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commodes ces durs corsets qui empêchent le développement naturel de ses organes et les expose à tant de maladies, c'est particulièrement encore durant le temps de la grossesse qu'il est urgent d agir ainsi. La femme, pendant cet état, devra d'abord se couvrir assez pour se mettre à l'abri des vicissitudes atmosphériques si elle a le malheur de n'y être pas habituée. Un rhume survenu pendant la grossesse peut , par les efforts de la toux , déterminer des accidens de toute autre nature qu'il ne le ferait à une autre époque. En second lieu, les femmes grosses doivent abandonner les vctemens qui exercent la moindre compression sur quelque partie du corps que ce soit. Si la constriction de la poitrine, chez les personnes qui ne sont pas enceintes, dispose aux congestions du poumon et aux affections chroniques de cet organe, cet effet doit être plus efficacement produit encore dans l état de grossesse où les viscères du bas-ventre refoulent les poumons , diminuent l'amplialion de lu poitrine dans son axe vertical et produisent des difficultés de respirer. La pression des vêtemens sur la poitrine détermine , suivant la hauteur qu'ont le corset et le buse , ou l'engorgement inflammatoire des mamelles ou leur affaissement. Elle rend la sécrétion du lait imparfaite, produit souvent l'aplatissement du mamelon et les inconvéniens qui en résultent pour la mère et pour l'enfant ; enfin elle peut donner lieu à des hémorrhagies mortelles et à l'apoplexie. La pression des vêtemens sur le bas-ventre n'est pas moins pernicieuse : ou elle foi'ce l'utérus à suivre dans son développement une direction verticale, et amène tous les accidens dont nous venons de parler, ou bien elle s'oppose à son développement, à l'accroissement du fœtus , et même cause l'avortement. La compression exercée par les jarretières , qui, en tout temps, est une cause de varices , le devient encore plus particulièrement pendant la grossesse, puisque la matrice développée exerce sur l'origine des vaisseaux cruraux une compression qui est déjà un obstacle à la circulation. Les femmes pendant la grossesse devraient porter pour tout vêtement une espèce de blouse comme celle qui est à la mode aujourd'hui , ouatée pour l'hiver, d'une étoffe légère pour l'été. Les4)lis nombreux et bouffans de ce vêtement serviraient d'égide à la vanité des coquettes sans nuire au bon état des organes. Il en résulterait cet avantage, pour la mère, d'un accouchement plus facile , comme cela a lieu dans les pays où les femmes ne se lacent jamais, et pour l'enfant une constitution plus forte.
Profession , tempérament , veille et sommeil , etc. Les professions dans lesquelles l'individu développe peu de chaleur par l'exercice réclament des vêtemens qui empêchent la déperdition de la chaleur animale ; par la même raison on doit être plus couvert pendant le sommeil que pendant la veille , dans la convalescence que dans l'état de santé , lorsqu'on est d'un tempérament lymphatique, que lorsqu'on est d'un tempérament sanguin ou bilieux. Les professions dans lesquelles une partie du corps est dans l'inaction, taudis que les autres s'exercent, réclament des vêtemens plus chauds sur cette partie du corps que sur les autres; celles dans lesquelles , avec des exercices violens , on est néanmoins exposé à des vicissitudes atmosphériques , réclament sur la peau les vêtemens de laine qui absorbent et conservent le mieux l'humidité.
Précautions relatives à l'usage des vêtemens. Il ne faut jamais chercher k faire sécher sur soi le linge mouillé, car l'évaporation qu'on détermine soustrait au corps pour s'effectuer avec rapidité une somme considérable de calorique. Les vêtemens de matières animales doivent être lavés avec plus de soin que tous les autres , parce que ce sont ceux qui retiennent avec le plus de force les principes des maladies contagieuses et les qualités nuisibles des fluides perspiratoire et atmosphérique. La mutation des vêtemens produit sur l'homme l'effet des vicissitudes atmosphériques, moins l'action directe de celles-ci sur le poumon, action peu sentie chez le sujet dont cet organe est sain; or, comme nous avons traité des effets des vicissitudes atmosphériques ( vo^e: -Air), il nous reste peu de chose à dire. La suppression , même pendant l'été , de la laine portée sur la peau , lorsqu'on y est habitué, produit, par exemple, l'effet d'une vicissitude du chaud au froid ; ainsi elle fait reparaître les rhumatismes , les névralgies , les maladies de poitrine, etc., chez un individu sujet à ces affections. 11 n'est pas indifférent qu'un homme bien portant, qui, en hiver, veut se préserver du froid, multiplie les vêtemens de laine placés sur son linge, ou bien use de ces vêtemens en moindre quantité, mais se les applique immédiatement sur la peau; car lorsque la température s'élève, elle peut remplacer la quantité des vêtemens qu'exigeait la saison froide, mais elle remplace plus difficilement l'action précédemment indiquée de la laine sur la peau.
