VAGIN (MALADIES DU
VALlÉRIANE.
peau à l'aide de piqûres , elle se propage comme la vraie vaccine sans être préservative au même degré.
30. yaccinelle produite par l'inserlion accidentelle du cow-pox sur un sujet çuiafait eu la variole. Jenner rapporte qu'il a vu, dans la ferme de M. Andrews, cinq personnes qui avaient eu antérieurement la petite- vérole , contracter la vaccine après avoir trait des vaches atteintes du cow-pox ; mais il ajoute que cette vaccine fut incomparablement plus bénigne qu'elle ne l'est ordinairement.
40. yaccinelle développée à la suite de l'inoculation simultanée de la variole et de la vaccine. Lorsqu'on inocule à-peu-près en même temps les virus variolique et vaccin , ils modifient réciproquement leur action. La pustule vaccinale ainsi produite apparaît comme la vaccine légitime, le quatrième jour de 1 insertion , mais elle est plus petite qu'à l'ordinaire , et le septième et le huitième jour l'auréole est à peine dessinée. Le neuvième et le dixième , il ne se forme pas de véritable tumeur vaccinale. D'un autre côté , la variole inoculée est ellemême ordinairement modifiée , et se montre sous la forme de la varicelle pustuleuse ombiliquée.
5». F'accinelle produite par Tinsertion du vaccin , pendant l'incubation du contagium variolic/ue ou pendant la fièvre primaire varioleuse. Ou a cité plusieurs exemples de vaccine modifiée par la variole , soit dans ses caractères extérieurs, soit dans sa durée. Dans un cas que j'ai observé à l'hôpital de la Charité, la vaccine s'est développée chez un individu qui avait déjà ressenti l'influence du contagium variolique. Les élevures de la variole sont apparues au commencement du septième jour de la vaccination , après quatre jours de fièvre primaire, et au moins huit à dix jours d'infection. Les pustules vaccinales ont eu leur durée habituelle ; seulement elles n'ont point offert, le septième et le huitième jour , le degré d'inflammation connu sous le nom de tumeur vaccinale.
J'ai déjà fait connaître (art. Vaccine) les principaux caractères qui distinguent la vaccine légitime des vaccinelles. Celles-ci diffèrent par la propriété contagieuse et spécifique de l'humeur qu'elles contiennent, par la marche et la forme de leurs pustules , des inflammations pustuleuses accidentelles , qu'on a improprement appelées fausses vaccines, ou Jaiisses varioles , suivant qu'elles avaient été produites par du pus recueilli sur des varioles ou des vaccinés, et dans lequel la propriété contagieuse et spécifique était éteinte.
Aucune des vaccinelles ne préserve complètement de la variole, mais elles rendent probablement moins apte à la contracter. Elles sont constamment bénignes et n'exigent ordinairement aucun traitement.
De toutes ces éruptions une seule a été éludiée avec l>eaucoup de soin : c'est celle que l'on produit en inoculant la vaccine sur des individus antérieurement atTectés de la variole ou déj^ vaccinés. Les autres variétés delà vacciut'llc ont été plutôt indiquées que décrites, et leur liisloire réclame de nouvelles recherches. M. Bousquet n'admet qu'une seule espèce de fausse •vaccine ; Nissen en reconnaît deux , provenant de deux espèces différentes de faux cow-pox ( première à pustules noires , deuxième à pustules jaunes ambrées) ; Hellwag a décrit une troisième variété de faux cow-pox , caractérisée par des vésicules pleines de sérosité jaunâtre et non contagieuse; Vihorg admet ne-///' espèces de cow-pox. En étudiant avec soin les variétés du faux cow-pox, on retrouvera peut-être les analogues de toutes les varicelles. D'après M. Eîchliorn , à la suite des rei^accrnations , on observe quelquefois la vaccine vraie non modi" fée ^ et plus souvent la vaccine modifiée. Celle-ci comprend quatre variétés : 1"* la vaccine modifiée purulente ; 2° la vaccine modifiée lymphatique ; 3^ la vaccine modifiée tuberculo-pustuleuse ; 4° la vaccine modifiée tuberculeuse , auxquelles il assigne des caractères particuliers ( Kichhorn ( H. ) , Handbuch iiber die Behandlung und erhiitung der contagiosfeberhaften Exanthème , Berlin , in -S" , 1831).
(P. Rayer.)
VAGIN ( Maladies du ). Le conduit vulvo-utérin , participant jusqu'à un certain point de la structure de la matrice, est aussi sujet à quelques affections de même nature; mais le développement plus marqué de la membrane muqueuse, le rapport direct auquel il est exposé, dans l'acte du coït, avec des produits virulens ou des efforts mécaniques , enfin le voisinage du dehors même le mettent dans des circonstances favorables à la production de quelques atteintes auxquelles échappe l'utérus. C'est ce que prouve l'énuméralion rapide des lésions de ce canal que nous allons re|)résenter au lecteur.
le. Des vices de conformation primordiale se remarquent ici quelquefois, l'utérus conservant son état normal ; ainsi le vagin peut s'ouvrir dans la vessie ou l'urèthre, comme l'ont offert plusieurs enfans nouveau-nés réputés hermaphrodites, et dont effectivement l'urèthre se prolongeait sous le clitoris, la vulve étant oblitérée (Ackcrmann, Steiglener). On l'a vu même chez des sujets adultes , s'ouvrir dans le rectum , recevoir par cette voie la matière fécondante dans un coit forcément anormal , et donner par là issue au fœtus ( Louis Barbaut). Dans d'autres cas , au contraire , c'est le vagin qui recevait par une fistule congéniale le rectum ouvert à sa paroi postérieure plus ou moins près de la vulve. Le vagin oblitéré par la membrane hymen, ou bien par l'adhésion de ses parois, l'effacement total ou partiel de sa cavité a pu ne donner aucun indice de cette irrégularité qu'après rétablissement de la menstruation, et alors une rétention du sang menstruel , le plus souvent funeste , en a été le résultat ( Dehaèn , etc. ). Une oblitération complète, mais bien plus souvent un simple rétrécissement ont pu résulter aussi d'inflammations ulcéreuses, de déchirures , chez des adultes. Des tumeurs voisines ( ovaire , hernies intestinales ou vésicales , kystes de la cloison recto-vaginale, etc. ) peuvent aussi en réduire considérablement la dimension. C'est surtout sous le rapport des obstacles que cet état de choses apporte à l'accoucliement, qu'il mérite quelque attention , et il en a été question ailleurs aussi bien que de quelques autres dispositions du même genre ( Djstocie). Le vagin peut au contraire offrir un vice opposé , un excès de largeur et de mollesse favorise le prolapsus de la matrice , et en même temps le
même canal se renverse et souvent la précède au dehors ; ce sont ces cas qu'on
a nommés prolapsus ou chute du vagin.
2". On dit que la brutalité d'un époux robuste et disproportionné a pu rompre la cloison recto-vaginale , dans une première copulation ; de pareils résultats reconnaissent plus souvent pour cause des violences d'un autre genre , tel est l'empalement remarquable dont un jeune médecin (M. Rey) a récemment publié l'histoire et dans sa thèse , et dans un Journal de médecine. Durant l'accouchement, il s'opère aussi bien souvent, dans le vagin, des solutions de continuité lentes ou rapides, incomplètes ou complètes. Aux premières , il faut rapporter ces escliarres dues à une compression prolongée, à une distension longue et violente du vagin par la tête du fœtus dans certains eas de dystocie , escharre dont la chute laisse une plaie avec perte de substance et ensuite une /7i(u/ecoinniuniquant avec la vessie ou l'urèthre, d'oià incontinence d'urine, ou, ce qui est plus rare, avec le rectum. Les solutions de continuité rapides mais incomplètes , comprennent les cas d'hémorriiagie par rupture de veines variqueuses, de thi'ombus par épanchement de sang dans le tissu cellulaire environnant ; enfin les solutions complètes sont des ruptures dues quelquefois à faction d'instrumens maladroitement conduits , comme quand le forceps inconsidérément poussé détache le vagin du museau de tanche; dues d'autres fois à la distension seule que la tête du fœtus occasionne toujours dans les passages qu'elle traverse. En pareil cas , on a vu une rupture de la partie supérieure du canal ouvrir au fœtus une route directe dans la cavité abdominale ; ou bien , si la rupture avait lieu plus bas , c'est la cloison recto-vaginale qui a cédé également et une vaste déchirure a confondu ensemble l'anus et la vulve, le rectum elle vagin; dans quelques ciconstances moins fâcheuses, l'ouverture accidentelle du vagin ne s'est propagée qu'à travers le centre du périnée soit que le produit de la conception ait traversé cette voie insolite , soit qu'il ait suivi le chemin ordinaire en passant par la vulve.
3». Des lésions vitales ou organiques peuvent se montrer ici avec toutes les formes qu'on leur connaît aux membranes muqueuses ; telles sont des hémorrhagies ordinairement actives , et le plus souvent supplémentaires du flux menstruel arrêté, du flux muqueux , effet d'une inflammation chronique quelquefois éteinte et remplacée par un relâchement complet, des phlegraasies ulcéreuses , bien souvent syphilitiques , des phlegmasies couenneuses , des phlegmasies simples, parfois gonorrhéiques , des excroissances vénériennes, des polypes , des fongus cancéreux, etc. , etc.
Ces dernières lésions sont , il est vrai, bien rarement primitives, et la plupart du temps, suivent, au contraire, une dégénérescence semblable dans la matrice, et ne paraissent même que quand celle-ci a déjà fait d'irrémédiables progrès. ( Aux. Dugès. )
VAGINITE. Voyez Métrite et blennorrhagie.
VALERIANE. Plusieurs plantes, portant ce nom, avaient été réunies dans la famille des valérianées. Ou en a distrait la valeviana locusta, fedia oUioria, mâche ou doucette , et on l'a placée dans le genre fedia. Ce changement est d'autant plus fondé que la mâche, plante annuelle et très-fade, est seulement employée comme aliment, tandis que les autres valérianes, qui sont vivaces et très-odorantes , jouissent de propriétés médicinales actives.
Nous citerons parmi les valérianes les plus importantes : l" la valeriana celtica , nard celtique des anciens, et dont l'usage est aujourd'hui abandonné; 2" la valeriana plu , valeriana major , grande valériane , valériane des jardins; S» la valeriana rubra, centranthus , valériane rouge ; 4° enfin la valeriana ojjicinalis , valériane, valériane sauvage , petite valériane , dont nous allons nous occuper.
La valériane est une plante vivace de la triandrie monogynie , haute de trois à quatre pieds, et que l'on trouve dans les bois taillis humides. Sa tige est simple intérieurement, cylindrique et striée ; ses feuilles sont opposées, profondément pinnatifides, à folioles lancéolées , linéaires et dentées; ses fleurs d'un blanc-rose forment une espèce de cime terminale et s'épanouissent pendant les mois de mai et de juin.
La racine, partie de la plante employée en médecine, est composée d'imc petite tige centrale , cylindrique , de deux à trois lignes de diamètre, qui donne naissance à une douzaine de radicelles et à une petite quantité de chevelu. Desséchée, celte racine devient grisâtre et répand une odeur forte, pénétrante et toute particulière; sa saveur est chaude , aromatique et légèrement araère. Ces diverses propriétés sont peu marquées sur la plante fraîche, elles se développent par la dessicalion. 11 ne faut cependant pas que la racine soit conservée depuis trop long-temps , parce qu'elle finit par perdre ses qualités. Pour que ces racines jouissent de tontes leurs propriétés, il faut qu'elles croissent sur des lieux élevés, plutôt frais qu'humides; qu'on les récolte à leur deuxième ou troisième année , au printemps, avant le développement de la tige ; qu'on les fasse sécher promptement à l'air , et qu'elles soient conservées dans un lieu bien sec.
D'après Trommsdorf, la valériane contient un principe particulier soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et l'éther, de la résine noire, une huile volatile très-liquide , verdàtre , d'une odeur forte , pénétrante, camphrée, un entrait gorameux, de la fécule et du ligneux. Il serait à désirer que, reprenant cette analyse , la chimie moderne trouvât , comme elle l'a fait pour le quinquina , le principe actif de la valériane. Car cette racine, à cause de son odeur et de sa saveur désagréables , occasionne beaucoup de répugnance aux malades auxquels il faut l'administrer à forte dose.
On donne la valériane en poudre, à la dose de dix grains à une once. On la prescrit en infusion et en décoction à la dose d'un demi-gros à deux , trois ou quatre gros pour une pinte d'eau. La teinture est peu usitée, on en ajoute-
VAPEUR
VAPEUR
raît dans une potion quelques gouttes à un gros ; mais , d'après l'analyse que iious avons donnée de la racine, la poudre ou l'infusion sembleraient préférables à la teinture. On emploie avec avantage les extraits aqueux et alcoolique de cette racine. Le premier doit être préféré au second. On fei-ait encore mieux de mettre en usage l'extrait hydro-alcoolique, puisque l'on donnerait ainsi tous les principes solubles.
Il est difficile de bien préciser l'action physiologique de cette racine et de ses préparations sur l'ensemble de l'économie. Ces substances paraissent avoir une action spéciale sur le système nerveux ; nous ne leur avons vu produire aucun accident sur le canal digestif; et , bien que données h haute dose , graduellement il est vrai, nous n'avons pas observé non plus qu'elles occasionnassent les symptômes d'excitation cérébro-spinale, caraclérist's par les vertiges , les scintillations des yeux , les éblouissemens , les bourdonnemens d'oreilles, les secousses , les engourdissemens des membres que M. Barbier signale dans sa matière médicale. Il est vrai que nous nous sommes abstenus de prescrire le médicament quand il existait une inflammation des centres nerveux. Les chats recherchent avec avidité la valériane, ils se roulent dessus et paraissent éprouver un grand plaisir dans ces ébats. On dit que la valériane augmente l'action des organes génitaux de l'homme.
L'usage de la valériane a été surtout recommandé pour combattre le Ijphus jBt les affections ataxiques et adjnamiques. On peut l'employer avec avantage dans ces maladies lorsque le trouble du système nerveux ne tient point à une l'irritation inflammatoire. La valériane régularise alors l'action des centres lerveux et agit comme un anti-spasmodique précieux, à l'instar du rauSc ;t de la serpentaire de Virginie , dont elle n'a point les propriétés stimulantes. 3n l'a employée aussi avec succès contre les affections vermineuses.
L'épilepsie a quelquefois cédé à la valériane donnée à haute dose. Un grand Inombie d'auteurs anciens l'attestent. Tissot, Haller, Choniel, Bouteille; MM. Macartan , Chauffart , Guibert et beaucoup de médecins de nos jours ont constaté par leurs observations les bons effets de la valériane conire cette ITialadie. Il paraîtrait néanmoins que ces succès n'ont été fréquens que quand l'affection n'était point occasionnée par une lésion organique prononcée. C'est lu moins ce que nous pouvons penser d'après les faits qui nous sont propres. Xous avons plusieurs fois aussi employé avec succès la valériane en poudre, iju en extrait, donnée à hautes doses , seule ou unie à l'extrait de quinquina , feontre l'épilepsie saturnine. Nous avons souvent joint à ces niédicamens de jrès-larges vésicatoires sur la région du cervelet et des premières vertèbres ;ervicales. Ces moyens sont jusqu'à présent les meilleurs que nous ayons rouvés quelquefois utiles contre cette maladie si souvent et si rapidement nortelle.
On conseille la valériane dans quelques cas d'hystérie , de danse de Saintîuy, de migraine, et enfln dans un grand nombre de maladies nerveuses. Vussi cette substance entre t-elle dans la composition d'une foule de préparaions officinales.
Il vaut mieux employer les préparations que l'on formule soi-même , et aue on adapte aux divers cas particuliers. Ainsi on prescrira de préférence, dans a majorité des cas , la poudre divisée par prises , ou l'extrait mis en pilules, iu mêlé à une potion. L'infusion ou la décoction pourront être données, si les naïades n'ont pas trop de répugnance pour ces médicamens ; mais si ces préiarations causaient trop de dégoût, on les ferait prendre en bains ou en laveaens. La valériane, administrée de cette dernière manière , réussit particuièrement chez les hystériques. On peut associer la poudre de valériane au abac et la faire prendre par le nez ; enfin on l'associe aux préparations de juinquina, de fer , d'opium , etc. , et l'on obtient ainsi de ce précieux médicalent tous les avantages que l'on a le droit d'en attendre.
( Martin Solon. )
VAPEUR j fumigations pulmonaires , atmiatrie pulmonaire. Il a déj'a été iuestion des différens emplois médicinaux de la vapeur aux mots bain, criLonE, ÉsiNFECTiON ct FUMIGATION ; nous nous occupcrous seulement dans cet artile de l'application des gaz ou vapeurs à l'appareil respiratoire , soit que l'on leuille en borner les effets aux maladies de cet appareil, soit qu'on veuille les iendre, par voie d'absorption, au reste de l'économie. Déjà M. Rapou , dans 'jn Essai sur l'atmidiatrique , ou Médecine par les vapeurs; et M. Babaudlaribière , dans l'excellente thèse qu'il a soutenue, le 7 décembre 1833 , à la (acuité, se sont occupés de celte matière; nous avons cru néanmoins à fiuse de son utilité , devoir la rappeler dans ce Dictionnaire à l'attention es praticiens, parce que, en ville surtout où l'on peut l'employer avec )us les soins qu'elle demande , on en retirera des avantages incontestables.
Nous donnons à celte médication le nom à' atmiatrie , mot tiré du grec «t//.ct , riUou, vapeur ,gaz, et la-pax, curation , traitement , parce que l'usage de gaz u de différentes vapeurs constitue la médication ; le mot pulmonaire indique i région de l'économie sur laquelle agissent les moyens employés; on pourrait ire de même atmiatrie cutanée , lorsque la vapeur est appliquée à la peau, etc. e mot atmiatrie nous a paru plus euphonique que celui d'atmidiatrique, formé '«T|««5, azfj.iJbi, employé par les médecins distingués que nous avons cités, c'est 3ur cela que nous l'avons préféré.
Il s'en faut que cette médication soit nouvelle : Hippocrate , Galien et les édecins de plusieurs époques en ont de temps en temps signalé les avantages ; spendant on néglige de s'en servir. Cela tient sans doute soit aux difficultés l'elle présente dans sou emploi , soit au peu de succès qu'elle donne, les cas ins lesquels on la met en usage étant souvent de la dernière gravité. ! Ija plupart des auteurs s'accordent à distinguer deux sortes de fumigations ,
DiCT. DE MÉDECI>E et DE ChjROEGIE PRATIQDES,
les unes sèches, siiffitus , les autres humides haliius. On fait les premières en répandant dans la chambre du malade, selon l'indication , des vapeurs d'encens , de térébenthine , de styrax, de goudron, ou différens gaz. Les fumigations humides se préparent par l'évaporation des décoctions de guimauve, de roses rouges , de lierre terrestre, de romarin , etc. Une distinction non moins importante à établir, c'est que tantiU on fait arriver ces gaz ou ces vapeurs dans l'appareil respiratoire , à l'aide d'un flacon de Woulf plus ou moins moditié , et que tantôt on les répand dans l'air de la chambre que le malade habite. Le premier procédé a l'inconvénient de ne point agir constamment , et ne doit être employé que quand l'usage trop long-temps continué du gaz ou de la vapeur a de l'inconvénient ; le second a l'avantage d'un contact continuel et plus elficace. Les circonstances dans lesquelles se trouve placé le malade déterminent le choix de ces différens moyens.
L'action des gaz et des vapeurs sèches varie beaucoup trop , par la nature des substances employées à leur préparation , pour que nous disions sur elle quelque chose de général. Il faut seulement avoir soin que ces gaz ou vapeurs ne soient point en telle quantité qu'ils puissent gêner la respiration ; il faut , avant d'en charger l'air, avoir la précaution de renouveler l'atmosphère de la chambre.
Les vapeurs chaudes et humides, que l'on fait le plus ordinairement avec le flacon de Woulf , occasionnent , lorsqu'on les respire pour la première fois , une légère oppression ; mais avec un peu d'habitude et en ne forçant pas la respiration , cette fonction s'exécute ensuite avec autant de facilité que si l'on respirait l'air atmosphérique pur. Alors une sensation chaude et agréable a lieu dans la poitrine, la sécrétion muqueuse augmente, l'expectoration devient plus facile, quelquefois enfin des sueurs assez abondantes s'établissent.
Outre ces effets généraux des fumigations , on observe aussi quel(|uefois des modifications qui dépendent de leur nature; ainsi sous l'influence des vapeurs balsamiques l'expectoration aqueuse et abondante s'épaissit, se condense , et prend de plus en plus l'aspect du mucus filant et homogène ; l'expectoration puriforme du catarrhe chronique reprend peu à-peu les caractères du mucus de bonne nature. Nous avons vu, dans quelques cas, la décoction concentrée de digitale agir sur la circulation et abaisser le pouls à soixante et à cinquantecinq battemens. Ces résultats d'absorption pulmonaire ne sont pas multiplies ; en effet , nous avons en vain essayé de purger des malades en faisant passer l'air à travers de très-fortes décoctions de sené, de rhubarbe , etc. ; aucun effet sensible ne s'est manifesté. 11 en a été de même quand nous avons employé de l'eau chargée d'un ou deux gros de laudanum de Sydenham ; ces différens médicamens , à principes fixes, n'ont exercé aucune action sur l'économie. Pour que les médicamens agissent par cette voie, il faut qu'ils offrent des principes volatils ; ils peuvent alors modifier aussi sûrement l'économie que la térébenthine, dont l'action sur le système urinaire ne tarde pas à se faire sentir lorsqu'on respire quelque temps les vapeurs de cette substance.
Il y a des malades qui ne peuvent pas supporter l'inspiration des vapeurs humides , d'autres qui sont incommodés par les vapeurs sèches. On observe ces mêmes dispositions sur quelques asthmatiques quand ils ont leurs accès et dans l'intervalle de ceux-ci. En général les malades , dont les bronches sont déjà remplies d'une sécrétion muqueuse abondante, éprouvent bientôt une plus grande suffocation par l'inspiration des vapeurs humides; il faudrait au contraire , dessécher l'air que l'on fait arriver dans leurs poumons. Tels autres malades se trouvent bien d'un air chargé de vapeurs épaisses ; aussi l'habitation des étables est-elle utile à plusieurs. C'est en observant ces diverses circonstances que l'on peut tirer quelque parti de l'atmiatrie pulmonaire , soit que l'on se propose d'agir seulement sur l'appareil respiratoire , soit qu'on ait le désir de modifier l'économie elle-même.
Nous avons , pour atteindre le premier but , employé l'atmiatrie dans des cas de coryza, de laryngite , de bronchite , et nous l'avons souvent fait avec succès, surtout pour ces deux dernières maladies , en nous servant du flacon de Woulf , contenant des décoctions appropriées aux cas dont il s'agissait. Nous avons essayé , à l'exemple de Billard (Mém. acad. roy. chirurg. , t. v , pag. 549) , de faire respirer à des phthisiques , placés dans de petites salles de 1 hôpital Beaujon , différentes vapeurs répandues dans l'atmosphère, mais nous n'en avons obtenu aucun résultat favorable. On n'en sera pas étonné , si l'on fait attention aux infidélités d'exécution et aux nombreuses difficultés que l'on rencontre dans un hôpital, inconvéniens dont Billard n'a pas eu à se plaindre pour les cas qu'il a cités , et que l'on écarte aisément dans la pratique de la ville. Obligé d'abandonner l'usage des atmosphères artificielles , nous avons eu recours au flacon de Woulf, chargé de décoctions éiuollientes ou balsamiques, et sur plus de soixante ou quatre-vingts phthisiques que nous avons soumis à leur usage et à rapj)lication de cautères , etc. , nous sommes parvenus deux fois à obtenir la cicatrisation et la disparition de cavernes bien constatées. L'observation de ces malades est rapportée dans les Cons 'dérations sur l'almiatric pulmonaire , que nous avons publiées dans le n" 12 tle la Gazette Médicale de 1834 (t. II, pag. 177). L'emploi des fumigations n'empêche pas de mettre en usage les différens moyens que la matière médicale présente et dont les indications déterminent le choix. Ainsi, le phcllandrium , ciguë aquatique, ou plusieurs autres plantes , les balsamiques , l'acide hydrocyanique , les e.iux sulfureuses, l'iode , l'application de sétons , de cautères , et d'autres moyens révulsifs , le régime et les soins hygiéniques convenables , contribueraient à éloigner les progrès ou à procurer la guérison d'une maladie presque constamment rebelle aux secours de l'art.
Le choix du gaz dépend de beaucoup de circonstances. Ainsi ou a vanté le chlore dans le cas d'asphyxie par l'acide hydro-sulfurique. M. Colfereau paraît
VAREC.
avoir obtenu de bons résultats de l'inspiration du chlore chez quelques phlhlsiques. On assure même que ce gaz a eu des succès sur des cholériques; mais les faits manquent pour démontrer cette assertion.
L'absorption de quelques vapeurs , n'est-elle pas la cause des bons effets que l'on a obtenus , dans plusieurs affections convulsives thoraciques , l'asthme et la coqueluche , de fumigations faites avec la décoction de belladone ou avec les feuilles de datura stramoine , fumées comme du tabac ? Ce doute ne peut avoir lieu , lorsqu'il s'agit d'un autre appareil : ainsi nous avons vu quelquefois les palpitations de cœur diminuer en faisant respirer l'air chargé de vapeurs d'une forte décoction de digitale.
Nous n'insisterons pas sur l'usage que l'on peut faire des gaz dans la syncope, l'asphyxie , et plusieurs autres maladies. Nous ne parlerons pas des avantages que l'on retire de l'inspiration de l'air de telle ou telle région du globe , etc. Nous avons rempli le but que nous nous étions proposé, si nous avons prouvé que l'atmiatrie pulmonaire est une médication utile dans les affections de l'appareil thoracique , soit en formant une sorte de bain au poumon , comme ledit SloU ( aphorisme 134), soit en mettant en contact avec cet organe des mcdicamens capables de le modiûer dans ses maladies ; si enfin nous avons appelé l'attention des praticiens sur le moyen d'introduire dans l'économie , quelques agens médicamenteux utiles dans des affections étrangères à celles de l'appareil respiratoire. (Martin Solok.)
VA.IiEC. On nomme ainsi, sur les côtes de l'Océan , toutes les plantes de la famille des algues ou plus exactement du genre Jucus , qu'on y ramasse dans la vue d'engraisser les terres , ou pour incinérer et produire une soude de mauvaise qualité , mais qui a pris un certain degré d'importance depuis qu'on y a découvert l'iode .
Les varecs sont des productions marines formées d'un tissu cellulaire homogène , dont aucune n'est vénéneuse ni même suspecte. Ils sont , au contraire , tous composés d'un mucilage très-nourrissant , qui servirait plus souvent de nourriture à l'homme , s'il n'était presque toujours accompagné d'une huile fétide , qui s'oppose à son emploi : au moins a-t-on utilisé comme aliment le petit nombre d'espèces qui n'offrent pas cet inconvénient.
