‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 299 sur 311 · VÉGÉTATIONS · texte numérisé non relu

VÉGÉTATIONS

VEGETATIONS. Productions morbides de forme et de nature différentes , qui se montrent aux membranes muqueuses les plus extérieures, et particulièrement chez les sujets affectés de syaiplômes vénériens primitifs ou secondaires, et que , pour cela , on a rangées parmi les phénomènes caractéristiques de la syphilis. Elles consistent dans une hypertrophie vasculaire et dans un engorgement des follicules susceptibles de prendre un volume plus ou moins considérable , et de présenter des formes plus ou moins bizarres , et que les auteurs ont rapportées à celles de framboises , de choux-fleurs, etc. Il règne à ce sujet une grande confusion dans les livres ; on y confond sans cesse les excroissances et les végétations , et l'on y multiplie sans nécessité les divisions et les dénominations. Voici ce que l'observation nous a montré. A une époque plus ou moins éloignée d'un coït exercé avec un sujet affecté lui-même de végétations , il peut s'en développer chez celui qui était sain. Nous avons vu ce cas , mais il est le plus rare. Le plus ordinairement les végétations se prennent avec des individus affectés de blennorrhagie ou des chancres ; mais plus fréquemment encore elles viennent comme phénomène secondaire à la suite de balanite ou de blennorrhagie : on les voit également se manifester sur les cicatrices indurées qui succèdent aux chancres. On les observe aussi , mais plus rarement, comme symptôme consécutif.

Leursiége le plus habituel estsur les membranes muqueuses qui tapissent l'entrée des cavités , et sur les portions de la peau qui , les avoisinant , sont pourvues de nombreux follicules et baignées par une abondante transpiration. Ainsi on les voit se manifester au gland et au prépuce chez l'homme ; chez la femme aux grandes et aux pelites lèvres , au clitoris et à son prépuce, aux parois du vagin et jusque sur le col de la matrice. Chez les deux sexes elles existent à l'anus, au périnée, à la partie interne et supciieure des cuisses et jusque sur le pénil. Enfin on les a vues quelquefois occuper le mamelon , la langue et le voile du palais ; et même quelques auteurs prétendent faire rentrer dans la même série les végétations qu'on trouve quelquefois sur les valvules du cœur.

Quelles que soient les causes auxquelles puissent se rapporter les végétations , elles se développent de la manière suivante : sur un point de la membrane muqueuse ou de la peau se développe une petite élevure rouge , sensible , granulée, et présentant à l'œil une foule de petites divisions. Bientôt elle grandit, s'élève, se ramifie et se divise en sortes de grains , de manière à représenter une framboise ou un chou-fleur. D'ailleurs leur aspect et leur volume sont essentiellement variables ; les unes ont une base fort large et forment une sorte de cône ; les autres sont pédiculées et vont en s'élargissant. La couleur des végétations est un rouge ordinairement vif, quelquefois un peu violacé ; souvent elles sont couvertes de couennes blanches , formées de pus concrété à leur surface. Quant à la couleur bleuâtre qu'on leur a donnée sur certaines planches , elle tient évidemment à l'onguent mercuriel dont on avait enduit les parties, et qu'un dessinateur mal habile a pris pour la teinte naturelle. La tumeur ainsi développée est sensible et saigne pour peu qu'on la coupe et qu'on l'arrache, une sécrétion purulente plus ou moins abondante se fait à sa surface , dont l'inflammation peut s'emparer au point de déterminer des ulcères.

Rarement les végétations sont isolées, elles envahissent avec rapidité une grande étendue, et arrivent à un tel degré de développement, qu'on les voit, chez les femmes surtout , et principalement dans l'état de grossesse, occuper la presque totalité des parties sexuelles , les aines , le haut des cuisses et même le bas-ventre. En pareil cas , elles produisent des accidens proportionnés à la gêne qu'elles apportent dans l'exercice des fonctions , comme aussi à la manière dont les malades se conduisent et se traitent. 11 n'est pas rare devoir, quand elles sont couvertes d'ulcères qui absorbent les produits de sécrétion morbide , les ganglions se prendre et parcourir toutes les périodes d'engorgement, de suppuration , etc. ( f^oyez Blbon. )

Les végétations qui sont le plus ordinairement vasculaires se propagent avec une extrême facilité et se renouvellent quand elles ont été enlevées. On voit des sujets sur lequel on en a successivement coupé des quantités vraiment énormes. D'ailleurs lorsqu'on les examine après les avoir excisées, on en exprime parla pression le sang qu'elles contiennent, et on les réduit alors à un tissu cellulaire blanc et facile à déchirer.

Les poireaux sont autre chose que les végétations avec lesquelles on les a quelquefois confondus : ce sont des follicules sébacés , dont l'orifice est obturé et qui se prononcent sous la peau qui les enveloppe et leur fournit un pédicule. On les reconnaît à un petit point noir qui marque l'entrée du follicule, outre qu'on peut par une légère pi-ession évacuer la matière sébacée et guérir la maladie.

La marche des végétations peut être aiguë ou chronique. Les premières se développent rapidement et en grand nombre , et couvrent bif nlôt toutes les parties sur lesquelles elles siègent, les autres viennent et s'accroissent avec lenteur et persistent fort long-temps. L'inflammation est bien évidemment une condition favorable à leur développement ; mais c'est moins une inflammation très-aiguë que celle qui est peu intense mais durable. Les irritations locales les entretiennent : aussi l'on voit les cautérisations et même l'excision, lorsqu'elle n'est pas opportunément pratiquée , non-seulement ne point guérir , mais encore faire pulluler plus activement de nouvelles végétations. Les congestions et les obstacles mécaniques apportés à la circulation ont le même résultat, et chez les femmes grosses , par exemple , les végétations ne disparaissent que quand l'accouchement s'est opéré : et même si on les excise avant ce temps elles reparaissent , soit ailleurs , soit sur les parties mêmes où elles existaient primitivement. Une fois développées les végétations peuTent s'enflammer, s'ulcérer,

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