu'elle devient trop abondante. Schlegel affirme avoir vu , dans un cas , tous les poils du corps se gonfler, être distendus par une humeur d'un brun jaunâtre et devenir au moins six fois plus gros que dans l'état naturel. Gasc a vu une femme dont tout le corps se couvrit , au septième mois de sa grossesse, d'une teinte noirâtre, et dont les cheveux parurent grossis et remplis d'un fluide plus noir que celui qui les pénétrait naturellement. M. Blandin croit que dans la plique la papille des poils s'élève au-dessus du niveau de la peau dans la cavité infundibuliforme de la racine du poil , de même que la papille de la plume du jeune oiseau s'allonge et produit la plume. M. Sedillot, qui avait coupé, en Gallicie, sur un enfant de sept à huit ans , plusieurs mèches de cheveux pliques, a sou-, mis cette altération à l'examen microscopique. Outre l'intrication de la mèche, visible à l'œil nu , on a vu que le canal intérieur était beaucoup plus large que celui du cheveu sain soumis au même examen , et que les parois évidemment aréolaires, surtout près du canal, se dessinaient plus nettement que dans le cheveu normal.
§ III. Causes. Hercules de Saxonia et Thomas Minadous parlent (IGIO) de la plique comme d'une maladie qui n'est pas nouvelle, et la plupart des historiens en fixent l'apparition en Pologne, sous le règne de Lezek-le-Noir , en 1285. Il parait que cette maladie devient plus rare chaque année. Lafontaine rapporte que, dans les gouverucmens de Cracovie et Sandomir, la plique attaque les paysans , les mendians et les juifs , dans la proportion de deux tiers sur dix , les nobles et les riches bourgeois dans celle de deux individus sur trente à quarante ; à Varsovie et dans les gouvernemens circonvoisins , elle est , chez les premiers , dans la proportion de quatre sur quarante à quarantecinq ; chez les seconds , de trois sur quatre-vingt-dix à cent : en Lithuanie
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lême proportion qu'à Varsovie ; en Volhynie et en Ukraine de même qu'à racovie. Schlegel , M. Gasc et Hartmann ont trouvé ces proportions trop rtes,
La pliqiie a toujours été plus fréquente sur les bords delà Visluleetdu orystliène , dans les lieux humides et marécageux, que dans les autres parties e la Pologne.
La plique attaque l'homme primitivement ; quelques auteurs ont pensé ii'clle pouvait être transmise des animaux à l'homme.
L'habitude qu'on a de raser la tête aux enfans polonais, la malpropreté, la laleur des bonnets et le refroidissement de la peau paraissent favoriser le îveloppement de cette maladie.
Diagnostic. Les symptômes précurseurs de la plique, l'altération des ongles il l'accompagne très fréquemment , le gonflement des poils , l'humeur gluante urnic parleurs bulbes , etc. , sont des caractères non équivoques qui disna;iient suffisamment la plique du simple feutrage des poils (fausses pliqnes). § IV. Pronostic et traitement. Le développement ou la manifestation de la ique chez les individus atteints de paralysie ou d'autres maladies graves , a iusieurs fois paru salutaire. Lorsque la plique est abandonnée à elle-même , les 'mptômes fébriles ou précurseurs disparaissent au bout d'un certain temps; ir suite de l'accroissement des poils, la plique s'éloigne delà peau dans l'esice d'un à plusieurs mois et même d'une année , en même temps l'exsudation 3 la plique diminue et finit par cesser. C'est alors seulement que la généralité i3s Polonais et des médecins conseillent de la couper. Lafontaine , Schlegel , artmann , assurent que la section de la plique pratiquée avant cette époque cté suivie d'amaurose, de convulsions , d'apoplexie , d'épilepsie , et même de mort. Effrayés ou instruits par de semblables accidens, les gens du peuple ■, rdent quelquefois la plique jusqu'à ce qu'elle tombe ou pendant toute leur vie. Divers moyens ont été essayés pour diminuer la gravité de la plique ou en itenir la guérison ; les résultats des expériences faites par les amers et les rtifians, avec les préparations antimoniales, avec les lotions, les bains et les imigations, paraissent peu concluans.