On a déjà parlé de la mousse de Corse, fucushelminlhocorlon^ L. , girarlina helminthocoitoii , Lamx. ) , petite algue ramassée sur les rivages de la Corse, mélangée de beaucoup d'autres , et dont on fait usage comme anthelmintique. "Voici quelques autres espèces qui méritent d'être citées.
Hdtchinsie BRUNE-NOIRATRE. Hutcliinsiii atro-rubcscens , Agardh ; poljsiphonia atro rubescens , Grev. Cette petite algue desséchée paraît formée de filamens assez fins et un peu feutrés, d'une structure articulée ou cloisonnée. Elle a une très-forte odeur de varec , une couleur brune presque noire , et une saveur salée. Traitée par l'alcool , elle lui cède une matière grasse verte et odorante, une substance rouge soluble dans l'eau, et des sels non iodurés ; traitée ensuite par l'eau , elle fournit encore de la matière rouge , de la gomme , un sel calcaire abondant , et quelques autres sels qui prennent une teinte à peine violacée par l'amidon et le chlore.
Il semblerait , d'après cela, que l'iiutchinsie noirâtre ne devrait pas contenir d'iode ; mais si on la prend après l'avoir épuisée par l'eau et l'alcool , si on l'humecl.e avec de la potasse et si on la chauffe au rouge , on obtiendra une niasse charbonneuse , d'où l'eau extraira en abondance de l'iodure de potassium. Cet essai prouve que l'hutchinsie noirâtre, de même que l'éponge, contient de l'iode en combinaison avec ses propres élémens. Elle fait partie de la poudre de Sency contre le goitre , et il est remarquable que les auteurs de celte poudre aient su la choisir au milieu des autres fucus préconisés contre cette maladie.
CARR.VGAHEEÎf , OU MOCSSE MARINE PERLEE. F UCUS Cl'ispuS , L., ctlOndruS polj-
movphus , Lamx. Celte substance sert de nourriture au peuple dans les pays pauvres (jui avoisinent les mers du Nord, et même en Irlande , où elle est commune. Il y a quelques années, elle a été proposée en Angleterre , comme un aliment médicamenteux, analogue au salep ou à l'arrow-root j et , en effet , aucun autre fucus ne peut lui être comparé pour cet usage , à cause de sa blancheur parfaite et de l'absence complète de l'iode et de l'huile fétide qui rendent si désagréables les autres espèces. Ce fucus est formé d'un pédicule aplati qui se développe en une fronde plane , dichotome, longue de deux à trois ponces , très-variable dans sa forme : tel que le commerce le présente , il est sec, crispé , jaunâtre d'une odeur faible et d'une saveur mucilagineuse non désagréable. Lorsqu'on le plonge dans l'eau , il s'y gonfle aussitôt considérablement , devient blanc, gélatineux , et paraît même se dissoudre en partie. A la chaleur de l'ébullition , il se dissout presque complètement , et forme cinq ou six fois son poids d'une gelée très-consistante et insipiile , que l'on peut sucrer et aromatiser à volonté.
Laminaire saccharine. Laminaria saccliarina, Lamx.,yucM5 saccharinus , L. Pédicule arrondi, de la grosseur du doigt; lame membraneuse un peu coriace, large de un à deux pouces , longue de trois h six pieds ; couleur rousse ou verdâtre, odeur peu marquée, saveur douceâtre et nauséabonde. Ce fucus desséché se recouvre d'une cfllorescencc sucrée qui lui a valu son nom. Mais beaucoup d'autres présentent le même caractère ; entre autres les fucus digitatus , silicfuosus , vesiculosus , etc. Il résulte de l'analyse faite par M. Gaultier de Claubry , que le fucus sncchnriwts contient une quantité notable d'iode à l'état d'hydriodate alcalin ; après lui viennent les fucus digilatus et sernitus ; les fucus vesiculosus , silic/unsus et fdum, n'en contiennent que fort peu. Il résulte de celle comparaison que \c fucus saccharinus doit être préféré aux autres pour la fabrication de la soude , d'où on extrait ensuite l'iode.
VARICE.
'V'arec vésiculecx. Fucus vesiculosus, L., quercus marinas des anciens naturalistes. Fronde plusieurs fois dichotome , longue de un à deux pieds , découpée en lanières très-entières sur les bords , et pourvue de vésicules ovoïdes disposées le long de la nervure médiane. Ce fucus est d'un vert-brun, pourvu d'une forte odeur de marée et d'une saveur nauséabonde. En le distillant avec de l'eau , et en traitant le produit distillé par l'éther, on en relire une huile blanche, demi-solide , qui en est le principe odorant. Bouilli avec de l'eau , on en retire du chlorure de sodium , du sulfate de soude , du sulfate de chaux et de la pectine en grande quantité. La liqueur n'offre que des indices d'iode par l'amidon et le chlore , mais cet essai est trompeur : pour trouver l'iode, il faut précipiter la pectine et une partie des sulfates par l'alcool , évaporer l'alcool , y ajouter de la potasse et calciner. Le résidu exhale une forte odeur d'acide bydrosulfurique qu'on en dégage par le moyen de l'acide hydrochlorique. On chauffe la liqueur, on filtre j on y ajoute de l'amidon et du chlore, et on obtient alors une coloration bleue assez foncée, due à la présence de l'iode.
Le varec vésiculeux, réduit en charbon dans un creuset fermé, forme Véihiops végétal de plusieurs pharmacopées. Ce charbon exhale une forte odeur hépatique , et peut bien ne pas être sans action sur les maladies du système lymphatique ; mais il doit agir surtout en raison des sulfures qu'il contient , tandis que le charbon d'éponge , auquel on l'a assimilé , doit sa propriété à de l'iodure de calcium. ( Ghibourt. )
VARICE, s. f. arix , xi-P^'i- Tumeur formée par la dilatation plus ou moins considérable et permanente des veines.
Bien que toutes les parties de l'arbre veineux puissent être atteintes de celte affection, on remarque, toutefois, qu'elle se développe sur certaines divisions de ce système plutôt que sur d'autres , et pour ainsi dire avec prédilection. On la rencontre plus fréquemment qu'ailleurs sur les membres abdominaux , spécialement chez les sujets qui restent long-temps debout , qui sont exposés à des marches forcées , dont les jambes sont soumises à l'action de causes de débilité ou d'irritation , comme les forgerons, les soldats, les blanchisseuses, les bateliers, les cuisiniers, etc. Les varices sont encore fréquentes dans les veines provenant d'organes souvent excités , et qui , à raison de ces stimulations répétées , sont le siège fréquent de congestions sanguines plus ou moins énergiques et durables. Les varices du col de la vessie, celles du rectum , celles de l'appareil génital, de l'estomac, de l'intestin, sont dans ce cas. Enfin, aux environs du cœur, lorsque les cavités droites de ce viscère sont affectées de quelque engorgement produit par des obstacles à la circulation, les veines caves , la veine azygos , les jugulaires internes se dilatent parfois , deviennent pulsaliles , acquièrent successivement un grand volume , et sont exposées à des ruptures qui ont chez plusieurs sujets été la cause de la mort. En général , le retour du sang dans les veines, par un mouvement ascensionnel, et contre son propre poids , ajouté à l'isolement de ces vaisseaux , ou à leur situation sous-cutanée, constitue la cause prédisposante la plus active des varices ; et c'est en considérant les diverses parties du corps sous le rapport de cette disposition , que l'on pourra déterminer à priori celles qui sont le plus souvent affectées de cette maladie. A tous ces titres les veines spermatiques doivent eu présenter et en offrent effectivement sous le nom de varicocèle ou de cirsocèle, les exemples les plus multipliés.
Les varices des veines profondes des membres , de même que celles des cavités splanchiiiques sont fort rares , aussi bien que celles des veines des membres thoraciques.
L'observation n'a pas encore déterminé quelle variété d'organisation ou de tempérament dispose le plus aux varices. 11 est d'observation, toutefois, que les veines sont tres-souvent volumineuses , distendues et variqueuses dans les parties inférieures du corps chez les sujets auxquels ou attribue le tempérament bilieux. Existe-t-il chez ces personnes quelque obstacle à la circulation hépatique, lequel réagirait sur les veines des membres inférieurs et des testi« cules? L'analogie pourrait porter à le penser, mais aucune expérience directe ne le démontre. Malgré l'assertion contraire de M. Briquet, j'ai pu constater par une longue expérience, résultant des visites des militaires, que le tempérament lymphatique et une constitution molle, loin de disposer aux varices , sont fréquemment, au contraire, accouipagnés de l'étroilesse et d'une sorte d'atrophie des veines. L'âge adulte , la force musculaire , le développement considérable du système sanguin sont autant de dispositions organiques favorables à l'apparition des varices , qui sont d'ailleurs beaucoup plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes.
On attribue généralement les dilatations variqueuses à la faiblesse des veines ; on les considère comme résultant de l'action de causes mécaniques, opposées au retour du sang vers le cœur , qui ont vaincu le ressort de ces vaisseaux et les ont jetés dans un état de débilité ou d'asthénie. Cette étiologie est trop exclusive. Nul doute que la station droite prolongée , que l'obstacle au cours du sang provenant de causes diverses, du développement de l'utérus, par exemple, pendant la grossesse, du rétrécissement d'une des cavités droites du cœur, de l'engouement ou de la compression du poumon, ne constituent des causes manilestes et fréquentes des varices. Mais en beaucoup de cas ces dilatations sont le résultat de la congestion habituelle des organes d'où proviennent les veines. Qui n'a observé les varices qui sillonnent la surface des tumeurs articulaires, celles qui rampent aux environs tles productions cancéreuses, celles qui succèdent momentanément, dans le cordon testiculaire, a l'orgasme génital prolongé , celles qui entourent la vessie, la prostate et les parties voisines chez les calculeux, etc. ?
Si cette opinion , proposée et soutenue par plusieurs écrivains , que les vari-
VARICE.
VARICE.
|ces sont toujours le résultat d'une irritation du système veineux , semble trop [générale , on devra cependant admettre qu'en beaucoup de cas elle est fondée , :oa que du moins , la source ou la cause de la dilatation , loin de résider dans iun obstacle placé du côté du cœur , consiste dans une excitation sanguine trop rvive,avec surcroît d'action, des capillaires d'où proviennent les veines afTecte'es , et qui se propage selon toute apparence jusqu'à leur tissu. M. Pigeaux a '.placé dernièrement la source des varices dans les communications normales des veines avec les artères et dans l'impulsion trop énergique, propagée du cœur veineux. Mais cette théorie , fût-elle démontrée par certains cas , pour jles anévrysmes variqueux, par exemple, aurait encore l'inconvénient d'être ijexclusive et inapplicable à la majorité des autres. L'observation constate que iides causes de plus d'un genre, comme les obstacles à la circulation dans les ligrosses veines , le cœur droit ou le poumon, les excitations trop vives des tissus , les communications anormales des veines avec les uretères, peuvent produire jles dilatations variqueuses; mais elle démontre aussi qu'aucune de ces causes ,a'est exclusive des autres et que toutes doivent être admises , étudiées et appréciées à leur juste valeur.
Dans leur développement successif, les varices affectent une marche plus ou noins rapide. Presque toujours elles débutent par une dilatation que le repos ît la situation convenable de la partie ou du sujet fait cesser à diverses reprises, ivant qu'elle devienne permanente. D'autres fois, au contraire, on les voit lébuter tout-à-coup et faire en peu de mois , ou en peu de semaines , des progrès considérables. J'ai vu récemment un militaire qui , en trois mois , sans ;ause appréciable autre que la fatigue du service, a eu le membre abdominal jauche envahi par des varices, surtout volumineuses au mollet et à la région poplitée.
Les varices se présentent sous plusieurs aspects. Ordinairement, des branlies veineuses superficielles, assez considérables , en étant le siège , elles forcent sous la peau des cordons bleuâtres , noueux , mous , faiblement élastiques, antôt droits, tantôt et presque toujours flexueux , étendus de l'extrémité d'un nerabre , de la jambe ou du pied , par exemple , j usqu'à des hauteurs variables u côté du tronc. A une première veine variqueuse s'en ajoutent bientôt d'aures, qui s'accroissent à leur tour , et , successivement, le membre est sillonné le bosselures souvent très-considérables. Si plusieurs veines ainsi dilatées se encontrent sur le même point, elles forment parfois des paquets circonscrits, t constituent des tumeurs variqueuses , dont on rencontre des exemples aux mbes, aux régions inguinales, au cordon testiculaire , etc. Dans d'autres irconstances , les radicules cutanées des veines étant alTectées plus tôt que leur roncs , on; les voit sillonner le tissu de la peau , sous l'apparence de raies bleuâres , ou d'un rouge vif, presque sous-épidermiques et disposées en réseaux )lus ou moins serrés. Enfin , c'est à la dilatation générale des capillaires veileux , que sont dues plusieurs de ces tumeurs violacées, d'un rouge lie-de-vin, fréquentes au visage, aux lèvres et aux parties supérieures du tronc , et que es eufans apportent en naissant. Ces tumeurs diffèrent des productions érecles artérielles en ce que nulle agitation pulsalile ne se fait sentir dans leur issu, que leur couleur est bleuâtre au lieu d'être rutilante, et qu'après s'être aissé affaisser et flétrir avec les doigts, elles ne reprennent que très-lentement t uniformément leur volume, au lieu de se boursoufler de nouveau par saccaes isochrones au pouls. 11 existe une manifeste analogie entre ces tumeurs et ertaines tumeurs hémorrhoidales du rectum , lesquelles , elles mêmes, se raprochent des dilatations des veinules cutanées ; de telle sorte que l'anatomie iatliologique constate une gradation bien marquée entre les na;vi - marterni asculaires veineux , et les varices proprement dites , affections qui ne diffèrent ntre elles que par le nombre et le volume des canaux dilatés, d'où résultent i forme spéciale et les caractères différentiels de la maladie.
Les altérations de tissu qui se développent dans les varices , ainsi que les iniommodités qu'elles occasionnent , constituent un objet important d'étude. Au ébut, dans les dilatations isolées et fusiformes des veines, les parois de ces rganes ne semblent d'abord avoir subi aucune modification : on les trouve seument plus friables, plus sèches, plus condensées que dans l'état normal, fjeurs valvules ne présentent rien de particulier. Si on les ouvre sur le sujet ivant, elles se vident et reprennent leur calibre. A cet état, la maladie peut ncore être guérie par la cessation des causes qui l'ont produite , ainsi qu'on [observe chez les femmes enceintes , après l'accouchement. Avec le temps , la ilatation s'accompagne de l'cpaississenient des parois veineuses , qui restent ilatées et béantes apiês leur section transversale; leur surface interne offre es replis longitudinaux , réguliers , très-prononcés ; la tunique moyenne est mtôt rouge, comme charnue . tantôt grisâtre, d'apparence fibro-ccUuleuse. Les eplis valvulaires sont sans altération, l'hypertrophie portant spécialement sur j tunique moyenne , et pou vaut aller jusqu'à donner à la veine l'aspect d'un aisseau artériel de même calibre. La tunique externe ou celluleuse ne préînte que plus tard un surcroit de densité , qui la fait adhérer avec plus de force jx parties voisines , et rend le canal moins mobile et moins libre au milieu es tissus qu'il parcourt.
Dans les varices sinueuses , accompagnées de nodosités et formant des circonslutions considérables, on observe presque toujours un aspect analogue à ;Iui que présente le gros intestin. Sur deux points opposés du calibre de la eine malade , ordinairement correspondant à la peau et à l'aponévrose, se essinent deux lames grisâtres, épaisses , rentrantes , formant deux bandes pailléles , entre lesquelles se dessinent des renflemens , avec amincissement des iniques vasculaires , disparition presque complète de la tunique moyenne et !)rmation de loges qui deviennent de plus en plus prononcées. Les replis inté-
rieurs ou valvulaires perdent leur régularité , leur forme, leur saillie et finissent par disparaître en grande partie. Les veines alors augmentent en longueur comme en diamètre, ce qui explique leurs nombreux replis, et ce qu'on peut constater , d'ailleurs , en les étendant et eu les comparant à leur état naturel. La tunique externe, ordinairement grisâtre , terne , friable, fixe de plus en plus le vaisseau contre les parties voisines, maintient ses sinuosités et lui fait enfin contracter d'étroites adhérences. En examinant les tuniques veineuses , ouvertes et déplissées ,à contre jour , on peut aisément constater leur amincissement inégal , leurs dilatations en forme de godets, et l'e.xistence des bandes solides qui séparent ces renflemens, mais qui, à la longue, s'affaiblissent au milieu de l'amincissement général.
Les varices, ou plutôt leurs dilatations, fusiformes ou globuleuses, analogues en cela , ainsi que le fait observer M. Briquet, aux tumeurs anévrysmales, sont ordinairement remplies de sang, coagulé en partie , en partie liquide, et parfois de fibrine pure, déposée sous forme de pseudo membranes , contre leurs parois. Il est à remarquer que sur le cadavre , le sang contenu dans les varices est presque toujours de consistance normale , tandis que sur le vivant on y trouve en beaucoup de cas des caillots blanchâtres , solides, allongés , mobiles , et qui, extraits lentement ou roulés sur un bâtonnet, ont pu simuler le dragonneau. Dans tous les cas , autour des veines variqueuses depuis long-temps , le tissu cellulaire , tantôt augmente de densité, se laisse pénétrer de lymphe plastique et coagulable qui l'endurcit et lui permet de former des sillons dans lesquels sont logées les parties malades du vaisseau , et tantôt devient [)lus spongieux , plus perméable, se laisse pénétrer par le sang, et devient le siège de ces ecchymoses qui se décèlent par la couleur bleuâtre ou vineuse de ces varices. Ces deux modes d'altérations correspondent à l'augmentation de solidité ou a l'affaiblissement et à la raréfaction des parois des veines.
Il serait impossible de décrire toutes les formes, toutes les variétés d'aspect que présentent les varices. Si , dans beaucoup de cas , quelques veines seulement sont affectées et conservent leur direction générale , malgré les replis qu'elles forment , en d'autres circonstances , elles semblent s'être réellement multipliées, tant est considérable l'étendue des parties qu'elles recouvrent. Ces plaques, ces tumeurs irrégulières , unies entre elles par des canaux nombreux de communication, ressemblent parfois à un reptile replié sur lui-même , et parfois offrent une masse informe, pâteuse, bosselée, considérable, recouverte d'une peau mince, violette, prête à se rompre , ou s'étant déjà crevassée un plus ou moins grand nombre de fois.
Les parties affectées de varices sont ordinairement pesantes, peu disposées au mouvement, le supportant mal ; et alors augmentant de volume, devenant dures, pâteuses , froides, engourdies. La fatigue y développe un sentiment prématuré de lassitude, la peau devient violette, la tumeur veineuse se tend, devient saillante , semble prête à se rompre : aussi les varices volumineuses sontelles une cause d'exemption du service militaire. Sous l'influence des marches forcées , les veines dilatées et distendues des jambes s'irritent assez souvent , se durcissent, deviennent douloureuses, et lorsque ces phlébites se répètent, les tumeurs conservent une dureté, une résistance , qui les rend solides et dépend de l'épaississemcnt du tissu cellulaire , dont la congestion ne se dissipe chaque fois que d'une manière imparfaite.
Ces mêmes fatigues , le froid , le séjour prolongé devant le feu ou dans l'eau , sont susceptibles de provoquer non-seulement la phlébite , mais le ramollissement des veines dilatées , l'érosion de leurs parois , celle du tissu cellulaire et de la peau, et enfin la formation de foyers purulens ou d'ulcères plus ou moins étendus que la varice elle-même entrelient et rend interminables. D'autres fois, des érysipèles phlegmoneux se développent le long des veines variqueuses , envahissent les membres malades et compromettent la vie des sujets. Chez quelques personnes , on a vu les varices, distendues outre mesure ou atteintes de percussions directes, se déchirer, laisser le sang s'extravaser dans le tissu cellulaire environnant , et donner lieu à des ecchymoses ou à des tumeurs de volume varié. Le sang, dont la circulation est ralentie et qui parfois stagne dans les varices, s'y concrète non-seulement en caillots, mais de manière à y former des concrétions globuleuses , irrégulières , présentant des couches concentriques de substance fibrineuse très-condensée , et qui , libres et flottantes , ont reçu de quelques médecins le nom de phlébolilhes.
Les graves incommodités attachées à la présence des varices , et les obstacles nombreux , toujours croissans, qu'elles apportt-nt en beaucoup de cas à l'exécution des travaux ou des professions nécessaires à la subsistance de l'homme, ont porté depuis long-temps les médecins et les malades à chercher les moyens de les guérir, ou au moins de diminuer les incommodités qu'elles occasionnent.
Leur traitement palliatif, le plus généralement employé elle plus innocent consiste à maintenir les varices comprimées au moyen de bandages , de bas lacés et d'autres moyens appropriés. Les malades doivent en même temps éviter les grandes fatigues , l'exposition au froid , à l'humidité, à la chaleur trop intense, et toutes les causes susceptibles d'augmenter la congestion ou de provoquer la phlogose des tumeurs variqueuses. A l'aide de ces moyens, on ne guérit pas , il est vrai , la maladie ; mais on atténue ses effets et on les rend souvent presque insensibles.
Riais , d'une part, toutes les varices ne sont pas susceptibles de se prêter à ce traitement, et, de l'autre, tous les malades ne peuvent s'astreindre aux raénagemens , aux attentions continuelles qu'il impose : de là la nécessité de recourir parfois à des moyens plus énergiques et aussi plus douloureux.
Les anciens , déjà , pratiquaient la ligature des veines variqueuses, et cette opération, à peu-près oubliée, lorsque Home la reproduisit en Angleterre, a été souvent pratiquée en France par divers chirurgiens et surtout par Béclard.
TARICÊ.
VARICELLE
Eîle a pour but roblitéiation des varices à raison de la stagnation du sang dans leur intérieur , et l'établissement d'une nouvelle circulation de retour à travers des rameaux collatéraux non dilatés. Les anastomoses si multipliées des veines justifient ce procédé et expliquent fort bien ses heureux résultats. La ligature doit être apj)liquée au-dessus et aussi près que possible de la varice. Une incision faite à la peau sert à découvrir la veine, sous laquelle une aiguille porte facilenipnt le fd ciré. A l'instant de la conslriction , les malades accusent ordinairement une douleur assez vive et parfois une sensation de frémissement , qui s'étend à toute l'étendue de la varice. Durant les premiers jours , celle-ci conserve sa mollesse et son insensibilité habituelles ; mais ensuite , elle devient plus dure , se durcit , s'éleud , rougit , et fous les phénomènes de la phlébite s'y développent. Après avoir acquis un degré variable d'intensité, ces phénomènes diminuent successivement ; la résolution s'opère ; les veines reviennent sur elles-mêmes, se durcissent, et la varice disparaît graduellement, après un temps plus ou moins long. Le bout supérieur de la veine liée cesse également d'être perméable , jusqu'à une certaine hauteur. Du sang s'en échappe parfois à l'instant de la chule des fils ; mais peu à peu ses parois reviennent sur ellesmêmes ; des phénomènes modérés d'irritation s'y développent : elles se rétractent et se confondent enfin avec le tissu cellulaire environnant.
La ligature , toutefois , ne produit pas toujours une guérison aussi solide qu'on l'avait espéré, et dans certains cas, trop nombreux, des accidens graves lui succèdent et en compromettent les résultats , ou mettent même la vie des malades en péril. L'im) erfection de la guérison ou la reproduction de la varice , après qu'elle semblait oblitérée, dépend de ce que des branches collatérales, nées de la veine malade, entre la ligature et la varice, ont entretenu dans celleci une circulation assez vive pour empêcher la coagulation du sang , et pour laisser reparaître la tumeur lors de la reprise des travaux du sujet. Chez quelques personnes , des veines secondaires deviennent variqueuses près de la première; mais ce cas est beaucoup plus rare que le précédent.
Malgré ce qu'en disait Béclard, les accidens de la ligature des veines sont àla-fois assez fréquens et toujours redoutables , ainsi que le constatent les observations consignées dans l'ouvrage de Hodgson. Chez beaucoup de sujets , l'inflammation de la varice détermine un érysipèle phlegmoneux , suivi d'une abondante suppuration; chez d'autres , en moindre nombre, la phlébite se propage le long du bout supérieur du vaisseau lié , de manière à entraîner la prostration des forces, le délire et tous les accidens attachés à la phlogose de la membrane interne et des gros vaisseaux. Et en supposant même que ces accidens fussent aussi rares que semblerait l'indiquer la pratique du professeur habile que je viens de citer, ils suffiraient cependant pour engager le chirurgien à ne pas pratiquer légèrement l'opération susceptible de les produire, et à n'y avoir recours que dans les cas où la maladie est devenue tellement considérable, que nul autre moyen ne peut lui être opposé.
L'incision des tumeurs variqueuses , ou même celle plus restreinte de la veine malade, au-dessus de la varice, donne lieu à des accidens semblables à ceux de la ligature, mais plus fréquens encore. Cette opération, bien que pratiquée avec succès tant en Angleterre qu'en France, doit être rejetée comme méthode générale , et n'est applicable qu'aux cas de tumeurs variqueuses, situées de telle sorte que, le malade voulant absolument en être débarrassé , l'instrument ne pût être porté que sur elles, les veines qui en partent se plongeant immédiatement dans quelque grande cavité. Certaines varices de l'ouïe , des parois abdominales ou de diverses autres parties du tronc seraient dans ce cas.
L'extirpation des groupes de varices constitue un procédé plus grave encore et plus fécond en inconvcniens que les précédens. L'opération est toujours alors plus ou moins longue, diflicile et douloureuse: elle laisse à sa suite une plaie dont la suppuration est nécessairement assez abondante et dont l'inflammation a une grande tendance à se propager en haut , le long des parois veineuses. Actuellement surtout , l'extirpation des varices ne saurait être considérée sans terreur par les chirurgiens h qui la résorption du pus par ces vaisseaux inspire des craintes si vives.
Ces opérations n'offrant pas de sécurité , l'art était borné dans le traitement des varices, h contenir ces dilatations, à les comprimer, à combattre leurs progrès. Il était rare qu'on eût recours à l'instrument tranchant. De nouvelles tentatives ont eu lieu toutefois assez récemment et semblent promettre de plus heureux résultats. Au lieu de découvrir les veines par une incision , afin de les lier , soit immédiatement , soit en saisissant leurs extrémités après les avoir préalablement divisées, on les soulève avec la peau qui les recouvre ; puis, on passe au-dessous d'elles une aiguille à acuponcture, ou mieux encore une longue épingle ordinaire. Le vaisseau, ainsi soulevé par la tige métallique , est comprimé sur elle , à l'aide d'un long fil ciié , entortillé à la manière de la suture et fortement serré. L'aiguille en arrière , le fil en avant , pressent la veine l'aplatissent , y airêtent le cours du sang, y déterminent une inflammation locale, adhésive d'abord , ulcéreuse ensuite , qui se termine par l'oblitération de la cavité et la section de ses parois. Au bout de huit à douze jours, l'épingle peut être retirée , les fils ôtés , et l'cscharre , formée à l'endroit de la compression se détachant, il ne reste qu'une plaie simple, qui se cicatrise en \>eii de temps. Ce procédé agit sur les varices de la même manière que tous les autres modes d'oblitération des veines; mais les inconvéniens et les dangers semblent moins grands ; employé un grand nombre de fois déjà par M. Velpeau , et , à son imitation, par plusieurs autres chirurgiens , il paraît n'avoir pas été suivi des accidens que la simple ligature n'entraînait que trop fréquemment.
