ÉTHER
glelerre, qui est beaucoup moins pur que celui de Malaga. C'est d'ailleurs seulement contre les vers intestinaux, et surtout contre le ttenia que ce métal a été recommandé ; et la réputation dont il jouit à ce sujet est ancienne au moins , si elle n'est bien établie sur des faits.
L'expérience domonire que l'étaia exactement purifié n'exerce aucune action appréciable sur l'économie animale, et les faits cités d'accidens produits par des '«•ubstances alimentaires , renfermées et conservées dans des vases formés ou doublés d'étain . n'infirment pas cette assertion. Car les vomissemens , les coliques, les évacuations alvines , et les autres symptômes d'empoisonnement observés alors , peuvent être plus exactement rapportés aux oxides qui se sont ■ formés par l'action des matières contenues sur les parois des vases. On doit donc rapportera ces oxides l'expulsion des taenias, si plutôt elle n'appartient pas h l'action des drastiques , qu'on avait coutume d'administrer en même temps que l'étain, ou peu apr^s lui. Car c'est toujours ainsi que l'on a procédé , et jamais l'étain n'a été introduit seul dans les voies digeslives.
C'est pourtant sur des faits aussi incomplets qu'on s'appuie pour vouloir introduire ou maintenir dans la matière médicale des matières diverses , et pour accuser d'un scepticisme outré ceux qui pre'tendent avoir le droit de les examiner et de discuter leurs vertus. Que dirait-on par exemple , si I on demandait sur quelle observation repose la premièie administration de l'étain dans les infections vermiiieuses ? On éluderait la question en citant des autorités. Disons donc avec la foule, que l'étain est un puissant vermifuge , qui réussit principalement contre le tœnia, dont il est peut-être le meilleur spécifique, qu'on l'emploie en poudie fine { obtenue soit par la limatiou et la porphyrisation , soit par l'atjitation brusque dans l'eau du métal fondu), incorporée dans du miel ou dans du sirop, et formant ainsi une pâte à laquelle quelques-uns ajoutent dujalap, du mercure doux, de la rhubarbe, et que d'autres font prendre seule, mais après laquelle ils administrent des purgatifs plus ou moins actifs , condition indis|iensab!e du succès. La dose de l'étain pulvérisé peut être portée très-haut sans inconvénient; ce qui d'ailleurs ne prouve pas une grande activité. On en donne une once et demie, et même deux onces par jour : et il est plus que probable qu on pourrait doubler et tripler la dose sans produire d'autres acidens que la fatigue des voies digestives, suite naturelle de l'introduction d'une grande quantité de substance réfractaire à leur action. Peut être aussi une plus grande portion d'oxide, se formant alors , pourrait-elle iléterminer quelques coliques. Nous rapporterons, sans même entrer dans une discussion toute superflue, que le métal qui nous occupe a été employé dans les maladies du foie, dans celles de l'utérus , et même dans la phthisie pulmonaire , où l'on a très-généralement reconnu son impuissance. De toutes les applications qu'on en a pu faire, la plus raisonnable, etaussi celle qui s'est maintenue jusqu'à nos jours, est celle qu'en font les dentistes , qui se servent de feuilles d'étain pour plomber les dents, c'est-à dire pour remplir les cavités que la carie creuse dans leursubstance. On sait que dans quelques circonstances ils se servent de l'alliage fusible, dont l'étain fait la base, et qui se fontl à la température de l'eau bouillante. L'étain, qui s'oxide assez difficilement et qui joint à cette qualité une grande mollesse , était à coup sûr de tous les métaux le plus propre à cet usage.
Si l'étain métallique est peu actif, ses oxides et les sels qu'il forme avec les divers acides sont pourvus de propriétés assez énergiques. Mais ils ne sont pas d'un grand usage en médecine, parce qu'ils n'agissent pas sur l'économie animale d'une manière difTéi ente de divers autres oxides , ou des sels formés par l'acide sulfurique, l acide hydrochlorique et divers métaux.
Les oxides au nombre de trois, produisent des symptômes d'empoisonnement lorsqu'on les administre à des animaux , à la dose d'un ou deux gros. On s'en est aussi servi en médecine , non-seulement comme purgatif, comme anihelmintique, ce qui se conçoit assez bien, mais même comme antiphlhisique, ce qui ne s'explique en aucinie façon.
