‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 37 sur 311 · FUMETERRE OFFICINALE · texte numérisé non relu

FUMETERRE OFFICINALE

aile d'une application réelle, et non pas d'un de ces simulacres de medicalion u'eraploient quelques médecins pour occuper l'imagination de leurs malades, tque quelques autres, partageant l'erreur commune, prescrivent avec une intière confiance. Or, il en est ainsi du froid ; et précisément parce qu il est lès-énergique, son application intempestive ou mal dirigée peut avoir de raves inconvéniens. On doit en général, éviter de l'appliquer sur 'a tête, kir la poitrine et sur le ventre , h moins d'avoir soin, en mcme temps , d'établir ux extrémités inférieures une irritation plus ou moins active. L'importance es organes renfermés dans ces cavités, et la gravité que peuvent avoir les éaclions qui s'y établiraient expliquent suffisamment cette précaution. Il est ertaines parties du corps sur lesquelles l'impression du froid est d'autant plus ,ensible qu'elles sont plus ordinairement soustraites à son influence : telle est lar exemple la peau du scrotum. On peut tirer parti de cette observation dans es cas où Ion a besoin dagir d'une manière tout à la fois rapide et énergique; ,ar exemple, dans certaines hcmoirhagies inquiétantes par leur abondance. >n n'a pas besoin de dire que l étal de transpiration abondante ou de sécrétion lorbide des parties est une contradiction formelle à l'application du froid ; a loius cependant qu'on n'ait en vue de remédier directement à l'abondance de Ci excrétions , et qu'on n'ait pris les précautions nécessaires pour remédier ux accidcns que pourrait produire une brusque suppression. C'est aux articles ui traitent des maladies en particulier quil faut chercher les applications péciales du froid. Il sera facile au praticien qui en a bien étudié les effets tant iimilifs que secondaires , de reconnaître les cas où il peut être utile, et ceux Il il convient de s'abstenir. Cette connaissance le mettra également h même 'employer avec intelligence les divers degrés de froid, d'en mesurer les dierses nuances d'actions, et par conséquent de multiplier ses ressources théapeutiques, en sachant remplir avec un seul agent des indications très-multi- )liées.

Le froid est un moyen économique et facile à employer. Il en est d'ailleurs insi pour la plupart des moyens vraiment efficaces ; et il n'y a guères de dispenieux, sauf quelques rares exceptions , que ces médicamens à la mode, dont 'utilité est au moins équivoque; on se procure le froid de diverses manières, uivant les divers degrés qu'on veut obtenir. Désire-t-on une impression légère le fraîcheur , l'air rafraîchi par l'agitation se présente d'abord. Puis on a l'eau I la température ordinaire , et qu'on a soin de renouveler à mesure qu'elle 'échaufTe par le contact des parties enûammées. L'eau de puits , la neige ou la ;lace pilée qu'on renferme dans une vessie de cochon , et auxquelles on ajoute lu sel commun, produisent un abaissement de température qui suffit à tous es besoins de la pratique. Les mélanges frigorifiques qui produisent un froid ilus intense ne sont pas employés. On ne se sert que dans des cas particuliers, 'est-à-dire sur la peau non dénudée, et encore moins altérée, de l'alcohol et le l ether. Ce moyen d'ailleurs serait extrêmement coûteux , et n'agit pas au- .renient que les autres. Il est à peine nécessaire de dire que les liqueurs froides ervent à faire des bains, des lotions, des affusions , des boissons , des laveiiens etc., auxquels on peut donner par l'addition de diverses substances des Hopriétés analogues. Mais il ne faut pas perdre de vue que le froid seul est ,rès-énergique , et c'est une mauvaise manière de procéder que d'employer es médications mixtes et bâtardes dont on ne peut pas apprécier l'action.

(F. Ratier.)