( L.-J. BÉciK. )
VARICELLE, s. f. Je désigne sous le nom collectif de varicelles , on de modifications de la variole, plusieurs éruptions cutanées , pustuleuses , vésiculeuses ou papuleuses, contagieuses , sans fièvre secondaire , pouvant naître de la variole et la produire, et dont la durée est d'un à deux septénaires. Le mot varicelle était depuis long-temps usité dans la langue médicale, pour signifier toutes les modifications de la variole, a\.\ fausses varioles ; c'est ce qui m'a déterminé à lui conserver la même acception. Le nombre des variétés qui composent ce groupe n'est pas encore bien fixé : j'ai cru devoir me borner à décrire les suivantes : 1" yar'iceUes pustuleuses (iwioloïdes de quelques modernes), distinguées d'après la forme des pustules , en oinbiliquée , globuleuse, ci conoïile ; 2° varicelle pa/juleuse ; 3» varicelle vésiculeuse {chicken-pox) ; 4° fièvre varicelleuse.
Ç I. Varicelles pustuleuses (varioloïdes de quelques modernes). Les élevures rouges par lesquelles les varicelles pustuleuses se montrent, sont souvent assez volumineuses et fermes sous le doigt. Elles sont entourées d'une auréole rosée, irrégulière, à teinte inégale , comme parsemée de petites taches rouges quelquefois très-nombreuses, sur le voisinage ou dans les endroits où l'éruption sera confluente. Le deuxième jour de l'éruption , le sommet de ces élevures se détache du derme, et dans l'intervalle on trouve une petite gouttelette d'un liquide transparent. Les élevures augmentent lentement de volume , deviennent de plus en plus opalines; enfin, opaques et blanches. Elles sont fermes sous le doigt, et il ne s'écoule presque rien quand on les pique. Cette opacité et cette couleur blanche des pustules paraissent dépendre presque entièrement, dans quelques-unes , du liquide séro-purulent contenu dans leur intérieur; elles forment ainsi une sorte de transition de la forme vésiculeuse à la forme pustuleuse. Mais le plus souvent cette opacité tient à une autre cause, à la présence d'une fausse membrane en forme de disque {naricelle pustuleuse ombilicjuée) , appliquée et adhérente à la face interne de l'épiderme , si bien que de l'intérieur des pustules très-grandes ou confluentes , parfaitement opaques et même très-avancées , on peut extraire une matière épaisse , jaunâtre, semi-transparente comme une gelée; cela s'observe aussi très-bien dans quelques pustules globuleuses ( varicelle pustuleuse globuleuse ) qui , après les premiers jours, deviennent opalines , et enfin opaques et blanches. Tout autour du disque pseudo-membraneux se forme un cercle vésiculeux transparent , produit par le décollement et le soulèvement de l'épiderme environnant. Plus tard , ce cercle finit par disparaître, le liquide devenant laiteux. La fausse membrane est quelquefois très-épaisse, mais en général elle l'est moins que celle de la variole ; cette fausse membrane est toujours adhérente à l'épiderme avec lequel on pourrait la confondre si l'on n'y faisait grande attention ; elle a un aspect aréolaire; mais elle n'offre pas les godets que l'on observe dans la variole, excepté aux pustules orabiliquées, plus rapprochées que les autres de celles de la variole. La fausse membrane de l'intérieur des pustules s'attache aussi à la surface du derme; car lorsqu'on ouvre quelques pustules, on trouve une matière molle et blanchâtre qui couvre par places la surface des papilles ; les conduits épidermiques des poils qui traversent les pustules sont plus gros et plus blancs qu'à l'ordinaire. La forme et la couleur des pustules varicelleuses dépendent donc de leur étendue, de celle de la fausse membrane et de la quantité de sérosité déposée.
Les élevures rouges du derme persistent et augmentent même quelquefois après la formation des pustules. Dans les grandes pustules, et surtout dans celles qui sont confluentes (où l'on peut mieux observer la surface du derme, après avoir 6té l'épiderme, la fausse membrane et la matière gélatiniforme qui se trouve dans les pustules), on trouve correspondant à chaque pustule primitive, une petite éminence , ou mamelon blanchâtre au sommet et rouge à la circonférence, et autour d'elle une rougeur intense et une légère sufTusion sanguine. Plus tard, le gonflement du derme diminue, mais il persiste quelquefois après la chute des croûtes, sous la forme d'une éminence lenticulaire de couleur rose, entourée par un liséré blanc que produit répi<lerme rompu.
L'auréole, ou rougeur qui entoure les élevures varicelleuses , d'abord large, légère et irré^ulière , devient ensuite plus circonscrite et d'un rouge plus foncé , et lorsque les élevures varicelleuses sont disposées en groupes on en traînées , eWes ont quelquefois l'aspect de l'herpès. Celte intensité de la rougeur continue jusqu'au commencement de la dessiccation ; alors elle diminue considérablement et prend une teinte brunâtre qui disparaît après quelque temps.
Il est rare qu'il s'établisse , dans les pustules de la varicelle, de véritable suppuration, aussi ne laissent-elles presque jamais de cicatrices.
§ il. La varicelle pustuleuse ontbiliquée , qui ne diffère réellement de la variole discrète que par l'absence de la fièi're secondaire , a été étudiée avec beaucoup de soin dans ces derniers temps. Elle se développe le plus souvent dans des circonstances bien remarquables : 1» chez des individus auxquels on inocule à-la-fois la variole et la vaccine ; 2° chez les individus variolés , inoculés ou vaccinés, qui se trouvent accidentellement soumis h l'influence d'une épidémie de variole ou à une nouvelle inoculation varioliqtie; 3° enfin dans quelques cas rares , elle se montre chez des individus non vaccinés ou qui n'ont point été attaqués de la variole , ou bien elle peut leur être communiquée par inoculation.
I . Symptômes. L'éruption peut être légère ou confluente ; elle est quelquefois précédée de taches roséolées disséminées sur la surface du corps. Au reste, les symptômes précurseurs de la varicelle pustuleuse ombiliquée ont la plus grande analogie avec ceux de la variole discrète. Souvent d'une grande bénignité, ils sont quelquefois très-alarmans et accompagnés d'cpigastralgic , de vomisseraens , de délire , etc. Leur marche et leur intensité ne sont point en rapport avec le degré d'étendue de l'inflammation cutanée qui doit leursuccéJer.
VARICELLE
Vi-RICELLE.
Souvent après une fièvre aiguë , beaucoup d'agitation et de délire , on voit survenir une très-légère éruption dont l'apparition est suivie de la cessation complète (le tous les symptômes graves.
Le troisième et le quatrième jour à dater de l'invasion, Véruption s'annonce sur le tronc , la face et les membres , par de petites taches rouges , semblables à de larges morsures de puces, mais qui deviennent bientôt dures et élevées, comme papuleuses, mais qui ne suivent pas toutes la même marche. Quelques, unes disparaissent sans se transformer en pustules ; d'autres deviennent vésiculeuses en quarante-huit heures. Dès le lendemain , ces élevures sont plus proéminentes, acuminées et contiennent une humeur séreuse à leur sommet. Le troisième ou le quatrième jour de l'éruption, la plupart ont déjà pris la forme aplatie que les pustules varioliques n'acquièrent souvent qu à une époque plus éloignée. Ainsi parvenues à leur état, les pustules de celte espèce de varicelle spnl aplaties , ovalaires , la plupart avec un point central déprimé , et sont entourées d'un petit cercle rose. Elles ont d'une à deux lignes de diamètre. Lorsqu'on les comprime , elles résistent sous le doigt comme la cire, et lorsqu'on leur fait une ou plusieurs ouvertures avec la pointe d'une lancette , l'humeur plastique et presque solide qu'elles contiennent ne s'écoule point au-dehors. Leur couleur, d'abord d'un blanc rose , devient ensuite d'un blanc plus mat , le cinquième ou le sixième jour. Le septième jour de l'éruption , la plupart des pustules n'ont pas encore changé de forme ; d'autres, et en particulier celles qui sont le plus apparentes , ont déjà leur centre occupé par une petite croule brune ou jaunâtre qui les rend plus ombiliquées. Quel que soit le degré d'intensité de l'éruption , on n'observe pas la fièvre secondaire , dite de suppuration ^ qui dans la variole se déclare à cette période. Le huitième jour de l'éruption , douzième ou treizième de la maladie, les pustules sont remplacées par des croûtes d'un jaune brun , lamelleuses , sous-épidermiques. et lenticulaires j sur la face , la plupart se sont quelquefois déjà détachées de la peau.
Après la chute des croûtes, on dislingue quelques petites cicatrices, circulaires et déprimées , et une foule de petites taches rouges ou violettes j elles peuvent être encore très-évidentes deux mois après l'invasion de la maladie.
La laryngo-trachéite , si fréquente dans la variole confluente , est rarement observée dans la varicelle pustuleuse ombiliquée; mais la peau, et en particulier celle du visage, peut être fortement injectée , comme érysipélateuse , et le siège d'une tension très-douloureuse. Il se développe parfois des pustules sur les membranes muqueuses de la bouche et des parties génitales.
Les pustules aplaties et souvent ombiliquées ^ qui distinguent cette variété jdes autres modifications de la variole, sont presque toujours mélangées de pustules conoides ou globuleuses. Elles jieuvent aussi acquérir des formes trèsvariées , lorsque plusieurs d'entre elles se réunissent par leurs bords correspondans.
Quelquefois la marche de l'éruption est irrégulière j et l'on trouve en même temps, chez le même individu, des élevures papuleuses, des pustules et des croûtes. Ce phénomène est remarquable lorsque les pustules apparaissent par éruptions successives ; mais souvent, pendant toute la durée du premier septénaire , la marche de la varicelle pustuleuse ombiliquée est aussi régulière que celle de la variole.
Lorsque l'éruption de cette espèce de varicelle est confluente , la face peut être couverte de croules minces, jaunâtres et lamelleuses comme dans la variole j mais , dans la première . on n'observe pas de Jièvre secondaire , et ce caractère •la distingue de la variole légitime.
La durée de la varicelle pustuleuse ombiliquée est de douze à quatorze jours ; ■sa terminaison est presque toujours heureuse : les malades conservent assez long-temps des taches violacées et quelquefois de véritables cicatrices, semblables à celles de la variole.
2. Observations anatomiques. Sous le rapport de \ev\r structure , les pustules aplaties de la varicelle pustuleuse ombiliquée ont la plus grande analogie avec jcelles de la variole. Comme dans ces dernières, la couleur d'un blanc mat et Vombilic des pustules sont dus à un petit disque pseudo-membraneux déposé entre le derme et l'épideTme , et adhérent à ce dernier. La seule différence qui existe peut-être entre ces deux éruptions, est un moindre développement, dans la variole modifiée, de ce disque pseudo-membraneux , et de l'éminence papillaire au-dessus de laquelle il est placé. Ces éminences , qui se dépriment et s'ulcèrent à-peu-près constamment dans la variole , ne s'ulcèrent presque jamais dans la varicelle pustuleuse; une véritable suppuration ne s'opérantpas ordinairement dans l'intérieur des pustules des varioles modifiées.
3. Causes. La varicelle pustuleuse ombiliquée règne dans le même temps que la variole elles autres varicelles, et se développe sous les mêmes influences. Elle apparaît surtout au début et à la fin des épidémies varioliques, surtout chez les sujets vaccinés ou variolés. Dans l'épidémie variolique de Marseille 1(1828), sur trente mille vaccinés, deux mille environ furent alleinls de varioles fausses, et quelques autres de varioles légitimes , et sur ce nombre il en périt vingt ; sur deux mille individus qui avaient eu la petite-vérole naturelle , vingt environ furent affectés de la maladie régnante, et il en périt quatre. Sur les huit mille non vaccinés , quatre mille environ furent frappés de la variole, et il en périt mille.
On a dit que la varicelle pustuleuse avait été observée surtout chez les vaccinés qui avaient eu peu de pustules vaccinales, ou chez ceux dont les pustules avaient été pâles et sans vigueur, ou bien encore chez ceux dont on avait ouvert les boutons avant leur complète évolution : ces assertions ont besoin d'être de nouveau vérifiées.
Dans l'épidémie de Marseille, on a cru remarquer que la varicelle pustuleuse
DiCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
attaquait de préférence les individus dont la vaccination remontait à l'époque la plus reculée. M. Parer, médecin à Marseille, a dit que la varicelle ombiliquée était plus grave chez les anciens vaccinés. M. Gendrin a contesté l'exactitude de ces deux assertions, et la question n'est point décidée.
Si le principe contagieux de la variole agit sur des individus peu aptes à en éprouver les effets , et qui n'ont eu ni la variole ni la vaccine , il peut faire naître la varicelle pustuleuse ombiliquée.
La même personne peut être plusieurs fois affectée de celte éruption , en s'exposant à différentes reprises à la contagion variolique.
On a vu la varicelle pustuleuse se développer chez des individus qui n'avaient jamais eu la pelite-vérole , et qui avaient été vaccinés sans succès.
Le plus souvent Vinoculation de l'humeur de la varicelle pustuleuse ombiliquée n'est suivie d'aucun signe d'infection générale , et ne produit qu'une éruption locale analogue à la vaccine ( Dugat ). Cette inoculation peut aussi être suivie d'une éruption générale , avec ou sans mouvement fébrile et sans fièvre secondaire. Enfin, l'humeur des pustules de celte espèce de varicelle , inoculée à des personnes qui n'ont jamais eu celte éruption et qui n'ont jamais été vaccinées ni variolées , peut donner lieu au développement d'une variole légitime plus ou moins grave , comme l'ont démontré les expériences de M. Dugat et de M. Lafont Gouzi, contradictoirement à l'opinion deM. Gendrin, qui avait avancé que la variolo'ide se transmettait par inoculation , sans jamais se rapprocher delà variole. Au reste, on a vu la variole naître de la varicelle pustuleuse , et la varicelle pustuleuse naître delà variole. Dans l'épidémie de Marseille , un jeune homme , qui avait négligé de se faire vacciner , est atteint de la variole et meurt; son cousin, porteur de belles cicatrices vaccinales, va le voir et en rapporte une varicelle pustuleuse : en même temps , un frère non vacciné reçoit la pelite-vérole la mieux caractérisée de ses frères vaccinés et atteints d'une varicelle pustuleuse.
4. Diagnostic. Dans le premier septénaire, la ressemblance entre la variole et la varicelle pustuleuse ombiliquée est telle qu'il n'y a pas moyen de saisir de différences caractéristiques.
La varicelle pustuleuse ombiliquée diffère de la variole confluente par la marche plus rapide de ses pustules, lorsqu'elles sont arrivées à leur état, et par l'absence de la Jièvrc secondaire. Leurs auréoles , moins enflammées, sont plus rarement suivies de cicatrices.
Celte espèce de varicelle diffère de la variole discrète, non, comme on l'a dit , par l'irrégularité extrême et la rapidité de sa marche , qui souvent est aussi irrégulière que celle de la variole, mais par l'absence de toute fièvre secondaire.
Suivant M. Liiders , de Copenhague , la varicelle pustuleuse ombiliquée ( varioloïde) diffère de la variole par l'irrégularité de sa marche, l'inconstance de ses symptômes, le mode d'apparition des pustules quia lieu par masses successives, occupant d'abord les extrémités , puis le tronc , puis la face; par l'imperfection de la suppuration , la promptitude de la dessiccation et l'absence de Xajièi're secondaire. Suivant moi , il faut s'attacher à ce dernier caractère; car, dans la plupart des cas , la varicelle pustuleuse ombiliquée marche avec la plus grande régularité , et la variole présente elle-même d'assez nombreuses anomalies individuelles.
D'autres pensent que cette varicelle pustuleuse diffère de la variole , en ce que dans celle dernière, l'inflammation pénètre jusque dans l'épaisseur du derme, tandis que, dans la première, elle s'arrête à la surface du corps papillaire ; et c'est pour cela qu'après la chute des croûtes elle laisse rarement des cicatrices.
On a dit aussi que les pustules des varioles modifiées n'étaient formées que d'une seule cavité ; mais celte disposition n'appartient bien qu'aux varicelles à pustules globuleuses ou conoïdes,
M. Gendrin avait avancé que la varicelle pustuleuse ombiliquée (variolo'ide ) différait de la variole par la structure des pustules qui, dans la varioloïde , ne contenaient aucun liquide , ne paraissaient pas mulliloculaires , et se terminaient toujours par résolution. M. Guersent a contesté, avec raison, l'exactitude de cette assertion ; après avoir examiné les pustules de la variole et celles de la varioloïde , dans le premier septénaire, il n'a souvent trouvé aucune différence entre elles. Mes observations sont conformes aux siennes , et ce que M. Gendrin dit de la structure de la varioloïde n'est réellement applicable qu'à une variété de varicelle fort rare , à la varicelle papuleuse.
Le plyalisme, dans la variole , n'a lieu que chez les adultes , et ne peut être pris comme signe dislinctif de la variole et des varicelles pustuleuses.
On a dit que Vodeur de la variole était distincte de celle des varicelles pustuleuses. Si une semblable circonstance a réellement lieu , elle demande une délicatesse de sens qui en fait un signe presque illusoire.
MiM. Favartet Kohe.rl { Précis historique de L'épidémie qui régna à Marseille, et vues noufclles sur la vaccine , Marseille , 1828 ) , ont bien vu que la varicelle pustuleuse onjô/Z/'r/Hée ( varioloïde ) suivait la même marche que la variole confluente, dans les Y>è\:\oAes A' incubation et d'éruption , et qu'arrivées à ce point les deux éruptions revêtaient des caractères individuels. La petite-vérole poursuit son cours ; à l'enflure de la face succède celle des mains; les pustules continuent à se développer en prenant une teinte blanchâtre; l'inflammalion du visage et des mains est alors au plus haut degré; l'intervalle des pustules se couvre d'un rouge plus vif ; la fièvre , presque insensible depuis la sortie de l'éruption , se rallume et prend le nom de Jièvre secondaire ow de suppuration; les pustules du visage, bientôt suivies de celles
VARICELLE
VARICELLE
des mains et des autres parties , passent du blanc au jaune ; en6n l'enflure de la I face diminue, les paupières s'affaissent, et le malade recouvre le libre exercice de la vue ( au dixième et onzième jour ) ; dès-lors les pustules se rembrunissent, se flétrissent , se durcissent , et la c;-oûfe desséchée se détache le vingtième, le vingt-cinquième ou le trentième jour de la maladie , laissant à nu des cicatrices profondes , d'abord rougeâtres, et qui finissent avec le temps par se mettre au Ion de la peau sans s'effacer jamais complètement. Dans la varicelle pustuleuse ombiliquée ( yarioloide), au contraire , la période de suppuration nest pas stationnaire , et il nj- a pas de fièvre secondaire. Parvenue au huitième ou au dixième jour, la maladie s'arrête , les pustules se dessèchent, et les croûtes s'enlèvent de la peau vers le douzième, treizième ou quatorzième jour.
En résumé , s'il y a des différences assez tranchées entre la variole confluente et la varicelle ^\xsia\e\xse ombiliquée , celle-ci se confond par de nombreux caractères avec la vaiiole discrète, dont elle diffère cependant par l'état non stationnaire de ses pustules dans la période de suppuration , et par l'absence de la fièvre secondaire.
La forme aplatie et souvent ombiliquée des pustules distingue suffisamment cette variété des autres varicelles pustuleuses.
5. Pronostic. La varicelle pustuleuse ombiliquée est ordinairement discrète et n'a point de fièvre secondaire. Elle n'offre pas non plus les symptômes graves des varioles nerveuses j des varioles laryngées ou des varioles hémorrhagiques. Aussi est-ce presque toujours une maladie de peu de gravité. Cependant, dans l'épidémie de Marseille, vingt vaccinés périrent, et, chez un certain nombre , la maladie offrit les caractères des varicelles pustuleuses.
Ces varioles modifiées peuvent être quelquefois plus graves que la variole discrète.
La varicelle pustuleuse o/w^i/Z^uee ( varioloïde ) préserve quelquefois de la variole. Dans une épidémie de variole , à Sainl-Paul-de-Léon , en 1826 , M. Guillon ayant inoculé du pus recueilli sur un vacciné atteint de l'épidémie régnante , à six cent soixante enfans environ , la plupart n'ont eu qu'une éruption locale analogue à la vaccine ou à la variole inoculée, et aucun d'eux n'a contracté la variole. MM. Gendrin et CuUerier ont vu aussi la varioloïde tenir lieu de la variole. M. Bourgeois a vu deux enfans qui , après avoir eu la varicelle pustuleuse ombiliquée, ont assisté impunément leurs deux frères atteints de la variole; enfin M. Cullerier a inoculé la variole à des enfans qui n'avaient jamais eu que la varioloïde, et l'opération n'a été suivie d'aucune éruption. Quoi qu'il en soit , je ne pense pas que la varicelle pustuleuse ombiliquée préserve de la variole au même degré que la vaccine ou la variole légitime.
Le temj)s qui s'est écoulé entre une vaccination ou une variole antérieure et le développement de la varicelle pustuleuse ombiliquée , ne paraît apporter aucune modification dans la marche et l'intensité de cette éruption. Ainsi , ou a vu cette espèce de varicelle se développer avec une certaine intensité chez des personnes vaccinées seulement depuis quelques semaines , et d'un autre côté être très-bénigne et très-légère chez d'autres personnes qui avaient eu la variole , ou qui avaient été vaccinées vingt ans auparavant.
Le traitement de la varicelle pustuleuse ombiliquée est le même que celui de la variole discrète.
Lorsque le corps a été soumis à l'influence de la variole naturelle ou inoculée , ou à celle de la vaccine, on a conseillé , pour le mettre à l'abri des varicelles pustuleuses, de revacciner une ou plusieurs fois les mêmes personnes , dans l'espace d'un certain nombre d'années. ( Voyez Vaccine.)
§ IIL. Varicelle pustuleuse conoide {-varicella coniformis, Willan , varicella verrucosa , Plenck; swine-pox ). Dans cette variété, l'éruption est précédée d'une fièvre quelquefois très-intense, qui dure deux ou trois jours. Souvent aussi, au bout de vingt-quatre heures, de petites taches rouges , semblables à des morsures de puces , se montrent sur différentes régions du corps , et se transforment la plupart en clevures pointues comme celles de la variole dans leur premier état. Le lendemain de leur apparition, ces élevures conservent leur forme primitive et offrent, à leur sommet, une tache blanchâtre, opaque; jamais elles ne sont complètement transparentes comme les vésicules àxichickenpox. Leur base est moins dure et moins enflammée que celle des pustules de la variole , et plus que celle des vésicules du chicken-pox. La fièvre cesse ordinairement après l'éruption. Le troisième jour, la base de ces élevures est plus enflammée. Le quatrième et le cinquième , elles persistent à peu-près dans le même état. Le sixième , elles se flétrissent, se ternissent et se dessèchent à leur sommet. Dès le septième , celles de la face sont transformées en croûtes jaunâtres ou d'un jaune brun et proéminentes. Du huitième au neuvième jour , ces croûtes se détachent, et plusieurs d'entre elles laissent à découvert de petites cicatrices. Les jours suivaus , la chute des croûtes s'opère sur les autres régions du corps.
Le développement de ces pustules peut être successif de manière à prolonger la durée de l'éruption jusqu'au douzième ou treizième jour.
On observe la varicelle pustuleuse conoide dans les épidémies varioliques , le plus souvent chez des vaccinés , et quelquefois chez des variolés. Cette forme est toujours bien dessinée sur la face ; on remarque souvent des pustules ombiliquées sur les cuisses.
M. Fontaneilles a prouvé qu'elle pouvait être transmise par inoculation. ( Fontaneilles , Epidémie de Milliau , p. 47 et 51. )
5 IV. Varicelle pustuleuse globuleuse. Dans celte variété , les symptômes précurseurs sont ordinairement plus intenses que ceux du chicken-pox , et se rapprochent quelquefois de ceux de la variole parleur durée et l'intensité de la fièvre.
L'éruption s'annonce par des taches rouges, plus étendues que celles de la variété précédente , ayant quelquefois l'apparence d'une grosse papule ou d'une morsure de cousin, et qui, dans l'espace de vingt-quatre ou de quarante-huit heures, se transforment en des élevures globuleuses, dont la base n'est pas exactement circulaire , et dont le centre est d'un blanc mat laiteux. Le troisième et le quatrième jour , l'éruption se propage sur diverses régions du corps ; le cinquième, et quelquefois dès le quatrième jour, les pustules s'arrondissent , et l'auréole qui les entoure devient plus animée; les pustules ont acquis alors leur plus grand volume qui égale quelquefois celui du cristallin; leur couleur est d'un blanc mat à leur centre , sur lequel on remarque une espèce de petit disque irisé à sa circonférence; mais elles sont transparentes dans la partie la plus voisine de leur base. Lorsqu'on les ouvre avec une lancette , et qu'on détache l'cpiderme dans toute l'étendue où il est soulevé , on reconnaît que l'opacité et le blanc central sont produits par un petit disque pseudo-membraneux, qui diffère de celui de la variole , en ce qu'il ne s'étend pas à toute la surface de la pustule. Le sixième , leur circonférence dépasse leur base qui est enflammée ; le lendemain , plusieurs pustules sont molles , flasques au toucher ; le surlendemain , elles sont affaissées et ridées à leur circonférence; le huitième et le neuvième , la dessiccation fait des progrès ; les pustules sont remplacées par des croûtes lamelleuses et brunâtres ; le dixième et le onzième , les croûtes se détachent de la peau, sur laquelle elles laissent des taches d'un rouge foncé et quelquefois même des cicatrices.
Souvent un petit nombre d'élevures offrent les caractères des éruptions précédentes, et sont disséminées entre celles qui spécifient cette variété.
Comme il existe toujours beaucoup de démangeaison k la peau , les enfans déchirent les pustules en se grattant ; quelquefois les croûtes qui les remplacent restent plus long temps adhérentes et laissent de petites cicatrices.
L'apparition des pustules ayant lieu d'unemanière successive pendant deux oa trois jours , on trouve toujours chez le même individu l'éruption à divers degrés.
Elle peut être transmise par contagion , quoique l'inoculation soit souvent sans résultat.