, (Ch. Lohde.)
"VIABILITE ( Médecine légale). Il résulte des articles 314, 725 et 906 du code civil, que le médecin peut être appelé à déclarer si un enfant est viable dans trois cas différons : 1° lorsque l'enfant est né avant le cent quatre-vingtième jour du mariage ; 2» lorsqu'il s'agit d'une succession ; 3o lorsqu'un enfant est appelé à recueillir une donation. La déclaration de viabilité peut être faite soit à l'occasion d'un enfant vivant , soit à celle d'un enfant mort. Mais ce mot viabilité , que l'on s'est accordé avec raison à faire dériver de via, voie , chemin a cependant été interprété de manières bien différentes par les auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Les uns se sont bornés à envisager la viabilité comme synonyme de maturité d'organisation qui permet d'espérer la continuation de la vie ; les autres ont imposé à la viabilité la condition que l'enfant pût parcourir toutes les phases de la \ ie. C'est à tort , suivant nous , que beaucoup d'entre eux ont adopté la seconde manière de voir, et nous croyons devoir définir la viabilité , l aptitude à la vie extra-utérine, caractérisée par la maturité de l'enfant, la bonne conformation des principaux organes de l'économie et de l'état sain de ces organes à l'époque de la naissance. C'est en effet sur ces trois conditions que reposent les probabiljlés de la vie , et ces probabilités doivent être établies
non pas en comparant l'enfant aux autres hommes, mais bien aux enfans du même âge ,à l'égard desquels il s'élève des présomptions de vie- Quelques auteurs, et M. Collard de Martigny entre autres .on cru devoir établir plusieurs sortes de viabilité. Mais la viabilité est une , elle ne découle pas de considérations légales , mais bien de considérations physiques et vitales. On la juge d'après trois conditions : 1" l'absence de vice de conformation ; 2» l'absence de maladie capable de compromettre la vie de l'enfant; S» le développement suffisant des organes pour l'exercice subséquent de leurs fonctions. C'est dans de pareilles idées que sont nées les erreurs qui ont fait regarder comme viable l'enfant qui avait vécu pendant une ou plusieurs heures et qui portait une maladie de naissance à laquelle il avait succombé.
L'importance du sujet qui nous occupe peut être exprimée par les suppositions suivantes : Une femme vient à perdre son mari pendant sa première grossesse; elle accouche à un terme donné : si l'enfant est déclaré viable, il succède à son père , et alors si l'enfant vient à mourir par la suite, la mère hérite de son enfant; dans le cas d'une déclaration o|)posée , toute succession est éteinte pour la mère et pour l'enfant. Une donation est faite à un enfant qui est conçu, mais qui n'est pas encore né ; si à sa naissance il est déclaré viable et qu'il vienne à mourir douze ou quinze jours après, le père et la mère héritent de leur enfant ; dans le cas contraire , la donation est éteinte par le fait seul d'une déclaration de non-viabilité. 11 en est de même pour un testament.
M Capuron a, suivant nous, commis une erreur en admettant que tant que l'enfant vit , il est saisi et conserve la possession des biens, sans que personne ait le droit de les lui disputer; ce n'est que lorsqu'il a cessé de vivre , qu'il y a lieu de rechercher s'il était viable ou non, pour décider s'il doit être considéré comme n'étant pas né, comme n'ayant recueilli ni succession , ni donation, ni legs. La loi n'établit pas cette distinction dans la validité de la succession , de la donation, du testament, elle n'y met qu'une condition , c'est que l'enfant soit déclaré viable; la déclaration de non-viabilité peut donc être faite quoique l'enfant vive , et un héritier serait recevable à faire une demande en nullité, quoique l'enfant fût vivant. Une autre circonstance dans laquelle le médecin peut être appelé à déterminer la viabilité de l'enfant pendant sa vie est celle qui se rapporte à la possibilité du désaveu du père lorsque l'enfant est né avant le cent quatre-vinglième jour du mariage.
Il résulte des données que nous venons d'établir, que la solution de la question relative à la viabilité découle naturellement: 1° de l'examen des conditions de maturité qui autorisent à regarder l'enfant comme viable; 2° de l'examen des vices de conformation qui excluent la viabilité de l'enfant nouveauné ; 3° des maladies qui peuvent donner lieu au même résultat.
La maturité est le degré d'organisation assez avancé pour permettre la continuité de la vie de l'enfant hors du sein de la mère.