FUMETERRE OFFICINALE , Fumaria offlcinalis : Diadelphie Hexan- Irie, LiKN. Papavéracées , Juss. Celte plante, qui appartient au genre des "umariées, est la seule dont l'usage médical se soit conservé. On a cessé d'emîloyer la fumeterre bulbeuse, fumaria bulbosa, bien que les anciens , guidés )ar une analogie de forme à lac|uelle on a cessé de croire, l'aient long-temps mployée et l'aient recommandée à notre confiance, comme emménagogue et ristolochique. La fumeterre officinale a survécu, et elle est encore journellenent prescrite, bien qu'elle jouisse de propriétés très-faibles , et que sa répuation ne repose que sur des autorités trop bienveillantes.

La fumeterre est une plante des plus communes : elle se reproduit avec une ibondance fâcheuse dans les lieux cultivés ; sa racine est menue , blanchâtt e ; es tiges sont rameuses , glabres , creuses , tendres et un peu glauques ; ses euilles alternes , tripinnées , cunéiformes; ses fleurs purpurines, en épis sim- )les; et son fruit est une capsule sphérique renfermant une seule semence de a grosseur d'une graine de chenevis.

Cette plante n'a point d'odeur , mais elle offre une saveur amère très-mar- [uée , et qui augmente par la dessiccation ; ce qui, d'ailleurs, se remarque )our toutes les substances du même genre. Mais cette amertume est bien loin l'être des plus intenses : il y a une foule d'amers plus puissans. Malgré l'im- )ortance thérapeutique qu on lui a accordée , on ne possède pas d'analyse de a fumeterre. On a seulement remarqué que sur l'extrait se formaient des crisaux salins plus aboiidans , dit-on, que sur aucun autre extrait , et qu'on a coaidéré comme du malate de chaux.

On ne saurait admettre les assertions des anciens, répétées par des auteurs rès-modernes , d'après lesquelles on devrait le considérer comme très-utile lans les dartres , les scrofules , l'éléphantiasis, la gale chronique, les rougeurs, es affections boutonneuses , etc. , etc. Peut-on voir un assemblage plus complet l'incohérences et d'obscurité? et que doit-on penser de ces réputations popuaires et traditionnelles? Cependant une des gloires de la médecine moderne , i*inel, raconte sérieusement, pour prouver l'efficacité de cette plante contre es affections cutanées , qu'une dame atteinte d'une dartre invétérée au bras lui tut une parfaite guérison. 11 est vrai qu'elle eut la constance de prendre penant six mois entiers une infusion de fumeterre dans du lait , en même temps

PUMIGATIONS.

qu'elle se servait de la même liqueur pour fomenter les parties malades. Que serait-il donc advenu si au lieu de fumeterre, quelque autre plante eût été employée , ou si même on se fût servi de lait seulement? D'ailleurs, ces auteurs avaient judicieusement observé que la fumeterre agit sans produire d'évacuation aucune.

Plus réservée , la médecine moderne la regarde seulement comme stomachique et comme vermifuge; ce qu'il est facile de comprendre , mais ce qui n'entraîne aucune idée d'efficacité particulière.

Le mode d'administration qui était jadis en faveur, consistait à faire infuser la fumeterre dans du lait , ou bien couper avec du lait le suc dépuré qu'on en avait préparé , et dont on donnait depuis quatre jusqu'à douze et même seize onces. Le suc dépuré est encore employé , mais sans l'addition du lait , qui n'est bon qu'à masquer et à diminuer ses propriétés médicamenteuses. L'extrait aqueux se donne depuis un scrupule jusqu'à un gros. On a fait quelque usage de la teinture spiritueuse. Le plus souvent on a combiné la fumeterre avec d'autres médicamens plus ou moins analogues : elle entrait dans diverses préparations médicamenteuses oflicinales ilont quelques-unes sont encore employées , tandis que les autres sont tout-à-fait tombées dans l'oubli.

(F. Ratier. )

FUMIGATIONS, de Jamus, fumée. On les nomme aussi en latin sujjiius.

Les fumigations consistent dans des vapeurs de diverse nature qu'on dirige sur la totalité ou sur quelques parties du corps , dans des vues thérapeutiques, au moyen d'appareils plus ou moins compliqués. Par extension, le nom de fumigations, avec l'épithcte de désinfectantes , a été donné également aux diverses opérations chimiques, ayant pour objet de purifier l'air des habitations particulières, des hôpitaux, des prisons ; mais nous ne nous en occuperons pas ici , ce sxijet ayant été traité à l'article Désinfection. Au mot Bain , le docteur Londe a esquissé l'histoire des bains d'étuve ; nous ajouterons quelques détails sur ce sujet à l'occasion des fumigations , dont nous nous occuperons avec détail.