§ V. Varicelle populeuse. Cette variété ne diffère des autres qu'en ce que la plupart des élevures semblent arrêtées ou restées stationnaires dans leur premier état. En effet, après les prodromes d'une éruption varicclleuse , on remarque sur la peau de petites et de grosses papules rougeâtres qui se dessèchent ou s'affaissent, sans être suivies de croûtes et qui ne contiennent dans leur intérieur ni sérosité, ni matière pseudo-membraneuse, ou purulente. Le plus souvent elles sont entremêlées de quelques vésicules lenticulaires de chicken-pox ou de pustules conoïdos qui caractérisent une autre variété ; cette circonstance , jointe au caractère de l'épidémie régnante, contribue à éclairer le diagnostic. 11 est aussi assez ordinaire de rencontrer de ces papules varioliques disséminées entre les élevures véoiculeuses ou pustuleuses des autres variétés.
On a produit artificiellement la \ar\c(t\\ii paputcuic en inoculant le virus variolique à des individus qui avaient été antérieurement inoculés ou atteints de la variole.
§ VI. Varicelle vcsiculeuse (chicken-pox). Symptômes. L'invasion du chicken-pox est précédée d'une fièvre légère . dont la durée est de douze à quarantehuit heures au plus. Souvent l'état fébrile est à peine sensible : un peu de courbature et de mal de tête n'empêche pas les enfans de se livrer à leurs jeux ou il leurs occupations ordinaires. Le peu de gravité des symptômes précurseurs n'est pas cependant un fait constant : dans quelques cas rares , l'invasion delà varicelle vésiculeuse a été annoncée par de vives douleurs à l'épigastre, par des nausées , des vomisseraens , etc. ( Sims , Observations on épide:nic diseuses, pag 115, in -8°. London 1773.)
Le chicken-pox , ordinairement discret, est quelquefois confluent ( Ring. .«< case oj" confluent chicken-pox , illuslraled by a coloured ingraving , Med. and physic. journ. , 1805. p. 141). Il est caractérisé ,1e premier jour de l'éruption, par de petites taches rouges superficielles, oblongues ou à-peu-près circulaires , plus étendues et plus irrégulières lorsqu'elles sont formées par plusieurs élevures réunies. Dès le lendemain , il se forme au centre de la plupart de ces élevu» res une vésicule proéminente, remplie par une humeur absolument limpide, incolore ou citrine, qui s'écoule facilement lorsqu'on pique la vésicule. Le deuxième jour, cette vésicule a environ une ligne et demie de diamètre , elle s elève en pointe, ou se développe un peu plus lentement sur une plus grande surface, en prenant une forme arrondie. De nouvelles taches apparaissent, et au centre delà plupart s'élève bientôt une vésicule dont la base est quelquefois enflammée. Le troisième jour, la couleur de la lymphe est jaunâtre; mais c'estle seul changement qu'aient subi les vésicules. Le quatrième jour , celles qui n'ont pas été accidentellement rompues ,diQiiiiuent de volume et se rident à leur circonférence. Le cinquième , une pelite croûte adhérente à la peau s'est formée à leur centre, et une pelite quantité de lymphe opaque est renfermée dans leur circonférence, ce qui leur donne quelquefois une apparence ombiliquée. Le sixième, de petites croûtes jaunâtres ou brunes occupent la place des vésicules. Le septième et le huitième, les croûtes tombent et laissent sur la peau des taches rouges sans dépression, qui subsistent encore pendant quelques jours.
Pendant le cours de cette éruption , plusieurs élevures semblent avorter; les unes restent à l'état de simples taches ou d'élevures populeuses, et s'effacent graduellement ; les autres ne sont j-urmontces que d'une très-petite vésicule qui se rompt ou s'affaisse très-rapidement.
En général, la varicelle vésiculeuse t/Zicrè/e n'est accompagnée que d'un léger dérangement des fonctions digcstives et de la circulation. Lorsqu'elle est confluente, les symptômes généraux sont ordinairement plus marqués.
VARICELLE
VARICOCÈLE.
Lorsque l'éruption des vésicules est successive, lorsqu'elle est précédée ou iuiviede lésions plus ou moins graves (érysipèle,ophthalmie), qu'on a coutume le rattacher à la varicelle quand elles se développent avec elle , la durée de la naladie peut être de deux à trois septénaires.
2. Causes. Le chickeii-pox peut être transmis par l'inoculation de l'humeur éreuse de ses vésicules ou parcelle d'une varicelle pustuleuse, conoïde ou ;lobuleuse , ou par l'air chargé de \evir contagiuni : je me rappelle avoir vu leux fois , dit Vieusseuxde Genève , des petites-véroles volantes, dont les bou- ,ons durèrent de cinq à six jours ; ils renfermaient un pus bliinc et opaque et vaient le cercle inflammatoire, au point que si je ne les regardai point comme le vraies petites-véroles , ce ne fut que parce que j'étais sûr que l'un des deux ;nfans avait eu cette maladie, et parce que l'autre communiqua à son frère et sa sœur une éruption qui ne fut que la petite-vérole volante ordinaire. Le chicken pox peut produire la variole légitime et celle-ci peut donner naislance au chicken-pox.
Le chicken-pox se montre presque exclusivement chez les enfans. Je l'ai cependant observé chez des adultes et des individus d'un âge mûr, et c'est à lort jue MM. Hesse et Stieglilz ont assuré qu'il ne se manifestait que chez les en- Pans. Il est contagieux, mais à un plus faible degré que la variole et que les ifaricelles pustuleuses. On a contesté ce fait mal-à-propos , car Willan et pluiieurs autres sont parvenus à inoculer le chicken-pox. ( /^q/es Éruptions va-
[IIOLIQ0ES.)
On observe presque toujours un certain nombre d'exemples de chicken-pox :lans les épidémies de variole légitime et de varicelle pustuleuse , ou bien le chicken-pox succède à ces dernières.
J'ai déjà dit que le chicken-pox me paraissait être une variété des éruptions irarioliques. M. Eiclihorn ( Uanilbuch ûberdie Behandlung und f^erhûlung der contagiôs JieherhaJ'ien Exanchsine, pag. 437), assui e cependant avoir observé des épidémies de varicelle vésiculeuse , alors qu'il ne régnait point de vairioles , et M. Bai nés ( Thomas ) sketch of an épidémie varicella, which prei'ailrd at Cariisle on the sunimer and autuinn qf 1826. — Edinb. Med. and surg. ourn., t. XXVII, p.61 ), a décrit une épidémie de chicken-pox qui régna à Carjisle en 1826, sans qu'on eût observé de varioles depuis quelque temps. Mais cependant il y avait eu des varioles plusieurs mois auparavant, et le chicken- ■)ox fut peut-èlre un dernier effet d'une conslitution médicale variolique. Au reste, quelque interprétation que l'on donne à ce fait, il en est un autre bien plus fréquent et bien constaté, savoir : la présence presque constanledu chickenoox dans les épidémies de variole. Les manifestations du chicken-pox , indélendainment des autres éruptions varioliques , sont excessivement rares. J'ai onsulté les tables d'un grand nombre de Recueils (celles du Journ. gén. de nédecine , des Archives générales de médecine et du Journal de Médecine Ae Hufeland , VIndex oî Ûie Edinburg medic. and surg. journ., 8", 1824, la Bi- ])liothèque Ati Ptouquet et celle de Reuss, sans trouver d'autres exemples de varicelle vésiculeuse ( chicken-pox ) épiJémique indépendante de constitutions médicales varioliques ).
3°. Diagnostic. Lorsque les ve'sicules du chicken-pox sont développées, il ne peut être confondu avec aucune autre éruplion variolique; lui seul, dans son état , se montre sous la forme de vésicules complètement transparentes.
Les vésicules du c/u'c/cera-yDox apparues comme une éruption générale , éparses et disséminées sur toutes les régions du corps , sont bien distinctes des groupes ipésiculeux de l'herpès phlyctéuoiile qui n'occupent ordinairement qu'un petit nombre dérogions.
Le pemphigus aigu est caractérisé par des bulles , et non par des vésicules ; il fi'est pas contagieux et naît indépendamment des constitutions médicales varioiques. En décrivant le chicken-pox , sous le nom de pemphigus varioloide , et ;3n réunissant ces deux maladies dans un même groupe , Pierre Frank s'est évijemment laissé entraîner à un faux rapprochement ( P. Frank , Traité de méd. oral. ; trad. par Goudareau , in-80. Paris, 1820 , tome 11, page 316).
Le traitement de la varicelle vésiculeuse est le même que celui de la variole discrète et bénigne.
Le chicken-pox ne préserve pas de la variole.
§ VII. Fièvre varicelleuse. On a décrit sous le nom de fehris varicellosa et le febris varioloïdosa , des fièvres sans éruption , produites par l'infection vaiolique chez des individus vaccinés ou inoculés , ou nées sous l'influence de la :ontagion des varicelles pustuleuses ou vésiculeuse^ chez des individus aptes à lonlracter toute espèce d'éruption variolique. Je n'ai point observé ces espèces ie fièvres , sur la nature et les caractères desquelles on devra principalement onsulter les recherches de M. Eichhorn.
Un grand nombre de travaux ont été publiés sur les varicelles ou sur les moiifîcations de la variole ( variolœ spuriœ ).
1°. La varicelle pustuleuse omhiliquée est probablement aussi ancienne que la pelite-véole ; car il est incontestable que de semblables éruptions ont été observées cliez des varioles et les inoculés ( Tliomson (J.), Hislorical sketch of small-pox , in-S", London , 1822 ) avant jue le développement de cette modification de la variole eût été étudiée avec soin sur les vac- ;inés, sur lesquels il est beaucoup plus fréquent. Un assez grand nombre de vaccinés ont été lUeints de celte éruplion dans des épidémies varioliques. Los propagateuis de la vaccine l'ont ■egardée comme une fausse petite-vérole , due à une vaccination imparfaite ou comme une rariété de varicelle produite par un contagium particulier; les anli-vaccinateurs et ceux qui sensaient que la vaccine n'était pas toujours préscrvalive , ont signalé, au contraire , cette Iruption comme une variole légitime et comme Tine preuve de l'inelîicacité de la vaccine Pougens , Petite-vérole chez plus de deux cents individus vaccines , observée à Milhau în 1817, in-S", Milliau , 1817; Gastellier. Eorposé fidèle des petites-véroles survenues après 'a vaccination , in-8°, Paris, 1819). M. EicliUorn a publié une nouvelle division des érup-
lions varioliques observées chez les vacciaés : 1'^ variole 'ira/*? , 2*^ varioloïfle purulente ^ 3^ va. rioloïde lymphatique , 4° varioloide ^verruqueuse , 5° varioloïde papuleuse , 6° fièvre ajarioloideuse ).
Quelques personnes ayant donné le nom de varioloide s à loules les éruptions 'variai ijbrme s qu'on observe chez les individus vaccinés , ont assi;^né à ces éruplious des caraclères génériques que Ton retrouve plutôt dans les varicelles pustuleuses conoïde et globuleuse que dans la varicelle pustuleuse ombiliquée . Ainsi on a dit qu'il existait à peine de l'élévation et de l'induration \ la base des pustules ; que leur aui-éole était irréguliére et mal circonscrite ; que , dès la fin du quatrième jour , le somniet des élcvures était d'un blanc d'eau; (|ue, le cinquième, elles devenaient séreuses , et s'arrondissaient ; que , le sixième , la Bùvre et l'auréole disparaissaient ; que la sérosité devenait quelquefois opaque ou ruusse , sans prendre le caractère purulent ; qu'elle s'échappait du plus grand nombre des pustules, et qu'elle était absorbée dans les autres ; enfin que le septième jour était marqué par la dessiccation et le retour à la santé.
M. Eichborn considère les variuloides comme des modifications de la variole , dont elles d,ifrèrent en ce quelles ne sont pas, comme elle, accompagnées de fièvre secondaire. U pense que les varicelles sont produites par un contagium partlculitr distinct de celui de la variole et de la varioloïde.
Dans ces derniers temps un grand nombre de recherches et d'observations ont été faites sur les caractères des varicelles pustuleuses {variolotdes de quelques modernes [-voyez Tiiomson, An account of ihe 'varioloid épidémie which has lately preuailed in Edinburgh and other parts of Scotland t etc. , in-S^, London , l8'20; Gregory. Comidérations sur la pelite-'vérole qui se développe chez les sujets préalablement 'vaccinés [Archives générales de méde" cine ^ tom. iv , p. 289 ; tom, X , pa,^'. 443) ; Liiders , Essai historique sur les 'varioles qui s'obseri^ent chez les sujets 'vaccinés ( en danois ) , in-8o , Alloua , 1824 , extrait dans les Archiues générales de médecine , tom. vifi , pî*g- 123; Gendrin , sur la nature et la contagion de la 'variole^ de la vaccine et de la varioloide {Journal général» tom, XCVIH, p. 381 ; tom. xcix,pa^. 154); Kuster , iYo//ce sur la varioloïde [Journal complémentaire des sciences médicales , liv. xxxiii , pag. 105 J j Copretta, sur la variole des sujets vaccinés , dite varioloïde [Journal complémentaire , tom. xxxiv, pag. 20) ; Kobert ( M. C. S. M. ) , Observations sur la variole , la varioloide et la vaccine [ Journal général de médecine , deuxième série , lom. IX , pag, 777 ) ; et sur rinucutalion de la varioloide (Guillon, Mémoires sur l'inoculation de la varioloïde [Bulletin des sciences médicales de Férussac y t. xxïV , pag. 325 ; t. XXV, pug- 33. — Bousquet , Nouvelle inoculation de lij varioloide [ Ret^ue médicale , Paris , 1830 , tom. XXV , pag. 253 ] ; Robert Venables , sur la propriété contagieuse des varioles modtjiées ( Revue médicale , I8i5 , lom, vin , pag. 5l5 ) ; quelques remarques comparatives ont été faites sur ia clavée modijiée ( Pissani et Libuld. , Archives générales de médecine , tom. xvii , p. ^39 ).
2°. La varicelle pustuleuse conoïde a été décrite par Willan, qui lui a donné pour caractère des vésicules, il est certain cependant qu'on observe presque toujours au sommet de ces élevures un point blanc-opaque y produit par une petite pseudo-membrane et que la plupart deviennent bientôt purulentes. J'ai recueilli plusieurs exemples de cette variété. Les élevures ont une apparence purulente à leur centre, dès le deuxième jour, due, comme celle de la variole , à une pseudo-membiane attachée à la face interne de l'épiderme. Je renvoie à l'observation du président d'Héricourt comme un exemple de cette variété , revêtue de symptômes généraux assez intenses ; le développement et les apparences de pustules n'ont pas été décrits avec assez de soin ( Darcet , Histoire de l'éruption du président d'Héricourt ( Journal de médecine J 1798, t. xnx, p. 303 ).
3°. Des observations et des remarques sur le horn-pox (varicelle papuleuse) ont été publiées par Black [Edinb. med. and. surg. journ, ^ t. xv , pag- 41 ). Pierre Frank, dans soa Epitonte y fait mention de celte vai ielé, qu'il désigne sous le nom de varicella solidescens. Elle doit être très-rare ; car je ne l'ai jamais observée : mais j'ai plusieurs fois rencontré des élevures papuleuses , éparses entre les pustules de la varicelle conoïde ou entre les vésicules du chichen-pojc .
Sous le uom impropre de chichen~pox y Sims a décrit une épidémie de variole modijiée , dans laquelle on observait des varicelles papuleuses et globuleuses .
4°. S'il règne encore aujourd*bui quelque obscurité sur plusieurs points de la varicelle Wsiculeuse {chichen-pox) y c'est qu'évidemment onadéciitsous ce nom plusieurs éruptions différentes : pour s'en convaincre , il suffit de lire : A sketch of the history of varicella ^ dans A hislory of the variolous épidémie which occurred in Norwich , by John Cross, Id-8**, London , 1820 ). Indépendamment des observations que j*ai dojà indiquées , on devra consulter ctilles de WiWan [ On the vaccination , y ItOadon ^ iSOo, chap.xil, On the chicken-pox
and swine-pox] , qui a décrit trois variétés de varicelles d'après la forme des vésicules; celtes d'Heberden [Med. transact. of the collège of physicians of London ^ vol. i, pag. 427), qui , le premier, a prétendu que la varicelle était produite par un contagium distinct de celui de la variole , opinion adoptée par Bryce [Edinb. med. and surg. Journ. vol. xiV, pag. 467 } , par M. Eichhorn [ouvrage cité) y et par le docteur Abercrombie ; enfin celles du docteur John Tbomson ( On the identity of chicken-pox and modifed small-pox [ Edinb. med. and surg; journ. , tom. xiv , pag. 518-657 ) , qui a soutenu et prouvé, suivant moi , que le chicken pox était une variété des éruptions varioliques.
(P. Rater.)
VARICOCELE. s. m. Mot hybride dérivé de varix . varice et de -/y/v) , tumeur, est généralement employé pour désiguer une tumeur formée par la dilatation variqueuse des veines du scrotum. U est facile de voir combien ce mot est défectueux; si on voulait, en effet , s'en tenir à sa stricte signification, les varices des jambes ou de toute autre partie du corps mériteraient tout aussi bien la dénomination de varicocèle, puisqu'elles forment tumeur aussi bien que celles qui doivent nous occuper dans cet article.
Quelques auteurs confondent, dans une expression commune , et la dilatation des veines du scrolum et celle des veines spermatiques. Cependant, ces deux afl'ectioiis , quoique identiques dans leurs caractères généraux, offrent tout au moins des différences de localilé qui ont déterminé ii les séparer et à leur appliquer une qualification dilfcreute. Quelques modernes appellent varicocèle les varices du scrotum , et cirsncèle , hernia varicosa des anciens, les varices du cordon tcstictilaire. Cette distinction , en apparence plausible , n"avait pas échappé aux anciens auteurs, car Celse , lui-même, l'a parfaitement établie (de Medicind , lib. vu ) lorsque , après avoir fait remarquer que les chirurgiens grecs confondaient ces deux variétés sous le nom de yipiîcy.y^.-ri , il ajoute : eœqtie intortœ congLomeratceque ( vcnœ ) a superiore parte vel ipsum scrotum implant , vel mediam îunicain , vel imam , etc. Cependant, il faut le dire, les veines du
VARICOCÈLE.
VARIC OCELE.
scrotum sont si petites, les causes qui peuvent les dilater sont si restreintes , qu'il est rare d'observer isolément celte dilatation à un degré qui mérite de fixer l'attention du chirurgien. La structure du scrotum sufiit , du reste, pour rendre compte de son peu de fréquence. La coutractilité dont il jouit augmente la résistance des veines qu'il embrasse , les aide à se débarrasser du sang qu'elles contiennent , et diminue ainsi leurs chances de dilatation ; ajoutons , néanmoins, que chez le vieillard, quand les bourses ont perdu leur ressort, les veines peuvent devenir variqueuses ; nous ne quitterons même point ce sujet sans signaler une inexactitude commise par la plupart des auteurs : ils disent, en eti'et, d'une manière générale, que le varicocèle (et par ce mot ils entendent à-la-fois les varices du scrotum et du cordon), est plus Iréquent chez les jeunes gens que chez les vicillarils; nous pensons, nous, qu'il faut distinger, à cet égard , et nous dirons : oui, la dilatation des veines spermaliques est plus fréquente chez les premiers que chez les derniers ; mais par compensation, la varice scrolale survient plus souvent chez ceux-ci , et cela , à cause de la raison dont nous venons de parler, c'est-à-dire, à cause de la laxité extrême de leur scrotum.
Sans nous arrêter plus long-temps à cette confusion de langage qu il suffit, du reste , d'avoir signalée , nous sacrifierons à l'usage actuelleuient reçu, et, sous la réserve de la distinction que nous avons établie , nous conserverons le nom générique varicocèLe , et nous décrirons eu même temps la dilatation variqueuse des veines scrotales et spermaliques, en annonçant, toutefois, que lorsque nous emploierons l'expression cirsocèle , c'est de ces dernières veines seulement que nous entendrons parler.
Le varicocèle est une maladie qui attaque exclusivement l'homme. Néanmoins , les femmes ont quelquefois dans l'épaisseur des grandes lèvres des tumeurs variqueuses qui correspondent au varicocèle proprement dit, mais c'est une affection rare ; quelquefois aussi le ligament rond est accompagné par une ou plusieurs veines dilatées qui répondent au cirsocèle, dans les cas de grossesse et d'hydropisie enkystée particulièrement; nous en dirons autant des veines ovariques.
Causes. Toutes les causes qui produisent les varices (voir ce mot), peuvent aussi amener le varicocèle : il serait parfaitement inutile de les énumérer de nouveau ici ; nous nous contenterons de signaler celles toutes spéciales qui y contribuent le plus ordinairement. Disons seulement, d'une manière générale, que tout ce qui peut susciter un obstacle direct ou indirect à la circulation des veines du scrotum et du cordon, doit être considéré comme cause de l'espèce de varice qui nous occupe ; ainsi les hernies inguinales, congéniales ou acquises, les anciens sacs herniaires , les kystes et les engorgemens du cordon, le gonflement des ganglions lombaires , la compression des brayers mal appliqués , les contusions du cordon testiculaire , les liydrocèles volumineuses dont la disparition a été rapide , produisent assez fréquemment cette maladie. Les hernies crurales, elles-mêmes, quand elles sont très -volumineuses , tendent à rétrécir l'oritice supérieur du canal inguinal et partant à gêner la circulation veineuse du cordon. Les efforts réitérés que font les personnes habituellement constipées pour aller à la selle, produisent le même résultat; mais les matières fécales accumulées dans le gros intestin y coiilribuent en outre d'une manière directe, en pesant sur les veines spermaliques. J.-L. Petit, Callisen ,1e professeur Richerand , et beaucoup d'autres encore, assurent même que s'il est plus fréquent à gauche qu'à droite, cette différence doit être lapportée à l'S iliaque du colon , qui passe au-devant des veines de ce coté et les presse de tout le poids des matières qu'elle renferme.
Les personnes qui montent habituellement à cheval, les courriers, par exemple , sont particulièrement exposées à cette maladie, surtout si elles n'ont pas la précaution de porter un suspensoir. On l'observe plus souvent aussi dans les pays cliauds que dans les pays froids , parce que la chaleur relâche singulièrement le scrotum et diminue sa contractilité , tandis que le froid l'augmente; par la même raison , les personnes qui en sont atteintes en sont plus incommodées l'été que l'hiver. Les tumeurs développées dans la cavité abdominale, quelle que soit, d'ailleurs, leur situation, peuvent aussi déterminer le varicocèle; mais suivant J.-L. Petit, particulièrement celles qui sont développées dans la région lombaire et dans les organes sécréteurs de l'urine : le même auteur range parmi les causes du varicocèle les engorgemens du foie , bien , dit-il , que les veines spermaliques ne s'ouvrent que par anomalie rare dans la veine-porte ou dans ses différeutes ramiKcations : quelques auteurs, enfin, ajoutent la masturbation et l'abus des plaisirs vénériens ; il est facile de se rendre compte de la manière toute physiologique dont ces dernières causes peuvent coniribuerau varicocèle.
Mais ce n'est pas tout , certaines circonstances anatomiques ont une influence assez grande sur le développement du varicocèle; ainsi . le plexus pampiniforme représente , si je puis ainsi dire , à l'état normal , les dilatations variqueuses du cordon testiculaire proprement dit , à l'état pathologique ; l'un n'est que le premier degré des autres. En outre , les veines sperniatiques manquent de valvules ; elles parcourent un très-long trajet; leurs parois sont naturellement faibles ; le sang y circule contre son propre poids ; les parties voisines ne leur offrent qu'un appui peu eflicace, etc. Tout cela peut jusqu'à un certain point rendre compte de la fréquence relative de celte affection. Pour expliquer cette Iréquence , J.-L. Petit donne une explication dont nous n'oserions pas nous porter garant : il compare les veines tesliculaires au niveau de leur passage sur le pubis à la corde d'un puits réfléchie sur une poulie , et il ajoute que plus le testicule est lourd, plus ces veines doivent être pressées contre le pubis et par conséquent aussi plus leur circulation doit être embarrassée.
Une altération originelle , dont la nature est difficile à apprécier, semble prédisposer les veines dont il s'agit à la dilatation variqueuse. 11 n'est pas rare, en effet , de voir les enfans d'un même père tous affectés de cette maladie , quoique leur genre d'occupation soit diamétralement opposé : ainsi je connais trois frères qui ont été exemptés de la conscription pour un varicocèle , et dont le père en était lui-même affecté. Est-ce une simple coïncidence due au hasard, ou bien un effet d'hérédité ? Je n'oserais rien affirmer, je rappellerai seulement qu'il est beaucoup d'autres maladies évidemment héréditaires dont il n'est cependant pas plus facile de se rendre compte.
Les veines spermaliques droites se jettent assez souvent dans la veine-cave ascendante , celles du côté gauche dans la veine rénale correspondante. Dans le premier cas , le trajet des veines est moins long, ce qui doit faciliter la circulation. Cette différence tout anatomique ne pourrait-elle pas être invoquée pour expliquer en partie la différence de fréquence du varicocèle des deux côtés? Ne pourrait-on pas dire aussi à l'appui de cette manière de voir , que les veines spermaliques sont naturellement plus larges, plus flexueuses à gauche qu'à droite, même chez les personnes qui ne sont pas habituellement constipées. En outre , suivant le professeur Cruveilhier, le testicule gauche ,quoi qu'on en ait dit, est assez souvent plus volumineux que le droit ; il est ordinairement situé plus bas que lui; et même dans les cas où les veines spermaliques s'ouvrent directement dans les deux veines rénales , celle du côlé gauche se termine en un point un peu plus élevé que celle du côté droit. Or , il est probable que ces différences anatomiques contribuent aussi , pour leur part ,à la fréquence plus grande du varicocèle à gauche , parce que le sang de ce côté a évidemment un trajet plus long à parcourir.
Les anciens chirurgiens , et Morgagni lui-même , ont confondu le varicocèle avec le spermatocèle ( voir ce mot) , et il est loin d'être prouvé que J.-L. Petit ait eu tort d'avancer qu'il était rare que le premier fût sans complication du dernier ; il a cru même devoir consacrer cette complication par la double expression de varico-sperinatocèle.