Elle peut être parfaite ou imparfaite. Elle est parfaite lorsque l'enfanta atteint la fin du neuvième mois de la grossesse. Mais de ce qu'un enfant n'est pas arrivé à ce terme , il ne s'ensuit pas qu'il ne puisse pas parcourir les phases ordinaires de la vie. Des exemples nombreux recueillis par les auteurs démontrent que des enfans venus au monde , même à cinq mois , ont pu vivre pendant plusieurs années ; toutefois ce sont des exemples très-rares et sur lesquels une donnée générale ne peut pas venir s'appuyer. xVIais il est admis d'après un grand nombre de faits recueillis qu'au terme de sept mois un enfant peut vivre et se développer parfaitement , d'où il suit que l'âge de l'enfant doit être une donnée et non pas une preuve de viabilité. Cette donnée , le médecin l'établira , non pas sur le dire de la mère, mais sur les caractères qui sont propres à chaque âge de la vie ( foj. Age ). Il faut de plus qu'il tienne compte de la manière dont s'exécutent les principales fonctions de la vie, la respiration , la digestion et la circulation , et comment s'exerce la vie de relation.
Nous avons à l'article monstruosité dressé un tableau qui représente ces vices de conformation sous le rapport de la viabilité ; nous y i-envoyons donc nos lecteurs. On peut y voir que les déviations suivantes excluent la viabilité : Acéphalie; anencéphalie , hydropisie congéniale ventriculaire du cerveau, aprosopie , ateloprosopie; absence de la bouche, de l'œsophage , de l'estomac, du foie, du cœur et des poumons; le défaut d'union du crâne avec encéphalocède volumineux; le spina-biiida avec hydrorachis situé en haut de la colonne vertébrale; le défaut d'union sur la ligne médiane de l'abdomen avec hernie considérable des organes abdominaux; l'exoraphalie ; l'imperforation de l'œsophage et des intestins ; la monopsie ; l'inclusion d un fœtus; la naissance de trois fœtus à-la-fois ; l'ectopie du cœur thoracique avec fissure du sternum et hernie du cœur, l'ectopie du cœur céphalique.
Mais il n'est pas toujours possible de constater l'existence de ces vices de conformation. Dans le cas où la question de viabilité s'élève à l'occasion d'un enfant mort, l'exploration est toujours complète , mais il n'en est pas de même si l'enfant est vivant. Voici les difficultés qui pourraient s'élever à ce sujet. H est impossible de distinguer pendant la vie l'hydropisie ventriculaire du cerveau de celle qui a son siège à l'extérieur du cerveau. On ne peut pas reconnaître de prime abord l'absence de l'œsophage , de l'estomac ou du foie ; il en est de même de l'imperforation de l'œsophage, de l'estomac ou du reste du tube mtestinal. Aussi l'expertise dans ces sortes de cas est-elle d'autant plus certaine dans ses résultats que l'on est appelé plus tôt à la faire. Une autre difficulté peut se présenter: un enfant est affecté d'un spina-bifida ; il est bien reconnu aujourd hui qu'il est rare qu'une pareille monstruosité puisse permettre à l'enfant de parcour ir les phases ordinaires de la vie. Doit-il ou ne doit-il pas être déclaré viable ? Ici c'est une question de temps non résolue par la loi , et que le médecin doit, je crois , laisser h l'appréciation des magistrats : le médecin ne
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peut faire connaître que les résultats de l'expérience ; eelle-ci n'apprend qu'un seul fait, c'est que les chances de viabilité sont en raison de la situation du spina-biHda très-rapproché delà partie inférieure du tronc. C'est dans ces sortes de cas que les déclarations doivent être faites en faveur des parens , puisqu'il y a doute, d'autant plus qu'elles sont favorables à l'enfant,
D fjà nous avons appelé l'attention des médecins sur les maladies que l'enfant peut apporter en naissant dans les articles Docimasie de la respiration et Infanticide. Il nous suflil de les envisager ici comme causes de non-viabilité. Les cinq états suivans des poumons : l'hépatisation rouge , l'hépatisation grise, les tubercules pidmonaires , l'œdème et l'œdème lardaciforme s'opposant à l introduction de lair dans les vésicules pulmonaires , deviennent un obstacle au développement de la respiration ; mais comme ces affections peuvent être limitées , plus ou moins curaljles, il appartient aux médecins de juger de leur influence comme cause de non-viabilité. Dans l'hydrocéphalie, il y a aussi des nuances qui établissent des chances variables de vie, suivant la quantité d'eau épanchée et le siège de l'épanchement. Il en est de même des divers degrés d'induration des parties de la masse encéphalique et du ramollissement de ces organes. L'estomac et les intestins qui, à la naissance, offriraient des ulcérations avec exsudation de liquides noirâtres ou saiiguinotens seraient dans les conditions les plus défavorables à la viabilité ; c'est en examinant les appareils principaux de l économie , c'est en ayant égard à l'état plus ou moins avancé de leurs altérations, que l'on peut arriver à un diagnostic qui repose sur des bases à-peu-près ceitaines.
