URTICAIRE
part des maladies des voies urinaires et dans plusieurs maladies des autres appareils , on en tire des signes physiques et chimiques très-importans pour le diagnostic; puisque les changemens qu'elle présente pendant le cours de beaucoup de maladies aiguës et de quelques maladies chroniques donnent la connaissance des crises qui ont lieu par cette voie ; puisque enfin son inspection peut éclairer le pronostic et diriger la médication de quelques maladies. Mais pour appréciera leur juste valeur lessignes quel'on tire dans ces cas de l'urine, il est très-souvent nécessaire qu'ils concordent avec ceux que présentent les autres appareils. On ne saurait trop le répéter, un seul signe en métiecine ne donne, dans la plupart des cas, que des notions insuflisanles. (Martin Solok.)
URTICAIRE, s. f. Inflammation exanthémateusc , non contagieuse, caractérisée par des taches proéminentes , plus pâles ou plus rouges que la peau qui les entoure , rarement persistantes, qui apparaissent après un mouvement fébrile , se reproduisent souvent par accès ou s'aggravent par paroxysmes, et sont toujours accompagnées d'une cuisson et d'un prurit semblables à ceux que produit la piqûre des orties.
Willan a noté six espèces d'urticaire : 1° Urt. Jebrilis; 2" urt. evanida ;Z° urt. perstans ; ^° urt. conjerta ; S" urt. subcutanea j 6° urt. tuberosa ; qui peuvent être rattachées à deux groupes principaux , selon que leur marche est aiguë ou chronicjue.
§1. Urticaire aiguë. Première variété {urt. Jebrilis). Cette variété est souvent produite par l'ingestion de diverses substances alimentaires , telles que les crevettes, les crabes, les homards, les œufs de quelques poissons, et surtout par les moules. Les poissons salés , desséchés ou fumés , et d'auties substances, telles que le blanc d'œuf , les mousserons , le miel , le gruau , les amandes amères , les amandes de fruits à noyau , les framboises , les fraises , les concombres verts, quelques médicamens, tels que la valériane ou le baume de copahu , peuvent aussi occasionner le développement de cette éruption chez les individus qui y sont prédisposés. En outre', il parait démontré que ce n'est ni à un état morbide des moules, ni à leur altération admise par Burrows, ni aux matières vénéneuses végétales , animales ou minérales dont elles peuvent accidentellement se nourrir , ni à la présence du cancer pinnotheres , petit crabe qu'elles renferment souvent ; ni à l'écume noirâtre , à la crasse marine dont a parlé Lamouroux (Orfila , Toxicnl. gén. , t. ii , p. 45) , ni même au frai des étoiles de mer, qui est un de leurs alimens depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août, d'après les intéressantes recherches de Beunie ; mais bien plutôt à une prédisposition individuelle particulière , que ces accidens doivent être attribués.
Une ou deux heures après l'ingestion de ces substances, on éprouve des pesanteurs à l'épigastre, des nausées, un abattement général , des vertiges , etc. ; bientôt la peau devient chaude , et {'éruption paraît sur les épaides , aux lombes , à la face interne des avant-bras, aux cuisses et autour des genoux , où elle est caractérisée par des élévations rouges ou blanchâtres , entourées d'une auréole d'un rouge vif cramoisi. Ces élevures , le plus souvent irrégulières, quelquefois circulaires, sont proéminentes et d'une étendue variable. Lorscju'elles sont très-nombreuses ou véritablement confluentes sur quelques points, la peau offre une teinte rouge presque générale ; la face et les membres sont tuméfiés et raides [Urt. conferta , Willan). Cette éruption est accompagnée d'une démangeaison et d'un sentiment de fourmillement des plus incommodes, surtout pendant la nuit, ou lorsque les parties affectées sont exposées à l'air. Dans quelques cas , cette variété est compliquée de taches érythémaleuses. Elle est souvent précédée ou accompagnée de vomissemens , de déjections alvines ; on a vu des spasmes , des suffocations et des convulsions compliquer cet accident , et l'on a rapporté plusieurs exemples de cette espèce d'empoisonnement terminé par la mort. Au bout de vingt-quatre ou de trente-six heures , l'éruption diminue d'intensité, et ne laisse sur la peau que de légères traces qui s'effacent complètement quelques jours après.
Uurlicaria ab ingestis n'est pas toujours accompagnée d élevures prurigineuses blanchâtres ; c'est quelquefois une simple efllorescence , ayant la teinte de la scarlatine, et qui appartient réellement autant à l'érythème qu'à l'urticaire.
ïj'urticaria Jebrilis se développe quelquefois sans cause appréciable, ou bien sous l'influence de la dentition, d'affections morales vives ou prolongées, de chagrins domestiques , d'accès de colère; etc. Les symptômes sont à-peu-près les mêmes que ceux que l'on vient de décrire , seulement ils ne sont pas ordinairement accompagnés de vomissemens et de déjections alvines. L'éruption est moins générale , et ne persiste pas pendant toute la durée de la maladie , qui est au moins d'un septénaire. Elle apparaît et disparaît irrégulièrement sur presque toutes les parties du corps, et son retour, qui a lieu surtout le soir, est accompagné d'un léger mouvement fébrile.
Le malade , en se grattant , peut souvent reproduire à volonté les taches ortiées dont la durée individuelle varie entre quelques minutes et deux ou trois heures. Dans quelques cas rares , ces élevures persistent pendant deux ou trois septénaires { Urt. perstans , Willan). Les malades éprouvent de l'abattement, de l'anorexie, de la fièvre, et quelques désordres fonctionnels des organes digestifs. L'éruption diminue insensiblement d'intensité, bientôt ses retours ne sont plus caractérisés que par un léger prurit; enfin ce symptôme ne tarde pas lui-même à disparaître.
Lorsque cet exanthème a été très-prononcé, et surtout lorsque les taches ont été persistantes , on observe quelquefois sur la peau une légère desquamation.
§ II. Urticaire chronique. Elle dure ordinairement plusieurs mois, je l'ai vue persister pendant plusieurs années chez une jeune fille dont la mère avait autrelois éprouvé les mêmes accidens. On l'observe surtout chez les femmes ou chez