L'hydrochlorale d'étain, plus actif que les oxides, agit sur la peau comme un violent caustique, et à plus forte raison sur le canal intestinal ; et introduit dans les veines , il a produit des désordres non moins graves Les phénomènes qui résultent de ce sel sont analogues à ceux qui suivent l'administration exagérée du sublimé corrosif De même que ce dernier médicament , l'hydrochlorate d'étain ne peut être employé qu'avec réserve, sous peine de produire des accidens auxquels on peut remédier par l'emidoi du lait, des boissons albumimineuscs ou gélatineuses. La proposition faite de l'employer comme purgatif et comme vermifuge n'a pas eu de suite. Eu effet, on possède pour susciter ces médications des substances aussi actives et moins dangereuses. Le perchlorure d'étain , appelé aussi liqueur fumante de Libavius ou beurre d'élain , est un caustique assez actif, comme le perchlorure d'antimoine. Il laisse dégager du chlore, et a été employé comme désinfectant. (F. Ratier. )
ETHER (chim. pharm ). Ce nom signifiait autrefois la partie de l'air la plus élevée et la plus raréfiée, W lémeni du feu , ou bien encoje un fluide très-subtil que l'on a supposé remplir tout l'univers et concourir au mouvement des astres ; aujourd'hui on l'applique généralement à des corps qui résultent de l'action des acides sur l'alcohol, bien que plusieurs d'entre eux soient dépourvus des qualités de légèreté et de volatilité qui semblent commandées par l'ancienne signification du mot.
Ces corps , malgré leur nom commun et leur origine semblable (l'action des acides^sur l'alcohol ), sont d'une composition et de propriétés bien différentes. On les a pour cette raison divisés en trois genres ou sections.
Les e'thers du premier genre sont formés d hydrogène , de carbone et d'oxigène, dans des proportions telles qu'on peut les regarder comme résultant de l'union de deux volumes d'hydrogène bi-carboné et d'un volume de vapeur
DiCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
d'eau. Ils ne difl'èrent , par conséquent, de l'alcohol que par un volume de vapeur d'eau qui leur a été soustrait par 1 affinité de l'acide employé. On connaît trois étliers de ce genre qui sont connus , d'après l aciile qui a servi à les obtenir , sous les noms à'éiher sulfuricjue , à'àther phospliorique et iVélhev arséiiique. Considérant l'identité de leur composition , on a proposé avec raison de les désigner sous le seul nom à éilier liydratique.
Dans le deuxième genre on a placé les éthers qui proviennent de la réaction des hydracides sur l'alcool , et qui sont composés de volumes égaux d'hydrogène bi-carboné et de l'acide employé •> les préparer ; tels sont les éthers hydrochlorique, hydrobi ômique et hydriodique.
Enfin , dans le troisième genre se trouvent les éthers qui sont formés d'un acide oxigéné et des élemens de l'alcohol , moins , à ce qu'il parait , une certaine quantité d'oxigène et d'hydrogène ; ou , plus exactement , qui sont composés d'un acide et d'élher hydratique : tels sont les éthers hypo-nitreux , acétique , oxalique , benzoi<(ue , etc.
Éther acétique. Cet éther se préparait autrefois en distillant, dans un appareil de verre , parties égales d'alcohol et d acide acétique ; mais ce procédé ne donnant toujours, et malgré plusieurs cohobations successives, qu'un produit mélangé d'alcohol , il est préférable d'obtenir l'éther acétique en distillant un mélange d'alcohol, d'acide sulfurique et d'un acétate métallique, ou bien un mélange de 6 parties d'alcool à 36 degrés , 4 parties d'acide acétique concentré et 1 partie d'acide sulfurique. Dans ce dernier cas on recohobe une fois le produit sur le résidu ; ou agite 1 éther distillé avec une petite quantité de carbonate de potasse; on le décante et on le rectifie dans un appareil convenable.
L'éther acétique pur pèse spécifiquement 0,916, ou marque 23 degrés au pèse-esprit de Baume. Mais il est ordinairement un peu plus léger, en raison de la difficulté de l'obtenir tout-à fait exempt d'alcohol ; il est plus volatil que ce dernier , et jouit d'une odeur particulière très-agréable ; il est peu soluble dans l'eau, et ne doit pas rougir le tournesol. Lorsqu'on le brûle, l'odeur de l'acide acétique et la propriété de rougir le tournesol reparaissent dans toute leur force. Il est décomposé par 1 intermède de l'eau et des alcalis caustiques qui s'emparent de l'acide acétique et mettent en liberté ou régénèrent l'alcohol.