Il est beaucoup moins difficile de résoudre la question de viabilité à l'égard d'un enfant mort que d un enfant vivant. On a à sa disposition le corps entier de l'enfant que l'on peut explorer dans tous ses organes , et obtenir ainsi des documens importans ; il doit être examiné sous les trois points de vue que nous avons envisagés pour établir la viabilité. Mais une altération morbide fût-elle bien constatée cela ne suflit pas ; on doit se demander d'abord si elle a déterminé la mort, ensuite si elle préexistait à la naissance ? La première question se résout en ayant égard au sié'ge et à l'intensité de l'affection ; la seconde en tenant compte du temps qu'il a fallu à la maladie pour produire les altérations pathologiques que l'on observe. Il faut en outre recueillir à titre de renseignemens les phénomènes que l'enfant a pu présenter durant sa vie. Est-il venu bien vivant , jetant (les cris respirait-il par.faitement ? exécutait-il ses mouvemens avec facilité et avec vitesse ? a-t-il rendu le méconium ? a t-il |)ris le sein ? a t il excrété des matières fécales, en un mot tous les signes qui tendent à établir sa maturité ?
A la déterminal ion de la viabilité se rattachent aussi les expériences de docimasie que nous avons fait connaître à ce mot. Car ces expériences peuvent nonseulement servir à distinguer si un enfant a respiré, mais encore à démontrer si la respiration a été parfaite ou imparfaite ; enfin le médecin doit rechercher s'il n'existerait pas à I extérieur ou à l'intérieur du corps des traces de violences ou de blessures capables d'avoir causé la mort. Des héritiers avides pourraient avoir commis le crime d'infanticide dans le but d élever une question de viabilité.
J. J. Hoin. Mémoire sur la vitalité des enfans , Paris , 1765 , in-S».
E. Platner. De vilâ fœlûs uon animalâ quantum ad iiifanticidium , in questiones medicinœ forensis 1 Lipsiœ, 1824 , in-S", pag. 252.
F. Chaussier, Mémoire médico-légal sur la viabilité de l'enfant naissant, Paris, 1826, in-S". Coltard de Martignf. Questions de jurisprudence médico-légale sur la vialjilité en matière
civile et criminelle, Paris, 1828, in-8".
Giuri.sprudenza , etc. , c'est-â-dire Jurisprudence méfHcale sur la viabilité des enfans ués avant le septième mois, el sur leurs droits civils, Kaveane ,1832, io-S", voyez l'analyse dans les Annales d'hy-^iène et de médecine légale, I. VIII , p. 466.
C. M. Billard. Mémoire médico-légal sur la viabilité du fœtus , pa^'. 680 el suivantes de son Traité des maladies des enfans noweau-nés, deuxième édition , Paris , 1833, in-S".
(Alph, Devergie.)
VIN. ( Voyez à l'article Boissons.) VINAIGRE. {Voyez Acétique.)
VIOL ( médecine légale ). La loi punit le crime du viol de la peine des travaux forcés à temps ; elle inflige le maximum de la peine des travaux forcés à temps , si la personne sur laquelle le viol a été consommé était au-dessous de quinze ans , et celle des travaux forcés à perpétuité lorsque les coupables sont les ascendans de la personne sur laquelle a été commis l'attentat , ou s'ils sont de la classe de ceux qui ont autorité sur elle.
Ce crime ne peut être constaté qu'au moyen de preuves morales et de preuves matérielles : ce sont ces dernières que le médecin est appelé à connaître. Ces traces de viol se dessinent : !<> par la défloration ; 2» par des violences sur les parties génitales ou sur d'autres parties du corps ; Z° au moyen de maladies vénériennes communiquées par l'indi idu qui a commis le crime. Mais une défloration peut être récente ou ancienne; des traces de violences peuvent dépendre de causes autres que celles du viol ; des indices d'affection vénérienne peuvent être trompeurs : c'est sous ces divers points de vue qu'il nous faut essayer d'envisager les faits dans cet article.