Parmi les travaux publiés sur la plique, on distingue surtout ceux de Lafontaine ( Traité la plirjue polonaise, 1808, Irad. par A-J.-L. Jourdan , iD-8° , Paris), et celui de .-S. -A. Sclilef;el ( TJeher die Vrsachen des Tf^eiclisetzop/es , etc., in-S», Jéna, 1806). Le jcleur Burkard Eble ( Die Lehre von den Haaren , 2 vol. in-8° , Wien , 1831 ) a donné une Ile bibliograpbique , qui complète celle de Lafontaine. M. Sédillot {Nouvelles considé-
fions sur la plique , in-8°, Paris , 1832 ) et M. Brîère de Boismont [Archives générales de édecine , tom . XXXIII , pag. 66 ) ont publié récemment quelques observations sur l'état actuel
la plique. ' (P. E.AYER. )
TRICOCÉPHA.LE. Foyez Entozoaires.
TRISMUS. rojTfiz TÉTAKOs.
TROCHISQUES. Ce sont des médicamens composés , non sucrés , solides , >ut-à fait secs , que l'on divise en petites masses auxquelles on donne une irnie déterminée, telle que celle d'un cône , d'un tétraèdre, d'un grain d'ajine , etc.
Autrefois on leur donnait la forme d'une tablette ronde, ou d'une roue, et e là était venu leur nom ( de xpoyci, roue) ; ils étaient aussi très-nombreux, et )mposés de poudres actives , liées à l'aide d'un mucilage ou d'un suc végétal ,
une dessiccation facile. Après les avoir divisés , figurés et desséchés , on les ;couvrait souvent d'un vernis résineux, destiné à les mettre à l'abri de l'air et :s insectes. Le but de ces manipulations était , tantôt, d'adoucir par le muci-
ge la trop grande âcreté de certaines substances , telles que la scille et la )loquinte, tantôt de tenir tout préparés des mélanges actifs propres à être
corporés dans des médicamens plus composés ; mais ces préparations sont
mbées en désuétude et avec raison ; car il vaut mieux se servir de poudres •ccutes , à dose convenable , et y ajouter à l'instant les correctifs nécessaires, je de prendre des compositions souvent très-anciennes, qu'il faut, d'ailleurs, Lilvériser de nouveau avant de les employer. On n'a donc conservé , de tous
s trochisques , que ceux qui ont un emploi spécial , sous la forme même -li leur est donnée au moment de leur préparation; tels sont les trochisques icarotiques et les clous fumans. Les premiers ont pour base le deutochlorure 3 mercure , mélangé à la mie de pain , et sont colorés avec l'oxide rouge de lomb , ce qui leur a valu aussi le nom de trochisques de minium ; on les emloie pour ouvrir les bubons vénériens, les plaies fistuleuses, scrophuleuses, etc. es autres sont un mélange de baumes et de substances odoriférantes, auxquels 1 ajoute assez de charbon et de niti-e pour qu'une fois allumés ils continuent 3 brtjler lentement en répandant dans l'air un parfum agréable.
Nota. Il ne faut pas confondre les compositions dont nous venons de parler, ; qui constituent un genre particulier de médicamens , avec les petites masses iniques qui résultent delà trochiscalic n des corps qui ont été broyés à l'aide e l'eau, et que l'on divise de cette manière, au moyen d'un entonnoir, dans
seule vue d'en accélérer la dessication. Les poudres ainsi préparées ne forlent pas un genre distinct de médicamens, et ne doivent pas être désignées (itrement que par le nom de poudre trochisquée de telle ou telle substance ; \ nom de trochisques àoit être réservé pour les médicamens ita genre de ceux ùi font le sujet du présent article. (Guibourt.) ij TROIS-QUARTS , TROCART. s. m. Instrument perforateur destiné à-lafi)is à la ponction des cavités distendues par des fluides, et à l'écoulement des uides que ces cavités renferment. Le nom de trais-quarts est dérivé de la i)rme triangulaire de l'instrument qu'il sert à désigner ; mais il est juste d'objîrver qu'il ne convient qu'à ceux dont nous nous servons aujourd'hui, et nuiraient aux perforations coniques qui étaient usitées autrefois.
DlCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PRATIIJUES.