Étheh HYDiiATiQUE. Voyez Éther sulfurique.
Éthkr HïDiiocHLORiQUE. Ou obtient cet éther en distillant dans une cornue de l'alcohol à 'iO degrés, préalablement saturé de gaz hydrochlorique. A la cornue se trouve adapté un tube qui va plonger dans un flacon contenant de l'eau , et à la suite de celui ci sont placées deux éprouvettes plongées dans un mélange réfrigérant. L'alcohol et l'acide non-combinés se dissolvent dans l'eau du flacon et léchauflent; l'élher, ne pouvant s'y condenser, parvient dans les deux éprouvettes oû le froid le fait passer à l'état liquide. Pour le purifier , on le verse dans un flacon qui contient un peu de magnésie calcinée refroidie ; après quelques heures de contact on décante et l'on rectifie dans une cornue munie d'un récijjient refroidi à la glace.
L'éther hydrochlorique est liquide très-mobile , incolore , d'une odeur analogue à celle de l'éther sulfurique mal rectifié. Il entre en ébullition à la température de 12 degrés centigrades , et consé<pieminent bout très-fortement dans le creux de la main ; il bout encore plus fortement sur la langue , se vaporise en un instant et remplit la bouche , le nez et la poitrine. Cette action violente apaisée , il reste une saveur sucrée très-agréable. Il pèse spécifiquement 0,914 ou marque 23", 5 au pèse-alcohol de Baumé. 11 brûle avec un flamme verte très-belle et donne naissance à une grande quantité d acide hydrochlorique. Cet acide , qui devient alors très-reconnaissable par les réactifs , était auparavant intimement combiné dans l'éther ; car ce liquide pur ne rougit pas le tournesol et ne précipile pas le nitrate d'argent.
La grande volatiliié de l'cther hydrochlorique empêche qu'on ne puisse le conserver dans les pharmacies. On y parvient mieux en le mêlant avec partie égale d'alcohol rectifié, et l'on peut alors l'employer sous le nom CCélher hydrochlorique alcoholisé,
L'éther hydrochlorique paraît avoir été connu des alchimistes et l'on ne peut guères douter que plusieurs chimistes plus modernes, tels que Neumann, Courtanvaux , Rouelle , etc. , n'en aient obtenu, quoique sa grande volatilité ait pu souvent nuire à la réussite de l'opération. On doit remarquer, d'un auti e côté , que tous ces chimistes le préparaient par la réaction des perchlorures métalliques sur l'alcohol , et pensaient que l'acide hydrochlorique n'était pas susceptible d'en prodiiire; de sorte qu'il serait possible que l'éther hydrochlorique des anciens chimistes ait été mêlé d édier chlorurique , composé moins volatil qui résulte de l'action du chlore sur l'alcohol , et qu'il laut distinguer de l'éther hydrochlorique. Cet éther chlorurique , que , suivant mes principes de nomenclature, j'ai nommé chlorure carbydriq'ie , se produit également parla combinaison directe, et à volumes égaux , du chlore et de l'hydrogène bi-carboné ( carbure hydrique ■ ; il est liquide à la températur ordinaire et plus pesant que l'eau ; sa pesanteur spécificpie est de 1,22. Il est incolore dans son état de pureté , a une odeur éihérée très -agréable et une saveur sucrée et aromatique; il bout .i la température de 67 degrés centigrades, et brûle avec une flamme verte , une épaisse fumée d'acide hydrochlorique et un dépôt abondant de charbon. Il n'est pas usité.
Étheh NITRIQUE ou mieux kitrkux. Kunkel est le premier chimiste qui ait fait mention de l'éther nitrique ; mais jusqu'à M. Thénard on n'a connu que des procédés très-défectueux pour le préparer et ses véritables caractères étaient peu connus. Aujourd'hui ou l'obtient pur et en très-grande quantité parle procédé suivant , que j'ai indiqué il y a quelques années.
On dispose, dans une chaudière et au bain-marie, une cornue de verre à