Quels sont tes moyens de reconnaître si la déjloralion a eu lien ? Cette question , qui n'est applicable qu'aux cas de viol qui se rapportent le plus généralement à l'enfance ou à la jeunesse , ne peut être résolue que par un examen attentif des parties génitales ,fait par le médecin qui possède des connaissances exactes sur la disposition normale de ces parties. J'ai insisté , dans mon Traité de médecine légale, sur chaque conformation particulière aux divers âges et aux diverses circonslauces de la vie. J'ai fait remarquer que , chez les
très-jeunes enfans , les grandes lèvres présentent en haut un écartement considérable, et tel qu'il en résulte un espace triangulaire qui simule assez bien une conformation accidentelle qui serait survenue à la suite de l'habitude de la masturbation. Des recherches suivies m'ont démontré que cet état était propre aux premières années de la vie ; que peu-à-peu cet écartement des grandes lèvres diminuait et finissait par disparaître , en sorte que le clitoris saillant et visible quelquefois sans même écarter les cuisses , se trouvait totalement caché par le développement consécutif des parties génitales externes.
Si on écarte les cuisses d'un très-jeune enfant , la vulve s'ouvre principalement en avant , le coniraire a lieu chez les filles pubères et surtout chez les femmes qui ont cohabité avec des hommes. Cette circonstance résulte de la disposition normale des parties génitales en rapport avec les fonctions qu'elles sont destinées à remplir. Dans le jeune âge , ( lies n'ont pour but que l'émission de l'urine, tandis que plus tard elles devaient être favorablement disposées pour le second acte qu'elles sont destinées à remplir. En résumé , la vulve est élargie en haut chez les très-jeunes enfans : c'est le contraire chez les femmes.
Les parties génitales sont ordinairement colorées en rose dans leurs membranes muqueuses. Toutefois celte disposition est loin d'être constante chez l'enfant oii il semble qu'elle devrait être le plus marquée. Rien de plus commun que de trouver la membrane muqueuse blafarde , état que peuvent produire et un mauvais état de santé et l'habitude de la masturbation.
Les petites lèvres sont ordinairement très-développées chez l'enfant; mais une disposition qui doit surtout frapper l'attention du médecin légiste, c'est celle qui résulte des diverses formes sous lesquelles la membrane hymen peut se présenter; et d'abord s'observe-t-elle constamment? La presque totalité des anatomistes tant anciens que modernes se sont accordés sur le fait de son existence constante. Parmi les modernes , M. Capuron est le seul qui ait cité un cas dans lequel elle ait manqué, et des observations suivies par Gavard, M. Orfila et beaucoup d'autres , doivent la faire regarder comme existant toujours. Non-seulement on la rencontre dès le bas-âge , mais encore elle parait se développer dans la proportion des autres parties de la génération. Ce qui le prouve , c'est que Gavard t'a trouvé chez des fœtus , chez des enfans nouveaunés, des jeunes filles de vingt-trois à vingt-cinq ans, et chez une tille de cinquante. Bennach (de Marseille ) l'a vue chez une fille de soixante. Je l'ai observée chez tous les enfans nouveau- nés que j'ai examinés, et chez des filles de différens âges , entre autres, sur une de soixante-cinq ans et sur une autre de soixante-douze. Baudelocque rapportait dans ses cours l'observation d'une femme qu'il avait accouchée et dont il allait rompre la membrane hymen, si la tête de l'enfant qui se présentait n'en etît pas opéré la déchirure. Ruisch , pour délivrer une femme , est non-seulement obligé de fendre l'hymen , mais encore une seconde membrane qui était placée derrière elle et à un pouce de distance. Enfin Tolberg rapporte un fait observé par Meckel aîné , dont on a le dessin et dans lequel une personne conserva sa membrane hymen circulaire et tendue après avoir avorté d'un fœtus de cinq mois enveloppé de ses membranes. Tous ces cas peuvent-ils être rapportés à des membranes hymen ou au contraire à des productions membraneuses accidentelles? Il est possible que quelques-uns rentrent dans cette dernière catégorie , mais il n'en est pas moins démontré que l'existence de cette membrane est normale , qu'elle prend de l'accroissement en raison des parties qui l'environnent, et que, si quelquefois elle a manqué , le nombre de ces cas peut être établi et qu'il ne dépasse pas celui des absences de toute autre partie du corps.