Le varicocèle elle cirsocèle peuvent, au début, exister sépare'ment, mais (juand ils ont acquis un certain volume, ils se réunissent alors et se confondent l'un et l'autre. Richter mettait le siège du cirsocèle particulièrement dans l'épididyme et le testicule , et par suite de cette erreur d'étiologie , il a conseillé la castration dans tous les cas un peu graves de celte affection. Murray s'est attaché à le réfuter : c'était chose facile ; cependant , comme l'a très-bien démontré Most , dans une monographie sur ce sujet, imprimée en 1796 , après un certain laps detemps la dilatation variqueuse s'étend aussi etaux veines épidydimaires et à celles du testicule même ; dans quelques cas , en effet , ces dernières , surtout celles qui rampent dans l'épaisseur du périleste, qui font saillie à sa surface interne , qui imitent assez bien les sinus de la dure-mère , et auxquels le professeur Cruveilhier a eu l'ingénieuse idée de les comparer , m'ont paru évidemment dilatées.
symptômes. Dans le principe le varicocèle offre peu de symptômes et son développement s'effectuant généralement avec lenteur, les accidens qu'il détermine sont peu graves : aussi peut-il rester long-temps inconnu ; cependant une douleur plus ou moins vive ressentie par intervalles, surtout après de longues courses, dans la région lombaire, une pesanteur insolite au testicule, quelques tiraillemens éprouvés dans le trajet du cordon , des coliques fre'quentes, etc., suffisent aux chirurgiens exercés pour annoncer le commencement de la maladie , bien qu'elle ne se trahisse encore par aucun autre signe extérieur bien appréciable. Jusqu'ici l'erreur est possible , mais bientôt l'affection prend des caractères tranchés qui ne permettent plus de la méconnaître. Alors , en effet, tous les symptômes précédens augmentent d'intensité, et de plus les bourses deviennent le siège d'une tuméfaction particulière qui ne laisse plus de doute à l'observateur attentif : une tumeur molle, comme fluctuante ou plutôt pâteuse, à nodosités multiples, s'élève du bord supérieur du testicule et s'étend jusqu'au niveau de l'orifice inférieur du canal inguinal à travers lequel elle se prolonge quelquefois jusqu'aux régions lombaires; la peau du scrotum est ordinairement flasque, irrcgulière , comme mamelonnée , et descend plus que d'habitude ; on l'a vue arriver jusqu'au milieu de la cuisse et au-delà. Quand le varicocèle est ancien , on sent çà et là dans divers points de la tumeur , de petites masses irrégulières et dures qui contrastent avec sa mollesse générale , et qui sont produites par le pelotonnement des veines dans l'intérieur desquelles, faute de circulation , la fibrine du sang s'est concrélée et solidifiée , une pression modérée, la situation horizontale, les styptiques , le froid , diminuent le volume de la tumeur et suffisent même quelquefois pour la faire disparaître entièrement; mais la disparition n'est que temporaire, et les circonstances opposées la reproduisent. Comme on le pense bien , les symptômes varieront, du reste, suivant l'ancienneté de l'affection , suivant son étendue et ses complications ; ils varieront, suivant qu'elle existera d'un côté seulement ou des deux en même temps. J.-L. Petit a vu plusieurs fois une tumeur variqueuse développée sur la ligne médiane , dans l'épaisseur de la cloison du darlos ; comme elle avait un volume considérable , elle avait foi tement déjelé en dehors les deux organes sécréteurs du sperme; cette variété est moins grave que celle dont nous venons de parler tout-à-l'heure , parce qu'elle existe le plus ordinairement sans altération notable des testicules , et parce que sa guérison radicale peut être tentée sans faire courir à ceux ci les chances souvent funestes des opérations qu'on a proposées à ce sujet. Quelquefois le volume du varicocèle est si grand , surtout quand il existe des deux côtés à-la-fois, que les testicules et la verge ne peuvent plus être distingués. Alors les douleurs sont si vives , les coliques si violentes , les tiraillemens lombaires si insupportables , que le malade est force
VARICOCELE.
|le se tenir presque constamment dans une situation horizontale ; quand l'affec-
i'ion est arrivée à ce point , il n'est pas rare de voir l'inflammation envahir le esticule , celui-ci se désorganiser entièrement et tomber en suppuration. D'aures fois, au contraire, la nutrition ne s'y fait plus et il disparait par atrophie, insi que Sharp en cite des exemples : CeLse avait même signalé cette terrainaion : aliquandb longiùs testiculus ipse descendit, minorque allero Jit { de Meiicinà , lib. vu ).
Quand le varicocèle n'est pas très-volumineux, il est généralement facile de le econnaître, en s'aidant des symptômes dont nous venons de parler; aussi nous lispenserons-nous , pour éviter trop de longueur , de le comparer successiveoent avec les diverses tumeurs qui peuvent se présenter aux bourses. Du reste, I ne peut guère être confondu qu'avec la hernie inguinale ; mais les circonstances oramémoratives , la lenteur de son développement , sa marche de bas en haut, 'aspect bleuâtre de ses nodosités , l'impossibilité de le réduire en masse , l'abence de gargouillement , etc. , suffiront, dans la majeure partie des cas , pour viler toute erreur; ajoutons encore que les efforts de toux ne lui communiuent aucune impulsion, ou tout au plus qu'une très-minime, impulsion qui, ans aucun cas , ne peut être comparée à celle de la hernie inguinale. Aussi lommes-nous étonnés des exemples d'erreur grossière rapportés par les auteurs; t si, par exemple, J.-L. Petit a vu des cas de varicocèles qu'on avait pris pour es engorgemens simples du testicule, et Boyer d'autres qui en avaient imposé iour des hernies, il faut sans doute n'en accuser que l'ignorance ou l'examen op superficiel de ceux qui s'étaient si gravement trompés. Le diagnostic ne eut offrir de difficulté réelle que lorsque la tumeur est énorme et qu'elle se omplique d'une hernie , et encore , avec un peu d'attention , parvient-on tou- )urs , même dans ce cas , à faire la part de l'une et de l'autre de ces affections, jl y a plus , assez souvent la hernie inguinale devient cause de varicocèle , sur- 'put au début de sa formation , parce qu'alors le canal fibreux oppose une re'istance vigoureuse aux parties qui tendent à le dilater ; de là , réaction plus prie sur les parties voisines ; de là , pression sur les veines spermatiques ; de ij, enfin, un commencement de varicocèle. Ce dernier , à la vérité , n'est le plus ouvent que temporaire, et disparaît quand l'intestin ou l'épiploon ont comlèferaent franchi l'anneau ; mais toujours est-il qu'il a existé, et que si le caal inguinal résiste long-temps, il pourra s'établir d'une manière définitive. Le varicocèle peu volumineux est généralement une maladie peu grave; mais ien qu'il ne présente presque jamais un danger immédiat, il ne laisse pas que e mériter toute l'attention du chirurgien. Le pronostic est subordonné, du f^ste, à maintes circonstances : il variera, suivant que le varicocèle existera un seul côté ou des deux à-la-fois , suivant son ancienneté, suivant son volume , livant l'âge du malade, suivant les complications , et particulièrement suivant ue les testicules seront ou ne seront pas altérés. Richter, qui ne voyait de dut pour le malade que dans la castration , en avait sans doute exagéré la graité ; mais néanmoins nous sommes forcés de convenir que le plus souvent l'art e peut procurer que des adoucissemens , et que lorsqu'il veut parvenir à une uérison radicale, il la fait payer au malade par des chances positives de mort, u tout au moins de perle des organes sécréteurs du sperme. Quant au traitement, les auteurs varient de manière de voir, et chacun onne un conseil différent, suivant l'idée qu'il s'est faite de la maladie. Les uns , i jugeant tout-à-fait incurable , s'en tiennent aux palliatifs; les autres, dans la ersuasion que le testicule est toujours gravement affecté , ne craignent pas 'en proposer l'extirpation ; ceux-ci conseillent seulement des moyens généraux et des applications externes ; ceux-là les diverses opérations qu'on a praliuées sur les veines variqueuses. Nous pensons, nous, qu'il ne faut accepter ucun de ces conseils d'une manière absolue, ou plutôt que le traitement doit tre subordonné à des circonstances particulières, dans l'appréciation desuelles le chirurgien ne saurait apporter trop d'attention et de prudence. Au début de la maladie, et surtout si les douleurs sont un peu vives, des signées locales et générales plus on moins répétées, suivant les cas , le repos, I situation horizontale prolongée , les topiques astringens , les fumigations de lême nature, les répercussifs terreux , les résolutifs de toute espèce, etc., ourront être employés avec avantage, et suffiront, dans quelques circontances,pour conjurer les progrès du mal ; le malade évitera de longues courses t portera habituellement un suspensoir. On comprend aussi que le traitement evra varier suivant la cause qui a produit le mal , et que ce serait bien vainelentqu'on espérerait guérir un varicocèle, en lui adressant directement des relèdes , s'il était , par exemple , l'effet d'une tumeur renfermée dans l'abdomen, faudrait avant tout , ou tout au moins en même temps , attaquer la tumeur ellelême. Dans tous les cas, il sera utile d'éviter la constipation par un régime pproprié , et par des purgatifs donnés particulièrement en lavemens ; Sharp rétend en avoir obtenu de grands avantages en les associant aux frictions lercurielles. Enfin , avant de passer à la partie chirurgicale proprement dite u traitement , nous ferons remarquer qu'il est prudent de ne pas insister trop jng-temps sur les astringens énergiques , pour ne pas porter atteinte aux testiules, Pott cite, en effet, des cas d'atrophie de ces organes, par suite d'abus e ces moyens.
IiCelse conseille de mettre à découvert les tumeurs variqueuses et d'en faire la igature. J.-L. Petit a plusieurs fois emporté des grappes de cette nature , et il ssure n'avoir pas eu à s'en repentir. Il cite, à l'appui, l'exemple d'un courrier, t celui plus remarquable encore d'un autre malade qu'il a débarrassé, par l'exrpation , d'un varicocèle de la grosseur de la tête d'un enfant; après avoir lissé dégorger les parties , il pansa avec de la charpie trempée dans l'eau alumieuse, et, dans les deux cas, les testicules conservèrent l'intégrité de leurs fonc-
DlCT. SE M£D£Cl^E ET DE ChIRCRGIE PRATIQUES.
VARIOLE
lions. Mouton (Dict. des se. méd. , article cirsocèle) , rapporte aussi l'observa" lion d'un médecin porteur d'un varicocèle volumineux , dont il fut guéri à Trieste par J. Paul Cumano , qui mit à nu la tumeur et l'embrassa par deux ligatures. 11 ajoute même qu'après l'opération , les testicules reprirent une activité fonctionnelle qu'ils avaient perdue depuis long-temps. Nonobstant ces succès et beaucoup d'autres encore que nous pourrions citer, il n'en n'est pas moins vrai que ces opérations sont toujours graves, que des phlébites mortelles peuvent en être la suite, et que , dans la majeure partie des cas, il y a beaucoup de chances de voir les testicules s'atrophier ou tomber en fonte purulente. 11 parait que le dernier de ces accidens est arrivé au malade qui, par vengeance, a récemment assassiné le célèbre Delpech. C'est dans l'intention d'éviter l'atrophie et la phlébite, que M. Davat a conseillé de passer sous la veine , à travers les tégumens , une épingle sur laquelle on entortille un fil compresseur, et que M. Breschet a proposé d'oblitérer ce vaisseau en le pinçant en même temps que la peau, à l'aide d'une pince assez analogue au compresseur de Nuck. L'expérience n'a pas encore prononcé définitivement sur la valeur de ces moyens , aussi nous nous contenterons de les signaler à l'attention des praticiens; nous dirons, seulement, que nous craignons bien qu'on leur trouve tous les inconvéniens, tous les dangers des ligatures des veines. (Ph.-F. Blandin. )
VARIOLE, s. f. La variole est une fièvre éruptive, contagieuse , s'annonçant à l'extérieur du corps, du troisième au quatrième jour de l'invasion, par des élevures pointues qui , parvenues à leur état vers le septième ou le huitième jour, deviennent ombiliquées et pustuleuses , et qui , après avoir suppuré pendant une fièvre secondaire de plusieurs jours , se dessèchent et se terminent par de petites cicatrices irrégulièies vers le troisième , et quelquefois à la tin du quatrième septénaire.
Il existe deux variétés de varioles bien distinctes : l'une est connue sous le nom de variole naturelle , l'autre sous celui de variole inoculée.
La variole naturelle offre quatre périodes assez tranchées , qu'on désigne sous le nom d'incubation , d'invasion , d'éruption et de dessiccation. Tantôt les pustules sont très nombreuses , pour ainsi dire agglomérées et réunies par leurs bords correspondans ( variole confluenle ou cohérente ) , tantôt au contraire les pustules sont rares et disséminées sur toute la surface du corps {y ar\o\e discrète). Tous les cas de variole peuvent être rattachés à deux séries : varioles
grades
varioles hénisnes.
§ I. Variole grave. Symptômes. Première période ( incubation ). On n'observe pas ordinairement de phénomènes généraux pendant le cours de cette période , dont la durée assez variable , paraît être ordinairement de dix à vingt jours.
Deuxième période ( invasion ). L'invasion est annoncée par des symptômes plus ou moins graves. Elle est souvent marquée par des frissons qui se répètent d'une manière irrégulière , par une chaleur plus ou moins vive , avec disposition à la sueur, ou sécheresse de la peau. Il y a accélération du pouls , lassitudes , douleurs dans les membres, dans le dos , au lombes , à l'épigastre; les nausées, les vomissemens sont fréquens ; le malade se plaint d'une douleur aiguë à la tête ; il est accablé , assoupi ; chez les enfans on observe un état de somnolence , des réveils en sursaut , de l'insomnie , des cris plaintifs que l'on doit distinguer des cris hydrencéphaliques. Dans certains cas, la face est animée, et on pourrait croire le malade au début d'une affection cérébrale, surtout lorsque les vomissemens sont répétés et que l'épigastre n'est pas douloureux à la pression , d'autant plus que l'on observe quelquefois de l'agitation et des mouvemens convulsifs aux lèvres , aux muscles de la face , ou étendus au reste du corps. Pour l'appréciation de ces premiers accidens, il faut tenir compte des constitutions et des épidémies régnantes.
D'autres fois , mais plus rarement , on observe des bâillemens , des inquiétudes inexprimables , de la dyspnée , de l'anxiété ; les battemens du cœur sont tumultueux et fréquens; des douleurs vagues se font sentir dans la poitrine : quelquefois elles se fixent sur un point , et des symptômes de pleurésie paraissent se manifester , ou bien la toux se déclare et devient plus fréquente , si déjà elle existait.
Dans quelques cas , les nausées , les vomissemens sont fréquens , la soif vive , la langue rouge sur les bords et à \i pointe. Le ventre douloureux dans diverses régions et le plus souvent à l'épigastre , peut être météorisé et très-sensible à la pression : souvent alors existent simultanément des symptômes cérébraux, un état de stupeur et de prostration, etc.
Ces divers accidens paraissent le plus souvent indépendans d'une lésion locale et primitive; souvent ils se montrent à-la-fois, comme si tous les systèmes de l'économie étaient simultanément affectés.
Ces symptômes précurseurs peuvent cesser au moment de l'éruption ou persister pendant toute la durée de la maladie et jusqu'à son déclin. Il peut même arriver qu'une fièvre intense , accompagnée d'un délire continuel , d'une agitation extrême , emporte les malades après quelques jours de durée , soit que l'éruption ait eu lieu ou non. Le plus souvent ces premiers accidens cessent ou se calment lorsque l'éruption apparaît et se développe régulièrement. S'ils persistent , ils annoncent un danger déjà imminent.
Dans quelques cas graves, avant l'éruption, la peau et l'origine des membranes muqueuses offrent des ecchymoses diffuses ou des taches violacées circonscrites {variolœ nigrœ). Des hémorrhagies passives ont lieu par diverses voies, et elles sont quelquefois si générales que le sang transsude par presque tous les points du corps où existent des ulcérations et des plaies , à la surface des vésicatoires , par exemple , et fréquemment par les morsures de sangsues lorsqu'on a cru devoir eu faire appliquer.
VARIOLE
VARIOLE
En résumé, les phénomènes qui se manifestent avant réruption , peuvent se combiner de tant de manières et se fondre tellement les uns avec les autres , qu'il est souvent difficile de reconnaître sur quel organe le contagium variolique a agi avec le plus d'intensité.
Troisième période, h'érupiion est prompte et rapide , surtout lorsqu'elle apparaît à la suite d'iiémori hagies. Du deuxième au troisième jour de l'invasion , on voit se développer de petites élevures comme papuleuscs au-dessus du niveau delà peau. A la face, elles sont très-nombreuses, rapprochées ou confondues par leur circonférence {variolœ cohœrenles) ou disposées en groupes [variolœ corjmbosœ) , petites-véroles à placards ( Paulet ); toutes offrent une teinte légèrement violacée.
L'éruption est quelquefois précédée d'une rougeur éryihémateuse très-élendue , soit à la face, soit sur le tronc. Les pustules envahissent toutes les régions du corps , se développent dans la bouche, le pharynx, le larynx, etc. 11 survient un gonflement de la face et du cou , comparable à celui que l'on observe dans l'érysipèle; le malade se plaint d'une douleur vive à la gorge , la déglutition est difficile , des points blancs , isolés ou rapprochés apparaissent sur les parois de la bouche , dont la membrane muqueuse est injectée. La toux , d'abord rauque , devient sèche, aiguë, douloureuse et déchirante, la voix d'abord enrouée , se voile de plus en plus et s'éteint , l'agitation et l'anxiété continuent, mais elles ne sont pas aussi prononcées que dans le croup qui se dislingue d'ailleurs par un sifflement particulier, laryngo-trachéal , qu'on n'entend pas dans la variole. ( Variole laryngée , Thomson. )
D'autres fois l'éruption précédée de symptômes peu intenses , s'est développée sans accideus graves, et c'est de la deuxième à la troisième période que se déclarent des affections gastro-intestinales, et en particulier une véritable dysenterie varioliqne { variole dysentérique ( Sydenham ), ou bien des bronchites varioleuses , des pleurésies, des pneumonies , des gangrènes du poumon , etc. Tantôt la pneumonie est annoncée par des signes caractéristiques ; tantôt plus dangereuse , elle est complètement latente, et souvent elle a désorganisé le poumon avant qu'on se soit aperçu de son existence. Dans le plus grand nombre des cas , elle s'oppose au libre développement de l'éruption cutanée , et c'est une des causes fréquentes de ces varioles irrégulières et ordinairement mortelles, que les anciens désignaient sous le nom de \avioles malignes ; dans ce cas , le développement des pustules est suspendu, elles s'affaissent, sont mélangées de bulles sanguinolentes et la suppuration larde a s'établir.
Quatrième période. Suppuration ( septième ou huitième jour de Véruption ). Un intervalle de quatre à cinq jours sépare la période de l'éruption de celle de la suppuration. Pendant ce temps les petites élevures papuleuses et rouges de la variole augmentent de volume et offrent bientôt à leur sommet une sorte d'aplatissement , suivi d'une dépression ombiliquée. Si , à celle période , on étudie la structure des pustules , on voit qu'elles contiennent un peu de sérosité et un petit disque de substance blanchâtre , qui , d'abord molle , acquiert ensuite plus de consistance. Dés le troisième jour de l'érupliou, la dépression centrale est très-marquée dans le plus grand nombre des pustules ; leur forme orabiliquée devient de plus en plus prononcée, à mesure qu'elles augmentent de volume et que la période de suppuration approche ; elles sont blanchâtres et entourées d'ime auréole rouge ou d'un rouge vineux ; lorsque les pustules sont cohérentes ou en groupes, on voit rarement ces dépressions; dès le second ou le troisième jour, la face est couverte d'une large pellicule blanchâtre, sousépidermique , sorte d'exsudation membraneuse, semblable à celle que l'on observe dans les pustules isolées.
C'est à cette période que la fièvre devient le plus intense et qu'on voit naître les complications les plus graves. La peau parait généralement tuméfiée , surtout à la face , où le gonflement est toujours considérable. On observe quelquefois du délire ou un assoupissement plus ou moins marqué. Les ■vomissemens peuvent être opiniâtres et accompagnés d'épigastralgie. La diarrhée survient ou augmente. Le caractère de la toux annonce que l'éruption s'est étendue à la membrane muqueuse des voies aériennes. 'La salivation, qu'il y ait ou non des pustules sur la membrane muqueuse de la bouche , devient abondante. Souvent elle se manifeste avant celle période, et c'est le plus ordinairement du troisième au septième jour de l'éruption qu'elle apparaît en même temps que la tuméfaction de la face, et elle cesse avec elle. Ce ptyalisme peut être accompagné d'une gène plus ou moins considérable de la déglutition ; il est rare chez les enfans.
Souvent la tuméfaction énorme du visage n'est pas en rapport avec le nombre des pustules , et cette inflammation peut s'étendre au tissu cellulaire sous-cutané du crâne et du cou. A cette époque les pustules sont ombiliquées sur les membres et sur le tronc, et se remplissent de pus. Elles y sont moins nombreuses , en général, qu'à la face, excepté dans quelques cas où elles sont confluentes à la partie interne des cuisses ou sur les fesses, surtout chez les jeunes enfans qui ont ces parties du corps habituellement irritées par le contact de l'urine. Sur ces points les pustules parcourent plus rapidement leurs diverses périodes.
La présence des pustules sur les paupières produit une irritation et une douleur très-vives ; celles qui existent sur la membrane muqueuse buccale marchent rapidement ; dans le larynx, elles persistent plus long-temps; à mesure que le pus est sécrété , il soulève l'épiderme , les pustules perdent leur forme ombiliquée et deviennent globuleuses et arrondies. Lorsqu'elles sont peu éloignées les unes des autres, les intervalles qui les séparent rougissent et se tuméfient, et le malade éprouve un sentiment de tension très-douloureux.
Lorsque les accidens graves que l'on observe souvent dans la première période se déclarent dans celle-ci ,il est rare que la suppuration des pustules s é-
tablisse d'une manière franche; les pustules s'affaissent et leur auréole devient pâle, ou bien elles se remplissent d un liquide sanguinolent et prennent un aspect violacé. Des pétéchies apparaissent dans l'intervalle des pustules ; île larges bulles flasques et bleuâtres ( variolœ confluentes crjstallinœ , Borsieri ) se forment , et des hémorrhagies passives se déclarent.
Cinquième période ( Dessiccation ). Elle commence presque toujours à la face , et souvent celte partie est entièrement couverte de croûtes , pendant que les pustules sont à peine arrivées h leur maturité sur les membranes inférieures. La tuméfaction diminue ; les pustules se dessèchent et les croûtes qui en résultent semblent n'en former qu'une sur toute la face Les traits du visage sont alors masqués par une incrustation brunâtre, épaisse, qui tombe du cinquième au sixième jour , à dater de sa formation, et qui est remplacée par des écailles qui se renouvellent plusieurs fois. Ces croûtes sont plus humides dans les varioles très-confluentes. Les malades exhalent une odeur particulière, fade et nauséabonde : ils éprouvent un sentiment de tension et de douleur jusqu'à la chute des croûtes qui couvrent le visage, et qui arrive du quinzième au vingtième jour de la maladie. Souvent les pustules s'ulcèrent , leur surface devient saignante et se recouvre de croûtes noirâtres. Lorsque ces ulcérations s'étendent en surface et attaquent l'épaisseur du derme , elles sont suivies de cicatrices difformes si le malade guérit. En même temps les draps et les linges sont plus ou moins salis par les matières purulentes qui suintent des diverses parties du corps.
Une démangeaison assez vive accompagne la formation des croûtes et excite le malade à se gratter. Chez les enfans on observe souvent des points du visage où la peau est excoriée par l'action des ongles.
Dans quelques cas rares , il n'y a ni desquamation ni formation de croûtes; les pustules s'affaissent dans l'espace de quarante-huit heures : il y a probablemeut résorption du pus. Une prostration subite coïncide avec cet affaissement des pustules , et on observe quelquefois des phénomènes analogues à ceux que présentent les animaux dans les veines desquels du pus a été injecté , ou a()rès les résorptions purulentes.
Une fièvre tiès-vive et des symptômes cérébraux peuvent se déclarer dans cette période. Des convulsions ou un coma profond sont promptement suivis de la mort.
Lorsque les croûtes sont entièrement détachées , les surfaces qu'elles recouvraient ont une teinte rouge vineuse , qui ne disparaît que lentement ; à mesure que cette teinte jouge diminue , les cicatrices deviennent de plus en plus apparentes : elles sont toujours plus nombreuses à la face que sur les autres régious du corps et y forment quelquefois de véritables brides ou des espèces de coutures qui traversent le visage et le défigurent horriblement.
Une éruption discrète peut être accompagnée de symptômes graves et elle se termine quelquefois par la mort ( variola discrela maligna , Borsieri ; — Ponticelli ( Silv. Ant.) Infortunj del vajuolo e inetoda diandarne al riparo , in-S", Parma , 1761 , cap. m ; — Morton , Exercit. m , cap. vi , vu , viii. Il faut rapporter aux varioles discrètes malignes les varioles anomales observées par Sydenham, en 1670, 1671 et 1672 {variolœ nigtœ ). On observe alors les accitiens nerveux , les hémorrhagies passives et péléfhiales , les dy senteries , les pneumonies, etc., qu'on rencontre plus souvent dans les varioles confluentes.
Chez les enfans, la diarrhée , lorsqu'elle existait dès le début de la maladie , persiste, devient plus forte, et quelquefois les excrétions sont sanguinolentes , ou bien la toux acquiert plus de fréquence , et une pneumonie intercurrente se déclare. Ces -diverses affections présentent un caractère de gravité en rapport avec la nature de la variole et la constitution de l'individu. Après la chute des croûtes, du quinzième jour au vingtième, ou observe quelquefois , surtout cbez les enfans , des soubresauts des tendons, des convulsions , de l'assoupissement ou du coma. C'est enfin à une époque plus ou moins avancée de celle période, que se déclarent quelquefois les symptômes nerveux , que l'on avait rapportés à une irritation cérébrale ; mais ils se présentent dans un ordre plus irrégulier que dans les méningo-encéphalites ; ils ne sont point en rapport avec l'intensité du gonflement de la face qui a déjà disparu.
C'est presque toujours aussi à celte époque de la maladie que l'on observe des ophthalmies plus ou moins intenses. Il est souvent difficile de déterminer si elles sont pustuleuses ou non ; car, lorsque les paupières sont gonflées , on ne peut constater la présence des pustules sur la conjonctive, et au moment où la tuméfaction des paupières diminue , la résolution des pustules peut avoir eu heu. La marche de ces ophthalmies est insidieuse : en vingl-^jualre heures , an a vu la cornée se ramollir sans que l'on eut aperçu la plus légère trace d'injection ; chez d'autres malades, cette membrane s'ulcère , se perfore, et un slaphylôtne apparaît.
On voit aussi se manifester des phlegmons ou de petits abcès à la tête , au cou ou sur les membres. Des pustules d'eclhy ma, des furoncles , des bulles de rupia, suivies d'ulcérations plus ou moins opiniâtres , qui entretiennent la fièvre et l'insomnie; enfin des inflammations chroniques de la membrane muqueuse, bronchique ou intestinale, sont de toutes ces affections secondaires les plus graves et celles qui prolongent le plus souvent la convalescence. On a aussi remarqué que la phlhisie pulmonaire paraissait hâtée par l'influeuce de la variole. Dans quelques cas rares, la marche des tubercules a paru au contraire modifiée favorablement par cette éruption.
Enfin on ne remarque quelquefois, dans la première, la deuxième et la troisième période de celle fièvre éruplive, aucun symptôme grave à re.\ception de l'intensité de l'éruption. La variole , quoique conflucnle , semble parcourir régulièrement ses périodes, et les malades succombent toul-à-coup, sans que
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'examen des cadavres puisse faire reconnaître d'autre cause de cette fâcheuse et brusque lerniinaison que Taltératiou de la peau ou l'action funeste du contagium variolique sur Péconomie.
