‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 309 sur 311 · ZINC · texte numérisé non relu

ZINC

ZONA.

de le conseiller comme un vermifuge efficace, surtout contre le ver solitaire, fiireut-ils obligés de lui adjoindre des purgatifs plus ou moins énergiques, comme ils l'avaient fait pour l'étain , qui n'a guère plus de vertu. Il nous suffira de rappeler que, pour cet usage, on avait recours au zinc réduit en poudre plus ou moins fine au moyen de la lime et du porphyre.

'L'oxicle blanc de zinc, connu des anciens , et employé par eux comme médicament externe .sous des noms fort difTércns et qui désignaient des oxides plus ou moins impurs, est maintenant bien peu usité. On a renoncé complètement aux préparations imparfaites au moyen desquelles on oblenail jadis ce produit, qu'on se procure à présent par des moyens à-la-fois plus sûrs et plus simples. Les expériences faites avec l'oxide de zinc ne l'ont pas montré bien actif. Les qualités astringentes qu'on lui a attribuées ne sont pas bien évidemment prouvées : il n'agit comme émétique qu'à des doses tellement considérables, que le vomissement peut être attribué bien moins à une action spéciale qu'à l'impression pénible occasionnée par le poids d'une substance inerte , enfin comme antispasmodique, tonique, sédatif, etc. Malgré les assertions d'une foule d'auteurs, on est forcé de reconnaître qu'il est véritablement fort inférieur à sa réputation. Au reste il est assez innocent pour qu'on puisse sans aucun danger l'expérimenter tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Dans le premier cas , on commencera par un ou deux grains par jour, et I on ne doit pas craindre d'augmenter de beaucoup cette dose et de la porter jusqu'à un demi-gros ; dans le second , ily a encore moins de précautions à prendre, et il est facile de l'employer soit sous forme de poudre, soit incorporé à diverses espèces de pommades, cérats, onguens. On ne saurait compter le nombre de médicamens de ce genre dans lequel l'oxide de zinc figurait comme ingrédient plus ou moins important. Il serait vraiment impossible de dire les cas dans lesquels on peut compter sur ce médicament: on ne peut que répéter que des médecins recommandables l'ont conseillé dans l'épilepsie, l'hystérie, les convulsions, les fièvres nerveuses, la gangrène, la diarrhée et une foule d'affections toutes étrangères les unes aux autres. Il faut également ajouter que des auteurs non moins dignes de foi affirment l'avoir donné sans aucun avantage dans ces mêmes maladies, bien qu'ils l'aient employé avec soin et à des doses assez considérables. Nous n'avons pas le loisir de discuter ici ces opinions dont la plupart d'ailleurs comptent bien peu de partisans. Nous ajouterons seulement : 1° que l'oxide de zinc a été expérimenté principalement dans ces affections , qui sont de leur nature à-la-fois opiniâtres et variables dans leur forme et dans leur durée; 2° qu'en outre les observations sont inexactes et recueillies sous l empire de préventions évidentes. C'est l'oxide blanc de zinc qui entrait dans les fameuses pilules de Méglin, qui , après avoir eu pendant quelque temps une grande réputation contre les névralgies, sont tombées dans le plus complet oubli.

Les autres composés de zinc présentent des propriétés plus réelles, dont il faudrait seulement bien déterminer l'application. Ainsi, par exeuiple , le r^£<nure de zinc , qui a été conseillédans les cardialgies nerveuses, est une substance qui demanderait à être étudiée avec une attention particulière , de même que les autres cyanures métalliques : on la donne depuis un demi-grain jusqu à un grain et demi , tant en solution qu'en poudre. Le chlorure de zinc, caustique puissant comme la plupart des chlorures, a été recommandé comme formant une eschare particulièrement dure et coriace sous laquelle se trouve une plaie d'une

bonne nature , et qui maiche promptement vers la cicatrisation. Ceux qui l'ont expérimenté ont prétendu qu'il était préférable au sublimé, au nitrate d'argent et à tel autre caustique; mais, lorsqu'on examine avec attention, on est porté à croire, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, que les résultats de la cautérisation dépendent bien moins du choix des caustiques que delà manière dont ils sont appliiiués et des conditions dans lesquelles on y a recours.

L'usage interne de ce chlorure est plus dangereux par les accidens qu'il a produits évidemment, que salutaire par les bons résultats qu'on en aurait obtenus. C'est aussi comme antispasmodique qu'il a été vanté , surtout en Allemagne , ou il a été prescrit contre la chorée , l'épilepsie , les névralgies , etc. On le faisait dissoudre dans l'éther murialique à la dose d'un grain pour deux gros, et l'on donnait de cette solution cinq gouttes dans un verre d'eau sucrée. Des symptômes plus ou moins violens d'inflammation gastro-intestinale ont plusieurs fois suivi l'emploi de ce dangereux remèile.

L acétate ci \e sulfate àe z\nc, sels solubles,ont plus d'importance que le sous- carbonate qui est insoluble , et qui , en cette qualité , est à-peu-près insignifiant quoiqu'on l'ait également préconisé comme un antispasmodique. Ces deux sels , qui ont une saveur acre et extrêmement astringente et désagréable , ne sont pourtant pas vénéneux, à moins que la dose n'en soit portée assez haut. Le sulfate principalement a été employé comme vomitif, et préféré même à l'émétique dont on dit que l'action est moins prompte , ce qui reste à prouver. L'imprudence de quelques médecins a cependant amené des empoisonnemens avec ce médicament. On dit , d'ailleurs , qu'il est moins antispasmodique que le chlorure et que l'oxide. Le plus souvent il est employé à l'extérieur comme astringent dans les flux sanguins ou muqueux qu'on veut tarir. Il entre fréquemment dans les collyres astringens prescrits dans les ophthalmies aiguës ou plutôt encore chroniques , de même que dans les injections conseillées contre la blennorrhagie tant aiguë que chronique. Son action astringente réelle et bien constatée, bien qu'elle n'ait rien de spécifique, rend raison des succès obtenus dans une foule d'affections dont la simple énuméralion serait trop longue; comme aussi de son introduction dans une foule de médicamens astringens tant officinaux que magistraux. Non-seulement ces sels ont été conseillés comme astringens d'une manière générale , mais on les a dirigés spécialement contre la gale et d'autres affections de la peau moins bien déterminées, contre les ulcères vénériens , etc. Il est facile d'apprécier à leur juste valeur ces prétentions hasardées.

On ne s'est pas borné à les appliquer extérieurement, il a fallu les employer à l'intérieur également, comme vomitif , comme antispasmodique, comme tonique et astringent , et aussi comme antiseptique et spécifique. Il y a de quoi être fatigué de voir toutes les inconséquences débitées à ce sujet par les plus graves personnages. En somme, de nos jours le zinc n'est plus que très-peu usité en thérapeutique, et l'on a surtout renoncé à lui demander des effets spécifiques contre telle ou telle maladie. Les qualités astringentes et toniques de quelques-uns de ses sels , l'action caustique de son chlorure peuvent être utilisées suivant les circonstances; mais on ne croit plus à sa vertu antispasmodique depuis qu'on a sur les affections du système nerveux des idées plus raisonnables et plus judicieuses. (F. Ratier.) ZONA ou ZOSTEK. f^oyez Herpès.

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