Une autre circonstance peut encore servira expliquer comment certains anatomistes n'ont pas observé l'hymen chez quelques enfans , c'est la forme variée sous laquelle elle peut se présenter. Dans la plupart des cas elle constitue un repli semi-lunaire qui borde infcrieurement l'entrée du vagin , et dont les extrémités vont, en diminuant insensiblement de largeur, se perdre en haut sur le pourtour de celte ouverture. Dans d'autres cas elle forme une membrane circulaire perforée à son centre et adhérente dans toute sa circonférence à l'ouverture du vagin ; elle peut aussi constituer une membrane imperforée ou munie seulement d'une petite ouverture à sa paitie supérieure. Dans quelques circonstances rares elle ne consiste que dans des filamens de membranes muqueuses qui réunissent des mamelons, paraissant devoir former par la suite les caroncules myrtiformes. On peut donc établir en thèse générale , que 1 existence de la membrane hymen est constante, et cette donnée doit servir de point de départ aux médecins légistes.
Nous croyons devoir appeler l'attention sur la conformation du bord libre de cette membrane parce qu'elle a quelques rapports avec sa déchirure. Le bord libre de l'hymen peut être lisse , uniforme dans tous ses points , il peut présenter une ou deux dentelures , quelquefois même un plus grand nombre. Les dentelures que l'on rencontre le plus communément occupent la partie la plus large delà membrane, celle qui est située intérieurement; elles ne se rencontrent, en général , qu'à une époque voisine de la puberté. On voit un petit mamelon , ou épaississement qui en occupe le sommet, et qui semble être l'origine d'une caroncule myrtiforme. Dans d'autres cas que nous n'avons pas observés, mais que M. Velpeau a vus, il existait deux ou trois dentelures sur chaque côté de la partie supérieure du bord libre de I hyinen , et ces dentelures semblaient être disposées avec assez de régularité pour s'entrecroiser les unes avec les autres; enfin , au lieu d'être tendu le bord libre <le cette membrane peut être très-lâche. J'ai insisté sur les dispositions précédentes , afin de prémunir les experts contre les erreurs qu'ils pourraient commettre en les prenant pour le fait d'une déchirure accidentelle. Je regarde cette disposition comme un état d'accroissement favorable à la formation des caroncules myrtiformes. Quant à ces caroncules on
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ne les rencontre pas cliez les filles vierges; elles ne sont que les débris de la membrane bymen rompue. Il ne faudrait pas prendre pour elles deux petits tubercules qui teruiinent antérieurement les colonnes du vagiu.
A l'époque périoilique de chaque menstruation, les parties génitales delà femme prennent une dilatation qu'il faut noter. Beaucoup de médecins en ont exagéré les conséquences ; ils ont été jusqu'à admettre que cette dilatation était telle qu'elle pouvait permettre l'introduction du membre viril sans la défloration ; c'est suivant nous aller beaucoup trop loin. Le fait nous parait exact, et nous pensons qu'à l'époque des règles il s'opère en très-petit, le travail qui se fait en grand lors de l'accouchement.
Quand une femme a cohabité avec un homme, la membrane hymen est détruite et remplacée par les caroncules myrtiformes. La fourchette est moins prononcée, la fosse naviculaire moins profonde, le vagin plus ouvert. Enfin, si la femme a eu des enfans , la fourchette est déchirée , la fosse naviculaire a disparu, le vagin est élargi et ses rides plus nombreuses : telles sont les données générales que nous avons cru devoir fournir avant d'entrer dans le détail des questions qu'un magistrat peut et doit soumettre au médecin. Nous allons les aborder successivement.
1". La diflovulion existe-t-clle ? Le mot virginité peut être pris dans deux sens différens , ou moral , ou physique; le médecin ne doit l'envisager que sous un seul rapport , c'est le rapport matériel. Le caractère de la virginité consiste donc dans l'existence de la membrane hymen ; par conséquent, quelle que soit la cause qui ait amené la rupture de celte membrane , il y aura pour le médecin défloration , ou absence de virginité, tandis qu'il y aura virginité dans le cas contraire : ainsi une jeune fille chez laquelle l'habitude de la masturbation est portée à un point tel qu'elle est obligée de s'introduire dans le vagiu des corps étrangers, vient-elle à opérer la rupture de cette membrane , elle ne doit plus être considérée comme vierge aux yeux du médecin , quoique l'acte de la copulation n'ait pas été efifectuè. Une jeune fille a-l-elle eu avec un homme des rapports assez intimes pour être affectée de maladie vénérienne communiquée, elle est encore vierge si la membrane hymen n'a pas été détruite ; quel que soit, du reste, l'âge de cette jeune fille, son éducation et ses mœurs. Une femme a des rapports avec un homme, il en résulte une grossesse, mais l'acte de la copulation ayant été incomplet, la membrane hymen n'a pas été déchirée et la défloration n'a pas été opérée. On ne peut pas, il est vrai, dans ce cas, appeler celle femme une viei ge , mais la virginité matérielle , dont la destruction constitue le cachet ilu viol accompli , n'en existe pas moins.