^ II. Variole bénigne. La variole bénigne (variolœ discretœ, benignœ, Borsieri) est ordinairement précédée de symptômes généraux, moins graves, mais d'une durée égale à celle des symptômes précurseurs des varioles graves.
Le premier jour de Vim^asion , frissons plus ou moins prolongés ou alternant avec des bouffées de chaleur, malaise, diminution de l'appétit. Le deuxième jour, dégoût pour les alimens , inappétence, nausées, chaleur, quelquefois doideur épigasirique , surtout à la pression, sentiment d'ardeur dans 1 estomac et le pharynx, soif vive, désir de boissons aciiles, rougeur de la pointe de la langue, dont le milieu et la base sont couverts d'un enduit blanc ou jaunâtre, puis céphalalgie, assoupissement chez les enfans, disposition à la sueur chez les adultes, fréquence du pouls et de la respiration, agitation, pandiculations , douleurs dans le dos et les lombes , dans les membres et les articulations. Ces phénomènes persistent avec plus ou moins d'intensité.
Le quatrième jour , Véi-uption s'annonce par de petits points rouges , isolés , distincts , semblables à des moisures de puces sur les lèvres , puis sur la face, îur le menton , le cou , la poitrine, le ventre et les membres. Le lendemain , ces élevures se multiplient, sont plus proéminentes et comme papuleuses ; leur îomaiet devient ensuile vésiculeux et transparent. Le troisième et le quatrième jour de l'éruption, les élevures paraissent comme pustuleuses et se dessinent bien sur la peau et quelquefois sur les membranes muqueuses de la bouche , du pharynx, des paupières, du prépuce et de la vulve. Les pustules de ces membranes diffèrent de celles de la peau ; car, lorsqu'on enlève l'épithéliura sur ces petites taches circulaires, blanchâtres, d'une ou deux lignes de diamètre, le [dus souvent on ne trouve point de sérosité ou de pus au-dessous de cet épiderme.
I Dans les intervalles qui séparent les pustules cutanées , la peau rougit et se [tuméfie , les pustules paraissent dures au toucher, le fluide qu'elle contiennent ji'épaissit , devient jaunâtre et ne tarde pas à prendre une teinte argentine et purulente. Les pustules ont une forme ombiiujuée bien caractérisée. La tuméitaction de la peau est plus considérable au visage que partout ailleurs : les pustules y sont ordinairement plus nombreuses; la Jace devient le siège d'une douleur tensive et d'une chaleur ardente. 11 s'élève alors (cinquième jour de ,rérup(ion ) et pendant la suppuration des pustules , une fièvre secondaire. La Ituméfaction du visage se manileste d'abord à la lèvre supérieure et au nez,
Ensuite à la lèvre inlérieiire, aux joues, aux paupières et aux tempes. A la lême époque, une légère salivation s'établit, lors même qu'il n'existe pas de pustules dans la bouche. Cet état persiste jusque vers le onzième ou le doudème jour ( huitième de l'éruption ) ; alors la dessiccation des pustules a lieu ; la tuméfaction de la face commence à diminuer , et les pustules se dessèchent. Les croûtes tombent vers le quatorzième ou le quinzième jour. Celles desinains se forment et se détachent de la peau deux ou trois jours plus tard. Une circonstance particulière et très-remarquable peut accélérer la marche de quelques pustules : c'est l'existence d'une inflammation dans les points où elles se développent. Ainsi, lorsque des individus affectés de psoriasis , de lichen pu d'eczéma chronique, sont atteints de la variole, les ])ustules qui naissent sur les points déjà enflammés , ont ordinairement parcouru toutes leurs périodes en huit jours.
Après la chute des croûtes , on voit sur la peau des taches circulaires d'un brun rouge et de petites cicati ices irrégulières , surtout au visage; les taches sont parfois le siège d'une desquamation furfuracée.
§ 111. La variole inoculée diffère , en quelques points , de la variole naturelle. On produit cette variété de la variole eu faisant pénétrer dans la peau le ifirus variolique au moyen de frictions , en l'appliquant sur les membranes muqueuses ou sur la peau privée de son épiderme ; enfin , en l'introduisant lans la peau ou le tissu cellulaire sous-cutané, à l'aide de piqûres ou de légères incisions.
Le premier jour et quelquefois le deuxième de l'insertion , on n'observe au çun changement dans les piqûres, que l'on pratique ordinairement sur le bras. Le deuxième ou le troisième jour de l'inoculation, une légère démangeaison s'y fait sentir, et précède l'apparition de petites taches d'un rouge orangé , semblables à des morsures de puces. Le troisième, ces petites taches s'étendent. Le quatrième , la rougeur des taches augmente ; elle est le siège d'un léger pi- :otement ; les piqûres deviennent proéminentes et lenticulaires. Le cinquième ,
picotement est plus vif; les symptômes inflammatoires font des progrès. Le dxième , les pustules contiennent, à leur sommet , de la sérosité transparente. Le septième , elles se blanchissent et se dépriment à leur centre ; la douleur se propage le long de la partie interne du bras ; les pustules deviennent comme iphlegmoneuses et sont entourées d'unv auréole purpurine. Le huitième, légers frissons, chaleur, céphalalgie plus ou moins violente, abattement , tristesse, nausées, quelquefois vomissemens pendantvingt-quatre heures, assoupissement. Le neuvième, l'inflammation de la partie interne du bras et de l'aisselle diminue, la teinte de l'auréole s'affaiblit et disparaît ; le pus se dessèche , et , s'unissant quelquefois avec les croûtes des pustules voisines , se transforme en une croûte (Épaisse et volumineuse, qui tombe du vingtième au vingt-cinquième jour de l'inoculation. Dans ce cas, on observe sur le point inoculé une cicatrice large 3t profonde , semblable à celle d'un cautère.
Indépendamment de cette variole locale , une seconde éruption s'est déjà annoncée le douzième jour de l'inoculation , et après quelques désordres fonclionnels analogues à ceux qui précèdent le développement de la petite-vérole
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naturelle. De nouvelles pustules , plus ou moins éloignées des piqûres , se montrent sur la face , le cou , le tronc et les membres. Ordinairement on ne compte sur ces parties qu'un petit nombre de pustules ; rarement la variole inoculée est confluente. Cette seconde éruption est complète le treizième ou le quatorzième jour de l'inoculation. Les pustules s'élèvent, se dépriment et s'arrondissent comme celles de la variole naturelle. Une auréole purpurine circonscrit leur base; elles se remplissent de pus ; le limbe qui les entoure se décolore en même temps que leur centre blanchit ; le pus prend ensuite une teinte jaune, un petit point noir se forme au centre des pustules, dont l'auréole disparaît. Enfin leurs parois se resserrent , le pus se dessèche et forme des croûtes d'un brun grisâtre , qui laissent des taches d'un rouge foncé et quelquefois des cicatrices superficielles.
La variole inoculée présente quelques variétés : 1» L éruption secondaire peut ne pas avoir lieu , et l'inoculation n'est pas moins préservative. 2° l'ius rarement il ne se développe point de pustules sur les piqûres, et l'éruption secondaire n'en a pas moins lieu. 3° L'éruption secondaire peut se diviser en plusieurs éruptions successives. 4° La marche de l'éruption peut ttre tellement accélérée , que dans huit ou neuf jours la variole inoculée parcourt toutes ses périodes , comme les varicelles ou varioles modifiées , ou bien elle est plus lente que dans les cas ordinaires. 5° Enfin, 1 inoculation peut être suivie d'une Jièvre oarioleuse sans éruption.
La variole inoculée est ordinairement discrète. La période dite Ae suppuration est bénigne. Cette variété de la variole se complique quelquefois d'une inflammation exanthémateuse ( Rosaola varioLosa ). Elle est plus rarement que la variole naturelle , associée à des inflammations graves des membranes muqueuses , ou à d'autres affections.
§ IV. Fièvre vnrioleuse ( variolse sine variolis). Cet effet du contagium variolique a été signalé par plusieurs observateurs ( Sydenham , Oper. , sect. m , cap iij , p. 181 , edit. Patav. , 1700. — Ludwig, Inslit. medicin. clinic. , pars i, cap. i, subsect. vij , § 167. — Azzoguidi ( Germ.) , Leltera snpra i mali effetti delL' inociilazione , Venezia , in- 12 , 1782. ) La ressemblance des symptômes de cette /lèvre avec ceux de la petite vérole, si on en excepte l'éruption, m'a engagé, dit Sydenham , à lui donner le nom Aejièvre varioleuse , avec d'autant plus de raison que cette fièvre régna du temps de la petite-vérole , et qu'elle guérissait par le même traitement. Ces deux maladies étaient de la même famille , et il n'y avait entre elles d'autre différence , sinon que , dans la petite-vérole , la matière morbifique était poussée vers la peau sous forme d'éruption , au lieu que , dans la fièvre varioleuse , cette matière était chassée hors du corps par les glandes salivaires. Dehaen dit aussi que celte espèce de fièvre est accompagnée de ptyalisme comme dans les vaiioles confluentes (Dehaen, Divis.Jebr. p. 97). Plusieurs inoculateurs assurent aussi avoir observé cette Jîèvre varioleuse ( Fouquet , Traitement de la petite vérole des enfans , p. 123, in-12, Paris, 1772. — Gatti , Nouvelles réfllexions sur la pratique de l'inoculation , in-12 , Bruxelles , 1797. — Dezolteux et Valeutin , Traité de l'inoculation , p. 297 ). Quelques-uns ont ajouté qu'elles étaient préservatrices. Je n'ai point observé cette Jîèvre varioleuse ; peut-être ne l'ai-je point cherchée avec assez de soin.
§ V. Aitoinalies de la variole et des pustules varioliques. Les pustules de la variole n'ont pas toutes la même marche : les unes arrivent à leur terme au temps ordinaire ;il en est d'autres qui parvenues à moitié chemin, plus ou moins, c'est-à-dire , au dixième , au huitième , au sixième, et même seulement au quatrième jour, ou au moment où du véritable pus se produit dans leur intérieur , s'arrêtent dans leur marche, s'affaissent , ne suppurent pas , et, au lieu de pus , contiennent une très-petite quantité de matière plastique. Cette variété de pus. tules me semble correspondre à la varicelle papuleuie. Dans d'autres cas, il semble que la période de suppuration se prolonge au-delà de son terme ordinaire. '
Ou a dit que la fièvre secondaire manquait quelquefois dans la variole ; mais ces cas doivent être rattachés à la varicelle pustuleuse.
Indépendamment de l'inflammation varioleuse des inembranes muqueuses , qui doit être regardée comme un des élémens de la variole, celle-ci peut être comya/i^fiee avec d'autres maladies , avec la rougeole et la scarlatine, avec le purpura , avec le croup, la pneumonie , et plus rarement avec l'hémoptysie , la méningite, etc. , qui peuvent survenir avant et pendant l'éruption , la dessiccation , et après la chute des ci'oûtes : les complications sont surtout à craindre dans les saisons très chaudes ou très-froides. La crainte de la mort, ou des affections morales vives , donnent quelquefois lieu à des accidens prompteraent mortels.
Dans la convalescence, il se déclare quelquefois des érysipèles aux jambes , des furoncles ou des phlegmons aux cuisses et aux bras. L'eclhyma se montre sur les membres. Enfin, des inflammations chroniques de l'inteslin relardent souvent la guérison et peuvent devenir mortelles. J'indiquerai les principales observations faites sur ces complications et sur ces affections secondaires.
§ VL Observations anatomiques. Les pustules varioliques sont ordinairement plus confluentes et plus avancées sur la face que sur les autres régions : elles y sont en outre plus plates, et forment quelquefois une sorte de nappe blanchâtre sur le front. Si la mort à lieu à une époque plus éloignée de l'invasion de le maladie, les pustules sont déjà desséchées et forment des croûtes bleuâtres sur le visage , tandis que les pustules des autres parties du corps sont dans leur état ordinaire- La peau environnante reste blanche ou très-légerement violacée Sur les autres parties du corps, les pustules sont pour la plupart ombiliquces • leur centre , légèrement déprimé, est en général d'uu blanc un peu moins mat
VARIOLE
VARIOLE
que le reste de la pustule ; d'autres fois , surtout aux jambes , il est d'un i-ouge vineux ou brun obscur.
Les pustules , dans leur état , sont fermes et solides sous le doigt. Celles de la paume des mains sont ordinairement assez grandes, légèrement bombées et sans ombilic; leur teinte blancbàtre est un peu moins mate que celle des autres pustules. Celles de la plante des pieds ont quelquefois un aspect différent; elles ne présentent pas ou presque pas de saillie , elles apparaissent à travers l'épiderme épais de cette région sous la forme de taches circulaires violacées et voilées , entourées par un liséré d'un blanc plus mat que le reste de la peau. Les pustules du scrotum et du pénis sont ordinairement petites et très-fermes.
Quelques pustules présentent vers leur milieu un orifice folliculaire d'où sort un poil; mais !e plus grand nombre n'en offre pas. En les incisant suivant leur épaisseur, on reconnaît les dispositions suivantes: le réseau vasculaire souscutané présente, dans quelques endioits, un grand développement; mais cela est loin d'être constant. La partie profonde du derme qui répond au milieu de chaque pustule, est toujours fortement injectée, et le siège d'une suffusion sanguine ; quelquefois elle offre des stries et un pointillé rouge; la surface externe du derme qui répond immédiatement à la pustule est gonflée, légèrement transparente et jaunâtre. Au-dessus du derme , on trouve une couche pseudomembraneuse qui forme la substance de la pustule. Elle est indiquée par une ligne qui représente un cône tronqué , d'une demi-ligne d'épaisseur , plus ou moins, selon la grandeur de la pustule. C'est une matière d'un blanc mat, assez ferme, mais un peu friable , intimement unie avec la surface interne de l'épiderme , avec laquelle elle paraît confondue ; elle est moins adhérente à la surface du derme. Dans les pustules plus avancées , on aperçoit quelques petites vacuoles, une ligne sinueuse , ou enfin une petite cavité anfractueuse entre la surface externe du derme et la couche blanche anomale dont nous venons de parler. Ces intervalles ou cette cavité se trouvent remplis par un liquide séreux. Dans les pustules du visage plus avancées que celles des autres régions , le liquide , devenu opalin et plus abondant, existe non-seulement dans les cavités des pustules, mais fuse sous répiderme,à leur circonférence. Cette membrane, ainsi décollée, peut être détachée en lambeaux considérables. Au-dessous d'elle, dans les endroits correspondans aux pustules, on observe un grand nombre de saillies arrondies, irrégulières, séparées par des dépressions anfractueuses, creusées dans la peaui Cette apparence érodée du derme n'existe que sur les points occupés par des pustules suppurées. L'épiderme paraît un peu épaissi, mais la macération démontre qu'il ne l'est pas.
Dans la barbe, les conduits épidermiques des poils apparaissent sousla forme de lignes blanches , opaques , qui traversent l'épaisseur de la peau et aboutissen t à des espèces d'ognons blancs , ressemblant assez bien à la figure de Cotugno.
Après avoir fait macérer dans de l'eau pendant un certain nombre de jours , des morceaux de peau de varioles, de différentes régions du corps, nous observâmes , M. Young et moi , les dispositions suivantes : l'épiderme se détachait par la plus légère fraction et présentait toujours à sa surface externe la bosselure et le blanc opaque des pustules. Ce point blanc se voyait sur toute la surface d'un certain nombre d'empreintes pustuleuses; mais , sur la plupart , il diminuait considérablement ou cessait entièrement vers leur centre , conservant ainsi leur aspect ombiliqué. La surface interne de l'épiderme présentait à-peu-près le même aspect en creux , et on y trouvait, pour ainsi dire, isolée la matière pseudo-membraneuse à laquelle la pustule variolique doit son état , sa forme ombiliquce et sa couleur d'un blanc mat. En effet , dans les creux on trouvait des sortes de disques ou des anneaux d'une matière blanchâtre pseudomembraneuse , que l'on pouvait facilement enlever en la grattant : l'épiderme restait toujours un peu déprimé , mais il avait à-peu-près son apparence naturelle. liCs conduits pileux qui passaient à travers plusieurs de ces disques étaient plus blancs , plus volumineux et plus visibles que ceux que l'on remarquait sur l'épiderme environnant.
A la plante des pieds, sur les points occupés par les pustules , la disposition annulaire de cette substance blanche était très-remarquable. En outre cette fausse membrane, s'arrêtant brusquement à la circonférence de la pustule, y produisait le liséré blanc que nous avions noté pendant la vie. Le bord externe de cet anneau pseudo-membraneux étant plus saillant que l'interne, il en résultait une sorte de godet ; de manière qu'un morceau de l'épiderme de la plante du pied pourvu d'un certain nombre de grosses pustules , et vu par sa face interne, rappelait assez bien l'aspect des Javi des abeilles. Cette substance blanche enlevée , la surface interne de l'épiderme paraissait très-légèrement blanchâtre , aspect qu'il faut peut être attribuer à la membrane épidermique profonde.
La peau de la paume des mains présentait les mêmes dispositions , mais moins bien dessinées.
Le derme à sa surface externe, dans les endroits répondant au centre des pustules, présentait des èminences arrondies , tranchant avec la couleur de la peau environnante par leur teinte jaunâtre et demi transparente, de moindre volume que les alvéoles épidermiques auxquelles elles correspondaient. Autour d'un certain nombre de ces èminences on voyait une dépression linéaire, produite par l'impression du bord externe et saillant de la substance blanche pseudo-membraneuse ; on l'observait surtout à la plante du pied, où le bord externe de cet anneau plastique un peu frangé , avait environ une demi-ligne de hauteur. Ces èminences , regardées à la loupe et avec attention, offraient à leur surface les petits sillons qui séparent les papilles du derme. Cela était surtout évident à la paume de la main et à la plante du pied , où les papilles paraissaient augmentées de volume.
Cette apparence était celle qu'on observait dans l'intérieur de la plupart des pustules , dans leur état ; mais dans plusieurs pustules plus avancées, au lieu d'offrir ces èminences papillaires , la surface du derme était au contraire plus ou moins régulièrement déprimée ; cependant, dans le centre de plusieurs de ces dépressions on trouvait encore une petite éminence. Enfin, la peau dans quelques endroits était véritablement érodée.
Les èminences observées dans les pustules à la surface externe du derme, sont plus mollasses que le reste de la peau , et une macération prolongée pendant un mois les affecte beaucoup plus que les autres parties du derme. On trouve alors dans les endroits où elles existaient, une dépression brunâtre et mollasse qui tranche sur la couleur d'un blanc mat du reste de la peau.
Ayant examiné des pustules varioliques qui avaient été cautérisées pendant la vie peu de temps après leur développement , nous avons trouvé les croûtes et les squames d'un brun foncé un peu déprimées et sèches à l'extérieur ; leur face interne était jaunâtre. Sous ces squames la surface du derme était plus érodée que dans les autres régions du corps.
En résumé, le volume , la couleur et la dépression des pustules ombiliquécs, dépendent évidemment du disque pseudo-memhraniforme sécrété par le corps papillaire enflammé et élevé sous forme de cône , sur les points occupés par les pustules.
Lorsque deux ou trois pustules se sont réunies par leurs bords correspondans, on retrouve souvent dans ces groupes , les dispositions anatomiques de chacune des pustules qui les composent. Souvent aussi on rencontre parmi les pustules varioliques des pustules conoïdes ou globuleuses tout-à-fait semblables à celles qui caractérisent deux des variétés de la varicelle pustuleuse. Enfin la peau du visage et de la partie postérieure du tronc est ordinairement trèsinjectée.
Les membranes muqueuses offrent des altérations non moins remarquables. La conjonctive, les membranes muqueusesdes fosses nasales , de la bouche , du pharynx, du larynx, de la trachée-artère, des bronches, du prépuce chez l'homme, de la vulve chez la femme , etc. , sont ordinairement injectées et présentent des traces ou des rudimens de pustules. La membrane muqueuse des fosses nasales , devenue d'un rouge très-animé , est couverte d'un mucus épais et jaunâtre ; la voûte palatine et la surface supérieure de la langue présentent des exsudations grises pseudo-membraneuses , ou de petits débris de l'épithélium. La membrane muqueuse de la bouche est d'un rouge violacé ; une exsudation grise ou de petits débris d'épithélium , se remarquent à la voûte palatine, sur la langue , sur le voile du palais et sur les ligamens arytliéno-épiglottiques. Constamment aussi , dans les varioles confluentes , l'intérieur du larynx et de la trachée présente des traces non équivoques d'inflammation. La membrane muqueuse est d'un rouge violacé, parsemée de petites taches blanches ou grisâtres , circulaires, d'une demi-ligne à deux lignes de diamètre, munies d'un point rouge central et dépourvues d'épithélium et de quelques autres taches de formes et de dimensions variées , probablement consécutives à des pustules cohérentes. Chaussier {Bulletin de ta Faculté de Médecine de Paris, in-S", t. iv, p. 14 ), en disséquant le cadavre d'une femme morte le quatrième jour de l'éruption d'une variole confluente, trouva dans le larynx et la trachée, un grand nombre de boutons (pustules varioliques ) semblables pour la forme et le volume à ceux qui existaient à la peau. Ces pustules n'étaient pas bornées au larynx et à la trachée ; il en existait même dans les principales ramifications bronchiques . dans l'intérieur de la bouche, du pharynx et au commencement de l'œsophage. Cependant, je dois ajouter que les pustules varioliques des membranes muqueuses m'ont toujours paru différer sous plusieurs rapports de celles de la peau. Je n'ai jamais vu dans le larynx , la trachée et les bronches des pustules tout-à-fait semblables à celles qui se développent sur les tégumens , et dans plusieurs l'exsudation pseudo membraneuse n'est pas recouverte par un épithélium. Enfin , elles ne sont pas ordinairement suivies de cicatrices évidentes. Je n'ai point observé de pustules varioliques dans l'estomac et l'intestin ; mais j'ai toujours vu ces parties plus ou moins enflammées. Cotugno a vu des pustules varioliques bien caractérisées sur la membrane muqueuse du rectum, dans un cas de prolapsus (Cotugno, De sedib. variolarum , iu-l2, Vienne, p. 152 ) ; mais dans ce cas , la membrane muqueuse se rapproche de la peau par la structure.
La xnexahraine xauqaease gastro-intestinale offre souvent des pétéchies , et ses follicules sont développés plus ou moins saillans, de manière à simuler de véritables pustules , surtout dans le gros intestin , des ecchymoses se remarquent aussi dans l'épaisseur des membranes intestinales, surtout dans les variolce nigrœ. La membrane muqueuse du gros intestin, lorsqu'il y a eu des phénomènes dysentériques, off're un développement remarquable des follicules qui sont violacés, aplatis ou saillans.
Chez quelques sujets l'on a trouvé le sang fluide , séreux , tendant à pénétrer tous les tissus ; on a rencontré des épanchemens sanguins dans le tissu cellulaire sous-séreux ou sous-cutané et dans l'épaisseur du derme, des ecchymoses et des pétéchies dans l'estomac , un engorgement sanguinolent dans les poumons [variolœ nigrœ )|, une pâleur et une flaccidité remarquables du cœur , à la surface interne duquel on a quelquefois observé de petites taches circonscrites violacées ou rouges.
M. Genàim ( Histoire des inflammations , t. ii , p. 460) rapporte qu'ayant injecté dans les veines d'animaux du sang d'individus atteints de varioles confluentes , des symptômes très-graves et promptement mortels se sont manifestés ; à l'ouverture des cadavres on a trouvé> plusieurs organes fortement enflammés.
VARIOLE
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lest plus rare de rencontrer des altérations des autres viscères. Chez quelles variolés qui avaient présenté des symptômes de méningite , on a trouvé les jembranes du cerveau injectées, des épanchemens de sérosité aqueuse ou san- , iiiolente dans les anfractuosités cérébrales , dans les ventricules cérébraux et ns la cavité arachnoïdienne de la moelle épinière.
M. Bérard a observé la coloration rouge des artères dans une épidémie de •riole qui régna à Angers sur des militaires nouvellement enrôlés. MM. Rigot Trousseau ( Archives générales de Médecine, t. xn , p. 94) , ayant assisté à usieurs ouvertures faites par M. Bailly et par ses élèves , ont toujours trouvé ez les varioleux des rougeurs dans les vaisseaux , mais il ne leur est pas ar-
I^é une seule fois de voir les parois vasculaires e'paissies au point de diminuer diamètre de l'artère. M. Tanchou (Journ. complémentaire ^ novembre 1825, xxxiii , p. 90) avait déjà appelé l'attention sur cette rougeur des artères et il ivait attribuée à l'inflammation. A une époque où je remplaçai M. Bailly à hôpital de la Pitié ( 1826) , j'ai constaté moi-même plusieurs fois l'existence cette rougeur, qui me paraît èire, dans la plupart des cas , un phénomène davérique dû à un état particulier du sang. Cependant j'ai quel<|uefois obrvé la rougeur des artères en longues plaques , sans qu'il y eût du sang dans s vaisseaux , chez des malades qui m'avaient présenté des symptômes des vajles , dites nerveuses ou ataxiques.
Enfin , M. Costallal a observé plusieurs fois la gangrène du poumon dans des rioles graves , et M. Fréd. Cuvier fils a trouvé chez des variolés morts à la ite de la période de suppuration de petits abcès dans les poumons , semblaes à ceux qu'on observe dans ces organes à la suite des amputations des mêmes. J'ai moi-même observé ces graves complications.
Dans toutes les espèces de varioles on trouve fréquemment les poumons gor- 's de sang.
§ 'VII. Causes. La variole est contagieuse ; elle se communique par le contact édiat ou immédiat j la contagion s'élève à quelque distance dans l'atmosphère, suit la direction du vent. Le caractère contagieux se développe pendant la ppuration des pustules et se conserve jusqu'à l'époque de leur dessiccation, ne paraît éprouver aucune modification de la part de l'individu. Le pus d'une riole confluente peut en communiquer une qui sera discrète et vice verset. La variole n'épargne aucun sexe ni aucun âge , sans même excepter le fœs , qu'elle peut attaquer en même temps que sa mère, même lorsque celle-ci éprouve pas les etfels de la variole , soit parce qu'elle a été vaccinée antérieument , ou atteinte de la variole naturelle ou inoculée (M. Marc en cite trois emples , Dicl. des se. méd. , t. xvi , p. 71 ). Telle fut la mère de Mauriceau , Ion M. Desormeaux ( Dict. de médec, ) ; elle avait soigné l'ainé de ses enfans, ji mourut de la variole , et le lendemain elle accoucha de Mauriceau , qui , au re de ses parens, apporta en naissant cinq à six grains effectifs de petite-vérole. ! dois à l'obligeance de M. Costallat d'avoir observé un fait analogue. Rosas L., âgée de vingt-quatre ans , portait à chaque bras une large cicatrice de l'étndue d'une pièce de cinq francs, qui paraissait être le résultat de plusieurs ustules vaccinales réunies. Étant enceinte de quatre mois et demi, elle conacta la variole avec trois autres personnes de sa famille. Le 6 avril 1833 , l'éliption fut caractérisée par des pustules larges , plaies , discrètes; L. en fut si ;u incommodée qu'elle vaqua à ses occupations ordinaires. Cependant, sur la jcommandation de sa maîtresse, elle resta deux ou trois jours dans sa chambre, ès le 20 avril , elle montait plusieurs fois par jour à un sixième étage, pour )igner son père et son mari. Le 28 , elle ne sentit plus remuer son enfant. Le mai, M. Costallat l'ausculta avec soin , et n'entendit ni le bruit placentaire "i les battemens du fœtus. L'avortement eut lieu le 13 mai au matin. Le fœlus ortait surtout le corps une grande quantité de pustules varioliques, que IM. Littré , Young et moi avons facilement reconnues.