Pjrmi les vapeurs dont on fait le plus d'usage dans le traitement des maladies, on doit citer celle de l'eau pure ou chargée de différens principes atnylacés, mucilagineux , huileux, résineux, aromatiques, etc.; celles de l'alcohol, de l'éther; celle du chlore, de l'acide sulfureux, de l'acide nitreux, du mercure et de ses diverses préparations. Ces différentes vapeurs employées isolément, ou diversement mélangées entre elles, tantôt forment une atmosphère dans laquelle est plongé le corps tout entier ; tantôt sont dirigées sur la peau seule, les voies aériennes étant soustraites à leur influence ; tantôt s'introduisent dans les voies aériennes seules pour remédier à quelque désordre de ces parties; tantôt enfin sont lancées sous forme de douches sur telle ou telle portion du corps isolément.

La diversité des appareils employés pour administrer les fumigations, et des substances qu'on applique de cette manière , semblerait annoncer des effets très-mullipliés et très-différens les uns des autres. Cependant lorsqu'on examine attentivement les choses, on voit que, dans le plus grand nombre des cas , les résultats obtenus peuvent très-bien se rapportera l'action du calorique. Et cette observation , d'ailleurs , ne tend pas du tout à diminuer la confiance que méritent ces agens thérapeutiques ; elle a seulement j)our objet de mettre les praticiens en mesure d'apprécier plus exactement l'influence qu'ils peuvent exercer sur l'homme sain et malade , et d'en faire une application plus méthodique et plus salutaire.

Si l'on observe plusieurs malades sortant l'un d'un bain de vapeur humide, l'autre d'une ctuve sèche , d'une fumigation sullureuse , clilorique ou mercurielle, ils offrent tous ce point de ressemblance, que leur peau est rouge, chaude et gonflée ; que la respiration , la circulation et la transpiration cutanée sont accrues sensiblement, en même temps qu'il y a diminution notable de la sécrétion urinaire et de l'exhalation qui se fait à la surface des membranes muqueuses. A cette excitation plus ou moins vive, suivant la disposition des sujets , et suivant la durée de la fumigation , sa température et la nature plus ou moins irritante des substances qui la composent, succède un sentiment de calme, de légèreté , de bien-être. 11 semble que toutes les fonctions s'exécutent d'une manière à la fois plus active et plus régulière.

Tels sont les faits généraux et dominans que l'on observe à la suite des bains de fumigations ; ils peuvent très-bien s'expliquer par l'action de la chaleur; et les effets accessoires que l'on remarque ne sont pas à beaucoup près aussi importans , bien qu'ils ne doivent pas être négligés. Les phénomènes divers que nous venons de signaler sont proportionnés à l'intensité de la chaleur, et au temps pendant lequel les malades y ont été soumis ; ils peuvent , si l'on dépasse la mesure des forces de 1 individu , s'élever au point de produire les accidens dépendant d'une vive excitation portée sur l'économie tout entière, savoir des congestions inflammatoires ou hémorrhagiques.

Lorsque la température des appareils n'est pas très-élevée , il y a absorption des substances vaporisées. Cette absorption d'ailleurs se fait principalement par les poumons , lorsque, comme dans l'étuve humide , le corps tout entier est plongé au milieu des vapeurs. Elle est moins considérable quand la membrane muqueuse des voies aériennes n'est pas en contact avec les fumées médicamenteuses. Elle est nulle lorsque la température est très-élevée; car alors le mouvement est établi du centre à la circonférence , et l'exhalation fort augmentée l'emporte sur l'absorption , qui ne saurait avoir lieu dans des parties en état d'inflammation imminente.

L'action très-énergique des fumigations est trop incontestable pour qu'elle n'ait pas été reconnue de tout temps. Aussi voyons-nous dès la plus haute ,anti-

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