Si en médecine légale on ne prenait pas pour point de départ de la virginité l'existence de la membrane hymen, tout serait vague, tout serait incertitude dans la matière du viol , et si l'on raisonnait autrement , on serait conduit à ne plus considérer comme vierges des enfans de quatre, cinq et six ans, que beaucoup de médecins ont dû être appelés comme nous à examiner, et qui ont été afTnclès de maladie vénérienne communiquée à la suite d'une simulation de l'acte delà copulation. Par conséquent, suivant nous, l'existence ou l'absence de la membrane hymen constituera la réponse du médecin à la première question que nous nous sommes jiosèe; mais en matière de viol, il ne suffit pas de constater la défloration , il faut encore prouver qu'elle se rapporte à l'époque où le viol a été accompli.
2°. La défloration est-elle récente ou ancienne ? On reconnaît que la défloration est récente à l'existence d'une ou plusieurs déchirures de la membrane hymen. Ces déchirures ont eu lieu avec efi"usion de sang, les bords en sont donc sanguinoleus à l'instar d'une plaie récente ; ils sont de pitis , rouges, tuméfiés et plus ou moins douloureux ; ces phénomènes n'ont en général qu'une durée très-limitée , car au bout de huit ou dix jours , quelquefois même plus tôt , les parties sont rentrées dans l'état normal ; d'où il suit que ce n'est que dans les premiers jours d'un viol que l'on peut constater la défloration. Quelques auteurs ont prétendu que la défloration pouvait amener des changemens et dans le volume du cou et dans le timbre de la voix ; mais ils ne pourraient pas être appréciés par un médecin expert ; ils se rapportent d'ailleurs au développement de la puberté et non pas au fait du viol; ils sont un résultat d'accroissement organique et non pas d'un phénomène purement mécanique : enfin , nous ajouterons que du moment qu'une défloration est ancienne , c'est à-dire qu'à dater de l'époque où les phénomènes inflammatoires ont disparu , il n'est plus possible de lui assigner une date donnée.
3o. Quelles sont les causes qui peuvent amener la défloration ? Tout agent mécanique d'un volume plus considérable que le diamètre de l'ouverture de l'hymen est capable d'opérer la déchirure de cette membrane, et comme on connaît des exemples de jeunes fiiles qui se sont déflorées en introduisant dans le vagin des étuis de divers calibres et d'autres objets capables d'éveiller en elles des jouissances usées par l'habitude delà masturbation; comme d'ailleurs pareille introduction pourrait être faite forcément sans que l'acte de la copulation ait eu lieu, on ne peut pas conclure au viol parce que la membrane hymen a été détruite, et l'on doit se borner à énoncer le fait de la défloration. Nous ajouterons qu'il est des phlegmasies chroniques des parties génitales avec ulcérations qui peuvent amener de pareils désordres.
Nous ne pensons pas qu'un magistrat puisse demander à un médecin si la défloration dépend de l'introduction du membre viril ou de celle d'un corps étranger d'une autre nature , car , pour la résoudre , il faudrait se livrer à l'appréciation d'une série d'actes dont le médecin ne peut pas connaître. Il en est de même de cette seconde question posée dans l'ouvrage de M. le professeur Orlila : la défloration a-t-elle été consentie ou forcée ? Il est évident
que sa solution ressort de la connaissance parfaite des documens moraux de l'action.
4». Quelles sont les traces de violence que l'on peut trouver aux parties génitales , sur Les diverses parties du corps , ou sur les vcieinens dans les cas de viol ou de tentative de viol? Four les parlies génitales , on peut observer des contusions légères des grandes et des petites lèvres ; des ecchymoses , des excoriations , des déchirures , avec injection de la membrane muqueuse , de la fourchette , de la membrane hymen ; mais ces désordres sont généralement trèsrares chez les jeunes enfans , et un peu moins fréquens chez les jeunes filles à l'époque de la puberté ; elles supposent une résistance assez grande de la part de la personne violée, ou une grande brutalité de la part du coupable ; il faut de plus une résistance des parlies génitales qui soit capable de s'opposer à l'introduction du membre viril ; il y a donc tout lieu de croire qu'elles se rencontreront rarement chez les femmes qui ont eu des enfans ; chez elles ces altérations se trouveront plutôt dans les parties avoisinantes. Ainsi , ce sera aux aines , à la partie interne des cuisses, aux poignets qu'on les observera. J'ai déjà eu occasion d'être appelé dans un assez grand nombre d'affaires de viol et je n'ai jamais été à même de constater des traces de contusion des parties génitales. Les violences qui sont placées à la surface du corps , sont susceptibles d'offrir de grandes variations suivant les manœuvres qui ont été employées pour commettre le viol : ainsi, les mains auront pu être attachées derrière le dos et les poignets présenter l'empreinte d'une corde. Le peigne qui retenait les cheveux a pu être cassé pendant la chute de la jeune fille sur le sol , et les dents du peigne cassé avoir pénétré dans la tête , etc.