Quelques personnes privilégiées résistent à des inoculations répétées et à l'inuence des épidémies varioliques ; mais le plus souvent, ces mêmes individus nissent par contracter la variole à une autre époque de la vie.
Elle survient dans toutes les saisons et dans tous les climats; elle n'affecte rdinairement qu'une fois le même individu , mais on possède des exemples uthenfiques de récidives ( Thomson , Historicnl sketch , etc. , respecting ihe \arieties and the secondary occurence of small-pox , 8o , London, 1822). Il jaraît même que quelques individus ont pour cette maladie une sorte d'aptirde , (Gregory, Susceptibilité à contracter une seconde fois la vaccine et la variole; Archiv. gén. de méd. , t. xxviii, p. 260.)
1 La variole est quelquefois sporadique; le plus souvent elle est épidémique. ;ile commence ordinairement à exercer ses ravages au printemps ; elle règne l.endant l'été et l'automne et disparait pendant l'hiver. J'ai indiqué plusieurs jxemples d'épidémies varioliques; dans presque toutes , les diverses foimes de la variole et de ses principales modifications [varicelles) ont été observées. Plu- [ieurs de ces épidémies ont été remarquables par leur bénignité , d'auti-es par (sur malignité. Enfin, quelques autres ont été bénignes dans une de leurs périodes et malignes dans une autre. ( f^ojez Éruptions varioliques. ) \\ § VIII. Diagnostic. Avant le développement de l'éruption , le diagnostic iifTre toujours beaucoup d'incerlitudes, même en ayant égard au caractère de a constitution ou de l'épidémie régnante : les prodromes de la variole sont ;ommuns à plusieurs affections ; mais ils acquièrent cependant une importance 'éelle lorsque les malades ont été sous l'influence du contagium variolique.
Les taches et les élevures populeuses qui précèdent la formation des pustules imbiliquées peuvent être distinguées des taches moibilleuses , en ce qu'elles lonnent sous le doigt la sensation d'un petit grain ; elles sont plus profondes et )lus dures que celles de la rougeole.
Dict. de Médecike et de Chirurgie pratiques.
Les pustules ombiliquées de la variole ne peuvent être confondues qu'avec celles des varicelles pustuleuses, qui ont la même forme aplatie ; mais celles-ci ont plus rarement un ombilic, suppurent moins long-temps et sont d'un blanc moins mat ; d'ailleurs , cette espèce de varicelle n'est point accompagnée de fièvre secondaire. Quant aux autres variétés de la varicelle , les différences sont bien tranchées , et toute méprise est impossible.
Les pustules de la variole sont bien distinctes de celles des autres maladies pustuleuses, en particulier de celles de l'eclhyma, et ne diffèrent pas moins des pustules artificielles produites par l'irritation mécanique de la peau , et qu'on a improprement désignées sous le nom de fausse variole inoculée. Ces éruptions n'ont point d'ailleurs la marche des fièvres éruptives,
§ IX. Pronostic. La variole discrète, exempte d'accidens nerveux , d'hémorrhagies passives, de dysenterie, etc., se termine presque toujours d'une manière favorable du quatorzième au vingtième jour. La durée de la petite-vérole confluente est sans comparaison beaucoup plus longue lorsque la mort n'a pas lieu dans les deux premières périodes. Dans l'épidémie de Marseille ( 1828 ), les petites véroles discrètes ne dépassaient pas quinze jours , tandis que les petitesvéroles confluentes allaient jusqu'à trente-et-un jours et plus.
Dès le début de la variole , la marche de la maladie peut être calculée jusqu'à un certain point, d'après le degré d'intensité de la fièvre varioleuse : » Quofebris variolosa mitior et eruptio parcior , eo lenior status inflammationis suppuralionis (Stoll. Aphorismi de cognosc. et cur.febrib., in-8" , Vienne 1788, aphor. 538). Cependant il faut en général être très-réservé sur le pronostic de la variole.
La gravité du pronostic est subordonnée au nombre des pustules, au degré d'inflammation des tégumens et notamment de la peau de la face , à l'étendue et à l'intensité de l'inflammation des membranes muqueuses, et en particulier à celles des voies aériennes , à l'état persistant ou passager des accidens cérébraux, à l'existence des pétéchies et à l'abondance des hémorrhagies passives.
Le pronostic est fâcheux quand la maladie se développe chez des vieillards , chez des personnes affaiblies par des maladies actuelles ou antérieures, chez les enfans pendant la dentition , chez les nouvelles accouchées , et chez les femmes enceintes, sur qui la variole peut provoquer l'avortement.
Les chances favorables ou fâcheuses de la variole ne peuvent donc être calculées sans une juste appréciation de ces conditions, lorsqu'elles existent.
Si l'éruption est successive dans la variole confluente, le danger est , en général , moins imminent; si, au contraire , les pustules paraissent toutes à lafois sur la face, sur le cou , le tronc et les membres , la maladie est une des plus graves dont l'espèce humaine puisse être frappée, et la mort en est souvent la suite.
Les varioles accompagées de symptômes cérébraux ( varioles rte;veuiei ) à leur début et dans leur état, sont, très-graves.
Les ecchymoses et les pétéchies indiquent souvent une altération funeste du sang et une mort prochaine.
La laryngo-trachéite varioleuse , le croup et la bronchite pseudo-membraneuse , rendent le pronostic de plus en plus grave.
Des opbthalmies rebelles , l'otite, la cœco-colite , des abcès ou d'autres affections , sont la source de nouveaux accidens qui prolongent et augmentent le danger pendant la convalescence.
On a indiqué aussi comme des signes fâcheux, le développement précoce de l'éruption , la petitesse des pustules , leur forme aplatie, l'irrégularité de leur marche. On a dit que le danger était extrême , lorsque les élevures de la variole ne Contenaient, an lieu de pus , qu'une sérosité transparente , et que toutes les hémorrhagies qui survenaient pendant la période de suppuration étaient fâcheuses. Ces assertions sont malheureusement vraies pour les cas où ces phénomènes extérieurs coïncident avec des lésions profondes des membranes muqueuses ou des viscères, ou bien avec des affections nerveuses et des altérations du sang. Dans toute autre circonstance , il faudrait se garder de tirer des induelions aussi graves de l'irrégularité de la marche de la maladie.
§ X. Traitement. La fièvie et les altérations inflammatoires variolcuses devant parcourir certaines périodes avant leur solution complète, il faut en modérer l'intensité ou les principaux accidens, et non chercher, par des méthodes perturbatrices, à élouffer leur développement et leurs progrès.
Les maladies intercurrentes et de nature non varioleuse peuvent , au contraire , réclamer des médications plus actives ou plus variées.
Dans les varioles bénignes, l'inflammation de la peau est toujours peu considérable , et celle de la membrane muqueuse gastro-pulmonaire offre rarement quelque intensité ; cependant , comme il n'y a pas toujours un rapport constant entre le degré de déveloj)pement de ces deux éruptions, il peut arriver qu'une variole ,c/iiC7-è«e extérieurement , soit accompagnée de lésions intérieures assez graves pour réclamer une grande surveillance.
Si la fièvre varioleuse est légère , si l'inflammation de la peau et celles qui l'accompagnent n'existent qu'à un faible degré , on se bornera à placer le malade dans un air pur et dans une chambre vaste , d une douce température. Si les symptômes qui précèdent l'éruption sont accompagnés de vomissemens et de douleurs épigaslriques , et s'ils offrent quelque intensité, il convient d'appliquer un certain nombre de sangsues à l épigastre, de couviir l'abdomen de cataplasmes émolliens , d'administrer des lavemens mucilagineux, de prescrire la diète absolue et l'usage des boissons délayantes acidulées. Si cette inflammation persiste , si elle s'associe à une laryngo-trachéite varioleuse , et si leur intensité semble s'opposer au développement des pustules sur la peau , la saignée générale doit être employée, à moins qu'on ne préfère recourir à l'applica-
VARIOLE
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tion des sangsues à l'épigastre et à la partie antérieure du cou. Dès que l'éruption est complète et que les progrès des inflammations intérieures sont arrêtés , il ne reste plus qu'à surveiller la marche de ces affections ; leurs symptômes diminuent et finissent par disparaître par les seuls effets de la marche naturelle de la maladie , du régime et des boissons délayantes.
Le traitement des varioles graines offre plus de dilEculté.
lo. Tantôt toute la surface du corps est couverte de pustules; le tissu cellulaire sous-cutané est fortement tuméfié ; les glandes parotides , sous-maxillaires, etc. , sont gonflées et des inflammations varioleuses se développent dans la bouche et les fosses nasales, sur les conjonctives, dans le pharynx, la trachéeartère et les bronches , et quelquefois même dans l'estomac et l'intestin (varioles inflammatoires). Dans ce cas, surtout si le sujet est jeune et vigoureux, l'état inflammatoire doit être modifié par la saignée générale, par les applications de .sangsues, par des cmbrocations huileuses et énioUientes, fraîches ou froides, par les onctions avec la crème et le cérat, et parles bains tempérés ; ce dernier moyen m'a paru d'une très-grande utilité dans ces espèces de varioles. Lorsque la maladie est parvenue à sa période de suppuration, on perce avec la pointe d'une aiguille les pustules pour donner issue au pus qu'elles contiennent, et on l'absorbe a\ec une éponge trempée dans une décoction émoliiente.
2°. Cette méthode purement antiphlogistique me paraît aussi préférable à toute autre, pour les cas où la gravité de la maladie dépend de l'intensité de l'inflammation varioleuse des voies aériennes , lorsque l'éruption est accompagnée d'une forte dyspnée et que les pustules ont une teinte violacée ( varioles laryngées ).
3°. Quant aux varioles nerveuses , j'éprouve un véritable embarras pour tracer les règles de leur traitement. Les malades succombent sous l'influence des saignées et presque toujours sous celle de quelques autres remèdes, tels que le camphre , l'assa-fœtida , l'oxide de zinc, la valériane, etc., qui ont été plus généralement recommandés. Dans ces cas malheureux, j'ai eu recoui-s souvent à l'application de la glace sur la tète, aux boissons délayantes et à l'administration intérieure du calomel à doses laxatives. Mais cette méthode , comme toutes les autres , compte beaucoup d'insuccès.
4o. Lorsque la variole confluente est accompagnée de pétéchies, d'ecchymoses, d'épistaxis ou d'autres hémorrhagies analogues à celles qu'on observe dans le purpura hœmorrhagica , et qu'on attribue assez généralement aune alléralion de sang , les purgatifs et la décoction de quinquina acidulée paraissent préférables aux antiphlogistiques purs. Dans tous les cas, cette espèce de variole est presque constamment mortelle.
D'autres méthodes et d'autres moyens ont e'té proposés; mais les conditions qui réclament spécialement ou exclusivement leur emploi n'ont pas été fixées d'une manière bien rigoureuse. Ainsi, pour diminuer la violence de l'éruption et les acoidens qui l'accompagnent, oa a proposé d'exposer les malades au contact de l'air frais , de les plonger dans des bains froids et de pratiquer à la surface du corps des irrigations ou des ablutions avec de Veau froide. Cette dernière médication ne fait jamais disparaître les pustules, comme quelques pathologistes ont paru le craindre; mais je l'ai vue aggraver la laryngo-bronchite , qui accompagne toujours plus ou moins la variole confluente. Cette méthode n'a pas été assez expérimentée pour que je sois entièrement fixé sur ses avantages et ses inconvéniens. Quelques praticiens ( de Moneta , Ploucquet , Hoffman) ont proposé de restreindre les applications et les lotions froides à la face.
D'autres ont pensé qu'on pouvait faire avorter les pustules à l'aide d'émissions sanguines très-considérubles. M. Janson rapporte que des sangsues ayant été appliquées au cou d'une jeune fille, atteinte d'une variole confluente, elles donnèrent lieu à une hémorrhagie très-abondante à la suite de laquelle la malade courut de très-grands dangers, mais qui fit avorter la plupart des pustules varioliques. Ce fait et quelques autres analogues n'autorisent pas cependant à tenter l'avortement de toutes les varioles confluentes indistinctement par des saignées copieuses et répétées ; cette méthode recommandée par de la Métrie serait pernicieuse ; mais ces faits doivent enhardir à employer de larges saignées au début et pendant l'éruption des vaiioles cohérentes, franchement inflammatoires, accompagnées de bouffissure érysipélateuse de la face, de congestion cérébrale et de laryngo-lrachéite.
Les pédiluves ont été recommandés dans l'espérance d'attirer l'éruption sur les membres inférieurs ; je n'ai jamais vu cette espérance réalisée. M. Delaroche, médecin de la maison royale de santé , faisait appliquer des vésicatoires aux jambes avec plus de succès.
Lorsque l'éruption variolique apparaît lentement ou difficilement , et surtout lorsque ce retard est dû à l'impression du froid, comme cela a lieu en hiver dans les classes pauvres , quelques praticiens conseillent de recourir aux bains tièdes ou aux bains de vapeur - d'autres recommandent les vomitifs ou quelques sudori/icjues , tels que l'acétate d'ammoniaque: j'ai vu un trop petit nombre de cas de ces éruptions tardives, pour recommander expressément un de ces moyens ; je manque d'expériences comparatives.
On a proposé de recourir aux préparations mercurielles à l'intérieur ou extérieurement pour prévenir ou amoindrir la violence des éruptions varioliques , je ne les ai pas assez expérimentées pour décider de leur eflicacité.
Les purgatifs ont été recommandés contre les varioles confluentes, pour atténuer la violence de l'éruption et même pour la faire avorter ; c'est encore une expérience à répéter. Les purgatifs sont souvent utiles à l'époque de la suppuration , contre le ptyalisrae et les inflammations extérieures qui s'aggravent ou se déclarent à cette période, et contre les complications vermineuses fort rares aujourd'hui à Paris.
Les toniques, le vin , le quinquina , les acides minéraux , le camphre à l'intérieur et à l'extérieur , peuvent être utiles à l'époque de la suppuration et de la dessiccation surtout chez les vieillards ou les enfans cachectiques , ou lorsque la maladie revêt des caractères putrides ou hémorrhagiques ( Fouquet , Sydenham).
Les opiacés , surtout administrés en lavement , sont utiles dans la variole dysentérique ; ils ont aussi été recommandés pour combattre l'insomnie et le délire dans les varioles nerveuses ou dans les confluentes ( Sydenham , Stoerk); mais dans ces cas graves leur utilité m'a paru fort incertaine.
La petite-vérole étant déclarée, y a-t-il quelques moyens d'enlever l'activité de son venin ? Quelques médecins ont soutenu qu'on pouvait obtenir ce résultat. Moublet, ( JournaL de médecine, t. xvii, 1?62 ) avance qu'on peut faire avorter la variole ou du moins produire à volonté les variolœ sine variolis, en évacuant le virus par les émétiques et les purgatifs. De la Métrie a prétendu atteindre le même but par d'abondantes saignées , et cette opinion a été reproduite dans ces derniers temps. M. Eichhorn est d'avis qu'on peut faire avorter la variole, à l'aide des acides minéraux , du mercure doux et des préparations antimoniales employées dès le début de la fièvre primaire. 11 signale aussi une autre pratique qui , suivant lui , a une grande vertu pour rendre plus bénigne la variole. 11 conseille lorsqu'on reconnaît la fièvre primaire varioleuse, ou lorsque les preraiftïs stigmates se montrent au visage sous la forme de petites nodosités, de faire sur le malade quarante ou cinquante incisions , où l'on introduira autant de vaccin puissant que l'on pourra. Et il assure que le médecin étant appelé à temps , ce sera sa faute s'il lui meurt un malade de la variole. J'ai répété deux fois cette expérience , dans deux cas très-graves , et les deux malades sont morts l'un d'une variole confluente , l'autre d'une variole nerveuse , mais les stygmates étaient déjà visibles sur tout le corps au moment où l'inoculation du vaccin fut pratiquée ; et il était peut-être trop tard pour que l'opération réussît. En outre elle fut pratiquée avec du vaccin conservé entre deux verres ; or M. Eichhorn recommande de faire la vaccination de bras à bras.
Je dois ajouter que les expériences de 'Woodville, de Willan et de M. Herpin, sur l'influence réciproque du virus variolique et du vaccin, sont favorables a cette méthode. Pour mon compte, je la mettrai en pratique toutes les fois que l'occasion s'en présentera.
Le traitement local des pustules varioliques a été l'objet de nombreuses expériences.
Pendant la suppuration , chez les adultes, et surtout chez les enfans, il faut fréquemment laver les yeux avec des décoctions émoUientes, et déboucher lesnarines en y introduisant des liquides doux. On diminuera la chaleur qui existe dans l'intérieur de la bouche, à l'aide de gargarismes adoucissans , et en faisant boire souvent les malades. Enfin il faut veiller à ce que les enfans ne se grattent pas, et si la peau s'ulcère sur quelques points, on saupoudrera les parties dénudées d'amidon ou de poudre de lycopode : Cotugno recommande aussi de laver fréquemment les pustules pour en accélérer la marche et en rendre les traces moins apparentes.
On a anciennement conseillé , d'après les Arabes , à'ouvrir les pustules par., venues à la période de suppuration et d'exprimer le pus qu'elles renferment, afin d'en prévenir la résorption et de hâter la guérison des pustules. On lave ensuite les parties affectées avec du lait tiède ou avec de la décoction de racine de guimauve et de tête de pavot. Cette pratique m'a toujours paru salutaire; un malade atteint d'une variole confluente très-intense , placé dans mon service à l'hôpital Saint-Antoine, dut évidemment son salut au soin avec lequel M. le docteur Bonnet, de Poitiers , exprima et abstergea le pus de toutes les pustules.
Hufeland et Tournay avaient conseillé d'inciser les pustules. M. Stewart a proposé (en 1829) d'enfoncer la pointe d'une aiguille dans les élevures varioliques, dès le premier et le deuxième jour de leur apparition , et d'exprimer , par la compression , la lymphe ou le sang qu'elles contiennent. Cette méthode est moins sûre que la cautérisation.
Dans l'espérance de faire avorter l'éruption, quelques médecins ont conseille de frictionner rudement la peau avec un linge grossier , peu de temps après l'apparition des pustules. Ce moyen est abandonné,
M. Bertonneau et M. Serres ont proposé de faire avorter les pustules varioliques en les cautérisant , à leur début , avec le nitrate d'argent. M, Bretonneau conseille de traverser leur sommet et de les épointer avec une épingle d'or ou d'argent, chargée de pierre infernale. M. Velpeau veut qu'on enlève d'abord le sommet des pustules , et qu'on les touche avec un crayon plus ou moins aigu de nitrate d'argent fondu , ou bien avec un stylet chargé du même corps qu'on plonge dans le sein de la pustule , qui est ensuite cautérisée avec un crayon de nitrate d'argent , maintenu dans un porte-pierre et taillé comme un crayon a dessiner. Ou bien, on cautérise les pustules en masse , avec un pinceau trempe dans une solution de nitrate d'argent, qui doit contenir depuis 15 jusqu'à 16 grains de ce sel pour une cuillerée et demie à bouche d'eau , et on répète ces cautérisations , si la première n'a pas été suffisante.
Si le premier et le deuxième jour de l'éruption on cautérise individuellement et fortement les élevures varioliques développées sur la peau, après avoir ouvert leur sommet avec la pointe d'une lancette, on les fait souvent avorter. Vers le septième jour de la maladie , l'épiderme cautérisé s'enlève par plaques , sans laisser ordinairement de cicatrices apparentes. Si la cautérisation n'est pratiquée que le troisième jour , souvent les pustules n'avortent pas complètement ; enfin si on cautérise le quatrième et le cinquième jour, cette opération ne peut retarder les progrès de l'iiiflammatioa dans les pustules , elles sont suivies de cicatrices.
VARIOLE
VA.RIOLIQUE (IRRUPTION.)
La cautérisation en masse est moins douloureuse et plus expéditive que la précédente. Cette dernière exigerait des lieures entières si l'on voulait cautériser seulement toutes les pustules de la face dans une variole conflueiite. Mais la cautérisation en masse ne fait presque jamais avorter les pustules lors même ju'elle est pratiquée le premier ou le second jour de l'éruption. Elle suspend bien, en apparence, la marche de la variole, mais quand la croûte produite par la cautérisation se détache , on voit au-dessous d'elle les traces des pustules varioliques, qui ont continué à parcourir leurs périodes.
En résumé : l» la cautérisation en masse doit être rejetée et la cautérisation Cndii'iduelle des pustules ne peut être utilement employée que le premier et le second jour de l'éruption ; 2" la cautérisation doit être bornée aux parties sur lesquelles on a intérêt qu'il ne reste point de cicatrices , car la douleur qui l'accompagne et la réaction dont elle est suivie me font penser que la cautérisation d'un grand nombre de pustules sont plus propres à provoquer les affections cé-
Irébrales, qu'à les prévenir; 3" enfin, les seuls avantages incontestables de la cautérisation individuelle des pustules , pratiquée à temps , étant de préserver la peau de cicatrices, la méthode ectrociique me paraît plutôt applicable aux pustules varioliques, développées sur la face dans la variole directe ou semi-confluente, qu'aux pustules cohérentes de varioles plus graves.
Ou a essayé dans ces derniers temps diverses applications mercurielles sur la peau dans le but d'arrêter le développement des pustules varioliques. J'ai répété ices expériences , mais non un assez grand nombre de fois pour en déduire des conséquences générales. Dans ce petit nombre d'essais les onctions mercurielles ne m'ont pas paru modifier l'éruption d'une manière sensible. Mais les pustules varioliques ont été arrêtées ou au moins retardées dans leur développement par une emplâtre de Vigo, soit par suite d'une gène mécanique , soit par une autre influence. M. Serres et un de ses élèves ont fait à ce sujet de nombreuses expériences dont les résultats sont annoncés comme très-favorables.
Certaines complications et quelques phénomènes varioliques exigent des soins particuliers.
Les inflammations varioleuses des membranes muqueuses qui accompagnent l'éruption cutanée, l'ophthalmie , le coryza, la stomatie , la laryngo-trachéite, etc., reclament suivant Cotugno, le traitement antiphlogistique. « Ubi institueretur si variolœ non adessent. » Cette règle, que j'avais moi-même adoptée , me paraît aujourd'hui devoir être modifiée. En effet , les inflammations varioleuses ne cèdent pas sous l'influence des émissions sanguines , comme les inflammations indépendantes d'un empoisonnement miasmatique ou de l'inoculation d'un virus ; le traitement antiphlogistique doit être moins énergique dans ces dernières.
Si l'encéphalite est une complication extrêmement rare de la variole confluente, il est constant que les exacerbations nocturnes sont presque toujours accompagnées de délire et d'agitation. Après un emploi modéré des émissions sanguines , après l'application des sangsues au-dessous des apophyses mastoïdes \ ou à l'entrée des narines , j'ai plusieurs fois combattu cet accident avec succès par des applications prolongées et répétées de linges froids ou de glace sur la tête, en même temps que j'enveloppais les pieds de cataplasmes émolliens chauds, ou que je faisais appliquer des i'ésicatoires aux membres inférieurs. Pendant la co«i-'a/eice«cc de la variole, le développement des furoncles , de ; l'ecthyma ou d'autres inflammations , exige presque toujours , indépendamment ï des soins du régime, l'emploi des bains simples ou émolliens; c'est souvent aussi le cas de recourir aux doux purgatifs lorsque l'état de l'intestin le permet.
Les diarrhées et les cœco-colites de la convalescence sont avantageusement combattues par la diète lactée.
Les abcès doivent être ouverts de bonne heure et les escharres au sacrum pansées avec soin.
§ XI. Depuis un temps immémorial , en Géorgie , en Circassie, en Égypte, dans rindoustan , on inoculait la variole pour la rendre moins meurtrière. I Cette opération long-temps inconnue en Europe y fut pratiquée pour la première fois en 1673 , par Timoni { Em. ) Historia variolarum quœ per incisionem excitantur. Constanliœ 1715, et par Pilai ino ( J. ) A'ora et tuta variolas excitandi per transplantationem methodus in-12. Venetiis 1715) , dans une épidémie qui ravageait Conslantinople. Cette méthode, importée en Angleterre par lady Montagne , fut rapidement propagée et elle était généralement pratiquée en Europe lorsque Jenner démontra que l'insertion du cow-pox avait sur celle de la variole des avantages incontestables, (f^oyez Vaccime. )
Aaron ( Aharoun) est le premier auteur qui ait fait mentioa de la pelile-vérole (622 avant Jésus-Christ) sous le nom de âjidri que les traducteurs latins ont rendu par variolm. La description de Khazès { De variolis et morbillis, inlerprele Joanne Clianning, in-12, Goetlingre , 1781 ) est assez précise pour ne laisser aucun doute sur la nature de la maladie qu'il a observée, quoiqu'il soit assez extraordinaire qu'il n'ait point fait mention de la contagion de la variole. Quant à la thérapeutique de Rhazès , M. Eusèbe de Salles ( De la variole c/iez les médecins arabes. Journal complèm. , tom. xxxil, pag. 193) a fait remarquer avec raison que c'était la partie saillante de son ouvrage et que Sydenliam , quoi qu'on en ait dit , y a peu ajouté.
Plusieurs auteurs ont avancé que la variole avait été observée par les médecins grecs, Wtllan [Miscellaneous worhs : An inquiry into the antiquiiy of the sma'l~pox , etc.. ediled by Ashby Smith, in-S", London , 1821 ) a fortifié cette opinion de nombreuses et savantes recherches qui ne m'ont pas convaincu.
On pensa généralement ( Paulel, Histoire de la petite-vérole , 2 vol. in-12 , Paris , 1768) que la première irruption de la variole a eu lieu en Arabie. Suivant un manuscrit arabe de la liibliothèque de Leyde , elle y aurait paru pour la première fois en 572 , à l'époque de la naîscaace de Mahomet, Portée en Egypte en 640 , lors de la conquête du pays par le calife Omar , elle se répandit ensuite partout où les Sarrasins portèrent leurs armes ; c'est ainsi qu'elle par-
vint en Espagne, en Sicile, à Naples , en France, d'où elle fut transmise dans le reste «le l'Europe et en Amérique. Néanmoins un passage de la chronique de Marius , évéque d'Avenches [hoc anno (570) morbus validas^ cttm projluvio ventris et variolis , llaliam Galltamque afflixit ( Histor. franc, scriptor, t. II, Marii episcopi chronicon] ieoàTA'M ^ ia\re croire que la variole s'est manifestée en Europe bien avant l'époque à laquelle on suppose qu'elle y fut introduite.