Mais on rencontre sur les vélemens des taches dont la nature et la situation peuvent établir de fortes présomptions du viol. Ces taches sont de deux espèces : les unes sont dues à du sperme répandu le plus ordinairement sur la partie antérieure de la chemise, les autres, formées par du sang, en occupent la partie postérieure. On reconnaît les premières à ce qu'elles se présentent le plus ordinairement sous la forme de plaques larges de plusieurs pouces de diamètre , d'une teinte grisâtre, arrondies et ondulées à leur circonférence, le bord qui les termine est d'un gris plus foncé que la surface ; le linge est empesé dans ce point. Si on en soumet une petite portion à la chaleur, elles jaunissent ; coupées par morceaux et macérées dans une petite quantité d'eau, elles font perdre au linge sa consistance , mais bientôt la toile reprend son état empesé quand on la dessèche ; le liquide ainsi que le linge mouillé répandent une odeur spermatique. Le liquide filtré, soumis à l'évaporation , ne donne que quelques flocons glutineux et plastiques ; il se dessèche à la manière d'une solution gommeuse. Si on reprend par l'eau le produitde l'évaporation, la plus grande partie se dissout, mais il reste une matière jaunâtre, filamenteuse, soluble dans la potasse. La liqueur provenant de la dissolution de la portion soluble dans l'eau pre'cipite en blanc par l'alcool, le sous-acétate de plomb et l'infusion de noix de galle , mais elle ne fait que jaunir par l'acide nitric{ue.
Quant aux taches de sang , nous avons appelé l'attention dans notre ouvrage sur les deux formes sous lesquelles on peut les rencontrer. On eu trouve qui sont uniformément rouges , à bords nets , contenant beaucouj) de matière colorante , elles sont formées par du sang pur ; d'autres constituées par de la sérorosité et par du sang , sont d'un rose-rouge , à bords plus foncés et lout-à-fait analogues à celles qui s'opèrent sur le linge cjuand il est appliqué sur une plaie récemment opérée et dont l'écoulement de sang est peu-à-peu remplacé par de la sérosité rosée.
5". Est-il possible de si/nnler les diverses traces de viol que nous venons de Jaire connaître ? Nul doute à cet égard , car on peut toujours exercer sur une personne des violences propres à simuler de pareils désordres. Mais quelle est la fille qui consentira à endurer les douleurs qu'elles déterminent, et quelle est la mère capable de porter l'infamie assez loin pour mutiler son enfant au point qu'il offre tous les indices matériels du viol ? Les auteurs et Fodéré , entre autres , ont bien rapporté des cas de simulation du viol ; mais la simulation de violences était trop évidente pour que I on pût la méconnaître. Une femme profite d'une circonstance tout-à-fait accidentelle, comme celle d'un écoulement qui survient à son enfant , pour porter une accusation et demattder des dommages-et-intérêts d'une personne faible ; mais elle se décidera bien rarement à mutiler son enfant pour arriver au même but. Aussi trouvera-t-on , dans la plupart de ces cas, la membrane hymen intacte , quelques rougeurs sur le pénil ou aux grandes lèvres , un écoulement ; on montrera une chemise tachée par du sang cjue l'on y aura déposé , peut-être même des taches de sperme. L'expert se demandera l'origine de l'écoulement de sang, et l'état d'intégrité dans lequel il trouvera les parties génitales lui fera comprendre bientôt qu'on a voulu lui en imposer; il questionnera l'enfant , soustrait aux regards de sa mère , il connaîtra par ses réponses la leçon qui lui a été faite; il questionnera des personnes du voisinage, il saura que l'enfant est adonnée à la masturbation , qu'elle fréquente les petits garçons du quartier et une foule de petits détails qui mettent sur la voie de la vérité l'homme de l'art, toujours à l'abri des préventions et qui observe avec calme et froidement, les états maladifs à l'égard desquels il est obligé de porter un jugement. Quoi qu'il arrive , le médecin qui voudra se renfermer dans les limites de son devoir , évitera en général assez facilement l'erreur en exposant les faits et en faisant connaître aux magistrats les manières différentes de les interpréter.
6°. Quels sont les indices d'une affection vénérienne communiquée, que l'on peut rencontrer à la suite d'un viol? Peut-on distinguer si ces indices sont dus