Des observations intéressantes ont été publiées sur les varioles congéniales (Jenner, Med, chir. transact. , tom. 1 pag. 269j Deueux , Cas de variole chez un nouveau-né , la mere ayant été vaccinée [Journal hebdomadaire , tom. VIII , 2" série , pag. 56 ) ; Husson , Revue médicale , tom. XI, pag. 151; Noblet , Archives générales de médecine , lom. XVII, pag. 126 ; Jermyn , Diss. de variolis à graviditale fatui traditis , Lœidae, 1792 ) ; sur les récidives variole (Oppert , <7oKrna/ complémentaire, lom. xxxvi , pag. 189; Bulletin des sciences médicales de Férussac , tom. xx , pag 182; Th, Barnes , Cases ofjive indiv. having small-pox twice [Edinb. med. and surg, Journ,, tom. xix, pag 282 ); sur \es variolœ sine variolis ( Pautier de Labrcville , y4n variolarum morbus absque eruptione? Vivis , 1747 ; Duhourg , Diss, an variolarum morbus absque eruptionel Paris, 1747) ; sur les lois de Yétiologie de la variole ( Herpin , Gazette médicale, 1832, in-4", pag. 563 ) ; sur les épidémies de varioles bénignes (Von Hoven , Ceschichte eines epidemischen Jîebers, etc., in-8°, Jena, 1795) et malignes ( Plinta ( Jo, Max.), Histor. cpid. varioles, Erlangensis »nni 1790 ; ErlangîE, 1792 ) , ou de difFérens CRraclères (Ollo, Note sur les épidémies de variole qui ont régné en Danemarch et en Suède ( Revue médicale, lom. viii , pag, 115) ; sur les complications de cette fièvre éruptive avec la péripneumonie ( Robert , Epidémie de Marseille [Revue médicale, janvier 1829, pag, 90); Coulure, des varioles compliquées, in-4'>, Paris, 1829), avec l'angine œdémateuse (Noie, Journal hebdomadaire , 1832, tom, IX, pag-, 434, l'angine couennetise (Louis, Gazette médicale , 1831, pag, 224), le croup [ Gazette médicale, 1833, pag, 141 ), la bronchite pseudo-membraneuse [Lancette française , lom. VI , pag, 21 ), Véruption granuleuse de Vintestin ( Bouillaud, Journ, hebdom., 1832, tom. IX, pag. 444 ), le purpura ( <7oHrn, hebdom., tom, ix, 1832, pag 327), elc. Diverses remarques onl été faites sur la fièvre secondaire [ Hallé , sur la Jièvre secondaire et Venjlure dans la petite-vérole [ Mémoires de la société royale de médecine , tom, vu , pag. 423 ), sur les maladies consécutives [ Archives générales de médecine, tom, xxvil , pag. 542 [abcès nombreux); Weller , Traité théorique et pratique des maladies des yeux , \.om II, p. 154, opiithalmie glanduleuse varîoleuse).
Sur la structure des pustules varioliques , il faut consulter Cotugno ( de Sedibus variolarum sj-ntagma , in-12. Vienne, 1771 ) , qui a bien décrit les petits Jilamens blanchâtres , qui traversent les pustules varioliques ; Chevalier ( Zec<«rej on the gênerai structure of the human body , pa;;. 168, in-S" , London, 1823) , qui a constaté l'existence d'une matière pseudo-membraneuse dans les pustules omhiliquées ; M, Deslandes [Mémoire sur les boutons de la variole , précédé de quelques considérations sur les pores cutanés [Revue médicale , lom, VII , 1825 , pag. 329 , qui a , à tort , attribué la dépression ombilicale des pustules aux pores cutanés; M. Oakiey Heming [London med. Gaz , tom. v, pag. 140), qui, sans plus de fondement, a placé le siège de la variole dans les follicules sébacés. Les croiîtes ont été aussi l'objet de plusieurs analyses. (Lassaigne, Analyse des croûtes varioliques [Journal de chimie médicale , lom. vin , pag, 734) ; Lamorlière , Journal de chimie médicale, lom. IV , pag. 488).
On a publié des faits ou des remarques sur le traitement de la variole par le défaut de lumière (Piclon, /Archives générales de médecine , lom, XXX, pag, 406); Nouvelle Revue médicale, 1832, tom, m, pag. 293 ), par la piqûre (Siewart , London med. Gaz., lom, Iir, p. 525 , Treatment of small-pox by puncturing the pustules ), et la compression des pustules; par la cautérisation (Serrca, Méthode ectroctiqtie appliquée au traitement de la variole confluente ( Archives générales de médecine , in-8°, Paris , juin , 1S25 ) ; Velpeau , Note sur l'emploi des caustiques comme moyen d'arrêter l'éruption varioleuse ( même ouvrage 1,VIII, p,267 ); Discussions académiques sur la méthode ectroclique [Revue médicale , l. vin,p, 166-174 ; (iirf, , t, IX , p. 153-157 ); Serres, Considérations nouvelles sur la variole [ Gazette médicale , 1832 , pag, 58-77. )
On a proposé l'emploi de la calamine (George, Lancette française , t. V, p. 252) et celui du chlorure de chaux [ Gubian , ibid. , t, v , p. 67. — London med. Gaz. , t, VIII, p, 240) , pour prévenir les cicatrices. Enfin on a recommandé les émissions sanguines pour faire avorter les pustules ( de la Méirie, OEuvres de médecine . Berlin , in-4<' , 1775; Janson , Archives générales de médecine , lom. VI , p. 75). h'inoculntion de la variole a donné lieu à de nombreux travaux (Desolenx et Valeutin , Traité théorique et pratique de l'inoculation , in-S" ; Paris , 1 799 ; Woodwille, the History of the inoculation of the small-pox in Great-britain, London, 1766). Cette opération, à l'aide de piqûres, a été pi'atiquée sur des animaux, dans l'espérance d'oblenir la vaccine, et celle éruption ne s'est point développée ( Fiard , Gaze?(e mc'rfica/e , Paris, in-4'', 1833, pag, 693 ). Le docteur &unier\aaà (Bulletin des sciences médicales de Férussac, lom xxv , pag. 158) ayant annoncé qu'il était parvenu 4 donni;r la vaccine aux vaches, en les enveloppant dans les couvertures d'un varioleux , cette expérience a été répélée par le docteur Numan d'Utreclit [Inoculation de la variole et de la vaccine aux brebis { Bulletin des sciences médicales de Férussac , tom. xv, pag, 45-142), qui a assuré qu'aucune éruption n'était venue aux pis ni aux tétines , mais qu'un petit nombre de pustules varioliques s'étaient développées chez ces animaux. Ces expériences doivent être répétées.
Enfin le docteur Gregory a proposé de diviser la variole légitime en cinq variétés ( London med. Gaz. , tom. v, pag. 221) : 1° la yAT\o\e superficielle , dans laquelle l'éruption , abondante ou rare, n'attaque que la peau et laisse inlacics les membranes muqueuses : la terminaison est toujours favorable; 2" la variole cellulaire , dans laquelle l'action variolique s'étend de la peau au tissu cellulaire sou.'ijacent et dans laquelle les glandes de l'aine et des aisselles sont affectées • elle est suivie d'abcès défavorables qui prolongent et aggravent la maladie ; la variole laryngée , dans laquelle l'inflaminalion s'étend au larynx et i la trachée , et modifie notablement la respiration ; celle forme est souvent fatale le huitième ou le neuvième jour ; 4° la variole nerveuse, dans laquelle la mort arrive souvent dans le premier septénaire , après un délire plus ou moins violent, non par suile de l'inflammation , mais par l'efTet d'une action spécifique du virus variolique , contre lequel la saignée est inefficace ; 5° la cinquième variété est due h une dissolution de sang caractérisée par des pétéchies et des hémorrhagies passives : elle est presque toujours mortelle,
(P. Rater.)
VARIOLIQUE { ÉRUPTION Je comprends sous le nom d'ÉRUPTiONs vAnio- LiQCEs, plusieurs inflammations cutanées, vésiculeuses ou pustuleuses , aiguës et contagieuses , que l'analogie de leur développement et de leur marche, et surtout leur association constante , lorsque la variole se montre sous forme épidémique , ou leur reproduction l'une par l'autre, autorisent à regarder comme
VARIOLIQUE (ÉRUPTION).
VARIOLIQUE (ÉRUPTION).
les effets d'un même contagium. Ces éruptions ont entre elles plus de ressemblance et de rapports naturels que d'autres maladies dont l'identité d'origine n'est pas contestée, que les syphilides, par exemple.
§ I. Les éruptions varioliques peuvent être rangées dans deux séries. L'une comprend les varioles pwes et légitimes , qui constituent le type du genre ; les autres paraissent en être des modifications ; ce sont les varicelles qui peuvent se montrer sous cinq formes principales le plus souvent combinées : \° la vaviceWe pustuleuse onibilicjuée ou varioloide; 2° \a y av'xceWe pustuleuse conoïde \ 3° \a yariceWe pustuleuse globuleuse] la varicelle y;;«/>u/eu4e ; 5° la varicelle Tjcsiculeuse {chicKen-pox). La consanguinité de ces affections ou leur origine d'une même source, est prouvée par les faits suivans : !<>. Quand une épidémie variolique se déclare , les individus qui n'ont eu ni la variole , ni la vaccine , sont presque inévitablement atteints de la variole pure ou légitime , caractérisée par l'éruption de pustules ombiliquées et le développement d"une fièvre secondaire. Chez d'autres , et ce sont presque toujours des variolés , des inoculés ou des vaccinés, on observe bien les pustules ombiliquées de la variole, mais, à la fin du premier septénaire, il n'y a ni période de suppuration, ni Jièvve secondaire (varioloïde) ; chez quelques autres, indépendamment de ce changement dans la marche et la durée de la maladie , la forme et la structure des pustules sont modifiées {varicelle pustuleuse conoide ^ varicelle pustuleuse globuleuse); chez quelques-uns , l'apparence de l'éruption est encore plus altérée : ce sont des papules ou de véritables vésicules qu'on observe à la peau {varicelle papuleuse, et varicelle vésiculeuse) ; enfin , chez un très-petit nombre d'individus , la maladie se déclare par les mêmes symptômes généraux, et marche sans éruption { Jîcvre varioleuse) .
Cette manifestation, ou plutôt cette association de la variole, de la varioloïde et des autres variétés de varicelle, dans toutes les épidémies varioliques , a été constatée en Écosse, en 1818 ; en Angleterre, en 1822 , 1823, 1824, 1825 ; à Philadelphie , en 182'! ; à Montpellier, en 1819 ; à Paris , en 1825 ; à Marseille, en 1828, etc. Dans l'épidémie de Paris ( 1824), la variole régna en juillet et en août , et la varioloïde et les autres varicelles , en septembre ; en 1825, il y eut des varioloïdes et des varicelles pendant toute l'épidémie; mais elles furent plus abondantes en octobre, quand la variole devint plus rare : une seule cause, l'influence cpidcmique , développait ces diverses éruptions; on les observait dans les mêmes quartiers , dans les mêmes rues , dans la même maison; si la maladie venait à se déclarer dans une famille nombreuse, les uns étaient atteints de la variole , quelques autres de la varioloïde , et d'autres de la varicelle vésiculeusc.
2o. Il n'existe pas d'épidémie de varicelle sans variole ou sans varioloïde; ni d'épidémie varioli(fue sans varicelle ou sans varioloïde ; toutes sont l'effet d'une même constitution médicale. Quant à la proportion des diverses espères d'éruption dans les épidémies varioliques, aliène peut être apjiréciée faute de relations exactes. En effet, les médecins français n'avaient d'abord admis que deux espèces d'éruptions varioliques, la variole et la varicelle ; les médecins anglais ont décrit les premiers deux variétés de varicelle, le chicken-pox et le swine-pox , auxquels ils ont successivement ajouté le horn-pox , le pig-pox , le hives , etc. Odier , et d'autres observateurs ont admis plusieurs espèces de varicelle sans en fixer le nombre; d'autres , Bérard et Lavit, en particulier , ont considéré ces mêmes maladies comme des anomalies de la variole , enfin , ce n'est que d:ins ces derniers temps qu'on a décrit avec soin une autre variété de varicelle, la j^ario/oiV/e, plus voisine de la variole légitime qu'aucune autre éruption ; mais si la proportion des espèces ne peut être calculée , même pour un certain nombre d'épidémies récentes, leur association et leur développement par une même cause , n'en sont pas moins incontestables.
3". Les épidémies varioliques sont quelquefois varicelleuses à leur début ou à leur cessation , et varioleuses entre ces deux époques.
4o. On voit quelquefois sur un individu atteint d'une variole légitime , toutes les variétés de forme et d'aspect que peuvent présenter les éruptions varioliques, savoir : des pustules ombiliquées , des pustules globuleuses et conoïdes , des élevures papuleuses et des vésicules.
5". L'inoculation du pus variolique a quelquefois donné lieu au développement de la varicelle. Maxwell (William) prétend avoir obtenu en inoculant le virus de la variole, des éruptions très-légëres , sans fièvre, complètement desséchées le huitième jour , et qui n'ont pas laissé de cicatrices (Experim on variolous inoculation. — Edinb. med. and surg. Journ. , t. xxii , p. 9) ; Desoteux et Valentin décrivent aussi une variole inoculée , dite courte espèce , dont la durée est absolument la même que celle des varicelles ( Traité de l'inoculation, in 8", Paris . an viii , p. 233 ) , c'est-à-dire des éruptions dont la guérison avait lieu vers le huitième ou le neuvième jour snns fièvre secondaire.
6". Quant à la varicelle vésiculeuse {chichen-pox) , celle dont la nature variolique a été le plus contestée , M. Thomson a prouvé par des faits, d'une part, que des personnes saines mises en contact avec des personnes actuellement affectées de cette espèce de varicelle, avaient contracté la variole, et, de l'autre, que la contagion de cette dernière affection avait développé \t chicken pox.
7°. Sous le rapport des symptômes, dans la variole , la varioloïde et les autres varicelles , l'analogie est complète pendant l'incubation et le développement de l'éruption. En effet , si dans une éruption variolique les élevures passent dès le cinquième ou le sixième jour h la dessiccation , pour le plus grand nombre des médecins , c'est une varicelle \ s'Ws ne s'éteignent qu'au septième ou huitième, c'est la varioloïde ; s'ils suppurent pendant plusieurs jours , c'est la vn/v'oZe ; la principale différence est dans la rapidité plus ou moins grande de la maladie, et ce n'est pas là une différence essentielle ; car la variole con-
fluente, la variole discrète et la variole inoculée, n'ont pas absolument la même marche , et surtout la même durée, et cependant elles sont bien évidemment de la même nature, puisqu'elles naissent facilemeut les unes des autres.
8». Enfin, la variole, la varioloïde et les autres varicelles sont des effets variés dune même cause, car elles peuvent naître toutes les unes des autres dan& certaines conditions.
5 n. Cependant, quelques auteurs persistent à vouloir séparer plusieurs de ces éruptions de la variole. Ils étayent leur opinion d'assertions et de faits que je reproduis ici :
1". Dans une épidémie de variole il est très-difficile de préciser si le développement de cette affection chez les individus mis en contact avec d'autres qui sont atteints de la varicelle , est plutôt le résultat de cette communication que de l'infection variolique qui développe alors la maladie de tous les côtés.
2°. La varicelle vésiculeuse ne se transmet pas par inoculation et ne développe jamais la variole.
3°. Les personnes qui regardent la varicelle comme contagieuse , ont confondu cette affection avec la varioloïde ou variole modifiée.
4". La varicelle se développe chez des personnes non vaccinées et qui n'ont jamais eu la variole, et ou ne peut la regarder alors comme une variole modifiée par l'existence antérieure soit de cette maladie , soit de la vaccine.
5". La vaccination, pratiquée peu de temps après la disparition de la varicelle, poursuit sa marche de la manière la plus régulièi'e , ce qui n'arrive jamais lorsqu'on vaccine après la variole.
6". La marche de la varicelle est toujours la même, soit qu'elle se développe avant, soit qu'elle se montre après la vaccination ou la variole.
7°. La variole règne souvent épidémiquement sans être accompagnée delà varicelle , et, d'un autre côté , cette dernière affection peut aussi régner d'une manière épidémique, sans être accompagnée de la première. Ainsi, de 1810 à 1823, il n'y a pas eu de petite-vérole à Copenhague, et cependant M. Mœhl (N. C. ) [De variolidibus et varicellis , in-18, Copenhague, 1827, bulletin des sciences médicales de Férussac , tom. x, pag. 47) assure que la varicelle s'y est montrée chaque année.
8». Enfin les caractères de l'éruption et les symptômes de la varicelle diffèrent essentiellement de ceux de la variole.
§ m. Je reprends une à une ces objections :
lo. Ce n'est point seulement dans une épidémie variolique, mais dans d'autres conditions, ce qui rend le fait plus concluant et sans réplique , qu'on a vu le chicken-pox donner lieu à la variole. « Aucun exemple de petite-vérole ne s'était montré dans cette ville (Kirriemuir) depuis neuf ans , lorsque , 1 hiver dernier , un petit vagabond revint d'une maison d'un village voisin où régnait la petite-vérole : l'enfant lui-même avait été vacciné quelques années auparavant. A son retour, il fut saisi de symptômes fébriles, et resta deux ou trois jours au lit, après quoi parut une éruption semblable au chicken-pox. Aussitôt la fièvre cessa, et deux ou trois jours après , il se leva pour aller à un marché de bestiaux , sans qu'il lui en arrivât malheur. Une semaine après , un des enfans de son mailre fut malade et passa par toutes les phases régulières de la variole bénigne {small-pox) ; puis un second enfant, de la même manière; un troisième eut ensuite son tour ; mais celui-ci eut une variole confluente, qui ne fut pas sans danger; un quatrième lui succéda et l'ut un peu plus malade que les deux premiers; enfin un cinquième, âgé de cinq ans, fut atteint de ce que j'appellerais, sans hésiter, un chicken-pox , si je n'avais vu les cas précédens ; car la maladie se passa avec peu ou point de fièvre , et les pustules étaient pleines d'une humeur aqueuse , qui ne fut pas convertie en la matière purulente de la petite-vérole. Aucun de ces enfans n'avait été vacciné ».( Thomson ( John ) ,
account on the varioloid épidémie , in-S» , London, 1820, pag. 277. — Letter of John Molloch.)
2", La seconde objection n'est pas plus exacte. En effet , les résultats des expériences tentées jusqu'à ce jour sur l'inoculation des varicelles peuvent être rattachées à trois groupes : 1° le premier comprend les cas où l'inoculation est restée sans effet et ce sont les plus nombreux : ils sont rapportés par Brasdor (Ancien Journal de médecine, tom. xlix, pag. 308) sur deux enfans; par Thouret {Journal général de miidecine , t. xi , p. 132) sur cinq enfans; par Fréteau [Journal de médecine et de chirurgie , parCorvisart , etc., vol. ii, 1801 ) sur deux enfans ; par Valentin ( Journal de médecine et de chirurgie , tom. xi, pag. 132); par le Comité de vaccine de France, dans son rapport pour les années 1806 et 1807 ; par Br( mer( Horn's , Arch, fiir medizin Erfaiirung, 1811, pag. 307); par Chaussier {Rapport du Comité de vaccine pour 1815); par M. Fontaneilles {Description de la varicelle quia régné épidémiquement à Milhau en 1817 , Montpellier, 1818, pag. 39) sur treize enfans inoculés, qui n'eurent point d'éruption ; par Bryce ( Thomson , Account on the varioloid cpidemie which lias lately prevailed in Edinburg , Londres , 1820 , pag. 73 ) , quatorze expériences faites sans succès ; par TiaT\et\.{Edinb. med and. surgic. Journ., 1818 ) , sept expériences faites sans succès ; par Mac-Intosh (Thomson , Account on the variol. epid. , etc., pag. 221); par Carmichaël (Thomson, flistorical sketch oj" small-pox , in-S" , London , pag. 277 )J; par Jackson (London med. repnsitorj, vol. xv , pag. 21); par M. Heim {Horn's Archives , 1825 , janvierfévrier, pag. 9); par M. Ch. Gust. Hesse, auquel j'emprunte ces résultats , sur Vinoculation des varicelles (Allgem. Medizin , Annalen der \ix jahrih y juin, 1828 , pag. 721 ).
2». Le second comprend les cas où l'inoculation a été suivie d'une éruption locale, et ils ont été rapportés par 'Willan {On the varicella , iu-4 , London,
VARIOLOIDE. (
1806); par M. Fontaneilles [ouvrage cité) sur deux enfans ; par Mac-Intosch (Thomson, An account on the varioloid epid. , pag. 113) sur deux enfans ; «nfin trois cas sont rapportés par M. Hesse.
3°, L'inoculation de Ja varicelle a eu pour effet une éruption générale dans des cas rapportés par Dimsdale ( Sammeung auserlesener AbhandLxmgen , t. vu , pag. 67 et les suivantes) ; par Mumsen ( Acta HaJ'niensia , vol m , pag. 33) ; j)ar Heim ( l. c. et Horn's Arch./ur med. Erfahrung , 1825, janvier-février , p. 9); par Salinon et Willan dans l'ouvrage de ce dernier , sur la vaccine ; par Fontaneilles (pag. 51 ), par M Thomson ( pag. 113 ), par Carmichaël (/. c.) et par M. Hesse , dans un cas qu'il rapporte.
Il est vrai que l'humeur du chicken-pox , inoculée par piqûre, ne donne jamais lieu à la variole ; mais cette circonstance ne peut détruire le fait précédent, dans lequel l'inoculation s'est faite par une autre voie; d'ailleurs l'humeur séreuse des pustules de la variole, non encore parvenues à leur état, ne produit pas toujours la variole et ce fait ne détruit pas leur nature variolique, déjà incontestable à cette période. En outre, est-il démontré que 1 humeur des pustules conoïdes et globuleuses, et celle des vésicules qu'on observe sur quelques points de la surface du corps des variolés , transmettent la variole avec la même énergie que l'humeur des pustules ombiliquées?
Dire que les personnes qui regardent la varicelle x/ésiculeuse comme contagieuse ont confondu cette maladie avec la varioloïde , c'est contester le fait de la contagion du chicken-pex , constaté expérimentalement , et supposer gratuitement une erreur de diagnostic.
4". Si la varicelle se montre chez des personnes non vaccinées, ce fait n'est pas plus extraordinaire que le développement bien constaté de la varioloïde dont la nature variolique n'est pas contestée, chez des individus qui n'ont été ni vaccinés , ni inoculés, ni variolés.
5°. Sans doute la vaccination pratiquée après le chicken-pox est le plus souvent suivie d'une vaccine régulière; niais est-il bien démontré que les varicellés contractent la vaccine et la variole aussi facilement que ceux qui n'ont point été atteints du chicken-pox ? Dans une épidémie variolique , les individus atteints de la varicelle contractent rarement la variole ; pourquoi?
D'un autre côté, il est inexact d'avancer que la vaccine ne peut jamais se développer chez un variole ou chez un individu qui a eu la varioloïde.
Go. De ce que la marche de la varicelle est toujours la même , soit qu'elle se développe avant ou après la variole , qu'en conclure? La marche de la varioloïde inoculée ou contractée dans une épidémie par un individu qui n'a éprouvé ni la variole ni la vaccine , n'est-elle pas la même que celle des varioloïdes observées chez des vaccinés?
7°. Je conteste, moi, formellement, que la variole règne souvent épidémiquement, sans être précédée , accompagnée ou suivie de varicelles. Quant aux épidémies de varicelles, indépendantes de la cause de la variole et de la varioloïde, admises par M. Eichhorn ( Heinrich, Hundbuch iiber\die Beliandlung und Verhûlung der contagiôs fieberhajien Exanthème, Berlin, in-S", 1831, pag. 437) et plusieurs autres, je n'en connais pas une seule relation authentique ; toutes les épidémies ontété observées dans des constitutions médicales varioliques : ainsi, dans l'épidémie de varicelle de Copenhague, décrite par M. Mœhl , si on n'observait pas de varioles , il existait des varioloïdes ; l'épidémie de varicelle » décrite par M. Barnes , avait été précédée, plusieurs mois auparavant, de varioles légitimes, et il n'est pas démontré qu'il ne régnât pas de varioloïdes en même temps que le chicken-pox. (Voyez 'V^aricelle vésicdledsb. )
Dans l'épidémie de varicelle observée dans le bailliage norwégien de Smaalehneu, en 1819, par le docteur Fréd. Holst ( Bulletin des scien. méd. de Férussac , t. xiii , p. 46) , la maladie se manifesta chez des vaccinés ou des variolés ; vers le même temps , une épidémie de variole régna dans le canton de Chrisliana; dans l'épidémie de Milhau , la varicelle régna conjointement avec la variole, et cette connexion a été constatée dans un grand nombie d'épidémies ( Valentin, Épid. varioleuse et pieudo-varioleuse), Arch. gén. de Méd. , t. VII, p. 602). — Black (James) [Obs. on smaLL-pox , natural and modified as thej hâve appeared on Newton-Stewart , Edinb. med. and surg. Journ. t. XV , p. 35 ).
8°. Dire que les symptômes de la varicelle diffèrent essentiellement de ceux de la variole, c'est oublier que dans une foule de cas, et M. Bosquet en cite plusieurs exemples ( Traité de la vaccine et des éruptions varioleuses et varioliformes, in-S" , Paris , 1833 ) , la même éruption a été regardée par les uns comme une varicelle , et par d'autres comme une variole.
En résumé , aucune des objections proposées contre la théorie qui attribue à une même cause la production des varioles et des varicelles , ne me parait solide ; aucune d'elles ne détruit le fait de l'origine commune des varioles et des varicelles , sous une même influence épidémique , et surtout celui du développement mutuel et réciproque des uns par les autres , dans certaines conditions. (P. Rater. )
varioloïde. s. f. M. Thomson , qui le premier s'était servi de cette dénomination , avait compris sous le nom de varioloid diseuses toutes les maladies qui peuvent être produites par le contagium variolique , y compris le chicken-pox. D'autres, avec M. Eichhorn, ont détaché la variole légitime elle chicken-pox de ce groupe , et ont restreint le nom de varioloïde aux éruptions varioliques , offrant une ou plusieurs pustules ombiliquées , /nais iansyîècre secondaire. Cette variété a été considérée comme une espèce de varicelle par le docteur Cross, varicclla cellulosa (A thslory of the variai, épidémie, in-8o Lond, 1820, p. 207), et par moi-même , qui l ai décrite sous le nom de varicelle pustuleuse ). ( P. Raïer. )
DiCT. DE MÉDECISE ET DE ChIRDRCIE PRATKjUES.